Un grain de magie, Chloé Garcia

Un grain de magie par Garcia

Dans ce recueil, la magie prend toutes les formes et toutes les couleurs. Vaisseaux conscients, êtres nocturnes étranges, créatures légendaires, mondes imaginaires extravagants, artefacts redoutables ou encore musique céleste, tout y passe ! Un grain de magie invite à rêver et à accompagner des personnages attachants, dont les aventures uniques font ressentir allégresse, tristesse, espoir ou quiétude.

Histoires de familles, quêtes insolites, complots politiques, tranches de vie étonnantes ou enquêtes policières, chaque nouvelle se veut l’écho de ce que nous traversons, aussi bien dans notre quotidien que dans nos questionnements intérieurs.

La magie vit en toutes choses et ne demande qu’à s’exprimer.

LE LYS BLEU (26 octobre 2020) – 15,20€ (papier) – 7,99€ (ebook)

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Mini-chroniques en pagaille #37 : piraterie, fée et kidnapping !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.
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Mini chronique en pagaille #32 – #ProjetOmbre

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Pour cet article mini-chroniques en pagaille, j’ai choisi de vous parler de quatre textes lus dans le cadre du Projet Ombre.

  • Dans ses yeux de Sébastien Theveny

DANS SES YEUX - Nouvelle / Thriller par [Sébastien THEVENY]

Sam, un quinquagénaire divorcé et plutôt isolé, subit depuis trois ans des migraines, mais les crises se sont intensifiées depuis quelques jours. Et si les médicaments peuvent éventuellement réduire la douleur, ils semblent bien inefficaces contre ce cauchemar récurrent qui accompagne ses nuits. Un cauchemar qui devient de plus en plus précis…

Passant de spécialiste en spécialiste, Sam attend désespérément une explication, mais surtout une solution à ce cauchemar qui l’épuise et le terrifie. Mais si sa situation était liée à un homme peu recommandable comme le pense sa fille, étudiante au Canada ? Je n’en dirai pas plus, mais sachez que dans cette nouvelle, la science est confrontée à une question qui nécessite une certaine ouverture d’esprit. Et c’est d’ailleurs peut-être ce qui m’a un peu dérangée, la facilité avec laquelle policier, fille et médecins acceptent de se pencher sur une hypothèse quelque peu inattendue. J’aurais aimé voir batailler un peu plus le protagoniste et qu’on se pose des questions sur sa lucidité, même si j’imagine que vu le format, il était difficile de s’épancher trop longuement sur ce point.

Dans des yeux est nouvelle sympathique et bien écrite, mais j’avoue qu’elle m’a paru quelque peu conventionnelle et que sa fin manque de piquant. Or, j’apprécie les nouvelles avec une bonne chute ou, du moins, une tentative de chute… Je n’ai donc pas ressenti ce suspense et cette tension que l’auteur a probablement voulu susciter à travers l’histoire de Sam, mais peut-être qu’un lecteur peu coutumier des thrillers, se laissera bien plus surprendre. La nouvelle n’en demeure pas moins très plaisante et agréable à lire.


  • Après l’effondrement : Elon de Christophe Martinolli

Après l'effondrement, tome 0 : Elon par Martinolli

Il s’agit ici de la préquelle à la série Après l’effondrement que je n’ai pas lue, mais je dois avouer qu’elle m’a bien donné envie d’y remédier. J’ai apprécié l’ambiance survivaliste et de fin du monde qui s’en dégage, d’autant que la fin de l’histoire laisse planer un certain mystère sur le devenir d’une famille à laquelle je me suis attachée très rapidement. Une famille qui, en voulant fuir une comète, s’est probablement condamnée à un sort pire ou, du moins, à un sort peu enviable.

Comme dans Eschaton, on retrouve cette idée d’élite qui s’est arrogée le droit de décider qui doit vivre et mourir, même si ici, la solution pour survivre à la fin du monde ne se trouve pas dans un monde virtuel. Le résultat n’en demeure pas moins tout aussi questionnable sur le plan éthique et moral. Quand les élites se transforment en monstres, peu étonnant que le commun des mortels, condamné à survivre comme il le peut, finisse par suivre le chemin de la violence…

En bref, l’histoire est courte, mais si vous aimez les récits de survie, Elon devrait vous plaire et vous donner envie de vous intéresser à la série principale, en croisant les doigts pour que ces deux parents et leur fils échappent à cette cruauté qui semble prête à s’abattre sur eux.


