Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie, Helen Harper

Quand fainéantise rime avec magie: Ivy Wilde, T1 par [Helen Harper ]

Bon, soyons clairs : Ivy Wilde n’est pas une héroïne. C’est même la dernière personne que vous contacteriez si vous aviez besoin d’une aide magique, malgré ses talents. Si ça ne tenait qu’à elle, Ivy passerait ses journées affalée dans le canapé, devant la télé, paquets de chips en main, à papoter avec son familier félin jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais quand elle se retrouve victime d’une erreur d’identité, elle est embarquée malgré elle à la Branche Arcane, le département d’investigation de l’Ordre Hermétique du Crépuscule d’Or. Les problèmes se multiplient quand un objet de valeur est volé au nez et à la barbe des représentants de l’Ordre ; et le fait d’être liée magiquement à l’Adeptus Exemptus Raphaël Winter ne fait qu’empirer la situation. Il a peut-être un regard couleur saphir et le corps d’un mannequin maillot de bain, mais pour Ivy, il représente tout ce qu’il y a de soporifique dans le boulot de sorcier. Et s’il l’oblige à retourner à la salle de sport, juré, elle le transforme en crapaud

MxM Bookmark (26 novembre 2018) – 344 pages – Broché (18€ ) – Ebook ( 5,99€)

AVIS

En pleine frénésie de fantasy urbaine, je me suis attaquée à ce roman dont la sublime couverture n’avait pas manqué d’attirer mon attention.

Ivy a été expulsée de l’Ordre, il y a maintenant quelques années… Pas traumatisée pour un sou, elle s’est donc forgé une vie à son image : cool et sans pression. Bon, il est vrai que son métier de chauffeur de taxi n’est pas toujours de tout repos, mais elle compense les aléas du métier par de longs tête-à-tête avec son canapé et des soirées endiablées avec sa télé. Mais parce que toutes les bonnes choses ont une fin, elle se retrouve, par un malheureux concours de circonstances, liée par magie à un membre de l’Ordre peu souriant et surtout, ô malheur, extrêmement travailleur !

Enfer et damnation, la voilà contrainte de l’épauler dans son travail jusqu’à ce que les effets du sort ne soient plus qu’un lointain et douloureux souvenir… Si Ivy se revendique fainéante et est partisane de la politique du moindre effort, au fil du roman, on s’aperçoit que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît et que la jeune femme est loin d’être le boulet qu’elle prétend être. Attendez-vous donc à découvrir une femme forte qui, sous couvert d’un amour immodéré pour les siestes, se révèle intuitive, pleine de surprises et très talentueuse sans oublier plutôt amusante puisqu’elle n’hésite jamais à dire, avec humour, le fond de sa pensée. On saluera également sa propension à élaborer des hypothèses parfois farfelues à partir d’un détail vestimentaire… Bref, un sacré personnage !

Un constat que Winter va très vite faire. Sa rencontre avec Ivy ne s’étant pas particulièrement bien déroulée, il se forge, dans un premier temps, une très mauvaise image de la jeune femme. Néanmoins, intelligent et bien plus gentil que son sérieux ne le laisse présager, il ne reste pas sur ses a priori et essaie de voir derrière les apparences… Il comprend ainsi rapidement que l’image de fainéante désinvolte et peu douée que veut ardemment se donner Ivy est bien loin de la vérité.

Les interactions entre les deux protagonistes sont plutôt amusantes : Ivy adore le taquiner et Winter, faisant progressivement tomber son masque d’impassibilité, ne manque pas non plus de répartie… De leur collaboration forcée naît donc une certaine complicité, voire un peu plus puisqu’un petit jeu de séduction s’instaure progressivement entre eux. Leur complémentarité s’impose également aux lecteurs : quand Winter se montre analytique et procédurier, Ivy compte sur ses intuitions et ses capacités magiques qu’elle a, d’ailleurs, de plus en plus de mal à cacher…

Les deux sorciers collaborent donc main dans la main pour démasquer le responsable d’un vol avant de comprendre que l’affaire est peut-être plus sérieuse qu’il n’y paraît. L’enquête est intéressante et nous permet d’entrer de plain-pied dans les rouages de l’Ordre, une institution qui n’est pas exempte de défauts et de fruits pourris, mais qui n’est pas aussi obsolète qu’aime à le penser Ivy. Il faut dire qu’ayant eu maille à partir avec l’Ordre par le passé, elle n’est peut-être pas la plus objective comme n’hésite pas à lui prouver, avec un certain tact, Winter…

En plus de ce duo plein de charme qui fonctionne à merveille, l’autrice a introduit un personnage qui aurait dû me faire fondre, Brutus, un chat qui parle, ou du moins, qui peut énoncer quelques mots. Je ne me suis malheureusement pas attachée à ce dernier, peut-être parce que le voir ponctuer la plupart de ses interventions par « connasse » ne m’a pas vraiment amusée ni même fait sourire. Toutefois, la fin du roman me laisse entrevoir une évolution de mon ressenti sur ce chat qui, je l’espère, se révélera plus attachant et intéressant dans la suite de l’aventure.

Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle efficace et fluide. On est vraiment dans une histoire légère et divertissante, ce qui se traduit par une certaine simplicité dans la narration, mais aussi beaucoup de dynamisme et de rythme dans le récit. Le roman se lit donc d’une traite et permet de se vider l’esprit auprès de deux personnages auxquels on s’attache beaucoup et dont on espère que l’attirance qu’ils semblent ressentir l’un pour l’autre débouchera sur une jolie relation.

En conclusion, si vous avez envie d’un roman de fantasy urbaine léger et facile à lire, Ivy Wilde est fait pour vous. L’univers n’est peut-être pas développé outre mesure, mais il y de la magie, de l’action, du mystère, du suspense et des protagonistes complémentaires dont on suit avec délectation les échanges toujours pleins d’humour. Je retrouverai donc avec plaisir la truculente et amusante Ivy dans ses autres aventures en espérant que sa complicité avec le beau Winter soit toujours aussi palpable et se mue en quelque chose de plus profond.

Retrouvez le roman sur le site des éditions MxM Bookmark.

Dynasties, tome 1 : Entre les flammes, Ilona Andrews

Couverture Dynasties, tome 1 : Entre les flammes

Il y a plus d’un siècle, des scientifiques ont créé un sérum permettant de développer des dons d’ordre surnaturel. Depuis, ces gènes se transmettent de génération en génération…
Détective privée, Nevada Baylor peut détecter les mensonges chez autrui. Alors qu’elle s’apprête à affronter le challenge le plus ardu de sa carrière, retrouver un certain Adam Pierce, elle se fait kidnapper. Son ravisseur ? Rogan, un séduisant milliardaire aux grands pouvoirs. Entre le désir de fuir et celui de s’abandonner à lui, Nevada hésite…

J’ai lu pour elle (26/04/2017) – 480 pages – Ebook (5,99€)

AVIS

Entre les flammes est un bon roman de fantasy urbaine nous plongeant dans un monde où un sérum a permis à certains de développer des capacités magiques transmises de génération en génération. Les lignées les plus puissantes ont ainsi gagné en force et en pouvoir au fil des années ce qui leur a octroyé, au passage, certains privilèges et une place de premier ordre dans la société.

Nevada, quant à elle, n’appartient pas à ce cercle de puissants et de nantis. À la tête d’une agence familiale de détectives, son premier objectif dans la vie est de prendre soin de sa famille qui dépend d’elle financièrement. Pour cela, elle est prête à tout et même à céder à l’horrible chantage de l’entreprise qui a racheté son agence et qui lui impose une mission suicide sous peine de lui voler tout ce qu’elle possède. Contrainte et forcée, elle doit ainsi mettre la main sur Adam Pierce, membre d’une puissante famille, mais aussi jeune homme instable et dangereux déjà responsable de la mort d’un homme… Si les choses n’étaient déjà pas assez compliquées, la jeune femme doit également consentir à s’associer à Rogan, un homme qui n’a pas hésité à la kidnapper pour obtenir d’elle certaines informations ! 

Les deux protagonistes sont aux antipodes l’un de l’autre. Nevada est une personne gentille, honnête, droite, volontaire et totalement dévouée aux siens qui ont beaucoup souffert de la mort du patriarche. Les relations familiales prennent d’ailleurs une grande place dans la vie de notre héroïne, ce que j’ai trouvé touchant et plutôt original pour un livre de fantasy urbaine. Malgré les problèmes et les divergences d’opinions, les membres de la famille de Nevada sont donc très soudés et prêts à tout pour se protéger les uns les autres… Et mention spéciale à la grand-mère complètement badass pour laquelle j’ai eu un coup de cœur. En plus de manier à la perfection la clef à molette, elle n’a pas sa langue dans sa poche et apporte ce petit grain de folie qui manque à la très sérieuse et responsable Nevada.

