Mini-chroniques en pagaille #16

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps de chroniquer de manière plus classique.


Les trois petits ouvrages présentés dans cet article sont proposés gratuitement (cliquez sur les titres pour les télécharger).

Couverture Teddy The Squirrel Becomes a Pilot
Teddy est un écureuil qui ne s’intéresse pas vraiment aux noisettes ni à l’idée de faire des provisions pour l’hiver. Lui, c’est plutôt un doux rêveur qui s’imagine volontiers en pilote d’avion. Un rêve inattendu pour un écureuil qui ne manque pas de personnalité !

Mais ce qui aurait pu rester une douce lubie va devenir une réalité quand l’avion télécommandé d’enfants jouant dans le parc s’écrase entre les branches d’un arbre….

Voici un mignon petit livre sur le courage et la force des rêves qu’il ne faut jamais abandonner ! Très courte et très accessible au niveau de la langue, l’histoire de cet écureuil et de son frère est parfaite pour une première lecture en anglais. Elle pourrait également séduire les adultes avec une âme d’enfant souhaitant se replonger en douceur dans la langue de Shakespeare.

Le très insolent Harry Watson est surpris à l’annonce du challenge organisé par sa professeure d’économie ménagère : choisir une boîte mystère et utiliser une partie de ses ingrédients dans une recette ! Les fans de MasterChef et autres émissions du genre de sa classe sont ravis, lui beaucoup moins. Mais comme il nous semble un peu râleur cet élève, rien d’étonnant à sa réaction.

La suite des événements, quant à elle, est beaucoup plus inattendue, Harry n’étant pas au bout de ses surprises. Je n’en dirai pas plus sur ce point puisque tout le charme du roman réside dans l’imagination fertile de l’autrice. Il se dégage d’ailleurs un petit air d’Alice au pays des merveilles dans ce récit qui tend quelque peu vers l’absurde, les élèves se comportant de manière plutôt étrange face à une situation qui n’a rien de normale ! Mais je vous rassure, le livre, très accessible, n’est pas aussi déroutant que peut l’être l’œuvre de Carroll Lewis.

Voici une petite histoire sympathique qui devrait vous surprendre et à l’issue de laquelle, vous ne devriez plus cuisiner de la même manière.

Adorant les histoires de sorcières depuis que je suis enfant, le titre et l’image de ce chaudron en pleine ébullition m’ont tout de suite attirée. En aidant sa mère à débarrasser et nettoyer un placard, Tania trouve des livres qu’elle met à disposition de tous dans son club de lecture sauf un qu’elle s’empresse de dévorer. Elle y découvre alors le récit d’une jeune fille ayant décidé de lancer un mauvais sort à un autre enfant qui se montre méchant avec elle…

Pour rigoler et se venger, pour de faux, d’un garçon qui n’est pas sympathique avec elle, elle décide avec son amie Tanisha de lancer ce sort dont elles suivent scrupuleusement la recette. Si les poils de chat sont faciles à obtenir, d’autres ingrédients comme les cheveux de la future victime demandent un peu plus de travail et d’imagination… Mais les filles s’en sortent très bien ! Le sort lancé, elles passent à autre chose. Après tout, ce n’était qu’un jeu. Mais l’était-ce vraiment ? Certaines coïncidences commencent sérieusement à les faire douter…

Je ne vous dirai pas si le sort a véritablement fonctionné ou non, mais je peux néanmoins vous assurer que cette petite histoire très divertissante se lit toute seule d’autant qu’elle est agrémentée de quelques petits illustrations ce qui facilite l’immersion même pour les jeunes lecteurs. Ils devraient prendre beaucoup de plaisir à assister les deux fillettes dans la recherche des ingrédients, plus ou moins ragoûtants, et sourire devant certaines situations.

Quant à la fin, j’ai apprécié la manière dont l’autrice aborde la question des superstitions et de certains biais cognitifs. Cela manque peut-être un peu de subtilité pour des adultes, mais ses explications par l’exemple permettront aux enfants de s’approprier facilement des concepts pas toujours évidents à appréhender.

Mini-chroniques en pagaille #16

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures. 


Pour cette édition, je vais vous parler de deux albums publiés par Évidence éditions que je remercie pour leur confiance. Afin de rendre la lecture accessible au plus grand nombre, ces ouvrages sont adaptés aux lecteurs dyslexiques.

