Sale matou prend un bain, Nick Bruel

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Matou est sale. Son pauvre maître va devoir le laver. C’est une catastrophe ! Car, c’est bien connu, les chats DÉTESTENT l’eau!

  • Poche: 128 pages
  • Tranche d’âges : dès 8 ans
  • Editeur : Bayard Jeunesse (13 février 2013)
  • Collection : J’aime lire

AVIS

La collection J’aime lire ne s’adresse pas vraiment aux adultes, mais je reste une grande enfant dans l’âme incapable de résister à un livre jeunesse avec un chat en couverture.

Ce petit ouvrage est un bonbon que les lecteurs de tout âge prendront plaisir à déguster ! Concentré de bonne humeur et d’humour, il aborde une problématique que les heureux propriétaires de chats auront un jour ou l’autre à affronter : le bain. Comme le rappelle le livre en nous détaillant les étapes d’une toilette de chat (la vraie, pas celle que nous pauvres humains avons copiée), un chat est un animal propre qui sait fort bien entretenir sa douce fourrure grâce à sa langue râpeuse.

Mais il existe parfois des situations dans lesquelles un minet devra passer par l’étape désagréable, autant pour lui que pour les humains de son entourage, du bain. Et là, pas de panique, Nick Bruel a pensé à vous. Avec des illustrations en noir et blanc simples, mais amusantes, à l’image du ton employé tout au long du récit, il vous donne plein d’astuces pour que ce bain se passe dans les meilleures conditions : accessoires à préparer, bons gestes, les différentes tactiques à tester…

Un mélange de conseils pertinents et de mélanges loufoques qui devraient tantôt vous amuser tantôt vous apprendre quelques informations sur le chat si vous n’êtes pas encore familier de ses particularités. Les adultes amateurs de chats ne devraient pas faire de grandes découvertes sur ce fabuleux animal, mais ils devraient ressortir de cette lecture, le sourire aux lèvres. Et ça, dans un quotidien parfois morose, ça n’a pas de prix !

Quant aux enfants, je ne doute pas qu’ils s’amusent beaucoup à suivre les péripéties de ce matou pas forcément d’accord pour prendre un bain. Ils apprécieront également les illustrations et les différents jeux sur la police d’écriture. Ce travail de mise en page rend, en outre, l’expérience de lecture accessible même pour les lecteurs débutants.

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En conclusion, Sale matou prend son bain est un ouvrage jeunesse qui devrait faire le bonheur des enfants et des adultes aimant les chats et/ou des lecteurs ayant envie de passer un petit moment de lecture drôle et léger.

Pour le feuilleter, c’est par ici. Pour l’acheter, il vous faudra vous tourner vers l’occasion ou une bibliothèque…

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Challenge jeunesse / young adult #2019

Lors de l’édition précédente, je n’ai pas été très rigoureuse dans le partage de mes chroniques du Challenge jeunesse/YA sur le blog de Muti et ses livres. Je vais essayer cette fois d’être un peu plus régulière pour ne pas me laisser submerger.

Je me réinscris de nouveau dans la catégorie 2 : Badine avec les royaumes de l’enfance. Il s’agit ici de lire au moins 20 livres jeunesse/YA.

A noter que cette année, il existe une option BD/mangas, ce qui devrait ravir les amateurs d’ouvrages graphiques. J’ai, pour ma part, opté pour le niveau 1, lire 5 BD/mangas.

Si le challenge vous tente, les inscriptions se déroulent ici et sont possibles jusqu’à la fin de l’année. Quant au challenge, il se déroule du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2019.

Alors qui nous rejoint ?

Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l’épée, Angie Sage

Couverture Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l'épée

Ayant beaucoup aimé le tome 1 des aventures d’Araminta Spookie, je n’ai pas hésité à me procurer le tome 2.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Tante Tabby a abandonné le projet de vendre la maison et la famille a accueilli les anciens acheteurs potentiels : Wanda et ses parents, un peu sorciers sur les bords. Tout ce petit monde vit maintenant en parfaite harmonie. Cerise sur le gâteau : la maison est hantée par deux fantômes enfin débusqués par Araminta. Justement, bientôt c’est l’anniversaire de l’un d’entre eux, Messire Horace, une armure qui va avoir 500 ans ! Araminta et Wanda ont beaucoup d’idées pour fêter cet événement très spécial. Mais c’est sans compter sur le caca de chauves-souris à livrer, une grotte à explorer et les humeurs de tante Tabby à gérer ! Araminta ne sait plus où donner de la tête !

