Les outrepasseurs – Tome 1 : Les héritiers, Cindy Van wilder

J’ai lu ce premier tome des Outrepasseurs, qui dormait dans ma PAL depuis des lustres, en lecture commune avec Lire à la folie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Londres, 2013. Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…

Gulf stream éditeur (6 février 2014) – 352 pages – Broché (18€) – Ebook (11,99€)

AVIS

Pas très doué sur un terrain de football, Peter, adolescent lambda, connaît pourtant une progression fulgurante qui impressionne même son entraîneur. Surprenant ! Mais ce n’est rien par rapport à la révélation brutale qu’il va devoir affronter suite à une attaque durant laquelle, sans l’aide de sa mère, il aurait probablement perdu la vie. Le début d’une nouvelle vie qui va le conduire chez un personnage aussi inquiétant qu’énigmatique, Noble. L’heure est venue de faire face à un passé et à un destin hors du commun ! Mais Peter est-il prêt à entendre la vérité et à découvrir ces secrets que sa mère lui a jusqu’à présent cachés ?

Après deux premiers chapitres haletants et emplis de mystère, l’autrice opère une nette coupure dans la narration. On quitte ainsi Peter pour se retrouver dans le passé à une époque que j’aime beaucoup, le Moyen Âge. J’aurais peut-être apprécié que cette alternance des époques soit amenée de manière un peu moins brutale et déstabilisante. On comprend néanmoins rapidement que ces flash-back ne sont pas le fruit du hasard, mais qu’ils apportent un éclairage sur la situation inattendue et périlleuse dans laquelle se retrouve, bien malgré lui, Peter ainsi que d’autres adolescents aussi déboussolés que lui. Ce premier tome se concentre donc bien plus sur le passé que sur le présent, un point qu’il vaut mieux prendre en considération avant de se lancer dans la lecture sous peine de ressentir une certaine frustration.

Sous couvert de fiction, l’autrice soulève des thèmes variés et intéressants : le fanatisme religieux et l’hypocrisie régnant chez certains ecclésiastiques plus intéressés par leur confort de vie que le bien de leurs ouailles, la solidarité, les superstitions qui poussent à commettre des horreurs qui ne sont pas sans rappeler la chasse aux sorcières, ce que l’on est prêt à faire et à sacrifier pour obtenir ce que l’on estime juste, des dilemmes moraux comme l’épineuse question du sacrifice individuel au profit de la collectivité, le fait que tout n’est jamais tout blanc ni tout noir…

À cet égard, si l’on comprend la légitimité du combat des Outrepasseurs contre les fés qui sont loin d’être des enfants de chœur, on ne peut que rejeter la personne chapeautant cette organisation secrète. Loin d’être un parangon de vertu, Noble n’hésite ainsi pas à réduire en esclavage ses ennemis et à entraver le libre arbitre d’adolescents encore sous le choc des révélations concernant leurs ancêtres et la malédiction dont ils subissent de plein fouet les conséquences… Peter ne sera d’ailleurs pas dupe et fera de son mieux pour lutter contre cet assujettissement qu’on lui impose et ces choix qui ne sont guère les siens !

Les différentes thématiques soulevées tout au long du récit m’ont surprise par leur dureté, l’autrice n’hésitant pas à jouer sur la frontière entre le bien et le mal, la mort et les décès violents. Un point qui m’a plu et qui m’a tenue en haleine puisque page après page, je n’avais qu’une envie, découvrir le sort réservé à ces personnages du passé. D’ailleurs, si je ne me suis point attachée à eux, je n’ai pu que compatir devant les épreuves traversées et les tourments endurés.

Il y a pourtant un protagoniste qui a su me toucher, le prêtre. Mû par une véritable foi et une volonté d’aider les autres, on le voit, petit à petit, se perdre en chemin et commettre des actes contraires à ses valeurs et à son éthique bien qu’il finisse par retrouver la voix de la raison. Il se sait dépasser par la situation, ne peut espérer de soutien de l’église et finit par être rejeté par les personnes qu’il tente de protéger, mais il fera de son mieux avec le peu de moyens dont il dispose pour sauver ceux qui peuvent encore l’être… Imparfait d’humanité, voici un personnage qui m’a brisé le cœur d’autant que l’autrice ne l’épargne pas.

J’ai également apprécié un personnage qui prendra probablement de l’importance par la suite et dont je vous laisserai le plaisir de la découverte. Je dirai simplement qu’il fait une entrée fracassante dans la vie de Peter qui va devoir apprendre à coexister avec cet être que l’on pressent malin, peut-être parfois fourbe, mais également débrouillard, perspicace et plutôt haut en couleur… À l’inverse, j’ai été révulsée d’horreur par un antagoniste du passé, le Chasseur. Froid, calculateur, pervers et manipulateur, il ne recule devant rien pour acculer ses proies et les faire siennes au grand dam de sa dernière victime et de son entourage. Je dis d’ailleurs chapeau à l’auteure pour la construction d’un personnage à l’esprit aussi détraqué qui apporte une vraie touche d’angoisse et d’horreur au récit !