  • La Tour des hiboux de Gustave Aimard

La Tour des hiboux (Annotated) par [Gustave Aimard]

Devant l’insistance des autres participants à un festin, notre narrateur consent à raconter un épisode épique de sa vie. Si j’emploie le verbe consentir, c’est que le bougre s’est quelque peu laissé prier… Il faut dire qu’il pensait ne rien avoir d’intéressant à raconter, alors que l’histoire qu’il dessine sous nos yeux, et qui lui est arrivée lors de ses jeunes années, est des plus haletantes.

Retour donc dans le passé : après un repas chez un ami en compagnie d’un célèbre voleur de grand chemin, il décide de rentrer chez lui malgré le danger de voyager seul en pleine nuit, a fortiori en pleine tempête ! Mais devant le déchaînement des éléments, il finit par trouver refuge dans une vieille tour laissée à l’abandon… Malheureusement pour lui, il semble avoir choisi le mauvais endroit pour passer la nuit, du moins, une nuit tranquille.

La nouvelle étant très courte, je n’en dirai pas plus si ce n’est que l’auteur a réussi à créer une ambiance mystérieuse et plutôt angoissante. De fil en aiguille, on en vient à sérieusement s’inquiéter pour notre narrateur, tout en tentant de se rassurer : s’il est capable de narrer cette aventure, c’est bien qu’il s’en est sorti. La chute à l’heure actuelle est assez commune, mais elle n’en demeure pas moins efficace. Mais la force de cette nouvelle, du moins pour moi qui adore les belles plumes, est indéniablement le style de cet auteur du XIXe siècle. Un style classique dans ce qu’il y a de meilleur avec cette fluidité teintée d’élégance qui permet de savourer les mots, tout en appréciant l’immersion qu’ils favorisent.

En bref, voici une sympathique nouvelle qui rappelle un peu la tradition des veillées d’antan et qui devrait plaire aux amateurs d’histoires avec des brigands.


  • La Métamorphose de Franz Kafka

La Métamorphose cover art

Lu beaucoup plus jeune suite à une rédaction nous demandant de nous imaginer dans la peau d’un cafard, j’ai eu envie de redécouvrir l’histoire  avec un œil d’adulte, n’ayant pas à l’époque la maturité nécessaire pour comprendre le sous-texte et les différentes critiques sociétales et économiques soulevées par l’auteur.

Et d’emblée, j’ai été frappée par la manière subtile et imaginée avec laquelle il dénonce des choses comme l’aliénation par le travail. À cet égard, la scène d’entrée dans laquelle le narrateur est poursuivi jusqu’à chez lui par un représentant de son patron parce qu’il a un peu de retard est frappante. Complètement absurde, cette scène est presque annonciatrice de la surveillance étroite que subissent actuellement certains salariés, mais elle dénonce aussi parfaitement ce productivisme déshumanisé qu’on attend d’eux. Dans ce cadre, la totale dévotion à son entreprise devient une condition sine qua non pour être un bon salarié, le présentéisme, une exigence, et la maladie, une excuse de fainéant…

Mais ce thème laisse assez vite place à quelque chose de plus pernicieux et vicieux : l’aliénation par la famille. Car si Gregor semble totalement dévoué à sa famille, la réciproque est loin d’être vraie. Ses parents et sa sœur se comportent tout simplement avec lui en parasite, ce qui m’a d’ailleurs un peu fait penser au film coréen du même nom. Ils se reposent complètement sur Gregor pour les faire vivre. Le plus triste, dans cette histoire, c’est que celui-ci semble s’en accommoder et considérer la chose comme normale. Alors même qu’il a perdu contenance humaine et qu’on le néglige, il continue à s’inquiéter pour les siens et à penser à l’avenir de sa sœur. J’imagine qu’il y a des raisons historiques et culturelles à ce comportement, mais pour le lecteur du XXIe siècle , cela ne peut que susciter la plus vive indignation.

Un sentiment qui croît à mesure que sa situation se détériore : plus le temps passe, plus Gregor est laissé à l’abandon et seul face à cette métamorphose dont on ne sait rien, si ce n’est qu’elle a le mérite de dévoiler les plus bas instincts de ses proches. Indifférence puis colère de la part du père, pitié et inquiétude puis ignorance de la part de la mère, soin puis indifférence, voire colère de la part de la sœur. Avec un tel soutien, on en vient à se demander s’il n’est pas préférable pour Gregor de rester dans sa nouvelle condition que continuer à soutenir une famille aussi ingrate. Une famille qui en vient d’ailleurs à prendre une décision révoltante, sans devoir la mettre en place, Gregor leur facilitant, une fois de plus, la tâche. Je n’ai pu m’empêcher de voir dans la fin un acte ultime et douloureux de dévotion d’un jeune homme que sa famille ne méritait clairement pas.

