Backup, Guy-Roger Duvert

Couverture Backup

Dans un futur plus ou moins proche, l’immortalité est devenue un service, un monopole détenu par la multinationale Backup. Les clients procèdent régulièrement à des sauvegardes de leur psyché – souvenirs, personnalité, tout ce qui les définit en tant qu’individu. Le jour où ils meurent, leur sauvegarde la plus récente est téléchargée dans l’un de leurs clones, prêt à être activé. L’immortalité à la portée de tous. Du moins des plus nantis.

Aiden Romes est un flic. Honnête, droit dans ses bottes, psychorigide, même, diraient certains de ses collègues moins regardants avec la loi. Il est bon dans ce qu’il fait, mais un tel métier effrait de plus en plus sa compagne, enceinte de plusieurs mois et terrifiée à l’idée de perdre son époux. La situation change cependant le jour où il contribue à sauver la fille du dirigeant de la firme Backup, qui le remercie en lui offrant un abonnement gratuit aux services de la compagnie. Il va rejoindre la caste fermée des immortels, et pourra enfin continuer le job qu’il aime sans que sa compagne n’ait plus à en souffrir. Il s’installe dans le siège de connexion, ferme les yeux…… et les rouvre quelques secondes après dans un lieu qu’il ne connait pas. Mais surtout dans un corps qui n’est pas le sien! C’est pour lui le début d’une descente aux enfers, où il devra voir jusqu’où il sera prêt à violer ses propres principes et ainsi se salir les mains afin de protéger les siens et déjouer un complot de portée mondiale. La technologie Backup constitue-t-elle l’accès à l’immortalité pour l’être humain, ou bien la perte de son identité?

(17 mai 2020) – 313 pages – Broché (19,99€) – Ebook (4,99€)

À noter que j’ai reçu l’ancienne couverture que j’aime bien, mais la nouvelle est également sympathique et très représentative de l’atmosphère qui se dégage du roman.

AVIS

Appréciant la plume de l’auteur, je n’ai pas hésité très longtemps quand il m’a proposé de découvrir un autre de ses romans, Backup. Un roman que, sans surprise, j’ai de nouveau dévoré. On y retrouve ce qui caractérise le style de Guy-Roger Duvert : une plume immersive et dynamique, un imaginaire riche, mais accessible, un mélange parfaitement dosé de noirceur et de lumière et, surtout, une manière bien à lui de mélanger action et réflexion.

Bien que l’histoire soit très différente de celle de sa série Outsphere, j’ai, de nouveau, été conquise par les différentes réflexions d’ordre éthique et moral que l’auteur arrive à soulever tout au long de ce thriller d’action que j’ai lu d’une traite ou presque. Il faut dire qu’on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, la mise en place de l’univers et des personnages étant rapide et l’action ne se faisant pas attendre. On se retrouve ainsi plongés dans un monde futuriste où la technologie est bien plus avancée que la nôtre, mais dans lequel les inégalités semblent s’être creusées : quand les riches s’approprient les ressources sans vergogne du haut de leurs tours, les pauvres sont relégués dans des bas-fonds…

Une situation finalement pas si différente de celle que nous connaissons à la seule nuance qu’en plus d’avoir accès à ce qui se fait de mieux, les plus fortunés peuvent également devenir immortels. Et ce miracle est possible grâce à l’entreprise Backup qui propose, moyennant finance, de copier votre mémoire et de la transférer dans un clone créé à partir de vos cellules. Une possibilité qui a de quoi faire rêver cette humanité qui est depuis bien longtemps en quête d’immortalité.

Mais une fois le côté grisant de cette technologie passé, se pose toute une série de questions : est-ce vraiment juste que l’immortalité soit conditionnée au compte en banque d’une personne ? Au regard de leur capacité de destruction, est-il souhaitable que les êtres humains acquièrent l’immortalité ? Ne doit-on pas craindre des dérives d’un tel système, notamment de la part des personnes qui le maîtrisent et qui peuvent en dévoyer le but affiché ? Car si le créateur de Backup semble sincère dans ses intentions, qu’en est-il de ses directeurs qui ne partagent pas vraiment sa vision humaniste du droit à l’immortalité…

Des questions, parmi beaucoup d’autres, qui viendront se heurter violemment à une autre interrogation sur la notion d’individualité et d’identité. Je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré l’intelligence et la perspicacité avec lesquelles l’auteur amène le sujet. Pour ma part, je me suis posé un certain nombre de questions quasi philosophiques sans arriver vraiment à trouver de réponses satisfaisantes. Une situation assez déstabilisante, mais qui laisse entrevoir toute la complexité de la notion d’identité humaine, mais aussi de la place des souvenirs et des expériences dans la construction de sa personnalité. À cet égard, j’ai trouvé la fin cohérente et intelligente, mais n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une certaine tristesse…

En plus de proposer une histoire pleine d’intelligence, l’auteur a veillé à offrir à ses lecteurs une intrigue bourrée d’action, ce dont se serait volontiers passé Aiden Romes. Ce policier intègre va se retrouver, bien malgré lui, dans une situation difficile à gérer, mais surtout, à appréhender dans son ensemble. Ce qui s’annonçait comme un cadeau inespéré, la possibilité d’accéder à l’immortalité gratuitement suite à service rendu, va ainsi se transformer en un véritable cauchemar qui va mettre ses nerfs à rude épreuve et faire vaciller tous ses repères ! Comment réagir quand vous vous réveillez dans le corps d’un autre sans comprendre ce qui se passe et sans pouvoir compter sur toutes les personnes qui constituaient le socle de votre vie et de votre bonheur ? Comment faire face aux révélations qui se succèdent et vous plongent dans un monde proche du vôtre sans en avoir la saveur ?

Pour le découvrir, il vous faudra lire le roman, mais ce qui est certain, c’est que l’auteur ne ménage pas son protagoniste qu’il pousse dans ses retranchements et conduit dans des situations extrêmes qui ne devraient pas manquer de susciter en vous quelques sueurs froides. Il faudra donc à Aiden tout son courage, son expertise, son abnégation, sa volonté et sa détermination pour garder la tête hors de l’eau et faire le point sur une situation dont il semble bien difficile de cerner tous les tenants et aboutissants.

J’ai apprécié de voir le personnage s’engager dans une course contre la montre et une lutte acharnée pour la survie, mais j’ai également trouvé intéressante la manière dont il se débat avec sa propre conscience. Petit à petit, il comprend qu’il s’avère parfois bien difficile de respecter ses idéaux quand les personnes qui comptent le plus pour vous sont en danger… Mais jusqu’où peut-on aller pour protéger les siens ? Une question à laquelle il va devoir répondre, sa femme et sa fille se retrouvant, malgré ses efforts, au milieu d’un complot mettant en jeu le destin de l’humanité et son indépendance…

D’abord intransigeant quant à ses valeurs et sa morale, Aiden va donc apprendre à faire des compromis et prendre des décisions difficiles. Le personnage évolue, s’endurcit et se complexifie tout en gardant une étincelle d’humanité qui le rend attachant et qui nous permet de ressentir une certaine empathie pour tout ce qu’il traverse. Assez isolé, il pourra heureusement compter sur l’appui d’une alliée inattendue, une intelligence artificielle plus que performante, dont la toute-puissance ne manquera pas de l’inquiéter. Il faut dire qu’à mesure qu’il coopère avec cette dernière, il ne pourra que mesurer l’étendue de ses capacités et son esprit d’initiative dont il est bien difficile de cerner les limites.

Cette entité immatérielle constitue-t-elle vraiment une autre menace à gérer à plus ou moins long terme ou, au contraire, une lueur d’espoir ? Une intelligence artificielle n’est-elle finalement pas le moyen de préserver une humanité prompte à s’autodétruire que ce soit par appât du gain ou du pouvoir ? Chacun se forgera sa propre opinion, mais tout le monde devrait reconnaître l’efficacité du duo homme/intelligence artificielle dans ce thriller futuriste au rythme effréné qui soulève d’intéressantes réflexions sur, entre autres, les notions d’humanité et d’identité. Immersif, haletant et non dénué d’une certaine intelligence, voici un roman qui devrait vous offrir un divertissement à la hauteur d’un bon film, l’auteur possédant une plume très visuelle et cinématographique !