Tous les deux conseillés à partir de 4 ans, ces albums bénéficient de grandes illustrations sur lesquelles les enfants pourront s’appuyer pour s’approprier et s’immerger complètement dans les récits. Quant aux adultes, ils devraient prendre plaisir à se laisser porter par ces deux histoires et à les narrer aux plus petits.

Le petit cadre
Si vous aimez les jolis contes de Noël, Le petit cadre devrait vous plaire.

Ani et Karine, deux sœurs très complices, vivent avec leurs parents dans une maison au bord d’une forêt. Malgré le manque de moyens, la famille n’étant pas fortunée, les deux fillettes ont néanmoins le bonheur de découvrir chaque matin, dans leur calendrier de l’avent, des friandises réalisées par leur maman. Et parce que Noël n’est pas vraiment Noël sans un sapin, leur papa, bûcheron de profession, n’a pas oublié d’abattre un sapin afin que ses filles puissent l’orner de belles décorations…

L’autrice a su parfaitement retranscrire cette ambiance si caractéristique de la période de Noël avec les traditionnelles décorations que l’on place avec soin, l’excitation grandissante à l’approche du grand jour, la neige (pour les plus chanceux) sans oublier les cadeaux. Les deux sœurs y ont d’ailleurs pensé en fabriquant pour leurs parents un cadre traditionnel en bois joliment décoré. Un cadeau fait avec les mains et le cœur qui ne pourra que toucher ses destinataires, mais aussi les lecteurs…

Mais n’oublions pas que Noël, c’est aussi une période magique où tout peut arriver ! C’est ainsi qu’un mystérieux personnage va entrer dans la vie des fillettes et leur faire un cadeau inestimable… Si j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur ce personnage que j’ai trouvé fort mignon au demeurant, j’ai finalement apprécié cette aura magique et mystérieuse qui le caractérise. Pas besoin de savoir d’où elle vient pour que la magie opère…

Le petit cadre

Illustrations : Rémi Griselain

En  bref, voici un adorable petit album qui, à travers une histoire simple et mignonne à souhait, nous plonge à merveille dans l’ambiance et la magie de Noël tout en nous rappelant les belles valeurs d’amour et de partage que cette fête véhicule.

À noter qu’un petit jeu bonus est proposé en fin d’ouvrage !

Collection Farfadet – 64 pages – Broché (13€) – Ebook (0,99€)

  • Théo L’Esquimau de Van Ly :
    Je dois avouer que le titre de cet album m’a tout de suite donné le sourire aux lèvres, une bonne humeur qui s’est accentuée au fil des pages appréciant l’humour distillé tout au long de l’album. Il faut dire que voir de la nourriture s’animer, cela n’est pas courant !


    Théo l’esquimau s’est perdu, mais il pourra compter sur la solidarité des autres aliments du frigo
    , d’Agathe la tomate en passant par Ombre le concombre, pour le conduire dans le Pays du grand froid où l’attendent ses parents. Avec l’autrice, l’idée de chaîne alimentaire prend une tout autre dimension !

    Les enfants devraient être sensibles à cette entraide spontanée qui se créer entre les personnages et souhaiter très fort que Théo retrouve les siens. Quant aux couleurs vives et pleines de peps des illustrations, elles devraient attirer leur regard et rendre à leurs yeux cette histoire aussi agréable qu’attractive.

Capture d’écran (67)

Illustrations : Maïka

Derrière ce récit complètement loufoque, l’autrice, à l’imagination débordante, apprend également aux enfants à reconnaître de manière amusante différents aliments et leur place dans le frigo. Une connaissance fort appréciable qui aurait permis à Théo de ne pas se trouver dans un endroit non adapté à ses besoins en matière de conservation…

En bref, voici un album original et instructif qui devrait plaire aussi bien aux enfants qu’à leurs parents que ce soit pour le récit ou les jolies valeurs de solidarité et d’amitié mises en avant.

Collection Farfadet – 40 pages – Broché (12€), Ebook (2,99€)

L’enfant silence de Cécile Roumiguière, illustré par Benjamin Lacombe


PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un texte sombre et intense qui évoque avec justesse les souffrances d’une enfant maltraitée partagée entre amour et peur. Les illustrations magnifiques et sensibles en font un album d’exception.

