Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Le compte à rebours du Père Noël de Kim Thompson, illustré par Elodie Duhameau (Crackboom)

Le compte à rebours du père Noël : 24 histoires avant Noël par Thompson

Aimant beaucoup les calendriers de l’Avent, j’étais curieuse de découvrir cet album jeunesse qui en reprend le principe puisque l’autrice vous propose de découvrir une petite histoire chaque jour. Un joli moyen de faire patienter les enfants jusqu’à Noël et de passer de doux et chaleureux moments en leur compagnie.

Jour après jour, on suit le Père Noël, la Mère Noël et les lutins dans leurs préparatifs de Noël. C’est qu’entre la vérification du traîneau, la lecture des lettres des enfants, l’entraînement du Père Noël pour qu’il soit au meilleur de sa forme le jour J, la fabrication des cadeaux… tout le monde est bien occupé. Il ne faudrait pas décevoir les enfants qui attendent impatiemment leurs cadeaux. Et que les moins sages d’entre eux se rassurent, le Père Noël semble toujours arriver à trouver du bon chez chacun. On n’en attendait pas moins de lui.

Que l’on soit enfant ou adulte, difficile de résister au charme qui se dégage de ce doux album qui respire bon Noël, la bienveillance, la gentillesse et qui n’est pas dénué d’humour, le Père Noël nous régalant de ses expressions plus loufoques les unes que les autres : pastilles en papillotes, mille babouins nains, choucroutes de mammouth… Les illustrations tout en rondeur, pleines de peps et de couleurs ainsi que les larges sourires des personnages contribuent également au plaisir que l’on prend à parcourir ce joli album.

Le compte à rebours du Père Noël illustration

Avec Kim Thompson, Noël se part d’une certaine modernité puisqu’en plus du traditionnel traîneau et des emblématiques rennes, une large place est accordée à des inventions plutôt ingénieuses et parfois amusantes. À côté du GPS que tout le monde connaît, on découvre ainsi le super calculateur de cadeaux ou, encore plus pratique, le poulet robot emballeur !

En bref, voici un album coloré parfait pour faire de chaque jour avant Noël, un petit moment d’amusement et de douceur à partager avec les enfants. 

Je remercie Netgalley et les éditions Crackboom pour cette lecture.


  • Ana Ana – tome 1 : Douce nuit, Alexis Dormal et Dominique Roques (Dargaud)

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Si j’ai déjà lu quelques albums de la série, c’est n’est que récemment que j’ai eu l’occasion de lire le premier tome, Douce nuit. Un titre qui a tout de suite parlé à l’insomniaque en moi… Ana Ana ne veut pas dormir. Non, ce dont elle a très très envie, c’est de lire ! Une envie que nous sommes très nombreux à partager avec elle, je n’en doute pas.

Ses doudous ne partagent néanmoins pas la même passion des livres. Eux, ce qu’ils veulent plus que tout, c’est dormir. Dormir sur leurs deux oreilles, dormir les uns contre les autres, mais surtout, dormir dans le noir et silence ! Les peluches commencent donc à perdre patience, leurs petits stratagèmes pour pousser Ana Ana à dormir ne semblant pas fonctionner. Une situation qui ne devrait pas manquer de rappeler des souvenirs aux parents….

Heureusement, le sommeil finit par gagner la fillette. L’heure de dormir aurait-elle enfin sonné ? Rien n’est moins sûr… J’ai adoré cet album que j’aurais certainement pris plaisir à lire à l’envi quand j’étais enfant puisque comme Ana Ana, lire me semblait bien plus tentant que dormir. Les enfants devraient s’identifier facilement à cette petite fille qui ne manque pas de caractère, mais qui n’en demeure pas moins attachante tout comme ses amies, les peluches. Des peluches au profil varié qui n’hésitent pas à se rebeller, à leur manière…

Quant aux illustrations, elles possèdent une douceur certaine et un charme presque suranné parfait pour un instant de lecture plein de tendresse.

Ana Ana Douce nuit

En bref, Douce nuit est un très bel album plein de douceur qui devrait ravir les amoureux des livres de tout âge et leur donner envie de découvrir les autres aventures d’une fillette à laquelle on s’attache très vite.