Quant à Rogan, c’est un être extrêmement puissant, solitaire, déterminé et incroyablement dangereux. Ancien militaire, il suit son propre code d’honneur et n’hésite pas à tuer sans remords ses ennemis a fortiori quand ceux-ci le menacent. Une manière de voir la vie humaine qui ne sied guerre à Nevada qui va faire de son mieux pour le faire évoluer sur le sujet. Dans le même temps, elle va essayer, malgré son attraction pour cet homme fascinant, de garder ses distances, ce qui ne sera pas toujours facile ni de tout repos.

Si la jeune femme s’extasie à quelques reprises sur le corps de son associé provisoire, j’ai apprécié qu’elle ne se jette pas à ses pieds et ne passe pas son temps à fantasmer sur lui. Les auteurs introduisent donc une certaine attraction et alchimie sexuelle entre les deux protagonistes sans focaliser toute l’intrigue autour de ça. Au contraire, l’action est au rendez-vous avec de multiples scènes de combat et un déploiement impressionnant de la magie.

À cet égard, il est intéressant de découvrir progressivement les différents types de magie qui existent, mais aussi les facultés de chacun, certaines se révélant destructrices. Nevada devrait d’ailleurs vous réserver quelques surprises de ce côté-là, mais je vous laisserai le plaisir de découvrir vous-mêmes l’étendue des capacités de cette jeune femme courageuse, mais également très humaine. Elle ne baisse jamais les bras, affronte tous les dangers pour protéger sa famille, mais elle possède également ses propres failles et a conscience de ses faiblesses. Un réalisme qui lui sera vital pour affronter les différentes forces qui s’opposent dans ce premier tome dont l’épilogue m’a complètement laissée sans voix ! La vengeance semble avoir une emprise bien néfaste sur certaines personnes…

Quant au style du duo d’auteurs se cachant derrière le pseudo de Ilona Andrews, il s’est révélé plutôt efficace pour me faire tourner rapidement les pages d’autant que la présence de nombreux dialogues apporte beaucoup de dynamisme au récit. Sans être d’une élégance rare, la plume est donc agréable et sans aucune dissonance. Difficile de savoir que deux personnes se cachent derrière l ‘écriture de ce premier tome.

En conclusion, ce premier tome met en place un univers riche dans lequel la magie se révèle multiple et fascinante et les jeux de pouvoir plus retors qu’il n’y paraît ! Si vous avez envie d’un roman de fantasy urbaine rythmé, immersif, facile à lire et construit autour d’un duo prometteur dont on appréciera l’alchimie et la complémentarité, Entre les flammes devrait vous plaire.

Le dernier gémini (Galénor t. 2), Audrey Verreault

Le dernier gémini (Galénor t. 2) par [Audrey Verreault]

« Asmodée est de plus en plus radical avec sa politique anti-inferniths… Il veut qu’on les envoie tous à la prison d’Astheroth pour les interroger et les pister… Puis il y a ces magiciens avec leurs masques en forme de têtes de corbeaux qui rôdent à travers Galénor et attaquent des villages. Personne ne sait d’où ils viennent. Ni ce qu’ils veulent. Moi je m’en doute. Ils ont assassiné mes parents adoptifs… Je pense qu’ils cherchaient ce qu’ils m’ont légué… J’essaie de chasser tout ça de mes pensées…
Nous avons presque tout épuisé nos réserves de poudre d’artanis et nous, magiciens, ne pourrons bientôt plus exercer notre magie.
Asmodée a mis la main sur une pierre de Kartane qui pourra peut-être remplacer l’artanis et mettre fin à la pénurie magique qui plane sur notre monde. Or, le Kartane figure parmi les substances les plus convoitées de l’univers…
Nous avons été mandatés, moi et les autres géminis pour protéger cette pierre jusqu’à ce que les alchimistes aient terminé leurs recherches.
Nous sommes en fonction. Cette nuit, j’ai la pierre, dissimulée sur moi. La fête bat son plein. La salle est bondée. Un homme encapuchonné franchit la porte d’arche. Des ailes noires pendent à son dos. Il sort du lot, mais il y a autre chose… »
– Daphnée

Fantasy, magie et romance vous attendent dans ce deuxième tome de Galénor où nous suivons cette fois-ci Daphnée, accompagnée de ses amis géminis – JudyAnn, Tom et Kyle, ainsi que de Vincent, leur nouvel allié vampire.

Auto-éditée (6 mars 2020) – 361 pages – Broché (14,76€) – Ebook (3,99€)

Retrouvez ma chronique du premier tome, Le livre des portes.