Seuil jeunesse (mars 2008) – 32 pages – Relié (13,90€)

AVIS

J’ai emprunté L’enfant silence sans rien en savoir si ce n’était le nom de son illustrateur, Benjamin Lacombe, dont j’apprécie beaucoup le travail. À la vue de la couverture et du titre, je m’attendais bien sûr à un récit assez sombre, mais je ne m’attendais certainement pas à être aussi remuée par cette histoire. Nous découvrons ainsi une petite fille murée dans son silence, une petite fille coincée entre deux mondes, celui de la peur et celui de l’espoir…

Au fil des pages, on devine derrière le langage presque feutré de l’autrice, l’enfer vécu par cette enfant dont Benjamin Lacombe a su capturer toute la tristesse. Tout passe par le regard, un regard triste et tourmenté qui tranche terriblement avec le jeune âge du personnage. Ce que l’enfant silence ne veut ou ne peut dire, on le devine pourtant : la maltraitance, l’isolement, la violence, le désespoir… Des thématiques difficiles d’autant plus quand elles sont, comme ici, abordées dans un album pour enfants.

L'enfant silence, Benjamin Lacombe

À la place de descriptions brutes dans laquelle la violence pure se serait exprimée, l’autrice joue sur les mots et opte pour un langage métaphorique. Sous sa plume, les monstres bien humains et réels se transforment ainsi en loups, ces animaux qui hantent les contes et les cauchemars des plus jeunes. Une distanciation qui permet de rendre l’histoire plus supportable…

Car difficile pour le lecteur de ne pas être remué par toutes ces émotions transmises autant par le texte que les illustrations. Intenses et douloureuses, ces émotions frappent par leur justesse et leur ambivalence. Comme dans toutes les histoires de maltraitance infantile, il y a la peur de ces adultes bourreaux, mais aussi cet amour malgré tout, celui qui empêche de détester, de condamner et de se séparer. Comment un enfant peut-il accepter d’être séparé de ses piliers même quand ceux-ci sont dysfonctionnels ?

Une question traitée ici avec beaucoup de sensibilité, l’autrice nous faisant ressentir pleinement le décalage entre les jours rouges où la violence se déchaîne et durant lesquels la bave dégouline de la gueule béante des loups, et ces jours bleus où leur fourrure forme un écrin doux et protecteur… Un cercle vicieux et destructeur de peur et de chaleur qu’on hâte de voir se briser afin que l’enfant silence puisse se libérer de ses attaches et prendre son envol.

Poignant, douloureux et porteur d’espoir à la fois, L’enfant silence est un sublime texte sur la maltraitance infantile qui devrait être lu par tous pour que plus jamais un enfant ne reste dans le silence et la souffrance.

Tu sais pas quoi ?! – Volume 2, Chris Pavone

Tu sais pas quoi ?! - Chris PAVONE - Les Éditions de l'Opportun

Je remercie Babelio et les Éditions de l’Opportun pour m’avoir permis de découvrir Tu sais pas quoi de Chris Pavone.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Chris Pavone, auteur et animateur du fil Twitter Tu sais pas quoi ?!, suivi par plus de 200 000 personnes, revient avec 500 nouvelles anecdotes 100 % inédites ! Sciences, animaux, énigmes historiques, mystères biologiques surprenants… vous y trouverez de quoi assouvir votre curiosité dans tous les domaines !

Saviez-vous que certaines personnes peuvent être ivres sans avoir bu une seule goutte d’alcool ? Que les alligators peuvent survivre complètement gelés dans la glace ? Qu’aucun arbre ne pourra jamais dépasser les 130 mètres de hauteur ? Que la première invention à passer le mur du son était une arme utilisée dans l’Égypte antique ?

Tu sais pas quoi ?! Ce sont 500 anecdotes historiques, infos scientifiques et savoirs en tous genres qui vont vous faire pétiller l’esprit !

Les Éditions de l’Opportun (mai 2019) – 416 pages – Broché (11,90€) – Ebook (7,99€)


AVIS

J’ai découvert Chris Pavone, déjà bien installé sur Twitter, à travers cette encyclopédie illustrée et riche en anecdotes et informations en tous genres. Une petite caverne d’Ali Baba pour les personnes curieuses qui aiment s’instruire et découvrir des choses en s’amusant.

