JE – Connais-toi toi-même : comment fait-on cela ? de Serge Marquis

Sous les conseils ludiques et précis du médecin québécois, Serge Marquis, initiez-vous au fonctionnement de votre JE intérieur. Inspiré par le célèbre précepte antique de Socrate « Connais-toi toi-même », cet ouvrage contemporain fera office de guide personnalisé parsemé d’humour et de sensibilité pour entamer votre introspection. Pas à pas, apprenez à tourner vos angoisses en dérision et devenez maître de vous-même ! Entre switch on et switch off, vous vous imaginerez presque dans une bataille effrénée de jeux vidéo mais cette fois-ci vous serez le vainqueur à coup sûr. Décidez à présent quand votre commutateur off viendra chasser votre commutateur on et cela sans aucune limite

FLAMMARION (28 avril 2021) – 272 pages – Papier (16,90€) – Ebook (11,99€)

AVIS

Malgré le côté didactique et la touche d’humour propre à l’auteur et toujours fort appréciable, je n’ai pas réussi à me passionner pour cette lecture, d’autant que j’ai trouvé certains passages assez répétitifs. Avec du recul, je pense que pour véritablement l’apprécier, j’aurais dû en avoir une lecture plus espacée, et me contenter de lire quelques pages chaque jour.

Si j’ai apprécié l’idée de séquence développée par l’auteur, je suis restée assez hermétique à cette histoire de gâteau chinois lui permettant d’illustrer une partie de ses propos. C’est un détail, qui ne gênera probablement pas la plupart des lecteurs, mais ça a suffi à me faire décrocher et a provoqué en moi les prémices de l’ennui. Or, s’il y a bien une chose à laquelle mon JE, pauvre de lui, est réfractaire, voire très hostile, c’est à l’ennui et encore plus durant mon loisir préféré. Ce sentiment a d’ailleurs lancé en moi une séquence assez désagréable…

À cet égard, je reconnais toute l’utilité du livre qui m’a permis de prendre un peu de temps pour observer ce qui s’est joué en moi, de la perception de la menace à mon confort au jugement qu’elle a entraîné en passant par le déclenchement d’une tempête intérieure. J’ai fini par retrouver une certaine sérénité, ne restant jamais agacée bien longtemps, mais je n’ai pas réussi à atteindre la petite « seconde révolutionnaire » qui change tout. Mais j’ai bon espoir d’y arriver prochainement et de réussir à opérer ce basculement permettant de passer du switch on au switch off.

Je reconnais néanmoins un vrai sens de la formule à Serge Marquis qui arrive à mettre des mots simples et percutants sur des concepts qui ne le sont pas toujours et/ou qui nous entravent dans notre vie. Cela rend ses explications claires, pédagogiques et assez marquantes, ce qui pour une grande lectrice est toujours fort appréciable ! Il y a, en outre, certains propos qui m’ont personnellement parlé et grâce auxquels j’ai pu remettre des situations et paroles en perspective, puisqu’il y a parfois un décalage entre ce qui est dit et ce qu’on entend réellement. Je retiendrai plus particulièrement une maladresse de l’auteur dans un restaurant qui a provoqué un malentendu avec une femme ronde, celle-ci ayant vécu sa blague comme un jugement sur sa personne, quand l’auteur cherchait seulement à briser la glace. Ayant été obèse et en ayant beaucoup souffert, je me suis complètement identifiée à la dame et ai apprécié la séquence d’observation de cette dernière imaginée par l’auteur, et plus particulièrement la dernière phase qui m’a apaisée. Cela reste très personnel, mais j’aurais aimé à l’époque être capable de penser ainsi :

Il y a un vieux JE qui refait surface ici. Le JE de l’apparence. Celui qui croit être un poids, une taille, des rondeurs ou n’importe quoi qui définit une apparence. Tout doux, le JE, tout doux, nous ne sommes pas une apparence. Nous ne sommes pas notre passé. Nous ne sommes pas toutes les insultes qu’on a subies pendant notre enfance et notre adolescence. Nous ne sommes pas l’exclusion qu’on a connue. Nous ne sommes pas toutes ces tristes histoires ! La pire chose à faire serait de continuer à se les raconter dans l’espoir qu’elles s’effacent. Les histoires ne peuvent que s’imprimer davantage si on se les raconte encore après toutes ces années. Et puis on se les raconte, plus les tempêtes hormonales s’intensifient. Nous ne sommes pas notre apparence. Il n’y a que présence qui compte.

J’ai également apprécié la manière dont Serge Marquis rappelle, entre autres, qu’on tend trop souvent à mélanger confort et survie, entrainant des réactions disproportionnées, que certains défendent leur avis comme si leur vie était en jeu quand c’est plutôt leur JE qui se sent menacé, ou comment, notamment sur les réseaux sociaux  » Le JE prétends souvent défendre le bien commun alors qu’il défend une image qu’il a de lui-même : celle du sauveur ou du héros.  » Un point qui m’a fait prendre une certaine distance, notamment avec Twitter dont le format est le terrain favorable à l’expression d’un JE délétère.

Au-delà des propos de l’auteur qui ne manquent pas d’intérêt, bien qu’ils n’aient pas réussi à capter mon attention sur la durée, je tenais à saluer le travail de mise en page qui rend la lecture aussi fluide qu’agréable : des citations inspirantes sous fond bleu pour introduire la trentaine d’entrées, des chapitres courts avec des titres qui attirent l’attention et des sous-titres permettant d’avoir une perception globale de l’idée développée, un texte aéré, des dialogues… Oubliez donc les pavés indigestes écrits en pattes de mouche.

De par son humour, son naturel, sa bienveillance et la manière dont il se base sur sa propre vie et des situations fictives, mais réalistes, l’auteur réussit à créer un réel et important sentiment de proximité avec ses lecteurs. Une condition qui me semble indispensable pour avoir envie d’entreprendre un travail d’observation et d’introspection sur soi et d’accéder à un bonheur bien mérité.

En résumé, grâce à différentes situations permettant de mettre en lumière nos schémas de pensée et la manière de les dépasser pour nous ramener dans l’instant présent, l’auteur offre une simple, mais efficace porte d’entrée à la connaissance de soi, une connaissance dépouillée de la présence envahissante et étouffante du JE. Un JE multiple et prêt à tout pour obtenir de l’attention et un faux sentiment de sécurité, quitte à développer des mécanismes l’éloignant du réel bonheur. Preuve s’il en est que le fameux Connais-toi toi-même de Socrate est toujours d’actualité, a fortiori dans une modernité plus prompte à tweeter son inconfort afin de le légitimer qu’à l’observer pour le dépasser.

