Week-end à 1000 (20 au 22 août 2021) : ma PAL prévisionnelle

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Premier week-end à 1000 d’août auquel je peux participer. Samedi, je ne devrais pas avoir le temps de lire, mais je compte bien multiplier les lectures vendredi soir/nuit et dans la journée de dimanche, d’autant que la météo devrait être maussade.

  • Romans : j’espère lire ces deux romances, l’une contemporaine et l’autre historique.

The Layover: the perfect laugh-out-loud romcom to escape with this summer (English Edition) par [Lacie Waldon]Couverture Le diable s'habille en tartan

  • Ouvrages graphiques :

Couverture Julian au mariageCouverture Un petit besoin urgent !

Couverture Lightfall, tome 1 : La dernière flamme Couverture Magic, tome 1 : La fillette aux cheveux violets

Et vous, participez-vous à cette nouvelle session du week-end à 1000 ?
Que comptez-vous lire ?

 

L’épouse du guerrier, Jenni Fletcher

Couverture L'épouse du guerrier

À la disparition de ses parents Constance n’a eu d’autres choix que de devenir l’épouse du glacial Matthew Wintour. Un inconnu qui l’a abandonné pour guerroyer, sans même lui accorder un baiser d’adieux. Encore moins une nuit de noces. Cinq ans plus tard, Matthew – devenu un colosse armé–, est de retour et entend partager sa couche. Mais Constance elle aussi a changé et compte bien affirmer son caractère coûte que coûte…

AVIS

Après un mariage éclair, le mari de Constance s’en est allé, probablement guerroyer, sans se retourner ni même chercher à échanger quelques phrases avec cette épouse qu’il ne connaît pas. Une situation qui convenait parfaitement à la jeune femme même si elle aurait préféré qu’il lui demande son avis avant de l’envoyer dans sa famille, la coupant ainsi du lieu où elle a passé son enfance. Un lieu chargé d’émotions et de souvenirs liés à ses parents décédés d’une fièvre.

Bien qu’en colère de n’avoir pu rester chez elle, Constance a été baignée d’amour et a passé de belles années auprès de son oncle, de sa tante et de ses deux cousines dont elle est très proche. Elle n’accueille donc pas vraiment de gaieté de cœur l’annonce du retour de Matthew qui a, apparemment, décidé de venir la chercher. Mais que peut-elle bien partager avec cet homme qu’elle n’a pas vu depuis 5 ans et dont elle ne connaît absolument rien ?

Si la romance a peut-être manqué de mordant, elle n’en demeure pas moins agréable, l’autrice prenant le temps de faire émerger les sentiments des personnages, malgré une attirance physique qui apparaît assez rapidement. Contrairement à d’autres romans du genre, les scènes de sexe ne sont pas omniprésentes et ne sont jamais détaillées dans leurs moindres détails, ce qui m’a parfaitement convenu. À noter également, et je tiens à le souligner, qu’il n’y a aucun problème de consentement entre ces pages. Matthew apprécie l’apparence de sa femme et lui dit parce qu’elle complexe à ce sujet, mais il ne se montre pas malaisant, pas lourd et attend qu’elle fasse le premier pas.

Alternant entre incompréhensions, doutes, rapprochements aussi bien physiques qu’émotionnels et espoirs, la relation entre Constance et Matthew est donc saine et touchante. On prend un certain plaisir à voir Constance prendre confiance en elle, et Matthew à ouvrir son cœur. Quelque chose de difficile pour cet homme élevé dans la cruauté d’un père obsédé par ses terres et l’argent. Ce père méchant et maltraitant fait froid dans le dos, notamment dans sa manière de traiter ses épouses qui finissent toutes par mourir, et ses fils qu’il s’acharne à rabaisser encore et encore… Heureusement que Matthew et Allan, son jeune demi-frère, ont pu compter l’un sur l’autre durant leurs jeunes années bien qu’actuellement, la situation entre les deux soit quelque peu tendue.

Au-delà des relations et des interactions entre les personnages qui sont plutôt bien pensées et développées, l’autrice introduit une dimension politique qui ne manque pas d’intérêt, mais que j’aurais adoré voir encore plus présente. Ainsi, Matthew est engagé dans un complot politique afin de brimer l’autorité d’un roi profondément injuste, lâche et dangereux pour la souveraineté de l’Angleterre. Mais un tel engagement n’est pas sans danger pour lui, mais aussi pour Constance dont la vie est maintenant étroitement liée à la sienne…

En bref, L’épouse du guerrier est une romance historique sympathique mêlant avec habilité secrets, complot politique et relations entre deux époux qui, après cinq ans de séparation, doivent apprendre à se connaître, avant peut-être de s’aimer.

 

Week-end à 1000 (23 au 25 juillet 2021) : ma PAL prévisionnelle

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Nouveau week-end à 1000, nouvelle PAL. Je n’ai pas atteint les 1000 pages la semaine dernière malgré un très bon départ, mais je croise les doigts pour y arriver durant cette nouvelle session qui a commencé hier à 19h pour se terminer dimanche à 23h59.

