C’est arrivé un été, Tessa Bailey

Couverture C'est arrivé un été Mer

Je remercie les éditions de l’Archipel de m’avoir envoyé C’est arrivé un été de Tessa Bailey en échange de mon avis.

À Los Angeles, la réputation d’enfant gâtée de Piper Bellinger fait le bonheur des paparazzi qui couvrent les soirées de la jet set.
Jusqu’au jour où, lors d’une rooftop party arrosée, la jet-setteuse passe les bornes ! Pour son richissime beau-père, c’en est trop : il lui coupe les vivres et l’expédie dans un port de pêche de la côte nord afin qu’elle s’y rafraîchisse les idées et apprenne le sens des responsabilités.
À peine arrivée à Westport, Piper fait connaissance de Brendan, un capitaine de bateau aussi bourru que sexy, persuadé qu’elle ne tiendra pas une semaine loin de Beverly Hills. Qu’importe !
Elle va leur montrer à tous qu’elle sait être bien plus qu’un célèbre profil Instagram.
Mais Wesport est une toute petite ville et, où qu’elle aille, elle finit toujours par tomber sur Brendan. Bientôt, une étrange attirance naît entre la fashionista délurée et le pêcheur solitaire…

C’est arrivé en été, sera bientôt adapté pour le cinéma.

L’Archipel (7 juillet 2022) – 369 pages – Broché (22€)
Traduction : Séverine Quelet  

AVIS

À la recherche d’une romance parfaite pour l’été, c’est-à-dire légère et entraînante, j’ai jeté mon dévolu sur ce nouveau titre aux éditions de l’Archipel qui m’avait régalée l’année dernière avec Duel au soleil. Un choix qui m’a plutôt porté chance puisque j’ai passé un très bon moment avec cette romance toute mignonne, qui n’est néanmoins pas dénuée de quelques scènes épicées mais jamais vulgaires.

Après une énième frasque de Piper, une influenceuse Instagram, son riche beau-père décide de lui couper les vivres et de l’envoyer pendant quelques mois à Westport, afin qu’elle apprenne le sens du mot travail. Passer de Los Angeles, ville de ses péchés, à Westport, petite ville de pêcheurs, il y a une certaine ironie que ne goûte guère Piper, mais elle n’a pas vraiment le choix. Sa sœur Hannah, bien plus posée et toujours de bon conseil, décide heureusement de l’accompagner. Et puis, contre toute attente, il se pourrait que cette nouvelle vie éloignée de la frénésie des réseaux sociaux ne soit pas si désagréable que cela, si l’on occulte Brendan, ce beau mais désagréable pêcheur…

J’avoue avoir été quelque peu énervée par beau-papa qui regrette le caractère superficiel de Piper et son manque d’ambition dans la vie, mais qui semble occulter qu’élever un enfant, ce n’est pas se contenter de signer des chèques, et d’espérer que le reste se fasse tout seul… J’ai également été perturbée par la manière dont la mère de Piper et Hannah, très affectée par la mort de leur père quand elles étaient petites, l’a tout simplement effacé de l’histoire familiale sans penser à ses filles. Un silence qui semblait bien arranger leur beau-père quelque peu jaloux que sa femme ait eu une vie et un époux avant lui. Bref, j’ai compris que leur beau-père veuille apprendre à Piper à se débrouiller toute seule, mais j’ai désapprouvé la méthode et le manque de considération de la mère qui laisse son mari tout gérer.

Cela a peut-être joué dans le fait que malgré sa recherche constante d’attention, du moins au début du roman, Piper m’a tout de suite touchée. Je l’ai trouvée pétillante, joyeuse, optimiste, parfois maladroite et naïve, mais toujours prête à faire des efforts et à combler les lacunes qu’une vie d’oisiveté a fini par créer. C’est qu’entre sa vie de jet-setteuse qui passe son temps en représentation et à faire la fête auprès d’amis qui n’en portent que le nom, et la vie simple sans artifice dans une ville comme Westport, il y a un fossé ! Piper et Hannah auront néanmoins la chance d’être bien accueillies, le souvenir de ce père mort en mer, et dont elles ne savent rien, étant encore très présent dans la ville et le coeur des habitants.

Des habitants avec lesquels les deux sœurs nouent petit à petit des liens malgré quelques maladresses. À cet égard, il y a une rencontre qui instaure un pont entre présent et passé que j’ai trouvée très belle, et surtout amenée avec beaucoup de justesse. Elle illustre, en outre, à merveille l’effet que Piper peut avoir sur les autres ; un effet dont elle ne mesure pas l’importance et qui se dévoile à nous par petites touches. Et si son art reconnu et apprécié de la fête, loin d’être une marque de sa superficialité, cachait son véritable talent : celui de créer avec un naturel enchanteur des liens entre les gens ? Bienveillante, chaleureuse et ouverte d’esprit, Piper fait partie de ces gens lumineux qui apportent chaleur, joie et confort par leur simple présence et sourire. 

