Top Ten Tuesday #227 : mes 10 meilleures lectures depuis le début de l’année

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Il a été difficile de ne choisir que 10 titres, mais voici mes 10 meilleures lectures depuis de l’année ou du moins, les 10 qui, de mémoire, m’ont le plus marquée, émue, touchée, remuée, fait réfléchir, divertie…

Les romans sont majoritaires (La princesse au visage de nuit, Rouge, Valkyrie, Masques & Monstres, Les indécis et From Blood and Ash), mais cela semble assez logique puisque c’est ce que je lis le plus. On notera, en outre, que parmi cette sélection, il y a deux auteurs auto-édités : R. Oncedor et Federico Saggio. J’en profite d’ailleurs pour rappeler qu’il y a de véritables pépites dans l’auto-édition.

Aux côtés des romans, vous trouverez un ouvrage hors fiction, Une histoire de genres, et des BD toutes les trois très émouvantes : chaque jour Dracula, Jamais et Ceux qui restent.

10 meilleures lectures depuis de l'année

Et vous, avez-vous lu/apprécié certains de ces livres ou certains vous tentent-ils ?
Quelles sont vos meilleures lectures depuis le début de l’année ?

Une histoire de genres : Guide pour comprendre et défendre les transidentités, Lexie

Une histoire de genres par Lexie

À l’heure où les questions de genre et d’identité sont de plus en plus présentes dans l’espace public, voici un guide qui déconstruit tous les préjugés, les abus de langage, les non-sens liés aux transidentités, afin de mieux les comprendre et de donner les armes pour s’en émanciper. Car si être trans est une histoire de rapport de soi à soi, de prise de conscience individuelle, c’est aussi un rapport à des normes et constructions sociales, culturelles et historiques.

Véritable prolongement du compte Instagram sur lequel Lexie s’emploie avec patience et grande rigueur à éduquer sur les questions de genre, ce livre est une vraie boussole et un outil d’empowerment pour les personnes trans qui sont souvent isolées, moquées, stigmatisées et font l’objet de violences extrêmes ; mais aussi pour les non trans, concernés ou non, car au-delà des transidentités, c’est sa propre place dans la société et le traitement des différences qu’il s’agit de questionner.

Marabout (10 février 2021) – 224 pages – 19,90€

AVIS

Tout d’abord, je dois souligner la très grande justesse du titre qui résume à merveille à ce que vous retrouverez dans cet ouvrage : un guide pour comprendre et défendre les transidentités. Deux points fondamentaux pour permettre à la communauté trans d’être visible dans l’espace public, politique et social, et pour permettre à toutes les personnes trans de vivre en toute sécurité sans devoir craindre la stigmatisation, les menaces, les violences physiques et morales… Et à la lecture de cet ouvrage, on ne peut qu’en déduire que le chemin est encore long pour en arriver là. Car en plus de souffrir d’un cruel manque de représentation, les personnes trans doivent faire face à des situations intolérables que ce soit dans la sphère publique, privée ou familiale. À cet égard, la partie concernant les exemples de violences sociétales, médicales et administratives subies par des personnes trans est édifiante et certains propos, notamment de parents vis-à-vis de leur propre enfant, d’une violence inouïe.

Et pourtant, si l’autrice pose clairement un cadre qui a de quoi faire frémir, le ton n’est jamais alarmiste :  elle dénonce des faits difficiles, tout en rappelant que cette violence directe ou indirecte n’est pas la réalité de toutes les personnes trans. Les situations sont diverses, chacun.e ayant sa propre expérience de vie, d’autant que la communauté trans est plurielle et bien plus variée que l’on aurait tendance à le croire quand on est peu informé. On découvre également dans cet ouvrage l’importance du tissu associatif et communautaire. Et si en France, il y a une réelle peur du communautarisme, on se rend compte ici que plus qu’une source de dissension, c’est un espace de libre écoute et d’échange important et nécessaire pour des personnes dont la parole est bien souvent remise en question, et qui souffrent d’un manque évident de représentation.

J’avais un peu peur de ne pas arriver à tout suivre et d’être noyée sous un jargon académique quelque peu abscons. J’ai donc été très agréablement surprise de la manière dont Lexie a réussi à rendre son livre  instructif, mais également très accessible, que ce soit grâce à une restitution claire et personnelle de son travail de recherche ou une plume aussi fluide que plaisante. Le travail éditorial réalisé rend également la lecture très agréable : sommaire détaillé permettant de guider la lecture, découpage en différentes parties, encarts pour attirer l’attention des lecteurs sur certains points, lexique présent en fin d’ouvrage…

Si le style de Lexie est très accessible et clair, j’avoue que certains termes et concepts vont me demander un peu de temps pour les retenir et, je l’espère, les utiliser correctement. Ceci est d’autant plus important que l’autrice rappelle à quel point « entendre au quotidien un vocabulaire mal employé, volontairement ou non, est une source de détresse et de malheur profond ». L’inclusion repose donc aussi sur une utilisation éclairée des mots ! Mais là où l’autrice aurait pu faire preuve d’une certaine impatience et véhémence sur la manière dont on peut parfois se montrer blessant sans s’en rendre compte, je l’ai trouvée extrêmement bienveillante. Au lieu de se focaliser sur les erreurs, elle offre un véritable travail d’information, de sensibilisation et d’accompagnement qui ne peut qu’éveiller les consciences.

