Le chapardeur des cœurs, Melinda Metz

Nouvelle mission pour MacGyver, le cupidon félin ! Après avoir aidé sa maîtresse à trouver l’amour, il repère un nouveau cœur en détresse, celui de Briony,  » cat-sitter  » venue s’occuper de lui.
La jeune femme est désemparée : la veille, elle s’est enfuie en abandonnant son fiancé au pied de l’autel. Et, désormais, il lui faut gérer les escapades de l’intrépide matou.
Toujours prompt à partir en cavale, Mac a en effet pris l’habitude d’aller se promener dans une résidence pour personnes âgées dirigée par Nathan, un célibataire qui doit faire face à un problème de taille…
Quelqu’un a décidé de couler son établissement. Et si MacGyver démasquait le coupable ? Et aidait ainsi Nathan à enfin regarder Briony

l’Archipel (février 2020) – 336 pages – Broché (20€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Catherine Duras

AVIS

Le chapardeur des cœurs fait suite à Un amour de chat dans lequel nous avions fait la connaissance de MacGyver, un chat très spécial qui a réussi, entre autres, à réunir Jane et David. Mais on dirait bien que notre minet n’a pas fini de jouer les cupidons ! Car c’est maintenant de la cousine de Jane, Briony, dont il doit s’occuper.

Après avoir quitté son fiancé au pied de l’autel, la jeune femme se réfugie chez Jane et David afin de faire le point sur sa vie tout en jouant la pet-sitter. Mais ce que Briony ne savait pas, c’est que si Dougy est un chien tout à fait ordinaire, MacGyver est loin d’être un chat comme les autres. C’est un chat-entremetteur, réparateur des cœurs et trouveur d’âme sœur. Accessoirement, c’est un petit filou fugueur et cleptomane qui use et abuse de sa ruse légendaire pour aider ces pauvres deux pattes bien incapables d’être heureux sans ses plans ingénieux.

Mais quel plaisir de retrouver MacGyver ! Un chat amusant, facétieux et haut en couleur auquel on ne peut que s’attacher et avoir envie d’assister dans sa lourde tâche de rompre la solitude sentimentale des humains qui l’entourent. Et le travail ne manque pas : sa nounou semble désemparée devant le tournant pris par sa vie, Nathan, directeur de maison de retraite, se noie dans son travail, un amateur de sardines voit le cœur de sa belle ravir par le nouveau bellâtre de la maison de retraite…

Comme dans Un amour de chat que l’on n’a pas besoin d’avoir lu pour comprendre cette histoire, l’autrice nous présente une galerie de personnage variée et terriblement attachante. Les résidents de la maison de retraite, en plus de ne pas avoir la langue dans la poche, se révèlent amusants et d’une énergie communicative. Entre les amitiés, les amours, les incompréhensions et les petites jalousies, le troisième âge ne semble pas de tout repos !

L’attachement des résidents à Nathan, directeur et co-propriétaire de la maison de retraite Les Jardins, met du baume au cœur d’autant que cet attachement est réciproque. Nathan traite, en effet, avec beaucoup de douceur, de respect et d’égard les nombreuses personnes sous sa responsabilité. Peut-être un peu trop si l’on considère que toute sa vie tourne autour de la maison de retraite et de sa famille sur laquelle il veille avec beaucoup d’abnégation. Mais l’arrivée de Briony va tout changer. Bien qu’elle ne lui ait pas fait une bonne première impression, il va vite tomber sous son charme et réaliser, petit à petit, qu’il est peut-être temps pour lui de laisser la place à une femme dans sa vie bien remplie.

Briony est une jeune femme gentille et attachante que l’on prend plaisir à voir évoluer tout au long du roman. D’abord incapable de prendre une seule décision sans les conseils d’au moins une personne, elle va prendre confiance en elle et apprendre à dompter ses crises d’angoisse. Au gré des péripéties, des rencontres et des conversations à cœur ouvert, Briony réalisera ainsi qu’elle est capable de prendre ses propres décisions et de choisir la vie qui lui convient et non pas celle tracée par ses parents aimants, mais surprotecteurs.

Cette prise de conscience sera d’ailleurs l’occasion pour l’autrice d’aborder des thèmes comme les relations familiales, le poids de l’éducation sur la construction de la personnalité de chacun et l’importance de laisser les enfants faire leurs propres erreurs… Côté famille, Nathan ne sera pas non plus épargné avec un père ayant fui ses responsabilités, une mère fragile psychologiquement et une sœur quelque peu culottée…

Le rapprochement entre Briony et Nathan est assez rapide, mais semble naturel tellement l’alchimie entre les deux personnages saute aux yeux. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice construit cette idylle pleine de tendresse, de douceur et d’humour même si, comme vous le verrez, les choses ne seront pas toujours si simples… Entre les mensonges par omission de Briony sur les circonstances l’ayant conduite à poser sa valise chez sa cousine et la menace qui plane sur la maison de retraite, le couple va devoir affronter quelques épreuves.