Je remercie les éditions Flammarion et Babelio pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

In My Mailbox #220 : une précommande, des achats imprévus et de l’humour

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


Ayant apprécié Le jour où je me suis aimé pour de vrai de Serge Marquis, je suis assez curieuse de découvrir son nouveau livre de développement personnel. J’ai également hâte de lire le comics Magicien d’Oz découvert par hasard en libraire, ce tome contenant deux mini-séries inspirées de l’œuvre de Frank L. Baum. Quant au tome 2 de The Bone Season, je l’ai pris dans l’intention de le lire directement à la suite du premier, probablement en août. Je suis également curieuse de découvrir Promesses en rose et une BD qui semble complètement loufoque…

Le Magicien D'oz   de Shanower Eric  Format Broché

Je : Connais-toi toi-même  par MarquisPromesses en rose T.1 - Couverture - Format classique

 

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?

In My Mailbox #195

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


Voici quelques nouveautés qui ont rejoint ma PAL :

Couverture Ame ténébreuse, coeur lumineux : Hommage à la romantic fantasyCouverture L'Ouroboros d'Argent

Will et ses frères : La vengeance du pirate par ColferCouverture Le bonheur est caché dans un coin de votre cerveau

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Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

Chat totem – Suivez votre bonne étoile féline, Veronique Aïache

Chat totem – Suivez votre bonne étoile féline

Les Amérindiens considèrent l’animal Totem comme un guide spirituel, une sorte de bonne étoile bienveillante. Selon eux, la symbolique de l’animal qui emboîte le pas de l’individu est là pour l’aider à mieux se connaître, à identifier ses forces et ses faiblesses, à développer son potentiel, à s’ouvrir à de nouvelles perspectives sur sa relation avec la nature et mêmes, à gagner en confiance en soi pour mieux faire face aux défis du quotidien. Choisir le chat pour totem, c’est découvrir par ailleurs d’autres aspects de l’identité de ce petit animal pas comme les autres. C’est aller au-delà de ce que l’on connaît déjà de lui. Ici, il ne sera pas question de le considérer comme un exemple à suivre sur les chemins de la paix intérieur, mais plutôt de l’accueillir comme un maître à penser – et à agir dans la quête d’équilibre entre soi et le monde extérieur. L’animal totem du chat nous enseigne ces six sagesses : la liberté avant tout, agir calmement et au bon moment, l’art de la clairvoyance, se taire pour mieux entendre, la soif de l’aventure, l’art de retomber sur ses pieds.

Hugo Document (4 juin 2020) – 189 pages – Papier (11,50€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Si vous me suivez depuis un moment sur le blog, vous n’êtes pas sans connaître mon amour des chats. C’est donc avec un plaisir certain et beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancée dans cet ouvrage dont le titre et le résumé m’ont tout de suite intriguée.

Cartésienne par nature, j’ai néanmoins eu un peu peur que le livre soit trop ésotérique pour moi parce que si je reste curieuse de découvrir les croyances d’autrui, j’ai parfois du mal à me laisser emporter par des textes trop mystiques. Si vous êtes dans mon cas, aucune inquiétude à avoir, le livre étant très accessible même pour les plus rationnels des lecteurs. Sa mise en page aérée et sa construction autour de quatre grandes parties le rendent également très facile et rapide à lire !

D’une plume fluide et agréable, l’autrice aborde différents sujets avec une grâce presque féline. Et le voyage commence par un retour dans le passé afin de comprendre la complicité qui s’est créée, au fil du temps, entre les chats et les êtres humains. Une relation qui remonte à très longtemps et qui n’a pas toujours été cordiale, le chat faisant partie de ces rares animaux ayant suscité autant de haine et de méfiance que de passion et de dévotion !

Tous les peuples ne se sont ainsi pas montrés aussi aimants avec les chats que les Égyptiens sous le règne des Pharaons qui les associaient volontiers à la déesse de la fertilité et des foyers, Bastet. Une vision divine et idéalisée des chats laissant sceptiques les Grecs et ses penseurs comme Hérodote qui avaient une vision bien plus négative de cet animal vu comme cruel, dépravé, calculateur… Aimant l’histoire, j’ai trouvé cette partie passionnante et très instructive d’autant qu’elle m’a permis de comprendre l’engouement des Japonais pour les Maneki-Neko ou encore la place du chat dans l’Islam qui loue sa légendaire propreté. 

J’ai également apprécié d’en apprendre un peu plus sur les Amérindiens qui vouent le plus profond respect à la nature, considérant que les hommes, les animaux, et même la végétation, forment une même famille. Une vision respectueuse de la vie, sous toutes ses formes, qui tranche avec la nôtre et qui ne manque pas de poésie surtout si l’on considère la croyance amérindienne selon laquelle chaque individu peut faire le choix de laisser son âme et son esprit renaître dans une autre forme…

Autre aspect intéressant de cette culture, la manière dont sont perçus les animaux : incapables d’être corrompus, contrairement aux hommes, ils deviennent pourvoyeurs d’enseignement ! Les Amérindiens associent ainsi à chaque animal, un comportement et une personnalité dont on peut tirer des leçons à condition d’avoir bien identifié son totem, sa représentation animalière. Celle-ci n’est pas forcément liée à votre animal préféré, mais plus à celui qui possède les qualités dont vous avez besoin pour avancer et tirer le meilleur de vous-mêmes… L’autrice détaille différentes manières pour trouver son animal totem, et si je n’ai pas encore pris le temps d’identifier le mien, je le ferai avec plaisir curieuse de le découvrir et d’apprendre à mieux le connaître avant de m’imprégner de ses enseignements.

Il aurait été difficile et indigeste de faire le portrait totémique de chaque animal dans cet ouvrage, mais l’autrice dresse celui de l’animal qui nous intéresse le plus ici, le chat ! Pas le chat que nous connaissons, et qui a conquis notre cœur en même temps que le web, mais plutôt celui qu’ont eu l’occasion de côtoyer les premiers Indiens d’Amérique, le grand chat sauvage. Un animal symbole d’indépendance, de patience, d’adresse, de courage, de curiosité et de clairvoyance… Un portrait finalement très proche du chat qui honore nos foyers et dont l’autrice nous rappelle les principales caractéristiques ainsi que ses bienfaits sur les êtres humains.