Elle propose également des pistes concrètes pour s’adresser aux personnes trans et veiller à leur inclusion : les mots à éviter, la question des nouveaux pronoms qui offrent une inclusivité que la langue française genrée et binaire ne permet guère, les sujets à ne pas évoquer (du moins sans y avoir été invité.e), l’importance de s’informer par soi-même afin d’éviter de faire peser le poids de l’éducation sur les épaules des personnes trans qui n’ont pas à vocation à instruire les autres, la nécessité d’écouter les expériences des personnes trans sans jamais remettre en cause leurs propos…

Avant de tomber sur des posts engagés notamment de la part d’auteur.e.x trans, je ne m’étais guère interrogée sur la notion de genre, si ce n’est que les stéréotypes qui lui sont associés m’ont toujours fortement agacée. J’ai donc apprécié que Lexie fasse le point sur cette question nous permettant de saisir que loin d’être une donnée biologique et binaire, c’est avant tout une construction culturelle et sociale. À cet égard, la partie consacrée à la transidentité à travers le monde, et surtout les siècles, est passionnante ! Avec des exemples à l’appui et un vrai travail de fond, elle déconstruit ces stéréotypes et fausses vérités sur lesquels sont bâtis nos sociétés occidentales et qui servent de terreau, ou du moins d’excuse, à la haine et à la violence. Cette démarche de déconstruction peut-être déstabilisante pour certains, car il n’est jamais facile de remettre en question ce que l’on a appris, mais elle me semble indispensable pour faire évoluer nos sociétés vers plus de tolérance et d’inclusivité.

Il est à noter que l’autrice étant directement concernée par le sujet, ses propos n’en sont que plus forts. Ils seront également peut-être une source de reconnaissance pour les personnes trans auxquelles on n’accorde que peu la parole alors qu’elles sont pourtant les premières et seules aptes à vraiment s’exprimer sur la thématique des transidentités. Un point que les pouvoirs politiques et, dans une certaine mesure, les instances médicales semblent prendre soin de ne pas reconnaître, ajoutant une violence supplémentaire à une liste déjà bien trop longue. Cet ouvrage regroupe, en outre, un certain nombre d’informations pratiques qui me semblent intéressantes pour les personnes trans.

Ma chronique n’a pas vocation à restituer toute la richesse de ce livre, mais je tenais à souligner le magnifique travail de recherche réalisé par l’autrice qui aborde autant les aspects sociétaux, sociologiques, administratifs médicaux, que culturels et historiques, entourant la question du genre et des transidentités. J’ai, pour ma part, appris beaucoup de choses et si certaines sont d’ores et déjà fixées dans mon esprit, il y a en encore beaucoup d’autres sur lesquelles je compte revenir.

En conclusion, en plus d’être un d’un guide pour les personnes trans, cet ouvrage est également un bel outil pédagogique pour les lecteur.e.x qui souhaiteraient sortir des stéréotypes et idées préconçues autour de la question des genres, de manière à la considérer dans sa pluralité. Proche de l’essai dans le travail rigoureux de recherche réalisé par l’autrice, sans posséder la rigidité et la complexité que l’on peut associer à ce type d’écrit, voici un ouvrage que je ne peux que vous recommander afin de comprendre les transidentités, et la nécessite de faire de l’inclusion des trans, et des minorités en général, un objectif sociétal fort.

Je remercie Babelio et les éditions Marabout pour cette lecture.

Top Ten Tuesday #164 : 10 livres hors fiction que je vous recommande

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Si j’aime beaucoup la fiction, il m’arrive aussi parfois de lire d’autres genres : essais, biographies, documentaires, livres d’histoire… Je vous recommande donc une sélection de 10 ouvrages hors fiction qui m’ont beaucoup plu. Tous ces livres ont été chroniqués sur le blog.

  • Du côté de l’Asie : Les évaporés du Japon est un reportage-photo fascinant sur un phénomène japonais conduisant des personnes à choisir délibérément, et avec l’aide d’entreprises de déménagement, de disparaître de la société. De ces trois titres, c’est mon ouvrage préféré et probablement le plus accessible.

