In My Mailbox 265 : romans, contes, mangas…

Boîte aux lettres avec livres, In My Mailbox

« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque ».


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Le dernier des loups, Sébastien Perez et Justine Brax (illustrations)

Le Dernier des loups par Perez

Milo est un jeune garçon courageux. La Grande Guerre des hommes contre les loups n’a pas laissé de survivant dans son village. Archer aguerri, il décide de partir affronter le Dernier des Loups. Sa longue traque le mènera hors des sentiers battus et le combat qu’il livrera ne sera pas celui qu’il avait imaginé… l’obligeant à regarder, à admettre et à respecter la vie sauvage.

À partir de 6 ans – Albin Michel (2 septembre 2020) – 19€

AVIS

Comment ne pas être subjugué par la magnifique couverture de cet album jeunesse grand format ? Un format qui représente à merveille l’ampleur de la tâche de Milo, le meilleur des apprentis archers : tuer le dernier des loups. Tuer l’unique survivant de la Grande Guerre ayant opposé humains et loups, Homme et Bête…

Afin de protéger sa mère et son village, il se lance donc courageusement sur les traces de ce loup qui menace les siens avec la ferme intention de faire couler le sang une toute dernière fois. Mais est-ce réellement là la seule solution à apporter ou ce périple n’est-il pas seulement guidé par la peur ? Et si la quête de Milo n’était pas celle qu’il croyait et qu’au bout du chemin, une autre voie s’ouvrait à lui ?

J’ai été très touchée par le message de l’auteur qu’il amène avec grâce, poésie et délicatesse que ce soit à travers le voyage de Milo, le texte ou les illustrations. À cet égard, l’une d’entre elles m’a frappée par sa justesse et la manière dont elle met en parallèle les hommes et les loups.

Cet album, bien qu’à destination des enfants, saura toucher tous les lecteurs, a fortiori ceux sensibles à la cause animale parce que si nous sommes ici dans une œuvre de fiction, la méfiance des hommes envers les loups reste, quant à elle, bien réelle. Il suffit de voir les préjugés encore tenaces envers cet animal et la volonté non cachée de certains de les exterminer à la moindre occasion. C’est peut-être d’ailleurs cette réalité qui donne une telle force à cette histoire et lui confère une certaine universalité, cette peur des loups et le cycle de la haine qu’elle engendre, pouvant se transporter à bien d’autres choses…

Quant aux illustrations, elles sont de toute splendeur et émerveilleront, sans aucun doute, petits et grands lecteurs. L’illustratrice oscille entre les tons bleus et froids de l’hiver avec des teintes plus agressives de rouge qui, tour à tour, représentent l’envie de sang, mais aussi le renouveau et l’espoir de jours plus chaleureux.

Le dernier des loups.

Ce que Sébastien Perez suggère à l’aide d’une plume poétique et immersive, Justine Brax le met en forme par un jeu sur les volumes et une certaine profondeur, qui donne le sentiment aux lecteurs d’être plongés au cœur de la nature et de la forêt. Mais ce qui frappe avant tout dans ce sublime ouvrage, c’est l’utilisation discrète et harmonieuse de l’argent et son éclat pour guider la lecture. Ainsi, cette couleur sert de fil conducteur à une intrigue qui nous pousse progressivement à abandonner l’envie de sang au profit d’une compréhension mutuelle, voire d’un sentiment bien plus beau et profond…

Un beau message d’espoir et de paix qui, je l’espère, saura conquérir les jeunes et moins jeunes lecteurs, Le dernier des loups faisant partie de ces livres que l’on peut lire et relire à tous les âges. Pour ma part, je ne peux que vous conseiller de vous laisser bercer par l’imaginaire de l’auteur et la beauté avec laquelle l’illustratrice le retranscrit.

Mon chat, Séverine Assous

Mon chat par Assous

La petite citadine de cette histoire ne rêve que d’une chose : avoir un chaton. Comme ses parents s’y opposent formellement, elle se contente d’abord d’un escargot, qu’elle appelle Max n°1, puis d’une coccinelle, Max n°2, et enfin d’un chat orphelin, Max n°3… qu’elle est contrainte d’abandonner devant le refus de ses parents. Déterminée, elle va jusqu’à leur écrire des lettres de cajoleries et de menaces, mais rien n’y fait : les vacances arrivent, et toujours pas l’ombre d’un chat. C’est alors qu’un matin, au marché, un petit oiseau déplumé tombe à ses pieds. C’est décidé : ce sera Max n°4.