Je ne doute pas qu’il y a encore beaucoup à dire de cette nouvelle qui, en peu de pages, arrive autant à susciter des réflexions qu’à créer la plus vive indignation !

Et vous, certains de ces textes vous tentent-ils ?
Les connaissiez-vous ?

Nouvelles à chute, collectif #ProjetOmbre

N° 59 Nouvelles à chute

Sélectionnée pour la particularité de sa chute, chacune des nouvelles de ce recueil peut vous réserver une surprise si vous vous laissez guider par l’auteur… ou vous entraîner dans un véritable défi intellectuel si vous décidez de ne pas vous laisser surprendre.
Grâce à ces textes contemporains d’auteurs prestigieux, les élèves découvriront avec plaisir le genre de la nouvelle et pourront se familiariser avec les notions propres au récit. Idéal en début d’année de troisième ou de seconde pour motiver les élèves à être attentifs aux moindres indices dès leur première lecture, gageons que ce recueil original les fera également renouer avec un certain plaisir de lecture… Situé en fin d’ouvrage, l’appareil pédagogique complet est suivi d’une interview exclusive d’Anna Gavalda.

MAGNARD (19 novembre 2008) – 101 pages – Poche (5,20€)

AVIS

C’est grâce au Projet Ombre que j’ai eu envie de sortir de ma PAL ce recueil de six nouvelles provenant de six auteurs différents. Lire la suite

Projet Ombre 2021 : vive les formats courts ! #challengelittéraire

Logo ProjetOmbre

Cette année, c’est OmbreBones qui reprend The Maki Project, un challenge littéraire mettant à l’honneur les formats courts. Le challenge, devenu le Projet Ombre 2021, connaît quelques changements comme l’ajout de missions mensuelles afin de pimenter l’expérience de lecture et stimuler les participants. Un ajout que, pour ma part, je trouve fort sympathique d’autant qu’à l’issue du challenge, quelques livres seront à gagner.

Parmi les différents niveaux proposés, je me suis inscrite au doublé de l’ombre qui consiste à lire au moins deux nouvelles par mois. Un défi qui me semble accessible et pas trop contraignant… À noter également que cette année, vous n’êtes pas obligés de rester cantonnés au domaine de l’imaginaire puisque tous les genres sont acceptés. Une liberté de choix que j’apprécie et qui ouvre le challenge à de nouveaux lecteurs.

Pour toutes les modalités de participation et les inscriptions, je vous invite à découvrir l’article d’OmbreBones qui, je l’espère, vous donnera envie de découvrir un format qui me semble encore peu plébiscité en France même si les choses commencent à évoluer !

Je n’ai pas fait de PAL précise, mais ayant, ces dernières années, accumulé les nouvelles individuelles et les anthologies, je ne devrais pas avoir du mal à trouver de quoi alimenter mes chroniques.

Anthologies nouvelles - Projet Ombre 2021

Pour ceux qui lisent en numérique et qui souhaiteraient participer, mais qui restent frileux à l’idée d’investir dans des formats courts, je vous invite à vous tourner, dans un premier temps, vers les offres gratuites. Par exemple, le webzine l’Indé Panda vous propose régulièrement une sélection de nouvelles dans des genres variés (science-fiction, contemporain, fantasy…). Les textes sont de qualité et m’ont déjà réservé de très bonnes surprises !

Et vous, pensez-vous participer à ce challenge ?

Challenges littéraires auxquels je compte participer en 2021

Lecture, Jeune Fille, Loisirs, Femme

En plus de ma passion pour la préparation de PAL que je ne respecte quasiment jamais, j’ai aussi une légère tendance à être excitée comme un enfant le jour de Noël devant les challenges littéraires. J’ai beau savoir que ce n’est pas raisonnable, que je ne peux pas participer à tout et encore moins en assurer le suivi, c’est plus fort que moi…

Cette année, je me suis donc de nouveau inscrite à plusieurs challenges après avoir pris la bonne résolution (peut-être la seule pour 2021), d’être bien plus rigoureuse dans le suivi. Parce que si en général, en termes de lecture, je valide sans trop de problème la plupart des challenges auxquels je participe, niveau partage de mes chroniques, je suis clairement une très très mauvaise élève.