Couverture Les évaporés du Japon : Enquête sur le phénomène des disparitions volontairesCouverture Urbanités coréennesCouverture Séoul, visages d'une ville

  • Histoire et biographies : si Léonard de Vinci ne m’a pas entièrement convaincue, le travail colossal réalisé par l’autrice n’en demeure pas moins impressionnant ! Quant à Cléopâtre, je ne peux que vous encourager à vous pencher dessus si cette figure historique vous intéresse. Destiné aux enfants, Rencontre avec Vercingétorix est un album dont je garde un très bon souvenir…

Couverture CléopâtreCouverture Léonard de Vinci : L'Indomptable

Couverture Nostalgie FriendsCouverture Tu sais pas quoi ?!, tome 2Couverture Grand dictionnaire des superstitions et des présages

Couverture Chats : Tout ce qu'ils essaient de  nous dire

Et vous, lisez-vous parfois autre chose que de la fiction ?

 

Throwback Thursday livresque #137 : sport

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, j’ai hésité entre deux ouvrages avant d’opter pour un titre qui me sort quelque peu des mes habitudes de lecture : #MeFoot de Lucie Brasseur.

« L’événement est historique. Vingt-huit ans après sa création, la France accueille – enfin – pour la première fois, la Coupe du monde de football féminin.

Un an après le titre retentissant de la bande à Mbappé, l’occasion est inespérée de prendre la parole sur la place des femmes au sein du sport le plus populaire de la planète. Évidemment représentative de ce qu’il se passe dans le reste de la société.

Moins diffusées, (beaucoup) moins rémunérées, moins soutenues dès l’enfance, les footballeuses en particulier, mais de manière plus générale toutes les femmes, « ont trop souvent l’impression de s’incruster dans un monde qui ne veut pas d’elles » (Mélissa Plaza, ex internationale). Les lignes bougent, lentement. À quoi pouvons-nous croire ?

Un voyage exceptionnel au cœur du foot féminin pour que l’on arrête enfin de dire aux femmes qui elles doivent être.

#MeFoot, c’est l’extraordinaire road trip dans lequel Lucie Brasseur (romancière) et l’iconique Marinette Pichon (1ère footballeuse française professionnelle) se lancent à la veille de la 1ère Coupe du Monde de Foot Féminin. Écrit à la première personne du pluriel, comme un roman d’aventure, on rit, on pleure, on tremble, on s’émeut à la lecture de ces pages. 6 pays, 30 personnalités incontournables, un livre et un documentaire qui en finissent avec les clichés. »

Pourquoi ce choix ?

Je ne m’intéresse pas vraiment au football qu’il soit sur écran ou non… Et s’il peut m’arriver parfois d’aller voir un match de l’ASSE, c’est clairement plus pour l’ambiance du Chaudron et passer un bon moment entre amis que pour le match.

Toutefois quand Lucie Brasseur m’a proposé son ouvrage, j’ai accepté sa proposition appréciant que pour une fois, on aborde le thème du football du point de vue féminin. L’autrice, à travers différentes rencontres et voyages, fait un état des lieux des inégalités entre les hommes et les femmes qui existent dans le milieu tout en soulignant l’avancée des mentalités.

Avec ce livre, j’ai appris des choses édifiantes comme cette interdiction de jouer au football qui a pesé sur les femmes ou la difficulté pour ces dernières de se consacrer entièrement à leur carrière professionnelle… Alors si évidemment, l’enjeu n’est pas une rétribution égalitaire entre les hommes et les femmes, le football masculin générant des retombées financières bien plus importantes, il serait temps que l’on donne aux femmes les moyens nécessaires pour mener à bien leur passion et leur carrière. Cela passe autant par l’arrêt des préjugés stupides qui commencent dès la cour d’école que le matériel, des salaires réévalués, ou une meilleure couverture médiatique…

Pour en apprendre plus, je vous invite à découvrir mon avis sur #MeFoot.

Et vous, connaissez-vous ce livre ?
Quel titre auriez-vous choisi ?

Throwback Thursday Livresque #114 : les couleurs – rose, violet

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine.