  • Relié : 176 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Éditeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Quel plaisir de retrouver Araminta, une petite fille à la personnalité marquante, dans une nouvelle aventure dans laquelle elle va, aux côtés de sa meilleure amie Wanda, faire face à une situation périlleuse. Mais avant d’en arriver là, remontons le temps…

Araminta vit avec son oncle, sa tante, sa meilleure amie et ses parents, Messire Horace, une armure, et son fidèle page, même dans la mort, Edmond. Or, Messire Horace se montre d’humeur maussade… Est-ce que c’est son anniversaire, l’armure allant bientôt fêter ses 500 ans, qui le met dans cet état ? Peu importe, car Araminta et Wanda semblent bien décidées à fêter dignement cet événement, on n’a pas tous les jours 500 ans ! Et pour ce faire, elles ont trouvé le cadeau idéal. Mais avant de mettre la main dessus, il leur faudra exécuter le plan élaboré par Araminta…

Et voici le début des ennuis et d’une épreuve qui ne manquera pas de soulever quelques vagues d’inquiétude chez les lecteurs. J’ai, pour ma part, eu très peur pour les deux jeunes filles même si vu la cible du livre, je me doutais bien que l’issue ne serait pas dramatique. Il n’empêche, la tension est bien présente et les descriptions assez vivantes et réalistes pour nous faire ressentir tout le danger de la situation. Les amies vont donc se faire une belle frayeur en voulant faire plaisir à Horace, mais elles vont également découvrir indirectement une information importante sur leur ami et sur Edmond.

Le jeune page qu’Araminta ne tient pas spécifiquement en grande estime se révélera ici plein de noblesse que ce soit dans l’aide qu’il apportera aux deux jeunes filles dans le présent ou en raison d’un pan de son passé que l’on découvre. Une révélation riche en émotions qui me donne très envie d’en apprendre un peu plus sur lui et sur Messire Horace. Peut-être dans les prochains tomes ?

Comme dans le premier tome, j’ai adoré l’humour présent du début à la fin de l’aventure même si cet épisode m’a semblé un peu plus sombre que le précédent. Araminta, quant à elle, se montre toujours aussi drôle, téméraire et plein de verve. J’ai, en revanche, un peu moins accroché à la meilleure amie qui est un peu trop peureuse et geignarde à mon goût. Mais le duo fonctionne bien et les échanges entre les deux amies font mouche à chaque fois.

Avec son format en relié et ses illustrations en noir et blanc, l’objet-livre est superbe et très agréable à prendre en main. Le coup de crayon du dessinateur se veut simple, mais il y a un vrai travail réalisé sur les expressions, ce qui nous permet de parfaitement ressentir les émotions des personnages. Ces illustrations, en plus de flatter l’œil, devraient également faciliter la lecture des plus jeunes, et leur permettre de se plonger avec délectation dans ce récit qui ne manque pas de tension et de rebondissements.

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En conclusion, ce deuxième tome m’a un peu moins séduite que le premier, car il se révèle peut-être un peu plus sombre, mais il conserve néanmoins ce qui fait le charme de la série : de l’humour à profusion, de l’action, du suspense, de chouettes illustrations, des personnages hauts en couleur… Petits ou grands lecteurs, n’hésitez pas à vous laisser tenter par cette série que l’on pourrait qualifier de familiale.

Pour en apprendre plus sur cette série, rendez-vous sur le site des éditions Nathan.