Mais trêve de bavardages, voici les challenges auxquels je compte participer en 2021 :

  • Le mois des nouvelles : les Miscellanées d’Usva vous propose d’explorer le genre de la nouvelle durant tout le mois de janvier. Je compte piocher dans les nombreux recueils ou nouvelles individuelles que je possède.

  • Challenge voix d’autrices 2021 : cela fait un moment que je n’ai pas participé, mais ce challenge proposé par Arcanes ouvertes me tient à cœur. J’ai opté pour le niveau Aventurière de l’extrême dans lequel un livre valide une catégorie.

  • Challenge de l’imaginaire : ce challenge, c’est l’un des premiers auxquels je me suis inscrite. Je l’avais mis de côté n’étant pas très assidue dans le partage de mes chroniques, mais j’ai fini par avoir envie de retenter l’expérience. N’hésitez pas à vous inscrire sur Ma lecturothèque, vous devriez faire, en cours d’année, de très belles et nombreuses découvertes chez les autres participants.

Je me suis inscrite à l’échelon 3, Immersion dans le vide, consistant à lire au moins 48 livres. Et j’ai opté pour la catégorie A qui permet de lire tous les genres de l’imaginaire sur n’importe quel support. J’ai également pris l’option D consistant à lire au moins trois romans écrits par des grands noms de l’imaginaire. Parmi les noms proposés, mon choix s’est porté sur David Gemmell, Robert Jordan et Robin Hobb. Mais il est toujours possible de changer d’avis en cours de challenge…


Je participe également au Challenge Jeunesse Young adult déjà commencé et participerai évidemment aux grands challenges qui animent chaque année la communauté littéraire (Pumpkin Autumn Challenge, Cold Winter Challenge...). J’attends, enfin, l’annonce de la reconduite ou non de certains challenges auxquels je me suis inscrite en 2020…

Et vous, à quel(s) challenge(s) comptez-vous participer ?

Mini-chroniques en pagaille #28

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Pour cet article mini-chroniques en pagaille, j’ai décidé de vous parler de quatre nouvelles qui, bien que très différentes, m’ont toutes plu.

  • Diplomatie alien, Vincent Ferrique :

Galaxie, Étoiles, Infinity, Cosmos

Un héros se meurt, mais heureusement son fils, Junior, est là pour reprendre la relève et défendre l’humanité du danger extraterrestre qui se dessine. C’est, du moins, ce qu’espérait le paternel parce que dans les faits, notre apprenti héros se pose bien plus en objecteur de conscience et en pacifiste assumé qu’en fier soldat prêt à guerroyer à bord du vaisseau de son père, l’archéon.

Mais cette rébellion, ne risque-t-elle pas d’avoir des répercussions ? En l’envoyant exterminer tout un peuple, le Sénat reproduisait-il seulement la tendance bien humaine à tuer et à s’approprier les ressources d’autrui ou faisait-il preuve d’un sain esprit de conservation ? Pour la savoir, il vous faudra découvrir cette nouvelle qui n’est pas dénuée de rythme ni même d’humour, certains jurons valant leur pesant d’or.

Pour ma part, j’ai apprécié le voyage et la chute qui nous prouve qu’il vaut mieux parfois apprendre à choisir ses combats et à réfléchir avant d’agir. Quant à notre apprenti héros qui ne semble en faire qu’à sa tête, on en vient à se dire qu’il n’était peut-être pas le meilleur choix pour préserver l’humanité. Comme quoi, l’héroïsme, ce n’est pas une affaire de famille !

  • Juste un visage, Rose P.Katell :

Film, Cinéma, Bobine, Rétro

Dans cette nouvelle, on suit un acteur, Eder, en pleine désillusion sur son métier à une époque où « jouer » consiste seulement à prêter ses traits et son corps à des techniciens, qui les capturent avant de les faire travailler pour vous.

Une omniprésence de la technologie qui marque la mort du métier d’acteur tel que des générations l’ont connu, plus personne, ou presque, ne semblant désirer voir de vrais acteurs sur scène ou à l’écran.

Malgré son succès et les encouragements de son manager et ami, Eder ne se sent donc pas à sa place, lui qui rêve d’être enfin jugé sur son talent et non plus sur son physique, son plus gros atout et sa plus grande malédiction… Alors que tout semble perdu, une opportunité inattendue s’offre à lui !