AVIS

J’ai attaqué ma lecture sans avoir beaucoup de souvenirs du tome précédent. Fort heureusement, après quelques pages, certains événements et éléments me sont revenus en tête comme mon coup de cœur pour Mérindol. J’adore sa personnalité, sa bienveillance et son rôle de guide et de mentor qu’il prend très à cœur…

Bien que ce tome soit centré sur Daphnée, l’autrice a opté pour une narration alternée nous permettant de suivre également les autres personnages découverts, pour la plupart, dans le premier tome. Cela apporte beaucoup de fluidité et de dynamisme tout en nous donnant l’impression de faire partie intégrante de l’action et de la bande d’amis. Toutefois, ce procédé ne permet pas de développer outre mesure la psychologie de chacun, ce qui pourra frustrer certains lecteurs. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée d’autant que l’on sent que c’est un choix de l’autrice de favoriser le rythme et l’action et que ça fonctionne très bien puisqu’on ne s’ennuie pas un instant.

L’autrice nous donne néanmoins assez d’informations et d’éléments pour différencier les personnages et développer nos propres préférences. À cet égard, je reconnais avoir nettement préféré Daphnée à JudyAnn. La jeune femme affronte avec beaucoup de courage et de détermination les différentes épreuves qui se présentent à elle, du meurtre de ses parents adoptifs à ce puissant et dangereux artefact dont elle a hérité et qu’elle doit protéger en passant par cette pierre qu’elle a en partie absorbée et qui menace de la faire sombrer ! Elle pourra heureusement compter sur ses amis et ses alliés tout en devant collaborer avec un insaisissable magicien-corbeau dont la vie se retrouve inopinément et inextricablement liée à la sienne.

Toujours en train de manigancer quelque chose et manquant cruellement de transparence et d’honnêteté, Danik se révèle un personnage fort intrigant qui évolue tout au long de l’aventure. Ce personnage permet à l’autrice de soulever la question du passé et des émotions. Peut-on vivre sans tous ces souvenirs qui font de nous ce que nous sommes ? Une vie, dépourvue d’émotions, vaut-elle vraiment la peine d’être vécue ? Un individu sans passé et sans aucune émotion ne devient-il pas une coquille vide dont la vie se résume à une succession de jours sans saveur ? Chacun se forgera sa propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que ces questions vont fortement diviser Danik et Daphnée, le premier aspirant à tout oublier quand la deuxième n’imagine pas une vie sans tous ses souvenirs…

Les deux protagonistes ne pourraient être plus différents, pourtant, au fil des épreuves, ils se rapprochent et apprennent, petit à petit, à se faire confiance malgré les nombreux doutes et les dangers. Et puis, il y a cette part d’onirique dans leur relation qui les lie et leur permet de faire tomber les masques quand la réalité leur demande la prudence. Les interactions entre les deux personnages se révèlent intéressantes tout comme la manière dont ils évoluent côte à côte, mais j’ai surtout apprécié que l’autrice ne tombe pas dans l’écueil du premier tome avec une romance assez peu convaincante. Si l’on devine rapidement le tournant que va prendre la relation entre Danik et Daphnée, il n’y a aucune précipitation ni faux drame. Leurs sentiments se développent naturellement, ce qui ne les rend que plus touchants et réalistes.

La narration alternée dynamise grandement le récit, mais il faut aussi compter sur les multiples enjeux de ce tome, chaque problème semblant en amener un autre. Une cascade de dangers qui entraîne moult aventures et péripéties, certaines poussant nos protagonistes dans leurs retranchements. Loin de Mérindol et pris en étau entre leurs ennemis et leur propre camp, ils vont ainsi devoir puiser au fond d’eux-mêmes pour trouver la force d’avancer et de se surpasser alors même que tout autour d’eux n’est que mensonges, complots et faux-semblants…

Comme dans le premier tome, l’autrice nous offre un bestiaire étoffé, des personnages de différentes natures et un univers complexe et nuancé dans lequel le manichéisme n’a pas sa place. On retrouve également ce thème du racisme et du rejet systématique de l’autre en raison de sa différence. Un thème qui ne devrait pas manquer de vous révolter et de vous faire comprendre combien il s’avère difficile pour certains de nos personnages de trouver leur place dans un univers où, quelle que soit la dimension, les préjugés ont la vie tenace.

Pour autant, tout n’est pas sombre, les choses évoluant progressivement grâce à des personnes qui se battent pour la justice, l’équité et le droit à la différence. Une jolie leçon qui trouve son apogée dans une fin émouvante et pleine de vérité nous prouvant qu’il est toujours possible de se repentir et d’agir pour le bien commun. Quant au grand final, riche en émotions, il se révèle d’une justesse folle bien que difficile sur le plan émotionnel. Une fois le choc passé, je l’ai même trouvé optimiste avec cette idée que de l’obscurité peut naître la lumière et que la vie n’a de sens qu’en étant pleinement vécue… Une évidence qu’il est toujours bon de rappeler surtout quand c’est fait, comme ici, de manière poignante. 