Là où se cache le diable, Benjamin Guérif

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Souvent, même les phénomènes les plus troublants ont une explication simple. Et ce truc est juste derrière chez moi ! »

Adam est un adolescent solitaire. Ses parents viennent d’acheter une maison isolée en pleine campagne et, malgré la sinistre brume hivernale, il prend plaisir à explorer, après les cours, ce paysage à l’abandon. Un soir, il aperçoit une lueur qui vacille au-dessus du sol, comme un spectre. Adam n’a jamais eu peur des fantômes, il veut comprendre ce qu’il a vu. Seulement, la  » réalité  » est parfois plus étrange qu’on ne le croit…

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Syros Jeunesse (7 mai 2015)
  • Collection : LE RAT NOIR
  • Prix : 14€

AVIS

Le principal intérêt de ce roman réside, pour moi, dans la manière dont l’auteur a réussi, à travers l’histoire d’un adolescent solitaire, à ouvrir de nombreuses pistes de réflexion sur des questions comme la réalité, la construction de légendes, de croyances et de superstitions, le jeu dangereux des apparences… Benjamin Guérif s’amuse donc, avec un certain talent, à conduire les lecteurs sur de fausses pistes. À cet égard, la fin est déroutante, mais particulièrement bien construite. Elle conclut à merveille une histoire qui nous prouve que les apparences sont souvent trompeuses, et que la réalité peut être travestie par des informations parfois mal interprétées…

D’autres réflexions tout aussi intéressantes, mais peut-être destinées à des lecteurs plus âgés, sont proposées notamment à travers l’histoire de Mme Rikhlo, une trentenaire qui a décidé de vivre en autarcie, ou presque, dans la campagne dordonnaise. Ce personnage permet de remettre en question le mode de fonctionnement des grandes entreprises qui broient tout sur leur passage, à commencer par leurs salariés. Une critique de la gestion financière actuelle des entreprises que je partage entièrement et qui a renforcé mon affection pour cette femme mystérieuse.

Mme Riklho est d’ailleurs le seul personnage pour lequel j’ai ressenti des émotions, n’ayant pas réussi à entrer en connexion avec Adam, le héros de l’histoire. Le récit est narré de son point de vue, mais j’ai trouvé que l’auteur gardait une certaine distance avec son protagoniste, ce qui m’a quelque peu déstabilisée. Une sorte de froideur que seules les digressions du jeune homme viennent rompre… C’est le seul point qui ne m’a pas vraiment convaincue, mais cela m’est personnel, et peut-être que ce jeune homme saura vous toucher.

Ceci est d’autant plus probable qu’il possède de nombreuses qualités, il est courageux, intelligent, curieux, capable de prendre du recul, et il n’a pas peur de s’affirmer faisant fi du qu’en-dira-t-on.  Adam est donc un personnage qui ne manque pas d’atouts et que l’on prend plaisir à suivre dans sa quête pour découvrir la vérité quant à un phénomène étrange dont il a été témoin. En tant qu’adulte et/ou grosse lectrice, j’ai tout de suite compris la raison de ce mystérieux phénomène, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à suivre Adam qui, au fil de ses rencontres, va se rendre compte que la vérité n’est pas toujours celle que l’on croit.

L’enquête d’Adam est intéressante d’autant que le jeune homme la suit de manière plutôt méthodique, et qu’il fait montre d’un certain culot. Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est le jeu constant entre réalité et fantastique. Il ne se passe pas de choses extraordinaires, mais l’auteur ajoute quelques petites touches de fantastique qui font douter le lecteur. L’Antre du diable, ce lieu dans lequel personne n’ose s’aventurer, est-il vraiment maléfique ou son nom n’est justifié que par la superstition et les légendes ? Mme Riklho n’est-elle vraiment qu’une simple femme ou comme les habitants le pensent, possède-t-elle des pouvoirs ?  Tout autant de questions qui rendent la lecture prenante…

Quant à la plume de l’auteur, je l’ai trouvée assez immersive, mais j’ai regretté un certain manque de chaleur dans le traitement du personnage. J’ai donc réussi sans peine à m’immerger dans le récit sans pour autant arriver à vraiment me sentir proche du protagoniste. La différence d’âge entre lui, adolescent, et moi, trentenaire, peut également expliquer ce manque d’identification. En revanche, je ne doute pas que les adolescents se sentent proches de ce jeune homme qui rencontre des problématiques qui leur parleront. .