Empreinte de mystère et de questionnements sur la beauté et le physique dans une société qui les portent aux nues, cette nouvelle m’a plu par sa portée et la profondeur d’un personnage que l’on condamne à une superficialité qu’il abhorre. Quant à la fin, elle marque par la manière radicale dont Eder décide de redevenir acteur de sa vie…

Retrouvez les deux nouvelles dans le webzine L’Indé Panda n°8, disponible gratuitement sur Amazon et Kobo 

  • Le Kroc, Anthony Lamacchia

Dernier pensionnaire d’un orphelinat, Alan est bien décidé à quitter cet endroit terrifiant, parce que si personne ne vient l’adopter, l’autre alternative n’est guère réjouissante… Toutefois, un problème se pose : s’enfuir le jour est impossible en raison du personnel médical, et s’enfuir la nuit par la forêt est impossible, sauf à vouloir affronter un danger mortel.

Mais Alan n’a pas dit son dernier mot et avec son fidèle ami imaginaire, une peluche répondant au nom de Charlie, il fomente un plan qui va malheureusement le conduire tout droit dans la gueule du loup, ou ici, du Kroc. Créature terrifiante qui hante la nuit les couloirs de l’orphelinat, le Kroc pourrait symboliser les peurs infantiles, et notamment celle bien connue du noir, sauf qu’il semble bien réel…

Durant cette courte et intense nouvelle, nous suivons la lutte pour la survie d’un enfant qui, armé seulement de son courage et de l’aide de son ami imaginaire, va devoir affronter de terribles dangers, dont l’un qui nous prouve que la monstruosité peut prendre bien des apparences. Pour ma part, j’ai aimé me plonger dans cette ambiance horrifique qui gagne en intensité à mesure que l’on s’approche d’un dénouement, certes pas fondamentalement original, mais diablement efficace.

Quant au style de l’auteur, j’en ai apprécié la fluidité et le côté très immersif. On saluera également la manière dont est gérée la montée en puissance de la tension, de l’angoisse et du suspense, qui donne presque envie de se cacher sous sa couette afin de ne pas être saisi par le Kroc. 

  • Passage, Sam Kolchak

Lyon, France, Ruelle, Tour

Si la société actuelle est déjà frappée de jeunisme, en 2050, le concept prend une tout autre dimension puisque les gens, à partir d’un certain âge, sont tout bonnement éradiqués ! Une solution radicale à laquelle un septuagénaire est bien décidé à échapper. Pour ce faire, il compte sur l’aide d’une personne mystérieuse, à supposer qu’elle existe réellement et qu’elle n’appartienne pas au domaine des légendes urbaines !

L’auteur nous plonge en plein Lyon et le monde secret des traboules qui, comme elles l’ont déjà fait par le passé, offrent un sauf-conduit aux personnes traquées injustement pour des raisons complètement absurdes. Ici, il n’est donc point question de tourisme, mais d’une lutte acharnée pour la survie d’un homme qui va jouer le tout pour le tout afin de continuer à exister.

Si j’ai apprécié le titre qui semble loin d’avoir été choisi au hasard, j’ai surtout pris plaisir à me laisser happer par cette nouvelle menée tambour battant. Notre fuyard va ainsi vivre, en un temps très court, moult péripéties dans ce qui sera, pour lui, l’aventure de la dernière chance. Rythmée et non dénuée de tension, cette nouvelle devrait vous tenir en haleine et vous surprendre par sa chute que j’ai trouvée plutôt bien amenée.

Retrouvez les deux nouvelles dans le webzine L’Indé Panda n°10, disponible gratuitement sur Amazon et Kobo 

Et vous, certaines de ces nouvelles vous tentent-elles ?

In My Mailbox #190

in-my-mailbox1

« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

J’ai craqué pour quelques livres, dont deux beaux ouvrages qui me faisaient terriblement envie. J’ai également eu la chance de remporter deux concours…

Couverture Rulantica, tome 1 : L'île secrèteCouverture Poupelle et la ville sans ciel

Utopiales jeunesse 2020Couverture Mille lionsL'asile du Nord , tome 1 : Camille par Paquin

Trois EmpiresEveilMissions Bajnanes (Trois Empires t. 2) eBook: Clerc, Aurora: Amazon.fr

Et je suis ravie d’avoir reçu une contrepartie Ulule que j’attendais depuis un moment…

Celtes-Paronama de l'imaginaire celtique

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains titres de cet IMM vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.
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L’univers rêvé, Armand Konan

Eliam a peur d’assumer pleinement sa vocation d’artiste. Il se retrouve alors subitement plongé dans une réalité parallèle façonnée par ses pensées les plus intimes, qui prennent forme sous ses yeux. Pour survivre dans cet « Univers Rêvé », il devra vaincre un ennemi qui n’est autre que la personnification de ses peurs.

