L’industrie du bonheur, Mathilde Chabot

L'Industrie du bonheur par [Chabot, Mathilde]

Je remercie Mathilde Chabot de m’avoir permis de découvrir son très joli roman L’industrie du bonheur.

PRÉSENTATION AUTEURE

Catherine ne se résout pas à faire le même métier que tout le monde. Maïwenn souffre de maltraitances psychologiques. Lorsque le destin les fait se rencontrer, la première rêve de devenir raccommodeuse de sourire, alors que le sourire de la seconde est porté disparu. Cet heureux hasard prend place sous le toit d’un inventeur bariolé, ex-horloger – désormais praticien en bobologie et mauxrologie à ses heures –, et de sa femme, une écrivaine un peu particulière.

Auto-édition (18 mars 2019) – 220 pages – Broché ( 9,80€) – Ebook (2,99€)
Emprunt abonnement Kindle possible – Illustrations : Didier Chabot

AVIS

Après une superbe préface de Didier Chabot qui laisse entrevoir toute la beauté et la poésie de ce roman, on fait la connaissance de deux fillettes, Catherine Manon dont l’histoire derrière le nom et le prénom est très touchante, et Maïwenn. Malgré des vies très différentes et des personnalités diamétralement opposées, elles vont, grâce à leur rencontre avec un personnage haut en couleur, se lier d’amitié.

Mais avant d’en arriver à cette proximité, elles devront passer de l’enfance à la vie de jeune adulte, ce qui ne se fera pas sans heurt pour Maïwenn dont l’enfance est marquée par la violence. Alors que sa mère aurait dû lui offrir cet amour inconditionnel qui permet d’avancer avec sérénité dans la vie, elle va lui apporter haine, méchanceté, violence… Une maltraitance psychologique cruelle que l’on découvre grâce au carnet de la fillette qui couche sur le papier ce qu’elle n’arrive pas encore à exprimer à l’oral : la souffrance, l’angoisse, le mal-être, la peur…

Si Maïwenn enfant était isolée dans sa peine, Maïwenn jeune adulte pourra, quant à elle, compter sur le soutien de ces personnes au grand cœur que le destin va mettre sur son chemin : un ex-horloger, Stephen, sa femme, une écrivaine d’un genre spécial, et Catherine. Ces derniers lui offriront ce qu’elle n’a jamais eu, un foyer stable, doux, aimant, et respectueux de son individualité, qui la laisse avancer à son rythme et évacuer toutes ces larmes trop longtemps contenues. Forte d’un cadre de vie plus serein et chaleureux, Maïwenn trouvera alors dans l’écriture un moyen de panser les blessures du passé et de se reconstruire avant de s’épanouir.

Malgré le début de vie difficile de Maïwenn, le livre ne sombre jamais dans le pathos ni le larmoyant, bien au contraire. Dénué de ce ton dogmatique que l’on peut parfois reprocher au genre, ce roman a des airs de feel-good qui vous donne envie de vous raccrocher au positif, de voir le bonheur dans les petites choses de la vie et de sourire avec le cœur. Et ça, c’est indéniablement l’effet Stephen Skye, praticien en bobothérapie, mauxrologue et inventeur bariolé ! Son métier : apporter du bonheur aux personnes qui en ont besoin. Son arme : son écoute, sa bienveillance, et son imagination débordante de laquelle émergent des inventions quelque peu farfelues, mais merveilleusement efficaces. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce personnage atypique, chaleureux et plein d’humanité ainsi que pour sa femme qui, bien que plus discrète, possède une réelle capacité d’empathie… 

Ce « docteur » des âmes en peine et des cœurs cabossés ne pouvait qu’attirer l’attention de Catherine qui, depuis son enfance, refuse d’entrer dans les cases, et de choisir un métier non porteur de sens. Elle n’aspire qu’à rendre les gens heureux et à raccommoder les sourires. Mais dans un monde hyper-formaté où chacun doit entrer dans une case sous peine d’exclusion, sa volonté de s’engager dans l’industrie du bonheur ne suscite pas un grand enthousiasme… Mais peu importe à Catherine qui, du haut de ses 18 ans, sait ce qu’elle désire vraiment faire dans la vie et n’est pas prête à céder devant l’incompréhension de ses parents ou l’opprobre d’une société mercantile qui ne reconnaît l’épanouissement personnel que dans la consommation à outrance.

Avec un peu de débrouillardise et d’imagination, elle arrive donc à effectuer un stage chez Stephen où elle apprendra à observer, à écouter et à accompagner les personnes qui en ont besoin. Sympathique, optimiste, forte et déterminée, Catherine est un personnage attachant dont j’ai pris plaisir à suivre l’apprentissage chez Stephen, un homme qui a su remettre en question sa vie à un moment où elle ne lui convenait plus afin de trouver sa voie, celle qui le rendrait véritablement heureux.

J’aurais souhaité découvrir un peu plus d’inventions de notre très sympathique inventeur et m’émerveiller plus longuement devant son imagination, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier cet ouvrage qui bénéficie d’ailleurs d’un très beau travail d’édition : une jolie couverture dont la douceur et les différents éléments reflètent parfaitement l’histoire, une couverture soft touch très agréable, des débuts de partie introduits par une citation et une illustration, des extraits de documents…

Mais la vraie richesse de ce roman réside dans les nombreuses et intenses émotions qu’il suscite ainsi que dans la très belle plume de l’autrice. Immersive et empreinte de poésie, elle possède une fluidité et une élégance qui poussent le lecteur à se laisser bercer par la musicalité des mots que l’on sent choisis avec soin. Si on ajoute à cela une narration alternée et dynamique entre le point de vue de Catherine et de Maïwenn qui, à mesure qu’elle reprend goût à la vie, arrive à faire entendre sa voix au-delà de ses écrits, on obtient un récit qui se lit tout seul ou presque.

On appréciera également les nombreuses thématiques abordées de manière simple, mais avec beaucoup de justesse et de sensibilité : les relations enfants/parents, le poids des mots sur les maux, la quête de sens et d’identité, la notion de bonheur, le deuil d’une relation espérée mais jamais nouée, la manipulation, la maltraitance infantile, la résilience…

En conclusion, à travers la rencontre entre un couple atypique au grand cœur, une battante refusant d’entrer dans ces cases qui rassurent, mais ne rendent pas heureux, et une jeune adulte meurtrie par une mère qui n’en porte que le nom, l’autrice nous offre une histoire pleine de sensibilité, d’émotions, d’humanisme, de bienveillance et de poésie… Un livre qui met du baume au cœur et à l’esprit et qui vous laisse cette impression que chacun d’entre nous devrait avoir la chance de rencontrer, au moins une fois dans sa vie, un inventeur bariolé praticien en bobologie et mauxrologie.

Feuilletez/découvrez le roman sur Amazon
Suivez l’autrice sur Instagram

Publicités

7 réflexions sur “L’industrie du bonheur, Mathilde Chabot

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.