En conclusion, Là où se cache le diable est un roman efficace qui vous mènera sur la piste d’un étrange phénomène. Les adolescents et les jeunes lecteurs devraient dévorer ce récit teinté de fantastique, et peut-être, se retrouver parfois dans le comportement d’Adam, un jeune homme curieux et intelligent qui refuse de renter dans le moule. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les réflexions soulevées par l’histoire notamment sur la notion de réalité et d’apparence. Une histoire courte qui devrait donc réunir les amateurs de mystère et d’enquêtes de tout âge.

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site des éditions Syros.

Les filles de l’Olympe, tome 1 : Les larmes de cristal, Elena Kedros

J’ai découvert la série des Filles de l’Olympe d’Elena Kedros publié chez PKJ par hasard, et aimant bien la mythologie et les romans jeunesse, je me suis laissée tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La jolie Lucy, la farouche Liz et l’excentrique Kim entrent en seconde au lycée de Rainbow Hill. Ces trois adolescentes si différentes n’ont qu’une chose en commun : leur date de naissance. Et, pourtant, elles provoquent sur leur passage des phénomènes bien étranges. Leurs destins semblent inextricablement liés à ceux des déesses Athéna, Artémis et Aphrodite. Les voici appelées à se battre pour sauver le monde dans lequel elles ont toujours vécu, et celui d’où elles viennent : l’Olympe.

  • Poche: 238 pages
  • Édition : Pocket Jeunesse (3 juin 2010)

AVIS

Nous sommes dans un roman jeunesse alors, n’espérez pas une exploitation approfondie et documentée des grandes figures de la mythologie grecque… Mais cela n’empêche pas l’auteure d’avoir su proposer une histoire intéressante dans laquelle trois adolescentes vont apprendre que loin d’être de simples mortelles, elles sont étroitement liées à Aphrodite, Artémis et Athéna.

Nous faisons donc la connaissance de Liz, Lucy et Kim, trois jeunes filles très différentes les unes des autres, mais finalement assez complémentaires. Si Lucy et Kim se sont très vite bien entendues, il aura fallu leur apprendre à mieux découvrir Liz avant de l’apprécier. Il faut dire qu’assez farouche, cette dernière amatrice d’escrime, sport dans lequel elle excelle malgré sa difficulté à gérer sa force, n’est pas d’un abord facile… Un trait de caractère que la pétillante Lucy aura un peu de mal à accepter au début de leur rencontre. Mais gentille malgré une tendance à vivre ses émotions à 100%, Lucy comprendra vite que derrière sa carapace, Liz cache également un bon fond. Quant à Kim, un peu l’intellectuel du groupe d’amies, elle sert de tampon. Sa faculté à prendre du recul lui permet de désamorcer les conflits qui peuvent survenir entre ses deux amies.

Si l’histoire d’amitié est sympathique à suivre notamment pour les enfants, les adultes pouvant la trouver un peu enfantine, ce qui fait le charme de ce livre, c’est son incursion dans le domaine du surnaturel avec, notamment : la découverte des pouvoirs des trois lycéennes, d’étranges larmes, un énigmatique garçon qui « apparaît » quand on s’y attend le moins, les quelques scènes où Arès fait son apparition (trop peu nombreuses à mon goût d’ailleurs), l’arrivée d’une méchante qui a la capacité de lancer des boules de feu… Après tout ça, on peut comprendre que Lucy a beaucoup de mal à accepter de quitter sa vie de lycéenne lambda pour une vie bien plus dangereuse. Malheureusement pour elle, Kim et Liz sont, quant à elle, bien décidées à ne pas ignorer tous ces étranges événements.

Ce premier tome est un tome introductif qui ne manque pas d’action et de révélations, mais j’aurais peut-être aimé que l’Olympe soit plus au cœur de l’aventure. Mais si je me fie à la fin de cette première aventure, je ne doute pas que ce  soit le cas dans la suite de la série. Et puis l’auteure a veillé à laisser quelques questions en suspens afin d’attiser la curiosité des lecteurs et de s’assurer de leur fidélité. Alors en tant qu’adulte, j’ai vite deviné là où elle voulait en venir notamment en ce qui concerne Liz et sa relation avec une personne de son passé, mais cela ne nuit en rien à l’intrigue qui reste plutôt prenante. J’ai d’ailleurs hâte d’en apprendre plus sur l’ancienne vie des déesses et la manière dont les trois lycéennes vont apprendre à gérer leurs pouvoirs et les dangers qui ne manqueront pas de survenir dans leur vie.

