Juste avant le bonheur, Agnès LEDIG

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Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig est le premier livre que j’ai lu dans le cadre de mon big challenge Livraddict 2016.

PRESENTATION DE L’EDITEUR

Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fées. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui sourire. Ému par leur situation, un homme les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. Tant de générosité après des années de galère : Julie reste méfiante, elle n’a pas l’habitude. Mais pour Lulu, pour voir la mer et faire des châteaux de sable, elle pourrait bien saisir cette main qui se tend…  » Un hymne à l’espoir qui sonne juste comme une expérience vécue… Un livre poignant, où le malheur n’a pas le dernier mot.  » Le Figaro Magazine Cet ouvrage a reçu le Prix Maison de la Presse

Vous pourrez retrouver un extrait du livre ainsi qu’une interview de l’auteure sur le site d’Albin Michel. Pour éviter d’être influencée sur mon avis, je n’ai visionné la vidéo qu’à la fin de ma lecture et de la rédaction de cet article.

MON AVIS

Sans le challenge Livraddict, ce n’est pas forcément le genre de lecture vers laquelle je me serais tournée.

Néanmoins, je suis partie assez confiante dans sa lecture encouragée par la multitude de commentaires positifs à son égard et le prix Maison de la presse qui lui a été décerné. Mes attentes étaient donc grandes voire peut-être trop grandes. Car autant le dire tout de suite, je n’ai pas été emballée par ce livre.

Des dialogues manquants de spontanéité…

De nombreux dialogues parsèment l’ouvrage. Cela ne m’a pas dérangée, bien au contraire. Ils insufflent  une certaine dynamique au livre et permettent de l’ancrer dans la réalité, du moins dans une certaine mesure. En effet, certains dialogues souffrent d’un manque de spontanéité et j’ai eu du mal à croire que dans la vraie vie, les gens s’expriment naturellement de cette manière.

Certains de ces dialogues m’ont paru être plus un moyen pour l’auteure de distiller quelques notes de sagesse voire de psychologie positive que l’expression naturelle des personnages. Leur contenu aurait eu, à mon sens, plus leur place dans le corps du récit que dans les échanges oraux entre les personnages.

Si je dis éventuellement c’est que l’une des choses qui m’a dérangée dans ce roman c’est la présence de ces phrases bateaux que l’on peut lire dans certains ouvrages de psychologie positive. J’imagine qu’elles peuvent éventuellement sembler éclairantes pour certaines personnes qui ne sont pas familières de ce genre de propos…

Un livre qui peut se diviser en deux parties…

J’ai trouvé la première moitié du livre assez ennuyante, sa lecture m’a paru longue et l’envie de refermer l’ouvrage m’a titillée régulièrement. Julie malgré sa vie compliquée n’a pas suscité chez moi l’empathie qu’elle aurait dû ce que j’explique, en partie, par le manque de réalisme du récit. Je n’ai pas réussi à « entrer » dans l’histoire n’ayant pas eu ce petit déclic qui fait que peu importe le réalisme d’une situation, l’auteur arrive à vous transporter dans son monde, dans sa réalité propre.

Néanmoins, n’abandonnant que rarement mes lectures en cours de route, j’ai fini par lire la première partie en faisant du vélo d’appartement histoire de ne pas avoir l’impression de perdre mon temps. Puis, à ma grande surprise, environ à la moitié du livre, le récit a pris vie. Pas d’une manière joyeuse mais par l’arrivée d’un drame, d’un accident qui va venir rompre de manière fulgurante et dramatique le pseudo compte de fée de Julie. Cet événement est d’autant plus choquant qu’il était inattendu. Avec la première partie du livre, j’avais fini par m’attendre à une espèce de conte de fée avec une fin à la Walt Disney sans surprise ni vague.