Découvrez un extrait sur le site des éditions Dargaud.


  • La pension Moreau, la peur au ventre (tome 2) : Marc Lizano et Benoît Broyart (Éditions de la Gouttière)

La pension Moreau, tome 2 : La peur au ventre par Broyart

La pension Moreau n’est pas une pension comme les autres, car si son but affiché est de remettre les enfants de familles fortunées dans le droit chemin, la vérité est tout autre…

J’attendais avec impatience de retrouver Émile, Paul et les autres qui fomentent une rébellion devant les brimades et sévices que les pensionnaires subissent. Un disque rayé, un rôti assaisonné d’une bien dégoûtante manière… les enfants ont de l’imagination à revendre ! Mais au cours d’une promenade dans la forêt, Émile va faire une surprenante et effroyable découverte qui le poussera à sortir de son mutisme pour avertir ses amis, et plus particulièrement Paul, du danger…

On retrouve dans ce deuxième tome ce que j’avais apprécié dans le premier : une inversion des rôles avec des animaux qui mettent en cage des humains et les tourmentent, de l’humour qui devrait plaire aux enfants, une amitié du genre à la vie à la mort, de l’aventure, des découvertes et des dessins simples, mais très explicites. En tant qu’adulte, j’ai également été sensible à une critique d’un certain capitalisme qui pousse à faire de l’argent et du profit sur le malheur des autres avec un cynisme à toute épreuve.

La fin de l’aventure laissant entrevoir un changement notable dans la vie de nos protagonistes, je suis impatiente de lire la suite et de découvrir les nouvelles épreuves qui attendent notre bande d’amis qui nous apparaît toujours aussi pleine de ressources, débrouillarde et soudée…

AVIS DU PREMIER TOME : Les enfants terribles 

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #23

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Un certain intérêt pour les flammes de Violette Paquet : nouvelle écrite durant les 24h de la nouvelle avec la consigne d’intégrer un lieu abandonné dans l’histoire.

Un certain intérêt pour les flammes

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je dois dire que j’ai été très agréablement surprise par la manière dont l’autrice arrive en quelques lignes à poser un décor et à saisir une ambiance. On découvre ainsi Edith, une jeune femme qui ne partage guère le goût des mondanités de sa famille, à commencer par son frère si parfait et si bien apprêté. Alors qu’elle aurait pu passer sa soirée à fumer et à regarder les invités guindés de ses parents « se distraire » et s’échanger des banalités, son attention est très vite attirée par l’une des invités, Alexandrine.

Si la jeune femme a tous les attraits d’une jeune ingénue, il faut parfois se méfier de l’eau qui dort. En faisant sa rencontre, Edith était loin de se douter qu’elle ferait une plongée brûlante et violente dans le passé de sa propre famille. Un passé que les flammes n’auront pas réussi à complètement effacer comme notre jeune héritière l’apprendra à ses dépens… En plus d’une tension qui monte crescendo avec cette impression d’étau qui se resserre et nous prend à la gorge, on appréciera la plume de l’autrice et sa manière bien à elle de brouiller les frontières entre les époques puisque si le récit se déroule de nos jours, il s’en dégage un charme suranné qui nous donne le sentiment d’avoir remonté les couloirs du temps.

Surprenante, immersive et pleine de tension, voici une nouvelle que je ne peux que vous conseiller et qui devrait vous surprendre par la tournure cauchemardesque qu’elle prend. Claustrophobes s’abstenir !

Lire la nouvelle en ligne ou la télécharger sur le site de l’autrice

  • La pension Moreau – les enfants terribles de Marc Lizano et Benoît Broyart : (Éditions de la Gouttière) :

Emile est un jeune garçon souvent perdu dans son monde intérieur. Il adore dessiner, griffonner, croquer, au grand dam de ses parents. Désespérés, ces derniers décident de l’envoyer à la Pension Moreau, un lieu de vie accueillant des enfants  » difficiles « . Pour être accepté, il suffit simplement d’avoir le porte-monnaie bien garni… Emile fait la connaissance de Paul, Jeanne et Victor, des pensionnaires qui ont subi le joug des différents professeurs. Peu à peu, la pension prend des allures de pénitencier et révèle sa vraie nature à Emile. L’entraide est de mise entre les camarades afin de supporter les humiliations et les mauvais traitements, mais pendant combien de temps vont-ils accepter ce régime ? Qu’ont-ils fait pour mériter cela ?