J’espère toutefois que Lucy prendra un peu plus d’envergure dans les autres tomes, car sa tendance à se lamenter et à faire la politique de l’autruche la rend parfois quelque peu agaçante. Même chose pour ses réactions excessives même s’il est vrai que ces dernières sont cohérentes avec sa nature profonde… Malgré ses défauts, je vous rassure, la jeune fille reste attachante, mais un peu moins au cœur de l’action que ses amies. Espérons que son rôle s’étoffe par la suite.

Enfin, j’ai bien accroché à la plume de l’autrice. Son style reste simple et accessible tout en étant un minimum travaillé. Le livre devrait donc être lu avec plaisir autant par des enfants que des lecteurs plus âgés.

En conclusion, Elena Kedros nous propose ici une histoire prenante qui mêle monde moderne et mythologie. Nul doute que les enfants et jeunes adolescents devraient apprécier les personnages auxquels certains pourront peut-être s’identifier tout en se laissant emporter par un premier tome plutôt riche en action. Je conseillerais également ce livre aux adultes amateurs de romans jeunesse, ce roman possédant tous les atouts pour leur faire passer un bon moment de lecture.

Et vous, envie de découvrir Les filles de l’Olympe

Bucéphale et Alexandre, une amitié interdite de Marjolaine Pauchet

Aucun texte alternatif disponible.

Je remercie Marjolaine Pauchet de m’avoir permis de découvrir ce roman que j’ai dévoré et beaucoup aimé.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le père d’Alexandre est éleveur de taureaux de corrida. Le garçon grandit dans le milieu de la tauromachie qu’il adore. Jusqu’au jour où né dans l’exploitation, un jeune taureau, Bucéphale. Entre le garçon et l’animal née une amitié extraordinaire qui va tout balayer, les anciens rêves, les certitudes et les doutes. Mais comme tous les taureaux de l’exploitation, Bucéphale est destiné à mourir dans une arène. Pour le sauver, Alexandre est prêt à tout. Aidé de sa fidèle chienne Vadrouille, il s’enfuira et devra affronter l’incompréhension, mais découvrira aussi des mains tendues. Cela suffira-t-il à sauver Bucéphale ?

Un formidable hymne à l’amitié, un cri contre la corrida

  • Broché: 220 pages
  • Éditeur : Goutte d Étoile (12 juin 2018)
  • Prix : 7,80€

AVIS

C’est d’abord la très jolie couverture du livre qui m’a attirée et intriguée. Je me suis, en effet, demandé ce que pouvaient bien faire un enfant, un chien et un taureau en pleine forêt ! Puis la lecture du résumé a fini de me convaincre qu’il fallait absolument que je lise cet ouvrage.

La couverture, en plus d’attirer l’attention, représente à merveille l’essence de ce roman : une magnifique histoire d’amitié entre un humain et deux animaux. Il y a d’abord, cette amitié entre Alexandre et sa chienne, Vadrouille, qui le suit partout et veille sur lui avec beaucoup d’attention et d’amour. Puis, il y a cette amitié surprenante et complètement hors norme entre ce jeune garçon et un taureau, Bucéphale !

Alexandre, dont les parents sont éleveurs de taureaux de corrida, a vu naître Bucéphale. Il a donc grandi à ses côtés et a su construire avec ce dernier une belle et solide amitié, faite de tendresse, de complicité et de jeux. Car oui, comme Vadrouille, Bucéphale aime à jouer avec son jeune maître qu’il adore et qu’il considère comme son ami. Quant à Alexandre, il aime ce jeune taureau malgré la désapprobation parentale. Ses parents considèrent, en effet, qu’il n’a pas à s’attacher à un animal par nature agressif et destiné à être vendu et sacrifié lors d’une corrida.