Ayant en ce moment une capacité d’attention des plus réduites, je pars de nouveau sur des lectures faciles.

  • Romans :

Lu durant la soirée/nuit de vendredi à samedi, Une épouse à séduire est une romance historique agréable, bien qu’elle aborde en trame de fond un thème difficile. Heureusement, il n’y a aucun détail, mais j’avoue que j’aurais apprécié de le savoir avant de me lancer. En plus du couple principal, j’ai beaucoup aimé la sœur de l’héroïne.

Ayant apprécié ce deuxième tome de la série Les héritières américaines, je compte enchaîner sur le troisième : Raison et mariage, avant de passer à un petit roman jeunesse qui a l’air fort sympathique : Fiesta chez les vampires.

Couverture Une épouse à séduireCouverture Raison et mariageCouverture Fiesta chez les Vampires

  • Mangas/ BD : récupérés dans la semaine à la bibliothèque, le tome 10 de Moriarty et l’album jeunesse Les Petits Marsus ne devraient pas faire long feu. Quant à Spy x Family, j’en ai entendu tellement de bien que j’ai hâte de le lire.

Couverture Moriarty, tome 10Couverture Les Petits Marsus et la drôle de créature

Et vous, participez-vous à cette nouvelle session du week-end à 1000 ?
Que comptez-vous lire ?

 

Les caprices de lady Violet, Martha Waters

 

1817. Lady Violet ne décolère pas. Depuis quatre ans, elle est brouillée avec son mari. Passe encore qu’il se noie dans le travail et lui adresse à peine la parole en privé. Mais qu’il ne daigne même pas la prévenir quand il est victime d’un accident… Trop, c’est trop ! Elle décide de lui rendre la monnaie de sa pièce et, en matière de revanche, Violet est particulièrement inventive. Cependant, à son grand étonnement, James va se révéler tout aussi retors. Dans ce duel conjugal qui oppose les époux terribles, tous les coups sont permis, du plus cocasse au plus perfide. Un seul détail leur a échappé : ils sont toujours éperdument amoureux l’un de l’autre…

J’ai lu (5 mai 2021) – 320 pages – Papier (7€) – Ebook (5,49€)
Traduction : Anne Busnel

AVIS

Les caprices de lady Violet fait partie de la nouvelle collection Regency de J’ai lu. Une collection qui, je n’en doute pas, va vite s’imposer dans ma bibliothèque et le cœur des lectrices et lecteurs en quête de romances se déroulant durant une période historique qui ne manque ni de charme ni d’attrait.

Pour lady Violet et James, tout avait commencé comme un conte de fées ou presque : une rencontre inattendue sur un balcon, qui aurait pu être gênante quand elle se révèle providentielle, des regards qui ne trompent pas, une énergie qui électrice l’atmosphère, l’interruption d’une mère, une demande en mariage éclair pour sauvegarder les apparences, mais qui s’impose comme une évidence à deux jeunes gens ayant eu un coup de foudre l’un pour l’autre. Mais le conte de fées tourne au cauchemar. Après un an de connivence et de plaisirs charnels entrecoupés de disputes, c’est la dispute de trop, celle qui brisera les liens et la complicité de deux jeunes mariés qui ne se comprennent plus vraiment. Quand l’un n’aspire qu’à travailler pour asseoir sa réussite et prouver sa valeur, l’autre aimerait tout simplement passer du temps avec sa moitié.

L’autrice nous projette cinq ans après le mariage, dont quatre ans passés dans l’indifférence, le mari et la femme ne s’adressant quasiment plus la parole et veillant scrupuleusement à s’ignorer. Enfin jusqu’à ce que Violet reçoive une lettre de l’ami de son mari la mettant dans tous ses états. Sans réfléchir, mais sans oublier de râler, elle se précipite au chevet de son mari avant de découvrir que loin d’être comateux, il va en réalité très bien. Sa chute de cheval n’était finalement pas si grave que cela. Mais vexée par la réaction de James quand il l’aperçoit, Violet s’en va en guerre contre ce dernier et rien ne pourra l’arrêter !

Enfin, rien sauf peut-être un mari prêt à en découdre et à prouver que lui aussi au jeu des coups tordus, il peut se défendre. Les deux époux sont un peu ridicules et se comportent comme des enfants têtus et entêtés, mais qu’est-ce qu’ils m’ont amusée. Je me suis surprise plusieurs fois à rire devant l’imagination débordante de Violet qui va très loin pour gagner la bataille, et devant l’esprit retors de James qui louvoie pour retourner les machinations de sa femme contre elle. Lui-même se laisse parfois déborder par les événements et se place dans des situations délicates, que sa femme se fait à son tour un plaisir de retourner contre lui. Il y a quelque chose de très théâtral dans le jeu de dupes dans lequel se sont lancés le mari et la femme.