Albin Michel (17 juin 2020) – 40 pages -12€90

AVIS

Avec un titre comme Mon chat, je ne pouvais qu’avoir envie de lire cet album jeunesse dont je n’avais jamais entendu parler. Si je n’ai pas forcément été subjuguée par les illustrations que je préfère peut-être un peu plus féeriques, j’ai toutefois apprécié leur simplicité, la douceur de leurs couleurs et leur totale adéquation avec les différents lieux où se déroule l’histoire. On passe ainsi d’un décor très urbain avec son foisonnement caractéristique à des décors plus et chaleureux nous offrant l’évasion propre aux vacances, a fortiori à l’étranger.

J’ai, en outre, été très touchée par l’histoire de cette petite fille qui rêve d’avoir un chat. Malheureusement, malgré ses suppliques et ses lettres pour les amadouer, ses parents restent sur leur position : il n’en est pas question ! Pour expliquer ce refus ferme et définitif, ils opposent des raisons que certains qualifieraient de légitimes, mais qui ne convainquent guère leur fille. C’est que les parents semblent avoir l’art et la manière « d’inventer tout le temps des problèmes » !

Ayant passé toute mon enfance avec mon frère à tenter de convaincre mes parents d’avoir un chien, sans grand succès, j’ai tout de suite compati avec cette petite fille et son désir d’adopter un chat même si je n’ai, en revanche, pas vraiment approuvé sa manière de traiter les mouches. Mais de fil en aiguille et grâce à une rencontre inattendue, notre fillette va réaliser qu’on peut aimer les animaux sans forcément les posséder.

Une jolie leçon qui ne devrait pas manquer de toucher enfants et parents, voire de permettre d’établir un dialogue sur la question parfois délicate de l’adoption d’un animal. D’ailleurs, plus jeune, cet album m’aurait probablement aidée à accepter plus facilement la décision de mes parents…

En bref, Mon chat aborde, non sans une certaine originalité, la question des obsessions infantiles parfois délicates à gérer pour les parents, a fortiori quand elles impliquent le bien-être d’un animal. Doux et coloré, voici un album fort sympathique que je ne peux que vous conseiller autant pour l’histoire que sa jolie morale.

La belle échappée, Maylis Daufresne et Magali Dulain

La belle échappée par Daufresne

Alice rencontre un chat sauvage ; malheureusement il est déjà l’heure d’aller se coucher. Accompagné des animaux de la forêt, le chaton va aider Alice à s’évader pour lui faire découvrir les mystères de la nuit. Elle escalade les arbres avec l’écureuil, dégringole les talus à la suite du loup, embrasse la lune et respire la nuit. Puis c’est au tour du chaton d’entrevoir l’univers d’Alice, d’être cajolé jusqu’au soir où, tous les deux vont se coucher plein d’expériences pour nourrir leurs rêves.

Le Diplodocus (6 mars 2020) – 32 pages

AVIS

C’est la couverture qui a attiré mon attention sur ce petit album que j’ai trouvé aussi doux qu’émouvant. D’une plume pleine de poésie, l’autrice nous narre la rencontre et la belle amitié naissante entre une petite fille et un chaton.

Cet album vous plongera dans une ambiance enchanteresse où règne en maître la nature, que ce soit à travers la belle place accordée au vert qui se décline en différentes teintes ou l’importance des animaux. Car si le chaton est le personnage qui nous attendrit, il est escorté par d’autres animaux qui finiront pas céder à son caprice : permettre à la petite humaine, à laquelle il s’est attaché, de gambader une nuit à leurs côtés.

