Astre-en-Terre (tome 1), L.P. HUREL

Astre-en-Terre: Fantasy young adult par HUREL

Depuis que les étoiles sont tombées du ciel, le monde a changé… Abandonnant la course au progrès, les Hommes ne jurent plus que par l’extraction de nectar stellaire qui leur confère de grands pouvoirs.​ Mais après plusieurs siècles de règne prospère, une ombre plane sur le culte des Étoiles.
Enguerrand est en route pour la cour de Célestia, où il doit rencontrer sa fiancée, quand il se fait enlever par des contrebandiers.
Intriguée par la disparition de son promis, la princesse Isolina défie le Conseil, lorsque le Dévoreur de Lumière déclare la guerre à Astre-en-Terre.
Arlandor est un homme sans histoires. Mais une nuit, son village est mis à feu et à sang et sa vie bascule.
TOUT LES OPPOSE… POURTANT LEUR DESTIN EST LIÉ.
Ensemble, ils vont devoir lutter pour la survie du royaume.
Et si cette aventure les amenait à remettre en cause tout ce en quoi ils croyaient, jusqu’aux fondements mêmes de la magie ?
Un récit haletant à trois voix qui vous emmènera aux confins d’Astre-en-Terre !

EXPLORA ÉDITIONS (8 février 2021) – 360 pages – Broché (16,99€) – Ebook (4,99€)

AVIS

J’ai tout de suite été attirée par la couverture de ce sympathique roman de fantasy young adult qui nous plonge dans un univers divisé entre les défenseurs et adorateurs des Étoiles, et les partisans du Dévoreur de Lumière. Néanmoins, de fil en aiguille, on comprend que cette vision très manichéenne du monde partagée par beaucoup n’est peut-être pas si juste que cela et que l’Histoire ne dit pas tout. Après tout, n’a-t-on pas coutume que l’Histoire est écrite par les vainqueurs ?

En commençant ce roman, je ne m’attendais pas à une telle profondeur et à une telle richesse de l’univers. Une bonne surprise qui explique, en partie, le plaisir pris à découvrir la nature de la magie dans ce monde, la manière dont elle est utilisée, ce qu’elle implique vraiment, et comment celle-ci a fini par devenir une source de différends plutôt que de rapprochement. Sous couvert de fiction, difficile de ne pas voir dans ce roman une charge subtile et pleine de justesse contre la déforestation, l’accaparement des richesses de la terre par les plus riches, l’exploitation à outrance et de manière complètement déraisonnable des ressources naturelles…

Ainsi comme dans notre réalité, les puissants de ce monde semblent tellement obnubilés par le pouvoir et le contrôle des masses qu’ils en viennent à oublier que les énergies et les ressources ne sont pas éternelles et qu’à trop les exploiter, ils risquent de laisser derrière eux un torrent de larmes et un paysage de désolation. Si ces thématiques de l’écologie, de la nature et de sa protection vous intéressent, vous devriez apprécier de vous plonger dans cette histoire dans laquelle magie et préservation de l’équilibre du monde sont étroitement liées… Pour ma part, j’ai adoré ce mélange entre des thèmes sociétaux actuels et une œuvre de fiction particulièrement rythmée et prenante.

Il faut dire que l’autrice ne laisse ni les lecteurs ni ses protagonistes dormir sur leurs lauriers : l’action, l’aventure, les retournements de situation et les trahisons sont légion ! Et même quand on pense qu’un petit moment de répit nous est accordé, le drame s’invite et nous laisse parfois pantelants. J’ai, ainsi, été agréablement surprise de la dureté de certaines scènes et de la manière dont l’autrice n’hésite pas à condamner certains personnages pour en grandir d’autres. Au fil des pages, j’ai d’ailleurs eu le sentiment que plus qu’une simple aventure, l’autrice nous proposait d’assister à la création de héros, pas toujours parfaits, mais volontaires et courageux. Des personnes très différentes les unes des autres, mais unies par une destinée qu’elles n’ont pas choisie et qu’elles sont condamnées à assumer.

Si le résumé fait état de trois protagonistes, dont Arlandor, dans les faits, on se concentre plus particulièrement sur Enguerrand, la princesse Isolina et, dans une certaine mesure, la contrebandière Moera. Arlandor, un ancien forgeron, n’intervient que plus tard, et reste finalement assez en retrait par rapport aux autres. Son rôle n’en demeure pas moins important, puisque l’on sent que rien n’est laissé au hasard dans ce récit où les pièces du puzzle se mettent progressivement en place pour nous dévoiler une réalité des plus sordides. Les faux-semblants ne sont jamais loin et la réalité, un miroir trompeur et quelque peu déformé…

De prime abord, Moera nous apparaît comme une femme pirate sans foi ni loi qui n’a pas hésité à kidnapper Enguerrand et faire de la vie de ce gentil garçon un véritable enfer. Mais plus on apprend à connaître la personne qu’elle est derrière cette image de femme forte, qui fait ce qu’elle veut sans se soucier des conséquences, plus on s’attache à elle. Loin de n’être qu’une effrontée au caractère bien affirmé, on découvre chez elle un passé compliqué et une sensibilité cachée sous des couches d’impertinence. Moera est probablement le personnage auquel je me suis le plus attachée, même si j’ai également ressenti une certaine affection pour la princesse Isolina.

Contrainte par sa fonction à un mariage d’intérêt avec Enguerrand, avant que ce dernier ne se fasse kidnapper, on sent le poids de ses responsabilités en même temps que l’on comprend ses velléités de rébellion. Il n’est jamais agréable d’être considéré comme un enjeu politique, stratégique et militaire au lieu et place d’une personne avec ses propres besoins et aspirations ! Mais cette farce de mariage arrangé sera loin d’être la seule épreuve que notre princesse va devoir affronter, l’autrice ayant placé sur sa route nombre d’obstacles qui la feront soit trébucher, soit s’élever et s’imposer comme une personne à part entière, dans un monde qui part en déliquescence. Forte et déterminée, mais dans une certaine mesure assez naïve sur la fourberie dont certains sont capables, la princesse Isolina se montrera incapable de saisir les indices d’un drame annoncé. Mais cela ne la rend que plus réaliste et humaine…

Enguerrand, quant à lui, est le personnage qui évolue le plus au fil des pages. D’abord frêle, résigné, réservé et presque indolent par sa tendance à se laisser porter par les événements, il s’affirme, trébuche, remonte en selle, avant de comprendre qu’une vie ne se subit pas, elle s’expérimente et se prend à bras-le-corps ! Cette évolution progressive, et donc réaliste, est en partie due à Moera avec laquelle il va nouer une relation complexe, entre peur, méfiance, amitié et sentiments plus difficiles à nommer, du moins pour quelqu’un d’aussi peu expérimenté qu’Enguerrand

L’alternance des points de vue entre les différents personnages apporte un dynamisme certain au roman, d’autant que les chapitres sont presque tous porteurs de mouvement et/ou d’informations importantes. Mais le gros point fort de l’autrice est d’avoir su brouiller les cartes, puisqu’il est quasiment impossible de savoir comment les choses vont tourner. Est-ce que les deux fronts qui semblent s’être dessinés vont se rejoindre pour ne faire qu’un ou le deuxième tome va continuer à faire vivre nos personnages en parallèle ? Qui est le couple associant Sang bleu et Sang rouge destiné à libérer les Étoiles ? Des questions parmi tant d’autres qui donnent envie de poursuivre l’aventure aux côtés de personnages enlisés dans la plus dangereuse et importante des quêtes, celle pour la vérité et la liberté !

En conclusion, voici un roman de fantasy immersif et rythmé qui ne devrait pas manquer de vous surprendre par sa richesse, mais aussi la large place qu’il accorde aux trahisons, aux faux-semblants et aux mensonges. Quand les frontières entre le bien et le mal se brouillent, les certitudes s’envolent, laissant un champ immense de possibilités et de dangers… Un champ que nos protagonistes sont bien décidés à explorer pour enfin s’approprier la vérité et trouver cet équilibre dont le monde a trop longtemps été privé. Et si entre les ténèbres et la lumière, une autre voie était possible ?

Je remercie Explora éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Pas de trois, Gwladys Viscardi

Pas de trois par Viscardi

En fuite après avoir commis l’irréparable, la belle Emma, égarée, épuisée, finit par trouver refuge au sein de bois inconnus, où les ondes paisibles du lac et les lentes allées et venues des cygnes ne suffisent à adoucir la perte de sa vie passée.

Le Prince Rawdon, vain et solitaire, rencontre la jeune femme lors d’une partie de chasse et tombe immédiatement sous son charme.