Un jeu de dupes qui aura le mérite de leur permettre de briser la glace et de recommencer à se parler, à interagir et à se redonner mutuellement une place dans leur vie.  Et comme on pouvait s’en douter en se rappelant leur première rencontre pleine d’une alchimie brûlante, les deux têtes de mule ont beau feindre l’indifférence, elles sont inexorablement attirées l’un vers l’autre ! J’ai adoré l’attraction physique entre James et Violet et la manière dont ils ne peuvent s’empêcher de se dévorer du regard, tout en prétendant, sans grand succès, le contraire. Je peux donc vous dire que j’attendais avec impatience la concrétisation de leur retour de flamme ! Quant à savoir si j’ai été exaucée sur ce point, il vous faudra bien sûr vous plonger dans cette truculente romance, qui change clairement de ce qu’on a l’habitude de voir.

Chose assez rare pour moi, j’ai autant aimé Violet que son mari. Les deux peuvent se révéler parfois agaçants, mais les deux sont diablement drôles, attachants et touchants dans leurs doutes et leurs insécurités, notamment James vis-à-vis de son père et de son envie de réussir pour Violet. On peut dire que destin ou pas, rancœur ou non, ils ont entre eux quelque chose de rare que tout romantique dans l’âme ne pourrait que leur envier. Moi-même qui ne suis pas vraiment fleur bleue, j’ai ressenti des papillons dans le ventre à chacune de leur rencontre, à chacun de leur regard et à chaque fois qu’ils pensaient l’un à l’autre.

Au-delà de l’humour omniprésent et des coups tordus, cette histoire, c’est aussi l’occasion pour l’autrice d’évoquer tout un panel de sujets intéressants : l’estime de soi, le manque de confiance en soi, les relations familiales difficiles et les attentes parentales écrasantes, le poids des mœurs sociétales de l’époque, mais aussi le manque de communication dans le couple et l’importance de la confiance entre deux partenaires. La plupart de ces points étant parfaitement illustrés dans le motif de la brouille entre les deux époux, un motif que l’on ne découvre qu’au bout d’un moment et qui, au regard du passé de James et de sa personnalité, ne semble pas aussi futile que cela. J’ai, en revanche, été surprise de la capacité des deux époux à rester quatre ans en froid sans tenter une réconciliation, alors que clairement, ils n’ont jamais cessé de s’aimer. Chose dont personne n’a jamais douté dans leur entourage.

On fait d’ailleurs la connaissance des amis de chacun et le moins que l’on puisse dire, c’est que les personnalités, bien que classiques, sont plutôt variées : une veuve de caractère qui parle sans tabou autant d’argent que d’amant, plutôt choquant pour l’époque, une belle jeune femme timide mais loyale, un homme de mauvaise réputation qui semble se prendre d’affection pour celle-ci, un play-boy refusant de se caser, mais qui aime se lancer dans des joutes verbales avec notre veuve, un frère touchant qui tente de raisonner son têtu de cadet et toujours amoureux de son premier amour, un ami qui a un secret à cacher…

Nul doute que nous avons ici le terreau prometteur de futures romances que je serais ravie de découvrir, ayant particulièrement accroché au style de l’autrice et à l’ambiance romantique qu’elle a su instaurer en s’appuyant sur un contexte historique précis et plein de charme. De la fluidité de sa plume à son humour simple, mais diablement efficace, en passant par la manière dont elle a su construire et développer des personnages têtus, drôles et attachants que l’on rêverait d’ajouter à notre cercle d’amis, tout m’a plu !

En conclusion, si vous avez envie d’une romance pétillante et amusante qui se passe durant la période de la Régence anglaise, Les caprices de lady Violet est fait pour vous. De la première à la dernière page, on s’esclaffe, parfois sottement, on rit devant des plans complètements abracadabrantesques, on partage des conversations entre ami(e)s qui ne manquent pas de piquant, mais surtout, on se réjouit de l’alchimie électrique et des interactions pleines de mordant entre deux époux en froid qui vont bien finir par devoir se rendre à l’évidence : ils sont faits l’un pour l’autre !

 

Le mois de la romance (février 2021) : l’heure du bilan #MDLR2021

Papier, Romance, Symbole, Saint Valentin

Durant le mois de février, j’ai lu principalement de la romance afin de marquer ma participation au challenge Le mois de la romance de Ludovic de la chaîne booktube et du blog Prends un livre et détends-toi.

J’avais prévu de lire 9 romans, j’en ai lu 19. Je ne m’attendais pas à un tel bilan, mais le genre se prête très bien au binge reading. J’ai d’ailleurs pris l’habitude de lire les romances historiques d’une traite, notamment le week-end.

Globalement, j’ai fait de bonnes lectures, voire de très bonnes lectures. Et si j’ai également eu quelques lectures assez moyennes durant lesquelles je me suis parfois ennuyée, il n’y a aucun véritable flop à déplorer !