Et pourtant, au départ, cette idée était loin d’enchanter ses amis de la forêt ! Il faut dire que la réputation des humains n’est pas excellente parmi ces derniers, les humains n’étant pas les créatures les plus gentilles et douces qui puissent exister…

En plus d’être toute mignonne et de nous offrir de tendres moments de liberté, de complicité et de bonheur, l’histoire n’est pas dénuée d’un certain humour, l’autrice nous réservant une petite inversion des rôles amusante et bien pensée. Et si finalement, animaux et humains se ressemblaient bien plus qu’on le pensait, du moins, dans cet album aux allures de joli conte ?

Ode aux rêves, à la nature et aux animaux en même temps qu’aux belles amitiés humains/animaux, La belle échappée est un ouvrage qui devrait enchanter enfants et parents et leur faire considérer sous un jour nouveau la beauté de la nuit.

La vie hantée d’Anya, Vera Brosgol

Le fantôme d'Anya par Brosgol

Ado mal dans sa peau, Anya va voir sa vie radicalement changer après sa rencontre… avec un fantôme. Premier album de l’autrice d’Un été d’enfer. On en veut encore et encore !

Anya a l’impression d’être en permanence la petite nouvelle : fille d’immigrés, elle n’a jamais réussi à trouver complètement sa place. Mais quand elle tombe dans un puits et découvre le fantôme qui s’y trouve, elle a l’impression de se faire son premier véritable ami. Les ennuis commencent quand ce fantôme, prénommé Emily, devient jaloux de tout ce qui remplit la vie d’Anya

Rue de Sèvres (28 août 2019) – 224 pages – Papier (16€) – Ebook (6,99€)

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Sally Jones, La grande aventure de Jakob Wegelius

Sally Jones n’est pas une gorille comme les autres. Dans son destin, tout est singulier. Une aventure aux mille péripéties, de l’Afrique à l’Asie, en passant par New York, Istanbul et Bornéo.

Éditions Thierry Magnier (5 octobre 2016) – 112 pages – 15,50€
Traduction Marianne Ségol-Samoy – Agneta Segol

AVIS

Contrairement à ce que j’ai cru durant ma lecture et lors de la rédaction de mon avis, il ne s’agit pas ici de l’adaptation graphique du roman Sally Jones, mais de sa préquelle illustrée. Bien que je n’aie pas lu le roman, cela ne m’a pas empêchée d’être captivée par l’histoire de cette femelle gorille qui va avoir une existence mouvementée, passant d’un pays à l’autre et de propriétaire peu scrupuleux en propriétaire peu scrupuleux. Une vie qui ne manquera pas de révolter toutes les personnes ayant un minimum d’empathie pour les animaux parce que la pauvre Sally va être plus traitée comme un objet que comme un être doté d’une sensibilité propre…

Si les coups qu’elle reçoit m’ont révoltée, c’est peut-être le comportement de l’une de ses « adoptantes » (le terme bourreau conviendrait mieux) qui m’a le plus choquée. Cette dernière, une femme en apparence des plus respectables, va câliner Sally lui faisant croire en son réel intérêt avant de mieux l’exploiter et la transformer en voleuse de bijoux et d’argent. Une carrière dans laquelle Sally va briller avant que la justice ne la rattrape… Alors que son adoptante va prendre la poudre d’escampette devant le retournement de situation, Sally, quant à elle, va se morfondre s’inquiétant pour son « amie ». C’est à se demander parmi ces deux personnages qui est vraiment l’animal…

D’ailleurs, l’autrice prend le parti original de traiter Sally non pas comme un animal avec une conscience de soi limitée, mais comme un être hybride capable d’appendre à lire ou même à conduire ! Un peu surprise au départ, l’idée m’a semblé pleine de justesse et de pertinence pour susciter de l’empathie même chez ceux qui ont tendance à ne pas voir la sensibilité derrière les yeux d’un animal. Et puis cela apporte une part de romanesque à laquelle les jeunes lecteurs ne devraient pas être insensibles.

