La fille fantôme, Bérengère Berte

Couverture de La fille fantôme par Bérengère Berte

Je remercie Bérengère Berte de m’avoir permis de découvrir La ville de l’étrange – La fille fantôme.

Zoé, douze ans, vient tout juste de déménager dans une ville au bord de la mer. Elle est impatiente de tout découvrir et de se faire de nouvelles copines. Mais voilà qu’elle entend des bruits inquiétants la nuit et qu’on la met en garde contre une fille étrange. Et si leur nouvelle maison était hantée?

Auto-édition (4 août 2018) – 72 pages – Pour les 9-12 ans

AVIS

C’est avant tout le titre qui a attiré mon attention appréciant les histoires de fantôme, notamment dans la littérature jeunesse. Ici, nous découvrons Zoé, une enfant de 12 ans qui vient d’emménager avec son grand frère, Mathis, et sa mère dans une nouvelle ville. Qui dit emménagement, dit nouvelle demeure, nouveau collège, et nouvelles amies !

De grands changements plutôt ordinaires, à l’inverse des phénomènes étranges qui semblent se dérouler entre les murs de la nouvelle maison de Zoé : des formes évanescentes, des coups portés à la porte de sa chambre durant la nuit et toujours à la même heure, des messages d’appel à l’aide… Même Mathis semble avoir remarqué quelque chose même s’il préfère faire la politique de l’autruche plutôt que d’affronter ces effrayants et inhabituels phénomènes.

La maison serait-elle hantée ? La jeune fille, d’un naturel curieux, se lance dans une enquête afin de comprendre le fin mot de l’histoire et, si possible, filmer l’éventuel fantôme. En effet, passionnée de vidéos, elle filme tout ce qu’elle peut… Et il faut bien admettre que des phénomènes paranormaux font un superbe sujet de reportage !

En plus de l’aspect fantastique que j’ai beaucoup apprécié et que j’ai trouvé très bien dosé, une large place est accordée à l’amitié, à l’acceptation de soi, aux non-dits, aux disputes et aux premiers pas vers la réconciliation. Les relations entre les personnages sont touchantes et l’on prend plaisir à suivre Zoé dans sa volonté de se faire de nouvelles amies dans son nouveau collège et de briser la carapace de sa très discrète et fuyante voisine.

Férue de littérature et introvertie, Seph est un personnage qui m’a particulièrement émue et dont j’ai apprécié de découvrir le passé, et notamment l’épreuve qui l’a poussée à rompre les liens avec ses anciennes camarades. Je ne vous en dirai pas plus sous peine de vous spoiler l’intrigue, mais je me suis sentie très proche d’elle, de sa personnalité et de son histoire. À cet égard, un gros bravo à l’autrice d’avoir su aborder, avec beaucoup de justesse, l’introversion trop souvent confondue avec la timidité, bien que les deux ne soient pas incompatibles. Introvertie moi-même, je pense qu’enfant, j’aurais apprécié d’avoir enfin un personnage auquel m’identifier, du moins en partie.

L’évolution de la jeune fille est frappante et bien amenée. D’abord fuyante, Seph va apprendre, avec l’aide de Zoé, à enterrer le passé pour aller de l’avant et s’ouvrir aux autres. Quant à Zoé, c’est une enfant dynamique, courageuse et intelligente à laquelle il est bien difficile de ne pas s’attacher. D’ailleurs, elle réussira très vite à nouer de nouvelles amitiés et à réunir des amies restées bien trop longtemps séparées… Seph et Zoé forment un duo complémentaire que je serais ravie de retrouver un jour ou l’autre dans de nouvelles aventures !

L’écriture de l’autrice est plaisante, fluide et travaillée tout en demeurant très accessible. La présence de nombreux dialogues apporte, en outre, pas mal de rythme à une histoire dans laquelle on s’immerge avec plaisir d’autant que sous couvert de fiction, des thèmes importants sont abordés…

En conclusion, La fille fantôme est un très sympathique roman jeunesse qui devrait plaire aux lecteurs, jeunes et moins jeunes, autant pour les personnages auxquels ils pourront s’attacher que l’ambiance fantastique teintée de mystère. Bien écrit et plutôt rythmé, voici un roman parfait pour ressentir de doux et légers frissons et faire le plein de belles émotions.

Retrouvez le roman sur Lulu ou Amazon.

Mini-chroniques en pagaille #21 : variation autour du petit (Challenge Un mot, des titres)

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Toutes ces lectures ont été réalisées dans le cadre du Challenge Un mot, des titres organisé par Les lectures d’Azilis. Le but est de partager son avis un jour donné en fonction d’un mot que l’on doit retrouver dans le titre d’un livre. Pour ma première participation, j’ai choisi plusieurs petites lectures autour du mot de la session : petit(e)(s).