Toutefois, lire autant de livres d’un même genre a fini par me lasser et j’ai décidé de mettre au moins les romances historiques en pause pendant quelques semaines…

Plusieurs chroniques sont attentes de publication (The Ex Talk, Le Royaume Assassiné, Ivy Wilde...), mais je vous ai déjà parlé de Psi-Changeling qui m’avait agréablement surprise, de La Belle et le Highlander, des Hommes virils lisent de la romance, d’Entre les bras d’un rival et de Seigneur et époux.

Et vous, certains de ces livres vous tentent-ils ?
Avez-vous participé à ce challenge ? Quel est votre bilan ?

Les Sœurs Charbrey, Tome 1 : Sans orgueil ni préjugé, Cassandra O’Donnell

Couverture Les soeurs Charbrey, tome 1 : Sans orgueil ni préjugé

Le mariage ? Morgana Charbrey ne veut pas en entendre parler ! Sa passion dévorante pour les sciences emplit suffisamment sa vie sans qu’elle ait besoin de s’encombrer d’un époux. Cette soif d’indépendance, elle la dissimule derrière une prétendue maladie qui la contraint à rester recluse chez elle, à l’abri des regards courroucés de la haute société. En accompagnant sa jeune sœur Rosalie faire ses débuts à Londres, Morgana était loin d’imaginer que sa beauté et son caractère emporté attireraient l’attention de l’insupportable et ô combien séduisant comte Greenwald…

J’ai lu (22 mars 2013) – 256 pages

AVIS

Ayant lu récemment le deuxième roman de la série, j’ai eu envie de relire le premier. Et si la lecture fut plaisante et divertissante, j’ai relevé deux ou trois scènes qui m’ont gênée, mais qui ne m’avaient pas sauté aux yeux lors de ma première lecture. Elles soulèvent la question du consentement dans la mesure où il semble nécessaire de rappeler qu’un non de la part d’une femme ne signifie rien d’autre que NON ! Cela ne sous-entend pas qu’elle attend d’un homme qu’il la cajole pour faire tomber ses barrières, qu’elles soient réelles ou n’existent que dans l’esprit d’un partenaire plus soucieux de son plaisir que du respect de sa partenaire.

Malgré ces quelques scènes, hélas très courantes dans les romances, j’ai apprécié la plume de l’autrice tout en légèreté et en piquant à l’image de son duo plein de mordant. Si le comte Greenwald, un chenapan qui n’a pas sa langue dans sa poche, ne manque pas de charme, c’est bien l’héroïne qui m’a donné envie de tourner les pages.

Comme dans beaucoup de romances historiques, la jeune femme possède un sens aigu de la répartie et une liberté d’esprit qu’elle n’a guère envie de sacrifier sur l’autel du mariage, une prison dont elle se passerait volontiers. Mais là où elle se distingue vraiment, c’est par son intelligence qui frise le génie. En plus de gérer d’une main de maître le domaine de son oncle, de faire de fructueux investissements et de veiller sur ses sœurs, elle se révèle être une brillante ingénieure et scientifique. Une femme accomplie qui ne pourra que vous impressionner par ses multiples talents, et sa volonté de les exercer en dépit de l’aura de scandale que ses activités pourraient amener sur sa famille si elles venaient à être découvertes.

Si Morgana ne souhaite pas se marier, elle désire laisser cette porte ouverte à ses sœurs, et notamment à Rosalie en âge de faire ses débuts dans le monde. Elle l’accompagne donc à Londres sans se douter un instant que ce n’est pas le cœur de sa sœur qui risque d’être ravi, mais bien le sien… Sa rencontre avec Greenwald nous permet d’emblée de comprendre que la relation entre les deux va faire des étincelles, le comte, homme de son temps, semblant avoir une vision des femmes bien différente de celle Morgana. Malgré les préjugés de cette dernière sur ce personnage aux multiples facettes, une certaine complicité va s’installer entre les deux, le comte n’étant peut-être pas cet être vil auquel elle s’était attendue.

Mais la jeune femme est-elle prête à céder au comte, qui ne cache pas son envie d’être à ses côtés, sous peine de renoncer à cette liberté tant appréciée ? Le roman étant relativement court, les choses entre les personnages avancent assez vite, ce qui ne m’a pas dérangée appréciant beaucoup leur complicité et leurs joutes verbales qui amusent autant les lecteurs que la noblesse londonienne. Mais si vous êtes en quête d’un roman développant le contexte historique et entrant en profondeur dans la psychologie des personnages, vous pourriez rester sur votre faim. Pour ma part, j’ai apprécié que l’autrice aille droit au but d’autant cela correspond parfaitement à la personnalité de Greenwald qui est un homme d’action bien plus que de raison.

La beauté de Morgana, mais surtout sa vivacité d’esprit, son humour et son extravagance le fascinent et le poussent inexorablement vers elle. Ce personnage, sans avoir été un coup de cœur, se révèle intéressant par son évolution et sa prise de conscience face à la personnalité complexe d’une femme qui l’a conquis au premier regard ou presque. Quant à Morgana, elle va s’ouvrir à la volupté aux côtés de cet attirant et agaçant comte. Mais elle va surtout réaliser que son cœur n’est peut-être pas aussi fermé qu’elle le pensait, et qu’il est parfois nécessaire de ne pas juger trop vite autrui sous peine de faire quelques erreurs d’interprétation.