Mais dans la forêt, le danger rôde. L’enchanteur qui y a élu sa demeure, perçoit Emma comme une menace à de secrets desseins et, furieux, jette sur elle une cruelle malédiction. Cygne le jour, humaine la nuit, projetée au sein d’enjeux qui la dépassent, tout salut semble impossible, si ce n’est la mystérieuse, ténébreuse, et non moins inquiétante Eva.

Et si la fille de l’enchanteur pouvait se révéler une alliée inattendue ?

Books on Demand (27 octobre 2019) – 396 pages – Papier (13,99€) – Ebook (3.99€)

AVIS

Une plume délicate et poétique au service d’un univers enchanteur ! 

Nul besoin de vous dire que j’ai complètement craqué devant la couverture que je trouve aussi enchanteresse et mystérieuse que sublime. Elle est d’ailleurs à l’image de la plume de l’autrice qui m’a subjuguée par l’élégance et la finesse avec laquelle elle nous plonge dans cette réécriture du Lac des cygnes. N’ayant jamais eu la chance de voir ce ballet, je ne me prononcerai pas sur le degré de liberté pris, mais ce qui est certain, c’est que l’autrice a réussi à retranscrire toute l’idée de mouvement et de poésie que l’on est en droit d’attendre d’une telle œuvre.

Cela se ressent dans le choix des mots et la beauté de longues phrases qui prennent le temps de s’écouler au rythme des sentiments et des espoirs des personnages. Et puis, il y a cette manière dont l’autrice exalte nos sens et plus particulièrement la vue, sa plume étant indéniablement visuelle et immersive. Page après page, on s’imprègne de l’atmosphère des bois, de l’ambiance de suspicion, la forêt étant habitée par d’innombrables espions à bec et à plumes, de l’aura de danger, mais aussi d’espoir qui entoure nos protagonistes.

Un ballet fascinant prend ainsi vie sous nos yeux à condition d’apprécier les plumes poétiques et les romans d’ambiance dans lesquels chaque chapitre ne donne pas lieu à un rebondissement. Pour ma part, c’est quelque chose que j’ai adoré, mais j’ai conscience que ce qui fait le charme du roman pour moi pourra donner à d’autres un certain sentiment de lenteur et de langueur. Ne vous attendez donc pas à une histoire menée tambour battant, mais plutôt à une histoire qui prend le temps de se dévoiler à nous dans toute sa complexité et sa splendeur. Les enjeux et les ressorts dramatiques se dévoilent ainsi avec subtilité au fil de la lecture.

Deux jeunes femmes fortes et courageuses…

M’attendant à une narration alternée traditionnelle, j’ai quelque peu été déroutée par le découpage en trois parties du roman, chacune consacrée à l’un des trois protagonistes. Si cela manque peut-être de liant, ce découpage nous permet néanmoins d’appréhender avec une certaine acuité les différents enjeux de l’intrigue selon la perspective de chacun. À cet égard, je dois avouer avoir largement préféré la partie consacrée à Eva, le personnage, du moins pour moi, dont la psychologie est la plus fine, aboutie et complexe.

Cette jeune femme vit depuis toujours sous le joug d’un père malfaisant, violent et haineux qui utilise sa magie pour la contraindre elle, mais aussi tous ceux qui ont eu le malheur de croiser sa route. Année après année, il n’a ainsi pas hésité à transformer des êtres humains en une armée d’oiseaux obéissants et menaçants. Une méchanceté à laquelle n’a pas échappé Emma, une jeune femme de bonne naissance qui, après un crime de légitime défense, a dû fuir amis, famille et maisonnée avant de trouver refuge dans, malheureusement pour elle, la forêt de cet ignoble enchanteur.

En quittant une vie de confort afin d’éviter la mort, la douce et belle Emma n’aurait jamais pensé devoir affronter le courroux d’un enchanteur peu enclin à laisser ses plans machiavéliques menacés par l’arrivée d’une péronnelle. Ne pouvant l’occire sans en subir les conséquences, il lui lance un enchantement aussi pernicieux qu’effroyable : le jour, la belle se transformera en cygne ! Cela, suffira-t-il à l’éloigner durablement du Prince Rawdon, rencontré fortuitement, ou la jeune femme, avec l’aide inespérée d’Eva, pourra-t-elle trouver un moyen d’obtenir du prince ce salut tant espéré ?

… pour un conte qui bouleverse avec brio et subtilité les codes du genre !

Cette réécriture du célèbre ballet Le Lac des cygnes m’a très agréablement surprise, l’autrice n’hésitant pas à casser les codes des contes traditionnels dans lesquels les princes sont tout-puissants, et les princesses magnifiées dans leur impuissance. Ici, le prince nous apparaît presque faire de la figuration quand Emma et Eva prennent leur vie à bras-le-corps, se rebellent, luttent, trébuchent avant de se relever la tête haute et la tête emplie d’idées de liberté ! Chacune à leur manière, elles sont fortes et refusent de courber l’échine devant l’adversité et les épreuves qui ne manqueront pas de croiser leur route.

Rien ne les prédisposait à se rencontrer et pourtant, les deux jeunes femmes semblent être faites pour être complices, unies par ce même souhait d’émancipation. Un souhait qui m’a semblé être au cœur du récit : l’une souhaitant se libérer d’un père et d’une forêt aux limites infranchissables, l’autre des carcans de la société et du « sois belle et tais-toi » dans laquelle elle a été élevée. Si je n’ai guère été étonnée du courage d’Eva qui, élevée sans tendresse ni amour, a appris dès son plus jeune âge la force de la débrouillardise et l’importance d’être maître de son destin, Emma m’a surprise. Choyée depuis toujours, on aurait pu craindre qu’elle s’effondre devant le destin qui semble s’acharner sur elle quand elle nous prouve qu’être belle ne signifie pas être dépourvue de caractère, de pugnacité, de courage et d’audace ! La jeune femme, loin de s’effondrer, se révèle dans l’adversité.

En plus du travail effectué sur la psychologie des deux jeunes femmes, j’ai apprécié la manière dont l’autrice a pensé le duo et son évolution. Alors qu’en début de roman, Eva nous apparaît presque inquiétante, que ce soit en raison du noir qu’elle porte ou des secrets qu’elle refuse de dévoiler, elle finit par gagner le cœur des lecteurs, mais pas seulement. De fil en aiguille, la relation entre les deux jeunes filles change de nature, se renforce jusqu’à prendre une tournure que je trouve magnifiquement amenée. Il y a ainsi beaucoup de tendresse et de poésie dans la relation entre Eva et Emma, chacune exprimant ses émotions et sentiments avec une retenue teintée d’espoir et de craintes face à un avenir qui s’annonce compliqué…

Un prince sauveur ou troisième roue du carrosse ?

Quant au prince, s’il nous offre d’abord l’image d’un bellâtre superficiel et inconstant intéressé seulement par la chasse, le portrait finit par nous sembler quelque peu injuste et réducteur. En suivant son point de vue, on comprend que la chasse est pour lui un exutoire à sa frustration et qu’il n’est pas plus libre de ses choix que nos deux jeunes femmes, sa prison étant seulement d’une autre nature. On apprend donc à connaître les tours et contours d’une vie rythmée par les obligations royales, l’espoir d’obtenir auprès de la reine des fées un remède à la maladie d’un père qui ne semble guère lui faire confiance, et ses rêveries au sujet d’Emma. Une jeune femme qui, malgré les doutes qu’il a à son sujet, a réussi à capter son attention et à lui donner des envies de noces…

Plus complexe qu’il n’y paraît sans être d’une profondeur abyssale, Rawdon ne vole néanmoins pas la vedette à Emma et Eva, nous apparaissent plutôt comme un rouage nécessaire à leur desiderata de liberté. J’ai, en outre, apprécié la manière dont l’autrice utilise ce personnage pour nous pousser avec subtilité à réfléchir aux archétypes des princes dans les contes et autres histoires de princesse. Ainsi, quand on loue la bravoure des princes, on occulte que leur motivation n’est point la noblesse ou une quelconque grandeur d’âme, mais bien la beauté de leur demoiselle en détresse et la volonté de prouver leur bravoure… Un schéma auquel ne déroge pas Rawdon même si au fil du livre, on finit par ressentir une certaine pitié pour ce jeune homme qui n’aspire qu’à prouver sa valeur à un père qui semble bien plus prompt à le dédaigner qu’à le soutenir et à l’encourager.