De son ouïe exceptionnelle qu’il arrive à modérer quand nos bruits du quotidien l’indisposent à son odorat surdéveloppé en passant par sa capacité à voir dans le noir, le chat nous apparaît définitivement comme un animal fascinant que l’on ne peut que prendre plaisir à accueillir tout en profitant, au passage, de ses doux et salutaires ronrons… Je suis d’ailleurs plus que convaincue des bienfaits et de l’intérêt de la ronronthérapie dont j’ai la grande chance de pouvoir bénéficier.

Les trois premières parties m’ont permis de découvrir certaines choses et de renforcer certaines connaissances, mais j’avoue que c’est la dernière partie qui m’a peut-être la plus surprise et conquise. J’ai, en effet, adoré la manière dont l’autrice reprend des concepts de développement personnel, somme toute assez classiques, en les illustrant à travers le comportement et la vie d’un chat. Voilà une démarche simple et évocatrice qui parle bien plus à l’amoureuse des chats en moi que de longs discours qui sonnent parfois creux ou prennent des chemins détournés pour énoncer de simples vérités.

J’ai donc découvert avec curiosité les trente commandements du chat, un animal qui s’érige naturellement en coach spirituel vous encourageant dans votre vie à condition, évidemment, de rester à l’écoute des signes qu’il vous envoie pour guider vos pas. Certains commandements ont plus résonné en moi que d’autres, mais tous m’ont semblé pleins de bon sens et de justesse à l’image d’un certain félin sur lequel, après la lecture de cet ouvrage, vous aurez très envie de prendre exemple. Cela signifie, entre autres, trouver un bon équilibre entre égoïsme et altruisme, apprendre à prendre ce que la vie offre pour en tirer le meilleur profit, profiter de l’instant présent, rester curieux et éveillé, transformer des contraintes en réflexes, fixer des limites (si vous connaissez les chats, vous savez certainement à quel point, ils sont doués pour faire comprendre quand on les importune)…

En conclusion, en ouvrant Chat Totem, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’ai découvert un très bel et agréable ouvrage qui mêle, avec brio, Histoire, exercices simples à mettre en place, croyances et mythes amérindiens et sagesse féline dont chacun devrait s’inspirer et s’imprégner afin de vivre une vie de pacha ou, du moins, une vie en adéquation avec ses valeurs et ses envies ! Cet ouvrage s’adressera aussi bien aux amoureux de la nature et des chats qu’aux personnes désirant se lancer dans une démarche originale de développement personnel placée sous le signe du chat.

Je remercie Babelio et les éditions Hugo&Cie pour m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

 

 

Jonathan Livingston le Goéland, Richard Bach

Couverture Jonathan Livingston le goéland

 

Décidément, Jonathan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Sa seule passion : voler toujours plus haut et plus vite, pour être libre. Mais cet original qui ne se contente pas de voler pour se nourrir ne plaît guère à la communauté des goélands. Condamné à l’exil, seul, Jonathan poursuit ses découvertes, sans peur, sans colère. Il est seulement triste de ne pouvoir les partager, jusqu’au jour où il rencontre des amis… Jonathan apprend alors à briser les chaînes qui emprisonnent son corps et ses pensées. Ce livre drôle et poétique est un hymne à l’amour et à la liberté !

Audible – 58 minutes
Lu par Patrice Laffont, Dorothée Berryman, Cédric Noël, Vincent Davy

AVIS

Un mal de tête carabiné, mais aucune envie de rester allongée dans le noir sans rien faire, j’ai décidé d’écouter un livre audio, de préférence court. Mon choix s’est alors porté sur Jonathan Livingston le Goéland que j’avais téléchargé gratuitement sur mon application Audible.

Jonathan pour un goéland, cela a de quoi surprendre, mais Jonathan n’est pas un goéland comme les autres. Quand les autres membres de son clan ne pensent qu’à vivre pour manger lui, il ne pense qu’à voler, voler toujours plus haut, toujours plus vite, pour gagner en liberté. Mais ses progrès en techniques de vol seront loin de plaire à son clan qui finira par le chasser… Le goéland, exilé, mais bien déterminé à rester fidèle à ses envies, finira heureusement par trouver d’autres goélands partageant ses aspirations.

À travers cette histoire, qui s’apparente à un petit conte philosophie, l’auteur aborde différents sujets, et notamment la différence et le rejet qu’elle suscite. Comme l’en atteste la communauté de goélands qui chasse notre héros, un être, qui n’entre pas dans la norme et ne respecte pas les traditions, inquiète avant d’être simplement mis au ban de la société.

Ce constat ne suscitera pourtant aucune haine chez Jonathan. Peiné que ses comparses se contentent d’une vie sans but, sans volonté de se dépasser, il restera néanmoins fidèle à ses aspirations profondes, et à ce qu’il est. Il a bien tenté, durant un moment, de se fondre dans le moule, mais il a vite compris que l’acception de ses pairs ne valait pas le sacrifice de son être… Comment, en effet, être heureux si l’on renie ce que l’on est et ses propres rêves ?

En gagnant en âge, il gagnera également en maturité jusqu’à comprendre, grâce à sa rencontre avec d’autres goélands, plus ouverts d’esprit que ceux de son clan, que la liberté ne dépend que de soi et des barrières que l’on se met. Une fois les chaînes brisées, chacun est libre de s’approprier sa vie, et faire de ses rêves une réalité. Cette liberté tant désirée une fois devenue sienne, Jonathan deviendra alors à son tour porteur d’espoir, et partagera, avec ceux qui en ont besoin, la sagesse acquise au fil de ses rencontres et de ses expériences, heureuses comme malheureuses.

La plupart des idées soulevées ne sont pas innovantes, mais l’auteur a su les mettre en scène de manière assez imagée et subtile pour parler à chacun des lecteurs sans tomber dans un ton moralisateur ou dogmatique. L’ensemble offre donc un récit harmonieux et philosophique plaisant et accessible.

Quant à la partie audio du livre, je dois dire qu’elle m’a complètement conquise. Alors que je n’écoute jamais de musique en lisant, j’ai adoré les musiques diffusées tout au long du livre. Choisies avec soin et beaucoup de justesse, elles participent grandement et activement au plaisir que l’on prend à se laisser conter l’histoire de ce goéland en quête de liberté. Pourvoyeuses d’émotions, elles m’ont également permis de ressentir avec force tout ce qui se dégage de ce récit, simple en apparence, mais finalement assez profond et universel.

Autre point qui m’a plu et qui est assez rare, chaque personnage est interprété par une personne différente, ce qui permet de mieux se représenter chacun des protagonistes et de s’immerger plus facilement dans la lecture.