Au-delà de la romance et de l’attraction presque animale entre nos deux fortes têtes, le roman accorde une belle place à la famille, Morgana étant très proche des siens. De l’oncle qui respecte la liberté d’esprit de sa nièce à la géniale tante fantasque et très ouverte d’esprit, en passant par les sœurs de Morgana sur lesquelles elle veille telle une maman poule, tous se révèlent attachants et nous donnent envie d’apprendre à les connaître. Chose en partie réalisée avec Rosalie dans le deuxième tome qui lui est consacré.

En conclusion, si vous avez envie d’une lecture légère mêlant personnages hauts en couleur, jeu de séduction, malentendus, humour et réparties qui fusent, vous devriez vous régaler avec cette romance historique pleine de piquant.

Pour l’amour d’un highlander, Eulalie Lombard

Couverture Pour l'Amour d'un Highlander, tome 1

1560. Adrastée de Nemours, noble héritière française, se voit contrainte de quitter la cour pour épouser un Highlander, sur conseil de la reine Mary Stuart d’Ecosse, alors souveraine de France. Darren MacLennan, Laird de l’île de North Uist, est obligé d’accepter cette union pour remplir les coffres d’or et ainsi faire face aux clans adverses.

Prisonniers de ce mariage qu’ils n’ont jamais voulu, parviendront-ils à surmonter leurs préjugés, tandis que leurs ennemis patientent dans l’ombre ?

Aussi différents soient-ils, certains êtres sont fait pour s’aimer.

AVIS

Je me suis laissée tenter par le titre et la couverture, cette femme tenant un carnet au style ancien m’ayant intriguée. Et je dois dire que j’ai passé un bon moment de lecture auprès de la Comtesse Adrastée de Nemours. Contrainte de quitter la France en urgence, pour une raison que l’on ne découvrira que bien plus tard, Adrastée se rend en Écosse pour épouser un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Une situation difficile et stressante pour cette jeune femme plus habituée au faste de la cour royale et à ses jeux d’intrigue qu’au cadre rude de la vie dans les Highlands. Mais forte d’un caractère bien trempé, elle fait face à la situation et à son futur mari, le Laird Darren MacLennan, la tête haute.

Si Adrastée aurait préféré faire un mariage d’amour, Darren aurait préféré, quant à lui, ne pas devoir épouser une aristocrate française et sacrifier un futur bonheur conjugal sur l’autel du devoir. Car s’il s’est montré si prompt à accepter ce mariage de raison, c’est que la dot d’Adrastée est très généreuse. Or, de cette dot, le laird en a désespérément besoin pour assurer la survie de son clan qui se meurt. Malgré la situation, la fougueuse Adrastée et le mystérieux Darren, arriveront-ils à s’entendre et, peut-être, à développer de meilleurs sentiments l’un envers l’autre ?

On est dans une romance, on connaît donc la réponse, mais l’autrice arrive à mettre en place tous les ingrédients pour nous donner envie de nous plonger dans son histoire et de découvrir comment les deux époux vont arriver à gérer leur mariage. La communication entre les deux va être, dans un premier temps, un peu difficile d’autant que Darren se comporte comme un mufle, mettant sérieusement en doute la virginité de sa nouvelle épouse. Camouflet suprême, il préfère même attendre d’être certain qu’elle n’attend pas l’enfant d’un autre avant de partager sa couche… Si son obsession de la pureté d’Adrastée m’a fortement agacée, elle s’explique néanmoins par le cadre historique, mais aussi par les impératifs liés à la fonction de Laird puisqu’on attend de Darren et de sa femme qu’ils offrent au clan un héritier…

J’ai adoré Adrastée qui se révèle touchante, courageuse, pugnace, têtue, mais juste et gentille, et j’ai été fascinée par sa particularité que je vous laisserai le soin de découvrir. Malgré une vie passée à être choyée et au centre de l’attention, son irrésistible beauté ne passant pas inaperçue, elle accepte rapidement ses nouvelles conditions de vie bien plus rudes et fera de son mieux pour s’intégrer. Ses efforts sont d’autant plus louables que les premiers pas dans sa nouvelle demeure s’avèrent compliqués, la « Française » subissant le mépris, la méfiance, voire la méchanceté de certains membres du clan et l’indifférence de son mari. Mais petit à petit, la jeune femme va arriver à gagner sa place et à se faire des alliés. À cet égard, j’ai adoré sa relation pleine de tendresse avec un orphelin, et son amitié avec Ellen qui, avec patience et empathie, va l’aider à gagner les cœurs.