Quand l’ennemi se conjugue également au féminin…

Au-delà du trio, j’ai également apprécié l’aura de mystère et de danger entourant l’enchanteur bien que j’aurais peut-être apprécié d’en apprendre un peu plus sur ce dernier, d’autant qu’il m’a semblé quelque peu caricatural par rapport aux autres personnages. La manière dont l’intrigue autour de cet affreux personnage est résolue m’a, en outre, paru un peu précipitée. En revanche, la reine des fées nous apparaît plus nuancée avec cette impression que cette alliée d’aujourd’hui pourrait faire le redoutable ennemi de demain. Puissante et intelligente, elle semble, en effet, tisser sa toile autour du prince sans que ce dernier ne s’en rende compte. Il faut dire qu’il est bien plus doué à la chasse que sur le terrain politique qui nécessite une subtilité et une certaine capacité à toujours avoir un pion d’avance, dont il semble complètement dépourvu… Je suis vraiment curieuse de découvrir comment les choses vont évoluer dans le deuxième tome, en croisant les doigts pour que notre beau prince gagne en perspicacité.

En conclusion, j’ai trouvé un petit côté révolutionnaire, voire féministe, à ce conte qui nous montre comment deux jeunes femmes, contraintes par les hommes et la société, vont tout faire pour gagner leur liberté, une liberté à laquelle aspire également un prince. Cette magnifique réécriture du célèbre ballet Le Lac des cygnes tout en poésie ravira les amateurs de belles plumes qui savent retranscrire, grâce à la beauté et le choix des mots, l’essence d’une histoire empreinte de magie, de mystère, de danger, d’espoir et d’illusions. Un roman à l’ambiance délicate, enchanteresse et envoûtante que je ne peux que vous recommander si vous appréciez les histoires immersives dont l’intérêt réside autant dans l’atmosphère que l’intrigue et les personnages.

Serpent & Dove, Shelby Mahurin

Serpent & Dove par Mahurin

Bound as one to love, honor, or burn.

Two years ago, Louise le Blanc fled her coven and took shelter in the city of Cesarine, forsaking all magic and living off whatever she could steal. There, witches like Lou are hunted. They are feared. And they are burned.

Sworn to the Church as a Chasseur, Reid Diggory has lived his life by one principle: thou shalt not suffer a witch to live. His path was never meant to cross with Lou’s, but a wicked stunt forces them into an impossible union—holy matrimony.

The war between witches and Church is an ancient one, and Lou’s most dangerous enemies bring a fate worse than fire. Unable to ignore her growing feelings, yet powerless to change what she is, a choice must be made.

And love makes fools of us all.

  HarperAudio (03/09/2019) – 14 h et 13 min –
Lu par Holter Graham et Saskia Maarleveld

AVIS

Serpent & Dove m’a redonné goût aux livres audio que j’avais quelque peu délaissés depuis le deuxième confinement. Or, à partir du moment où je l’ai commencé, j’ai cherché tous les prétextes pour en continuer l’écoute, complètement happée par l’histoire de Louise le Blanc alias Lou. Cette sorcière a fui son couvent et sa mère pour échapper à un sort peu enviable. Depuis, les larcins en tout genre lui permettent de vivre une vie, peut-être dangereuse, mais aussi pleine d’aventures. Éprise de liberté, Lou doit concilier sa soif de vivre, son exubérance et son besoin vital de rester cachée aux yeux des siens… Pour ce faire, elle pourra heureusement compter sur l’amitié indéfectible de Coco, une sorcière faisant appel à la magie de sang.

L’amitié entre les deux femmes est touchante en plus d’être indispensable à la survie de Lou, Coco étant la seule personne en laquelle elle peut avoir confiance. Si j’ai adoré Lou, sa débrouillardise, son impertinence, son côté obtus, mais juste, j’ai aussi beaucoup aimé sa meilleure amie qui se montre d’une fidélité à toute épreuve et qui n’est pas non plus dénuée de ressources. À elles deux, elles forment un duo qui se complète à la perfection et auquel on s’attache très vite !

Malheureusement pour Lou, un fâcheux concours de circonstances va venir bouleverser sa vie et la contraindre à épouser son ennemi naturel, un chasseur de sorcières ! On pourrait s’attendre à d’emblée détester Reid qui pense sincèrement qu’exterminer des femmes en raison de leur nature est son devoir, mais les choses nous apparaissent très vite plus complexes. Loin de n’être qu’un fanatique obnubilé par d’obscures volontés divines, c’est un homme bon, juste et d’honneur qui est prêt à se sacrifier pour sauver la population des exactions commises par les sorcières. Élevé dans la haine de ces dernières, et on pourrait ajouter dans la méfiance des femmes, il a une vision très manichéenne de la vie : le bien contre le mal, les humains contre les sorcières…

Une vision confortée par l’homme de foi qui l’a recueilli et transformé en parfait soldat, mais aussi par les sorcières elles-mêmes, certaines n’hésitant pas à tuer et à jeter des sorts aux conséquences aussi funestes qu’effrayantes. Dans ce monde, personne n’est donc ni tout blanc ni tout noir ! Une réalité dont a bien conscience Lou qui, si elle a fait des choses dont elle n’est pas fière pour survivre, n’en demeure pas moins une bonne sorcière qui ne demande qu’à vivre sa vie sans drame ni sang. Prise au piège dans la tour des chasseurs qu’elle n’a pas le droit de quitter, et forcée à cohabiter avec son mari dans une minuscule chambre, arrivera-t-elle à garder sa nature secrète ?

Sous couvert de fiction, l’autrice aborde différentes thématiques qui m’ont semblé intéressantes : l’obscurantisme religieux, le sort des femmes qui sont soit démons soit soumises, les préjugés, le cycle perpétuel de la haine, les liens familiaux, le rôle de l’éducation dans la formation des esprits, l’amitié, la capacité de certains à se battre pour leurs idéaux et à s’adapter à un monde en mouvement… Mais il est également question d’amour et de la manière dont deux personnes que tout oppose vont progressivement se rapprocher et évoluer au contact l’une de l’autre. J’ai ainsi adoré suivre l’évolution de la relation entre Lou et Reid qui s’avère plutôt tumultueuse, mais aussi emplie de moments qui ont fait battre mon cœur. Les deux personnages ayant des personnalités diamétralement opposées, leurs échanges ne manquent ni de saveur ni de piquant d’autant que Lou adore provoquer et titiller son très prude et austère mari.

Mais bien décidé à respecter son serment d’être toujours aux côtés de cette femme que le destin lui a imposée, Reid va faire de son mieux pour la comprendre et la protéger même s’il se montrera parfois maladroit et possessif. Si ses préjugés m’ont parfois agacée, il m’a bien souvent attendrie et touchée par toutes ses petites attentions qui prouvent son envie de se rapprocher de Lou. Une envie motivée, dans un premier temps, par son sens du devoir et de l’honneur, puis par des sentiments bien plus forts qu’il va devoir apprendre à apprivoiser… Quant à Lou, habituée à se méfier de tous et à se débrouiller par elle-même, elle ne pourra qu’être touchée par la manière dont Reid tente de la protéger. De fil en aiguille, elle commence à voir en lui l’homme derrière le chasseur, ce que personne n’a jamais fait avant elle !

Des mains qui s’effleurent, des gestes inconscients et instinctifs de tendresse, des sourires, des regards qui s’éternisent plus que de raison, une conscience aigüe de la présence de l’autre… La relation d’abord pleine de défiance entre nos deux héros va évoluer en quelque chose de bien plus doux, mais rien ne saurait être simple entre une sorcière et un chasseur. Lou peut-elle réellement aimer son mari et espérer le faire changer tout, en parallèle, faire face à une menace, peut-être encore bien plus terrible que le potentiel courroux d’un mari dupé ? À mesure que le passé de Lou menace de la rattraper, le rythme du roman s’intensifie et gagne nettement en noirceur ! En plus de l’action et de la tension qui nous tiennent en haleine, l’autrice nous réserve également quelques surprises, dont une révélation que je n’avais pas anticipée, mais qui permet de mieux comprendre le comportement de l’un des personnages.

L’univers sans être d’une complexité folle est assez riche et immersif pour permettre aux lecteurs de s’y plonger et d’en deviner la dureté. J’ai, en outre, apprécié de découvrir comment la magie de Coco et celle de Lou fonctionnaient même si j’aurais adoré que cet aspect du roman soit plus développé. Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée très fluide et immersive. Il se dégage quelque chose dans l’écriture qui nous permet dès les premières lignes de nous raccrocher aux personnages et d’entrer en empathie avec eux et les épreuves qu’ils traversent. Ceci explique d’ailleurs grandement le côté addictif du roman que je prendrais grand plaisir à relire dans sa version papier, en croisant les doigts pour qu’un éditeur français le rende accessible aux lecteurs francophones.

En ce qui concerne la partie audio, elle m’a complètement convaincue, les deux personnes interprétant Lou et Reid s’étant complètement approprié leur rôle ! En les écoutant, je n’ai eu aucun mal à me représenter les personnages, leurs sentiments et à visualiser les différentes scènes ou encore lieux d’action. Cerise sur le gâteau, plusieurs mots et expressions en français sont glissés dans le roman, et si la prononciation est parfois approximative, le charme opère.