En plus des facéties de MavGyver, de l’amitié et de l’amour si présents dans le récit, l’histoire se pare, en effet, d’une petite dimension policière avec une enquête pour déterminer qui est derrière les actes de sabotage dont la maison de retraite est victime. Des odeurs pestilentielles, une machine de sport devenue folle… Quelque chose ne tourne pas rond ! Mais Nathan ainsi que ses employés et les résidents sont bien décidés à faire toute la lumière sur cette affaire avant qu’elle ne mette en danger la pérennité des Jardins que personne n’a envie de quitter.

Si l’on devine assez rapidement le fin mot de l’histoire, du moins en partie, puisque je n’avais pas anticipé l’une des révélations, cette enquête et les actes de sabotage apportent un peu de mystère, de tension et de suspense. Cela démontre également avec force la solidarité et l’entraide qui existent au sein des Jardins ; une institution qui devrait servir de modèle à toutes les maisons de retraite qui existent.

En conclusion, MacGyver nous revient toujours aussi drôle, ingénieux, impertinent et facétieux dans une histoire teintée de mystère, mais surtout pleine de douceur, de tendresse, d’amour et d’amitié. Le chapardeur des cœurs, c’est un petit rayon de soleil dans votre quotidien et la promesse de découvrir un récit porté par des personnages hauts en couleur et terriblement attachants que l’on aimerait beaucoup avoir comme amis dans la vraie vie.

Merci aux éditions de l’Archipel pour cette lecture.

Les Brumes de Cendrelune – Le jardin des âmes, Georgia Caldera #PLIB2020

J’ai lu Les Brumes de Cendrelune dans le cadre du PLIB2020. Un roman qui fait partie de mes 5 sélectionnés.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans le royaume de Cendrelune, les dieux épient les pensées des hommes, et leur Exécuteur, l’Ombre, veille à condamner tous ceux qui nourriraient des envies de rébellion. Or, il semble que certaines failles existent. À l’âge de 17 ans, Céphise ne vit en effet que pour se venger. Depuis qu’on l’a amputée d’une partie d’elle-même et privée de sa famille, elle ne rêve plus que d’une chose : s’affranchir de la tyrannie du tout-puissant Orion, Dieu parmi les dieux. Et contre toute attente, il se pourrait qu’elle ne soit pas seule…

J’AI LU (2 octobre 2019) – 349 pages – 13,90€ – #9782290165614

AVIS

Je ne m’attendais pas à adhérer autant à la plume de l’autrice qui, dès les premières pages, a su m’embarquer dans son univers. Un univers sombre et violent dans lequel les habitants sont à la merci de l’Empereur-Dieu Orion. Un être au-dessus de tous, humains et autres déités compris, omniscient, omniprésent et sans cœur. Il n’hésite ainsi pas à asservir, à espionner les pensées de chacun et à faire tuer chaque semaine les personnes qui pourraient, dans le futur, se rebeller. Des meurtres préventifs qui ne peuvent que révolter…

C’est dans ce climat de peur que Céphise voit sa famille détruite, ses parents assassinés, et son frère enrôlé de force dans l’armée avant elle-même de subir les foudres de l’Ombre. Le Premier Exécuteur d’Orion punit ainsi la jeune fille pour les insultes émises par son père. Mutilée, Céphise devient alors une Rapiécée, une moins-que-rien dont une partie des membres est remplacée par des prothèses de métal. Comment alors ne pas comprendre son envie de vengeance ? Un sentiment qui l’a guidée durant les années qui ont suivi ce terrible traumatisme et qui l’ont endurcie jusqu’à ce qu’un événement, celui de trop, la fasse craquer et la pousse à s’attaquer à un être bien plus puissant qu’elle. Mais contre toute attente, en croisant le regard de l’Ombre, ce n’est pas la mort qu’elle rencontre, mais un tout autre monde qui s’offre à elle… et à lui. Un monde qui soulève de nombreuses questions, mais que je vous laisserai le plaisir de découvrir par vous-mêmes.

Alors que l’autrice alterne les points de vue, on entre de plain-pied dans ce monde sombre et ultraviolent dans lequel aucune erreur ni mauvaise pensée envers les dieux ne sont permises. Mais petit à petit, les choses nous semblent bien plus complexes et moins binaires qu’il n’y paraît. Les méchants, le sont-ils tous vraiment ou leurs agissements, du moins en partie, ne sont-ils pas dictés par les circonstances et le poids d’une dictature qui a faussé leur sens moral ? Une question que l’on vient obligatoirement à se poser en suivant le parcours de l’Ombre, un être hybride abject qui n’hésite pas à tuer toutes les personnes que son père lui ordonne de faire passer de vie à trépas. De fil en aiguille, l’image du monstre finit néanmoins par se déliter au profit de celle d’un être isolé, perdu, victime de pouvoirs qui le dépassent et qui anéantissent tout sur leur passage quand ils ne sont pas maîtrisés.