Si Sally va connaître des situations extrêmement angoissantes et d’une totale injustice, elle pourra heureusement compter sur des souvenirs plus heureux que ce soit dans le réconfort trouvé auprès d’un orang-outang ou l’étrange et solide amitié nouée avec Koskela, un chef mécanicien rencontré dans un bateau. À cet égard, j’ai adoré leur relation qui m’a beaucoup touchée et émue… Sally et Koskela vont se sauver mutuellement, Sally trouvant en cet homme une personne de confiance avec laquelle couler des jours heureux et notre chef mécanicien, une famille lui permettant de combler sa solitude. Il y a une scène que je vous laisserai découvrir, mais qui m’a semblé d’une très grande justesse et beauté parce que dans la vraie vie, tout le monde n’a pas cette même présence d’esprit. Certains sont ainsi prêts à se débarrasser de leur compagnon à la moindre occasion malgré les liens noués…

Quant aux illustrations, elles s’accordent à merveille avec le ton de l’histoire et facilitent grandement l’immersion dans le récit. L’auteur/illustrateur réussit à restituer à merveille les caractéristiques principales des personnages et leurs émotions. Les rustres portent ainsi leur méchanceté sur leur visage et dans leur manière de se tenir bien souvent conquérante et sans bienveillance, quand l’on perçoit avec une grande acuité la gentillesse de Sally, son abattement quand tous semblent l’abandonner, sa colère, ses moments de bonheur… Le visage de Koskela est plus neutre dans ses expressions, mais nous découvrons la bonté de cet homme dans ses actes, ce qui est tout aussi bien puisque les grands discours ne font pas toujours les grandes personnes. Une leçon que Sally apprendra de sa vie en captivité et qu’elle retiendra dans sa vie en liberté auprès d’un humain qui lui prouvera que tous les hommes ne sont pas dénués d’humanité.

En conclusion, Sally Jones est une magnifique et poignante aventure pleine de rebondissements, d’injustice, mais aussi parsemée de beaux moments de complicité et d’amitié. Une histoire émouvante qui comblera les amoureux des animaux et tous ceux désirant découvrir le destin hors norme d’une femelle gorille courageuse et bien plus humaine que beaucoup d’êtres humains.

Églantine sèche, Viviane

Églantine sèche

Églantine cherche désespérément un sujet pour sa rédaction. Réussira-t-elle à écrire le texte qui sera publié dans la gazette de l’école ?
L’histoire d’Églantine vous permettra d’aborder deux notions lexicales : l’homophonie et la polysémie.

Adapté aux lecteurs dyslexiques
Évidence Éditions (20 février 2019) – 48 pages – 7/10 ans
Papier (8€) – Ebook (2,99€) – Illustrations : Béka Line

AVIS

Passant toujours un très bon moment avec les livres de la collection Farfadet d’Évidence Éditions, je n’ai pas hésité très longtemps avant d’accepter de recevoir Églantine sèche, un titre qui a bien plus d’importance que ce que l’on pourrait penser.

En effet, à travers une histoire qui ne manque pas d’inventivité et de charme, l’autrice dispense une agréable et subtile leçon sur deux notions lexicales : l’homophonie et la polysémie. J’avoue que je ne me souvenais guère de la notion de polysémie, mais cela n’a pas d’importance puisque l’on prend un plaisir fou à suivre Églantine dans sa recherche d’un sujet pour la rédaction libre qu’elle doit rendre. Et l’enjeu est de taille : une publication dans la gazette de l’école pour les meilleures copies !

Si j’adorais l’exercice de la rédaction, la mention d’un thème libre aurait suscité en moi les plus vives angoisses. J’ai donc aisément ressenti, malgré la différence d’âge, le désespoir de la jeune fille qui ne sait pas vers quel sujet se tourner. Ah, cette fameuse angoisse de la page blanche qui devrait parler à beaucoup, et à tous les écrivains aguerris ou en herbe…

Mais si finalement, il suffisait à Églantine de puiser son inspiration dans son quotidien et ses péripéties ? Entre une mère qui ne sait pas dire non à une conversation avec une voisine envahissante, deux adorables oiseaux à chouchouter, un frère taquin qui essaie de lui remonter le moral ou, encore, un père et ses ennuis mécaniques, les occasions de trouver un sujet ne devrait pas manquer.