En conclusion, Serpent & Dove m’a captivée du début à la fin que ce soit en raison de l’univers sombre et captivant, de l’antagonisme entre les sorcières et les chasseurs qui viendra compliquer une histoire d’amour naissante ou du travail réalisé sur la construction des personnages principaux et secondaires qui se révèlent, pour la plupart, attachants. Entre magie, secret, amitié, haine et amour, voici un roman de fantasy rythmé et immersif que vous aurez bien du mal à lâcher !

La petite danseuse au visage figé, Marielle Piccolo

La petite danseuse au visage figé par Piccolo

Hina, la petite danseuse de bois, est libérée de sa boite à musique par la souris du Lac. Liée à une malédiction, elle ne pourra pas rester dans un même lieu plus de trois jours. Accompagnée de ses deux ballerines transformées en chats, elle rencontrera un peintre qui voit tout en noir, une vendeuse de robes de poupées dévorée par l’avidité, et un toiletteur pour chats ayant peur des chats.

Auto-édition (4 août 2020) – 47 pages – 6,50€
Illustrations : Channy Da Pich

AVIS

Attirée par le résumé et la sublime couverture, je n’ai pas résisté bien longtemps au plaisir de me plonger dans ce conte enchanteur et plein de poésie que je prendrai plaisir à lire et relire.

L’autrice nous offre ici, en effet, une bien belle histoire, celle d’une danseuse de bois qui, enfermée dans sa boîte à musique, danse pour le plaisir de ceux qui en remontent la clé. Mais un jour, la gracieuse danseuse émet le souhait d’être libérée de sa cage dorée et d’avoir enfin la possibilité de jouir de sa liberté pour danser, non pas pour les autres, mais pour elle-même.

Comme par magie, n’oublions pas que nous sommes dans un conte, une bonne fée (ou plutôt une souris enchantée) lui apparaît et lui offre cette liberté tant désirée. Mais parce que la magie a toujours une contrepartie, Hina s’engage à ne jamais rester plus de trois jours au même endroit. Après tout, une danseuse ne se doit-elle pas de briller par ses mouvements ? Loin de s’offusquer de cette condition, Hina saute à pieds joints, et avec délice, dans cette nouvelle vie qui s’offre à elle.

Face à ce grand et inattendu bouleversement, elle pourra heureusement compter sur deux chats hauts en couleur, qui ne sont jamais d’accord entre eux, mais qui nous régalent de leur bonne humeur ! J’ai adoré l’idée de l’autrice de transformer les chaussures de l’héroïne en ces deux chats amusants, irrésistibles et attachants… Une idée délicieuse qu’elle saura parfaitement exploiter tout au long de cette aventure qui ne manque ni de charme ni d’émotion.

Page après page, Hina va rencontrer différents personnages, chacun d’entre eux lui permettant de découvrir une facette peu reluisante des humains : la noirceur et la mélancolie qui empêchent de voir la vie en couleurs, l’avidité qui rend la vie bien triste et morne, la peur qui enferme plus que n’importe quelle cage de fer… Et puis, bien plus positif, la danseuse découvre l’amour, noble sentiment qui fait battre le cœur, même des êtres de bois qui, en théorie, n’en ont pas.

Par ses talents de danseuse et sa vision pure du monde, dépourvue de peur et de préjugé, Hina aidera les personnes rencontrées à comprendre l’absurdité et/ou la vacuité de leurs comportements, à voir la beauté derrière les choses simples, à dépasser leurs pensées limitantes et à trouver en elles-mêmes la force d’être heureuses. Une aide précieuse et désintéressée qui poussera les nouveaux amis de la danseuse à lui proposer leur aide…

Mais de quoi peut bien avoir besoin une danseuse de bois, devenue vivante grâce à la magie d’une souris ? Laissons planer le mystère autour de cette question, mais si vous avez l’habitude des contes de fées, vous aurez probablement deviné. Pour ma part, j’ai adoré ce conte classique dans son déroulé, mais original par les thématiques abordées et les personnages secondaires qui ne manqueront pas de vous marquer. Suivre cette petite danseuse de bois qui, au gré des rencontres, évolue et découvre la vie hors de sa boîte à musique, a quelque chose de particulièrement émouvant et touchant.

En plus d’une écriture accessible, mais pleine de poésie, qui ravira les amateurs de plumes douces et imagées, l’ouvrage bénéficie de quelques illustrations, dont le charme réside dans leur simplicité et leur côté enfantin. Nul doute que les enfants apprécieront ces repères visuels pour se guider dans leur lecture qu’elle soit en parfaite autonomie ou non, le conte pouvant aussi bien se lire seul qu’en famille.

Parce qu’un conte sans morale n’en serait pas vraiment un, l’autrice nous offre, à travers son histoire pleine de poésie, de magie et de douceur, de jolis messages et une conclusion qui ravira autant les enfants que leurs parents. Après tout, n’avons-nous pas tous besoin de tendresse et de beaux sentiments ?

Je remercie l’autrice de m’avoir envoyé ce livre (disponible sur Amazon) en échange de mon avis.

Éléonore et les Démagicatrices, Loreleï Plume

Couverture Éléonore et les démagicatrices

À la mort de sa grand-mère, Éléonore, une jeune fille de dix-huit ans, découvre une boite qui change sa vie à jamais : une démagicatrice.
Celle-ci l’entraine dans un monde magique totalement inconnu, régi par une reine despotique.
Accueillie par une famille de sorciers qui l’aide à développer ses pouvoirs, elle se lie d’amitié avec Axel, Jérémy et Topaze.
Tout bascule lorsque Opale, la sœur de ce dernier, disparait mystérieusement.Qui a pu enlever cette jeune femme au-dessus de tout soupçon ? Pourquoi ?
À quatre, ils décident de mener l’enquête qui les entrainera dans les confins du royaume sorcier.

Auto-édition – (29 août 2020) – 402 pages – Papier (17€) – Ebook (5,99€)
Couverture : Christophe Ribbe Schrib

AVIS

Parce que je ne résiste jamais à une belle couverture et que le titre a tout de suite attiré mon attention, je me suis lancée avec grande curiosité dans ce roman qui m’a fait passer un moment de lecture des plus dépaysants. En effet, l’autrice a réalisé un travail absolument colossal et incroyable sur la construction de son univers qui m’a fait penser à Harry Potter. Pas dans son essence, bien que monde réel et monde des sorciers se côtoient également, mais plus dans cette impression que le monde qui se déploie sous nos yeux est bien réel. Loreleï Plume n’a ainsi rien laissé au hasard, son univers ayant été pensé avec soin dans ses moindres détails. De son histoire, à ses règles sociétales, en passant par ses spécificités, tout sonne vrai, réaliste et réalisable alors même que l’on parle magie, fées et sorcellerie !

Dans le monde des sorciers, on peut voyager à bord d’un coussin volant, bien que ce ne soit définitivement pas le moyen de locomotion le plus sûr, les cirques n’ont pas besoin d’animaux en chair et en os pour vous offrir des spectacles à vous couper le souffle, tenter de faire le ménage au moyen de son esprit dans une esthétique très Disney à portée de main pour certains, créer une bulle protectrice, un jeu d’enfant pour d’autres… En d’autres termes, vous en prenez plein les yeux à la moindre occasion sans pour autant ne jamais douter de l’existence de ce monde que vous ne pourrez que rêver d’explorer, du moins pour quelques heures ou quelques jours.

Car si ce monde magique est formidable pour les plus nantis et les voyageurs temporaires, c’est surtout un monde cruel dans lequel la royauté tient son peuple d’une main ferme et autoritaire, n’hésitant pas à exploiter les plus pauvres et à les faire vivre dans un climat de peur constant. Et c’est dans ce monde injuste et menaçant qu’Éléonore et Axel vont être brutalement plongés ! Après le décès de sa grand-mère, Eléanore va, en effet, découvrir que, pour la protéger, cette dernière lui avait caché la vérité sur sa nature et son héritage familial. Elle se pensait normale, elle se découvre sorcière et la reine légitime d’un royaume gangréné par la dictature. Si son identité est une réelle surprise pour elle, elle la met surtout en danger de mort... Prudent ou pas, la voilà donc contrainte de quitter sa vie d’humaine pour embrasser son destin. Elle pourra heureusement compter sur Axel, un protecteur, pour l’accompagner dans ce monde des sorciers aussi menaçant qu’attirant et excitant. 

