Nini Zombie (tome 1) : Celle qui n’existait plus, Lisette Morival et Fabrizio Borrini

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nini est morte. Ce pourrait être la fin mais c’est le début d’une nouvelle aventure pour la jeune fille devenue un zombie. Mais rien n’est simple dans sa nouvelle vie. En renaissant, Nini a perdu la mémoire et ne se souvient que d’une chose: elle est dessinatrice. Mais qui est-elle vraiment? Pourquoi le professeur Spirit l’a-t-il ramenée à la vie? Et qui est Zékiel, ce feu follet qui se prétend éperdument amoureux d’elle? En partant à la recherche de son passé, Nini va prendre de gros risques. En effet, un lourd secret plane sur sa famille et de nombreuses personnes souhaiteraient qu’elle reste amnésique. Et puis surtout, la mort rôde et elle est prête à tout pour récupérer l’âme perdue de « celle qui n’existe plus ».

  • Broché: 222 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Éditeur : Kennes Editions (4 mai 2016)
  • Prix : 12.80 €

AVIS

Appréciant de plus en plus les éditions Kennes, je n’ai pas hésité très longtemps avant de craquer pour Nini Zombie même si les zombies et moi ne sommes, en général, pas très amis. Mais heureusement ici, nous sommes loin de l’ambiance de The Walking Dead ce qui, vous l’aurez compris, est plutôt un bon point pour moi.

Nous découvrons Nini, une adolescente très proche de ses parents et de sa sœur, Eloïse, avec lesquels elle coulait des jours heureux. Puis tout est parti à vau-l’eau : ses parents disparaissent mystérieusement, sa sœur et elle sont confiées à une institution tenue par un étrange et très laid directeur, et puis, il y a ces sombres et étranges dessins, le terrible choc, la transformation…

L’autrice a su dès les premières pages me plonger dans son récit riche en tension, en mystère, en humour et en personnages hauts en couleur. J’ai ainsi d’emblée apprécié Nini qui a un caractère que l’on pourrait qualifier d’entier. L’adolescente au look mi-gothique mi-manga, comme elle aime à le dire, sait ce qu’elle veut et n’hésite pas à faire entendre son avis. Mais en plus d’une personnalité affirmée, elle possède un don pour le dessin, celui-ci revêtant un caractère très spécial puisque ses dessins sont prémonitoires ! C’est certainement l’aspect du roman qui m’a le plus intéressée appréciant l’idée d’une personne qui peut voir le futur à travers ses talents artistiques…

Malheureusement, connaître son avenir ne permet pas forcément de le changer et Nini devra affronter sa mort comme elle l’avait prédit. Mais ce qu’elle n’avait pas anticipé, c’est d’être sauvé par un excentrique savant ni même de rencontrer des individus plutôt atypiques. À cet égard, j’ai été touchée par Blaise, un grand gaillard un peu simplet mais au très grand cœur. À sa manière, il va tout faire pour aider Nini à accepter sa nouvelle condition de zombie et à retrouver la mémoire, car oui, en devenant un zombie, les souvenirs s’effacent…

Autre personnage qui m’a bien plu, un petit chat qui va se révéler d’un grand soutien pour la jeune zombie, celle-ci ayant quelque peu tendance à se montrer imprudente. Il faut dire que rebelle dans l’âme, zombie ou pas, elle n’a pas vraiment l’intention de se laisser dicter sa nouvelle vie que ce soit pour son propre bien ou non. Si cela va parfois lui faire prendre de mauvaises décisions, cette indépendance d’esprit va également lui permettre de ne pas se laisser conter fleurette aveuglément par un personnage pressé de la voir quitter définitivement le monde des vivants.

Bien que peu présente dans ce premier tome, la sœur de Nini se montre plutôt attachante. Très différentes l’une de l’autre, les deux jeunes filles s’entendent à merveille et essaient de se protéger mutuellement. C’est donc avec tristesse qu’on voit Eloïse apprendre la disparition de sa sœur après celle de ses parents. Et on ne peut s’empêcher d’espérer que les deux sœurs arrivent à vaincre les obstacles pour enfin se retrouver.