Si j’ai été surprise de constater la place prise par le passé dans l’intrigue, ce qui confère d’ailleurs à ce premier tome des allures de grosse introduction, je reconnais avoir tout de suite adhéré au style et à la plume de Cindy Van Wilder. Pas de fioriture, mais un bel équilibre entre actions, descriptions et dialogues rendant la lecture aussi plaisante que fluide ! Quant aux allusions à des histoires et légendes comme Le Joueur de flûte de Hamelin ou le fameux et fabuleux Roman de Renart, elles renforcent cette impression d’être projeté en pleine période médiévale.

En résumé, ce premier tome nous offre une immersion efficace et menée d’une main de maître dans le passé de personnes confrontées à des forces surnaturelles et implacables qui changeront leur vie et celle de leurs descendants à jamais. Je suis maintenant curieuse de découvrir comment ces Héritiers vont faire face à la situation et à cette malédiction qui pèse sur leurs épaules…

N’hésitez pas à découvrir l’avis de Lire à la folie.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Gulf Stream.

Les Liés, Elle Séveno #PLIB2020

Les Liés par [SEVENO, Elle]

Je remercie les éditions Cyplog qui ont mis à disposition des jurés du PLIB 2020, la version numérique du roman d’Elle Séveno, Les Liés.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Et si l’amour devenait son plus grand combat ?
Carline a dix-sept ans quand son monde bascule.
Elle qui aspirait à traverser l’adolescence sans encombre, voilà que son âme se lie à celle d’un garçon : Vadian. Star du lycée. Charismatique, passionné et inébranlable.
Vadian qui lui plaît beaucoup trop dans un monde hostile où les Liés sont traqués.
Parce que deux âmes sœurs ne sont plus vraiment comme les autres…
Alors que les jours passent, que l’attraction grandit et que le danger guette, Carline va très vite devoir faire un choix : taire sa nouvelle nature ou l’accepter.
Quoi qu’elle décide, le temps est compté.

CyPLoG (10 octobre 2019) -342pages – Ebook (5,99€ ) – Broché (18,90€)
#9791091042710

AVIS

Les Liés faisait partie des pré-sélectionnés pour le PLIB 2020 et si je l’ai éliminé d’emblée, son résumé sonnant bien trop romance pour moi, j’ai profité que la maison d’édition offre l’ebook aux jurés du prix pour le feuilleter. Grand bien m’en a pris puisque j’ai été vite séduite par l’univers proposé par l’autrice.

Un univers froid et dur dans lequel la surveillance des adolescents est constante et la traque des Liés un art de vivre. Les Liés sont des humains qui ont développé durant leur adolescence un lien fort et indestructible avec une autre personne, leur âme sœur. Ce lien s’impose à eux qu’ils le désirent ou non comme vont le découvrir Carline et Vadian. Alors que ces derniers ne se sont jamais intéressés l’un à l’autre, le lien va faire une entrée fracassante dans leur vie ! Une situation que Vadian, sportif populaire qui fait fondre les cœurs, va plutôt bien prendre quand Carline, jeune fille plus discrète et studieuse, va paniquer. Il faut dire qu’être lié avec quelqu’un, c’est être condamné, dans le meilleur des cas, à la souffrance, et dans le pire, à la mort…

Horrifiée par la situation, Carline essaiera dans un premier temps, de lutter contre ce corps qui la trahit et ces sentiments qui s’imposent à elle. Comment, en effet, accepter que du jour au lendemain, une personne que vous ne connaissez quasiment pas devienne l’être le plus important de votre vie ? J’aurais apprécié que l’autrice creuse un peu plus cette question du libre-arbitre qui aurait pu apporter une certaine profondeur au récit… Mais Carline finira assez vite par craquer et accepter son besoin irrépressible d’être auprès de Vadian malgré les dangers : une mère infecte qui n’hésiterait pas à la dénoncer si elle le découvrait, des soldats qui analysent le comportement de chaque lycéen, des tests quotidiens afin de détecter d’éventuels changements biologiques témoignant de la création du lien…

C’est donc avec une certaine angoisse que l’on voit les sentiments entre les deux adolescents prendre de plus en plus de place dans leur vie. Malgré leurs précautions, les choses vont se précipiter jusqu’à ce que les autorités n’aient plus de doute sur le lien les unissant. Commence alors pour eux, une nouvelle vie, une vie menée à se battre pour résister à l’oppression, à la tyrannie et à l’intolérance. Cette question de l’intolérance est probablement le point qui m’a le plus intéressée dans le roman. Devant les expériences et les tortures faites aux Liés juste parce qu’ils sont différents, vous ne pourrez que réagir et sentir monter en vous un sentiment profond d’injustice ! On est bien sûr dans une œuvre de fiction, mais je ne doute pas que si des êtres exceptionnels comme les Liés prenaient vie dans notre réalité, les réactions seraient, pour certaines, aussi extrêmes et violentes.