Si le départ est précipité, le duo possède de précieux alliés sur place : les membres d’une famille soudée que l’on prend plaisir à découvrir et pour laquelle on se prend vite d’affection. Les journées, puis les mois passent donc entre découverte d’un monde dont Eléanore et Axel doivent s’approprier l’Histoire et les codes sociaux et sessions d’entraînement pour apprendre à maîtriser leur pouvoir respectif. Mais, entre la peur de la jeune fille d’être démasquée et la disparition d’un membre de la famille, les choses se compliquent et obligeront les différents protagonistes à prendre des chemins différents avant, peut-être, de mieux se retrouver. Comme avec La septième fée, j’ai été surprise que l’autrice choisisse de séparer le groupe, mais je concède que le choix est judicieux et permet moult rebondissements, entre scènes d’action, enquête policière, suspense, danger, mystère et tension !

On suit donc alternativement les différents personnages et l’on tremble pour eux, car ils vont devoir affronter des situations périlleuses qui ne les laisseront pas indemnes et qui les feront tous évoluer. Si l’autrice prend le temps de poser son intrigue, créant peut-être un sentiment de langueur dans la première partie du roman, les choses s’accélèrent jusqu’à atteindre un point de tension extrême dont l’issue m’a surprise et quelque peu choquée, mais dans le bon sens du terme. Avec la couverture, je m’étais attendue à une histoire gentillette, mais si vous pouvez vous attendre à de jolis moments de tendre amitié et de belle complicité, il y a aussi de la violence et des scènes assez difficiles, dont l’une qui m’a terriblement peinée. Bravo donc à l’autrice d’avoir osé emprunter des chemins inattendus qui apportent une certaine complexité et noirceur à une intrigue dont la magie nous enchante, mais dont la vérité sociétale nous dégoûte. Corruption, violence policière, misère, travail forcé, injustice, stigmatisation, complot… Sorciers et humains ne sont peut-être pas aussi différents que cela en fin de compte…

La situation sociale, humaine et politique du monde des sorciers nous révolte, mais elle convient parfaitement à la reine en place qui s’est assurée de la soumission de ses sujets. Elle ne voit donc pas d’un très bon œil l’arrivée d’une rivale, a fortiori désignée par la magie elle-même. Prête à tout pour conserver sa place et son pouvoir, elle s’engage alors dans une lutte sans merci, où tous les coups sont permis, mais Eléanore est-elle en mesure de faire face au danger ? Arrivera-t-elle à faire taire ses doutes afin de s’approprier cette place de reine qui lui revient de droit ? Pour le savoir, il vous faudra lire le roman, mais ce qui est certain, c’est que la jeune fille évolue grandement et gagne en maturité. Il faut dire qu’en quelques mois, elle a découvert la magie, l’amitié, le sentiment d’appartenance, l’excitation de la découverte, mais elle a aussi dû affronter la peur, la douleur et la trahison. Tout autant d’expériences qui l’ont rendue plus forte en même temps que très consciente de ce que son statut de reine légitime implique autant pour elle que pour ses amis et sa famille de cœur.

Quant à ses amis, ils ont également dû consentir à des sacrifices, certains très lourds, et pour se protéger et pour protéger Eléanore, seule capable de rétablir la lumière dans un royaume plongé dans les ténèbres. Parmi les différents protagonistes, j’ai été plus particulièrement touchée par Jérémy qui, en décidant d’aider la jeune fille, a pris une décision courageuse : celle de quitter une famille maltraitante qui ne pensait qu’à l’exploiter afin de faire tourner l’affaire familiale. Alors que son pouvoir est, dans son monde, déconsidéré, il se révélera un atout majeur pour l’enquête dans laquelle il se lance… Si j’ai développé au fil des pages mes préférences, chaque personnage semble avoir un rôle important à jouer, nous donnant l’impression que comme avec l’univers, l’autrice a pris le temps de bien penser en amont sa galerie de personnages, et la manière de faire converger les histoires et péripéties de chacun.

Autre atout de ce roman, l’écriture de Loreleï Plume qui se révèle aussi fluide qu’agréable. Le choix des mots semble étudié avec attention et le soin apporté aux détails rend le roman particulièrement immersif. Je pense néanmoins que les lecteurs habitués aux textes qui vont droit au but pourront être un peu décontenancés par la manière dont l’autrice prend le temps de développer le contexte, les décors et les différentes actions. Pour ma part, loin de me gêner, cela a nettement contribué au plaisir que j’ai pris à me plonger dans ce roman que je conseillerais à tous les lecteurs ayant envie de découvrir un monde magique particulièrement bien pensé, dont le côté enchanteur ne doit pas faire oublier la noirceur et la complexité.

Magie, amitié et action pour une intrigue aux différentes ramifications, dont l’issue est incertaine, mais la tension constante et l’héroïne incandescente !

Je remercie l’autrice de m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis.

 

Melena Sanders, tome 1 : Hantée par les ténèbres, Susan Illene

Melena Sanders a mené bien des combats dans l’armée, contre les rebelles et les terroristes, mais la voilà face à une nouvelle menace. Sa meilleure amie, Aniya, a disparu lors d’un voyage à Fairbanks, en Alaska – un sanctuaire du surnaturel. La plupart des êtres humains ignorent que de sombres créatures rôdent parmi eux, mais pas Mel. Si elle veut retrouver son amie, elle va devoir affronter le danger seule – mais pas désarmée. Melena possède quelques atouts autres que les acquis de l’armée, mais elle va devoir rapidement trouver une solution qui leur éviterait à son amie et elle de mourir. Une guerre est sur le point d’éclater à Fairbanks entre les différentes puissances et elle n’a pas d’autre choix que de plonger en plein dans l’action.

Mxm Bookmark (29 avril 2016) – 368 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Ayant une totale confiance en la collection Infinity des éditions Mxm Bookmark, je n’ai pas hésité à me lancer dans cette série dont je n’avais jamais entendu parler. Ce qui m’a attirée en premier lieu dans le résumé, est le profil atypique de l’héroïne qui est une ancienne militaire. Bien que cet aspect ne soit pas, pour le moment, utilisé outre mesure, ses compétences acquises durant son engagement dans l’armée lui seront néanmoins fort utiles… Melena va, en effet, devoir s’envoler en Alaska pour sauver sa meilleure amie,  Aniya, des griffes d’un mystérieux homme. Un voyage qui ne sera pas de tout repos et qui va la confronter à ce qu’elle fuit depuis longtemps : les surnaturels.

En tant que sensitive, il est dangereux pour la jeune femme de côtoyer ces êtres qui n’apprécieraient guère de savoir qu’elle puisse les détecter et encore moins qu’elle soit immunisée contre leur magie. C’est du moins ce que lui a appris sa protectrice avant de se faire tuer. Mais avec la disparition d’Anyia, Melena n’a pas d’autre choix que de se jeter dans la gueule du loup et d’affronter les créatures de ses cauchemars. Sorcières, loups-garous, vampires… tous semblent bien décidés à lui mettre le grappin dessus, les sensitives étant devenus une denrée rare et donc précieuse. Heureusement, la jeune femme n’est pas dénuée de ressources et fera de son mieux pour démêler le vrai du faux et retrouver son amie quitte à devoir accepter une collaboration forcée avec un loup-garou, Derrick.

J’ai beaucoup aimé ce personnage qui va se révéler amical, sympathique et assez protecteur, pas dans le sens « toi, femelle à moi », mais plus dans cette idée d’une amie qu’il aimerait garder en un seul morceau. Une position difficile à tenir puisqu’il travaille pour l’ennemie de Melena, une sorcière-vampire plutôt sadique et sans cœur. Derrick tranche assez avec les loups-garous que l’on peut trouver habituellement dans les livres d’urban fantasy tout en apportant une certaine complexité au roman. On découvre ainsi, petit à petit, son passé et ses blessures, ce qui nous permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles il consent à travailler pour une femme avide de pouvoir dont il n’approuve pas les actes…

D’autres personnages ont attiré mon attention comme Emily, une adolescente que Melena va prendre sous sa protection, un vampire taquin qui aime flirter avec notre héroïne sans oublier le mystérieux nephilim, Lucas. Ennemi juré de Melena dont il a tué la protectrice, il est censé être une menace pour cette dernière, mais s’évertue néanmoins à lui sauver la vie quand elle se met dans des situations inextricables… On en apprend un peu plus sur lui en dernière partie de roman, mais il conserve néanmoins une très grosse part de mystère. En revanche, nul doute qu’il est puissant, extrêmement puissant ! S’il n’y a pas de romance à proprement parler dans ce tome, on sent que Lucas devrait bientôt jouer un rôle dans la vie amoureuse de Melena, l’alchimie entre les deux personnages étant palpable…

J’apprécie, dans tous les cas, que l’autrice prenne le temps de poser le décor et de développer la personnalité de ses personnages avant de les jeter dans les bras l’un de l’autre. Cela nous pousse à anticiper avec impatience leur futur rapprochement tout en apportant une pointe de réalisme fort appréciable. Melena est, en effet, en guerre et n’a pas vraiment le temps de penser à l’amour quand sa meilleure amie est en danger. Devant l’urgence de la situation, elle emploiera les grands moyens n’hésitant pas à se mettre en danger pour la bonne cause et à mettre le doigt dans un engrenage infernal qui changera sa vie à jamais.