Sous le joug de son père, maître et Dieu, ses émotions sont comme anesthésiées et remplacées par un sens aigu du devoir qui le pousse à tuer sans sourciller. Mais la situation va changer quand il découvrira sa connexion inattendue et inexplicable avec une simple humaine, Céphise. Comment expliquer que l’Ombre, qui déteste les humains, va tout faire pour la protéger alors qu’il vient à peine de la rencontrer ? Il n’en sait rien lui-même, mais est bien décidé à le découvrir même si Céphise ne semble pas prête à lui faciliter la tâche. Courageuse, têtue, et mue par une haine sans pareille à son égard, cette jeune femme ne peut qu’attirer le respect des lecteurs bien que ses agissements semblent parfois manquer de réflexion. Mais difficile de lui en tenir rigueur au regard de tout ce qu’elle a dû traverser et de la terreur que cette vie de captive auprès de l’Ombre lui inspire. La jeune femme, en plus d’avoir une grande force de caractère, vous réserve également quelques surprises… 

Si l’univers développé par l’autrice avec sa mythologie et cette idée d’un Dieu-Empereur impitoyable dominant le monde est fascinant et très bien construit, force est de constater que c’est bien la relation entre l’Ombre et Céphise qui rend le roman aussi addictif. De fil en aiguille, leur relation évolue, chacun découvrant les faiblesses de l’autre sans pour autant que nous ayons l’impression de tomber dans une relation niaise ou malsaine. À ce stade de l’histoire, la haine est encore bien présente, Céphise ne pouvant pardonner la mort des siens et de milliers de personnes innocentes à l’Ombre juste parce que derrière le masque de froideur, se cache un être avec ses propres douleurs.

Un aspect que j’ai apprécié et qui sonne résolument juste. C’est probablement la raison pour laquelle mon cœur de lectrice a souvent été partagé vis-à-vis de l’Ombre qui se révèle d’une prévenance et d’une grande gentillesse envers Céphise tout en étant la personne responsable de tous ses malheurs. Évidemment, le Premier Exécuteur n’est qu’un outil de mort au service d’Orion qui l’a éduqué et façonné pour le rendre froid et implacable, mais le poids de l’éducation excuse-t-il pour autant ses agissements ? Une question qui se pose d’autant qu’aux côtés de Céphise, l’Ombre s’adoucit et gagne en humanité. Une évolution particulièrement bien amenée qui rend le personnage très touchant, ce qui explique peut-être que la fin m’ait tellement marquée et donné envie de me jeter sur la suite.

Les personnages secondaires se révèlent également intéressants et plutôt nuancés à l’instar d’Héphaïstos, demi-frère de l’Ombre qu’il déteste. Ce dieu m’a touchée notamment pour sa totale dévotion envers une autre personne… Je n’en dirai pas plus sur ce personnage afin d’éviter de vous spoiler, mais je peux néanmoins vous révéler que c’est peut-être celui qui m’a le plus surprise. On sent un réel potentiel autour de ce dernier, et je croise les doigts pour qu’il prenne encore plus d’importance dans la suite de la trilogie que je continuerai d’ailleurs avec plaisir.

En conclusion, je m’attendais à une lecture sympathique et distrayante, je me suis retrouvée avec un livre que j’ai dévoré et qu’il m’a été presque douloureux de lâcher chaque soir. D’une plume immersive, rythmée et non dénuée de poésie, Georgia Caldera nous plonge avec force dans un univers sombre et violent dominé par les dieux et leur implacable manque d’humanité. Mort, asservissement, doutes, peur, mais aussi espoir et révélations marqueront votre lecture en même temps que le métal froid et implacable de la vengeance… Les astres se sont rencontrés, la toile du destin est altérée et le vent de la révolte commence enfin à souffler !

Retrouvez un extrait/le roman sur le site des éditions J’ai lu pour elle.

 

Throwback Thursday Livresque #156 : Une histoire d’amour

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, je vais vous épargner Orgueil et préjugés dont je vous ai déjà moult fois parlé. Je n’évoquerai pas non plus la touchante histoire entre Ophélie et Thorn dans La Passe-Miroir. À la place, j’ai choisi une romance qui m’avait agréablement surprise : Quand l’amour s’en mail de Tamara Balliana.

Couverture Quand l'amour s'en mail

Quand sa meilleure amie lui demande d’être son témoin de mariage, Solène est aux anges et décide de lui organiser un enterrement de vie de jeune fille dont elle se souviendra ! Pour cela, elle écrit à Léonie, surnommée « Léo », la sœur de la future mariée… Mais à cause d’une erreur de destinataire, c’est Léo, architecte parisien et homonyme de Léonie, qui lui répond !

Débute alors une correspondance qui devient de plus en plus personnelle à mesure que les jeunes gens se découvrent l’un l’autre. Mais quand Léo propose à Solène de se rencontrer enfin, elle refuse catégoriquement. Bien décidé à connaître le visage de sa mystérieuse amie virtuelle, Léo s’obstine… Solène lui cacherait-elle quelque chose ? La complicité qu’ils ont développée derrière leurs écrans résistera-t-elle à l’épreuve du réel ?

Pourquoi ce choix ?