Autre point que j’ai apprécié, la découverte des capacités des Liés qui peuvent communiquer par la pensée, pratique quand vos moindres faits et gestes sont épiés, et dont l’espérance de vie est bien supérieure à celle d’un humain lambda. On comprend alors les raisons des expériences menées sur ces êtres extraordinaires qui n’aspirent pourtant qu’à une vie ordinaire passée auprès de l’être aimé sans risquer, à chaque instant, d’être éliminé. Si les spécificités des Liés sont déjà intéressantes, les capacités développées par Carline et Vadian font, quant à elles, carrément rêver. Je vous laisserai bien sûr les découvrir par vous-mêmes, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le couple devrait vous surprendre !

L’action est au rendez-vous de ce roman dans lequel les événements s’enchaînent assez rapidement pour tenir en éveil l’intérêt des lecteurs. Quant aux nombreux dialogues, ils fluidifient la lecture tout en offrant un certain sentiment d’immersion. On est vraiment au cœur des pensées et des émotions de nos protagonistes, ce qui ne peut que créer un sentiment aigu de proximité. J’ai néanmoins parfois été gênée par la présence de clichés typiques des romans young-adult et des romances : les traditionnelles scènes de jalousie aussi irritantes dans la vraie vie que dans une fiction, la possessivité déplacée, les malentendus…

Mais je vous rassure, rien de rédhibitoire parce qu’il y a un vrai univers derrière et que l’âge des protagonistes ainsi que le lien qui leur tombe dessus sans crier gare expliquent aisément certaines de leurs réactions. La romance est donc bien présente, ce qui devrait plaire aux amateurs du genre. L’amitié n’est pas non plus en reste, et je dois d’ailleurs dire que j’ai été touchée par l’élan de solidarité spontané et inconditionnel autour de nos héros. Ils seront donc soutenus, que ce soit directement ou de manière plus subtile, dans leur lutte pour leur amour mais aussi pour la liberté et le droit d’être soi.

En conclusion, tension et action sont au rendez-vous de ce roman rythmé et immersif qui parle autant d’amour que de résilience et de résistance face à l’injustice et à l’intolérance. Fluide et agréable à lire, voici une histoire riche en émotions qui devrait plaire autant aux amateurs de dystopie que de romance.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Cyplog.

Connexions secrètes, Lucas Courage

Je remercie Babelio et les éditions Scrineo de m’avoir permis de découvrir Connexions secrètes de Lucas Courage.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Je m’appelle Lucas Courage. Je n’ai pas choisi ce nom ni d’avoir un pouvoir extraordinaire, mais secret. Je n’ai pas choisi d’avoir un père espion, ni d’être recruté avec lui par le président de la République pour démanteler un réseau de terroristes. Je n’ai pas choisi non plus l’aventure, les poursuites, les énigmes… Partir au Shahistan, être pris en otage, assister à des assassinats… ! Je n’ai pas choisi de vivre, comme dirait Manon – Ah Manon… -, dans ce monde de dingues !

Scrineo (3 octobre 2019) – 288 pages – Broché (12,90€)

AVIS

Quelle aventure ! Ce pauvre Lucas Courage en aura bien besoin de courage justement pour affronter tout ce qui lui tombe sur le coin du museau. Et dire qu’en bon adolescent, il n’aspirait qu’à avoir la paix et à lézarder. Comment ça, je caricature ? Bon, peut-être un peu, mais Lucas est plus un adepte du repos et de la manette que de la course et de l’action. Mais que faire quand c’est le président en personne qui compte sur vous et votre père pour sauver la France d’une dangereuse organisation bien décidée à la mettre à genoux ?

On retrousse ses manches, on sort son plus beau sourire et on s’active quitte à dangereusement quitter sa routine. Et du danger, il va y en avoir, Lucas et son père n’étant pas au bout de leurs surprises ! C’est que les adorateurs de la déesse Melkiar ont de la ressource et ne reculeront devant rien pour paralyser l’Hexagone en hackant ses institutions et ses grandes entreprises. Imaginez-vous une France sans Internet, sans services d’urgence, sans moyens de communication, les pigeons voyageurs ayant pris leur retraite depuis bien longtemps… Impensable et pourtant, c’est bien ce qu’il risque d’arriver si les Courage, père et fils, ne s’allient pas pour régler le problème.

Jean, le père, ancien agent secret, reprend vite ses anciens réflexes d’espion aguerri et entraîne son fils dans une mission rocambolesque et riche en action. Un enlèvement, des meurtres, des menaces, un complot, des traîtres à la nation… Il n’y a pas à dire, la vie des Courage, c’est encore mieux qu’un James Bond ! Si Lucas traîne la patte au début, il finit par se prendre au jeu et met avec enthousiasme son talent unique, la capacité de se connecter aux objets électroniques, au service de la patrie même si cela parfois lui en coûte.