Si je ne me suis pas particulièrement attachée à cette héroïne, j’ai aimé sa pugnacité, son courage et, surtout, sa loyauté envers ses amies. C’est quelque chose que j’affectionne beaucoup dans les romans et qui prend une symbolique encore plus forte ici quand l’on sait que par amitié, Melena accepte de côtoyer des gens pour lesquels elle ressent une certaine défiance en raison de son éducation. Je trouve d’ailleurs intéressant que, sous couvert de fiction, l’autrice évoque les préjugés et les stéréotypes qui poussent à juger autrui sur ses origines plutôt que sur ses actes et sa personnalité. Fort heureusement, en cours d’aventure, notre héroïne va commencer à ouvrir les yeux sur un monde qu’elle a condamné dans son entièreté pour des exactions commises par quelques-uns…

Ce premier tome prend un peu de temps à démarrer, mais une fois les choses mises en place, les lecteurs sont entraînés dans un tourbillon de violence, l’autrice n’épargnant pas ses personnages ! Le rythme va crescendo jusqu’à une fin bourrée d’action et donnant lieu à une tonitruante révélation, du moins pour Melena, les lecteurs comprenant assez vite que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît. Mais n’oublions pas que les préjugés et le ressentiment aveuglent même les plus badass des héros… Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle à l’image de la série et de son héroïne : rythmée et dynamique !

En conclusion, Hantée par les ténèbres est un bon premier tome qui, en plus de nous plonger avec fracas dans une lutte acharnée pour le pouvoir, permet de faire connaissance avec les principaux personnages et d’entrevoir leur dynamique. Si vous avez envie de suivre une héroïne dotée d’une personnalité de guerrière et d’une loyauté sans faille, cette série devrait vous plaire. Pour ma part, je la poursuivrai avec plaisir curieuse de découvrir comment Melena va faire face à tous ces bouleversements que son arrivée en Alaska a entraînés dans sa vie… Enfer et mystère risquent fort bien d’être son nouveau credo surtout si un certain nephilim continue à venir la tourmenter !

Dynasties tome 2 : L’étincelle sous la glace, Ilona Andrews

Couverture Dynasties, tome 2 : L'étincelle sous la glace

Après une longue cavale, le tueur Jeff Caldwell a enfin été arrêté. Or les policiers l’interrogent en vain car l’une de ses victimes manque toujours à l’appel : Amy Madrid, une fillette de sept ans. Déterminée à lever le voile sur ce mystère, Nevada, détective professionnelle, décide de mener sa propre enquête. Car elle a le pouvoir de détecter les mensonges et d’obtenir la vérité, y compris quand on cherche à la lui cacher… Cependant, lorsqu’un client la sollicite, espérant lui confier une nouvelle mission, elle reconnaît qu’un peu d’aide serait bienvenue. Le puissant et séduisant Mad Rogan accepterait-il d’unir ses forces aux siennes ?

J’ai lu pour elle (25 octobre 2017) – 503 pages – 7,40€ (poche) – Ebook (5,99€)

AVIS

Ayant beaucoup apprécié Entre les flammes, le tome 1 de la série Dynasties, je me suis replongée avec plaisir dans cette suite qui m’a tout autant divertie. On retrouve Nevada qui accepte, cette fois-ci sans pression, une mission afin de trouver le ou les meurtriers de la femme de son nouveau client. Une enquête qui, en plus de la pousser dans ses retranchements, va mettre à jour un complot politique de grande envergure. Elle pourra heureusement encore compter sur le soutien de sa famille aussi atypique qu’attachante et sur le très charismatique et dangereux Mad Rogan.

Le duo d’auteurs nous propose ici un tome riche en action et en suspense qui ne devrait pas manquer de vous tenir en haleine et de susciter en vous quelques frayeurs. Les personnages ne sont pas épargnés et se retrouvent plus d’une fois au bord du précipice. Il leur faudra tout leur sang-froid et leurs talents conjugués pour garder la tête hors de l’eau et survivre aux multiples attaques qu’ils essuieront.

Si j’ai apprécié de découvrir toute la complexité de l’enquête ainsi que les différents types de magie entrant en action, j’ai également pris plaisir à suivre l’évolution de la relation entre Nevada et Rogan. Leurs différences de caractère et de valeurs vont être une source de malentendus et susciter entre eux certaines tensions, mais face aux événements extrêmes auxquels ils doivent faire face, ils seront plus ou moins obligés de faire des concessions…

Rogan nous apparaît, du moins en début d’intrigue, toujours aussi obtus, extrême et quelque peu autoritaire ! Des traits de caractère qui ne manqueront pas d’irriter, voire de révolter Nevada qui n’apprécie guère que son prétendant se mêle de ses affaires malgré ses demandes répétées de la laisser gérer la situation par elle-même. Forte et indépendante, elle tient à garder son autonomie et à prendre ses propres décisions quant à son avenir et sa famille…

Néanmoins, plus on avance dans l’histoire, plus on comprend les agissements de Rogan qui essaie de protéger l’illusion de normalité dans laquelle Nevada s’est enfermée et qui la rend vulnérable. En effet, malgré ses capacités impressionnantes, la jeune femme veut encore croire en la possibilité d’une vie normale quand tout autour d’elle lui prouve le contraire. Mais une découverte inattendue sur l’origine de ses dons va la conduire à reconsidérer sa position afin de protéger ce qui compte le plus pour elle, les siens ! 

Dans ce tome, la famille de Nevada est un peu moins présente, ce que j’ai regretté ayant adoré la grand-mère badass. Mais les valeurs familiales n’en demeurent pas moins importantes dans la vie de la jeune femme et lui permettront de garder son humanité malgré des événements difficiles qui auraient pu la faire sombrer. Depuis le premier tome, la jeune femme s’est endurcie, mais elle conserve donc un véritable respect pour la vie humaine, ce qui la poussera de nouveau à tenter de tempérer l’impétuosité de Rogan dont le monde est divisé entre alliés et ennemis. Une vision très manichéenne de la vie qui rend la communication parfois difficile, mais qui n’empêchera pas l’alchimie entre les deux personnages d’être toujours aussi palpable.

La romance n’est pas au cœur du récit, mais elle prend néanmoins une place importante dans ce tome, ce qui m’a plutôt plu appréciant la dynamique de ce duo haut en couleur aux côtés duquel il est bien difficile de s’ennuyer. On regrettera juste le temps perdu par Nevada qui essaie, durant une bonne partie de l’intrigue, de se convaincre de conserver ses distances avec Rogan alors qu’il nous apparaît clairement qu’il n’a pas tardé à conquérir son cœur. J’attends maintenant de voir comment leur relation va évoluer espérant retrouver les petites étincelles qui font tout le charme des échanges entre ces deux fortes têtes aussi passionnées, têtues et téméraires l’une que l’autre.

Action, rebondissements, suspense, révélations, famille, magie, complot politique et amour sont au programme de ce deuxième tome qui m’a offert un très bon et distrayant moment de lecture. Si vous avez envie d’un roman rythmé mettant en scène deux personnages complexes aussi différents que complémentaires, L’étincelle sous la glace devrait vous plaire.

Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie, Helen Harper

Quand fainéantise rime avec magie: Ivy Wilde, T1 par [Helen Harper ]

Bon, soyons clairs : Ivy Wilde n’est pas une héroïne. C’est même la dernière personne que vous contacteriez si vous aviez besoin d’une aide magique, malgré ses talents. Si ça ne tenait qu’à elle, Ivy passerait ses journées affalée dans le canapé, devant la télé, paquets de chips en main, à papoter avec son familier félin jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais quand elle se retrouve victime d’une erreur d’identité, elle est embarquée malgré elle à la Branche Arcane, le département d’investigation de l’Ordre Hermétique du Crépuscule d’Or. Les problèmes se multiplient quand un objet de valeur est volé au nez et à la barbe des représentants de l’Ordre ; et le fait d’être liée magiquement à l’Adeptus Exemptus Raphaël Winter ne fait qu’empirer la situation. Il a peut-être un regard couleur saphir et le corps d’un mannequin maillot de bain, mais pour Ivy, il représente tout ce qu’il y a de soporifique dans le boulot de sorcier. Et s’il l’oblige à retourner à la salle de sport, juré, elle le transforme en crapaud

MxM Bookmark (26 novembre 2018) – 344 pages – Broché (18€ ) – Ebook ( 5,99€)

AVIS

En pleine frénésie de fantasy urbaine, je me suis attaquée à ce roman dont la sublime couverture n’avait pas manqué d’attirer mon attention.