Autres titres de l’auteur déjà chroniqués sur le blog : Outsphere tome 1, Outsphere tome 2

Je remercie Guy-Roger Duvert pour m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis.

 

Melena Sanders, tome 1 : Hantée par les ténèbres, Susan Illene

Melena Sanders a mené bien des combats dans l’armée, contre les rebelles et les terroristes, mais la voilà face à une nouvelle menace. Sa meilleure amie, Aniya, a disparu lors d’un voyage à Fairbanks, en Alaska – un sanctuaire du surnaturel. La plupart des êtres humains ignorent que de sombres créatures rôdent parmi eux, mais pas Mel. Si elle veut retrouver son amie, elle va devoir affronter le danger seule – mais pas désarmée. Melena possède quelques atouts autres que les acquis de l’armée, mais elle va devoir rapidement trouver une solution qui leur éviterait à son amie et elle de mourir. Une guerre est sur le point d’éclater à Fairbanks entre les différentes puissances et elle n’a pas d’autre choix que de plonger en plein dans l’action.

Mxm Bookmark (29 avril 2016) – 368 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Ayant une totale confiance en la collection Infinity des éditions Mxm Bookmark, je n’ai pas hésité à me lancer dans cette série dont je n’avais jamais entendu parler. Ce qui m’a attirée en premier lieu dans le résumé, est le profil atypique de l’héroïne qui est une ancienne militaire. Bien que cet aspect ne soit pas, pour le moment, utilisé outre mesure, ses compétences acquises durant son engagement dans l’armée lui seront néanmoins fort utiles… Melena va, en effet, devoir s’envoler en Alaska pour sauver sa meilleure amie,  Aniya, des griffes d’un mystérieux homme. Un voyage qui ne sera pas de tout repos et qui va la confronter à ce qu’elle fuit depuis longtemps : les surnaturels.

En tant que sensitive, il est dangereux pour la jeune femme de côtoyer ces êtres qui n’apprécieraient guère de savoir qu’elle puisse les détecter et encore moins qu’elle soit immunisée contre leur magie. C’est du moins ce que lui a appris sa protectrice avant de se faire tuer. Mais avec la disparition d’Anyia, Melena n’a pas d’autre choix que de se jeter dans la gueule du loup et d’affronter les créatures de ses cauchemars. Sorcières, loups-garous, vampires… tous semblent bien décidés à lui mettre le grappin dessus, les sensitives étant devenus une denrée rare et donc précieuse. Heureusement, la jeune femme n’est pas dénuée de ressources et fera de son mieux pour démêler le vrai du faux et retrouver son amie quitte à devoir accepter une collaboration forcée avec un loup-garou, Derrick.

J’ai beaucoup aimé ce personnage qui va se révéler amical, sympathique et assez protecteur, pas dans le sens « toi, femelle à moi », mais plus dans cette idée d’une amie qu’il aimerait garder en un seul morceau. Une position difficile à tenir puisqu’il travaille pour l’ennemie de Melena, une sorcière-vampire plutôt sadique et sans cœur. Derrick tranche assez avec les loups-garous que l’on peut trouver habituellement dans les livres d’urban fantasy tout en apportant une certaine complexité au roman. On découvre ainsi, petit à petit, son passé et ses blessures, ce qui nous permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles il consent à travailler pour une femme avide de pouvoir dont il n’approuve pas les actes…

D’autres personnages ont attiré mon attention comme Emily, une adolescente que Melena va prendre sous sa protection, un vampire taquin qui aime flirter avec notre héroïne sans oublier le mystérieux nephilim, Lucas. Ennemi juré de Melena dont il a tué la protectrice, il est censé être une menace pour cette dernière, mais s’évertue néanmoins à lui sauver la vie quand elle se met dans des situations inextricables… On en apprend un peu plus sur lui en dernière partie de roman, mais il conserve néanmoins une très grosse part de mystère. En revanche, nul doute qu’il est puissant, extrêmement puissant ! S’il n’y a pas de romance à proprement parler dans ce tome, on sent que Lucas devrait bientôt jouer un rôle dans la vie amoureuse de Melena, l’alchimie entre les deux personnages étant palpable…

J’apprécie, dans tous les cas, que l’autrice prenne le temps de poser le décor et de développer la personnalité de ses personnages avant de les jeter dans les bras l’un de l’autre. Cela nous pousse à anticiper avec impatience leur futur rapprochement tout en apportant une pointe de réalisme fort appréciable. Melena est, en effet, en guerre et n’a pas vraiment le temps de penser à l’amour quand sa meilleure amie est en danger. Devant l’urgence de la situation, elle emploiera les grands moyens n’hésitant pas à se mettre en danger pour la bonne cause et à mettre le doigt dans un engrenage infernal qui changera sa vie à jamais.

Si je ne me suis pas particulièrement attachée à cette héroïne, j’ai aimé sa pugnacité, son courage et, surtout, sa loyauté envers ses amies. C’est quelque chose que j’affectionne beaucoup dans les romans et qui prend une symbolique encore plus forte ici quand l’on sait que par amitié, Melena accepte de côtoyer des gens pour lesquels elle ressent une certaine défiance en raison de son éducation. Je trouve d’ailleurs intéressant que, sous couvert de fiction, l’autrice évoque les préjugés et les stéréotypes qui poussent à juger autrui sur ses origines plutôt que sur ses actes et sa personnalité. Fort heureusement, en cours d’aventure, notre héroïne va commencer à ouvrir les yeux sur un monde qu’elle a condamné dans son entièreté pour des exactions commises par quelques-uns…

Ce premier tome prend un peu de temps à démarrer, mais une fois les choses mises en place, les lecteurs sont entraînés dans un tourbillon de violence, l’autrice n’épargnant pas ses personnages ! Le rythme va crescendo jusqu’à une fin bourrée d’action et donnant lieu à une tonitruante révélation, du moins pour Melena, les lecteurs comprenant assez vite que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît. Mais n’oublions pas que les préjugés et le ressentiment aveuglent même les plus badass des héros… Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle à l’image de la série et de son héroïne : rythmée et dynamique !

En conclusion, Hantée par les ténèbres est un bon premier tome qui, en plus de nous plonger avec fracas dans une lutte acharnée pour le pouvoir, permet de faire connaissance avec les principaux personnages et d’entrevoir leur dynamique. Si vous avez envie de suivre une héroïne dotée d’une personnalité de guerrière et d’une loyauté sans faille, cette série devrait vous plaire. Pour ma part, je la poursuivrai avec plaisir curieuse de découvrir comment Melena va faire face à tous ces bouleversements que son arrivée en Alaska a entraînés dans sa vie… Enfer et mystère risquent fort bien d’être son nouveau credo surtout si un certain nephilim continue à venir la tourmenter !

Maudit cupidon, Lauren Palphreyman

À 17 ans, Lila découvre que les cupidons, loin d’être un mythe, sont bien réels. Qu’ils constituent une agence d’entremetteurs œuvrant dans le plus parfait des secrets. Et qu’elle, petite mortelle ordinaire, a été matchée au dieu de l’amour originel : Cupidon lui-même. Une vaste plaisanterie ? Non, une malédiction !
D’abord, elle n’a rien demandé. Ensuite, Cupidon est si ingérable qu’il a été banni de la Terre il y a des décennies. Enfin, tous deux encourent la peine capitale s’ils tombent amoureux, les relations entre humains et cupidons étant proscrites. Or sa prétendue âme sœur est de retour, décidée à braver l’interdit et les flèches d’une mystérieuse armée jetée à ses trousses… Lila n’a plus le choix. Aidée de Cal, le jeune frère de Cupidon, elle doit fuir et, par tous les moyens, tenter d’inverser le cours de leur destin.

Hachette Romans (6 février 2019) – 414 pages – Broché (18€) – Ebook (6,99€)
Traduction : Axelle Demoulin Nicolas Ancion

Je me suis laissé tenter par ce roman ayant été intriguée par l’idée de découvrir une histoire reprenant le mythe de Cupidon très peu présent en littérature adolescente. Une curiosité plutôt récompensée parce que si le roman ne me restera probablement pas très longtemps en tête, il m’a toutefois offert un moment de lecture agréable, et surtout, sans prise de tête.