En conclusion, Le dernier gémini ne souffre nullement du syndrome du deuxième tome, l’autrice nous proposant ici une suite menée tambour battant et riche en révélations, complots et autres retournements de situation. L’univers est toujours aussi étoffé et complexe et source à soulever des thèmes ancrés dans notre réalité comme le racisme, la peur de la différence, la résilience, la rédemption, l’amitié, l’amour mais aussi le sens de la vie et de la mort. Rythmé et immersif, voici un roman de fantasy qui vous fera passer par différentes émotions et vous tiendra en haleine jusqu’à un dénouement final aussi intense que lumineux.

Merci à l’autrice pour cettte lecture que vous pourrez achter sur Amazon.

Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais, Ariel Holzl

Couverture Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais

« Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! »
Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Rageot ( 02/10/2019) – 10/12 ans – Ebook (9,99€) – Broché (12,50€)

AVIS

Fingus Malister rêve d’entrer à l’académie de magie, mais avant de faire de son rêve une réalité, il va devoir éblouir le jury lors de l’Audition. Pour y arriver, il a déjà sa petite idée : réaliser le rituel de zombification repéré dans un manuel de nécromancie dont le piteux état n’a pas l’air de le rebuter. Reste à trouver les ingrédients de la recette qui, hélas pour lui, ne s’achètent pas dans la première épicerie venue. Et c’est comme ça qu’il part à l’aventure ou à la catastrophe (avec Fingus, c’est souvent la même chose), et qu’il entraine avec lui sa seule et meilleure amie, une jeune sorcière du nom de Poppy.

Descendant d’une lignée de sorciers maléfiques, Fingus n’est pas vraiment apprécié des villageois, et c’est un euphémisme. Seul survivant de sa famille décimée par un incendie, il ne semble pourtant pas être particulièrement affecté par la situation. Il faut dire qu’il est plus préoccupé par l’idée de faire honneur à son héritage familial en devenant un puissant nécromancien que par sa cote de popularité. Imbu de lui-même, de mauvaise foi et souvent désobligeant avec sa meilleure amie, Fingus est pourtant un personnage que je n’ai pas réussi à détester. D’abord, parce que c’est une telle catastrophe ambulante qu’il en devient comique malgré lui et puis parce que vu son passé et le manque de figures bienveillantes dans sa vie, difficile de lui en vouloir de ne pas être un parangon de vertu… J’ai, en outre, apprécié le décalage entre le monde qu’il s’est forgé et la réalité sans oublier son côté complètement décalé. Vous en connaissez beaucoup vous des enfants qui se trimballent avec le crâne de leur ancêtre ?

Malgré un caractère peu avenant, Fingus peut compter sur l’amitié de Poppy qui le soutient dans ses péripéties tout en tentant, souvent sans grand succès, de le ramener à la raison quand ses idées farfelues le conduisent dans des situations quelque peu périlleuses... Poppy est une jeune fille sérieuse, débrouillarde, douée et intelligente qui n’a absolument rien en commun avec Fingus. En plus d’avoir une influence bénéfique sur ce dernier, la jeune sorcière est aussi son garde-fou. Sans elle, pas certain que notre apprenti nécromancien aille bien loin. Une réalité qu’il n’est pas prêt à admettre, mauvaise foi de sorcier maléfique oblige !

Poppy aurait pu être fade, surtout face à un personnage aussi atypique et haut en couleur que Fingus, mais l’auteur l’a rendue intrigante et surprenante, notamment si l’on considère son refus de lancer des sorts. Elle préfère ainsi suivre un enseignement plus traditionnel de la sorcellerie, ce qui est tout à son honneur même si cela ne plaît pas forcément à son meilleur ami. Si j’ai parfois regretté que la jeune fille se laisse un peu trop marcher sur les pieds, Fingus ayant une légère tendance à se comporter comme un tyran, on finit par se rendre compte qu’elle ne manque pas de caractère et qu’il y a une explication logique à son comportement… Le duo fonctionne donc très bien, sa complémentarité ne faisant aucun doute et sa dynamique originale. 