Je garde un bon souvenir de ce roman qui nous offre une touchante histoire d’amour entre deux personnages qui n’auraient jamais dû se rencontrer, mais qui, petit à petit, vont créer de jolis liens. J’avais apprécié que l’autrice ne tombe ni dans le pathos avec des drames inutiles ni dans le conte de fée avec princesse et château…

Pour en apprendre plus, je vous invite à lire mon avis sur Quand l’amour s’en mail dont voici ma conclusion :

Réaliste, empreinte d’humour et de sensibilité, Quand l’amour s’en mail est une jolie romance que je vous conseille de découvrir si vous avez envie d’une lecture prenante qui se lit toute seule et dont on ressort le sourire aux lèvres. Légère, tout en abordant avec justesse des thèmes difficiles, cette histoire devrait vous offrir un joli moment de lecture, et la sensation que la vie offre parfois une seconde chance à condition de savoir la saisir.

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Friends, Marie-Charlotte François

Friends - tome 1 par [François, Marie-Charlotte]

Je remercie NetGalley et Hachette pour m’avoir permis de découvrir Friends de Marie-Charlotte François.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jade, 17 ans voit sa vie basculer à la mort de sa mère. Obligée de changer d’air, elle déménage avec son père.
Elle doit tout quitter : ville, maison, amis… Tout quitter pour refermer les blessures du passé et bâtir un nouveau futur, rempli de bonheur.
Elle déchante cependant vite lorsqu’elle découvre quelle doit cohabiter avec Cameron, 18 ans, aussi insupportable que sa petite amie, Lucie.
Face à cet horrible duo, pas facile de se reconstruire.

Hachette Romans (8 janvier 2020) – 512 pages – Broché (18€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Si vous avez lu mon article sur mes résolutions livresques, vous vous souvenez peut-être que j’avais des envies d’ailleurs, des envies de découvrir d’autres genres que ceux que j’affectionne d’ordinaire. C’est dans cet esprit que j’ai attaqué cette romance Young Adult qui, bien qu’emplie de clichés, m’a permis de passer un bon moment de détente.

Le scénario ne brille pas par son originalité, mais il n’en demeure pas moins efficace : un an après la mort de sa mère, Jade déménage avec son père chez un ami de ce dernier. Et surprise, si cet ami est adorable, son fils, quant à lui, est un véritable goujat. La première rencontre entre Jade et Cameron s’est d’ailleurs révélée explosive ! Pourtant, au fil des disputes et des mouvements d’humeur de chacun, les deux adolescents se rapprochent et tissent des liens.

Mais ce n’est pas encore le grand amour avec un grand A : Cameron, en plus d’alterner le chaud et le froid, est en couple avec Lucie, le stéréotype de la garce obnubilée par les fêtes, son image et son mec qu’elle traite plus comme un accessoire de mode que comme un être humain. Quant à Jade, elle a bien du mal à se remettre de sa rupture avec un mec qui a passé son temps à la tromper. Il y a des gens qui aiment se faire du mal !

Entre ces personnages, virevoltent Louis, le meilleur ami de Cameron, et Pauline, la meilleure amie de Jade. Stéréotype de la copine un peu fofolle qui s’assume et qui n’hésite pas à secouer Jade quand elle se perd dans ses ruminations, Pauline apporte un vent de fraîcheur dans l’histoire. On suit donc, au gré des pages, les aventures de la bande d’adolescents entre fêtes, sorties au restaurant et à la plage, séances de piscine, baisers, menaces, disputes, petits drames adolescents…

Si j’ai regretté une certaine vulgarité de la part de Cameron,  force est de constater que cela convient assez bien au personnage. Dur, blessant et cassant avec Jade, il peut également se montrer attendrissant et charmant quand il décide de laisser parler ses émotions, ce qui n’arrive pas si souvent que cela. Il faut dire qu’une expérience traumatisante l’a radicalement changé… L’autrice joue une bonne partie du roman sur le mystère entourant ce traumatisme, ce qui apporte un suspense bienvenu !

Quant au côté bad boy de Cameron, je l’ai trouvé raisonnable et acceptable. Le jeune homme a tendance à avoir un problème de gestion de la colère et des sentiments, mais son comportement ne dépasse jamais la ligne rouge qui l’aurait rendu, à mes yeux, simplement et définitivement détestable. Il conserve donc une part de fragilité, ce qui ne manquera pas de faire craquer Jade à son corps défendant…

Jade attire assez rapidement la sympathique même si elle n’est pas parfaite et peut se révéler parfois agaçante, notamment vis-à-vis de son inconstance face à Cameron.  Je comprends que l’intérêt du roman réside dans le jeu du chat et de la souris entre les deux personnages, mais j’ai toutefois été étonnée que le deuil de la jeune fille ne soit pas plus évoqué… On évite au moins le pathos d’autant que sous ses airs de gentille fille, Jade a également de la répartie et n’hésite pas à ruer dans les brancards en cas de besoin, voire à attaquer si elle se sent acculée.

J’ai apprécié de voir la relation entre Jade et Cameron se tisser entre attirance physique et répulsion devant des comportements parfois enfantins et immatures de la part de Jade, et grossiers et méchants de la part de Cameron. Trentenaire, je n’ai pas réussi à m’identifier au couple d’autant que personnellement, un mec qui me rabroue en fonction de son humeur a peu de chance de m’attirer physiquement… Mais je pense que le couple pourra plaire aux adolescent(e)s et aux amoureux de romances mouvementées dans lesquelles les personnages se vouent autant d’amour que d’inimitié.