Cycle : les couleurs

  • Semaine 5 : noir, blanc, gris
  • Semaine 6 : jaune, orange, rouge
  • Semaine 7 : rose, violet
  • Semaine 8 : vert, marron, ocre
  • Semaine 9 : bleu

Pour ce thème, j’ai hésité entre plusieurs titres avant d’opter pour un ouvrage que j’ai très peu vu circuler sur la toile : Séoul, visages d’une ville.

dsc_06181Séoul, visages d’une ville est un essai issu du documentaire de Gina Kim Faces of Seoul
(2009, en anglais et coréen).
Le dispositif en est simple en apparence : la réalisatrice coréenne revient régulièrement à Séoul, qu’elle a quitté, pour voir sa famille, et à chaque retour, elle tourne des vidéos de ses promenades et rencontres, comme on tiendrait un journal intime. De cette masse d’images anodines et accidentelles, elle tire un montage vidéo sur lequel elle tisse un commentaire inspiré sur la ville.
Son enquête dans cette ville à la fois familière et étrangère aboutit ainsi à une méditation sur le statut de la représentation et de l’art, le souvenir, l’identité, le rapport au père. Elle y découvre qu’un film d’art et d’essai, comme une ville, une photo et toutes les formes de représentations qui ont un support physique, relient la présence du présent avec le fantasme du passé, la réalité et le désir, nous et les autres. Car les villes, comme les films et les photos, nous articulent à ce qui n’est pas nous, nous complètent et nous font nous rencontrer dans nos solitudes…

Pourquoi ce choix ?

D’abord pour la couverture très très rose ! Puis parce que je lis très peu d’essais et que je désirais donc mettre celui-ci en avant d’autant qu’il parle d’un pays que j’aimerais beaucoup visiter, la Corée du Sud, et plus particulièrement d’une ville qui me fascine, Séoul. Nous suivons ainsi la narratrice qui déambule dans la ville de son enfance et qui nous fait part de ses différentes pensées et réflexions…

En plus d’être original sur le fond, cet ouvrage l’est également dans sa forme : il s’agit de la retranscription d’un essai vidéo. Cela se traduit notamment par une très belle mise en page enrichie de différentes photos et de flash codes.

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Pour en apprendre plus sur Séoul, visages d’une ville, je vous invite à lire ma chronique dont voici la conclusion :

Séoul, visages d’une ville est un essai qui plaira à toutes les personnes curieuses de découvrir les différentes facettes de Séoul, vue par Gina Kim, dans le temps ou l’espace. Il permet une incursion intéressante et vivante dans l’esprit d’une femme qui, sans se perdre dans un passé révolu, prend le temps d’observer, de confronter la Séoul de ses souvenirs avec celle du présent et d’en tirer des réflexions parfois teintées de philosophie, mais toujours très personnelles.

Et vous, ce livre vous tente-t-il ?
Quel ouvrage auriez-vous choisi ?

Urbanités coréennes : Un « spectateur » des villes sud-coréennes

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Je remercie Babelio et la maison d’édition L’atelier des cahiers pour cette découverte.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quelles questions la Corée soulève-t-elle sur l’essence de ce qui fait la ville ? En quoi l’histoire urbaine de Séoul nous instruit-elle sur notre propre conception de la modernité ? Pourquoi ne construirait-on pas des grands ensembles au cœur de la ville ? Et si le droit à une vue dégagée depuis son appartement était aussi important que la protection des vieilles pierres qui sommeillent au cœur des centres historiques ? Que nous dit de la société coréenne l’esthétique des villes, des corps qui les habitent aux monuments qui les structurent ? Des mégacentres commerciaux aux espaces marginaux des jardins potagers, quels sont les nouveaux lieux de sociabilité des citadins ?
Voilà quelques-unes des questions qui ont été chaudement débattues au cours des quatre journées du forum « Urbanités coréennes » tenu à la Cité de l’architecture & du patrimoine à Paris en avril 2016. À partir de onze films et documentaires, architectes, chercheurs et créateurs français et coréens ont interrogé les cultures urbaines en Corée, dans toute leur diversité. Cet ouvrage en restitue l’essentiel sous une forme originale.
Tout comme les Anglo-Saxons publient des « lecteurs » (readers) qui sont des anthologies de ce qu’il faut avoir lu sur une thématique particulière, nous proposons ici un « spectateur » (viewer) critique des films qu’il faut avoir vu pour comprendre la ville sud-coréenne.

  • Nombre de pages : 208 pages
  • Dimensions : 14,5 x 21 cm
  • Prix public : 22 000 wons/22 euros
  • Parution : octobre 2017

AVIS

Avant de parler du fond, il convient de parler de la forme dans la mesure où d’une part, la qualité du travail éditorial mérite qu’on s’y attarde un instant et que d’autre part, la forme et le fond de cet essai sont intrinsèquement liés. Urbanités coréennes est le troisième ouvrage de L’atelier des cahiers que je tiens en main et le deuxième que je chronique. Et j’y retrouve ce souci de publier un livre aussi intéressant qu’agréable à lire : couverture avec rabats et un effet presque cartonné, papier épais ce qui est important pour que les différentes photos du livre ne se voient pas au verso par effet de transparence, photos de qualité, contenu enrichi avec des QR codes renvoyant à des films, des bandes-annonces, des critiques cinématographiques… Tout est mis en place pour assurer une expérience de lecture complète et immersive. La seule chose que j’ai un peu regrettée et qui m’a parfois un peu frustrée, c’est que beaucoup des QR codes ouvrent des documents qui ne sont pas traduits en français ou, au moins, en anglais.