  • Petit maboule de Charlotte Mondlic (Thierry Magnier Éditions) :

On découvre un jeune narrateur qui se prend d’une soudaine envie de faire des bêtises. Pas par méchanceté, mais parce qu’il en a envie tout simplement ! Il ne ressent aucune culpabilité malgré les éventuelles conséquences pour les autres. Cela commence par une tache d’encre sur le pull d’une camarade qui n’avait rien demandé puis un méfait qui, cette fois, ne restera pas impuni… Trop, c’est trop, notre petit fauteur de troubles est convoqué chez la directrice puis conduit, par son père, chez une personne habilitée à faire le point sur ce soudain changement de comportement.

L’autrice, à travers un court mais percutant roman, aborde une épreuve que beaucoup d’enfants ont dû ou devront traverser. Il n’est point question ici de condamner ni d’excuser, mais de comprendre ce qui se cache derrière des actes qui résonnent très fort comme un appel à l’aide. Un appel à l’aide maladroit, mais qu’il est nécessaire d’écouter et d’accompagner notamment par un professionnel quand la situation, comme ici, l’exige. La parole est libératrice et une fois les mots posés sur les maux, la vie peut reprendre son cours…

  • Mon p’tit vieux de Jo Hoestlandt (Mini Syros) :

Dans un langage très familier, le roman étant narré du point de vue d’un garçon allant fêter ses dix ans, l’auteur évoque la vie dans un immeuble de cité, avec les copains, les abrutis à savoir ceux qui ne sont pas des copains, la famille, les voisins parfois un peu craignos (vous auriez l’idée de balancer une télé depuis votre fenêtre vous ? ) et… le p’tit vieux !

Le vieux qui pue, qui est bizarre, qui est méchant, dont on se permet de gribouiller la boîte aux lettres et de se moquer au quotidien. Il faut dire que le bougre ne semble pas y mettre du sien pour s’attirer la sympathie des jeunes du quartier. À part râler, négocier pour ne pas payer la peau des bananes, se goinfrer de chocolat dans les rayons d’un magasin et acheter des boîtes pour son chat, que fait-il de ses journées le vieux de toute manière ?

Si j’ai eu du mal avec le langage, la fin du roman m’a touchée parce qu’elle met en exergue cette solitude souvent associée au troisième âge. On comprend que derrière des comportements étranges et peu avenants peut se cacher une dure réalité, et qu’avec un petit mot et un minimum d’attention, la situation aurait pu être autre. Mais comme dans la vraie vie, il est parfois trop tard, et quand le pire survient, ne restent que les regrets et la culpabilité.

Un texte brut pour un sujet de société difficile, la solitude des plus âgés, qui ne devrait pas manquer de faire réfléchir les lecteurs de tout âge.

  •  Les 7 sept petites mains de Lee Young-Kyung (les éditions du Pépin) :

Lee Young-Kyung - .

Je ne dirai que quelques mots sur ce joli album illustré par Lee Young-Kyung qui met en couleurs et en images une ancienne légende coréenne. C’est un véritable plaisir de se plonger dans ces illustrations traditionnelles pleines de charme et de se laisser envoûter par la richesse des détails, notamment au niveau des vêtements.

Alors qu’une jeune couturière se repose, ses sept fidèles amies (Dame mètre, Mademoiselle Ciseaux, Dame Aiguille, Dame fil, Grand-mère Dé, Mademoiselle Petit Fer et Mademoiselle Grand Fer) commencent à se chamailler, chacune étant persuadée d’être la plus importante dans un travail de couture… Mais la vérité va finir par les rattraper : le rôle de chacune est précieux et indispensable, et c’est dans l’harmonie que naissent les plus beaux habits !

Une jolie morale pour un petit album que l’on prendra plaisir à parcourir et à admirer.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

Les Brumes de Cendrelune – Le jardin des âmes, Georgia Caldera #PLIB2020

J’ai lu Les Brumes de Cendrelune dans le cadre du PLIB2020. Un roman qui fait partie de mes 5 sélectionnés.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans le royaume de Cendrelune, les dieux épient les pensées des hommes, et leur Exécuteur, l’Ombre, veille à condamner tous ceux qui nourriraient des envies de rébellion. Or, il semble que certaines failles existent. À l’âge de 17 ans, Céphise ne vit en effet que pour se venger. Depuis qu’on l’a amputée d’une partie d’elle-même et privée de sa famille, elle ne rêve plus que d’une chose : s’affranchir de la tyrannie du tout-puissant Orion, Dieu parmi les dieux. Et contre toute attente, il se pourrait qu’elle ne soit pas seule…

J’AI LU (2 octobre 2019) – 349 pages – 13,90€ – #9782290165614

AVIS

Je ne m’attendais pas à adhérer autant à la plume de l’autrice qui, dès les premières pages, a su m’embarquer dans son univers. Un univers sombre et violent dans lequel les habitants sont à la merci de l’Empereur-Dieu Orion. Un être au-dessus de tous, humains et autres déités compris, omniscient, omniprésent et sans cœur. Il n’hésite ainsi pas à asservir, à espionner les pensées de chacun et à faire tuer chaque semaine les personnes qui pourraient, dans le futur, se rebeller. Des meurtres préventifs qui ne peuvent que révolter…