Le scénario, s’il est cousu de fil blanc, a néanmoins su m’étonner par une révélation inattendue et plutôt brutale d’autant qu’elle remet en perspective une bonne partie du livre. Comme quoi, les apparences sont parfois trompeuses et les blessures d’amour propre peuvent pousser à bien des extrêmes. J’aurais juste un bémol sur un acte illégal et horrible qui n’a pas été sanctionné même si je reconnais que dans la vraie vie, le coupable aurait également eu toutes les chances de passer à travers les mailles de la justice…

Quant à la plume de l’autrice, assez simple, elle n’en demeure pas moins fluide et agréable avec un côté très américain qui m’a donné l’impression de lire une histoire se déroulant outre-Atlantique. Les nombreux dialogues, en plus de dynamiser le récit, apportent également un certain réalisme, ce qui permet aux lecteurs de s’imaginer facilement intégrer la bande d’amis et partager ses sorties et (més)aventures.

En conclusion, Friends est un roman qui se lit très vite notamment en raison de la plume assez fluide et addictive de l’autrice, et de l’intérêt que la relation entre deux personnages à la forte personnalité ne devrait pas manquer d’éveiller en vous. La présence de nombreux clichés pourra, quant à elle, séduire les personnes à la recherche d’une romance facile à lire et dont les grandes étapes sont balisées. En revanche, si vous êtes en quête d’originalité, je ne suis pas certaine que ce titre soit fait pour vous…

 

Les nouvelles aventures de Sabrina – La fille du chaos, Sarah Rees Brennan

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour m’avoir permis de découvrir Les nouvelles aventures de Sabrina, La fille du chaos de Sarah Rees Brennan.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Demi-sorcière, demi-mortelle de seize ans, Sabrina Spellman a fait son choix : elle a accepté son côté obscur et ses origines de sorcière. Ses pouvoirs augmentent davantage chaque jour… mais à quel prix ?

Sabrina Spellman vient de prendre la décision la plus difficile de sa vie : elle laisse derrière elle ses amis de Baxter High. L’heure est venue d’emprunter le chemin de la nuit et de trouver sa place parmi les sorcières et sorciers de l’Académie des Arts Invisibles.
Sabrina a toujours aimé l’école, mais cette fois, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à elle. Ses pouvoirs ne cessent de croître, mais ils pourraient lui coûter cher. Sabrina ne doit pas oublier les conséquences de sa nouvelle allégeance sur ses amis… et sur elle-même.
Sabrina doit également faire face à ses nouveaux camarades de classe. Prudence, Dorcas et Agatha sont plus ou moins ses amies, mais Sabrina peut-elle leur faire confiance ? Et qu’en est-il de Nick Scratch ? Il est plus charmant que jamais, mais ses sentiments pour elle perdureront-ils ?

Basé sur la série à succès de Netflix, ce roman inédit raconte une histoire nouvelle et exclusive de Sabrina.

Hachette Romans (15 janvier 2020) – 360 pages – Broché (16,90€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Charlotte Faraday

AVIS

Afin de sauver Greendale d’un terrible danger, Sabrina a accepté de signer le livre de le Bête et ainsi fait un pas de plus dans le monde ténébreux des sorciers. La jeune fille, séparée de ses amis dont Harvey avec lequel elle a rompu, doit s’adapter à sa nouvelle scolarité au sein de l’Académie des Arts Invisibles. Elle pourra heureusement compter sur le soutien du charismatique et énigmatique Nick loin d’être insensible à ses charmes, et dans une certaine mesure, de Prudence…

Prudence est déjà intéressante dans la série télé, mais elle l’est bien plus dans ce roman. Fière, ambitieuse et froide en apparence, son besoin quasi obsessionnel d’obtenir l’approbation d’un homme qui n’a pourtant que cure de son existence a quelque chose de touchant tout comme ses sentiments ambivalents envers ses « sœurs » d’adoption qui l’ont rejetée, mais qu’elle ressent encore le besoin de protéger. Ce personnage est un paradoxe en soi, fragile, mais dur, implacable, mais flexible quand les circonstances l’exigent… J’adorerais retrouver Prudence dans ses propres aventures !

Si l’univers est assez sombre, l’autrice apporte une touche de légèreté et d’humour grâce à la relation inattendue entre Harvey et Nick dont les échanges surréalistes soulignent à merveille l’énorme décalage entre le monde des mortels et le monde des sorciers. Et pourtant, unis par le même besoin de protéger Sabrina, ils arrivent à développer une relative entente, voire une étrange amitié, qui m’a bien souvent donné le sourire. Il faut dire qu’un humain qui donne des conseils pour séduire son ex-copine à un sorcier aguerri aux choses de l’amour a de quoi surprendre. Mais l’est-ce vraiment quand l’on considère à quel point la notion de séduction est différente entre les deux communautés… Ainsi quand un humain offre, par exemple, des fleurs pour séduire, un sorcier lui opte pour une projection astrale dénudée ! Chacun son truc, vous me direz.