Ivy a été expulsée de l’Ordre, il y a maintenant quelques années… Pas traumatisée pour un sou, elle s’est donc forgé une vie à son image : cool et sans pression. Bon, il est vrai que son métier de chauffeur de taxi n’est pas toujours de tout repos, mais elle compense les aléas du métier par de longs tête-à-tête avec son canapé et des soirées endiablées avec sa télé. Mais parce que toutes les bonnes choses ont une fin, elle se retrouve, par un malheureux concours de circonstances, liée par magie à un membre de l’Ordre peu souriant et surtout, ô malheur, extrêmement travailleur !

Enfer et damnation, la voilà contrainte de l’épauler dans son travail jusqu’à ce que les effets du sort ne soient plus qu’un lointain et douloureux souvenir… Si Ivy se revendique fainéante et est partisane de la politique du moindre effort, au fil du roman, on s’aperçoit que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît et que la jeune femme est loin d’être le boulet qu’elle prétend être. Attendez-vous donc à découvrir une femme forte qui, sous couvert d’un amour immodéré pour les siestes, se révèle intuitive, pleine de surprises et très talentueuse sans oublier plutôt amusante puisqu’elle n’hésite jamais à dire, avec humour, le fond de sa pensée. On saluera également sa propension à élaborer des hypothèses parfois farfelues à partir d’un détail vestimentaire… Bref, un sacré personnage !

Un constat que Winter va très vite faire. Sa rencontre avec Ivy ne s’étant pas particulièrement bien déroulée, il se forge, dans un premier temps, une très mauvaise image de la jeune femme. Néanmoins, intelligent et bien plus gentil que son sérieux ne le laisse présager, il ne reste pas sur ses a priori et essaie de voir derrière les apparences… Il comprend ainsi rapidement que l’image de fainéante désinvolte et peu douée que veut ardemment se donner Ivy est bien loin de la vérité.

Les interactions entre les deux protagonistes sont plutôt amusantes : Ivy adore le taquiner et Winter, faisant progressivement tomber son masque d’impassibilité, ne manque pas non plus de répartie… De leur collaboration forcée naît donc une certaine complicité, voire un peu plus puisqu’un petit jeu de séduction s’instaure progressivement entre eux. Leur complémentarité s’impose également aux lecteurs : quand Winter se montre analytique et procédurier, Ivy compte sur ses intuitions et ses capacités magiques qu’elle a, d’ailleurs, de plus en plus de mal à cacher…

Les deux sorciers collaborent donc main dans la main pour démasquer le responsable d’un vol avant de comprendre que l’affaire est peut-être plus sérieuse qu’il n’y paraît. L’enquête est intéressante et nous permet d’entrer de plain-pied dans les rouages de l’Ordre, une institution qui n’est pas exempte de défauts et de fruits pourris, mais qui n’est pas aussi obsolète qu’aime à le penser Ivy. Il faut dire qu’ayant eu maille à partir avec l’Ordre par le passé, elle n’est peut-être pas la plus objective comme n’hésite pas à lui prouver, avec un certain tact, Winter…

En plus de ce duo plein de charme qui fonctionne à merveille, l’autrice a introduit un personnage qui aurait dû me faire fondre, Brutus, un chat qui parle, ou du moins, qui peut énoncer quelques mots. Je ne me suis malheureusement pas attachée à ce dernier, peut-être parce que le voir ponctuer la plupart de ses interventions par « connasse » ne m’a pas vraiment amusée ni même fait sourire. Toutefois, la fin du roman me laisse entrevoir une évolution de mon ressenti sur ce chat qui, je l’espère, se révélera plus attachant et intéressant dans la suite de l’aventure.

Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle efficace et fluide. On est vraiment dans une histoire légère et divertissante, ce qui se traduit par une certaine simplicité dans la narration, mais aussi beaucoup de dynamisme et de rythme dans le récit. Le roman se lit donc d’une traite et permet de se vider l’esprit auprès de deux personnages auxquels on s’attache beaucoup et dont on espère que l’attirance qu’ils semblent ressentir l’un pour l’autre débouchera sur une jolie relation.

En conclusion, si vous avez envie d’un roman de fantasy urbaine léger et facile à lire, Ivy Wilde est fait pour vous. L’univers n’est peut-être pas développé outre mesure, mais il y de la magie, de l’action, du mystère, du suspense et des protagonistes complémentaires dont on suit avec délectation les échanges toujours pleins d’humour. Je retrouverai donc avec plaisir la truculente et amusante Ivy dans ses autres aventures en espérant que sa complicité avec le beau Winter soit toujours aussi palpable et se mue en quelque chose de plus profond.

Retrouvez le roman sur le site des éditions MxM Bookmark.

Dynasties, tome 1 : Entre les flammes, Ilona Andrews

Couverture Dynasties, tome 1 : Entre les flammes

Il y a plus d’un siècle, des scientifiques ont créé un sérum permettant de développer des dons d’ordre surnaturel. Depuis, ces gènes se transmettent de génération en génération…
Détective privée, Nevada Baylor peut détecter les mensonges chez autrui. Alors qu’elle s’apprête à affronter le challenge le plus ardu de sa carrière, retrouver un certain Adam Pierce, elle se fait kidnapper. Son ravisseur ? Rogan, un séduisant milliardaire aux grands pouvoirs. Entre le désir de fuir et celui de s’abandonner à lui, Nevada hésite…

J’ai lu pour elle (26/04/2017) – 480 pages – Ebook (5,99€)

AVIS

Entre les flammes est un bon roman de fantasy urbaine nous plongeant dans un monde où un sérum a permis à certains de développer des capacités magiques transmises de génération en génération. Les lignées les plus puissantes ont ainsi gagné en force et en pouvoir au fil des années ce qui leur a octroyé, au passage, certains privilèges et une place de premier ordre dans la société.

Nevada, quant à elle, n’appartient pas à ce cercle de puissants et de nantis. À la tête d’une agence familiale de détectives, son premier objectif dans la vie est de prendre soin de sa famille qui dépend d’elle financièrement. Pour cela, elle est prête à tout et même à céder à l’horrible chantage de l’entreprise qui a racheté son agence et qui lui impose une mission suicide sous peine de lui voler tout ce qu’elle possède. Contrainte et forcée, elle doit ainsi mettre la main sur Adam Pierce, membre d’une puissante famille, mais aussi jeune homme instable et dangereux déjà responsable de la mort d’un homme… Si les choses n’étaient déjà pas assez compliquées, la jeune femme doit également consentir à s’associer à Rogan, un homme qui n’a pas hésité à la kidnapper pour obtenir d’elle certaines informations ! 

Les deux protagonistes sont aux antipodes l’un de l’autre. Nevada est une personne gentille, honnête, droite, volontaire et totalement dévouée aux siens qui ont beaucoup souffert de la mort du patriarche. Les relations familiales prennent d’ailleurs une grande place dans la vie de notre héroïne, ce que j’ai trouvé touchant et plutôt original pour un livre de fantasy urbaine. Malgré les problèmes et les divergences d’opinions, les membres de la famille de Nevada sont donc très soudés et prêts à tout pour se protéger les uns les autres… Et mention spéciale à la grand-mère complètement badass pour laquelle j’ai eu un coup de cœur. En plus de manier à la perfection la clef à molette, elle n’a pas sa langue dans sa poche et apporte ce petit grain de folie qui manque à la très sérieuse et responsable Nevada.

Quant à Rogan, c’est un être extrêmement puissant, solitaire, déterminé et incroyablement dangereux. Ancien militaire, il suit son propre code d’honneur et n’hésite pas à tuer sans remords ses ennemis a fortiori quand ceux-ci le menacent. Une manière de voir la vie humaine qui ne sied guerre à Nevada qui va faire de son mieux pour le faire évoluer sur le sujet. Dans le même temps, elle va essayer, malgré son attraction pour cet homme fascinant, de garder ses distances, ce qui ne sera pas toujours facile ni de tout repos.

Si la jeune femme s’extasie à quelques reprises sur le corps de son associé provisoire, j’ai apprécié qu’elle ne se jette pas à ses pieds et ne passe pas son temps à fantasmer sur lui. Les auteurs introduisent donc une certaine attraction et alchimie sexuelle entre les deux protagonistes sans focaliser toute l’intrigue autour de ça. Au contraire, l’action est au rendez-vous avec de multiples scènes de combat et un déploiement impressionnant de la magie.