C’est dans ce climat de peur que Céphise voit sa famille détruite, ses parents assassinés, et son frère enrôlé de force dans l’armée avant elle-même de subir les foudres de l’Ombre. Le Premier Exécuteur d’Orion punit ainsi la jeune fille pour les insultes émises par son père. Mutilée, Céphise devient alors une Rapiécée, une moins-que-rien dont une partie des membres est remplacée par des prothèses de métal. Comment alors ne pas comprendre son envie de vengeance ? Un sentiment qui l’a guidée durant les années qui ont suivi ce terrible traumatisme et qui l’ont endurcie jusqu’à ce qu’un événement, celui de trop, la fasse craquer et la pousse à s’attaquer à un être bien plus puissant qu’elle. Mais contre toute attente, en croisant le regard de l’Ombre, ce n’est pas la mort qu’elle rencontre, mais un tout autre monde qui s’offre à elle… et à lui. Un monde qui soulève de nombreuses questions, mais que je vous laisserai le plaisir de découvrir par vous-mêmes.

Alors que l’autrice alterne les points de vue, on entre de plain-pied dans ce monde sombre et ultraviolent dans lequel aucune erreur ni mauvaise pensée envers les dieux ne sont permises. Mais petit à petit, les choses nous semblent bien plus complexes et moins binaires qu’il n’y paraît. Les méchants, le sont-ils tous vraiment ou leurs agissements, du moins en partie, ne sont-ils pas dictés par les circonstances et le poids d’une dictature qui a faussé leur sens moral ? Une question que l’on vient obligatoirement à se poser en suivant le parcours de l’Ombre, un être hybride abject qui n’hésite pas à tuer toutes les personnes que son père lui ordonne de faire passer de vie à trépas. De fil en aiguille, l’image du monstre finit néanmoins par se déliter au profit de celle d’un être isolé, perdu, victime de pouvoirs qui le dépassent et qui anéantissent tout sur leur passage quand ils ne sont pas maîtrisés.

Sous le joug de son père, maître et Dieu, ses émotions sont comme anesthésiées et remplacées par un sens aigu du devoir qui le pousse à tuer sans sourciller. Mais la situation va changer quand il découvrira sa connexion inattendue et inexplicable avec une simple humaine, Céphise. Comment expliquer que l’Ombre, qui déteste les humains, va tout faire pour la protéger alors qu’il vient à peine de la rencontrer ? Il n’en sait rien lui-même, mais est bien décidé à le découvrir même si Céphise ne semble pas prête à lui faciliter la tâche. Courageuse, têtue, et mue par une haine sans pareille à son égard, cette jeune femme ne peut qu’attirer le respect des lecteurs bien que ses agissements semblent parfois manquer de réflexion. Mais difficile de lui en tenir rigueur au regard de tout ce qu’elle a dû traverser et de la terreur que cette vie de captive auprès de l’Ombre lui inspire. La jeune femme, en plus d’avoir une grande force de caractère, vous réserve également quelques surprises… 

Si l’univers développé par l’autrice avec sa mythologie et cette idée d’un Dieu-Empereur impitoyable dominant le monde est fascinant et très bien construit, force est de constater que c’est bien la relation entre l’Ombre et Céphise qui rend le roman aussi addictif. De fil en aiguille, leur relation évolue, chacun découvrant les faiblesses de l’autre sans pour autant que nous ayons l’impression de tomber dans une relation niaise ou malsaine. À ce stade de l’histoire, la haine est encore bien présente, Céphise ne pouvant pardonner la mort des siens et de milliers de personnes innocentes à l’Ombre juste parce que derrière le masque de froideur, se cache un être avec ses propres douleurs.

Un aspect que j’ai apprécié et qui sonne résolument juste. C’est probablement la raison pour laquelle mon cœur de lectrice a souvent été partagé vis-à-vis de l’Ombre qui se révèle d’une prévenance et d’une grande gentillesse envers Céphise tout en étant la personne responsable de tous ses malheurs. Évidemment, le Premier Exécuteur n’est qu’un outil de mort au service d’Orion qui l’a éduqué et façonné pour le rendre froid et implacable, mais le poids de l’éducation excuse-t-il pour autant ses agissements ? Une question qui se pose d’autant qu’aux côtés de Céphise, l’Ombre s’adoucit et gagne en humanité. Une évolution particulièrement bien amenée qui rend le personnage très touchant, ce qui explique peut-être que la fin m’ait tellement marquée et donné envie de me jeter sur la suite.