Si on occulte l’ébauche d’un triangle amoureux dont je me serais volontiers passée, j’ai trouvé une certaine fraîcheur et originalité à ce récit qui nous plonge sans préambule dans la vie de Lila, une adolescente qui découvre que Cupidon existe et qu’en plus, il est son âme sœur. Petit problème, cette chère légende de l’amour avec un grand A et du coup de foudre qui foudroie n’a pas le droit d’avoir d’âme sœur. À vrai dire, aucun des cupidons de l’agence qui les régit n’a le droit d’en avoir une, politique de la maison oblige. La sanction si Lila et Cupidon tombaient dans les bras l’un de l’autre ? Le retour de la Présidente ! Or, personne ne semble vouloir qu’une telle chose se produise. Et pour empêcher son retour, les Flèches, un groupe de cupidons fanatiques, sont prêts à tout quitte à employer des moyens radicaux et définitifs…

Face au danger, Lila pourra heureusement compter sur sa meilleure amie Charlie, Cal bien décidé à l’empêcher de tomber dans les bras de son frère Cupidon, Crystal, une femme cupidon pas très chaleureuse au premier abord, et Cupidon en personne.  Je ne me suis attachée à aucun personnage en particulier parce que l’histoire va assez vite, ce qui ne permet pas d’approfondir la personnalité de chacun, mais aucun ne m’a déplu. Tous ont ainsi un petit quelque chose qui donne envie d’apprendre à mieux les connaître : Cal et son côté sérieux qui le rend parfois grincheux mais également attachant, Crystal qui n’est peut-être pas si hautaine que cela et dont on a envie de fouiller dans le passé que l’on devine riche, Charlie qui fait face vaillamment à la situation alors que cela l’impacte directement, Lila qui garde la tête sur les épaules malgré son attraction pour Cupidon et ce dernier qui, derrière une certaine nonchalance, semble finalement moins sûr de lui qu’il n’y paraît…

À mesure que ses sentiments grandissement pour Lila, Cupidon réalise que son obstination à vouloir la rencontrer et à interférer avec sa vie n’était peut-être pas une très bonne idée et qu’en faisant fi des avertissements de Cal, il a mis la jeune fille dans une situation dangereuse.  Je m’attendais à être agacée par Cupidon et son arrogance, mais cela ne fut pas le cas parce qu’on comprend vite que c’est une façade et qu’il est aussi perdu que Lila avec cette histoire d’âme sœur dont il a une vision assez particulière et en décalage avec sa nature profonde. J’ai d’ailleurs apprécié les réflexions soulevées par l’autrice sur cette notion d’âme sœur qui, quand on prend le temps d’y réfléchir, est aussi poétique que triste. N’est-il pas, en effet, assez démoralisant de penser qu’il n’existe qu’une seule chance d’être heureux ? Cette idée d’âme sœur et de ses limites est donc assez bien traitée dans ce roman. Je retiens notamment une très belle scène vers la fin du roman qui apporte une conclusion aussi émouvante que pleine de pertinente…

Puisqu’on parle du mythe de Cupidon, il y a bien sûr une romance, mais je l’ai trouvée assez légère pour ne pas prendre le pas sur l’action même si les réflexions de Lila sur le corps de sa supposée âme sœur m’ont parfois fait lever les yeux au ciel. Cupidon et Lila se tournent autour, mais il y a cette barrière à ne pas franchir qui maintient entre eux une  certaine distance… Ne vous attendez donc pas à ce qu’ils se sautent dessus dès les premiers chapitres, ce qui, je dois en convenir, m’a plutôt plu. Toutefois, je reconnais ne rien avoir ressenti devant ce couple interdit. Il n’y a pas assez de tension et d’interactions entre les deux personnages pour que leurs sentiments et leur attraction paraissent réels. Mais je pense que leur histoire pourra plaire à des lecteurs plus jeunes ou un peu moins exigeants de ce côté-là.

J’ai, à l’inverse, complètement été convaincue par la bonne dose d’action présente tout au long du livre. Si la psychologie des personnages manque de développement, l’action, quant à elle, est donc bien au rendez-vous. L’histoire est menée tambour battant et l’on n’a pas le temps de s’ennuyer, le groupe formé autour de Lila devant faire face à un certain nombre d’attaques plus ou moins organisées. Et quand ils ne sont pas attaqués, les personnages sont occupés à fuir leurs sentiments et les Flèches ainsi que les autres cupidons, tous bien décidés à éviter le retour de la Présidente.

L’autrice tente de rendre l’identité de cette fameuse Présidente mystérieuse, mais il suffit de quelques connaissances en mythologie grecque et romaine pour tout de suite comprendre son identité. Un mystère qui n’a donc pas pris de mon côté, mais qui ne nuit en rien à l’intrigue. J’ai, dans tous les cas, apprécié l’incursion de la mythologie dans ce roman puisque les cupidons ne seront pas les seules créatures mythologiques à faire leur apparition. Attendez-vous, par exemple, à retrouver le Minotaure que l’autrice a eu l’idée originale et plutôt convaincante de lier à un célèbre tueur en série dont on n’a jamais vraiment su avec précision l’identité. Sa relation étrange avec Crystal suscite également quelques interrogations… Autre originalité, avoir mélangé mythologie et monde virtuel ! Cela marche vraiment très bien même si c’est un point assez anecdotique par rapport à l’histoire.

Quant à la plume de l’autrice, elle m’a agréablement surprise. Le style est certes simple, mais efficace, agréable et dynamique, ce qui rend la lecture plutôt addictive et plaisante. J’ai d’ailleurs lu le roman en deux ou trois soirées sans jamais trouver le temps long. La seule chose qui m’a un peu frustrée est la rapidité avec laquelle Lila est plongée dans l’univers des cupidons. Cela évite les longueurs, mais j’aurais peut-être apprécié de la voir batailler un peu plus avec l’idée d’être mêlée, bien malgré elle, à cet univers surnaturel dans lequel les créatures mythologiques existent vraiment. On regrettera également une fin un peu trop précipitée qui donne le sentiment que l’autrice a survendu le danger entourant une potentielle romance entre Lila et Cupidon…

En conclusion, Maudit cupidon fut une bonne surprise. La psychologie des personnages aurait probablement mérité d’être un peu plus fouillée pour rendre leurs émotions et ressentis plus palpables, mais l’autrice a su compenser ce point par une bonne dose d’originalité et une fraîcheur inattendue qui ont rendu la lecture aussi agréable que prenante. Si vous souhaitez (re)découvrir le mythe des cupidons, ce roman young adult rythmé et bien mené pourrait vous plaire.

 

Dynasties tome 2 : L’étincelle sous la glace, Ilona Andrews

Couverture Dynasties, tome 2 : L'étincelle sous la glace

Après une longue cavale, le tueur Jeff Caldwell a enfin été arrêté. Or les policiers l’interrogent en vain car l’une de ses victimes manque toujours à l’appel : Amy Madrid, une fillette de sept ans. Déterminée à lever le voile sur ce mystère, Nevada, détective professionnelle, décide de mener sa propre enquête. Car elle a le pouvoir de détecter les mensonges et d’obtenir la vérité, y compris quand on cherche à la lui cacher… Cependant, lorsqu’un client la sollicite, espérant lui confier une nouvelle mission, elle reconnaît qu’un peu d’aide serait bienvenue. Le puissant et séduisant Mad Rogan accepterait-il d’unir ses forces aux siennes ?

J’ai lu pour elle (25 octobre 2017) – 503 pages – 7,40€ (poche) – Ebook (5,99€)

AVIS

Ayant beaucoup apprécié Entre les flammes, le tome 1 de la série Dynasties, je me suis replongée avec plaisir dans cette suite qui m’a tout autant divertie. On retrouve Nevada qui accepte, cette fois-ci sans pression, une mission afin de trouver le ou les meurtriers de la femme de son nouveau client. Une enquête qui, en plus de la pousser dans ses retranchements, va mettre à jour un complot politique de grande envergure. Elle pourra heureusement encore compter sur le soutien de sa famille aussi atypique qu’attachante et sur le très charismatique et dangereux Mad Rogan.