À cet égard, il est intéressant de découvrir progressivement les différents types de magie qui existent, mais aussi les facultés de chacun, certaines se révélant destructrices. Nevada devrait d’ailleurs vous réserver quelques surprises de ce côté-là, mais je vous laisserai le plaisir de découvrir vous-mêmes l’étendue des capacités de cette jeune femme courageuse, mais également très humaine. Elle ne baisse jamais les bras, affronte tous les dangers pour protéger sa famille, mais elle possède également ses propres failles et a conscience de ses faiblesses. Un réalisme qui lui sera vital pour affronter les différentes forces qui s’opposent dans ce premier tome dont l’épilogue m’a complètement laissée sans voix ! La vengeance semble avoir une emprise bien néfaste sur certaines personnes…

Quant au style du duo d’auteurs se cachant derrière le pseudo de Ilona Andrews, il s’est révélé plutôt efficace pour me faire tourner rapidement les pages d’autant que la présence de nombreux dialogues apporte beaucoup de dynamisme au récit. Sans être d’une élégance rare, la plume est donc agréable et sans aucune dissonance. Difficile de savoir que deux personnes se cachent derrière l ‘écriture de ce premier tome.

En conclusion, ce premier tome met en place un univers riche dans lequel la magie se révèle multiple et fascinante et les jeux de pouvoir plus retors qu’il n’y paraît ! Si vous avez envie d’un roman de fantasy urbaine rythmé, immersif, facile à lire et construit autour d’un duo prometteur dont on appréciera l’alchimie et la complémentarité, Entre les flammes devrait vous plaire.

Le dernier gémini (Galénor t. 2), Audrey Verreault

Le dernier gémini (Galénor t. 2) par [Audrey Verreault]

« Asmodée est de plus en plus radical avec sa politique anti-inferniths… Il veut qu’on les envoie tous à la prison d’Astheroth pour les interroger et les pister… Puis il y a ces magiciens avec leurs masques en forme de têtes de corbeaux qui rôdent à travers Galénor et attaquent des villages. Personne ne sait d’où ils viennent. Ni ce qu’ils veulent. Moi je m’en doute. Ils ont assassiné mes parents adoptifs… Je pense qu’ils cherchaient ce qu’ils m’ont légué… J’essaie de chasser tout ça de mes pensées…
Nous avons presque tout épuisé nos réserves de poudre d’artanis et nous, magiciens, ne pourrons bientôt plus exercer notre magie.
Asmodée a mis la main sur une pierre de Kartane qui pourra peut-être remplacer l’artanis et mettre fin à la pénurie magique qui plane sur notre monde. Or, le Kartane figure parmi les substances les plus convoitées de l’univers…
Nous avons été mandatés, moi et les autres géminis pour protéger cette pierre jusqu’à ce que les alchimistes aient terminé leurs recherches.
Nous sommes en fonction. Cette nuit, j’ai la pierre, dissimulée sur moi. La fête bat son plein. La salle est bondée. Un homme encapuchonné franchit la porte d’arche. Des ailes noires pendent à son dos. Il sort du lot, mais il y a autre chose… »
– Daphnée

Fantasy, magie et romance vous attendent dans ce deuxième tome de Galénor où nous suivons cette fois-ci Daphnée, accompagnée de ses amis géminis – JudyAnn, Tom et Kyle, ainsi que de Vincent, leur nouvel allié vampire.

Auto-éditée (6 mars 2020) – 361 pages – Broché (14,76€) – Ebook (3,99€)

Retrouvez ma chronique du premier tome, Le livre des portes.

AVIS

J’ai attaqué ma lecture sans avoir beaucoup de souvenirs du tome précédent. Fort heureusement, après quelques pages, certains événements et éléments me sont revenus en tête comme mon coup de cœur pour Mérindol. J’adore sa personnalité, sa bienveillance et son rôle de guide et de mentor qu’il prend très à cœur…

Bien que ce tome soit centré sur Daphnée, l’autrice a opté pour une narration alternée nous permettant de suivre également les autres personnages découverts, pour la plupart, dans le premier tome. Cela apporte beaucoup de fluidité et de dynamisme tout en nous donnant l’impression de faire partie intégrante de l’action et de la bande d’amis. Toutefois, ce procédé ne permet pas de développer outre mesure la psychologie de chacun, ce qui pourra frustrer certains lecteurs. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée d’autant que l’on sent que c’est un choix de l’autrice de favoriser le rythme et l’action et que ça fonctionne très bien puisqu’on ne s’ennuie pas un instant.

L’autrice nous donne néanmoins assez d’informations et d’éléments pour différencier les personnages et développer nos propres préférences. À cet égard, je reconnais avoir nettement préféré Daphnée à JudyAnn. La jeune femme affronte avec beaucoup de courage et de détermination les différentes épreuves qui se présentent à elle, du meurtre de ses parents adoptifs à ce puissant et dangereux artefact dont elle a hérité et qu’elle doit protéger en passant par cette pierre qu’elle a en partie absorbée et qui menace de la faire sombrer ! Elle pourra heureusement compter sur ses amis et ses alliés tout en devant collaborer avec un insaisissable magicien-corbeau dont la vie se retrouve inopinément et inextricablement liée à la sienne.

Toujours en train de manigancer quelque chose et manquant cruellement de transparence et d’honnêteté, Danik se révèle un personnage fort intrigant qui évolue tout au long de l’aventure. Ce personnage permet à l’autrice de soulever la question du passé et des émotions. Peut-on vivre sans tous ces souvenirs qui font de nous ce que nous sommes ? Une vie, dépourvue d’émotions, vaut-elle vraiment la peine d’être vécue ? Un individu sans passé et sans aucune émotion ne devient-il pas une coquille vide dont la vie se résume à une succession de jours sans saveur ? Chacun se forgera sa propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que ces questions vont fortement diviser Danik et Daphnée, le premier aspirant à tout oublier quand la deuxième n’imagine pas une vie sans tous ses souvenirs…

Les deux protagonistes ne pourraient être plus différents, pourtant, au fil des épreuves, ils se rapprochent et apprennent, petit à petit, à se faire confiance malgré les nombreux doutes et les dangers. Et puis, il y a cette part d’onirique dans leur relation qui les lie et leur permet de faire tomber les masques quand la réalité leur demande la prudence. Les interactions entre les deux personnages se révèlent intéressantes tout comme la manière dont ils évoluent côte à côte, mais j’ai surtout apprécié que l’autrice ne tombe pas dans l’écueil du premier tome avec une romance assez peu convaincante. Si l’on devine rapidement le tournant que va prendre la relation entre Danik et Daphnée, il n’y a aucune précipitation ni faux drame. Leurs sentiments se développent naturellement, ce qui ne les rend que plus touchants et réalistes.

La narration alternée dynamise grandement le récit, mais il faut aussi compter sur les multiples enjeux de ce tome, chaque problème semblant en amener un autre. Une cascade de dangers qui entraîne moult aventures et péripéties, certaines poussant nos protagonistes dans leurs retranchements. Loin de Mérindol et pris en étau entre leurs ennemis et leur propre camp, ils vont ainsi devoir puiser au fond d’eux-mêmes pour trouver la force d’avancer et de se surpasser alors même que tout autour d’eux n’est que mensonges, complots et faux-semblants…

Comme dans le premier tome, l’autrice nous offre un bestiaire étoffé, des personnages de différentes natures et un univers complexe et nuancé dans lequel le manichéisme n’a pas sa place. On retrouve également ce thème du racisme et du rejet systématique de l’autre en raison de sa différence. Un thème qui ne devrait pas manquer de vous révolter et de vous faire comprendre combien il s’avère difficile pour certains de nos personnages de trouver leur place dans un univers où, quelle que soit la dimension, les préjugés ont la vie tenace.

Pour autant, tout n’est pas sombre, les choses évoluant progressivement grâce à des personnes qui se battent pour la justice, l’équité et le droit à la différence. Une jolie leçon qui trouve son apogée dans une fin émouvante et pleine de vérité nous prouvant qu’il est toujours possible de se repentir et d’agir pour le bien commun. Quant au grand final, riche en émotions, il se révèle d’une justesse folle bien que difficile sur le plan émotionnel. Une fois le choc passé, je l’ai même trouvé optimiste avec cette idée que de l’obscurité peut naître la lumière et que la vie n’a de sens qu’en étant pleinement vécue… Une évidence qu’il est toujours bon de rappeler surtout quand c’est fait, comme ici, de manière poignante. 

En conclusion, Le dernier gémini ne souffre nullement du syndrome du deuxième tome, l’autrice nous proposant ici une suite menée tambour battant et riche en révélations, complots et autres retournements de situation. L’univers est toujours aussi étoffé et complexe et source à soulever des thèmes ancrés dans notre réalité comme le racisme, la peur de la différence, la résilience, la rédemption, l’amitié, l’amour mais aussi le sens de la vie et de la mort. Rythmé et immersif, voici un roman de fantasy qui vous fera passer par différentes émotions et vous tiendra en haleine jusqu’à un dénouement final aussi intense que lumineux.

Merci à l’autrice pour cettte lecture que vous pourrez achter sur Amazon.