Les personnages secondaires se révèlent également intéressants et plutôt nuancés à l’instar d’Héphaïstos, demi-frère de l’Ombre qu’il déteste. Ce dieu m’a touchée notamment pour sa totale dévotion envers une autre personne… Je n’en dirai pas plus sur ce personnage afin d’éviter de vous spoiler, mais je peux néanmoins vous révéler que c’est peut-être celui qui m’a le plus surprise. On sent un réel potentiel autour de ce dernier, et je croise les doigts pour qu’il prenne encore plus d’importance dans la suite de la trilogie que je continuerai d’ailleurs avec plaisir.

En conclusion, je m’attendais à une lecture sympathique et distrayante, je me suis retrouvée avec un livre que j’ai dévoré et qu’il m’a été presque douloureux de lâcher chaque soir. D’une plume immersive, rythmée et non dénuée de poésie, Georgia Caldera nous plonge avec force dans un univers sombre et violent dominé par les dieux et leur implacable manque d’humanité. Mort, asservissement, doutes, peur, mais aussi espoir et révélations marqueront votre lecture en même temps que le métal froid et implacable de la vengeance… Les astres se sont rencontrés, la toile du destin est altérée et le vent de la révolte commence enfin à souffler !

Retrouvez un extrait/le roman sur le site des éditions J’ai lu pour elle.

 

Friends, Marie-Charlotte François

Friends - tome 1 par [François, Marie-Charlotte]

Je remercie NetGalley et Hachette pour m’avoir permis de découvrir Friends de Marie-Charlotte François.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jade, 17 ans voit sa vie basculer à la mort de sa mère. Obligée de changer d’air, elle déménage avec son père.
Elle doit tout quitter : ville, maison, amis… Tout quitter pour refermer les blessures du passé et bâtir un nouveau futur, rempli de bonheur.
Elle déchante cependant vite lorsqu’elle découvre quelle doit cohabiter avec Cameron, 18 ans, aussi insupportable que sa petite amie, Lucie.
Face à cet horrible duo, pas facile de se reconstruire.

Hachette Romans (8 janvier 2020) – 512 pages – Broché (18€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Si vous avez lu mon article sur mes résolutions livresques, vous vous souvenez peut-être que j’avais des envies d’ailleurs, des envies de découvrir d’autres genres que ceux que j’affectionne d’ordinaire. C’est dans cet esprit que j’ai attaqué cette romance Young Adult qui, bien qu’emplie de clichés, m’a permis de passer un bon moment de détente.

Le scénario ne brille pas par son originalité, mais il n’en demeure pas moins efficace : un an après la mort de sa mère, Jade déménage avec son père chez un ami de ce dernier. Et surprise, si cet ami est adorable, son fils, quant à lui, est un véritable goujat. La première rencontre entre Jade et Cameron s’est d’ailleurs révélée explosive ! Pourtant, au fil des disputes et des mouvements d’humeur de chacun, les deux adolescents se rapprochent et tissent des liens.

Mais ce n’est pas encore le grand amour avec un grand A : Cameron, en plus d’alterner le chaud et le froid, est en couple avec Lucie, le stéréotype de la garce obnubilée par les fêtes, son image et son mec qu’elle traite plus comme un accessoire de mode que comme un être humain. Quant à Jade, elle a bien du mal à se remettre de sa rupture avec un mec qui a passé son temps à la tromper. Il y a des gens qui aiment se faire du mal !

Entre ces personnages, virevoltent Louis, le meilleur ami de Cameron, et Pauline, la meilleure amie de Jade. Stéréotype de la copine un peu fofolle qui s’assume et qui n’hésite pas à secouer Jade quand elle se perd dans ses ruminations, Pauline apporte un vent de fraîcheur dans l’histoire. On suit donc, au gré des pages, les aventures de la bande d’adolescents entre fêtes, sorties au restaurant et à la plage, séances de piscine, baisers, menaces, disputes, petits drames adolescents…

Si j’ai regretté une certaine vulgarité de la part de Cameron,  force est de constater que cela convient assez bien au personnage. Dur, blessant et cassant avec Jade, il peut également se montrer attendrissant et charmant quand il décide de laisser parler ses émotions, ce qui n’arrive pas si souvent que cela. Il faut dire qu’une expérience traumatisante l’a radicalement changé… L’autrice joue une bonne partie du roman sur le mystère entourant ce traumatisme, ce qui apporte un suspense bienvenu !

Quant au côté bad boy de Cameron, je l’ai trouvé raisonnable et acceptable. Le jeune homme a tendance à avoir un problème de gestion de la colère et des sentiments, mais son comportement ne dépasse jamais la ligne rouge qui l’aurait rendu, à mes yeux, simplement et définitivement détestable. Il conserve donc une part de fragilité, ce qui ne manquera pas de faire craquer Jade à son corps défendant…

Jade attire assez rapidement la sympathique même si elle n’est pas parfaite et peut se révéler parfois agaçante, notamment vis-à-vis de son inconstance face à Cameron.  Je comprends que l’intérêt du roman réside dans le jeu du chat et de la souris entre les deux personnages, mais j’ai toutefois été étonnée que le deuil de la jeune fille ne soit pas plus évoqué… On évite au moins le pathos d’autant que sous ses airs de gentille fille, Jade a également de la répartie et n’hésite pas à ruer dans les brancards en cas de besoin, voire à attaquer si elle se sent acculée.