On est donc loin de l’ambiance cahier d’école ou, pour les plus de trente ans, de l’encyclopédie touffue et avouons-le indigeste de notre enfance. Ici, tout est fait pour rendre l’information simple, variée, divertissante, amusante et intéressante. Cela passe autant par le fond que la forme. À cet égard, j’ai apprécié la mise en forme pleine de peps avec des pages aérées, de nombreuses illustrations en noir et blanc, des tailles et des polices d’écriture variées…

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Un visuel attractif et ludique qui invite à l’évasion d’autant que pris au jeu, on tend à enchaîner les anecdotes les unes après les autres… Entre une après-midi trempette et un aller-retour dans une grande ville voisine, j’ai lu les 400 pages en deux fois sans vraiment m’en rendre compte. Une chance que son petit format rende le livre facilement transportable et très agréable à prendre en main !

Ludique et plein d’humour, ce recueil n’en demeure pas moins une petite mine d’informations et d’anecdotes sur des thèmes très variés : les animaux, l’écologie, le corps humain, l’histoire, la psychologie et les interactions sociales, l’astronomie, les mathématiques, l’art…

Vous apprendrez ainsi :

  • que les rats connaissent l’empathie, que les orangs-outans savent utiliser leur mémoire à long terme pour faire face efficacement à un danger et que les fourmis sont, à bien des égards, des animaux fascinants tout comme les corbeaux et les corneilles capables de reconnaître un visage humain et de remercier quelqu’un qui leur aurait donné à manger,
  • que l’ADN humain est à 50% identique à celui de la banane et que plusieurs milliers de Suédois se sont volontairement équipés d’une micropuce sous la peau,
  • pourquoi il vaut mieux consommer les œufs à la coque et au plat et par quel miracle, un repas préparé par quelqu’un d’autre est toujours meilleur à condition de ne pas abuser des bonnes choses sous peine de terminer dans un linceul comme un roi suédois du XVIIIe siècle,
  • qu’en y passant 8 heures par jour, à raison d’une minute par œuvre, il vous faudrait 2 mois et demi pour voir les 35000 œuvres exposées au Louvre,
  • qu’une relecture permettait de se recentrer sur ses émotions et qu’entrer dans la peau d’un personnage provoquerait un réel changement biologique,
  • que les baobabs ont, en Australie-Occidentale, pu servir de prison par le passé,
  • comment une erreur scientifique a provoqué au Turkménistan un phénomène impressionnant, La porte de l’enfer, que l’on peut, plus de 40 ans après, toujours observer…
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Porte de l’Enfer – Source Wikipédia

Une petite série d’exemples parmi bien d’autres faits qui devraient vous étonner, voire vous estomaquer, vous amuser, vous impressionner, vous laisser songeur, vous pousser à faire de plus amples recherches… Bref, vous faire réagir !

Je n’ai évidemment pas retenu les 500 anecdotes proposées par l’auteur, toutes inédites, mais peu importe puisque après avoir tourné la dernière page, j’ai eu le sentiment d’avoir fait un pas de plus dans le monde fascinant de la connaissance. Cette lecture m’a également apporté des réponses à des questions que je me posais ou des explications sur des choses et des comportements que j’avais pu constater sans me les expliquer. À titre d’exemple, j’ai enfin compris pourquoi mon frère et moi tendions à tirer la langue enfants quand nous étions concentrés poussant notre maître de CP à nous couper virtuellement la langue.

À noter qu’en fin d’ouvrage, un index est proposé, ce qui devrait plaire aux lecteurs cherchant des informations sur un thème précis. Pour ma part, j’ai préféré lire les pages dans l’ordre appréciant la manière dont l’auteur jongle entre les différentes thématiques nous évitant ainsi tout sentiment de lassitude.

En conclusion, par une mise en pages ludique, des illustrations ne manquant pas de mordant, de nombreuses thématiques permettant à chacun de trouver son bonheur, et un ton humoristique rendant la lecture fluide et agréable, cette petite encyclopédie assouvit notre curiosité tout en aiguisant notre soif d’appendre. C’est indéniablement le genre d’ouvrages que l’on prend plaisir à lire, à relire et à partager tout autour de soi. Alors si vous êtes curieux, aimez lire et apprendre en vous divertissant, Tu sais pas quoi ?! est fait pour vous.

Compte Twitter de l’auteur 

Retrouvez le livre sur le site des Éditions de l’Opportun.