J’ai également apprécié que le roman évoque le thème de la grossophobie à travers Fingus qui n’hésite pas à se moquer de la silhouette de son amie. Je trouve intéressant d’introduire ce genre de remarques méchantes et déplacées (tellement courantes dans une cour d’école, mais pas que…) dans la bouche d’un personnage à la base peu sympathique. Cela permet aux enfants d’associer les moqueries sur le poids d’une personne à la méchanceté tout en offrant, aux adultes, une éventuelle base pour lancer une discussion à cœur ouvert sur le sujet. Mais je vous rassure, Fingus ne passe pas non plus son temps à se moquer de Poppy, c’est juste que ce thème est tellement rare en littérature jeunesse qu’il me semblait important de le mentionner.

Notre tandem de choc va être mis à rude épreuve, sa quête d’ingrédients pour le rituel de zombification ne se révélant pas de tout repos ! Entre des fantômes vindicatifs, la traversée d’un bois abritant des bestioles fort peu ragoûtantes et la confrontation avec leurs camarades pas très amicaux, nos deux amis vont devoir faire preuve de débrouillardise et d’imagination pour faire face aux multiples dangers qui se dresseront sur leur chemin ! Un autre danger bien plus pernicieux guette également notre jeune sorcier…

Quant à la plume de l’auteur, fluide, immersive et agréable, elle fait des merveilles sur les jeunes lecteurs, mais aussi sur des lecteurs plus âgés qui devraient se laisser séduire par l’imagination fertile de l’auteur et son humour noir et décalé. Rythmé et auréolé d’une délicieuse atmosphère mêlant mystère et doux frissons, ce roman se dévore donc très vite.

En conclusion, ayant adoré le premier tome des Sœurs Carmines, j’étais curieuse de découvrir l’auteur dans un registre plus jeunesse. Et je dois bien avouer que l’effet Ariel Holzl a de nouveau bien fonctionné sur moi ! Bien que l’humour soit un peu moins grinçant que dans sa précédente série, on reconnaît sa manière bien à lui de jouer sur les mots, de créer des personnages en théorie détestables, mais auxquels on s’attache, et d’introduire une ambiance particulière mélange d’humour noir, de morbide et d’extravagance. Voici donc un premier tome introductif, mais non dénué d’originalité, de mordant et de charme !

Merci aux éditions Rageot et à NetGalley pour cette lecture.

 

The paper magician, Charlie N. Holmberg

The Paper Magician - Édition française (Saga The Paper Magician t. 1) par [Charlie N. Holmberg, Abigaïl Tal]

C’est le cœur brisé que Ceony Twill, 19 ans, débarque chez le magicien Emery Thane. Sortie major de sa promotion à l’école Tagis Praff, elle se voit contrainte d’embrasser la magie du papier, elle qui rêvait de travailler le métal. Or une fois qu’elle sera liée au papier, matériau qu’elle dédaigne, elle sait que c’est pour le restant de sa vie.

Dès le début de son apprentissage chez l’excentrique mais si charmant Emery, Ceony découvre un monde merveilleux qu’elle ne soupçonnait pas : animer des créatures de papier, donner vie à des récits grâce aux images qui les illustrent, prédire l’avenir… Mais son bonheur se ternit quand elle se trouve confrontée aux dangers de la magie interdite.

Une Exciseuse – pratiquant la magie noire liée à l’élément de chair – attaque le magicien et lui arrache le cœur avant de s’enfuir avec son précieux butin. Pour le sauver, Ceony devra affronter l’horrible sorcière assoiffée de sang et se lancer dans un périlleux périple qui la mènera dans les méandres du cœur de son mentor dont elle va découvrir les lourds secrets.

Issue de l’imagination débridée de Charlie N. Holmberg (dont c’est le premier roman), The Paper Magician est une histoire extraordinaire, sombre et loufoque, qui réjouira les lecteurs de tous âges.

Amazon Crossing (20 septembre 2016) – 232 pages – Ebook (3,99€ )
Broché (9,99€) – Traduction : Abigaïl Tal 

 

AVIS

J’ai adoré me plonger dans ce monde où la magie est une réalité. Si plusieurs types de magie existent, Ceony n’a, quant à elle, pas eu la chance de s’orienter vers la spécialité de son choix, son école lui ayant assigné un professeur spécialisé dans le papier. Le magicien Emery Thane n’est pas méchant et se révèle plutôt bon professeur, mais Ceony a un peu de mal à accepter la situation. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, elle finit néanmoins par s’investir dans sa formation d’autant que studieuse et intelligente, elle apprend fort vite.