Cette partie liée à l’intégration d’Adrastée dans sa patrie d’adoption est captivante d’autant qu’elle soulève la question des préjugés que l’on peut avoir sur des cultures différentes de la nôtre. Mais de fil en aiguille, la romance prend de plus en plus de place, ce qui devrait ravir les amateurs d’histoires mettant en scène des personnages que tout oppose et qui vont devoir apprendre à se connaître et à s’accepter. J’ai parfois été un peu gênée de l’emphase mise sur le physique d’Adrastée, comme si c’était là son seul atout. Néanmoins, au fil de l’intrigue, Darren arrive à voir au-delà et à cerner la personnalité hors norme de sa femme. On comprend, en outre, que si l’autrice évoque régulièrement la beauté d’Adrastée, c’est aussi pour souligner qu’elle se révèle finalement bien plus fardeau que cadeau…

On suit avec une certaine tendresse l’évolution de la relation entre les deux jeunes époux qui nous offrent quelques jolis et tendres moments, chacun faisant des efforts pour comprendre l’autre malgré les malentendus et leurs différences. Darren m’a également touchée par sa manière d’être décontenancé par la force de ses sentiments pour sa femme et son besoin de la protéger, cette dernière ne semblant pas toujours réaliser les dangers auxquels est soumis le clan. Mais la réalité finira par rattraper la jeune femme qui va devoir faire face à son pire cauchemar ! 

Sans entrer dans les détails, attendez-vous à de l’action, une certaine tension et des révélations sur le passé d’Adrastée qui n’a rien à envier au passé compliqué de Darren… Une nouvelle preuve que peu importe le milieu social dans lequel elles évoluaient, les femmes au 16e siècle n’avaient que peu d’emprise sur leur destinée.

Quant à la plume d’Eulalie Lombarde, je l’ai trouvée très agréable, fluide et plutôt rythmée. L’autrice a su trouver un style permettant de satisfaire les amateurs de romances historiques mais aussi les lecteurs non coutumiers du genre….

En conclusion, découvert par hasard, Pour l’amour d’un highlander fut une lecture divertissante et très agréable que j’ai dévorée en deux sessions de lecture grâce au style de l’autrice aussi agréable qu’accessible. Si vous avez envie de découvrir une histoire qui évoque autant la difficulté d’intégration d’une jeune aristocrate française plongée dans une vie très différente de la sienne qu’une jolie romance entre deux personnes au fort caractère que rien ne destinait à se rencontrer, ce roman devrait vous plaire.

 

Un captif au donjon, Gayle Callen

Couverture Les Chevaliers au Cygne, tome 1 : Un captif au donjon

Yorkshire, 1586

Le roi Henry a promis sa sœur au vicomte Thomas Bannaster. Diana se sent au bord de l’abîme en apprenant la nouvelle. Thomas n’a donc pas rejoint les ordres comme son lignage le lui imposait. Et, si ce fantôme du passé revient hanter sa vie après six ans d’absence, ce ne peut être que pour précipiter sa chute. Car, elle le sait, le séduisant vicomte n’entreprend jamais rien qui ne soit dans son intérêt. Sans plus tarder, Diana doit gagner l’auberge où loge cet homme, qui en sait beaucoup trop sur son terrible secret, pour obtenir son silence…

Éditions Harlequin (1 septembre 2019) – 368 pages – 7€90

AVIS

J’ai tout de suite été attirée par la couverture, avec cette femme qui semble savoir manier les armes ou, du moins, les dagues. Et à ce niveau, je n’ai pas été déçue puisque Diana est une jeune femme à la forte personnalité qui sait aussi bien gérer une maisonnée que briller durant les entraînements militaires. Une double compétence qui m’a beaucoup plu d’autant qu’à quelques exceptions près, son talent avec les armes est reconnu et accepté, voire admiré !

Diana est une femme de caractère, mais c’est surtout une femme engagée dans la défense des plus faibles et des femmes qui tendent bien souvent, en cette fin de XVI e siècle, à être asservies et utilisées à leur corps défendant. Un engagement qui l’a conduite à entrer au sein d’une mystérieuse organisation, la Ligue de l’Épée. Malheureusement pour elle, sa première mission va mal tourner et la condamner à vivre avec un bien terrible secret…

Ceci explique qu’elle décide, quelques années après le drame, d’emprisonner le vicomte Thomas Bannaster venu courtiser sa sœur. C’est que l’homme est susceptible de connaître son secret, et donc de le dévoiler… Mais Thomas n’est pas le genre d’homme à se laisser enfermer bien longtemps ! Une fois libre, un jeu du chat et de la souris se met donc en place, le vicomte étant bien décidé à découvrir les raisons ayant pu conduire une lady à l’emprisonner. Est-ce que, comme l’affirme Diana, sa seule motivation était de protéger sa sœur ? Peu probable vu la froideur avec laquelle les deux femmes cohabitent…

J’ai détesté la cadette égocentrique et bien trop sûre de ses charmes, mais j’ai adoré Diana et Thomas, deux fortes personnalités qui, une fois en contact, font des étincelles. Très vite, on sent une alchimie physique entre  les deux personnages, ce qui déroute Diana et étonne Thomas. Ce dernier semble apprécier de jouer avec ses nerfs puisque s’il choisit de ne pas la dénoncer aux autorités, il continue à essayer de découvrir la vérité, usant notamment de ses charmes. Une tentative de séduction qui met Diana au supplice, cette dernière ne pouvant pas le laisser découvrir son secret sous peine de tout perdre, de sa réputation à la vie. Elle tente, en même temps, de lui cacher ses liens avec la Ligue de l’Épée