 

 

Conte d’Ocitarina, Zélie Jumel

Conte d'Ocitarina

Je remercie Évidence éditions de m’avoir permis de découvrir Conte d’Ocitarina de Zélie Jumel qui, en plus d’être autrice, tient le blog Les livres de Zélie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jeanne est une coquette princesse de 17 ans, d’Ocitarina, un royaume autosuffisant.
L’Ocitarine, fruit miraculeux est très convoité.
Jeanne est l’Héritière. Une grande charge repose sur ses épaules. Néanmoins, une menace approche.
Trouvera-t-elle qui lui veut du mal avant qu’il ne soit trop tard ?
Trouvera-t-elle autre chose ? L’amitié, l’amour,…
Les apparences sont parfois trompeuses.
La princesse doit faire très attention…

Évidence Éditions – 232 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)
Illustrations : Corentin Lecorsier 

AVIS

Dans ce joli conte qui, grâce à sa sublime couverture, avait attiré mon attention depuis un moment, nous faisons la connaissance d’une princesse de dix-sept ans, Jeanne, et de son père, un roi apprécié de son peuple sur lequel il veille avec justesse et bonté. Le père et la fille, très proches, ont développé une relation de confiance et de respect. Contrairement à nos souverains européens et à leur tradition des mariages arrangés, le père est donc bien décidé à laisser sa fille choisir son futur époux, le moment venu.

Mais plus préoccupée par les jolies toilettes que le mariage, Jeanne n’en est pas encore à prendre une telle décision bien que l’arrivée d’un nouveau maître tailleur au château, maître Paul, ne la laisse pas indifférente… La princesse apprécie ainsi grandement ce nouveau venu doté d’un physique agréable et d’une conversation intéressante. À défaut de ces voyages dont elle rêve, mais que son protecteur de père lui refuse, Maître Paul lui offre quelques moments d’évasion bienvenus.

Une vie joyeuse et insouciante, bien que parfois un peu frustrante, qui sera menacée par une tentative d’empoisonnement. Devant le danger, le roi va placer sa fille unique sous la surveillance et la protection d’un jeune et courageux soldat, Hector, pour lequel on développe d’emblée une réelle sympathie. En plus d’assurer sa sécurité le plus discrètement et efficacement possible, il développe pour la princesse une grande admiration et une totale dévotion. Sa présence rassurante ne suffira néanmoins pas à éviter un nouvel incident… En attendant que les choses rentrent dans l’ordre, la princesse doit alors assurer un rôle pour lequel elle n’est pas encore prête, celui de reine.

Inquiète à l’idée d’être sur le devant de la scène et de devoir prendre des décisions qui impacteront l’avenir de son royaume, Jeanne sera heureusement épaulée par des personnes, pour la plupart, bienveillantes… Un soutien d’autant plus précieux qu’une question demeure : qui sont ces deux personnes mystérieuses qui complotent contre la princesse et qui essaient, par tous les moyens, de la déstabiliser que ce soit par des attaques directes ou indirectes ? Quel est leur véritable objectif ? Le royaume prospère d’Ocitarina est-il en danger ?

Une série de questions qui apporte un certain suspense même si les adultes ne devraient pas être très surpris par le retournement de situation final. Ce n’est pas gênant en soi, l’autrice arrivant à nous immerger totalement dans son histoire. On prend donc grand plaisir à suivre les différentes péripéties qui s’enchaînent rapidement et à suivre l’évolution de la princesse. Peut-être un peu frivole en tout début de livre, Jeanne prend très vite la mesure de la tâche qui lui incombe, et s’attèle du mieux qu’elle le peut pour être à la hauteur des attentes de son peuple et de son père qu’elle aime beaucoup.

Forte, intelligente et capable de prendre du recul, cette jeune femme offre un joli modèle qui devrait inspirer les enfants, et leur montrer que même quand les obstacles semblent trop grands, il est toujours possible de prendre son destin en main. Les jeunes lecteurs devraient également se sentir proches d’elle, car si elle a du caractère et sait prendre des décisions quand la situation le requiert, elle n’en demeure pas moins très humaine. Comme tout le monde, elle commet des erreurs et peut être aveuglée par les apparences, mais c’est aussi ce qui la fait grandir… 

L’autrice nous offre ici une jolie histoire dans laquelle l’amitié a toute son importance tout comme l’amour, un sentiment auquel la princesse s’éveille doucement. Vous savez probablement que la romance et moi, ce n’est pas le grand amour, mais ici, cela ne m’a pas dérangée. D’une part, nous sommes dans un conte, et le genre se prête à merveille à la naissance des premiers amours, et d’autre part, il n’y a rien de mièvre ou de trop appuyé. Au contraire, j’ai trouvé les personnages très touchants dans la découverte de leurs sentiments, et devant ces émotions, parfois confuses, qui peu à peu les gagnent.