J’ai apprécié de voir la relation entre Jade et Cameron se tisser entre attirance physique et répulsion devant des comportements parfois enfantins et immatures de la part de Jade, et grossiers et méchants de la part de Cameron. Trentenaire, je n’ai pas réussi à m’identifier au couple d’autant que personnellement, un mec qui me rabroue en fonction de son humeur a peu de chance de m’attirer physiquement… Mais je pense que le couple pourra plaire aux adolescent(e)s et aux amoureux de romances mouvementées dans lesquelles les personnages se vouent autant d’amour que d’inimitié.

Le scénario, s’il est cousu de fil blanc, a néanmoins su m’étonner par une révélation inattendue et plutôt brutale d’autant qu’elle remet en perspective une bonne partie du livre. Comme quoi, les apparences sont parfois trompeuses et les blessures d’amour propre peuvent pousser à bien des extrêmes. J’aurais juste un bémol sur un acte illégal et horrible qui n’a pas été sanctionné même si je reconnais que dans la vraie vie, le coupable aurait également eu toutes les chances de passer à travers les mailles de la justice…

Quant à la plume de l’autrice, assez simple, elle n’en demeure pas moins fluide et agréable avec un côté très américain qui m’a donné l’impression de lire une histoire se déroulant outre-Atlantique. Les nombreux dialogues, en plus de dynamiser le récit, apportent également un certain réalisme, ce qui permet aux lecteurs de s’imaginer facilement intégrer la bande d’amis et partager ses sorties et (més)aventures.

En conclusion, Friends est un roman qui se lit très vite notamment en raison de la plume assez fluide et addictive de l’autrice, et de l’intérêt que la relation entre deux personnages à la forte personnalité ne devrait pas manquer d’éveiller en vous. La présence de nombreux clichés pourra, quant à elle, séduire les personnes à la recherche d’une romance facile à lire et dont les grandes étapes sont balisées. En revanche, si vous êtes en quête d’originalité, je ne suis pas certaine que ce titre soit fait pour vous…

 

Narcisse versus Lollaloca, Pascale Leconte

Je remercie Pascale Leconte pour m’avoir permis de découvrir son roman jeunesse, Narcisse versus Lollaloca.

PRÉSENTATION AUTEUR

Récit du passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Comment être heureux malgré nos doutes, nos questionnements sur nous-mêmes afin de trouver notre place dans cette société ? « Elisa Lallie est invitée à suivre une formation dans un village dont elle n’a jamais entendu parler… En pénétrant dans ce lieu haut en couleur, Elisa découvre un endroit où les habitants affichent leurs différences avec panache. »

Auto-édition (31 octobre 2017) – 331 pages – Broché (10,55€)
À partir de 12 ans – Illustré par Martin Trystram et son fils Lullaby

AVIS

Après l’excellent Jack L’Éventreur n’est pas un homme que je vous invite à découvrir si ce n’est pas encore fait, Pascale Leconte quitte le monde l’horreur pour celui de la jeunesse et de la quête d’identité. À dix-huit ans, âge charnière auquel on n’est plus un enfant, mais pas vraiment encore un adulte, comment décider quoi faire de sa vie ? Une question qui perturbe Elisa Lallie qui végète en attendant le mois de septembre. Mais alors que son avenir s’annonçait désespérément vide, la jeune femme reçoit une étrange invitation pour suivre une mystérieuse formation dans un village dont personne ne semble connaître l’existence !

Après avoir hésité, Elisa finit par accepter cette formation qui tombe à point nommé d’autant que cela lui permettra de prendre un peu de distance avec son père plus intéressé par les programmes télé que par sa fille unique. Seule sa grand-mère va lui manquer, mais elle pourra heureusement la revoir les week-ends. Elisa est dans le noir complet quant à ce qu’on lui réserve sur place tout comme les lecteurs qui découvrent à ses côtés l’étrange village dont j’ai adoré la philosophie et l’éthique de vie.

Vous connaissez le fameux slogan de McDonald’s « Venez comme vous êtes » ? Parce que ces quelques mots résument à merveille l’essence même de ce lieu qui ne ressemble à nul autre pareil. Ici, point de faux-semblants, aucun besoin de se fondre dans le moule, aucun jugement de valeur… la seule chose qui vous est demandée est d’être vous et simplement vous. Pas si simple quand on a été confronté des années durant à une société prônant une certaine standardisation et un conformisme rassurant, mais cela n’empêchera néanmoins pas Elisa de se faire rapidement à la situation. J’aurais d’ailleurs peut-être apprécié qu’elle soit un peu plus déroutée, mais sa faculté d’adaptation reste cohérente avec l’intrigue. En effet, elle n’a pas été choisie au hasard et il est fort probable que sa sélection provienne de son potentiel à explorer elle-même les différentes facettes de sa personnalité…

Dans cette nouvelle vie teintée d’exubérance et d’extravagance, la jeune femme sera épaulée par ses nouveaux amis hauts en couleur et plutôt différents les uns des autres. Elle fera également la rencontre d’un jeune homme qui ne la laissera pas indifférente. Une attraction partagée si l’on se fie aux efforts de ce « pirate » bien décidé à ravir son cœur. La relation entre les deux personnages est assez mignonne et devrait plaire aux jeunes lecteurs.