Ensuite, ce livre est original dans sa forme puisque issu du forum cinéma-sciences sociales ‘Urbanités coréennes », organisé à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris, il propose, ni plus ni moins, que de permettre de comprendre les villes coréennes par les films. Pour ce faire, les différents participants à l’ouvrage, à travers quatre grandes parties (Séoul et la grande modernité, Un imaginaire XXL : les architectures du futur, Les coulisses de la ville verticale et Jardins secrets et marges urbaines) répondent à des problématiques en rapport avec les villes coréennes en s’appuyant sur des films qu’ils résument, et surtout analysent. Sont également rapportées des discussions issues des tables rondes organisées lors du forum.

La démarche d’utiliser les films, un média populaire non pas dans son sens péjoratif, mais dans l’idée qu’il est accessible à tous, est originale. Cela permet à des personnes non-coutumières des questions d’urbanisme, et a fortiori dans une société aussi éloignée de la nôtre que la société coréenne, de s’intéresser à ce sujet sans être complètement perdues. Cette manière, volontaire ou non, de rendre ces différentes problématiques accessibles à tous est l’un des points forts de cet essai qui, malgré la diversité et la multiplicité des sujets abordés, reste relativement abordable. J’écris relativement, car certains propos ou certaines notions m’ont parfois paru un peu abstraits…

J’ai néanmoins trouvé passionnantes les analyses des films présentés dans l’ouvrage : à partir de scènes et/ou de décors, des déplacements des protagonistes… qui n’auraient pas particulièrement marqué le spectateur lambda, les auteurs arrivent à souligner l’importance de la ville ou des lieux d’habitation en tant qu’espace géographique, mais également en tant qu’élément d’organisation des relations entre les individus. Nous nous rendons alors compte à quel point une ville peut influer sur les individus que ce soit à travers les types de constructions, leur taille (grands ensembles…), la manière dont elle favorise l’émergence de quartiers prisés par certaines catégories de population, la place laissée à la nature et aux individus dans l’espace public…

A travers cet ouvrage, les auteurs montrent également que la ville est un peu le témoin du passé et des évolutions sociétales, mais aussi politiques. En fonction du contexte politique local et national, les villes peuvent ainsi se voir repensées et réorganisées. C’est d’ailleurs révoltés que nous découvrons les conséquences néfastes de l’organisation des Jeux Olympiques de 1988 à Séoul puisque cet événement international a conduit les autorités à déloger, sans solution satisfaisante de relogement, les populations les plus pauvres. C’est que cette catégorie de population, en plus de gêner les chantiers de rénovation urbains, n’était pas forcément compatible avec l’image de modernité que le gouvernement voulait donner de la Corée. Cet exemple est l’un de ceux qui m’a le plus marquée, car il montre comment des autorités peuvent rendre presque invisibles des individus « gênants » en supprimant leurs espaces dans la ville. Il faut dire que gigantesques par leurs tailles et leurs nombres d’habitants, les villes coréennes contribuent à faire rayonner cette idée de « miracle économique coréen », une image incompatible avec les laissés-pour-compte qui n’ont pas réussi à faire de ce miracle le leur.

Sans tous les énumérer ou les détailler, cet essai aborde de nombreux autres thèmes comme la question des logements sociaux, un type d’habitats qui n’existait pas jusqu’à la fin des années 1990 puisque les Coréens étaient plutôt dans un système d’entraide entre voisins. La démocratisation du pays et les événements survenus durant les JO ont marqué une évolution dans ce domaine. D’ailleurs, les villes asiatiques et ici, Séoul étonnent par leurs capacités à évoluer rapidement, les autorités n’hésitant pas à construire et à démolir au gré des besoins. Malheureusement, les changements semblent souvent résulter de logiques financières, spéculatives et politiques, et sont loin de découler des véritables besoins des habitants. Un décalage dénoncé et combattu par Chung Guyon, un architecte maintenant décédé qui plaçait l’individu au cœur de ses projets. Bien que finalement, sa philosophie et ses enseignements aient plus marqué les esprits que ses quelques réalisations, sa manière de prendre en compte les besoins des personnes pour leur proposer des constructions qu’elles peuvent s’approprier m’a beaucoup plu et m’a semblé un moyen d’atténuer l’anonymat voire la dureté des grandes villes. Et si finalement, la vision humaniste et quasi philosophique de cet homme était le devenir de la ville coréenne voire de toutes les villes ? Faire renouer le dialogue entre les politiques, les citadins et toutes ces personnes qui construisent les villes de demain ne serait-il pas, en effet, le premier pas pour que chacun puisse enfin y trouver sa place ?