En tant qu’adulte, la fin m’a peut-être semblé un peu rapide et facile sans que cela ne soit dérangeant. J’ai d’ailleurs eu l’impression de replonger dans ces contes qui ont bercé mon enfance et dont je ressortais le sourire aux lèvres et le cœur empli de belles émotions. Je ne doute pas que les enfants prennent beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire qui, cerise sur le gâteau, bénéficie de jolies illustrations signées Corentin Lecorsier. En plus du côté esthétique, elles facilitent indéniablement l’immersion dans le récit.

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Quant à la plume de l’autrice, elle devrait plaire à un large public : des enfants, enchantés par son accessibilité, aux adultes qui savoureront sa poésie et sa fluidité. À cet égard, j’ai particulièrement apprécié les descriptions qui, tout en restant synthétiques, sont pleines de poésie. Elles permettent d’ailleurs, au même titre que les illustrations, de se plonger pleinement dans l’histoire et l’univers qui prend vie sous nos yeux.

Mention spéciale pour un personnage à quatre pattes que j’ai adoré et qui, enfant, m’aurait fait fondre au point de me donner envie de lire et relire le livre. En plus de nous attendrir, ce personnage permet à l’autrice de subtilement inculquer l’amour et le respect des animaux de compagnie, sa maîtresse le traitant avec beaucoup de délicatesse.

En conclusion, grâce à un style tout en finesse qui n’en demeure pas moins très accessible, Zélie Jumel réunit petits et grands lecteurs autour de l’amour des contes, des princesses et des belles histoires d’amour et d’amitié ! Bénéficiant de jolies illustrations et auréolé d’un certain mystère, Conte d’Ocitarina vous réserve un très beau moment de lecture dans la lignée des contes de notre enfance, une pointe de modernité en plus. À lire et à relire seul ou en famille !

À noter que dans une volonté affichée de la maison d’édition de rendre la lecture accessible à tous, la police d’écriture est adaptée aux personnes dyslexiques.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Site de l’autricePage FB de l’autricePage FB de l’illustrateur

Rencontre avec Vercingétorix, Julien Moca (auteur), Julien Bringer-Deik (illustrateur)

Rencontre avec Vercingétorix, De Borée

Je remercie les éditions De borée pour m’avoir permis de découvrir Rencontre avec Vercingétorix.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Cerise et Robin, au fil de leurs aventures, découvrent l’histoire de Vercingétorix, grand chef de guerre gaulois qui affronta Jules César et ses puissantes armées.

  • Album: 30 pages
  • Tranche d’âges: 6 années et plus
  • Éditeur : De Borée jeunesse (31 mai 2018)
  • Collection : Les petits détectives de l’histoire
  • Prix : 12.90 €

AVIS

Quand j’ai vu Rencontre avec Vercingétorix sur le catalogue des éditions De Borée, j’ai tout de suite eu envie de lire le livre adorant les ouvrages qui affichent, comme ici, l’objectif ambitieux de mettre l’Histoire à la portée des enfants. Et c’est exactement ce qu’offre ici ce magnifique album qui prouve qu’on peut raconter le passé en le rendant accessible, intéressant et attrayant.

Cerise et Robin découvrent avec enthousiasme la vie de Vercingétorix d’abord grâce à leur père puis par l’intermédiaire d’un rêve intense qui les conduira vingt-deux siècles en arrière. Sur place, ils feront la rencontre de Diatorix, le neveu de Vercingétorix. Le jeune garçon, en fervent supporter de son oncle, sera alors ravi de leur conter l’histoire de ce grand guerrier et fin stratège…

L’histoire est intéressante, Vercingétorix étant un personnage fascinant, mais ce qui fait la force de cet album, c’est la manière très ludique et attrayante avec laquelle l’Histoire est mise à la portée des enfants. Quand on ouvre l’album, on ne peut qu’être frappé par la place donnée à l’aspect visuel avec de grandes illustrations qui attirent tout de suite le regard.