Mais malgré ses nombreuses qualités, la jeune femme doute beaucoup d’elle-même n’ayant jamais vraiment reçu le respect et la confiance qu’elle mérite, sauf de la part de sa sœur. Et c’est en cela que son expérience à Westport lui fera le plus grand bien ! Elle réalise progressivement qu’elle aussi est capable de mener à bien un projet, ici la refonte du bar défraîchi de son père biologique, et de prendre des initiatives, pas toujours avec succès, mais toujours avec bonne humeur et bonne volonté. Son évolution est savamment orchestrée, touchante et réaliste. Si sa relation avec un certain pêcheur n’y sera pas pour rien, elle n’en sera pas le seul et unique moteur, le changement venant bien de Piper elle-même.

Le fait que l’autrice ne conditionne pas l’épanouissement de son héroïne à sa seule relation amoureuse m’a beaucoup plu et permis de savourer le rapprochement entre Piper et Brendan. Veuf solitaire, ce dernier se montre d’abord désobligeant, avant de reconnaître qu’il s’est peut-être laissé emporter par ses préjugés et jugements à l’emporte-pièce. J’ai trouvé ce personnage très humain, sincère et touchant, notamment dans son envie de ne pas blesser son ancien beau-père qui vit encore dans le souvenir de sa fille disparue. Mais de fil en aiguille, Brendan réalise qu’il a le droit de retrouver le bonheur, d’exister en dehors de sa passion/haine pour la mer, et du souvenir d’une épouse avec laquelle il avait conclu un partenariat plutôt qu’un mariage d’amour. Il semble ainsi prêt à remettre en question toutes les habitudes rassurantes qui conditionnaient sa vie pour donner toute sa place à Piper qu’il n’attendait pas, mais qu’il espère ne plus jamais devoir quitter.

Bien que j’aurais apprécié que l’attraction entre les deux soit moins rapide, j’ai été séduite par l’alchimie indéniable qui les lie. Ils ne pourraient être plus différents l’un de l’autre, Piper exubérante et expansive, Brendan taciturne et renfermé, mais ils se révèlent parfaitement complémentaires. J’ai adoré les voir se taquiner et j’ai partagé avec un plaisir certain leurs moments de tendresse, de complicité et de passion. Touchant et mignon, ce couple semble s’imposer à nous, mais reste encore à en convaincre Piper hantée par la douleur de sa mère à la mort de leur père. Est-elle prête à prendre le risque d’avoir un jour le coeur brisé, elle, la fashionista et jet-setteuse qui ne vit que pour la fête et l’attention ? Mais justement, désire-t-elle encore cette vie de strass et de paillettes, de courses aux likes et de faux amis qui ne la voient que sous le prisme de ce qu’elle peut leur apporter ? Des questions auxquelles la jeune femme va devoir répondre avant de décider de partir ou de rester, de donner sa chance à son couple, ou reprendre une vie rassurante mais vide de sens…

Quant à la l’écriture de l’autrice, elle se révèle très agréable, fluide et parfaite pour nous plonger avec facilité dans ce roman d’amour, d’amitié, de quête de soi et de sens, de retour aux sources aussi. Un roman léger et doux qui aborde néanmoins avec délicatesse des thématiques importantes, et nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour prendre un nouveau départ. C’est arrivé un été ou la lecture détente parfaite pour s’émouvoir, rire et se divertir en toute légèreté. J’ai, pour ma part, hâte de découvrir sa future adaptation cinématographique, et de poursuivre les aventures des sœurs Bellinger. Tessa Bailey nous laisse, en effet, espérer une romance tout aussi pétillante entre la sœur de Piper et un personnage bourreau des cœurs, mais peut-être pas si superficiel que cela. Après tout, n’a-t-on pas appris avec Piper que les apparences sont parfois trompeuses ?

31 réflexions sur “C’est arrivé un été, Tessa Bailey

  1. J’avais repéré ce roman et pour sûr, je note ce roman pour l’été prochain s’il parait en poche car entre son héroïne attachante et la plume de l’auteure, tu sembles avoir vécu un doux et délicieux moment idéal en cette saison !
    Merci à toi.

    Aimé par 1 personne

  2. A part le contexte petite ville de bord de mer qui me serait plutôt sympathique, ce n’est clairement pas une lecture pour moi ^^ Mais ça fait plaisir de voir que tu as passé un bon moment 😉

    Aimé par 1 personne

  3. Pingback: [Bilan] Shiny Summer Challenge | Light & Smell

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