Découpée en deux temps, l’aventure est pleine d’originalité et plutôt surprenante. Dans une première partie, on découvre la fascinante magie du papier qui permet, à ceux qui la maîtrisent, de créer des illusions à partir de livres, de lire l’avenir, mais aussi de donner vie à des créations de papier. À cet égard, j’ai adoré le squelette majordome et eu un coup de cœur pour Aneth, un chien en papier qui suivra très fidèlement Ceony dans ses péripéties. Aux côtés de la jeune femme, on apprend également à connaître Emery dont le côté décalé, rêveur et loufoque m’a beaucoup plu, voire complètement charmée. Touchant, il semble toujours de bonne humeur bien qu’il conserve une part de mystère assez troublante et intrigante.

L’apprentissage de Ceony se passait relativement bien jusqu’à ce qu’une femme fasse irruption chez le magicien afin de littéralement lui voler son cœur ! Une solution provisoire permet de le maintenir en vie, mais le compte à rebours a commencé puisque sans son cœur, le magicien est condamné. N’écoutant que son courage, Ceony se lance alors à la recherche de cette femme qui semble pratiquer une magie interdite et destructrice qui devrait vous faire froid dans le dos. La légèreté des débuts laisse place à une intrigue plus sombre dans laquelle Ceony va être mise à rude épreuve. En plus de devoir affronter une puissante magicienne bien décidée à la détruire, elle devra également faire face aux espoirs, aux doutes et aux souvenirs joyeux comme pénibles de son professeur. Un voyage dans son cœur qui ne sera pas de tout repos… 

Ceony arrivera-t-elle à sauver Emery et, par la même occasion, à trouver la sortie du piège qui s’est refermé sur elle ? Une question qui vous tiendra en haleine et qui vous poussera à faire défiler les pages les unes après les autres d’autant que la plume de l’autrice se révèle fluide et très immersive. Si j’ai regretté que Ceony ne bataille pas plus dans son apprentissage de la magie du papier, j’ai adoré qu’elle ne soit pas épargnée, l’autrice la plongeant dans des situations extrêmement difficiles dont elle ne sortira pas indemne, du moins, mentalement. Cela rend l’intrigue plutôt mouvementée et passionnante et donne du relief à une jeune fille qui aurait pu paraître fade face à l’excentrique Emery…

Au cours de l’aventure, Ceony semble développer pour ce dernier des sentiments dépassant la simple relation étudiante/professeur. Pour ma part, j’ai trouvé cette attirance peut-être un peu trop rapide, mais vu l’intensité des événements qu’elle a traversés, je peux comprendre que ses sentiments aient été exacerbés d’autant que Ceony a eu l’occasion de découvrir son mentor dans toute sa complexité. Loin de n’être qu’un gentil excentrique, Emery est, en effet, un homme avec ses zones d’ombre et un passé douloureux dont il semble encore prisonnier…

Ayant trouvé le duo complémentaire et ayant apprécié sa dynamique, je ne serais pas contre un rapprochement à condition, bien sûr, que la romance ne prenne pas le pas sur l’action et la découverte de la magie du papier. Je dois confesser que cette magie m’a fascinée et que toutes ses possibilités m’ont éblouie. Je n’ai d’ailleurs pas partager les réticences de Ceony à se lancer dans cette forme de magie qui est, pour la livraddict que je suis, une source d’émerveillement. Et puis, si ce premier tome nous apprend bien une chose, c’est que la magie du papier est pleine de surprises et peut se révéler des plus redoutables !

En conclusion, porté par une héroïne intelligente, douée, volontaire et courageuse, ce premier tome nous plonge avec fracas dans une intrigue mouvementée et pleine d’actions au cours de laquelle les masques vont tomber et les cœurs être mis à nu. Prise en étant entre une femme cruelle et son désir de vengeance et un homme bon mais écrasé par son sentiment de culpabilité, Ceony va devoir trouver la clef de la liberté et se forger son propre destin. Rythmé, prenant, original et plein de charme, un roman à ne pas manquer !

Retrouvez le roman sur Amazon.

La singulière aventure de Pénélope Vermillon, Valija Zinck

La singulière aventure de Pénélope Vermillon par [Valija Zinck]

Pénélope a les cheveux gris et une odeur de feu. Cela a beau être étrange, la petite fille ne s’en est jamais vraiment souciée. La seule chose qui attise un peu sa curiosité, c’est que chaque été, le jour de son anniversaire, il pleut et que, ce jour-là, la pluie ne mouille pas. Cependant, quand Pénélope découvre par hasard qu’elle a en fait les cheveux roux et des pouvoirs un peu bizarres, tous les petits mystères de sa vie se transforment en un océan d’énigmes. Ces pouvoirs sont-ils hérités de son père, comme le lui révèle finalement sa mère ? Pourquoi cette dernière lui a-t-elle fait croire qu’il était mort alors qu’il les a tout simplement abandonnées ? Tandis que la magie croit en Pénélope, s’épanouit aussi la colère et l’envie de partir à la recherche de ce père absent…