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On découvre donc d’abord ces magnifiques images qui enchanteront petits et grands, puis on lit avec avidité le texte. Cette importance de l’image me semble primordiale dans un album destiné à des enfants même si en tant qu’adulte, je suis loin d’être insensible à la démarche. Julien Bringer-Deik est un habitué des albums jeunesse et ça se sent dans sa volonté d’offrir des dessins aux couleurs vives et éclatantes, des traits doux et expressifs permettant de saisir les émotions des personnages en un regard, une gestuelle précise qui guide la lecture…

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Ces illustrations facilitent grandement l’immersion dans le récit de Julien Moca qui, par sa manière de conter l’histoire de Vercingétorix à travers un vocable simple, mais précis, la rend accessible à tous les lecteurs. Les informations données sont, en outre, claires tout en restant très synthétiques, ce qui facile la compréhension des plus jeunes et permet de garder leur attention. Je suis admirative du travail de l’auteur qui a su en peu de pages et peu de lignes restituer les grandes étapes de la vie d’un personnage historique complexe. En tant qu’adulte, vous ne devriez pas faire de grandes découvertes, bien que le rappel de certains faits est toujours appréciable, mais vous ne devriez pas non plus vous ennuyer. À noter également que l’auteur a eu la très bonne idée d’aborder l’histoire à travers trois enfants, Cerise, Robin et Diatorix, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de s’identifier et donc de se projeter plus facilement dans le récit. 

Les nouvelles connaissances se fixant bien plus facilement si l’on fait participer l’apprenant, l’album contient un quizz. Les enfants pourront donc se tester d’autant que l’aspect ludique des questions devrait les séduire. Quant aux adultes, c’est un moyen ludique de vérifier que l’histoire a bien été comprise par les enfants ou s’il est nécessaire de reprendre certains passage. À la suite de ce premier quizz, sont proposés un point sur Les batailles de Gergovie et d’Alésia, la capture de Vercingétorix par les Romains ainsi qu’une carte pour s’aider à se repérer dans l’espace et le temps. De nouvelles connaissances qui donneront lieu à un second petit quizz. En d’autres mots, les enfants pourront découvrir l’histoire de Vercingétorix en s’amusant et en participant activement.

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En conclusion, parler aux enfants d’un personnage aussi emblématique que Vercingétorix par le biais d’un album jeunesse me semble être un choix des plus judicieux. À travers un texte accessible, de jeunes personnages auxquels les enfants pourront s’identifier sans peine et des illustrations colorées et tout en rondeur, le duo auteur/illustrateur devrait séduire les jeunes lecteurs tout comme les adultes d’ailleurs. Un joli album donc à lire seul ou en famille pour concilier plaisir de lire et plaisir d’apprendre.

Si vous avez envie de découvrir d’autres illustrations de Julien Bringer-Deik, n’hésitez pas à consulter son site Internet, cet illustrateur ayant déjà quelques ouvrages à son actif.

Et vous, envie de découvrir Rencontre avec Vercingétorix ?

Dessine-moi… Ton monde idéal, Victor de Coster

Dessine-moi... ton monde idéal par De Coster

Je remercie Les Éditions du rêve pour m’avoir permis de découvrir Dessine-moi… Ton monde idéal.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nous avons posé la question à des bouts de choux rencontrés dans toute la France, âgés de 5 à 9 ans. Les réponses fusent, sans détour, comme seuls des enfants savent le faire. Étonnantes, drôles, créatives, responsables, inattendues, matures… elles sont surtout très imagées. Grâce à ces mots ainsi recueillis, et uniquement grâce à ces mots, nous avons dessiné leur monde idéal. Le monde tel que le rêvent ceux qui le porteront demain. Ce livre garde toute la légèreté –et l’humour –d’une parfaite histoire du soir. Mais il est également, et bien évidemment, plein de sens.

  • Éditeur : Éditions du Rêve (8 mars 2018)
  • Prix : 7 euros

 

AVIS

J’ai tout de suite trouvé l’idée de demander à des enfants âgés de 5 à 9 ans de nous décrire leur monde idéal originale et surtout intéressante dans la mesure où il est rare de leur donner la parole sur ce genre de questions, que ce soit dans la vie courante ou en littérature. Je salue donc l’initiative de la maison d’édition et de l’auteur.