En conclusion, Jonathan Livingston le Goéland est un petit livre audio qui m’a très agréablement surprise. À travers l’histoire d’un goéland devenant le mouton noir de son clan, l’auteur aborde de nombreux sujets qui ne devraient pas manquer de vous faire réfléchir : la quête de soi, le besoin de réaliser ses rêves, l’indépendance, les envies d’évasion, la liberté, mais aussi la différence et le rejet qu’elle tend encore bien trop souvent à susciter. Sans être révolutionnaire, cette petite histoire devrait donc vous faire passer un joli moment d’évasion et de réflexion.

Lily 2.0 – Tome 2. Solstice d’été, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir proposé de découvrir le tome 2 de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline. N’hésitez pas à lire ma chronique du tome 1 : Lily 2.0 : équinoxe de printemps.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Au cours d’un voyage scolaire à Florence, entre la contemplation des chefs-d œuvre de la Renaissance et les délires propres à une bande d’ados en vacances, affleurent chez Lily de nouvelles capacités extrasensorielles : distinction des auras, perception auditive et visuelle de fantôme, clairsensibilité… S’agit-il du syndrome de Stendhal qui provoque souvent troubles et hallucinations chez les touristes exposés à tant de beauté ou de l’éclosion soudaine de facultés de clairvoyance et de médiumnité ? Tout en se familiarisant, le jour, avec la pensée humaniste, l’alchimie et l’hermétisme, Lily replonge, la nuit, dans l’univers fascinant des énergies subtiles.

Caouanne (21 novembre 2019) – 232 pages – Ebook (4,88€) – Broché (16€)
À partir de 12 ans

AVIS

Florence ! Voilà une destination de rêve pour conclure une année scolaire. C’est donc en compagnie de quelques-uns de ses professeurs et de 15 autres collégiens de 4ème que Lily visite la ville.

Florence nous apparaît ici comme une ville riche d’un passé faste et mouvementé, mais la ville semble surtout être une ode à la culture que ce soit à travers ses monuments, ses mécènes historiques à l’instar des fameux Médicis, sa gastronomie, ou ses courants artistiques et ses artistes emblématiques qui ont su vivre à travers le temps dans la mémoire collective…. Les amateurs de la Renaissance, d’art et d’histoire devraient donc être enchantés par cette immersion totale et somptueuse dans une ville qui semble rayonner !

Cerise sur le gâteau, en plus de vous promener dans ses rues et visiter ses monuments, vous devriez découvrir certains faits surprenants sur cette cité qui regorge de mystères et de légendes. J’ai, par exemple, appris que Florence serait le berceau des glaces et des sorbets, une information toujours intéressante pour une gourmande… Et si je connaissais le syndrome de Paris, j’ai découvert avec étonnement le syndrome de Stendhal appelé également syndrome de Florence

Vous aurez donc compris que ce second tome laisse une large place à la culture et à l’histoire de l’art, une démarche pédagogique qui devrait plaire aux adultes, mais aussi aux lecteurs plus jeunes, l’autrice rendant les informations présentées tout au long du roman passionnantes et très accessibles. Un excellent moyen de se cultiver tout en se divertissant !

Nous restons néanmoins dans une fiction et à cet égard, nous retrouvons ce qui fait le charme de la série : une incursion dans le monde de l’invisible, de l’ésotérisme, des sciences parallèles et de ces capacités extrasensorielles sur lesquelles chacun se fera sa propre opinion, l’autrice ne tombant jamais dans le prosélytisme. C’est donc avec mon esprit résolument cartésien, mais avec une certaine ouverture d’esprit, que je me suis laissée entraîner dans le monde des auras, des énergies, de la philosophie hindouiste, de l’alchimie, science dont je ne pensais pas le symbolisme aussi présent dans nos vies…

J’ai tendance à ne croire que ce qui a été démontré scientifiquement, mais je reconnais que l’autrice rend toutes ces notions et disciplines fascinantes d’autant qu’elle n’hésite pas à inclure des illustrations pour étayer ses propos. J’ai, en outre, adoré suivre Lily dans l’exploration de ses capacités hors du commun, notamment celles la conduisant à dépasser ses craintes (légitimes) afin d’aller à la rencontre d’un personnage qui m’a touchée. Ce dernier offre également une petite incursion dans un tragique épisode de l’histoire mondiale, côté italien, ce qui est plutôt rare dans la littérature française.

La version numérique est de qualité, mais j’aurais néanmoins tendance à vous conseiller de vous diriger vers la version papier afin de profiter pleinement de l’agréable mise en page de ce roman puisque de nouveau, il bénéficie de jolies illustrations dont une splendide carte de Florence en couleurs. Sont également présents des petits plus qui rendent la lecture très attractive quel que soit l’âge des lecteurs : des recettes accessibles (glace à la vanille, biscuits du Piémont…), des suggestions de morceaux de musique distillées par-ci par-là, des exercices pour développer certaines facultés, un tuto de coiffure et même une recette de dentifrice maison… Une manière subtile et efficace de donner l’impression de lire le journal intime de notre héroïne et donc de faciliter le processus d’identification des préadolescent(e)s et des adolescent(e)s.

Grâce à ce voyage scolaire mené tambour battant, le personnel éducatif ayant veillé à planifier avec minutie l’emploi du temps de leurs élèves, les adultes devraient, quant à eux, s’attendrir devant la personnalité haute en couleur de Lily, et retrouver certaines sensations, voire revivre certains souvenirs comme les petites chamailleries et mauvais tours entre filles et garçons… Je vous rassure, tout reste bon enfant puisqu’il se dégage de cet ouvrage beaucoup de positivité ! Un point qui rend la lecture particulièrement agréable et enrichissante.

Comme dans tout groupe, il y a des amitiés et des inimitiés qui se créent, mais l’autrice veille à mettre en avant une forme de bienveillance. Ainsi, Lily ne juge pas, elle reconnaît juste que sa conception de la vie diffère de celle de certaines de ses camarades et que leur appétence pour le superficiel ne lui sied guère. Je ne suis pas certaine qu’à son âge, j’aurais eu cette force d’esprit ayant toujours eu un peu de mal avec les personnes centrées sur le paraître. Je devrais peut-être partir quelques jours en vacances avec notre jeune héroïne ! Et puis qui dit voyage, dit proximité et rencontres, notamment amoureuses… 

En conclusion, immersif et intéressant, ce deuxième tome nous offre un savant mélange entre culture, art, tourisme, et monde extrasensoriel, le tout mis en valeur par une plume fluide et agréable, et une mise en page chaleureuse et attractive ! Un livre aussi plaisant sur le fond que la forme qui plaira à un large public, préadolescents, adolescents et adultes compris.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Caouanne.