Notre village mystérieux est un lieu exceptionnel où chacun est invité à se trouver et à explorer ses envies afin de trouver le métier qu’il lui convient, mais cela ne veut pas dire que tout est parfait. L’amitié d’Elisa avec sa meilleure amie est ainsi menacée par un sombre personnage manipulateur et agressif quand une élève difficile à cerner s’entête à faire passer des messages aussi déroutants et angoissants que sibyllins ! Non, il n’y a pas à dire, même coupée du monde traditionnel, Elisa n’a pas une vie de tout repos d’autant que ses tracas se poursuivent même dans ses rêves.

Avant même d’intégrer sa formation, la jeune femme faisait déjà des rêves étranges mettant en scène un personnage richissime, mais fort peu sympathique, bien décidé à faire entrer la société de consommation au sein de notre village ! Un homme qui fait froid dans le dos, mais qui, je l’avoue, m’a beaucoup amusée, notamment à partir du moment où il arrive enfin à entrer dans le village dont les portes lui sont longtemps restées inaccessibles. Mais il va vite découvrir qu’il n’y a pas que les Gaulois qui savent résister face à l’envahisseur…  Sous fond de dialogues hilarants, l’autrice nous offre ainsi un délectable et truculent choc des cultures ! Imaginez l’impérialisme et le capitalisme américain entrant en collision avec un monde utopique où l’individualité et l’originalité deviennent une force et la standardisation et la normalisation, des abominations rejetées en bloc… De quoi décontenancer notre industriel plus habitué à vendre sa boisson par million qu’à réfléchir à qui il est vraiment.

Mais les rêves d’Elisa le sont-ils vraiment ou l’homme qui hante ses nuits représente-t-il un véritable danger pour le village, ses habitants et leur mode de vie atypique ? Une question qui commencera à prendre forme dans l’esprit de la jeune femme… Si ces rêves apportent une touche de mystère, de tension et d’humour intéressante, force est de constater que nous restons dans un premier tome où il ne se passe pas grand-chose. Je comparerais ce roman aux mangas tranches de vie où l’on suit les amitiés, les amours, les difficultés et les questionnements quant à l’avenir d’une bande d’amis sur le chemin de la vie d’adulte. Devant le manque d’événements marquants, je me suis donc parfois ennuyée d’autant que, contrairement à des lecteurs plus jeunes, je n’ai pas pu compter sur un sentiment d’identification pour pallier ce problème…

Malgré ce sentiment d’ennui qui a parfois accompagné ma lecture, j’ai pris plaisir à découvrir ce roman dont la richesse repose autant sur la plume de l’autrice toujours très fluide que sur son imaginaire. Pascale Leconte nous plonge ainsi sans réserve dans un établissement dont les cours plutôt originaux ne peuvent que vous donner envie de retourner sur les bancs de l’école et de célébrer, aux côtés des élèves, les nombreux événements et cérémonies qui marquent l’année. Mais ce qui fait le véritable charme de ce roman est ce village complètement fantasque dans lequel chacun est libre d’exprimer toute sa sensibilité et ses préférences sans être moqué, dénigré ou considéré comme un fou. Une ode à l’acceptation de soi et à la différence, et une ouverture d’esprit qui nous permettent de réaliser à quel point nos sociétés standardisées et hyperformatées briment la personnalité des individus et nous privent de multiples talents !

À noter que le roman est agrémenté de quelques illustrations, parfois assez enfantines, qui apportent un certain charme au récit, et qui donnent envie de nous reconnecter à notre enfant intérieur. C’est du moins, ce que j’ai ressenti en les découvrant au fil des pages…

En conclusion, comme j’aurais aimé recevoir ma lettre pour Poudlard, j’aurais apprécié de recevoir celle m’invitant à intégrer une formation atypique qui, à travers ses valeurs et ses cours plutôt inhabituels, offre quelque chose de précieux à ses étudiants, la faculté d’apprendre à se connaître et à devenir la personne qu’ils sont au fond d’eux-mêmes. Entre les amitiés qui se forment et se délitent au gré des différends, les amours et les dangers qui planent au-dessus d’un village prônant la différence et l’acceptation de soi, vous devriez prendre plaisir à plonger dans la nouvelle vie d’une héroïne qui ne semble pas au bout de ses surprises !

Retrouvez le roman sur Amazon ou sur le site de Pascale Leconte.