Le fond…

Alors que je m’étais attendue à des propos assez loufoques ou du moins, centrés sur leurs centres d’intérêt, les enfants abordent régulièrement des thèmes « sérieux » qui montrent une véritable prise en compte des enjeux de société : écologie et pollution (deux thèmes très présents), cause animale, solidarité, racisme, terrorisme… J’ai également été marquée par ce souci de la paix, et une volonté de vivre dans un monde où les relations entre les individus seraient pacifiées.

Derrière ces considérations sérieuses, les enfants évoquent également des thèmes plus légers comme le sport, les jeux, les voyages, l’amitié, la famille, l’alimentation qui semble être un domaine pour lequel les goûts sont très disparates entre amateurs de plats équilibrés et amoureux de junk-food…

Au fil de ma lecture, certains propos m’ont impressionnée par la maturité qu’ils dénotent, quand d’autres m’ont franchement fait sourire par leur côté très imaginatif, un peu naïf ou décalé :

  • « On mangerait des choses équilibrées comme des petits pois avec saucisses » (Jiméo, 9 ans) : comme quoi, la notion d’équilibre alimentaire est assez subjective…
  • « J’aimerais rester à l’âge de 10 ans, car après, à partir de 11 ans ce n’est pas trop rigolo, je ne pourrai plus faire de sport ni courir. » (Julia, 7 ans) : j’imagine que derrière cette phrase se cache le spectre de la puberté, mais si quelqu’un a une autre explication, je suis preneuse.
  • « J’aurais le pouvoir de glacer les arbres pour pouvoir grimper dessus et m’en servir comme toboggan » (Julie, 6 ans) : l’une des idées les plus cool que je n’ai jamais lues.
  • « J’aurais un vélo qui vole, il irait très vite » (Victor, 8 ans) : un moyen de transport pour lequel je signerais tout de suite ! Il est d’ailleurs amusant de voir que le vélo semble plaire à pas mal de nos rêveurs.
  • « Tous les pauvres auraient une maison et tout le monde aurait un cinéma dans sa douche » (Zoé, 9 ans) : une très jolie idée…
  • « On pense que le requin blanc est dangereux mais il ne l’est pas. » (Zakaria, 10 ans) : ce jeune homme fait preuve d’un discours empreint de bon sens que ce soit à travers ces quelques mots ou sa participation. En tant qu’amoureuse des animaux, c’est réconfortant de constater qu’il y a une véritable prise en considération de la cause animale chez certains enfants.

Les adultes devraient être séduits par la teneur de l’album qui leur permettra, je l’espère, de se rendre compte que finalement, il est possible de participer à la construction d’un monde dans lequel les enfants seraient heureux de vivre, certains de leurs rêves ne dépendant que de la bonne volonté de chacun. Quant aux jeunes lecteurs, nul doute qu’ils prendront plaisir à découvrir les textes des participants avant, peut-être, de partager avec leurs aînés, leur propre vision des choses.

La forme…

Léger, mais avec une couverture assez rigide pour ne pas qu’elle se plie à la moindre occasion, cet album est indéniablement agréable à prendre en main que l’on soit un enfant ou un adulte. Quant aux illustrations, elles retranscrivent à merveille les rêves de ces enfants qui nous content, sans détour ni cachotteries, le monde tel qu’ils aimeraient le voir. Cela se traduit par des dessins lumineux aux couleurs pimpantes et rafraîchissantes à l’image de ces jeunes personnes qui ont encore cette naïveté et cette joie de vivre que certains adultes ont, malheureusement, perdues. Les lecteurs découvrent donc, page après page, un festival de couleurs qui assure une lecture plaisante et pleine de peps. Difficile de ne pas avoir le sourire aux lèvres en tournant les pages !

Les dessins sont assez simples un peu comme si c’était les enfants eux-mêmes qui avaient sorti les crayons pour mettre en scène leur monde idéal. Le texte et les images forment donc un ensemble harmonieux qui permet aux lecteurs de se plonger pleinement dans l’album et de s’imaginer voyager d’un monde idéal à l’autre.

En conclusion, derrière des visions très différentes de ce que serait un monde idéal, même si plusieurs thèmes reviennent régulièrement, se cache toujours une certaine simplicité qui rend les propos de ces enfants touchants et pleins de bon sens. Entre l’envie d’un monde dénué de pollution et de guerres et celui où l’on aurait une mini-corne sur la tête, cet album devrait plaire aux enfants et à leurs parents, et marquer le début de jolies discussions intergénérationnelles.

Et vous, envie de craquer pour Dessine-moi… Ton monde idéal ?