L’industrie du bonheur, Mathilde Chabot

L'Industrie du bonheur par [Chabot, Mathilde]

Je remercie Mathilde Chabot de m’avoir permis de découvrir son très joli roman L’industrie du bonheur.

PRÉSENTATION AUTEURE

Catherine ne se résout pas à faire le même métier que tout le monde. Maïwenn souffre de maltraitances psychologiques. Lorsque le destin les fait se rencontrer, la première rêve de devenir raccommodeuse de sourire, alors que le sourire de la seconde est porté disparu. Cet heureux hasard prend place sous le toit d’un inventeur bariolé, ex-horloger – désormais praticien en bobologie et mauxrologie à ses heures –, et de sa femme, une écrivaine un peu particulière.

Auto-édition (18 mars 2019) – 220 pages – Broché ( 9,80€) – Ebook (2,99€)
Emprunt abonnement Kindle possible – Illustrations : Didier Chabot

AVIS

Après une superbe préface de Didier Chabot qui laisse entrevoir toute la beauté et la poésie de ce roman, on fait la connaissance de deux fillettes, Catherine Manon dont l’histoire derrière le nom et le prénom est très touchante, et Maïwenn. Malgré des vies très différentes et des personnalités diamétralement opposées, elles vont, grâce à leur rencontre avec un personnage haut en couleur, se lier d’amitié.

Mais avant d’en arriver à cette proximité, elles devront passer de l’enfance à la vie de jeune adulte, ce qui ne se fera pas sans heurt pour Maïwenn dont l’enfance est marquée par la violence. Alors que sa mère aurait dû lui offrir cet amour inconditionnel qui permet d’avancer avec sérénité dans la vie, elle va lui apporter haine, méchanceté, violence… Une maltraitance psychologique cruelle que l’on découvre grâce au carnet de la fillette qui couche sur le papier ce qu’elle n’arrive pas encore à exprimer à l’oral : la souffrance, l’angoisse, le mal-être, la peur…

Si Maïwenn enfant était isolée dans sa peine, Maïwenn jeune adulte pourra, quant à elle, compter sur le soutien de ces personnes au grand cœur que le destin va mettre sur son chemin : un ex-horloger, Stephen, sa femme, une écrivaine d’un genre spécial, et Catherine. Ces derniers lui offriront ce qu’elle n’a jamais eu, un foyer stable, doux, aimant, et respectueux de son individualité, qui la laisse avancer à son rythme et évacuer toutes ces larmes trop longtemps contenues. Forte d’un cadre de vie plus serein et chaleureux, Maïwenn trouvera alors dans l’écriture un moyen de panser les blessures du passé et de se reconstruire avant de s’épanouir.

Malgré le début de vie difficile de Maïwenn, le livre ne sombre jamais dans le pathos ni le larmoyant, bien au contraire. Dénué de ce ton dogmatique que l’on peut parfois reprocher au genre, ce roman a des airs de feel-good qui vous donne envie de vous raccrocher au positif, de voir le bonheur dans les petites choses de la vie et de sourire avec le cœur. Et ça, c’est indéniablement l’effet Stephen Skye, praticien en bobothérapie, mauxrologue et inventeur bariolé ! Son métier : apporter du bonheur aux personnes qui en ont besoin. Son arme : son écoute, sa bienveillance, et son imagination débordante de laquelle émergent des inventions quelque peu farfelues, mais merveilleusement efficaces. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce personnage atypique, chaleureux et plein d’humanité ainsi que pour sa femme qui, bien que plus discrète, possède une réelle capacité d’empathie… 

Ce « docteur » des âmes en peine et des cœurs cabossés ne pouvait qu’attirer l’attention de Catherine qui, depuis son enfance, refuse d’entrer dans les cases, et de choisir un métier non porteur de sens. Elle n’aspire qu’à rendre les gens heureux et à raccommoder les sourires. Mais dans un monde hyper-formaté où chacun doit entrer dans une case sous peine d’exclusion, sa volonté de s’engager dans l’industrie du bonheur ne suscite pas un grand enthousiasme… Mais peu importe à Catherine qui, du haut de ses 18 ans, sait ce qu’elle désire vraiment faire dans la vie et n’est pas prête à céder devant l’incompréhension de ses parents ou l’opprobre d’une société mercantile qui ne reconnaît l’épanouissement personnel que dans la consommation à outrance.

Avec un peu de débrouillardise et d’imagination, elle arrive donc à effectuer un stage chez Stephen où elle apprendra à observer, à écouter et à accompagner les personnes qui en ont besoin. Sympathique, optimiste, forte et déterminée, Catherine est un personnage attachant dont j’ai pris plaisir à suivre l’apprentissage chez Stephen, un homme qui a su remettre en question sa vie à un moment où elle ne lui convenait plus afin de trouver sa voie, celle qui le rendrait véritablement heureux.

J’aurais souhaité découvrir un peu plus d’inventions de notre très sympathique inventeur et m’émerveiller plus longuement devant son imagination, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier cet ouvrage qui bénéficie d’ailleurs d’un très beau travail d’édition : une jolie couverture dont la douceur et les différents éléments reflètent parfaitement l’histoire, une couverture soft touch très agréable, des débuts de partie introduits par une citation et une illustration, des extraits de documents…

Mais la vraie richesse de ce roman réside dans les nombreuses et intenses émotions qu’il suscite ainsi que dans la très belle plume de l’autrice. Immersive et empreinte de poésie, elle possède une fluidité et une élégance qui poussent le lecteur à se laisser bercer par la musicalité des mots que l’on sent choisis avec soin. Si on ajoute à cela une narration alternée et dynamique entre le point de vue de Catherine et de Maïwenn qui, à mesure qu’elle reprend goût à la vie, arrive à faire entendre sa voix au-delà de ses écrits, on obtient un récit qui se lit tout seul ou presque.

On appréciera également les nombreuses thématiques abordées de manière simple, mais avec beaucoup de justesse et de sensibilité : les relations enfants/parents, le poids des mots sur les maux, la quête de sens et d’identité, la notion de bonheur, le deuil d’une relation espérée mais jamais nouée, la manipulation, la maltraitance infantile, la résilience…

En conclusion, à travers la rencontre entre un couple atypique au grand cœur, une battante refusant d’entrer dans ces cases qui rassurent, mais ne rendent pas heureux, et une jeune adulte meurtrie par une mère qui n’en porte que le nom, l’autrice nous offre une histoire pleine de sensibilité, d’émotions, d’humanisme, de bienveillance et de poésie… Un livre qui met du baume au cœur et à l’esprit et qui vous laisse cette impression que chacun d’entre nous devrait avoir la chance de rencontrer, au moins une fois dans sa vie, un inventeur bariolé praticien en bobologie et mauxrologie.