En conclusion, avec un taux d’urbanisation de 85%, on comprend aisément que la question des villes coréennes est un sujet à la hauteur de ce pays, c’est-à-dire complexe et passionnant. A travers des films coréens, leurs analyses et l’intervention de différents professionnels, les auteurs vous proposent un ouvrage qui offre une plongée dans les villes d’un pays qui demeure encore trop peu connu en France. D’un abord simple bien que parfois peut-être trop abstrait, cet essai devrait plaire aux amateurs d’architecture et à ceux qui s’intéressent à la question de l’aménagement des territoires, mais aussi aux simples curieux qui aiment à découvrir d’autres pays.

Et vous, envie de vous laisser tenter par Urbanités coréennes ?

Séoul, visages d’une ville de Gina Kim

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Je remercie Babelio et les Ateliers des cahiers pour Séoul, visages d’une ville de Gina Kim.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Séoul, visages d’une ville est un essai issu du documentaire de Gina Kim Faces of Seoul
(2009, en anglais et coréen).
Le dispositif en est simple en apparence : la réalisatrice coréenne revient régulièrement à Séoul, qu’elle a quitté, pour voir sa famille, et à chaque retour, elle tourne des vidéos de ses promenades et rencontres, comme on tiendrait un journal intime. De cette masse d’images anodines et accidentelles, elle tire un montage vidéo sur lequel elle tisse un commentaire inspiré sur la ville.
Son enquête dans cette ville à la fois familière et étrangère aboutit ainsi à une méditation sur le statut de la représentation et de l’art, le souvenir, l’identité, le rapport au père. Elle y découvre qu’un film d’art et d’essai, comme une ville, une photo et toutes les formes de représentations qui ont un support physique, relient la présence du présent avec le fantasme du passé, la réalité et le désir, nous et les autres. Car les villes, comme les films et les photos, nous articulent à ce qui n’est pas nous, nous complètent et nous font nous rencontrer dans nos solitudes…

  • Parution : 10 novembre 2017
  • Nombre de pages : 128
  • Prix : 18€

TRAILER DU FILM

AVIS

Bien que ce ne soit pas une couleur pour laquelle j’ai beaucoup d’appétence, le rose de la couverture attire indéniablement l’œil tout comme ce visage qui se dessine en filigrane. C’est donc avec plaisir et curiosité que l’on se plonge dans cet ouvrage qui bénéficie d’un travail d’édition des plus soignés : papier épais et de qualité, format facile à prendre en main, texte aéré et mis en valeur…

La structure même du livre, simple mais efficace, concourt à rendre l’expérience de lecture plaisante. En effet, elle suit toujours le même schéma : on part d’un titre qui se réfère souvent à un lieu, puis l’auteur partage ses souvenirs, ses ressentis et ses pensées en deux ou trois pages. Chose intéressante, le texte est proposé dans sa version coréenne sur la page de gauche et dans sa version française sur la page de droite. Je ne parle pas coréen, mais je ne suis pas insensible à cette démarche.

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En fin d’ouvrage, vous retrouverez également le texte intégral en anglais, la langue d’adoption de l’auteure qui vit dorénavant aux États-Unis, accompagné de flash codes.

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Le livre est, en outre, émaillé d’images tirées du film de Gina Kim.

Pour ma part, j’ai aimé cette impression de flou qui se dégage de ces images quand vous les regardez de près, un peu comme si chacune d’entre elles était voilée par la propre vision de l’auteure. D’ailleurs, quand on prend de la distance, les images n’en deviennent que plus nettes.

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L’important ici ne semble pas l’image en soi, mais l’impression qu’elle laisse chez le lecteur, et les émotions qu’elle fait ressurgir. Les images créent ainsi une sorte de lien entre Gina Kim, l’observatrice de la mémoire du passé et du temps présent, et le lecteur, observateur des pensées d’une femme qui, forte de son vécu et de ses émotions,  se livre à nous.

Ceci est d’autant plus vrai que nous ne sommes pas dans un reportage sur la Corée et ses évolutions, du moins, pas seulement, nous sommes plutôt ici dans un essai portant la voix de cette femme qui, caméra au poing, arpente les rues et lieux de son enfance. Cette déambulation sur les traces de son passé l’amène à questionner ses souvenirs et de facto, sa mémoire, et à regarder, sous un jour nouveau, tous ces lieux et espaces jadis fréquentés.

En ressortiront un certain nombre de réflexions personnelles et une introspection que l’auteure partage avec les lecteurs sans retenue. Cette intrusion dans sa tête se fait naturellement sans avoir l’impression de jouer aux voyeurs.  Cela s’explique peut-être parce que si elle parle du passé, Gina Kim évite l’écueil de la nostalgie chagrine qui fait regretter ce qui fut sans apprécier ce qui est. On la suit donc avec plaisir et intérêt dans son voyage autant physique que mental.