On suit ce trio improbable, mais attachant, couler des jours heureux jusqu’à ce que la réalité se cachant derrière le travail des parents d’Alexandre vienne mettre en péril cette jolie harmonie. Bucéphale a grandi et Bucéphale est maintenant prêt à être vendu pour mourir dans une arène… Mais c’était sans compter sur la volonté sans faille d’Alexandre prêt à tous les sacrifices pour sauver son ami !

Le jeune garçon, accompagné de Vadrouille et de Bucéphale, se lance dans un périple à destination des Alpes avec la ferme intention de mettre une grande distance entre son ami et ses parents. Sur la route, il affrontera de multiples dangers notamment ceux inhérents à un voyage en pleine nature, il subira la faim, la soif, la fatigue, et fera des rencontres, certaines plus sympathiques que d’autres. Durant ses aventures, jamais Alexandre ne doutera de sa décision de fuir, car il sait que renoncer signifierait la mort de son ami. Alors malgré la peur et ses blessures, il profite de chaque instant avec ses amis…

Derrière les craintes qu’on ne peut que ressentir pour Alexandre, un enfant de 12 ans n’ayant rien à faire sur les routes, on ne peut que saluer son courage et sa détermination à sauver son ami. J’ai tremblé pour lui, j’ai été admirative de sa pugnacité et de sa lutte incessante pour assurer la survie de son ami, j’ai été touchée par la manière dont il a su naturellement et en toute simplicité, créer des liens avec Bucéphale… En d’autres mots, Alexandre est un personnage qui m’a beaucoup émue et qui devrait séduire les enfants et les adultes.

J’ai également apprécié la manière dont l’autrice a réussi à faire passer un message clair et fort contre la corrida sans jamais tomber dans l’agressivité. Plutôt qu’égrener des arguments contre la corrida, elle nous fait comprendre toute l’injustice de cette pratique à travers une jolie histoire d’amitié mise en péril par une menace pesante envers un animal qu’on apprend à aimer et à vouloir protéger. Au fur et à mesure que l’on découvre Alexandre et Bucéphale et les liens forts qui les unissent, il devient juste impossible de légitimer une pratique venant condamner à la souffrance un animal aussi gentil, affectueux et capable d’émotions. De la même manière, on en vient à s’interroger sur la supposée agressivité des taureaux tant décriée par les parents d’Alexandre dans le roman, et par les aficionados dans la réalité.

Les parents du jeune homme se montrent odieux tout au long du roman défendant la corrida sans jamais prendre le temps d’écouter leur fils, et la douleur qu’il ressent à l’idée de voir souffrir et mourir son ami. Englués dans leurs certitudes et justifiant leurs actes par la « tradition », ils nient avec véhémence la triste réalité : derrière chaque animal mis à mort dans une arène, se cache un être sensible ressentant des émotions et la douleur. En tant qu’adulte, on comprend qu’ils ne veulent pas renoncer si facilement à leur gagne-pain, mais en tant que personne, on ne peut pas s’empêcher de penser que gagner de l’argent en faisant souffrir des animaux n’en est pas moins intolérable…

L’autrice a, en outre, mis en lumière une chose que je n’ai jamais supportée : cette manière de vendre la corrida comme quelque chose de noble et de glorieux quand il n’y a que barbarie, souffrance et sang ! Une distorsion de la réalité dont va progressivement se rendre compte Alexandre qui passera de grand amateur de corridas, comme ses parents, à son plus fervent opposant. Cette évolution, en plus de montrer la grande force de caractère du jeune homme, nous prouve que les mentalités peuvent toujours changer. Un message d’espoir relayé par la fin qui, je l’espère, deviendra un jour réalité.