Le duo d’auteurs nous propose ici un tome riche en action et en suspense qui ne devrait pas manquer de vous tenir en haleine et de susciter en vous quelques frayeurs. Les personnages ne sont pas épargnés et se retrouvent plus d’une fois au bord du précipice. Il leur faudra tout leur sang-froid et leurs talents conjugués pour garder la tête hors de l’eau et survivre aux multiples attaques qu’ils essuieront.

Si j’ai apprécié de découvrir toute la complexité de l’enquête ainsi que les différents types de magie entrant en action, j’ai également pris plaisir à suivre l’évolution de la relation entre Nevada et Rogan. Leurs différences de caractère et de valeurs vont être une source de malentendus et susciter entre eux certaines tensions, mais face aux événements extrêmes auxquels ils doivent faire face, ils seront plus ou moins obligés de faire des concessions…

Rogan nous apparaît, du moins en début d’intrigue, toujours aussi obtus, extrême et quelque peu autoritaire ! Des traits de caractère qui ne manqueront pas d’irriter, voire de révolter Nevada qui n’apprécie guère que son prétendant se mêle de ses affaires malgré ses demandes répétées de la laisser gérer la situation par elle-même. Forte et indépendante, elle tient à garder son autonomie et à prendre ses propres décisions quant à son avenir et sa famille…

Néanmoins, plus on avance dans l’histoire, plus on comprend les agissements de Rogan qui essaie de protéger l’illusion de normalité dans laquelle Nevada s’est enfermée et qui la rend vulnérable. En effet, malgré ses capacités impressionnantes, la jeune femme veut encore croire en la possibilité d’une vie normale quand tout autour d’elle lui prouve le contraire. Mais une découverte inattendue sur l’origine de ses dons va la conduire à reconsidérer sa position afin de protéger ce qui compte le plus pour elle, les siens ! 

Dans ce tome, la famille de Nevada est un peu moins présente, ce que j’ai regretté ayant adoré la grand-mère badass. Mais les valeurs familiales n’en demeurent pas moins importantes dans la vie de la jeune femme et lui permettront de garder son humanité malgré des événements difficiles qui auraient pu la faire sombrer. Depuis le premier tome, la jeune femme s’est endurcie, mais elle conserve donc un véritable respect pour la vie humaine, ce qui la poussera de nouveau à tenter de tempérer l’impétuosité de Rogan dont le monde est divisé entre alliés et ennemis. Une vision très manichéenne de la vie qui rend la communication parfois difficile, mais qui n’empêchera pas l’alchimie entre les deux personnages d’être toujours aussi palpable.

La romance n’est pas au cœur du récit, mais elle prend néanmoins une place importante dans ce tome, ce qui m’a plutôt plu appréciant la dynamique de ce duo haut en couleur aux côtés duquel il est bien difficile de s’ennuyer. On regrettera juste le temps perdu par Nevada qui essaie, durant une bonne partie de l’intrigue, de se convaincre de conserver ses distances avec Rogan alors qu’il nous apparaît clairement qu’il n’a pas tardé à conquérir son cœur. J’attends maintenant de voir comment leur relation va évoluer espérant retrouver les petites étincelles qui font tout le charme des échanges entre ces deux fortes têtes aussi passionnées, têtues et téméraires l’une que l’autre.

Action, rebondissements, suspense, révélations, famille, magie, complot politique et amour sont au programme de ce deuxième tome qui m’a offert un très bon et distrayant moment de lecture. Si vous avez envie d’un roman rythmé mettant en scène deux personnages complexes aussi différents que complémentaires, L’étincelle sous la glace devrait vous plaire.

Dynasties, tome 1 : Entre les flammes, Ilona Andrews

Couverture Dynasties, tome 1 : Entre les flammes

Il y a plus d’un siècle, des scientifiques ont créé un sérum permettant de développer des dons d’ordre surnaturel. Depuis, ces gènes se transmettent de génération en génération…
Détective privée, Nevada Baylor peut détecter les mensonges chez autrui. Alors qu’elle s’apprête à affronter le challenge le plus ardu de sa carrière, retrouver un certain Adam Pierce, elle se fait kidnapper. Son ravisseur ? Rogan, un séduisant milliardaire aux grands pouvoirs. Entre le désir de fuir et celui de s’abandonner à lui, Nevada hésite…

J’ai lu pour elle (26/04/2017) – 480 pages – Ebook (5,99€)

AVIS

Entre les flammes est un bon roman de fantasy urbaine nous plongeant dans un monde où un sérum a permis à certains de développer des capacités magiques transmises de génération en génération. Les lignées les plus puissantes ont ainsi gagné en force et en pouvoir au fil des années ce qui leur a octroyé, au passage, certains privilèges et une place de premier ordre dans la société.

Nevada, quant à elle, n’appartient pas à ce cercle de puissants et de nantis. À la tête d’une agence familiale de détectives, son premier objectif dans la vie est de prendre soin de sa famille qui dépend d’elle financièrement. Pour cela, elle est prête à tout et même à céder à l’horrible chantage de l’entreprise qui a racheté son agence et qui lui impose une mission suicide sous peine de lui voler tout ce qu’elle possède. Contrainte et forcée, elle doit ainsi mettre la main sur Adam Pierce, membre d’une puissante famille, mais aussi jeune homme instable et dangereux déjà responsable de la mort d’un homme… Si les choses n’étaient déjà pas assez compliquées, la jeune femme doit également consentir à s’associer à Rogan, un homme qui n’a pas hésité à la kidnapper pour obtenir d’elle certaines informations ! 

Les deux protagonistes sont aux antipodes l’un de l’autre. Nevada est une personne gentille, honnête, droite, volontaire et totalement dévouée aux siens qui ont beaucoup souffert de la mort du patriarche. Les relations familiales prennent d’ailleurs une grande place dans la vie de notre héroïne, ce que j’ai trouvé touchant et plutôt original pour un livre de fantasy urbaine. Malgré les problèmes et les divergences d’opinions, les membres de la famille de Nevada sont donc très soudés et prêts à tout pour se protéger les uns les autres… Et mention spéciale à la grand-mère complètement badass pour laquelle j’ai eu un coup de cœur. En plus de manier à la perfection la clef à molette, elle n’a pas sa langue dans sa poche et apporte ce petit grain de folie qui manque à la très sérieuse et responsable Nevada.

Quant à Rogan, c’est un être extrêmement puissant, solitaire, déterminé et incroyablement dangereux. Ancien militaire, il suit son propre code d’honneur et n’hésite pas à tuer sans remords ses ennemis a fortiori quand ceux-ci le menacent. Une manière de voir la vie humaine qui ne sied guerre à Nevada qui va faire de son mieux pour le faire évoluer sur le sujet. Dans le même temps, elle va essayer, malgré son attraction pour cet homme fascinant, de garder ses distances, ce qui ne sera pas toujours facile ni de tout repos.

Si la jeune femme s’extasie à quelques reprises sur le corps de son associé provisoire, j’ai apprécié qu’elle ne se jette pas à ses pieds et ne passe pas son temps à fantasmer sur lui. Les auteurs introduisent donc une certaine attraction et alchimie sexuelle entre les deux protagonistes sans focaliser toute l’intrigue autour de ça. Au contraire, l’action est au rendez-vous avec de multiples scènes de combat et un déploiement impressionnant de la magie.

À cet égard, il est intéressant de découvrir progressivement les différents types de magie qui existent, mais aussi les facultés de chacun, certaines se révélant destructrices. Nevada devrait d’ailleurs vous réserver quelques surprises de ce côté-là, mais je vous laisserai le plaisir de découvrir vous-mêmes l’étendue des capacités de cette jeune femme courageuse, mais également très humaine. Elle ne baisse jamais les bras, affronte tous les dangers pour protéger sa famille, mais elle possède également ses propres failles et a conscience de ses faiblesses. Un réalisme qui lui sera vital pour affronter les différentes forces qui s’opposent dans ce premier tome dont l’épilogue m’a complètement laissée sans voix ! La vengeance semble avoir une emprise bien néfaste sur certaines personnes…

Quant au style du duo d’auteurs se cachant derrière le pseudo de Ilona Andrews, il s’est révélé plutôt efficace pour me faire tourner rapidement les pages d’autant que la présence de nombreux dialogues apporte beaucoup de dynamisme au récit. Sans être d’une élégance rare, la plume est donc agréable et sans aucune dissonance. Difficile de savoir que deux personnes se cachent derrière l ‘écriture de ce premier tome.