Enchant, Demelza Carlton

Enchant: Beauty and the Beast Retold (Romance a Medieval Fairytale Book 1) (English Edition) par [Carlton, Demelza]

Je suis toujours curieuse de découvrir une réécriture du conte de La Belle et la Bête. Profitant que cette novella soit proposée gratuitement sur Kobo et Amazon, je me suis donc laissée tenter. J’ai lu ce titre dans le cadre du Challenge Je lis en VO.

PRÉSENTATION AUTEUR

A beastly prince. An enchanting beauty. Only love can break the spell.
Once upon a time…
The wicked King Thorn forced the enchantress Zuleika to cast a terrible curse. She fled his court to travel the world, helping those who need her magic most. Until a search for her merchant father’s lost ships leads her to an enchanted island, where Prince Vardan, the island’s ruler, is afflicted by the most powerful curse Zuleika has ever encountered. She’s not sure she can reverse the spell, but she’s determined to try. After all, a prince who fights pirates can’t be all bad…no matter how beastly his appearance.

Together, can the enchanting beauty and the beastly prince break the spell?

AVIS

Avant d’aller plus loin, je préfère vous prévenir que dans les premiers chapitres, il y a une scène de viol. Elle est courte et non détaillée, mais j’avoue avoir été assez perturbée ne m’attendant pas à tomber sur une telle scène au vu de la couverture et du résumé. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’apprécier cette version de La Belle et la Bête qui présente l’originalité de donner des pouvoirs à Belle alias Zuleika.

Quand le roi Thorn sollicite sa mère pour ses services d’enchanteresse, la jeune femme n’a pas vraiment d’autre choix que de prendre sa place, cette dernière étant décédée. Une décision qu’elle regrettera amèrement quand le roi profitera de sa position et de sa force pour la bafouer avant de lui arracher un sortilège… Mais loin de se laisser abattre, Zuleika va s’échapper, porter assistance aux personnes ayant besoin de sa magie avant de finir par aider son père à retrouver ses bateaux disparus. Une mission qui la conduira sur une île maudite gouvernée par le prince Vardan, le frère de son bourreau.

Vardan se montre tout de suite amical et accueillant, un comportement qui tranche avec celui de son frère, mais aussi avec son aspect bestial, le prince étant sous le joug d’un terrible sortilège. Il n’est d’ailleurs pas le seul à être maudit puisque toute sa cour et les habitants de l’île sont, quant à eux, devenus invisibles. Pas pratique au quotidien, mais plutôt utile pour chasser les pirates qui osent s’approcher de l’île ! En plus de l’invisibilité de ses sujets, le prince peut également compter sur un artefact magique pour protéger son île, un artefact qui possède une certaine importance dans l’histoire…

Appréciant les pirates, j’ai trouvé la menace qu’ils représentent intéressante d’autant que, sans le vouloir, ceux-ci faciliteront le rapprochement entre Zuleika et le prince. Un rapprochement rendu non pas difficile par le faciès de bête du prince, mais par le secret que la jeune femme porte en elle et sur lequel elle est bien décidée à veiller précieusement. Néanmoins, de fil en aiguille, la réserve, voire la peur de Zuleika, disparaît au profit de sentiments plus doux…

Comme vous le savez, je ne suis pas une grande amatrice de romance, mais elle passe ici assez bien puisqu’elle n’est pas trop pesante et qu’elle offre quelques beaux moments de tendresse, de complicité et d’émotions. Mais ce qui fait l’intérêt de cette réécriture est le personnage de Zuleika qui se révèle plutôt nuancé et bien construit, la jeune femme oscillant entre fragilité, force et détermination. Courageuse, intelligente, généreuse, elle fera de son mieux pour lever la malédiction qui pèse sur l’île et le prince tout en essayant de ne pas compromettre son secret et son avenir, du moins, jusqu’à ce qu’une révélation la touche en plein cœur… Mais si le destin est parfois cruel, il ne l’est pas assez pour contraindre une femme aussi puissante et volontaire à la reddition…

Quant au prince, il tombe rapidement sous le charme de notre enchanteresse tout en gardant une certaine perspicacité sur la nature bien trop rapide et violente de ses sentiments. Ce n’est pas si courant, et cela me l’a rendu sympathique bien que je l’aie trouvé quand même bien trop passif à mon goût. Il a enduré la malédiction cinq ans sans réellement chercher de solution préférant se cantonner à l’espoir qu’une femme débarque sur son île, tombe amoureuse de lui malgré son apparence et le sauve ainsi que son peuple… Pour l’héroïsme, on repassera. Je l’ai trouvé également assez naïf par rapport à son frère. Il reste toutefois attachant et se révèle un homme juste et bon avec les habitants de son île, un aspect qui le différencie de son frère et qui le rapprochera de Zuleika sensible à cette bonté qui transparaît chez lui.