En plus de la galerie de personnages variée et originale, j’ai beaucoup aimé le style de roman qui, tout en étant fluide et agréable, reste très accessible pour les enfants. Les dialogues réalistes et non dénués d’humour rendent, quant à eux, la lecture rythmée et prenante. Vous ne devriez donc pas voir les pages défiler sous vos yeux que vous soyez un petit ou un grand lecteur.

J’ai, en outre, trouvé très judicieuse la manière dont les auteurs ont utilisé le fil principal de l’intrigue pour mettre en exergue le poids des apparences et des préjugés dans la société. Obnubilées par la notion de beauté ou, du moins, repoussées par la laideur, Nini et sa sœur vont commettre la même erreur : juger l’autre sur son apparence plutôt que sur ses actes. Une erreur qui ne sera hélas pas sans conséquence, et qui sera exploitée par un personnage fourbe et malicieux… Le roman aborde également le thème de l’immortalité et du prix à payer pour l’obtenir.

À noter que le roman contient quelques illustrations. Un bonus que j’apprécie toujours beaucoup et qui permet de se plonger totalement dans le récit. Toutefois, je reste très dubitative sur le placement de ces dessins qui sont en décalage avec le fil de l’intrigue. Ce point a fini par réellement me perturber…

En conclusion, Nini Zombie est une lecture jeunesse fort sympathique qui devrait plaire aux enfants et/ ou aux adultes qui ont envie de lire une histoire de zombies sans les massacres qui y sont souvent associés. Je ne peux donc que vous encourager à vous plonger dans l’atmosphère très particulière de ce récit qui mêle mystère, action, enquête et quête de soi.

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Riverboat, Diana Kennedy

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Je remercie Diana Kennedy pour l’envoi, via le site Simplement, de l’album Riverboat regroupant les tomes 1 à 3 de sa série ainsi que pour l’envoi des tomes 4 et 5 sous forme de fascicule.

RÉSUMÉ

John F. Kennedy et Aldo Moro, deux anciens hommes d’État, s’embarquent sur un bateau à aubes, en route vers la cité mythique de Lysastra. Ils espèrent y retrouver la trace d’un ancien poème et pouvoir ainsi le déchiffrer. C’est le début d’une grande aventure avec mille rebondissements.

À quelle époque et où sommes-nous ? S’agit-il d’un autre univers uchronique ? Sommes-nous dans l’au-delà ? Quelle importance ? L’univers de Riverboat est aussi immense et mystérieux que le garage hermétique du major Gruber.

Les aquarelles éthérées donnent à cette BD classique une nouvelle forme d’expression adaptée au monde onirique et sans limites qui s’ouvre au lecteur.

AVIS

À la recherche d’un objet mythique, John, dont le nom et le visage devraient vous rappeler un certain politicien, et son ami Aldo, embarquent à bord d’un bateau à destination de Lysastra.

On s’attache très rapidement à ces deux protagonistes en raison, notamment, de la complicité qui les unit et qui les pousse à veiller l’un sur l’autre. Ils se révèlent également très complémentaires, John, du genre fonceur, étant assez enclin à foncer tête baissée dans l’action, quand Aldo est plus posé prenant le temps de la réflexion sans pour autant rechigner à agir quand cela s’avère nécessaire. Un duo qui fonctionne donc très bien et que l’on prend plaisir à suivre dans leurs péripéties, car n’en doutez pas, leur voyage en bateau ne sera pas de tout repos ! Ils devront ainsi faire face à des dangers prenant, entre autres, la forme d’une créature maritime avec laquelle vous n’avez pas particulièrement envie de barboter sans oublier leur face-à-face avec des soldats et une femme au mauvais caractère qui semble plutôt bien manier la gâchette.