J’ai essayé de ne pas dévoiler l’intrigue de l’histoire dans cet avis mais dans le paragraphe qui suit, elle y est évoquée donc à lire après votre lecture du roman si vous voulez garder toute la surprise de l’intrigue…

A partir de cet événement, la lecture s’est accélérée et j’ai fini par regagner  mon canapé pour lui donner toute l’attention qu’elle mérite. Alors que la première partie n’a suscité en moi que de l’ennui, cette deuxième partie s’est révélée beaucoup plus profonde et intense. On s’est éloigné à grande vitesse du conte de fée pour entrer d’abord dans le choc et l’angoisse puis dans l’espoir, dans l’espoir d’un futur certes difficile mais d’un futur quand même.  On imagine au côté de Julie l’après, comment la vie va reprendre son cours et les complications au quotidien pour aider la personne blessée à vivre et vivre bien. Et de nouveau, l’auteure touche en plein cœur le lecteur avec un nouveau drame, cette fin définitive pour cet être auquel on s’était attaché, pour lequel on avait espéré le rétablissement, le bonheur après la tempête.

Trop ou pas assez…

J’ai regretté le fait que l’auteure n’ait pas été plus loin dans le drame vécu par Julie. A mon sens, on l’effleure, on le touche du doigt sans vraiment s’y confronter totalement. Il y aurait eu tellement plus de sentiments et de moments à partager avec Julie. On a l’impression d’une certaine pudeur qui s’explique peut-être par le drame personnel vécu par l’auteure faisant de la pudeur de Julie un peu la sienne. Néanmoins, force est de constater que malgré la deuxième partie qui traite d’un sujet grave, l’auteure a réussi le tour de force de ne pas tomber dans le pathos tout en suscitant une émotion certaine chez le lecteur ou du moins, chez moi.

Je regrette enfin la présence de personnages qui ne m’ont pas semblé d’un grand intérêt car l’auteure ne leur a pas laissé la place qu’ils auraient pu prendre au sein de l’ouvrage. La formation de couples parmi ces personnages est sûrement ce qui m’a le plus agacée dans cet ouvrage. Quel était vraiment l’intérêt de la manœuvre : prouver que malgré les épreuves, l’amour permet de survivre et d’aller de l’avant? que si on laisse une personne brisée sa carapace, la vie peut reprendre son cours même si c’est différemment?… Mais était-il utile de mettre tous les protagonistes en couple?

Un livre à fuir? ..

Non, d’abord aucun livre n’est à fuir puisque les goûts varient tellement d’une personne à une autre que déclarer de but en blanc qu’un livre ne doit pas être ouvert me semble plus que présomptueux de ma part. Et puis, si l’on considère le nombre d’éloges que ce roman a suscité, il est certain que beaucoup d’entre vous l’apprécieront.

D’ailleurs, moi-même je ne regrette pas la lecture de Juste avant le bonheur. Je suis contente d’avoir pu découvrir son auteure dont j’ai apprécié la plume, le style élégant et parfois poétique, la manière dont elle a su partager des émotions sans tomber dans l’apitoiement. Juste avant le bonheur a le mérite de montrer que malgré les épreuves, parfois très dures, qui peuvent parsemer une vie, l’humain a cette faculté de résilience qui lui permet de continuer à vivre et à avancer.

MA NOTE : 3/5

Ma note pourrait se diviser : 2/5 pour la première moitié du roman et 4/5 pour la deuxième.

En résumé, Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig n’a pas été la révélation à laquelle je m’étais attendue. Je n’ai pas eu le coup de cœur que les commentaires élogieux vis-à-vis de ce roman me laissaient espérer. Il s’agit toutefois  d’ un livre que je vous invite à lire pour vous forger votre opinion et découvrir la plume sans conteste plaisante de l’auteure.

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8 réflexions sur “Juste avant le bonheur, Agnès LEDIG

  1. Ta remarque sur les dialogue est bien placée : autant j’apprécie quand il y en a quand ils sont nécessaire et insufflent de la vie à l’histoire, autant ça ne me dérange pas qu’ils soient passés sous silence lorsque la narration se suffit. les phrase bateaux me font horreur, surtout quand elles sont clairement repérable…
    Enfin, je me rend compte que de plus en plus de livres prennent du temps pour commencer, c’est dommage

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