Je lis peu d’essais et ai donc craint, avant de me lancer dans cet ouvrage, de ne pas accrocher au texte ou de ne pas tout saisir. Fort heureusement, le style vivant et concis de l’autrice apporte une telle fluidité dans la lecture que mes craintes quant à ma faculté de compréhension se sont envolées aussi vite qu’elles étaient apparues. Les réflexions parfois philosophiques de l’auteure restent, en effet, très claires et facilement compréhensibles que vous soyez amateurs de textes teintés de philosophie ou non. J’aurais d’ailleurs aimé que Gina Kim aille un peu plus loin dans ses réflexions, qu’elle étaye un peu plus sa pensée. Mais cela aurait peut-être nui à la fluidité de l’ouvrage…

Si j’ai aimé suivre le cheminement des pensées de l’auteure, ce sont surtout les liens qu’elle fait entre les différents endroits de son enfance qu’elle visite dans le cadre de son film et l’histoire coréenne qui  m’ont conquise. La Corée du Sud étant un pays encore assez peu connu en France et son histoire quasiment ignorée par la plupart d’entre nous, ce fut un réel plaisir d’en apprendre plus sur différents événements marquants comme l’effondrement d’un immeuble, une révolution réprimée dans le sang ou encore, les traces dans la mémoire collective de la colonisation japonaise. D’ailleurs, j’ai retrouvé chez l’auteure cette blessure quant à ce passé de colonisé que j’ai eu l’occasion de voir chez des amies coréennes. Je dois cependant avouer avoir été un peu frustrée, car cet essai n’étant pas un essai historique, l’auteure ne fait qu’effleurer ces sujets. Si en apprendre plus sur l’histoire coréenne vous intéresse, il vous faudra donc compléter cette lecture par d’autres ressources.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture, mais j’aurais souhaité découvrir pourquoi l’auteure a choisi de visiter tel quartier plutôt qu’un autre et quel cheminement de pensée l’a conduite à nous proposer sa visite dans cet ordre précis. Avec ce livre et sans plus d’explications, il m’a été impossible de dégager un axe conducteur qui relierait les endroits visités les uns aux autres ou les pensées entre elles. Mais finalement, cela semble assez logique puisque la pensée a cette merveilleuse faculté de gambader sans que notre volonté n’y puisse grand chose. Il en résulte ce que nous propose ici l’auteure, des instants de vie et des idées simplement saisis au vol.

En conclusion, Séoul, visages d’une ville est un essai qui plaira à toutes les personnes curieuses de découvrir les différentes facettes de Séoul, vue par Gina Kim, dans le temps ou l’espace. Il permet une incursion intéressante et vivante dans l’esprit d’une femme qui, sans se perdre dans un passé révolu, prend le temps d’observer, de confronter la Séoul de ses souvenirs avec celle du présent et d’en tirer des réflexions parfois teintées de philosophie, mais toujours très personnelles.

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Site de l’auteure

Et vous, envie de craquer pour Séoul, visages d’une ville ?

Mer en silence, Oussama Bentaleb

Je remercie les Éditions du Panthéon de m’avoir proposé l’essai d‘Oussama Bentaleb : Mer en silence. Je les remercie de leur confiance d’autant plus que ce n’est pas un genre que j’ai beaucoup chroniqué sur le blog, mais que je prends toutefois toujours plaisir à lire.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Le bonheur est une notion variable, de la variation de la couleur d’un caméléon ; elle diffère d’une personne à l’autre et dépend de nos ambitions et de nos espérances, de l’idée primitive qu’on se fait de notre avenir, des principes qu’on se forge à l’issue de notre éducation et de notre expérience et principalement de la façon selon laquelle nous concevons le bon déroulement des choses. »

Aussi brute qu’alambiquée, à la fois bouillonnante et paisible, tour à tour fougueuse et sereine. Contrasté dans tout ce qui fait la beauté d’une plume nouvelle, le style d’Oussama Bentaleb frémit de l’effervescence du jeune homme et répond déjà de la sagesse du plus ancien. Riche d’idées et de partage, il nous offre un foisonnement de pensées, de réflexions et de sentiments qui témoignent de son âme déjà bien érodée.

Sous couvert d’une fausse naïveté, son propos n’en est que plus sincère. Appel universel à l’espoir, au contentement et à la satisfaction, il met en relief certains sujets qui lui tiennent à cœur et lui apparaissent d’une nécessité décisive. Prônant la méditation, l’auteur se fait médiateur : de manière poétique, imagée et bien vivante, il joint la douceur stylistique à la réflexion.