Cette mission secrète tend, en effet, à s’interposer entre lui et Manon, une camarade de classe dont il est amoureux. Mais comment se rapprocher d’elle quand chaque moment passé à ses côtés tourne à la catastrophe et le fait passer pour un fou ? Difficile la vie d’ado, mais alors celle d’ado apprenti espion, n’en parlons pas ! Les jeunes lecteurs devraient s’amuser de le voir enchaîner les galères avec sa peut-être future dulcinée d’autant que cette dernière sera, avec sa mère, embarquée dans l’aventure sans vraiment le demander. Et si Lucas aborde les dangers avec une certaine décontraction, qu’elle soit de façade ou non, la jeune fille prend la chose avec beaucoup moins de légèreté.

Manon, bien qu’un peu geignarde, mais ça peut se comprendre vu les circonstances, semble le personnage le plus réaliste du livre. Contrairement aux autres, tous ces événements dignes d’un grand film d’action à l’américaine l’atteignent comme ils le feraient avec n’importe qui dans la vraie vie. À l’inverse, sa mère est plutôt enthousiaste à l’idée de suivre les Courage dans leur aventure. Il faut dire que journaliste, elle flaire là un bon scoop qu’elle ne peut décemment pas laisser passer… On suit donc la fine équipe dans ses péripéties qui ne manquent pas de mordant ! 

Naviguant entre des considérations de son âge et celles dignes d’un haut dignitaire, Lucas s’emmêle parfois les pinceaux, mais il finit par faire face à la situation avec un certain aplomb et beaucoup de courage, sans mauvais jeu de mots. Il réalise également que ce papa espion qu’il idéalise depuis qu’il est enfant et dont il est si proche n’est pas parfait et possède ses propres faiblesses. J’ai, pour ma part, trouvé leur relation père/fils très touchante et plutôt atypique en littérature jeunesse, genre dans lequel les parents sont bien souvent absents et/ou défaillants.

Ici, le père n’est pas parfait, mais il a su nouer une réelle complicité avec son fils malgré les quelques tensions que la situation exceptionnelle dans laquelle ils sont projetés ne manquera pas de soulever. Alternant entre envie de protection et fierté paternelle de voir Lucas grandir et prendre en main les rênes de sa vie, Jean nous apparaît aussi fort que vulnérable, un mélange le rendant diablement attachant !

J’ai également beaucoup apprécié l’humour de l’auteur, pardon de Lucas Courage, qui en plus de nous offrir des situations plus cocasses les unes que les autres, n’hésite pas à partager avec ses lecteurs quelques phrases bien senties comme savent si bien en faire les adolescents. Les références à l’actualité, plus ou moins récente, ne manquent pas non plus de piquant. Vous ne regarderez ainsi plus les trottinettes électriques qui envahissent nos trottoirs de la même manière et vous ne devriez pas manquer de sourire devant l’allusion de l’escapade en scooter d’un ancien président…

Est-ce que le scénario est plausible ? Pas le moins du monde, enfin j’espère parce que sinon, c’est qu’il y a vraiment eu un problème à la DGSE, mais que c’est drôle et divertissant. J’ai eu l’impression de me trouver devant l’un de ces films que j’adorais plus jeune dans lesquels les enfants bottaient les fesses aux méchants. Une sorte de Maman, j’ai raté l’avion adolescent dans lequel ce n’est plus un enfant contre les adultes, mais un père et son fils adolescent travaillant main dans la main pour sauver la France. Bien que l’histoire soit très différente, le résultat est le même, le plaisir d’avoir passé un super moment de détente et d’avoir vécu une aventure trépidante auprès de personnages attachants et hauts en couleur !

En conclusion, Connexions secrètes est un roman bourré d’humour qui vous entraînera dans la vie d’un adolescent devenu, bien malgré lui, un atout indéniable dans la lutte secrète de la France contre une redoutable et mystérieuse organisation. Famille, aventure, enquête, action, cybercriminalité et trahison seront au programme de ce divertissement familial qui devrait vous assurer un bon et amusant moment de lecture. Et parce qu’on n’a jamais assez de Courage, j’espère que Lucas nous reviendra un jour dans de nouvelles aventures !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Scrineo.

Manx Cat, Christine Sterbik #PLIB2020

Manx cat (Imaginaire) par [Sterbik, Christine]

J’ai lu Manx Cat de Christine Sterbik (éditions Alter Real) dans le cadre du PLIB2020.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Qui est vraiment Sylla, l’énigmatique romancière londonienne à succès ? L’envoûtante jeune femme qui vit avec ses magnifiques chats Manx dans un appartement cossu de Covent Garden veille farouchement sur sa vie privée. Rien ne doit filtrer, du moins rien qu’elle n’ait contrôlé. Olivier, apprenti journaliste français n’en croit pas ses yeux : son rédacteur en chef le charge d’interviewer la secrète Sylla. Une aubaine ? Peut-être, mais aussi un défi. Au fil des jours, le jeune étudiant va percer le mystère à ses dépens et sera entraîné bien malgré lui dans un conflit qui remonte aux origines de l’humanité.

Et si la réalité du monde était bien différente de ce que vous croyez ?

Alter Real Editions (7 juin 2019) – 240 pages – Ebook (5,99€) – Broché (17€)
#ISBN9782378121143

AVIS

Profitant de l’ebook offert gracieusement par la maison d’édition aux jurés du PLIB2020, je me suis jetée dans cette lecture dont le titre et la couverture m’ont tout de suite attirée.

