Passeuse d’âmes – Tome 1 : Damnée, Lyn A. Lewis

Couverture Passeuse d'Âmes, tome 1 : Damnée

 

RÉSUMÉ

Malédiction. Destin. Trahison.
Depuis des générations, les membres de la famille Homes perçoivent les esprits et les manipulent dans leur propre intérêt. Seule Érine a choisi d’user de ses talents pour enfermer les plus malveillants d’entre eux afin de protéger ceux qui en sont victimes.
Un jour, sa route croise celle d’un homme énigmatique à l’aura aussi effrayante qu’intrigante. Suite à cette rencontre, l’existence d’Érine est bouleversée. Elle se retrouve prise au piège d’une succession d’événements funestes qui feront d’elle une Passeuse d’âmes. Elle se verra alors contrainte d’affronter sa famille ainsi que le terrible secret qu’elle cache depuis des siècles.

La mort n’est pas la fin, elle n’est qu’une destination.

AVIS

NB : cette chronique dormait dans mes brouillons depuis plus de 3 ans, mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais… 

J’ai attendu quelques jours avant de rédiger ma chronique pour essayer d’y voir plus clair dans mon ressenti et mes émotions. En effet, si j’ai apprécié la plume de l’autrice et l’histoire, deux éléments m’ont beaucoup moins plu…

Contrairement à mon habitude, je vais donc commencer par les deux points du roman qui ne m’ont pas convaincue. Le premier est la présence du sempiternel triangle amoureux qui n’est pas crédible une seule minute et qui ne semble pas apporter grand-chose à l’histoire. Ce point pourra peut-être plaire à certaines personnes, mais en ce qui me concerne, ça ne passe pas du tout.

Le second point qui a été particulièrement pénible pour moi est la banalisation des agressions sexuelles. Ce problème est récurrent dans la bit-lit au point que j’avais arrêté d’en lire. Un viol, surtout quand il est d’une perversité aussi importante que dans le livre, ne peut que laisser des traces chez une personne. Or, Érine évoque seulement quelques souvenirs « désagréables » et ne semble pas plus traumatisée que cela. Alors, elle a bien quelques rêves qui la perturbent, mais rien de bien terrible.

Même en prenant en compte le contexte de sa vie, ou de ses vies antérieures, et son lien avec son bourreau, cela reste très très désagréable à lire en tant que femme. Je comprends que l’autrice n’ait pas eu forcément envie d’aborder en long et en large les séquelles d’un viol, mais j’aurais néanmoins souhaité qu’elle évoque cette expérience traumatisante de manière plus réaliste.  Je tiens à préciser que le roman de Lyn A. Lewis n’est pas pire qu’un autre dans cette banalisation des agressions sexuelles, mais c’est juste la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Je ne veux plus lire de récit où ce genre de fait gravissime ne laisse pas de grosses séquelles sur l’héroïne. Il est possible d’en avoir une approche bien plus sensible comme l’a prouvé, par exemple, Patricia Briggs dans Mercy Thompson.

L’histoire et les personnages….

Issue d’une famille malveillante dont les membres sont capables de percevoir et manipuler les esprits, Érine a préféré couper les ponts avec les siens pour vivre une vie plus en accord avec ses valeurs. Elle apprendra néanmoins qu’on n’échappe pas aussi facilement aux liens du sang et que la soif de pouvoir peut conduire aux actes les plus abjects.

L’attention des lecteurs est captée dès les premières pages du livre grâce à la plume très fluide de l’autrice. Elle possède ce petit quelque chose qui rend la lecture du roman comme coulant de source. Vous enchaînez donc les chapitres sans vraiment vous en rendre compte d’autant que l’alternance de points de vue apporte un certain dynamisme. Vous découvrez ainsi les pensées d’Érine de Clayton et, dans une moindre mesure, de Ian.

J’ai beaucoup aimé Érine qui, malgré un passé très difficile, est restée une personne combative qui va de l’avant sans se plaindre. C’est typiquement le genre de personne simple et naturelle que j’aime découvrir dans les romans. Fuyant une famille peu recommandable, elle se révèle très solitaire au point de ne compter qu’une personne dans sa vie : Ian, son meilleur ami ambulancier. Si je n’ai pas cru une seule seconde à leur potentielle idylle, j’ai apprécié de découvrir leur complicité et leur profonde amitié. J’espère vraiment retrouver cet aspect dans le deuxième tome.

Clayton, second mâle du triangle amoureux, ne m’a pas particulièrement plu ; il est un peu trop stéréotypé et agaçant à mon goût. Et puis les hommes lunatiques n’ont jamais été ma tasse de thé. Je pense néanmoins qu’il possède tous les atouts pour plaire aux personnes aimant les personnages taquins et charmeurs avec un côté mystérieux. Complexe et froid au premier abord, il finit par évoluer au contact d’Érine envers laquelle il commence à développer un certain attachement et des sentiments qu’il a bien du mal à s’avouer. Il faut dire qu’avec son passé dramatique, il ne s’attendait pas forcément à nouer des liens avec d’autres individus que ceux appartenant à son cercle restreint d’amis. D’ailleurs, ce côté solitaire et une histoire familiale compliquée sont deux points qui semblent rapprocher nos deux passeurs d’âmes.

En plus de ce trio, il y a deux personnages secondaires que j’ai trouvés particulièrement intéressants et énigmatiques. Le premier a un rôle de tout premier ordre dans le nouveau travail de notre héroïne. Quant au second, il est certain qu’il va prendre une place considérable dans sa nouvelle vie. Je suis vraiment impatiente d’apprendre à mieux les connaître ; je sens qu’ils nous réservent des surprises ou, du moins, je l’espère grandement.

Les deux méchants du roman sont, quant à eux, mauvais à souhait au point qu’il m’est bien difficile de les départager dans leur monstruosité. Ils remplissent donc à merveille leur rôle et ne peuvent que faire réagir les lecteurs. Dans un style différent, on peut dire qu’ils font bien la paire !

Enfin, j’ai apprécié de découvrir petit à petit la mythologie derrière le rôle de passeur d’âmes même s’il reste certainement beaucoup de choses à apprendre de ce côté-là, Clayton n’ayant pas eu le de temps de finaliser la formation d’Érine. Je suis d’ailleurs curieuse de découvrir comment les capacités de notre héroïne vont évoluer…

En conclusion, écrit dans un style fluide et agréable, Passeuse d’âmes devrait ravir les personnes en quête d’une histoire où se mêlent paranormal, personnages forts et malmenés par la vie, trahison, mystère et romance. Malgré deux points qui m’ont dérangée dans ma lecture, j’ai, pour ma part, passé un moment divertissant aux côtés d’Érine et lirai donc le deuxième tome avec plaisir en espérant que les écueils du premier ne soient plus qu’un lointain souvenir.

À noter qu’une version poche est sortie chez Livresque éditions.