En conclusion, ce premier tome met en place un univers riche dans lequel la magie se révèle multiple et fascinante et les jeux de pouvoir plus retors qu’il n’y paraît ! Si vous avez envie d’un roman de fantasy urbaine rythmé, immersif, facile à lire et construit autour d’un duo prometteur dont on appréciera l’alchimie et la complémentarité, Entre les flammes devrait vous plaire.

Le dernier gémini (Galénor t. 2), Audrey Verreault

Le dernier gémini (Galénor t. 2) par [Audrey Verreault]

« Asmodée est de plus en plus radical avec sa politique anti-inferniths… Il veut qu’on les envoie tous à la prison d’Astheroth pour les interroger et les pister… Puis il y a ces magiciens avec leurs masques en forme de têtes de corbeaux qui rôdent à travers Galénor et attaquent des villages. Personne ne sait d’où ils viennent. Ni ce qu’ils veulent. Moi je m’en doute. Ils ont assassiné mes parents adoptifs… Je pense qu’ils cherchaient ce qu’ils m’ont légué… J’essaie de chasser tout ça de mes pensées…
Nous avons presque tout épuisé nos réserves de poudre d’artanis et nous, magiciens, ne pourrons bientôt plus exercer notre magie.
Asmodée a mis la main sur une pierre de Kartane qui pourra peut-être remplacer l’artanis et mettre fin à la pénurie magique qui plane sur notre monde. Or, le Kartane figure parmi les substances les plus convoitées de l’univers…
Nous avons été mandatés, moi et les autres géminis pour protéger cette pierre jusqu’à ce que les alchimistes aient terminé leurs recherches.
Nous sommes en fonction. Cette nuit, j’ai la pierre, dissimulée sur moi. La fête bat son plein. La salle est bondée. Un homme encapuchonné franchit la porte d’arche. Des ailes noires pendent à son dos. Il sort du lot, mais il y a autre chose… »
– Daphnée

Fantasy, magie et romance vous attendent dans ce deuxième tome de Galénor où nous suivons cette fois-ci Daphnée, accompagnée de ses amis géminis – JudyAnn, Tom et Kyle, ainsi que de Vincent, leur nouvel allié vampire.

Auto-éditée (6 mars 2020) – 361 pages – Broché (14,76€) – Ebook (3,99€)

Retrouvez ma chronique du premier tome, Le livre des portes.

AVIS

J’ai attaqué ma lecture sans avoir beaucoup de souvenirs du tome précédent. Fort heureusement, après quelques pages, certains événements et éléments me sont revenus en tête comme mon coup de cœur pour Mérindol. J’adore sa personnalité, sa bienveillance et son rôle de guide et de mentor qu’il prend très à cœur…

Bien que ce tome soit centré sur Daphnée, l’autrice a opté pour une narration alternée nous permettant de suivre également les autres personnages découverts, pour la plupart, dans le premier tome. Cela apporte beaucoup de fluidité et de dynamisme tout en nous donnant l’impression de faire partie intégrante de l’action et de la bande d’amis. Toutefois, ce procédé ne permet pas de développer outre mesure la psychologie de chacun, ce qui pourra frustrer certains lecteurs. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée d’autant que l’on sent que c’est un choix de l’autrice de favoriser le rythme et l’action et que ça fonctionne très bien puisqu’on ne s’ennuie pas un instant.

L’autrice nous donne néanmoins assez d’informations et d’éléments pour différencier les personnages et développer nos propres préférences. À cet égard, je reconnais avoir nettement préféré Daphnée à JudyAnn. La jeune femme affronte avec beaucoup de courage et de détermination les différentes épreuves qui se présentent à elle, du meurtre de ses parents adoptifs à ce puissant et dangereux artefact dont elle a hérité et qu’elle doit protéger en passant par cette pierre qu’elle a en partie absorbée et qui menace de la faire sombrer ! Elle pourra heureusement compter sur ses amis et ses alliés tout en devant collaborer avec un insaisissable magicien-corbeau dont la vie se retrouve inopinément et inextricablement liée à la sienne.

Toujours en train de manigancer quelque chose et manquant cruellement de transparence et d’honnêteté, Danik se révèle un personnage fort intrigant qui évolue tout au long de l’aventure. Ce personnage permet à l’autrice de soulever la question du passé et des émotions. Peut-on vivre sans tous ces souvenirs qui font de nous ce que nous sommes ? Une vie, dépourvue d’émotions, vaut-elle vraiment la peine d’être vécue ? Un individu sans passé et sans aucune émotion ne devient-il pas une coquille vide dont la vie se résume à une succession de jours sans saveur ? Chacun se forgera sa propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que ces questions vont fortement diviser Danik et Daphnée, le premier aspirant à tout oublier quand la deuxième n’imagine pas une vie sans tous ses souvenirs…

Les deux protagonistes ne pourraient être plus différents, pourtant, au fil des épreuves, ils se rapprochent et apprennent, petit à petit, à se faire confiance malgré les nombreux doutes et les dangers. Et puis, il y a cette part d’onirique dans leur relation qui les lie et leur permet de faire tomber les masques quand la réalité leur demande la prudence. Les interactions entre les deux personnages se révèlent intéressantes tout comme la manière dont ils évoluent côte à côte, mais j’ai surtout apprécié que l’autrice ne tombe pas dans l’écueil du premier tome avec une romance assez peu convaincante. Si l’on devine rapidement le tournant que va prendre la relation entre Danik et Daphnée, il n’y a aucune précipitation ni faux drame. Leurs sentiments se développent naturellement, ce qui ne les rend que plus touchants et réalistes.

La narration alternée dynamise grandement le récit, mais il faut aussi compter sur les multiples enjeux de ce tome, chaque problème semblant en amener un autre. Une cascade de dangers qui entraîne moult aventures et péripéties, certaines poussant nos protagonistes dans leurs retranchements. Loin de Mérindol et pris en étau entre leurs ennemis et leur propre camp, ils vont ainsi devoir puiser au fond d’eux-mêmes pour trouver la force d’avancer et de se surpasser alors même que tout autour d’eux n’est que mensonges, complots et faux-semblants…

Comme dans le premier tome, l’autrice nous offre un bestiaire étoffé, des personnages de différentes natures et un univers complexe et nuancé dans lequel le manichéisme n’a pas sa place. On retrouve également ce thème du racisme et du rejet systématique de l’autre en raison de sa différence. Un thème qui ne devrait pas manquer de vous révolter et de vous faire comprendre combien il s’avère difficile pour certains de nos personnages de trouver leur place dans un univers où, quelle que soit la dimension, les préjugés ont la vie tenace.

Pour autant, tout n’est pas sombre, les choses évoluant progressivement grâce à des personnes qui se battent pour la justice, l’équité et le droit à la différence. Une jolie leçon qui trouve son apogée dans une fin émouvante et pleine de vérité nous prouvant qu’il est toujours possible de se repentir et d’agir pour le bien commun. Quant au grand final, riche en émotions, il se révèle d’une justesse folle bien que difficile sur le plan émotionnel. Une fois le choc passé, je l’ai même trouvé optimiste avec cette idée que de l’obscurité peut naître la lumière et que la vie n’a de sens qu’en étant pleinement vécue… Une évidence qu’il est toujours bon de rappeler surtout quand c’est fait, comme ici, de manière poignante. 

En conclusion, Le dernier gémini ne souffre nullement du syndrome du deuxième tome, l’autrice nous proposant ici une suite menée tambour battant et riche en révélations, complots et autres retournements de situation. L’univers est toujours aussi étoffé et complexe et source à soulever des thèmes ancrés dans notre réalité comme le racisme, la peur de la différence, la résilience, la rédemption, l’amitié, l’amour mais aussi le sens de la vie et de la mort. Rythmé et immersif, voici un roman de fantasy qui vous fera passer par différentes émotions et vous tiendra en haleine jusqu’à un dénouement final aussi intense que lumineux.