La pension Moreau est censée être un endroit pour éduquer et venir à bout des velléités de rébellion d’enfants difficiles appartenant à des familles fortunées. Il s’agit en fait d’un établissement lugubre tenu par un horrible directeur qui n’hésite pas à prôner l’humiliation et l’enfermement pour obtenir le respect et l’obéissance des enfants.

Sous fond de maltraitance infantile, on suit donc avec curiosité et un certain dégoût cette histoire mélangeant avec efficacité humains et animaux. Les humains étant les détenus et les animaux, les bourreaux de ces enfants que l’on ne peut que prendre en pitié. On se demande d’ailleurs ce qu’a bien pu faire le calme et gentil Emile pour finir dans cet horrible endroit. Certes, il a dû mal à communiquer autrement que par ses dessins, mais est-ce là un motif suffisant pour que des parents se séparent définitivement de leur enfant ?

Heureusement, le garçon va se faire des amis qui l’aideront à supporter un quotidien difficile autant physiquement que psychologiquement. Si Emile ne parle pas beaucoup, il n’en demeure pas moins touchant, notamment par sa gentillesse et sa manière très personnelle de se lier aux autres. Ses dessins sont pour lui son exutoire et l’on sent que derrière chacun d’entre eux, c’est une partie de lui-même qu’il pose sur le papier.

Entre brimades et jolis moments d’amitié et d’entraide, Emile va devoir faire face à sa nouvelle vie au sein d’une pension sur laquelle plane encore un certain mystère. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la situation risque d’exploser, certains élèves ne semblant pas prêts à baisser les bras devant la violence et les injustices qu’ils subissent au quotidien…

  • Mon grand frère et moi de Taghreed Najjar et Maya Fidawi

Aloush est le plus jeune de sa famille. Il est très proche de son grand frère, Ramez, qui est son idole.
Chaque jour, en se rendant à son travail, Ramez dépose Aloush à l’école. Il l’emmène jouer au basketball, le conduit au cinéma, et lui permet même de regarder le soccer avec ses amis. Mais soudainement, Ramez n’a plus de temps pour son petit frère : il est amoureux !
Aloush se sent délaissé et contrarié et essaie de se débarasser de cette « menace » en réalisant une série de farces. Aloush réussira-t-il à récupérer son frère
?

Crackboom (20 juin 2019) – 32 pages – 9,90€

Pas facile pour Aloush que son grand frère Ramez, dont il est très proche, se détourne de lui. Alors qu’ils passaient beaucoup de temps ensemble et multipliaient les activités,  Ramez prend ainsi ses distances ! La raison de ce changement de comportement : l’amour.

Des sentiments, certes très humains, mais qui laissent Aloush, encore très jeune, bien indifférent. Lui, ce qu’il comprend, c’est qu’une intruse est en train de lui voler son grand frère adoré. Une seule solution, s’en débarrasser ! Et pour ce faire, le garçon a tout un arsenal d’idées qu’il n’hésite pas à mettre en œuvre. Mais cette jeune femme représente-t-elle vraiment une menace pour Aloush et sa relation avec son frère ?

À travers ce court et sympathique ouvrage, sont abordés avec justesse et beaucoup de sensibilité des thèmes comme la fraternité, mais également la jalousie et l’importance d’accueillir et d’accompagner ce sentiment. Chose qu’a su parfaitement faire l’intruse qui, de fil en aiguille, deviendra Dimas, la sympathique fiancée d’un grand frère peut-être moins disponible, mais qui aime toujours autant son petit frère.

En bref, voici un joli album jeunesse sur la fraternité, la jalousie et la nécessité de rassurer un enfant sur le fait que l’arrivée d’une nouvelle personne dans sa vie ne menace nullement l’importance des relations déjà existantes.

Merci à NetGalley et aux éditions Crackboom pour cette lecture.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
Certains vous tentent-ils ?