De fil en aiguille, on réalise ainsi, en même temps que la jeune fille, qu’il y a un mot qui est de toutes les conversations sans qu’on ne lui prête vraiment attention. Du moins jusqu’à ce que l’inspiration soit au rendez-vous… J’ai adoré la fin et, surtout, la manière dont l’autrice joue avec son imagination pour illustrer, avec un certain humour et beaucoup de naturel, des concepts courants, mais auxquels on ne prête guère attention.

Nous avons dans cette histoire un mot presque tout-terrain qui donne envie de puiser dans notre propre vocabulaire pour, à notre tour, réaliser le même genre d’exercice de style que l’autrice. C’est d’ailleurs, pour moi, un autre des atouts de ce livre, inspirer les enfants, voire leurs parents, pour qu’ils s’adonnent à l’amour des mots et du langage et qu’ils en saisissent toute sa richesse.

Si le fond et la démarche de Viviane m’ont complètement conquise, je l’ai été tout autant par les merveilleuses, douces et chaleureuses illustrations de Béka Line. Il se dégage de son style une rondeur et une douceur qui m’a parfois fait penser à l’univers Disney bien que l’illustratrice sache également nous régaler d’illustrations un peu plus réalistes.

Le duo Viviane/ Béka Line nous offre donc une très jolie collaboration, l’humour et l’intelligence des mots de la première étant parfaitement mis en valeur par l’imaginaire coloré, doux et expressif de la seconde. Le texte et les dessins se révèlent donc parfaitement complémentaires et nous permettent de ressentir à merveille les émotions des personnages et d’Églantine, de son stress à son exaltation !

En conclusion, en plus d’être divertissant, plein d’humour et non dénué d’une certaine intelligence, Églantine sèche bénéficie d’un très bel univers graphique qui devrait faciliter l’immersion des enfants dans cette aventure à laquelle ils participeront probablement avec plaisir, heureux de suivre une jeune héroïne qui leur ressemble.

Adapté aux lecteurs dyslexiques

Je remercie Évidence éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Simone Veil ou la force d’une femme

Annick Cojean est grand reporter au Monde.
Au fil de sa carrière, elle a croisé Simone Veil à plusieurs reprises. Au fil de leurs rencontres, une relation singulière s’est installée entre Simone Veil et la journaliste.
Une relation de femmes au-delà des fonctions.
Un portrait subjectif, délicat et parfois surprenant de la femme au-delà de l’héroïne.

Steinkis (28 mai 2020) – 112 pages – Relié (18€) – Ebook (9,99€)
Auteurs : Annick Cojean  – Xavier Bétaucourt
Illustrateur : Etienne Oburie

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Le Magicien d’Os, Eric Sanvoisin

LemagiciendOS2

Le jour qui aurait dû être celui du grand bonheur, fut celui de l’immense désespoir. Lors du mariage de la princesse Rune et du prince Lunn, une balle venue d’on ne sait où, frappe le prince en plein cœur. Sur les conseils d’un astrologue la princesse, folle de douleur, part demander de l’aide au magicien d’Os, un être à la mauvaise réputation. Celui-ci accepte de ressusciter Lunn seulement si elle accepte de rester avec lui pour toujours. Rune se retrouve ainsi prisonnière du magicien et de son étrange manoir recelant bien des secrets.
Lunn, malheureux et désespéré, décide d’aller à la recherche de sa bien-aimée. Mais il rencontre le magicien d’abord

Balivernes (28 mai 2019) – 128 pages – 15€

Découvert par hasard dans les rayons de ma médiathèque, Le Magicien d’OS fut pour moi un coup de cœur que j’aurais envie de recommander encore et encore !

Avec ce livre, dont le titre est à lui seul un argument pour craquer, les éditions Balivernes m’ont permis de renouer avec cette ambiance si particulière des contes. Pas ceux emplis de paillettes et de licornes, mais ceux plus classiques avec leur part d’ombre, de mystère et dans lesquels amour et mort sont inextricablement liés.