J’aurais aimé que le côté organisation secrète soit un peu plus développé, mais j’ai, en revanche, complètement été conquise par la romance qui ne va ni trop vite ni trop lentement. Thomas ne peut nier l’attraction qu’il ressent pour Diana d’autant qu’en plus de son physique, il apprécie sa force et, surtout, la bienveillance avec laquelle elle veille sur les habitants du château et du village. Malgré l’abandon de son frère qui ne semble guère s’intéresser à ses sœurs, elle fait de son mieux pour que chacun puisse vivre correctement. Son comportement tranche avec celui de sa cadette, bien plus belle, mais manquant cruellement d’altruisme. D’ailleurs, bien décidée à conquérir Thomas afin de s’élever socialement, Cicely s’intéresse bien plus à son apparence et à ses toilettes qu’au sort des villageois…

Si comme moi, vous n’appréciez guère les triangles amoureux, pas d’inquiétude. Il nous apparaît très vite que Thomas n’est pas du genre à perdre la tête pour de beaux yeux et que son intérêt pour Cicely n’est qu’un moyen pour lui de pouvoir se rapprocher de Diana sans soulever les doutes ou les commérages. En gentleman, il n’aspire pas à détruire la réputation de la jeune femme malgré les jours de captivité qu’elle lui a imposés… Quant à Diana, bien qu’elle ne soit pas insensible au charme du vicomte, elle essaie de lutter contre ses sentiments même si cela devient de plus en plus difficile à mesure qu’elle apprend à le connaître, et à dépasser les préjugés qu’elle pouvait avoir à son encontre. Mais entre son secret et sa nouvelle mission pour la Ligue, ne serait-il pas trop risqué de se laisser séduire par un homme qui a entre les mains le pouvoir de la détruire ?

Pour la savoir, il vous faudra découvrir le livre par vous-même, mais ce qui est certain, c’est que si vous êtes en quête d’une belle romance historique avec des secrets, une organisation secrète et mystérieuse et deux personnages à la forte personnalité, Un captif au donjon devrait vous plaire ! D’une plume fluide et agréable, l’autrice arrive parfaitement à capter les émotions de chacun et à nous faire apprécier la tension des débuts qui évolue en quelque chose contre laquelle même l’intrépide Diana aura bien du mal à lutter…

Le jardin des mensonges, Amanda Quick

Couverture Le jardin des mensonges

Ursula Kern fait face à la pire crise de sa carrière, et de son existence. Son employée et amie Anne est retrouvée morte et la police conclut à un suicide. Mais Ursula ne peut y croire : des indices probants lui font soupçonner un meurtre. Elle décide donc de mener l’enquête en remplaçant Anne sur son lieu de travail. « Une folie ! » la met en garde Slater Roxton, un riche archéologue qui lui impose sa présence troublante pour résoudre cette sombre affaire. Entre un assassin à débusquer et Slater, dont la personnalité énigmatique cache un tempérament ardent, Ursula comprend vite qu’elle court au-devant de grands dangers…

J’ai lu (31 octobre 2018) – 376 pages – Poche (7,40€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Si j’apprécie la collection Aventures et passions des éditions J’ai lu, c’est le titre du roman qui m’a poussée à le lire puisqu’il contenait le mot jardin tiré au sort dans le cadre du Challenge 1 mot, des titres. Comme toujours avec cette collection, j’ai passé un bon moment de détente, mais je dois concéder, à regret, que je n’ai pas forcément ressenti les petits papillons que d’autres romances historiques m’ont procurés. La faute, probablement, à une histoire qui manque peut-être d’un peu de peps…

L’enquête au cœur du récit est intéressante, mais pas trépidante, surtout si comme moi, vous aimez les romans policier. Même chose du côté de la romance en trame de fond qui ne s’est pas révélée aussi piquante et mordante que je l’aurais souhaité. Or, ce sont les échanges passionnés et les réparties qui fusent qui déterminent l’attachement que je peux ressentir envers des personnages et leur histoire d’amour. Mais cela n’ôte rien à la maîtrise avec laquelle Amanda Quick tisse sa toile autour de ses personnages, les poussant progressivement et inexorablement à se rapprocher… 

Ursula est une femme admirable qui, après un scandale ayant entaché gravement sa réputation, a dû rebondir et se réinventer une vie à son image et à la hauteur de ses talents. Entrepreneuse dans l’âme, intelligente et travailleuse, elle a ainsi monté une agence de secrétariat qui connaît son petit succès et bénéficie d’une certaine reconnaissance. Rien donc ne la prédisposait à se lancer dans une enquête policière si ce n’est la mort de son amie et employée, Anne. La thèse officielle parle de suicide, mais Ursula en est persuadée, Anne a été assassinée !