Merci à l’autrice pour cettte lecture que vous pourrez achter sur Amazon.

Interview with the robot, Lee Bacon

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Fugitive. Criminal. Robot.

A sci-fi adventure for young listeners, Interview with the Robot introduces a unique heroine who seeks the truth about herself.
Eve looks like an ordinary 12-year-old girl, but there’s nothing ordinary about her. She has no last name. No parents or guardian. She’s on the run from a dangerous and secretive organization that will stop at nothing to track her down.
And most astonishing of all: she’s a robot, a product of Eden Laboratories. When Eve discovers the truth, she realizes everything she thought she knew about herself is a lie. Eve manages to escape, fleeing the lab, the only home she’s ever known.
After being arrested for shoplifting, Eve is interviewed by Petra Amis from Child Welfare Services. Her incredible story unfolds during the interrogation, with flashbacks to her life inside Eden Laboratories, which has a dark secret. Listeners follow Eve from her first moment of consciousness to her evolution as a nearly-human companion to Emory, the son of the founder of Eden Laboratories.
Exploring a range of topics that drive our society and our lives—topics such as artificial intelligence and human nature – Interview with the Robot is a story told by a startlingly original protagonist, a story that explores the vast potential of technology and the deep complexities of humanity.

À partir de 10 ans – 3hrs 42mins

AVIS

J’ai profité du fait qu’Audible propose des livres audio à écouter gratuitement durant le confinement pour me lancer dans Interview with the robot de Lee Bacon. Si la science-fiction n’est pas mon genre de prédilection, les intelligences artificielles et la robotique m’intéressent beaucoup, ce qui explique peut-être le plaisir pris à découvrir ce roman jeunesse qui soulève des  questions intéressantes sur ces sujets notamment d’un point de vue éthique et moral.

Qu’est-ce qui différencie l’homme de la machine ? Une machine faite de métal, de circuits imprimés et ayant la conscience d’exister ne peut-elle pas être considérée comme une entité vivante ? Les émotions sont-elles l’apanage des hommes et des animaux ? Tout autant de questions que l’histoire d’Eve, robot ayant l’apparence d’une enfant de douze ans, ne manquera pas de susciter en vous. Une histoire qu’elle raconte à un membre des services sociaux, Petra Amis, après avoir réussi à s’échapper de l’organisation qui l’a conçue. À mesure que l’on découvre tout ce qu’elle a traversé et qu’on apprend à la connaître, on en vient à s’interroger sur sa véritable nature…

En plus de la conscience d’être, elle semble éprouver des sentiments, notamment envers le fils de son créateur qui est devenu, au fil du temps, son meilleur ami. À travers des flash-backs, on découvre d’ailleurs leur réelle et belle complicité et la manière dont, aux côtés d’Emory, Eve a gagné en humanité, apprenant, par exemple, à faire des plaisanteries ou à détecter les nuances parfois subtiles dans les échanges entre humains. Elle n’a pas de sang ou d’organes humains et se recharge comme un téléphone portable, mais la réduire au statut de simple machine au service de l’humanité semble donc terriblement injuste…

J’ai adoré découvrir le récit de cette héroïne atypique et hors du commun à laquelle je me suis beaucoup attachée à l’instar de Petra qui va traiter Eve comme n’importe quel autre enfant : avec empathie, patience et gentillesse. Les interactions et les dialogues entre les deux personnages sont truculents et m’ont fait régulièrement sourire, car si Eve semble humaine par bien des aspects, elle n’a pas encore toutes les clefs en main pour comprendre les comportements parfois irrationnels des humains… L’entretien entre Petra et Eve permet également de réaliser le fossé entre ce que son créateur veut d’elle et ce qu’Eve désire vraiment. Elle a, en effet, appris à exprimer ses propres envies et est capable de prendre des initiatives qui n’entrent pas forcément dans le cadre de ses prérogatives.

Au-delà de la question des intelligences artificielles et des réflexions sur la nature humaine, le roman aborde également des thèmes comme la famille. Qu’est-ce qu’une famille ? Cela se réduit-il vraiment aux liens du sang ? Une interrogation soulevée tout au long du roman qui trouve son apogée dans une révélation qui m’a complètement prise de court. Je ne l’avais pas du tout anticipée, ce qui m’a donné envie d’écouter le roman depuis le début afin de voir si l’auteur avait laissé quelques indices. Je ne l’ai pas fait, mais j’ai apprécié la manière dont ce retournement de situation parfaitement orchestré bouleverse l’ordre des choses et donne une certaine profondeur au roman. Il soulève, en outre, certaines questions, notamment sur le bien et le mal, et ce que l’on est en droit de faire au nom de ses idéaux et/ou de sa famille.

Destiné aux enfants à partir de 10 ans, le roman, bien qu’en anglais, se révèle tout à fait accessible. Le vocabulaire et les constructions grammaticales sont simples, et les nombreux flash-back, accompagnés d’une petite transition sonore, aident à s’immerger complètement dans l’intrigue. N’hésitez donc pas à vous lancer si vous avez envie de tester ou de vous remettre à la lecture de livres audio en anglais d’autant qu’en plus d’être rapide (moins de quatre heures), l’écoute se révèle rythmée, prenante et plutôt addictive.

En conclusion, à travers l’histoire mouvementée et surprenante d’une héroïne atypique et attachante, l’auteur soulève d’intéressantes et pertinentes réflexions sur la notion d’humanité, la technologie, mais également sur la famille, ce qui fait son socle et comment l’amour des siens peut pousser une personne à commettre l’indicible… Captivant, intelligent, teinté d’humour et empli de mystère, voici un roman jeunesse fort sympathique que je ne peux que vous conseiller pour une plongée fascinante dans le monde de la robotique.

Pour écouter gratuitement le roman durant le confinement, rendez-vous sur le site d’Audible Stories.

Ocean City, tome 1 : Chaque seconde compte, R. T. Acron

Hachette Romans (5 février 2020) – 320 pages – Broché (16,90€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Véronique Minder

AVIS

Nous voici transportés dans une ville futuriste, Ocean City, mégalopole flottante qui dérive sur les mers et les océans, une manière ingénieuse de faire face à la montée des eaux qui a rendu la vie sur les continents très difficile. Cette ville présente une autre particularité : un système économique basé entièrement sur le temps ! Plus d’argent liquide ou virtuel, mais du temps que l’on obtient en travaillant et que l’on échange contre des biens et des services. Un système qui n’a rien d’anodin puisque le temps est devenu tellement précieux qu’il est dorénavant très mal vu et très difficile de le perdre en loisirs et autres distractions futiles, ou du moins, non productives.

Malgré une injonction permanente à l’efficience et l’efficacité, trois adolescents ont néanmoins trouvé le moyen de se distraire, notamment en bidouillant quelques anciennes consoles et surtout, en développant le transpondeur. Cet appareil miracle permet de pirater la Banque centrale et de voler du temps, mais en l’utilisant, Crockie va mettre les pieds dans un engrenage infernal et entraîner Henk et Jackson dans sa chute… Les forces de l’ordre, une branche des services secrets et une autorité importante de la ville vont ainsi traquer l’adolescent avant de s’attaquer à ses deux meilleurs amis.

Crockie, que l’on apprend principalement à connaître à travers les souvenirs et les pensées de Jackson, s’impose très vite à nous comme un électron libre, brillant et haut en couleur, mais peu en phase avec une cité où seuls le temps et le respect des règles comptent et sont valorisés… J’ai eu, en revanche, beaucoup de mal avec le personnage de Henk qui se montre antipathique, égoïste, froid et manipulateur. Je n’ai d’ailleurs pas compris comment il pouvait être ami avec les deux autres lycéens. Quant à Jackson, courageux, intelligent et gentil, il se révèle attachant que ce soit en raison de sa personnalité ou de la manière dont il veille sur sa petite sœur à la veille d’une cérémonie très importante qui la met dans tous ses états.