Mais humains et sorciers n’ont pas vocation à se côtoyer comme l’a découvert douloureusement Sabrina et comme vont en faire l’expérience les deux jeunes hommes. Le danger rôde et une nouvelle menace sévit dans les rues de Greendale où la méfiance et la haine envers les sorcières et les sorciers prennent des proportions inquiétantes. Quel impact cela aura-t-il pour Sabrina et ses amis humains, mais surtout sur Harvey dont le sang de chasseur de sorciers coule dans les veines ? Sa douleur devant la mort de son frère qu’il a dû abattre lui-même après que Sabrina l’a ressuscité, et son désœuvrement face à un père qui le méprise, vont-ils avoir raison de sa légendaire gentillesse ?

Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais force est de constater que l’autrice a réussi à rendre un personnage que j’ai toujours trouvé fade, intéressant et plus complexe qu’il n’y paraît. Je l’ai d’ailleurs trouvé ici assez touchant que ce soit dans son affection pour Sabrina ou la manière dont il essaie de faire face à une situation familiale difficile. Je lui préfère néanmoins Nick qui tente de faire de son mieux pour entrer dans le monde et la vie de Sabrina, s’approprier les codes des humains, et surtout, s’ouvrir à des sentiments d’habitude réservés aux mortels. Le mystère entourant son passé rend également le personnage assez énigmatique et intrigant !

Si on peut regretter que Sabrina ne soit pas plus présente dans ce tome puisqu’une large place est accordée à Harvey, Prudence et Nick, on appréciera l’évolution de la jeune fille qui assume de plus en plus son côté sorcière tout en veillant à ne pas perdre ce qui fait sa force : sa gentillesse, son sens de la justice, son humanité… L’adolescente, prise entre deux mondes que tout oppose, devrait donc vous toucher même si parfois sa naïveté tend à la mettre, ainsi que son entourage, dans des situations quelque peu hasardeuses. Mais c’est aussi ce qui fait le charme de Sabrina, moitié mortelle, moitié sorcière… pour le meilleur et pour le pire !

Le roman s’insère naturellement dans la trame de la série télé, mais il peut néanmoins se lire de manière indépendante, l’autrice ayant veillé à le rendre accessible à tous. Pour ma part, j’ai trouvé l’intrigue bien ficelée et j’ai apprécié le subtil équilibre entre découverte de la psychologie des personnages, phases d’action et sorcellerie d’autant que le style de l’autrice a gagné en consistance et en maturité par rapport au premier livre. La lecture m’a donc paru encore plus plaisante et immersive !

En conclusion, La fille du chaos m’a fait passer un très bon moment de lecture auprès de personnages très différents, mais attachants, que l’on prend plaisir à suivre dans leurs questionnements et leurs péripéties. Sorcellerie, haine, amour, famille, amitié et quête d’identité sont au programme d’une histoire savamment orchestrée pour vous donner envie d’allumer la télé et de (re)trouver Sabrina dont on a hâte de découvrir tout le potentiel, la jeune fille étant loin d’être une sorcière ordinaire…

Retrouvez mon avis sur le premier livre, Les nouvelles aventures de Sabrina : l’heure des sorcières.

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site Place des libraires.

Les nouvelles aventures de Sabrina : l’heure des sorcières, Sarah Rees Brennan

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ce prequel exclusif révèle une facette de Sabrina que vous n’avez pas découverte dans la nouvelle série NETFLIX. Quelle décision prendra Sabrina… et fera-t-elle le bon choix ?
L’été précédant son seizième anniversaire, Sabrina Spellman sait que sa vie est sur le point de basculer. Elle a toujours étudié la magie avec ses tantes, Hilda et Zelda, mais en parallèle, elle vit aussi une vie banale  : lycéenne à Baxter High, elle passe son temps avec ses meilleures amies Susie et Roz ou au cinéma avec Harvey Kinkle.
Désormais, ses jours dans le monde normal sont comptés.
Quitter Roz, Susie et Harvey se révèle plus difficile que Sabrina ne le pensait, d’autant plus qu’elle n’est pas sûre des sentiments d’Harvey à son égard. Son cousin Ambrose lui suggère de jeter un sort à son petit ami pour découvrir ce qu’il ressent vraiment, mais un esprit des bois interfère, et le sort se retourne contre elle.
Sabrina a toujours été attirée par ses pouvoirs de sorcière, mais pour la première fois, elle se demande s’ils lui font emprunter le mauvais chemin. Renoncera-t-elle au chemin de la lumière  ? Choisira-t-elle le chemin des ténèbres  ?

Hachette Romans (10 juillet 2019) – 270 pages – Broché (14,90€) – Ebook (4,99€)
Traduction : Charlotte Faraday

AVIS

Grande fan de la série originale, je me suis jetée sur le reboot proposé par Netflix que j’ai apprécié notamment pour son côté assez sombre. Un aspect que l’on retrouve dans ce prequel puisque loin du caractère un peu nunuche de la série de la fin des années 90, on parle ici de Seigneur Obscur, d’allégeance au diable, de meurtres en famille pour se passer les nerfs, de magie noire, de démons… C’est donc dans un environnement particulier que Sabrina, jeune sorcière allant sur ses seize ans, évolue…

Orpheline, elle a été élevée par ses tantes Helda et Zelda, l’une figure maternelle par excellence, l’autre figure satanique par vocation. Dans la maisonnée des Spellman vit également Ambrose, le cousin assigné à résidence suite à un crime commis il y a de nombreuses années. Une famille peu banale qui suscite de la méfiance à Greendale, ce qui n’a pas empêché Sabrina de se lier d’amitié, dès son enfance, avec Rozie, Susie et Harvey. Si j’ai toujours trouvé Harvey fade, Sabrina l’a, quant à elle, tout de suite profondément aimé. Un amour réciproque, le cœur du jeune homme n’ayant jamais battu que pour elle !