Si vous me suivez régulièrement, vous connaissez mon amour des chats, et à ce niveau, j’ai été plus que ravie, l’autrice nous offrant une histoire les mettant à l’honneur que ce soit dans leur forme traditionnelle ou sous leur aspect imaginaire. En effet, avec Manx Cat, vous allez vous plonger aux origines fantasmées de la création des Manx, une race de chats assez peu connue en France, mais qui se caractérise par l’absence de queue. On regrettera d’ailleurs peut-être la photo d’illustration qui, si elle est très belle, ne met pas en avant cette particularité.

Mais loin de se cantonner à un traité sur les chats, l’autrice nous plonge dans un imaginaire fascinant, mélange de réalité et de fiction, dans lequel des métamorphes prennent vie. Et l’on suit plus particulièrement une métamorphe chat, seule de son espèce, Sylla. Devenue romancière écrivant le jour et vivant sa vie féline la nuit, elle narre à un journaliste stagiaire, d’abord à travers ses carnets puis de vive voix, sa vie à travers les âges. Une vie riche et bien remplie faite de voyages, de rencontres plus ou moins amicales, de moments de joie et de peine… Se dessine ainsi, au fil des pages, le portrait d’une femme forte et hors du commun qui ne peut que susciter une certaine admiration.

J’ai beaucoup apprécié cette partie qui nous parle de mythologie, nous transporte au temps des pharaons, nous fait vivre la montée du christianisme et le déclin du paganisme, évoque la chasse aux sorcières sans oublier cette haine grandissante des chats qui ne sera pas sans conséquence pour Sylla… Puis le roman prend un nouveau tournant, cette dernière mettant à exécution un projet assez égoïste mais qu’on arrive à comprendre. À partir de là, l’histoire m’a semblé bien moins intéressante. Il faut dire qu’elle se focalise sur Olivier, l’apprenti journaliste français, avec lequel j’ai eu fort peu d’atomes crochus.

Assez immature et surtout ayant tendance à commenter le physique de chaque femme rencontrée, c’est typiquement le genre de protagoniste masculin que j’ai en horreur. Certaines de ses phrases et de ses interactions avec Peter, son ami et co-locataire, principalement centrées sur leurs conquêtes et la gent féminine m’ont donc fortement chiffonnée. Je pense que cet aspect ne gênera pas tout le monde d’autant que les deux jeunes hommes ne tombent jamais dans la vulgarité, mais c’est dommage d’avoir privilégié des dialogues parfois creux au détriment de la psychologie des personnages. À part Sylla, les personnages m’ont ainsi semblé manquer de profondeur.. À cet égard, j’ai regretté que le côté mystérieux de Peter ne soit pas plus exploité, cela aurait pu apporter bien plus d’intensité et de tension au récit.

Si j’ai dévoré la première partie du roman avec plaisir, ma lecture fut donc par la suite plus laborieuse bien que j’aie apprécié les phases d’action, et notamment les batailles entre chats et rats. Un combat ancestral ici très bien retranscrit et que l’autrice enrichit d’une dimension plus humaine, voire politique, les alliances et mésalliances ainsi que les trahisons ayant, comme chez les humains, toute leur place !

Le mélange humain/chat à travers la figure du métamorphe est le point fort de ce roman d’autant que c’est plutôt une forme originale en littérature. J’ai adoré découvrir la mythologie autour de cette particularité de la nature, la haine qu’elle peut susciter, mais aussi la manière dont Sylla a dû y faire face optant bien souvent pour une vie solitaire, loin des humains mais aussi loin des chats. Pont entre deux espèces distinctes que rien ne destinait à se mêler, Sylla n’est finalement acceptée par aucune des deux. Une vie passée à être rejetée et à susciter de la méfiance jusqu’à une certaine rencontre qui va changer sa vie à jamais. On pourrait faire, d’une certaine manière, le parallèle avec la difficulté pour certains de concilier différentes origines et cultures notamment quand le rejet des uns et des autres s’en mêle.

La seule chose qui m’a perturbée dans ma lecture, mais j’imagine que c’est personnel, est cette idée qu’une femme gardant sa personnalité, même lors de ses transformations en chat, tombe amoureuse d’un chat non métamorphe… Il est vrai que l’autrice a fait le choix d’animaux s’exprimant et réfléchissant de manière très humaine, mais cela n’en demeure pas moins assez déstabilisant.

En conclusion, Christine Sterbik mêle habilement imaginaire et réalité afin de nous immerger dans la vie mouvementée d’une femme hors du commun et d’un étudiant en journalisme qui connaîtra également son lot de péripéties. Bien que non exempt de petits défauts notamment au niveau des dialogues et du manque de profondeur des personnages, Manx Cat est néanmoins un roman que je conseillerais aux amateurs de récits rythmés, de chats et aux personnes souhaitant découvrir une forme de métamorphe plutôt originale en littérature !

Retrouvez le roman en ligne notamment sur Place des libraires.