Feuilletez/découvrez le roman sur Amazon
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Comment l’hypnose a changé ma vie, Messmer

Je remercie Babelio et les éditions Michel Lafon pour m’avoir permis de découvrir Comment l’hypnose a changé ma vie de Messmer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » L’invisible, l’impalpable a une réalité, une énergie. « 

 » Je m’appelle Éric Normandin, mais en 1995 j’ai décidé de me faire connaître sous le nom de Messmer, en hommage à l’un des plus célèbres pionniers de la science de l’hypnose. Je suis né en 1971 et j’ai grandi à Saint-Césaire, une petite ville du Québec, dans une famille plus atypique qu’on pourrait le croire. Quarante-sept ans plus tard, je parcours la planète en exerçant le métier de fascinateur. Je crois au pouvoir de l’esprit. Grâce à lui, j’ai réalisé ce que j’ai longtemps cru impossible : faire découvrir l’hypnose au public, tout en le divertissant.
Lorsque j’ai enfin écouté et apprivoisé – en pleine conscience – la puissance de l’esprit, j’ai su, après bien des détours et des déconvenues, prendre les meilleures décisions pour réaliser mes rêves… Puisse mon livre vous aider à réaliser les vôtres.
Je suis Messmer et voici mon histoire. « 

Michel Lafon (24 janvier 2019) – 237 pages – Broché (18,95€) – Ebook (13,99€)

AVIS

Ne regardant quasiment pas la télé et jamais les émissions de divertissement, je confesserai être passée à côté du phénomène Messmer. En revanche, l’hypnose est un sujet qui m’intéresse beaucoup ayant eu l’occasion de tester l’hypnose ericksonienne dans le cadre médical. Si malheureusement, cela n’a pas vraiment eu d’impact sur mes phobies, je reste persuadée de la puissance et du bien-fondé de cette science.

J’étais donc très curieuse d’en apprendre plus sur la manière dont l’hypnose a pu changer, pour le meilleur, le destin d’une personne. Et je dois dire que je ne regrette pas du tout ma curiosité. Dès les premières lignes, Messmer arrive à créer une vraie complicité avec le lecteur lui narrant sa vie, de sa prime jeunesse à l’homme médiatique qu’il est devenu, comme il le ferait à un ami. Une convivialité dans le style d’écriture qui rend la lecture très agréable et surtout très rapide même pour les personnes qui, comme moi, ne lisent quasiment jamais d’autobiographies.

Les pages défilent sans que jamais ne pointe l’ennui. Bien au contraire, on prend beaucoup de plaisir à découvrir la vie de cet homme dont ici transparaît toute la gentillesse, la simplicité, la débrouillardise, mais surtout la pugnacité et la capacité de travail. Quand Messmer raconte certains épisodes de sa vie et notamment la manière dont il a réussi enfant à hypnotiser un camarade, on a presque l’impression que c’est facile. Il reçoit de son grand-père un étrange et mystérieux grimoire que je rêve de feuilleter au demeurant, il le lit, l’étudie, s’entraîne et ça marche.

Mais au fil des pages, on se rend compte que si l’homme semble avoir des dispositions naturelles, ses talents d’hypnotiseur sont avant tout le fruit de beaucoup de travail. Hypnotiser et fasciner les foules, c’est un travail personnel de longue haleine qui ne semble d’ailleurs jamais terminé. Messmer est, en effet, toujours à l’affût de nouveaux moyens de passionner ses spectateurs, et de développer ses capacités. Que ce soit en hypnotisant une salle entière en un claquement de doigts, ou presque, marquant ainsi un record mondial ou en essayant d’exploiter tous les sens pour offrir un spectacle multisensoriel, Messmer ne se repose jamais sur ses lauriers. C’est peut-être l’une des clefs du succès de cet homme qui fascine au sens propre comme au sens figuré.

Pour ma part, je n’ai jamais eu l’occasion d’assister à l’un de ses spectacles, mais s’il met sur scène ne serait-ce qu’une parcelle de l’énergie mise dans ce livre, le spectacle s’annonce grandiose ! J’ai d’ailleurs apprécié que l’auteur évoque certains moments forts/anecdotes de ses shows et de ses passages à la télé, certains se révélant amusants et d’autres empreints d’émotions. Cela permet, en outre, d’offrir aux personnes n’ayant jamais assisté à l’une de ses représentations, un petit aperçu de ce qu’il est capable de faire. Et même en gardant à l’esprit que l’hypnose n’a rien de magique, ses capacités ont de quoi faire rêver et impressionner !

Ce facteur rêve explique peut-être, en partie, l’engouement du public pour cet hypnotiseur que les spectateurs plébiscitent n’hésitant pas, pour certains, à assister plusieurs fois au même spectacle. Chose étonnante de prime abord, mais qui prend tout son sens quand l’on sait que Messmer interagit de manière importante avec le public. Chaque représentation, même si elle suit une trame rigoureuse et pensée de A à Z, est donc influencée par les personnes présentes dans la salle jusqu’à devenir unique… Et puis il y a cet amour du public que l’on perçoit à travers les mots de Messmer, et qui doivent certainement faciliter la relation de confiance qu’il entretient avec ses spectateurs prêts à repousser, avec enthousiasme et en toute confiance, les limites de leur esprit.

Dans ce livre, j’ai découvert un homme fascinant et passionnant, mais aussi quelqu’un de simple et d’accessible malgré sa profession et ses capacités peu communes. Une impression renforcée par les anecdotes qu’il partage sur son enfance, sa vie professionnelle qui n’a pas toujours été celle qu’on lui connaît, l’influence et l’importance de sa famille dans sa vie, les rencontres qui ont marqué sa carrière, la difficulté de mener de front vie de famille et carrière internationale… Sont également insérées quelques photos qui nous offrent une petite plongée dans l’intimité de l’auteur. Alors que l’on aurait pu craindre de tomber dans le voyeurisme avec cette sensation de feuilleter les pages d’un magazine people, Messmer a réussi à partager des moments significatifs de sa vie tout en gardant une certaine retenue.

Comment l'hypnose a changé ma vie, Messmer

La seule chose qui pourrait décontenancer les lecteurs avec cet ouvrage, c’est l’absence d’explications concernant l’hypnose et ses différentes techniques. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée, le sujet étant tellement vaste qu’il aurait fallu bien plus d’un seul livre pour en faire le tour.