Dépassé par les événements, Jackson va devoir pourtant puiser au fond de lui-même pour trouver le moyen d’affronter les menaces et les dangers qui se dressent devant lui et qui prennent des formes diverses et variées. Je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce qui est certain, c’est que les auteurs ne ménagent pas notre héros ni ses amis qu’ils mettent dans des situations très difficiles, parfois dignes d’un James Bond version adolescente : complot, espionnage, action, technologie, retournements de situation, trahison, suspense, mystère… Rien ne manque  !

J’ai donc lu le roman rapidement tenue en haleine par cette aura de mystère et de danger qui plane sur le récit et la ville, Ocean City cachant de bien sombres secrets sur lesquels certains veillent jalousement. Cette impression de mystère est accentuée par l’intervention d’un personnage énigmatique qui semble bénéficier d’un certain pouvoir. Reste à découvrir ses véritables desseins et son rôle au sein d’événements qui s’accélèrent jusqu’à prendre une tournure quelque peu inattendue. À cet égard, la fin devrait vous donner envie de vous jeter sur la suite dont on a un bref aperçu dans ce premier tome.

Au-delà des personnages et de l’action omniprésente, j’ai apprécié la critique sociétale sous-jacente à travers une ville qui prône le travail et le dépassement de soi pour grimper l’échelle sociale alors que la réalité est tout autre, Ocean City se révélant aussi inégalitaire que notre société. Les auteurs évoquent également l’environnement, la notion de liberté, de résistance civile et du sens de la vie. Une vie passée à travailler sans jamais pouvoir être libre, se divertir et s’évader du quotidien, est-elle vraiment une vie qui vaut la peine d’être vécue ? Une question qui nous permet de comprendre aisément la décision de certains habitants de lutter contre cette valeur temps devenue oppressante, contrôlante et liberticide. Mais cette lutte contre le temps et pour la liberté a un prix…

En conclusion, Ocean City est un roman jeunesse haletant et prenant qui nous transporte dans une ville futuriste et avant-gardiste dans laquelle le temps, à la fois monnaie et outil de contrôle, revêt une importance inédite et capitale. Décidés à leur manière de détourner le système, des adolescents, un peu trop ingénieux pour leur bien, vont apprendre à leurs dépens qu’on ne joue pas avec le temps en toute impunité ! Empli de tension, de mystère et d’action, voici un roman que je vous conseille si vous aimez les histoires dans lesquelles les apparences sont trompeuses et les révélations nombreuses.

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour cette lecture.

Connexions secrètes, Lucas Courage

Je remercie Babelio et les éditions Scrineo de m’avoir permis de découvrir Connexions secrètes de Lucas Courage.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Je m’appelle Lucas Courage. Je n’ai pas choisi ce nom ni d’avoir un pouvoir extraordinaire, mais secret. Je n’ai pas choisi d’avoir un père espion, ni d’être recruté avec lui par le président de la République pour démanteler un réseau de terroristes. Je n’ai pas choisi non plus l’aventure, les poursuites, les énigmes… Partir au Shahistan, être pris en otage, assister à des assassinats… ! Je n’ai pas choisi de vivre, comme dirait Manon – Ah Manon… -, dans ce monde de dingues !

Scrineo (3 octobre 2019) – 288 pages – Broché (12,90€)

AVIS

Quelle aventure ! Ce pauvre Lucas Courage en aura bien besoin de courage justement pour affronter tout ce qui lui tombe sur le coin du museau. Et dire qu’en bon adolescent, il n’aspirait qu’à avoir la paix et à lézarder. Comment ça, je caricature ? Bon, peut-être un peu, mais Lucas est plus un adepte du repos et de la manette que de la course et de l’action. Mais que faire quand c’est le président en personne qui compte sur vous et votre père pour sauver la France d’une dangereuse organisation bien décidée à la mettre à genoux ?

On retrousse ses manches, on sort son plus beau sourire et on s’active quitte à dangereusement quitter sa routine. Et du danger, il va y en avoir, Lucas et son père n’étant pas au bout de leurs surprises ! C’est que les adorateurs de la déesse Melkiar ont de la ressource et ne reculeront devant rien pour paralyser l’Hexagone en hackant ses institutions et ses grandes entreprises. Imaginez-vous une France sans Internet, sans services d’urgence, sans moyens de communication, les pigeons voyageurs ayant pris leur retraite depuis bien longtemps… Impensable et pourtant, c’est bien ce qu’il risque d’arriver si les Courage, père et fils, ne s’allient pas pour régler le problème.

Jean, le père, ancien agent secret, reprend vite ses anciens réflexes d’espion aguerri et entraîne son fils dans une mission rocambolesque et riche en action. Un enlèvement, des meurtres, des menaces, un complot, des traîtres à la nation… Il n’y a pas à dire, la vie des Courage, c’est encore mieux qu’un James Bond ! Si Lucas traîne la patte au début, il finit par se prendre au jeu et met avec enthousiasme son talent unique, la capacité de se connecter aux objets électroniques, au service de la patrie même si cela parfois lui en coûte.

Cette mission secrète tend, en effet, à s’interposer entre lui et Manon, une camarade de classe dont il est amoureux. Mais comment se rapprocher d’elle quand chaque moment passé à ses côtés tourne à la catastrophe et le fait passer pour un fou ? Difficile la vie d’ado, mais alors celle d’ado apprenti espion, n’en parlons pas ! Les jeunes lecteurs devraient s’amuser de le voir enchaîner les galères avec sa peut-être future dulcinée d’autant que cette dernière sera, avec sa mère, embarquée dans l’aventure sans vraiment le demander. Et si Lucas aborde les dangers avec une certaine décontraction, qu’elle soit de façade ou non, la jeune fille prend la chose avec beaucoup moins de légèreté.

Manon, bien qu’un peu geignarde, mais ça peut se comprendre vu les circonstances, semble le personnage le plus réaliste du livre. Contrairement aux autres, tous ces événements dignes d’un grand film d’action à l’américaine l’atteignent comme ils le feraient avec n’importe qui dans la vraie vie. À l’inverse, sa mère est plutôt enthousiaste à l’idée de suivre les Courage dans leur aventure. Il faut dire que journaliste, elle flaire là un bon scoop qu’elle ne peut décemment pas laisser passer… On suit donc la fine équipe dans ses péripéties qui ne manquent pas de mordant ! 

Naviguant entre des considérations de son âge et celles dignes d’un haut dignitaire, Lucas s’emmêle parfois les pinceaux, mais il finit par faire face à la situation avec un certain aplomb et beaucoup de courage, sans mauvais jeu de mots. Il réalise également que ce papa espion qu’il idéalise depuis qu’il est enfant et dont il est si proche n’est pas parfait et possède ses propres faiblesses. J’ai, pour ma part, trouvé leur relation père/fils très touchante et plutôt atypique en littérature jeunesse, genre dans lequel les parents sont bien souvent absents et/ou défaillants.

Ici, le père n’est pas parfait, mais il a su nouer une réelle complicité avec son fils malgré les quelques tensions que la situation exceptionnelle dans laquelle ils sont projetés ne manquera pas de soulever. Alternant entre envie de protection et fierté paternelle de voir Lucas grandir et prendre en main les rênes de sa vie, Jean nous apparaît aussi fort que vulnérable, un mélange le rendant diablement attachant !

J’ai également beaucoup apprécié l’humour de l’auteur, pardon de Lucas Courage, qui en plus de nous offrir des situations plus cocasses les unes que les autres, n’hésite pas à partager avec ses lecteurs quelques phrases bien senties comme savent si bien en faire les adolescents. Les références à l’actualité, plus ou moins récente, ne manquent pas non plus de piquant. Vous ne regarderez ainsi plus les trottinettes électriques qui envahissent nos trottoirs de la même manière et vous ne devriez pas manquer de sourire devant l’allusion de l’escapade en scooter d’un ancien président…

Est-ce que le scénario est plausible ? Pas le moins du monde, enfin j’espère parce que sinon, c’est qu’il y a vraiment eu un problème à la DGSE, mais que c’est drôle et divertissant. J’ai eu l’impression de me trouver devant l’un de ces films que j’adorais plus jeune dans lesquels les enfants bottaient les fesses aux méchants. Une sorte de Maman, j’ai raté l’avion adolescent dans lequel ce n’est plus un enfant contre les adultes, mais un père et son fils adolescent travaillant main dans la main pour sauver la France. Bien que l’histoire soit très différente, le résultat est le même, le plaisir d’avoir passé un super moment de détente et d’avoir vécu une aventure trépidante auprès de personnages attachants et hauts en couleur !