Mini-chroniques en pagaille #19

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Chat Gris d’Alexandre Saltiel ( Mouck) :

Depuis la disparition prématurée de Gribouille, j’évite les photos de chats gris, mais mue par la curiosité et l’envie de découvrir ce qui se cache derrière cette jolie couverture, je n’ai pas résisté au plaisir de découvrir ce petit album.

Nous faisons la connaissance d’un chat qui mène sa petite vie de chat entre rencontres avec une souris qui n’a pas très envie de jouer avec lui, la vilaine, et avec un gros chien qui lui aimerait beaucoup jouer avec lui, ce dont n’a pas très envie notre petit minet. Différence de gabarit probablement !

Mignonne à souhait, cette histoire très rapide à lire devrait vous faire passer un très joli moment de lecture en solo ou en famille puisqu’il est bien difficile de résister au charme des illustrations et de ce chat plein de vie. Cerise sur le gâteau, grâce à un jeu de couleurs parfaitement maîtrisé, l’auteur vous réserve une très sympathique chute qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Un joli album pour les petits, à partir de 3 ans, et pour tous les amoureux des chats !

 

  • La Craie des Étoiles de Raphaël Drommelschlager (Bamboo éditions ) :

La craie des étoiles par [Raphaël Drommelschlager]

En vacances pour l’été chez son arrière-grand-mère, Max fait une découverte qui va changer sa vie ! Grâce à une craie spéciale et une montre à gousset ayant appartenu à l’un de ses ancêtres, Théophile Loiseau, le voilà transporté dans différents pays, de la Chine au Canada en passant par l’Inde. Tout autant de destinations qui, en plus de se révéler diablement fascinantes, lui permettront de faire de belles rencontres qu’elles soient humaines ou animales.

En effet, en plus de faire la connaissance de sympathiques personnes prêtes à l’aider, Max va se lier d’amitié avec des animaux sauvages comme le Tigre de Mandchourie ou l’ours polaire. Tous les animaux ne seront pas aussi sympathiques que ces derniers, mais peu importe, Max ayant le courage et l’aplomb nécessaires pour affronter les situations, plus ou moins périlleuses, qui se présentent à lui.

La Craie des Étoiles nous offre une jolie histoire d’aventure, de voyage et de dépaysement, mais c’est également un outil pédagogique intelligent qui sensibilise les enfants aux menaces que les hommes font peser sur les animaux et l’importance de préserver chaque espèce. Au gré de ses voyages, Max découvre ainsi les spécificités de chaque animal rencontré allant de ses caractéristiques physiques à son mode de vie. Des informations intéressantes qui, présentées de manière ludique et colorée, rendent la lecture prenante et très enrichissante.

Cerise sur le gâteau, un cahier pédagogique est inclus en fin d’ouvrage afin de parler plus en profondeur de certaines espèces et évoquer les différents rôles d’un zoo… En bref, voici une BD intelligente qui, à travers l’aventure extraordinaire d’un petit garçon ordinaire, informe et sensibilise les lecteurs de tout âge sur les animaux sauvages peuplant notre planète et l’importance/l’urgence de les préserver.

  • Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seong Gu (Sarbacane) :

L’absence de résumé et le sentiment de calme et de sérénité qui se dégage de cette couverture m’ont tout de suite attirée.

L’ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un homme relativement jeune qui pourrait presque servir de psychanalyste pour animaux même si l’on découvrira plus tard que son rôle est tout autre…

Devant lui défilent ainsi un chat, un chien, un hamster et un oiseau qui lui font part de leurs doléances vis-à-vis de leurs maîtres. L’un survolté rêve de se venger, l’autre de trois délicieux repas par jour quand le hamster n’aspire qu’au noir et à la solitude, et l’oiseau à ce qu’on ne lui demande plus de chanter alors qu’il n’aime pas ça. Difficile la vie d’animaux avec ces êtres humains pas toujours très perspicaces en ce qui concerne les besoins de leurs compagnons ! Puis en filigrane, est question d’un grand voyage auquel il convient de se préparer…

Dans la seconde partie, changement de couleurs et de ton, on suit notre joyeuse bande accompagnée du jeune homme dans leur périple. Mais avant le grand départ, une lettre sera envoyée à chacun des propriétaires. On alterne alors entre le voyage en lui-même et quelques scènes dans lesquelles interviennent ces humains privés de leurs compagnons…

Bien que le titre laisse entrevoir le sujet principal du livre, je dois avouer ne pas l’avoir tout de suite cerné préférant me laisser transporter par la douceur des illustrations, et le côté quelque peu loufoque de ces animaux un poil râleurs. Mais quand le message de l’auteur s’est précisé, mon amusement du départ s’est mué en tristesse devant la dureté du sujet évoqué. Un sentiment qui a très vite laissé sa place à l’émerveillement et à l’émotion, l’auteur insufflant humour, vie, poésie et tendresse à son récit.

Des scènes de jeux entre les animaux, des échanges amusants, de très beaux graphismes et un magnifique message d’espoir en fin de livre apportent, quant à eux, une certaine légèreté à une histoire empreinte de douceur et d’amour. Un coup de cœur !