  • Date publication :
  • Nombre de pages : 104
  • Prix : 11.90€
  • Autre format : ebook

AVIS

Je suis tombée d’emblée sous le charme de la plume de l’auteur dont la maitrise de la langue française est indéniable et très agréable.  En découvrant son jeune âge (17 ans), je dois d’ailleurs dire que j’ai été fortement impressionnée par la maturité de son écriture et sa manière de tirer le meilleur parti des mots pour soutenir sa réflexion et étayer ses pensées.

De manière parfois éthérée, parfois plus ancrée dans la réalité, il nous invite ainsi à le suivre dans le cheminement de ses réflexions et de ses raisonnements. Pour ce faire, il use d’un procédé simple, mais original et surtout très efficace pour rendre la lecture rapide et fluide : dans chaque chapitre, il part d’une citation d’un écrivain ou d’un penseur pour se livrer ensuite en quelques pages. Je connaissais certaines des citations quand j’en ai découvert d’autres, mais elles partagent toutes un point commun, celui d’être particulièrement inspirantes. A cet égard, j’ai retrouvé avec plaisir les propos maintenant bien connus de Rabelais (Science sans conscience n’est que ruine de l’âme) ou encore de Montesquieu (Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste). Bien que datant d’une autre époque, elles gardent une sorte d’intemporalité et d’universalisme qui leur permettent toujours de faire écho en nous et de questionner nos sociétés.

Les différentes citations du livre semblent avoir été choisies avec soin et permettent à l’auteur d’introduire naturellement sa réflexion sur des sujets divers et variés : la question de la vie et de la mort, la notion de bonheur, la relation au travail et le culte de la performance, le sens de la vie, la question de la femme au sein de la société, la liberté, le concept de démocratie, la relation ou plutôt la non-relation entre sagesse et âge… La pluralité des thèmes abordés, de manière souvent philosophique, permettra à chacun de se sentir concerné à un moment donné. Pour ma part, j’ai lu avec intérêt les propos de l’auteur, en essayant de me débarrasser du carcan de mon éducation et de ma personnalité, pour me recentrer sur sa pensée. Une « objectivité » dans ma lecture qui ne m’a pas empêchée par la suite d’analyser les propos de l’auteur sous le prisme de mes convictions. C’est ainsi que si je me suis retrouvée dans certaines de ses idées, d’autres m’ont moins convaincue. Mais ce qui est certain c’est qu’Oussama Bentaleb réussit, à travers le fruit de sa réflexion, à nous faire réfléchir et à nous pousser à suivre le chemin parfois sinueux de nos pensées. Il en résulte de ce travail d’introspection et de réflexion, un débat intérieur intéressant qui vous confortera dans vos idées ou au contraire, vous poussera à les bousculer ou, du moins, à les remettre en perspective.

J’ai apprécié ce recueil de pensées à l’écriture riche, mais je pense qu’il ne conviendra pas forcément à tous les lecteurs. Ses qualités que j’ai, en partie, exposées plus haut pourront être autant de défauts pour certains. L’auteur ne cache pas son attrait pour les « intellectuels » et cela se ressent automatiquement dans sa manière d’aborder les différentes problématiques qu’il expose. Cela peut plaire comme déplaire voire horripiler si vous êtes un adepte des textes concrets. Je le conseillerais donc plus volontiers à des personnes aimant les auteurs au style complexe qui aiment à manier les mots de manière à les rendre source d’inspiration, de réflexion, mais aussi d’interrogation. Le lecteur se retrouve ainsi parfois dans la position de s’interroger sur ce qu’il lit, l’agencement très imagé des mots lui demandant de prendre le temps de bien en saisir le sens et la profondeur. En cela, je trouve le titre très bien choisi, le texte appelant au silence et à prendre un certain recul pour se l’approprier. Le livre dégage en outre une aura de sérénité qui offre au lecteur un moment hors du temps qui n’est pas sans rappeler ce que l’on peut ressentir devant le bleu apaisant de grandes étendues d’eau.

Enfin, la seule chose qui m’a un peu moins convaincue dans ce livre est qu’en privilégiant le « nous » au détriment du « je », qui me semble préférable dans le cadre d’un essai, l’auteur prend le risque de tomber parfois dans la généralisation faisant de son cadre de réflexion un cadre universel.

Pour conclure, je garderai de ma lecture de Mer en silence le sentiment d’être allée à la rencontre d’un auteur à l’esprit affûté dont la maturité n’a pas attendu l’âge, mais surtout d’un amoureux des livres, de l’écriture et de la pensée. Si vous aimez les textes bien écrits, riches et empreints de philosophie qui vous poussent à réfléchir, ce livre devrait vous plaire.

Envie de découvrir Mer en Silence ?