En conclusion, Connexions secrètes est un roman bourré d’humour qui vous entraînera dans la vie d’un adolescent devenu, bien malgré lui, un atout indéniable dans la lutte secrète de la France contre une redoutable et mystérieuse organisation. Famille, aventure, enquête, action, cybercriminalité et trahison seront au programme de ce divertissement familial qui devrait vous assurer un bon et amusant moment de lecture. Et parce qu’on n’a jamais assez de Courage, j’espère que Lucas nous reviendra un jour dans de nouvelles aventures !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Scrineo.

Galénor, Le livre des portes, Audrey Verreault

Couverture Galénor, tome 1 : Le livre des portes

Je remercie Audrey Verreault de m’avoir invitée à découvrir son roman, Galénor.

PRÉSENTATION

Dans un monde où cohabitent humains, elfes et inferniths – des êtres hybrides mi-humains, mi-démons comme des muses, des vampires, des chimères… la guerre fait rage. Mené par un mage noir nommé Kendrick, un groupe d’inferniths terrorise Galénor depuis des décennies – meurtres, maisons incendiées et disparations s’enchaînent… JudyAnn, une jeune paysanne, voit sa vie changée à jamais lorsque le célèbre Edgar Grimm Mérindol lui apprend qu’elle est une géminie, sorte de magicienne qu’elle croyait pourtant disparue… Elle partira pour la grande cité de Godwynn où elle apprendra à maîtriser ses pouvoirs avec Vincent, un professeur et un vampire pas comme les autres…

Amitié, amour, trahisons, surprises et dangers mortels l’attendent, dans un monde où il est parfois difficile de différencier le vrai du faux et où de vieilles craintes et superstitions se sont installées…Le livre des Portes est le premier tome des aventures de JudyAnn à travers Galénor.

AVIS

Galénor est un roman de fantasy efficace qui repose en grande partie sur un univers riche et très complet que l’on sent pensé avec soin, ou du moins, c’est l’impression que ma lecture m’en a laissé. Au gré de votre lecture, vous ferez la connaissance de tout un panel varié de créatures des plus courantes et connues aux plus inventives : loups-garous, vampires, elfes, gorgones, chimères, bayards…

Ces créatures s’insèrent avec naturel dans un monde scindé entre magie blanche et magie noire, entre lumière et ténèbres. Pour autant la situation est loin d’être aussi simple ! Très vite, on perçoit un malaise vis-à-vis du racisme dont font preuve les « gentils ». Certes, ils se refusent à employer la magie noire supposée corrompre les âmes, mais cela ne les empêche pas de mettre au ban de la société les inferniths, ces hybrides mi-hommes mi-démons, dont le seul tort est de ne pas être nés hommes.

De la même manière, si l’on peut comprendre l’antagonisme entre mages blancs et mages noirs, certains de ces derniers n’hésitant pas à piller et à tuer, comment accepter une société dans laquelle aucune nuance n’est permise ? Considérer chaque mage noir comme un démon sans lui laisser le bénéfice du doute n’est-il pas profondément injuste, et cela n’entretient-il pas inutilement le terreau de la guerre ? En se comportant de la sorte, les mages blancs méritent-ils vraiment de porter ce nom ?

Tout autant de questions que vous ne pourrez que vous poser à la lecture de cette histoire qui, sous couvert de fiction, aborde des thèmes importants comme l’intolérance, le poids des préjugés, le cercle vicieux de la méfiance, mais aussi la rédemption, le droit à une seconde chance, l’amour, l’amitié… Pour ma part, si cette question de l’intolérance qui est en filigrane tout au long du livre m’a intéressée, j’ai regretté une romance bien trop rapide et quelque peu clichée : la jeune ingénue qui n’est jamais sortie de son village qui tombe amoureuse presque tout de suite du protagoniste masculin, vampire séduisant de surcroît, l’amour impossible qui ne l’est pas tant que ça, des amoureux qui changent d’avis à chaque page alternant entre « je l’aime du plus profondément de mon âme » à « non, je ne peux pas l’aimer »…

C’est néanmoins le seul point qui ne m’a pas convaincue, le reste du roman s’étant révélé à la hauteur de mes attentes que ce soit au niveau du bestiaire que j’ai adoré, des thèmes abordés, ou encore de l’action bien dosée. Il n’y a ainsi aucun temps mort dans ce récit où il se passe toujours quelque chose, les personnages alternant entre apprentissage de la magie, enquête sur des meurtres et attaques de mages noirs et recherche de moyens pour se protéger du plus dangereux d’entre eux, Kendrick, d’autant que celui-ci semble avoir une connexion particulière avec JudyAnn.

La jeune fille est au centre de ce premier tome et je dois dire que j’ai mis un peu de temps à l’apprécier, cette dernière ayant, en début de roman, quelques préjugés sur les non-humains. On peut comprendre qu’elle a été formatée par une éducation en vase clos qui la rend peu accueillante en matière de diversité, mais qu’est-ce qu’elle a pu m’exaspérer avec ces « je l’aime mais je ne peux pas, c’est un VAMPIRE ». Fort heureusement, l’ingénue des débuts va laisser place à une jeune fille qui s’affirme de plus en plus osant désobéir aux directives qui ne lui semblent pas justes même si elle ne prendra pas toujours les meilleures décisions. Il faut dire que passer du statut de villageoise à celui de gémini n’est pas une chose aisée et demande quelques ajustements !

Les géminis sont des couples de sorciers vivant en symbiose, la mort de l’un signifiant celle de l’autre. Un statut rare et précieux que JudyAnn va devoir, aux côtés de trois autres camarades dont sa sœur qu’elle ne connaissait pas, s’approprier. Les géminis possèdent, en outre, tous un pouvoir qu’ils doivent découvrir et apprendre à maîtriser.. J’ai adoré le concept développé par l’autrice qui se révèle aussi fascinant que terrifiant comme le découvriront par eux-mêmes certains personnages. J’ai également apprécié le pouvoir, ou plutôt les pouvoirs, de notre héroïne dont elle aura fort besoin pour traverser les épreuves qui se présenteront à elle, affronter les nombreux dangers qu’elle ne manquera pas de rencontrer et faire face à sa véritable nature. Attendez-vous donc à quelques révélations mais aussi à des trahisons…

Les personnages secondaires sont variés et complémentaires même si j’ai regretté que leurs personnalités ne soient pas plus creusées, mais cela est peut-être prévu par la suite puisque nous sommes ici dans un premier tome. Je les ai donc trouvés sympathiques sans vraiment développer d’attachement pour eux. J’ai, en revanche, adoré Mérindol, un magicien bienveillant, altruiste, doux, tolérant et profondément humain qui sera un peu le mentor des quatre géminis. Sa passion pour les illusions d’optique et leurs significations, en plus de correspondre assez bien à ce personnage excentrique, est intéressante et ajoute à l’aura de mystère qui se dégage du récit…

L’univers dépeint par l’autrice, alliance de modernité et de tradition, les tablettes côtoyant sans peine les parchemins enchantés, est riche et complexe, mais n’en demeure pas moins très accessible que l’on soit coutumier ou non de la fantasy. Les informations essentielles sont ainsi distillées au compte-goutte, ce qui permet de s’approprier facilement l’histoire d’autant que la plume immersive et plutôt dynamique de l’autrice rend la lecture simple, fluide et agréable.

En conclusion, GalénorLe livre des portes est un roman de fantasy qui s’appuie sur un bestiaire étoffé et un monde parfaitement pensé en amont pour offrir un univers riche, complexe et détaillé dans lequel on prend plaisir à s’immerger. Entre apprentissage de la magie, découverte de deux forces opposées en action, amour, amitié, trahisons et mystère, les personnages seront poussés dans leurs retranchements et réaliseront que les règles sont parfois faites pour être transgressées ! Mages blancs, contre mages noirs, bien contre mal, et si finalement, tout n’était pas si simple ?

Site de l’autrice – Retrouvez le roman sur Amazon