Elle décide donc de se lancer sur la piste de son meurtrier et trouve un soutien inattendu en la personne d’un client et riche archéologue, Slater. Ce gentleman se refuse à la laisser prendre des risques inconsidérés et met donc ses ressources financières, son personnel de maison et son intelligence à son service. Surprise dans un premier temps, Ursula ne peut qu’accepter cette aide inespérée, son enquête la mettant dans des situations délicates, voire franchement dangereuses. Être une excellente patronne, secrétaire et sténographe ne vous prédispose pas, en effet, à affronter la mort de près, comme notre intrépide héroïne va le découvrir.

De fil en aiguille, on remonte la piste du meurtrier d’Anne avant de comprendre que la jeune femme, trop téméraire pour son propre bien, s’est probablement lancée dans une affaire bien trop importante pour elle, et qu’elle en a payé le prix fort. Et si derrière l’ambiance feutrée des salons, les jardins luxuriants et merveilleusement entretenus d’une lady et les apparences d’un monde aristocratique policé, la réalité était bien plus sordide ? Drogue, prostitution, manipulation, chantage… Il n’y a pas à dire, l’aristocratie anglaise n’a rien à envier aux petits voyous des bas-fonds de Londres. Mais à trop jouer avec le feu, ne risque-t-on pas de se brûler et de tomber sur plus fort et sournois que soi ?

J’ai apprécié de suivre nos personnages dans leurs investigations, mais je n’ai jamais ressenti les frissons d’une traque ou le suspense d’une bonne histoire policière. On est dans une enquête assez convenue qui bénéficie d’un bon rythme, mais qui n’a pas su me tenir en haleine d’autant qu’à mesure que l’on apprend à connaître la personnalité de la victime, l’envie de découvrir son assassin s’amenuise. Évidemment, un meurtre se doit d’être puni, mais Anne ne se révèle pas assez sympathique pour qu’on ait envie qu’Ursula prenne des risques pour lui rendre justice.

Car, à l’inverse d’Anne, on se prend rapidement d’affection pour Ursula qui se montre courageuse, peut-être un peu trop au goût de Slater qui préférerait la savoir à l’abri dans son bureau qu’en plein milieu d’une enquête pour meurtre. Mais malgré ses craintes, il veille à ne jamais se montrer directif ou autoritaire, ce qui ne l’en rend que plus sympathique. Ainsi, il respecte et admire la pugnacité et la force de caractère d’Ursula, ces qualités faisant vibrer le cœur de cet homme sur lequel plane un certain mystère savamment entretenu par l’autrice. Nous sommes dans une romance, vous vous doutez donc qu’il y aura un rapprochement entre les deux partenaires, mais c’est fait avec beaucoup de naturel et de tact. Complices et complémentaires, Ursula et Slater semblent faits pour s’entendre sans néanmoins que l’un soit une pâle copie de l’autre ou que leurs sentiments amoindrissent leur personnalité.

Leur entente ne fait donc aucun doute, mais n’empêchera pas certains petits malentendus et autres incompréhensions. Il faut dire qu’Ursula, échaudée par son premier mariage, et Slater, encore affecté par une épreuve traumatisante, ne sont pas les personnes les plus expressives et expansives qu’il soit. Heureusement, leur attirance physique et intellectuelle sera assez forte pour les pousser l’un vers l’autre, sans oublier le petit coup de pouce de la mère de Slater, certaine qu’Ursula est la femme qu’il faut à son fils.

En plus de ce joli duo plein de tendresse, j’ai apprécié les personnages secondaires qui ne prennent pas une place prépondérante dans l’intrigue, mais qui possèdent cette touche d’originalité qui intrigue et éveille la curiosité des lecteurs. Slater, malgré les ragots de la presse sur ses prétendues pratiques sexuelles déviantes, se révèle être un cœur tendre qui n’a pas hésité à embaucher, sur demande de sa mère, des comédiens ratés, ou en attente de représentations, pour leur éviter l’écueil de la rue. D’ailleurs, si ses employés sont amusants et hauts en couleur, ils ne correspondent pas vraiment à l’image que l’on peut se faire du personnel de maison d’un riche gentleman… Mais cette largesse de cœur, dont il se défend, ne doit pas faire oublier que Slater peut également se révéler être un redoutable ennemi pour ceux qui le menacent ou qui tentent de s’en prendre à l’élue de son cœur. Maniant aussi bien la diplomatie que la force brute, voici un personnage complexe, énigmatique, mais aussi terriblement attachant que ce soit dans sa prévenance envers Ursula ou son manque de confiance en lui quand il s’agit de son droit à être aimé.

En conclusion, Le jardin des mensonges est une romance historique, sous fond d’enquête policière, qui devrait ravir les amateurs de jolies histoires d’amour et de duos complices et complémentaires que l’on prend plaisir à suivre dans leurs péripéties et leurs échanges. Agréable et sympathique à lire, voici un roman qui offre un bon moment de divertissement alternant entre action et tendres sentiments.