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Croquettes & cie, Marie Colot – Florence Weiser

Appréciant la plume de Marie Colot découverte dans Je ne sais pas et Deux secondes en moins, je n’ai pas hésité à emprunter Croquettes et Cie dont le résumé me faisait très envie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand Savanna arrive à l’école toute triste parce que son chien, Bestiole, est gravement malade, Mademoiselle Coline a une nouvelle fois une idée farfelue. L’institutrice propose d’installer le panier de Bestiole au pied du tableau noir et de lui offrir une convalescence digne de ce nom…

Alice (14 septembre 2017) – 9/12 années – 80 pages – Broché (11,50€)

AVIS

Savanna est triste. Et pour cause, son adorable teckel est malade, très malade au point de devoir envisager d’abréger sa vie pour lui éviter de souffrir. Mais avant le rendez-vous tant redouté chez le vétérinaire, son amoureux Elvis, ses petits camarades et leur super institutrice, Mademoiselle Coline, vont faire de leur mieux pour offrir à Bestiole les plus beaux derniers jours qu’un compagnon à quatre pattes puisse espérer.

Avec la complicité de l’enseignante, les enfants vont ainsi veiller sur lui : un joli panier au pied du tableau noir dans lequel se reposer, des séances de jeu en prenant garde de ne pas trop le fatiguer, d’autres animaux de compagnie avec lesquels jouer, des tonnes et des tonnes de câlins, de caresses, de bisous et d’attention… En d’autres termes, le bonheur !

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Ayant dû il y a quelques mois accepter de me séparer de mon fidèle Gribouille atteint également d’une tumeur, j’ai ressenti énormément d’émotions à la lecture de cette histoire. J’ai bien sûr partagé la tristesse de Savanna à l’idée de se séparer de ce compagnon qui lui a tant apporté, mais j’ai également été transportée par tout cet amour, cette joie, cette tendresse, ces beaux instants de jeu et de vie…

Les enfants n’oublient pas que Bestiole ne sera bientôt plus avec eux, mais ils choisissent de se concentrer sur le beau et le positif plutôt que sur la douleur. Cet élan de solidarité et d’amour rend la lecture très émouvante d’autant que l’autrice ne tombe jamais dans le pathos ! Il faut dire qu’elle a su insuffler une bonne dose d’humour à son récit. Cela passe autant par la maîtresse bienveillante aux expressions hilarantes et aux méthodes éducatives qui feraient rêver n’importe quel enfant que la spontanéité et la fraîcheur des échanges entre les enfants…

Du choix des couleurs à la rondeur des traits, Florence Weiser, à travers ses illustrations tout en douceur, souligne et renforce la tendresse et la sensibilité qui se dégagent de l’histoire. À cet égard, j’ai adoré une illustration en pleine page de Bestiole dont on perçoit toute la sérénité et le bien-être… Une image qui représente finalement à merveille l’essence de ce drôle et touchant roman.

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Voici donc un ouvrage jeunesse que je recommande à toutes les personnes qui ont eu la chance de côtoyer un animal et la peine de devoir lui dire au revoir. Quant aux enfants, ils pourront juste voir dans ce récit une très belle histoire d’amitié ou ils pourront y puiser la force de surmonter leur chagrin, car si Marie Colot aborde le thème difficile du deuil animal, elle le fait avec humour, justesse et sensibilité.

Dust Bowl, Fabien Fernandez

Je remercie les éditions Lynks de m’avoir permis de découvrir Dust Bowl de Fabien Fernandez.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une quête haletante dans un décor d’apocalypse.
Une réflexion passionnante actuelle sur les ravages de l’homme sur l’écosystème.
Une plume originale au service de personnages profondément humains.

Oklahoma, avril 1935. Témoin impuissant du meurtre de son père, Kush fuit la demeure familiale en proie aux flammes. En quête de justice et de vérité, le jeune Forgeron découvre l’existence d’un complot qui pourrait bien changer l’histoire du pays. Déterminé à s’opposer aux plans des Alchimistes, l’ordre occulte responsable de sa mort et de celle de nombreux mages Forgerons à travers les siècles, L’adolescent traverse le pays ravagé par le Dust Bowl, tempêtes de poussières dévastatrices nées par la faute des hommes. Au cours de son périple, Kush croise Ruben, un étrange golem, un inquiétant groupe de forains et Alexandria, tireuse de cartes, dont il tombe éperdument amoureux…

Lynks (22 mars 2018) – 263 pages – Broché (15,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Témoin du meurtre de son père par des Alchimistes, Kush doit affronter le déchaînement de la nature après celui des hommes. Le Dust Bowl, une série de tempêtes de poussières, laisse ainsi les hommes bien démunis face aux conséquences de leur avidité… Une cupidité et une avidité que Kush va, tout au long de son périple, rencontrer chez bien des personnes !