Au-delà des scènes d’action qui s’enchaînent et donnent du rythme au récit, l’histoire bénéficie d’une certaine aura de mystère, ce qui contribue fortement au plaisir que l’on prend à se laisser embarquer dans ce « huis-clos ». Je mets des guillemets, car les deux héros quitteront pendant un petit laps de temps leur embarcation. Au fil de la lecture, de nombreuses questions finissent par assaillir les lecteurs : qui sont exactement ces deux personnages qui montent sur le bateau en cours de voyage ? Que veulent-ils à John ? Qui est réellement Aldo et pourquoi a-t-il réussi là où d’autres ont échoué ? Que fait un soldat allemand aux côtés d’un officier romain ? A quelle époque sommes-nous vraiment ?… Tout autant de questions qui vous tiennent en haleine et vous donnent envie de lire la suite de cet album.

En plus de l’action, du mystère, de l’humour distillé par petites touches, mais bien présent et du duo qui fonctionne à merveille, l’auteure a veillé à introduire plusieurs personnages assez marquants, car au caractère prononcé à l’instar d’un homme dont la méchanceté et l’avarice sont à la hauteur de sa fortune. Ce stéréotype du radin très riche, obnubilé par l’argent et rechignant à la moindre dépense même pour secourir son épouse, m’a beaucoup amusée. De sa petite taille (eh oui, l’argent ne peut pas tout acheter) à son comportement, tout concorde pour faire de lui le bouffon de l’histoire. Autre personnage intéressant, le Capitaine qui, pris entre le marteau et l’enclume, fait de son mieux pour maintenir son bateau à flot et assurer une bonne ambiance ou, du moins, apaiser les tensions entre les différents voyageurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une mince affaire…

Mais le personnage que j’ai le plus aimé et qui m’a complètement fait craquer est, sans aucun doute, Mallie, un parachat c’est-à-dire un chat paranormal avec quelques facultés utiles comme celles de pouvoir parler et sentir quand ses nouveaux amis sont en danger. En plus d’être trop mignonne et courageuse, Mallie se révèle également intéressante dans la mesure où elle permet à l’auteure d’aborder, même brièvement, la question des persécutions en raison de son origine. Un sujet qui, je le crains, demeure intemporel.

Enfin, j’aimerais parler du plus gros atout de cet ouvrage, son esthétique. Cartonné et bénéficiant d’une belle couverture, l’objet-livre est déjà très plaisant à admirer et à prendre en main.  Mais c’est bien en le parcourant et en découvrant les illustrations de Diana Kennedy que toute la magie opère ! N’ayant pas la fibre artistique, je suis toujours admirative des personnes qui, comme l’auteure, arrivent à vous transporter dans leur univers grâce à leurs coups de crayon. Presque vaporeuses, les illustrations possèdent, en outre, ce charme du travail fait à la main dont sont dépossédées la plupart des BD modernes. Si vous aimez les aquarelles teintées de douceur, mais d’une certaine profondeur, le travail de l’auteure/artiste devrait donc vous ravir.

J’ai également été séduite par l’expressivité des personnages dont on peut lire les différentes émotions sur le visage. Mais c’est le sens du détail de Diana Kennedy que je retiendrai. Il se perçoit, entre autres, au niveau des vêtements et des décors dessinés avec une précision leur conférant un grand réalisme. Les jeux et les dégradés de couleurs sont également un régal pour les pupilles sans oublier la manière dont l’artiste a su retranscrire le mouvement que ce soit au niveau des déplacements des personnages, de leurs mimiques, de l’eau…

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En conclusion, à travers une histoire teintée de mystère et au rythme plutôt soutenu, Diana Kennedy vous invite à faire la connaissance de deux personnages aussi différents que complémentaires et dont on ne peut que suivre les prochaines aventures avec plaisir. Riverboat devrait donc plaire aux personnes en quête d’un récit d’aventures sublimé par de magnifiques aquarelles. Alors, prêts à embarquer et à vous laisser porter par les flots et l’imagination de l’auteure ?

Envie d’acheter Riverboat ? Rendez-vous sur le site de l’auteure.