Delambe (29 septembre 2019) – 71 pages – Papier (4,50€) – Ebook (2,99€)
Illustration de couverture : Régis Konan

AVIS

La couverture avec cet homme qui semble contempler avec stupéfaction son environnement ainsi que l’imposant gratte-ciel qui se dresse devant lui et le résumé m’ont tout de suite intriguée ! J’ai donc été ravie de me plonger dans cette novella atypique qui explore avec une certaine intelligence les thématiques du rêve, du subconscient, de la confiance en soi, mais aussi de ces peurs qui tendent à nous enchaîner et à nous empêcher d’exploiter tout notre potentiel.

Eliam est un artiste, et plutôt un bon artiste, si l’on en croit une rencontre de fortune et son entourage. Mais comme beaucoup d’artistes, il doute et a du mal à passer cette étape qui lui permettrait d’exposer son travail devant un large public et, peut-être, de briller. Une peur de l’échec qui s’apparente à une peur du succès et de ces changements que la réussite ne manquerait pas d’entraîner dans sa vie et, peut-être, au sein de son entourage pourtant prompt à le soutenir.

D’ailleurs, si j’ai trouvé la dynamique intéressante entre Eliam et ses proches, j’avoue que Quentin m’a paru peut-être manquer d’empathie et de subtilité avec une manière bien à lui de tenter de convaincre Eliam d’exposer ses créations. Or, comme Sacha l’a bien compris, cette grande décision ne peut être forcée, mais doit venir de notre héros lui-même.

Les interrogations d’Eliam, quant à son avenir d’artiste, le conduiront à vivre un véritable cheminement intérieur qui passera par l’exploration d’un monde façonné par ses pensées, ses peurs et ses rêves les plus profonds. J’ai beaucoup aimé le jeu entre rêve et réalité instauré par l’auteur, mais ce que j’ai préféré est son idée de personnifier les peurs d’Eliam qui prennent vies sous nos yeux avec force et réalisme. À titre d’exemple, la peur légitime d’être descendu en flèche par la critique se formalise dans le monde rêvé de notre protagoniste par de véritables flèches lancées par des fantassins bien décidés à imposer leur tyrannie.

Si le texte est plein d’intelligence avec une certaine portée philosophique et métaphorique, l’auteur n’en oublie pas de nous proposer une véritable aventure qui m’a d’ailleurs agréablement surprise par son rythme et la bonne dose d’action qu’elle nous offre. Attendez-vous donc à de véritables combats qu’ils soient physiques ou émotionnels et à beaucoup de mouvements ! Ces scènes d’action, en plus de satisfaire notre appétit pour le divertissement, se révèlent intéressantes dans la mesure où elles nous permettent de mieux comprendre comment fonctionne cette réalité rêvée et de quelle manière Eliam influe sur ses contours…

En résistant et en luttant avec acharnement contre les fantassins, notre héros va évoluer, gagner en confiance et, surtout, commencer à comprendre que le combat nécessite parfois de lâcher les armes… Une évolution particulièrement bien amenée qui ne devrait pas manquer de faire réfléchir les lecteurs à leurs propres peurs et à toutes ces petites phrases d’auto-sabotage dont on peut parfois se marteler l’esprit.

Quant à la plume de l’auteur que je découvre ici, elle m’a beaucoup plu. Élégante, immersive et non dénuée de poésie, elle contribue fortement au plaisir que l’on prend à se laisser emporter par les rêveries d’Eliam.

En résumé, si vous avez envie d’un livre subtil dans lequel « se perdre dans ses pensées et ses rêves » prend tout son sens, L’univers rêvé est fait pour vous. À travers les doutes d’un artiste qui a une grande décision à prendre pour sa carrière, l’auteur aborde avec une certaine intelligence des thématiques comme la confiance en soi et nous prouve qu’affronter ses peurs, c’est aussi parfois faire preuve de lâcher-prise. Atypique, rythmé et plein d’intelligence, voici un petit ouvrage à découvrir.

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé son livre en échange de mon avis. N’hésitez pas à consulter son site pour de plus amples informations.