Dans sa quête pour venger son père, il pourra heureusement compter sur le soutien de Ruben, un personnage complexe qui m’a fascinée. Je n’en dirai pas plus sur sa nature si ce n’est qu’elle devrait vous rappeler une célèbre créature de la littérature classique. Pour ma part, c’est certainement le protagoniste qui m’a le plus touchée et dont j’ai pris le plus grand plaisir à suivre l’évolution.

Mû par la curiosité et un instinct non vicié par la cruauté humaine, Ruben va observer cette humanité pleine de vices qui, tour à tour, le juge monstrueux, quand il n’est que le résultat bien visible de la folie des hommes, le trahit, l’exploite, tente de le tenir captif… Loin de se laisser détruire par les épreuves, il en ressortira plus fort s’accrochant aux bribes de ses multiples passés pour créer son propre présent aux côtés de Kush qui l’accepte dans toute sa différence. Page presque vierge de pensées construites, de sentiments, d’émotions et de souvenirs en début de roman, Ruben va ainsi progressivement gagner en consistance et s’humaniser devenant d’ailleurs bien plus humain que beaucoup de personnes qui n’en portent que le nom.

Cet être que l’on apprend à découvrir et à aimer s’imposera naturellement comme le protecteur de Kush qui, malgré ses capacités surnaturelles et son affinité avec le feu, est pris dans le tumulte d’émotions contradictoires. Il faut dire qu’après lui avoir arraché dès la naissance sa mère, la vie lui a pris sa douce nourrice pour laquelle il ressent encore un profond attachement avant de s’attaquer à son père. Le point commun entre ces deux tragiques et brutaux décès, la peur et le refus de la différence qu’elle concerne une couleur de peau ou des croyances. Une dénonciation tout en subtilité du racisme et de l’intolérance…

D’ailleurs, bien que le roman soit avant tout une fiction fermement ancrée dans les États-Unis des années 30, on ressent que l’auteur va plus loin en proposant des réflexions non dénuées d’intérêt sur la tolérance, la vengeance, l’asservissement par ou pour le travail, la liberté et le prix que l’on est prêt à payer pour l’obtenir, la notion d’humanité, l’acceptation de soi, l’avidité et la cupidité humaine, la production à outrance et l’exploitation de la nature, la nécessaire prise de conscience écologique, les dérives de la science et de la technologie utilisées à mauvais escient par les mauvaises personnes…

Des thèmes plutôt forts et sérieux qui sont abordés sans lourdeur, l’auteur ayant réussi  à les ancrer avec brio dans son récit, un récit prenant des allures de road-trip infernal et de course contre la montre. Ce qui s’annonçait comme une simple vendetta personnelle va ainsi se transformer en une quête de vérité et une mission pour sauver les États-Unis d’eux-mêmes ou plutôt des Alchimistes aux pratiques et aux idéaux douteux et d’un homme capable du pire pour assouvir sa soif d’argent !

Alors que se dessine l’ombre d’un effroyable complot, Kush et Ruben feront des rencontres, plus ou moins sympathiques, et s’ouvriront à des sentiments inconnus notamment durant leur séjour au sein d’une troupe de forains… L’amour s’invitera ainsi dans la vie de Kush sans que cela ne le fasse dévier de son destin, bien au contraire ! Au gré des péripéties, le jeune homme va apprendre à se reconnecter à lui-même et à développer ses capacités extraordinaires de Forgeron que l’on découvre à ses côtés. J’aurais apprécié que l’auteur nous parle un peu plus des Forgerons et de tout le potentiel de ces individus commandant aux éléments, mais il donne néanmoins assez de détails pour nous préfigurer l’immensité de leur pouvoir, et la convoitise/haine que celui-ci peut engendrer…

L’auteur nous propose ici une intrigue menée tambour battant qui ne laisse aucune place à l’ennui. Tout va très vite, les actions s’enchaînant avec une rapidité déconcertante mais aucunement frustrante. Cela s’explique peut-être par le talent de narrateur de Fabien Fernandez qui, en quelques mots parfaitement choisis et grâce à de courtes mais percutantes descriptions, arrive à planter son décor, à nous faire ressentir l’aridité des paysages, la tension, le mystère, la puissance des forces en jeu, les doutes et les espoirs des personnages qui se révèlent touchants d’humanité… L’immersion dans le roman est donc totale d’autant que tout est mis en place pour lui donner des élans de vérité : des citations et des extraits de différents documents introduisent chaque chapitre, des événements et personnages ayant réellement existé font leur apparition, quelques mots d’argot américain des années 30 sont disséminés par-ci par-là… Un effort de réalisme et un sens du détail qui, en plus de conférer une touche appréciable d’authenticité au récit, rendent les différentes problématiques soulevées encore plus intéressantes et pertinentes.

En conclusion, porté par des personnages attachants et d’une profonde humanité qui tirent leur force de leurs différences, Dust Bowl est un roman immersif qui vous plonge instantanément et avec réalisme dans les méandres d’une Amérique des années 30 en proie aux éléments et à la convoitise humaine. Entre magie, complot, technologie, science, action et mystère, difficile ne de pas se laisser embarquer par ce prenant et dangereux voyage !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Lynks.