Néanmoins, la jeune sorcière doute. Est-ce que ce garçon auquel elle voue une tendre passion l’aime vraiment ? Sorcière, adolescence, doutes, cousin facétieux… Vous sentez venir la catastrophe ? Sur les conseils plus ou moins avisés de son cousin, Sabrina lance un sort à Harvey pour s’assurer de ses sentiments à son égard. Peut-être pas la meilleure idée… Sabrina va ainsi devoir affronter certaines questions notamment sur son futur tout en faisant face aux conséquences de ses actes inconsidérés. 

J’ai adoré la présence d’une créature de la mythologie slave que l’on a peu l’occasion de voir dans la littérature fantastique alors qu’elle se révèle effrayante à souhait. De la même manière, j’ai apprécié que l’on creuse plus profondément les doutes de Sabrina quant à sa vie future. En embrassant sa vie de sorcière, ne risque-t-elle pas de se couper de son ancienne vie d’humaine, de ses amies et de son petit ami qu’elle aime tant ? Une situation intolérable pour la jeune fille qui n’aspire qu’à mener de front sa vie d’humaine et de sorcière, et ainsi trouver un équilibre entre normalité et sorcellerie/diablerie.

La relation Harvey/Sabrina ne m’a pas particulièrement touchée, mais elle ancre la jeune sorcière dans la réalité en lui donnant un côté « adolescente comme les autres » avec ses propres peines de cœur. Cette histoire d’amour contrariée possède également un petit aspect Roméo et Juliette qui pourra plaire à certaines personnes… En plus de la relation entre ces deux personnages, l’autrice met à nu les liens profonds unissant Sabrina, Harvey et leurs amies d’enfance ainsi que les grandes caractéristiques de chacun bien que l’on reste en surface des choses en ce qui concerne Rozie et Susie. L’amitié est donc une valeur prépondérante dans ce prequel tout comme les liens familiaux.

J’ai ainsi adoré explorer la relation entre Ambrose et Sabrina qui s’adorent, mais qui vont être confrontés à des non-dits et autres malentendus. Complices, ils sauront vous émouvoir par les liens forts qu’ils ont développés au fil des années passées à s’entraider, à se chamailler et à comploter. Deux personnages très différents, mais aussi intéressants l’un que l’autre : Sabrina est déterminée, courageuse, optimiste et attachante quand Ambrose possède un charisme presque animal et une aura de mystère et de danger qui le rendent intrigant.

J’ai passé un bon moment de divertissement avec ce tome qui aurait toutefois gagné à être mis en valeur par une écriture un peu plus élégante bien que je reconnaisse que le style de l’autrice colle parfaitement à l’ambiance de la série. Je n’ai d’ailleurs eu aucun mal à visualiser les personnages, les décors et les enjeux de l’intrigue. La seule chose qui a légèrement terni ma lecture est le fait d’avoir déjà vu la série et donc de m’être sentie détachée vis-à-vis de certaines déclarations sachant pertinemment comment les choses allaient évoluer.

En résumé, rapide à lire grâce à une narration alternée apportant beaucoup de dynamisme, ce roman est un excellent moyen de retrouver l’ambiance de la série Netflix et de prolonger le plaisir de suivre Sabrina et ses amis dans un univers sombre où sorciers et humains ne sont pas destinés à vivre ensemble. Cela peut-être également une manière rapide de se lancer dans les nouvelles aventures de Sabrina, une jeune sorcière plutôt douée pour se mettre dans des situations infernales. Les amateurs d’histoires de sorcières, d’amitiés et de famille devraient apprécier ce roman rythmé qui leur ouvre la porte d’un monde plein de dangers et de forces obscures !

 

 

Valeria, tome 4 : Passionnément Valeria, Elisabet Benavent

Couverture Valeria, tome 4 : Passionnément Valeria

Je remercie les éditions de l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir Passionnément Valeria d’Elisabet Benavent.

Pour rappel, il s’agit d’un tome 4, je vous invite donc à lire les tomes précédents avant de poursuivre votre lecture de cet article.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Si Valeria est amoureuse de Bruno, pourquoi n’arrive-t-elle pas à oublier Victor ?
Carmen aurait-elle pris du poids pendant son voyage de noces ?
Lola s’interroge : est-elle vraiment faite pour la vie de couple ?
Nerea, elle, décide de se reprendre en main.
Toujours aussi passionnée, Valeria…
Comme toi !
Inséparables, Valeria, Carmen, Lola et Nerea ne se cachent rien. Ce qui aidera Valeria à pimenter son dernier roman, auquel elle s’apprête à apporter la touche finale.