Ce livre ne transformera pas tous les adeptes de la corrida en défenseurs de la cause animale, mais je suis certaine qu’il pourra sensibiliser les enfants à la souffrance animale, voire certains adultes. Le roman étant destiné aux enfants à partir de 11 ans, l’autrice explicite clairement ce qui se passe dans une arène, mais ne s’étend pas sur les détails, et ne donne pas des informations qui pourraient choquer des enfants impressionnables. Quant à son style d’écriture, il est très agréable à lire et plutôt soigné, ce qui n’est pas toujours le cas dans la littérature jeunesse. La plume étant accessible sans être enfantine, le livre pourra être lu par un public très large d’autant que la souffrance animale est un thème universel qui concerne chacun d’entre nous…

En conclusion, Marjolaine Pauchet nous offre ici bien plus qu’un livre jeunesse, elle nous propose un plaidoyer vibrant de justesse et de sensibilité contre la souffrance animale, et cette barbarie qu’est la corrida. À recommander à tous les enfants et aux adultes qui s’interrogent sur cette pratique, qui n’ont pas d’avis sur le sujet ou qui souhaitent simplement suivre une amitié hors norme qui les fera passer par mille émotions.

A noter que l’autrice a décidé de reverser 6% des bénéfices du livre à la lutte contre la corrida.

Et vous, envie de feuilleter ou de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site des Édition de la Goutte d’Étoile.

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Le Baron Miaou, Nico Bally

J’ai lu Le Baron Miaou de Nico Bally dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Imaginaire. Ayant eu la chance d’avoir gagné ce roman il y a plus d’un an, je l’ai dévoré dans sa version papier.

RÉSUMÉ

Rencontrez le fabuleux alchimiste à tête de chat. Suivez la timide adolescente aux mille masques. Admirez les lueurs du dresseur de feux follets. Sauvez l’enfant tombée dans un coma lunaire. Entre carnavals nocturnes et labyrinthes oubliés, tentez le plus impossible des voyages.

  • Broché: 254 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (17 janvier 2017)
  • Prix : 10.02€
  • Autre format : ebook (livre disponible en emprunt kindle)

AVIS

Avant de commencer la chronique, je tiens à souligner l’excellent travail d’édition : la couverture de Nicolas Trève est sublime, l’effet soft touch du roman très agréable et le travail de correction de qualité. C’est avec ce genre d’ouvrage que l’on se rend compte du potentiel de l’auto-édition.

Nhadda Cranne est une talentueuse, bien que pas forcément très pragmatique, créatrice de masques, dont la vie va être chamboulée par un personnage plutôt atypique, le Baron Miaou, un alchimiste à la tête de chat, ou un chalchimiste pour les initiés, dont la renommée n’est plus à faire. Détestée par son odieux père et peu reconnue dans son art, la jeune fille n’hésitera pas à le suivre dans ses aventures.

Dans leurs aventures qui les conduiront sur les routes de France et de Navarre ou plutôt de Grenoble et de Venise, voire bien plus loin, mais là, c’est un secret qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes, ils seront accompagnés de Maria. Fille d’un Comte qui la traite plus comme une servante que comme sa précieuse progéniture, cette enfant sera à l’origine de leur voyage. Atteinte d’un mystérieux mal, elle s’enfonce ainsi parfois dans un profond sommeil. Touchés par son cas, Le Baron et Nhadda feront tout leur possible pour trouver une solution à ce problème, ce qui les poussera à essayer de retrouver un dangereux et mystérieux personnage.

Comme vous l’avez certainement compris, Le Baron Miaou, c’est un roman fantastique, mais c’est aussi un roman d’aventure qui fera battre votre cœur au rythme des dangers et des rencontres que notre équipe va faire. Une équipe formée au gré du hasard et qui se distingue par son originalité : nous avons donc un célèbre alchimiste à la tête de chat des plus énigmatiques, une jeune fille qui profite de son savoir-faire pour cacher son visage sous des masques toujours adaptés aux situations qu’elle traverse, une jeune fille malade plus à l’aise avec les animaux qu’avec les gens et qui se révèle d’une naïveté touchante, et un homme maîtrisant les feux follets, Jacques Mains-Froides.