En conclusion, que vous soyez fan de Messmer ou non, je ne peux que vous inviter à vous laisser tenter par cette autobiographie qui vous permet de découvrir l’homme derrière l’artiste. Avec simplicité et beaucoup de convivialité, il vous narre les principales étapes de sa vie et tous ces moments et rencontres qui lui ont permis de devenir l’un des meilleurs hypnotiseurs au monde. Messmer, parfait exemple du self-made-man, inscrit ici sa légende, et ne semble pas prêt de s’arrêter en si bon chemin.

 

Lily 2.0 Tome I : Équinoxe de Printemps, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir envoyé, en échange de mon avis, le premier tome de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

LA SÉRIE

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Valentine Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Clairvoyance, clairaudience, psychométrie, médiumnité…, autant d’expériences aussi inattendues que déconcertantes qui vont bousculer son quotidien et la pousser à reconsidérer sa conception jusqu’alors très rationnelle de l’univers.

LE TOME 1

Que faire quand on est soudainement confrontée à des rêves qui se suivent, des visions spontanées et de surprenantes concordances des songes avec la réalité ?
Primo : garder son calme et ne pas paniquer.
Deusio : mettre le tout par écrit afin de ne rien oublier et pouvoir analyser sereinement la situation.
Tertio : ouvrir son esprit et aligner ses énergies pour essayer de canaliser l’étourdissant éveil de ses capacités extrasensorielles.
Dans ce premier tome, Lily découvre son potentiel énergétique, les notions de chakras et de koshas et s’essaie à la méditation, aux rêves guidés et aux voyages astraux. Elle expérimente également certains aspects de la clairvoyance, de la psychométrie et de la protection psychique.

Caouanne (9 novembre 2018) – 188 pages – Broché (16€) –
Tome 1 d’une série de 4 tomes

AVIS

Lily est une collégienne de treize ans et demi ordinaire qui mène une vie des plus classiques. C’était, du moins, ce qu’elle pensait jusqu’à ce que, pour son plus grand étonnement, un nouveau monde s’ouvre à elle. Lily se découvre ainsi des capacités extrasensorielles et notamment celle de faire des rêves qui concordent étrangement avec la réalité… Elle sera fort heureusement soutenue dans la découverte de ce nouveau chemin de vie par sa mère, une acupunctrice adepte de yoga et très ouverte au monde de la spiritualité.

Comme le papa de Lily, un restaurateur d’œuvres d’art, je suis de nature très terre à terre,  et ne tends à croire que ce que la science a prouvé ou, du moins, ce qui me semble rationnel. Cela ne m’a pas empêchée de savourer ce roman qui offre une plongée captivante et immersive dans un monde qui m’est inconnu, celui de la parapsychologie, de la spiritualité, des rêves guidés et lucides (peut-être l’élément qui m’a le plus intriguée), de la psychométrie, de la sagesse indienne, de la lithothérapie, de la médiumnité, et de toutes ces capacités extrasensorielles qui ont ce quelque chose de fascinant…

Alors que je ne suis pas forcément le public cible, j’ai adoré la manière dont l’autrice évoque ces sujets. C’est fait avec enthousiasme, simplicité et sans aucun prosélytisme. Chaque lecteur est laissé libre d’interpréter l’histoire comme il le souhaite et d’en retirer les enseignements qu’il estime importants. Une manière de procéder qui m’a conquise d’autant que grâce aux explications claires, mais détaillées et précises, de la maman de Lily, j’ai appris plein de choses. Certaines m’ont paru un peu trop ésotériques pour moi, quand d’autres m’ont poussée à me poser des questions et/ou donné envie d’approfondir le sujet. Il se dégage également de ce roman, un petit côté développement personnel qui n’est pas pour me déplaire. Je vous rassure, rien de dogmatique, juste l’histoire d’une jeune fille qui, avec l’aide de sa mère, apprend à mieux se connaître, à développer et s’approprier ses propres capacités et dons.

La relation mère-fille est d’ailleurs l’une des pierres angulaires de ce roman. On ressent à la perfection la complicité qui unit Lily à ses parents, et plus particulièrement à sa mère, une femme très ouverte d’esprit et très calée sur la spiritualité et le potentiel psychique des individus. Sa mère sera un véritable guide pour Lily la rassurant et l’invitant avec tact et douceur à explorer ses propres capacités et à accueillir sans crainte, mais avec une certaine précaution, ses rêves qui semblent faire écho à des événements et à des personnes qui ont réellement existé.

Soutenue par sa mère, Lily va donc faire ses premiers pas dans ce monde qui lui était inconnu et dont elle partage les découvertes dans un carnet. Et c’est là le gros point fort du livre, son format atypique oscillant entre roman, journal intime et bullet journal. Loin d’être linéaire, le livre est ainsi agrémenté de dessins, de suggestions de musiques à écouter, d’indications sur l’humeur du jour, d’une recette de cookies, d’un DIY, d’un plan en couleurs du quartier de Lily, de bonus tels que les expressions favorites de la mère de Lily…

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Cette mise en page ludique et pleine de peps rend la lecture agréable et facilite l’immersion dans la vie de Lily. Comme dans un journal intime, la jeune fille se confie à nous, partage ses découvertes, ses doutes notamment sur la nature de ses rêves, ses craintes, sa passion pour la nourriture, mais aussi tous les petits moments qui font le quotidien d’une adolescente : les cours et les devoirs, les copines, les relations garçons-filles, les sorties entre amis, les disputes et les réconciliations… Les jeunes lecteurs devraient donc facilement s’identifier à Lily, et suivre avec intérêt, si ce n’est avec passion, son incursion dans le monde spirituel et parapsychologique.

Lily est une jeune fille attachante qui, en plus de conquérir le cœur des plus jeunes, devrait ravir celui des adultes. Émilie Colline a, en effet, réussi le parfait équilibre entre une héroïne réaliste, Lily restant une adolescente comme les autres, et une héroïne assez mature pour plaire à un lectorat plus âgé. De la même manière, j’ai apprécié la plume dynamique de l’autrice qui, tout en restant simple et accessible, se révèle riche et variée. On sent un véritable travail de recherche pour offrir précision et justesse quant au vocable employé.