Archipel (27 novembre 2019) – Broché (17€ ) – Ebook (11,99€)

AVIS

J’étais impatiente de lire ce quatrième et dernier tome tout en redoutant de quitter Valeria et ses amies. Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, je me suis lancée dans la lecture du roman avec un certain enthousiasme…

Comme pour les trois tomes précédents, le roman se lit à vitesse grand V, la narration étant portée par une écriture simple, fluide et efficace qui vous fait rapidement oublier que vous n’êtes pas devant la télé ou n’assistez pas à un repas entre amis, mais que vous êtes bien en train de lire un roman. Une proximité autrice/lecteurs qui donne une saveur toute particulière à la saga et qui me pousse à la classer du côté des séries addictives comme L’accro du shopping. On prend le livre, on feuillette quelques pages et avant de s’en rendre compte, on en est déjà à la moitié du roman et l’on est en train de pester contre Valeria et ses choix toujours très discutables sur le plan moral.

Oui, parce que Valeria a tendance à ne pas vraiment apprendre de ses erreurs ni même à suivre les conseils avisés de ses meilleures amies qui tentent de faire de leur mieux pour la mettre face à ses contradictions et à cette vérité qu’elle semble bien décidée à ignorer : elle est accro à Victor et Bruno n’est qu’une manière de fuir ses sentiments. Pas très élégant comme comportement à moins que l’idée soit de se faire souffrir, et au passage, de blesser deux hommes qui n’attendent de Valeria qu’une chose, qu’elle prenne une décision, la bonne si possible, et qu’elle s’y tienne ! Vous aurez donc compris que notre héroïne m’a de nouveau fortement agacée par ses indécisions, mais surtout par son comportement puéril. On comprend qu’elle a peur de souffrir vu son passif avec Victor, mais la seule personne qui fait du mal à Valeria, c’est Valeria…

Quant à Victor, si je ne l’ai jamais considéré comme le prince charmant, force est de constater qu’il a parcouru du chemin depuis le premier tome, et qu’il nous apparaît ici comme un homme sûr de ses sentiments. Il fait de son mieux pour (re)conquérir le corps et le cœur de la femme dont il est éperdument amoureux. Il se dégage ainsi du personnage une certaine sensibilité, ce qui m’a bien plus attirée que son supposé physique d’Apollon. J’ai également apprécié d’en apprendre un peu plus sur son passé et notamment sur l’histoire très émouvante de ses grands-parents.

Aux côtés de Valeria, nous suivons toujours ses meilleures amies dont la vie est également bien mouvementée… Lola est, de nouveau pour moi, l’amie qui tire son épingle du jeu. Bien que vulgaire et trash, ce qu’en général je n’apprécie pas chez une personne, elle a un cœur énorme et n’hésite pas à dire ce qu’elle pense même quand cela ne fait pas plaisir à entendre. Je ne sais pas pour vous, mais c’est exactement que ce j’attends d’une amie ! En plus de jouer les entremetteuses entre Victor et Valeria, cette dernière doit également faire face à la tentation, la monogamie pouvant se révéler difficile pour une croqueuse d’hommes comme elle surtout quand son nouveau patron est un bel étalon au sang chaud…

Nerea découvre les affres de la passion, du sexe et de la difficulté de suivre ses envies et sentiments et non pas un plan mûrement et froidement réfléchi… Cela l’entraînera vers des terrains inconnus et la poussera à s’affranchir de ses dernières barrières. C’est un vrai plaisir de la voir faire ce qui lui plaît au niveau personnel et professionnel et non pas ce que son éducation lui impose… J’ai néanmoins eu l’impression que, durant toute la série, ce personnage a été sous-exploité, ce qui m’a quelque peu frustrée. 

Quant à Carmen et Barto, ils sont toujours aussi touchants et continuent à se soutenir quoiqu’il arrive. Le couple, étourdi de bonheur avec l’arrivée de leur fils, va vivre un événement inattendu qui m’a d’autant plus intéressée qu’une amie a vécu exactement la même chose… J’ai d’ailleurs trouvé que l’autrice évoquait le sujet avec pertinence et beaucoup de sensibilité. On sent également à la perfection les doutes et les émotions contradictoires de Carmen qui doit s’adapter à son nouveau rôle et statut de mère. Si elle adore son fils, la difficulté pour une femme de mener de front vie personnelle et vie professionnelle sans se perdre en chemin la frappe de plein fouet ! Une situation qui devrait parler à de nombreuses mères…

En conclusion, j’ai de nouveau pris plaisir à suivre la vie de ces quatre amies dont on n’approuve pas toujours les choix, mais dont on se sent inexorablement proche. Ce tome final m’a apporté ce que j’attendais de la série et offre une jolie réflexion sur le passage à l’âge adulte, cette délicate transition durant laquelle on sacrifie une certaine insouciance sur l’autel des responsabilités et de la maturité. Cela ne signifie pas que l’on doive se renier, mais qu’il faut parfois prendre des décisions difficiles pour assurer son avenir et se construire une vie avec ses hauts et ses bas, mais une vie qui nous correspond et dont on saura tirer le meilleur. Et en cela, l’épilogue est parfait, réaliste, mais résolument positif !

 Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site Place des libraires.