Rageot (11 avril 2018) – 304 pages – Broché (13,90€) – Ebook (10,99 €) – 10/12 ans

AVIS

Rarement un titre aura aussi bien été choisi puisque c’est bien dans une singulière aventure que l’autrice transporte ses jeunes et moins jeunes lecteurs. Nous faisons ainsi la connaissance d’une héroïne qui se révèle aussi originale que haute en couleur. Du haut de ses dix ans, Pénélope a les cheveux gris, une odeur de feu et possède l’étrange don d’Entendre-Avant. Avouons que question originalité, elle se pose en modèle ! Mais si sa vie est déjà émaillée d’un petit grain de folie, elle va prendre une tournure encore plus inattendue et extravagante quand la jeune fille fera de surprenantes découvertes sur ses cheveux, ses facultés, et sa famille. Des découvertes qui mettront en perspective toute sa vie et qui lui donneront l’élan nécessaire pour enfin être elle-même.

Débrouillarde, courageuse, intelligente et pugnace, Pénélope est une jeune fille attachante que l’on suit avec beaucoup de plaisir dans ses péripéties. On la voit ainsi faire de son mieux pour s’approprier tout un pan de sa vie qui lui était jusqu’à maintenant inconnu, ce qui ne la rend que plus touchante. Elle affrontera également sans sourciller les dangers que son désir de renouer avec une personne de son passé mettra sur sa route… Entre l’étude d’un précieux livre de magie, ses séances pour, entre autres, apprendre à voler, ses sorties entre amis et son enquête sur ses origines, elle n’aura donc pas le temps de s’ennuyer.

Pour l’épauler dans ses aventures, Pénélope pourra heureusement compter sur le soutien de son chat, un sympathique félin auquel je me suis tout de suite attachée. Elle obtiendra également l’aide d’autres personnages dont l’un qui fut pour moi un véritable coup de cœur, peut-être parce que comme notre jeune héroïne, il n’a pas la langue dans sa poche. J’ai rarement vu un auteur donner vie à un protagoniste de cette nature, et c’est fort dommage parce que cela apporte une jolie touche d’extravagance et d’humour. D’ailleurs, l’humour ne manque pas dans ce roman, ce qui tient en grande partie à l’esprit vif, fantasque et parfois un peu culotté de Pénélope qui possède une bonne dose d’imagination et de détermination. 

Au-delà de la galerie de personnages variée et originale, j’ai apprécié le mystère qui plane tout au long de l’aventure, notamment sur le père de Pénélope et les pouvoirs magiques que la jeune fille semble avoir hérités de ce dernier. Si j’ai regretté que le côté magie ne soit pas un peu plus exploité, j’ai néanmoins apprécié la manière dont l’autrice a creusé les relations familiales, que ce soit dans l’absence ou la présence… La mère de Pénélope n’apparaît pas énormément dans l’intrigue, mais on sent toute la complicité qui l’unit à sa fille et sa détermination à lui offrir une certaine normalité malgré les circonstances. Mais la normalité n’est pas vraiment compatible avec l’esprit Vermillon, ce qu’elle finira bien par accepter… On notera aussi le charme qui se dégage de la maison « dragon » habitée par trois générations de femmes et un chat, il ne faut jamais oublier le chat, surtout quand ce dernier détient un petit secret.

Quant à la plume de l’auteure, travaillée tout en demeurant accessible, elle véhicule de jolies valeurs et est empreinte de cet humour qui rallie les lecteurs de tout âge. Ce roman jeunesse devrait donc ravir les enfants qui pourront s’identifier à l’esprit d’aventure de Pénélope, et plaire aux adultes qui ont gardé leur âme d’enfant et leur capacité à s’émerveiller devant l’histoire d’une fillette pas comme les autres.

En conclusion, La singulière aventure de Pénélope Vermillon séduira les lecteurs par sa touche de fantastique, son héroïne haute en couleur, ses personnages secondaires inattendus et attachants, sa bonne dose de mystère et d’action, mais surtout son atmosphère pétillante empreinte de magie, d’extravagance et d’originalité. Quant à l’humour subtilement distillé par-ci, par-là, c’est un peu la cerise sur le gâteau ou le dernier ingrédient d’une potion qui fera des étincelles et vous offrira un joli moment de divertissement

Je remercie les éditions Rageot et NetGalleypour cette lecture.

Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

Capture d’écran (45)

En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?