J’ai adoré la galerie de personnages proposée par l’auteur avec un petit coup de cœur pour Maria dans laquelle je me suis parfois retrouvée notamment dans son amour immodéré pour les animaux et pour le thé. Nhadda m’a, quant à elle, touchée par sa manière de se dévoiler aux autres à travers ses créations tout en les érigeant finalement comme un bouclier infranchissable. Un paradoxe que je comprends et qui la rend assez complexe et très attachante. Mais c’est certainement le Baron Miaou qui m’a le plus intriguée puisqu’il constitue une sorte d’énigme. Habitué à jouer un rôle depuis son enfance, il lui faudra du temps pour baisser ses barrières et apprendre à faire confiance et, surtout, à s’attacher aux autres…

Quel plaisir de voir évoluer ces différents personnages hauts en couleur au fil de l’aventure et de voir leurs liens se resserrer devant les épreuves qu’ils traversent ! J’avoue toutefois être beaucoup plus réservée pour un des personnages secondaires, Jacques Mains-Froides, dont le changement d’attitude m’a semblé bien trop rapide. J’imagine que son principal intérêt, en plus d’apporter un élément de surprise, est de montrer que l’avidité peut transformer un homme, mais je n’ai pas pu m’empêcher de trouver son rôle superflu ou, peut-être, pas assez poussé… À l’inverse, Le Crabe, une femme mutilée suite à une tentative un peu folle de faire un voyage très lointain, m’a touchée. Elle intervient peu dans le livre, mais son rôle est assez fort pour provoquer un vrai impact sur les lecteurs.

Au-delà des personnages, difficile de s’ennuyer dans cette aventure, menée d’une main de maître, qui vous fera voyager à bord d’une roulotte-laboratoire, traverser un bien sombre labyrinthe, affronter des loups sauvages, du moins en théorie, faire des rencontres, certaines plus agréables que d’autres, et vous fera même assister à un concours de… thé. Il fallait y penser ! Nico Bally a incontestablement de l’imagination et un véritable talent de la mise en scène au point que certaines scènes m’ont donné l’impression de me retrouver dans un Indiana Jones pour les enfants.

Mais ce que j’ai adoré, c’est qu’il a réussi à nous proposer une histoire avec du rythme tout en lui conférant une dimension onirique qui n’est pas sans rappeler celle que l’on peut trouver dans des séries de BD comme De Capes et de Crocs. L’approche assez visuelle de l’auteur m’a d’ailleurs fait regretter que le roman ne soit pas illustré. Il y a, en effet, matière à nous offrir une aventure très riche visuellement ! Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que les personnages du roman étaient destinés à un projet d’album, un projet qui, je l’espère, sera un jour d’actualité. En attendant, vous pourrez toujours trouver quelques illustrations de Nicolas Trève du Baron Miaou en fin d’ouvrage ou sur Internet.

La plume de Nico Bailly est délicieusement immersive, ce qui devrait séduire autant les adultes qu’un lectorat plus jeune. D’ailleurs, gros point fort pour moi, bien que le roman soit un roman jeunesse, on sent que l’auteur ne s’est pas bridé. Le vocable utilisé est recherché tout en demeurant accessible et les constructions de phrases devraient séduire les amateurs de belles plumes. Autre point à souligner, le double niveau de lecture du roman : les enfants pourront se contenter de suivre avec amusement et intérêt les aventures d’un fantasque homme à la tête de chat et de ses amis, quand les lecteurs plus âgés pourront déceler dans cette histoire, une certaine profondeur. Nous ne sommes pas dans un roman philosophique, mais le roman flirte toutefois avec le roman d’apprentissage et nous pousse naturellement et sans lourdeur à nous interroger sur des sujets variés : les a priori et les apparences, la confiance en soi et l’acceptation de soi, l’avidité et les chemins peu vertueux qu’elle peut nous faire prendre, la famille qui peut être parfois de cœur plus que de sang, le concept de foyer…

À noter que l’auteur a ajouté quelques bonus en fin d’ouvrage apportant quelques éléments d’explications sur son œuvre.

En conclusion, d’une plume fluide, mais accessible, l’auteur nous offre ici une aventure rythmée et immersive qui devrait séduire petits et grands lecteurs, et ceci, dès les premières pages. Je recommanderai donc cet ouvrage à tous ceux qui sont en quête d’un roman mêlant habilement magie, au sens propre comme au sens figuré, amitié, trahison, action, et personnages touchants et originaux. Et puis qui sait, à l’issue de cette épopée, vous aurez peut-être appris, comme nos protagonistes, qu’il est parfois nécessaire de faire tomber le masque pour se (re)trouver ?

Nico Bally 📚

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