En conclusion, si l’on peut regretter que l’autrice n’évoque pas plus en profondeur les pouvoirs de son héroïne et que le méchant de l’histoire se révèle un peu trop caricatural à mon goût, l’histoire n’en demeure pas moins rapide et facile à lire. Elle ne me restera pas longtemps en tête, mais elle offre un moment de divertissement agréable qui plaira aux amateurs de romances fantastiques, de réécritures de contes et d’histoires de malédiction.

Télécharger gratuitement le livre sur Kobo ou Amazon.

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O-fée-Li, Hélène Caruso

O-Fée-Li (Imaginaire) par [Caruso, Hélène]

Je remercie Évidence éditions de m’avoir permis de découvrir O-fée-Li d’Hélène Caruso.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

À dix-sept ans, Ophéli est une jeune fille épanouie, née le jour de la Saint-Valentin. Recueillie par Steve et Molly Puttnam, elle est élevée avec James et Cooper, qu’elle considère comme ses frères. La lycanthropie de James et la faculté de Cooper à prendre n’importe quelle apparence font d’eux une fratrie très soudée. Surtout qu’Ophéli ne possède aucun pouvoir….

Évidence Éditions (13 février 2019) – 80 pages – Broché (9€) – Ebook (4,99€)

AVIS

O-fée-Li est une lecture réalisée dans le cadre de mon challenge personnel consistant à sortir de ma zone de confort. Si de ce côté, l’expérience fut concluante, je serais peut-être un peu plus nuancée quant à mon ressenti pour la simple et bonne raison que je n’appartiens pas au public visé par le livre.

Nous sommes clairement ici dans un court ouvrage destiné à des adolescent(e)s qui devraient apprécier de découvrir Ophéli, une jeune fille de dix-sept ans dont l’anniversaire avance à grands pas. Adoptée dès son plus jeune âge par les Puttnam, elle a été élevée aux cotés de James, un loup-garou et de Cooper, un caméléon. Une famille atypique qui veille sur leur petite fée comme ils aiment à la surnommer bien qu’Ophéli ne possède pas de pouvoirs. C’est, du moins, ce qu’elle pensait jusqu’à ce qu’une rencontre et certains événements semblent prouver le contraire…

Le scénario est assez classique avec l’arrivée d’un mystérieux et ténébreux vampire qui met l’adolescente dans tous ses états et qui semble posséder sur elle un certain ascendant. Ami ou ennemi ? Une question qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes bien que le loup de James semble lui s’est très rapidement fait une opinion ! Mais est-ce vraiment la bonne ? Tapie dans l’obscurité, une menace bien plus grande ne risque-t-elle pas de mettre en danger la vie d’Ophéli et de bouleverser toutes ses certitudes ?

Nous sommes dans un texte court ce qui se ressent dans la personnalité des personnages qui reste assez survolée. Mais cela ne dérange pas la lecture puisque l’on est d’abord concentré sur l’anniversaire d’Ophéli qui approche et qui est annonciateur d’un grand bouleversement. Quant à l’attirance immédiate et magnétique entre l’adolescente et Reed, elle devrait plaire aux romantiques dans l’âme. Pour ma part, ce sont bien plus les liens familiaux qui m’ont touchée que les sentiments de notre héroïne.

Élevée par un couple aimant, Ophéli est très proche de sa famille qui fait tout pour la protéger. Bien que le comportement de James m’a paru parfois un peu trop protecteur, j’ai apprécié celui des parents adoptifs, pris entre le désir de protéger leur fille et l’impérieuse nécessité de lui dire la vérité sur son passé afin de l’aider à affronter les épreuves à venir… Mon seul regret est que le rôle de Cooper ne soit pas plus important. Sa capacité à prendre l’apparence d’autrui m’a fascinée d’autant qu’elle est plutôt rare en littérature !

Si les clichés des romances fantastiques/YA sont présents en nombre, je reconnais que le livre se distingue néanmoins sur deux points : une écriture poétique, fluide et élégante, et une fin qui a su me surprendre. Je ne vous en parlerai pas outre mesure puisque c’est cette dernière qui fait tout le sel de cette histoire, mais je peux néanmoins vous dire qu’elle nous pousse à reconsidérer l’aventure d’Ophéli sous un autre jour. Et si derrière les secrets et une histoire d’amour fulgurante se cachait une tout autre réalité ?

En conclusion, O-féé-Li est, au premier abord, une romance fantastique pour adolescent(e)s qui me semble constituer une bonne entrée en matière pour des lecteurs et lectrices qui aimeraient s’initier au genre. Si le scénario semble cousu de fil blanc, il serait dommage de n’y voir qu’une énième histoire de gentille fille tombant amoureuse au premier regard d’un vampire sous peine de passer sur ce qui fait le charme de l’histoire. Le libre arbitre, la lutte du bien contre le mal, la famille et l’amour sont au centre d’une histoire rapide à lire et dont la fin bouleversante et surprenante constitue à elle seule un motif de lecture.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.