Au-delà des différents thèmes abordés, qui sont plutôt originaux pour un roman jeunesse, l’autrice nous offre également une fabuleuse et captivante histoire dans l’histoire. Nous partons ainsi, grâce aux rêves de Lily, dans le passé, sur les traces de pirates ! Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré cet aspect du roman qui n’est d’ailleurs pas dénué d’un certain suspense… C’est que comme Lily et sa mère, vous serez pressés de connaître le fin mot de cette aventure des mers !

En conclusion, Émilie Colline nous offre ici un roman jeunesse atypique autant au niveau du fond que de la forme. D’une plume vive et dynamique, elle met à la portée des lecteurs, jeunes et moins jeunes, un monde riche empli de spiritualité, de capacités extrasensorielles et de toutes ces possibilités que l’être humain n’a pas encore fini d’explorer. En choisissant de narrer les aventures de Lily, une adolescente ordinaire aux capacités extraordinaires, sous forme de carnet/journal intime, l’autrice établit une véritable complicité entre son héroïne et les lecteurs qui n’ont alors plus qu’une envie, connaître la suite !

Découvrez le roman sur le site des éditions Caouanne.

Un bain de nature, The Mindfulness Project

Je remercie la maison d’édition De Boeck Supérieur et Babelio pour m’avoir permis de découvrir Un bain de nature ainsi que pour le petit cadeau surprise, un joli calendrier comprenant, chaque mois, une belle photo accompagnée d’une citation inspirante.

Un bain de nature, The Mindfulness Project

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ralentissez. Débranchez. Ressourcez-vous.

Rien de tel qu’un bol de nature pour recharger ses batteries ! Et pas besoin d’aller bien loin pour le trouver : que vous ayez deux minutes ou trois jours devant vous, sur votre balcon, au bureau ou dans un jardin public, ce guide essentiel vous aidera à faire une pause, dénicher ou créer facilement votre lieu-ressource et profiter au maximum des émotions positives, du calme et de l’énergie que la nature procure. Un must-have pour booster votre bien-être !

  • Découvrez comment entrer en contact avec la nature au quotidien, où que vous soyez
  • Plus de 70 exercices faciles et inspirants
  • Suivez le guide pour retirer le maximum de vos explorations
  • Utilisez le journal pour recenser vos trouvailles et capturer vos découvertes

Explorez, enregistrez, observez et laissez libre cours à votre créativité !

Fondé par Autumn Totton et Alexandra Frey, The Mindfulness Project est une communauté scientifique combinant vie durable et développement personnel.

De Boeck Supérieur (oct 2018) – Collection Au fil de soi – 192 pages – 14.95€

AVIS

Avec une couverture à dominante verte, difficile de ne pas tout de suite penser à la nature quand l’on regarde cet ouvrage d’ailleurs intitulé, à juste titre, Un bain de nature. À travers ce livre pratique, ludique et bien pensé, les autrices nous invitent à nous reconnecter à nous-mêmes, et à cette nature présente tout autour de nous bien que nous ne lui prêtions pas forcément toute l’attention qu’elle mérite. C’est que la vie quotidienne et la prépondérance des écrans et de la technologie dans nos vies ont vite fait de nous (pré)occuper l’esprit…

Citadine dans l’âme, j’ai pourtant l’habitude avec mon compagnon de me promener régulièrement dans l’un des parcs de ma ville ou en forêt ayant la chance d’habiter une agglomération qui ne manque pas d’espaces naturels. En revanche, j’ai beaucoup de mal à faire le vide dans mon esprit, la pleine conscience étant encore loin d’être un acquis pour moi. C’est donc avec curiosité et un vif intérêt que je me suis plongée dans ce guide pratique rempli de conseils, de citations, d’informations sur la nature et d’activités/exercices.

Sans passer des heures à nous expliquer différentes théories ou les bienfaits de la pleine conscience, les auteurs nous guident et nous donnent quelques conseils pour s’approprier pleinement l’ouvrage et l’utiliser avec efficacité.

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On prend alors plaisir à découvrir, au fil des pages, des citations inspirantes et des informations intéressantes, parfois inattendues, sur la nature, le langage de la forêt, la vie d’un arbre, des animaux marins extraordinaires…

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Quant aux exercices, en plus d’être variés, ils se révèlent ludiques, entraînants et très accessibles :

  • leur diversité permettra à chacun de trouver son bonheur et ceci sans pression puisqu’il n’est pas nécessaire de faire les exercices dans l’ordre ou de s’obliger à les réaliser un par un pour profiter des bienfaits et des richesses de la nature. Bien que je les aie trouvés tous intéressants et souvent originaux, certains m’ont plus inspirée que d’autres. Je me suis, en outre, aperçue que je faisais déjà spontanément certaines des activités proposées comme celle consistant à observer les nuages, leurs formes, leurs mouvements…
  • amusants à faire, les exercices permettent de se déconnecter de manière très naturelle du quotidien et des pensées parasites qui peuvent encombrer notre esprit. On prend du temps pour soi, on observe, on écoute, on regarde, on touche, on ressent, on gribouille, on dessine, on colorie… En d’autres termes, on vit ce livre plus qu’on ne le lit.

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  • en plus de nous encourager à écouter nos sens et notre créativité, les différents exercices proposés présentent l’avantage d’être, pour la plupart, faciles à faire.

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Que vous soyez coutumier du développement personnel/de la pleine conscience ou non, un sportif dans l’âme qui passe des heures à gambader dans la nature ou un casanier aguerri, que vous ayez des heures devant vous ou seulement quelques minutes, avec ce livre, vous n’aurez aucune excuse pour ne pas faire un bain de nature. Les autrices démontrent avec simplicité et efficacité que la nature est à la portée de tous. Un point important pour les nombreux citadins qui pensent ne pas pouvoir bénéficier de ses bienfaits.

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Sur les 70 activités du livre, j’en ai bien sûr laissé quelques-unes de côté, car elles ne m’inspiraient pas à l’instant T et/ou les conditions pour les réaliser n’étaient pas réunies, mais cela ne m’empêchera pas de les faire plus tard. À cet égard, j’ai apprécié la présence d’une page récapitulative permettant en un coup d’œil d’assurer leur suivi.

Petits bonus en fin d’ouvrage, un journal d’exploration, et un ruban que l’on peut détacher pour le porter en bracelet ou l’utiliser comme marque-page.

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En conclusion, en nous invitant à utiliser tous nos sens pour nous reconnecter à nous-mêmes et à la nature, ce petit guide ludique offre un véritable espace de liberté, de relaxation et de créativité.  Une bulle d’oxygène dans un quotidien parfois éreintant qui permet, durant de précieux moments, de voir la vie non pas en gris, mais en vert !

Et vous, envie de découvrir Un bain de nature ?