Beau, sombre et cruel à la fois, le récit de la princesse Rune et du prince Lunn m’a transportée et fait vivre mille émotions. D’abord de la tristesse face au prince qui s’effondre d’une balle en plein cœur le jour de son mariage et devant la princesse qui dépérit de chagrin en raison du décès de son bien-aimé qui lui a été ravi d’une bien atroce manière. Puis de la crainte et de la curiosité devant un mystérieux et malfaisant magicien qui accepte de ressusciter Lunn en arrachant à Rune la promesse d’une vie passée à ses côtés…

Ce conte délicieusement traditionnel, avec un petit côté La Belle et la Bête en bien plus sombre, n’en demeure pas moins d’une surprenante et agréable modernité. Cela commence par cette princesse qui prend son destin en main et refuse de se morfondre sans rien faire devant le sort de son prince. Elle est consumée par la douleur et ne rêve que d’une vie aux côtés de Lunn, mais elle fait également preuve d’un certain courage et d’une volonté de fer osant tenir tête à ce Magicien d’Os qui l’emplit pourtant de crainte… Si son époux va essayer de la sauver des griffes de son geôlier faisant lui-même preuve de témérité et d’une totale abnégation, c’est bien Rune qui saura trouver les clefs de sa liberté.

Le magicien apprendra, quant à lui, qu’une prison dorée reste une prison et que l’amour ne s’achète pas ni ne se vole. Une dure leçon de vie qui nous ferait presque prendre en pitié un être malfaisant, mais dont les fêlures et le besoin désespéré d’être aimé suscitent une certaine empathie… Méchant donc, mais avec cette légère pointe d’humanité qui distingue les méchants bien construits des caricatures et autres personnages stéréotypés.

Un bon conte est un conte intemporel qui fera frémir et divertira des générations parfois très éloignées. J’ai le sentiment que Le Magicien d’Os fait partie des élus, peut-être parce que sans temporalité précise, il pourra naviguer avec facilité dans les couloirs du temps à moins que ce ne soit les sujets abordés (le véritable amour, la mort, la vie…) qui le rendent si précieux et universel. Quant aux références littéraires, notamment à une célèbre et tragique histoire d’amour, elles renforcent avec brio ce sentiment de beau et de dramatique qui nous prend au cœur et au corps durant notre lecture.

Le Magicien d’Os est un superbe conte porté par la très jolie plume d’Eric Sanvoisin qui s’est évertué à retranscrire l’atmosphère si particulière des contes d’antan. Mais c’est également un très bel ouvrage magnifié par les illustrations de Gilles Francescano. D’un réalisme époustouflant venant aussi bien des nuances de gris alternant entre ombre et lumière que des nombreux détails, celles-ci participent au sentiment d’immersion que vous ne manquerez pas de ressentir en parcourant le livre.

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Quant à l’objet-livre en lui-même, il est tout simplement sublime : format cartonné, couverture en trompe-l’œil, hauts de page joliment ornés, tranche noire qui se marie à merveille avec les illustrations et l’atmosphère de l’histoire… Tout autant d’éléments qui viennent parfaire l’expérience de lecture et lui apporter une tout autre dimension.

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En bref, Le Magicien d’Os est un magnifique conte, entre tradition et modernité, que je conseille les yeux fermés aux amateurs du genre et/ou aux personnes souhaitant découvrir une superbe et tragique histoire d’amour dans laquelle il est est question de vie, de mort, mais aussi d’espoir, d’ombre et de lumière.

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Retrouvez/feuilletez le livre sur le site de Balivernes éditions.

Diesel – Allumage, Tyson Hesse

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le voyage de Diandra Diesel pour récupérer le vaisseau de son père ! Lorsqu’une armée longtemps oubliée surgit des nuages, Diandra « Dee » Diesel prend une décision irréfléchie qui va changer son destin pour toujours. Avec son robot cassé et une mystérieuse machine volante pour seule aide, Dee va faire un voyage qui la mènera de l’obscurité des terres abandonnées situées sous les nuages à la lumière éblouissante de la capitale de son monde. Son plus grand défi sera de s’affranchir de son héritage familial afin de choisir seule sa propre destinée. Tyson Hesse nous livre une histoire, visuellement exceptionnelle, sur l’importance de la famille, des responsabilités et sur l’héroïsme, dans un monde aussi nouveau que gigantesque !

Editions Kinaye (18 janvier 2019) – 208 pages – Album (15,50€) – Ebook (7,99€)

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