Les improbables, Carrie Firestone

Les improbables par Firestone

Je remercie Babelio et les éditions Fleurus pour m’avoir permis de découvrir Les improbables de Carrie Firestone.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

C’est l’été. Sadie s’apprête à passer des vacances ennuyeuses. Elle restera avec ses parents et travaillera au marché. Ses amies lui manqueront.
Mais les choses ne vont pas se dérouler ainsi : un jour, une voiture déboule à toute vitesse et un homme complètement soûl en sort pour faire ses courses. Sadie découvre un bébé sur la banquette arrière. Lorsque l’homme revient de ses courses, elle décide de l’empêcher coûte que coûte de repartir et de sauver ce bébé. Elle finit à l’hôpital. Son exploit fait le tour de la ville. Lors d’une soirée pour recevoir le prix du jeune héros de la ville, elle rencontre quatre autres jeunes tous impliqués dans différentes actions humanitaires. Ils décident de consacrer leur été à lutter contre le harcèlement sur les réseaux sociaux. À la fin de l’été, ce groupe d’« Unlikelies » a réussi à se faire connaître comme groupe actif dans la lutte contre les injustices, le harcèlement, et Sadie démarre son année de lycée avec de nouveaux amis.

FLEURUS (14 septembre 2018) – 428 pages – 16,90€ (broché) – Ebook disponible

AVIS

Les improbables, c’est le genre de lecture qui vous donne le peps pour la journée, le sourire aux lèvres et l’envie d’aider votre prochain à l’instar de ces cinq adolescents qui vont se rencontrer lors d’un repas destiné à récompenser leur bravoure et leur engagement pour la société. Ce repas, qui n’aurait pu être qu’un banal événement, va être le point de départ d’une très belle amitié !

L’autrice nous offre ici une galerie de personnages variée autant en termes de personnalité que d’origine ethnique ou socioculturelle. Une mixité sociale qui rend l’histoire prenante et qui explique, en partie, l’alchimie qui s’opère entre les protagonistes. Chacun se démarque de l’autre et apporte quelque chose au groupe même si certains protagonistes prennent, de par leur personnalité et les problématiques qu’ils rencontrent, un peu plus de place que les autres.

Si nos cinq héros sont bien présents tout au long du récit, l’histoire se concentre néanmoins autour de Sadie, une fille aussi gentille qu’altruiste à laquelle il est difficile de ne pas s’attacher. On comprend donc aisément que M. Upton, un homme âgé et malade, n’hésite pas à lui confier une mission qui lui tient particulièrement à cœur : réparer les errances de son « lézard » de père, un être abject ayant construit sa fortune sur le malheur et l’exploitation d’autrui. Pour ce faire, il confiera à la jeune fille une valise au contenu, de prime abord, bien énigmatique… Sadie, en plus de cette délicate mission, doit également faire face aux séquelles physiques, et surtout mentales, de l’agression dont elle a été victime quand elle a voulu sauver la vie d’un bébé.

Elle pourra heureusement compter sur le soutien de ses nouveaux amis qu’elle apprendra, petit à petit, à mieux connaître. Il y a donc Alice, une passionnée de chiens, qu’elle avait déjà eu le loisir de côtoyer durant son enfance, Val, amoureuse d’un goujat, Jean, un artiste qui a vécu des choses éprouvantes qu’il extériorise grâce à son art, et Gordie, un garçon avec lequel Sadie va au lycée et dont elle s’était amourachée plus jeune. Loin de passer l’été à rêvasser, ces cinq amis vont essayer de satisfaire le dernier souhait de M. Upton, et entreprendre de lutter contre le harcèlement scolaire et les trolls qui pullulent sur internet. C’est ainsi que naissent Les improbables, sorte de justiciers anonymes qui apportent un peu de bonté parmi un océan de méchanceté.

Le harcèlement scolaire est un sujet de plus en plus évoqué dans la littérature ce que, en tant qu’ancienne harcelée, je trouve salutaire. Mais ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est que l’autrice le fait avec intelligence. Au lieu de développer de grands principes, jolis sur le papier, mais difficilement applicables en réalité, elle ouvre une nouvelle voie. Elle montre à chacun, enfant comme adulte, que lutter contre ce fléau peut se faire par petites touches, que chaque bonne action, aussi simple soit-elle, peut faire boule de neige et contribuer à faire changer les choses. Dit comme ça, l’idée peut sembler simpliste, voire utopiste, mais Sadie et ses amis nous prouvent que ce n’est pas le cas. Que la méchanceté existe, mais que rien ne nous oblige à faire partie des haineux et autres trolls. Que la bonté ne se mesure pas en termes de valeurs monétaires, mais de ces petits actes qui offrent un peu de lumière à ceux qui sont dans le noir.

Les Improbables, c’est donc une belle histoire d’amitié, de celle qui fait grandir et permet d’en apprendre plus sur soi-même. Bien qu’elle ne soit pas au centre de l’intrigue, c’est aussi une histoire d’amour qui a su me faire sourire et m’attendrir alors que je ne suis pas une très grande amatrice du genre. J’ai apprécié que les personnages prennent leur temps pour s’avouer leurs sentiments même s’il ne faut pas très longtemps aux lecteurs pour deviner qu’il y a de l’amour dans l’air…

Mais au-delà de l’amour et de l’amitié omniprésente, le roman aborde des thèmes difficiles comme le harcèlement qu’il soit scolaire ou sur Internet, le handicap, les relations toxiques, la difficulté de trouver sa voie, les traumatismes, l’addiction notamment à la drogue… Le volet drogue prend d’ailleurs une certaine importance dans l’histoire, ce qui n’est pas forcément mis en avant dans le résumé. Je n’en dirai pas trop sur ce point, mais comme avec le harcèlement, Carrie Firestone nous offre un traitement pertinent du sujet. Sans tomber dans la moralisation à outrance, elle permet aux lecteurs de se rendre compte des conséquences néfastes de cette addiction sur la vie d’une personne, mais aussi sur son entourage. La seule chose qui m’a un peu dérangée, mais qui, d’une certaine manière, me semble réaliste dans certaines familles, c’est le déni des parents. Un déni qui contraint une jeune fille à prendre des responsabilités bien trop lourdes pour son âge…

L’autrice, tout en nous offrant un roman résolument optimiste, ne tombe donc pas dans la niaiserie. Malgré toute leur bonne volonté, Les improbables ne pourront rien faire contre l’égoïsme et la cupidité de certains individus. Ils ne pourront pas non plus sauver, contre leur volonté, les personnes qui refusent de l’être, mais peu importe, car ils ont réussi à lancer une dynamique d’entraide et de bienveillance qui porte, petit à petit, ses fruits…

Quant à la plume de l’autrice, elle est efficace !  Pas de fioritures, ni d’effets de manche qui auraient, de toute manière, alourdi le récit. On est dans du pragmatique avec des phrases relativement courtes, mais travaillées, de nombreux dialogues, des réparties percutantes… Un style accessible qui devrait plaire aux adolescents et aux adultes aimant les textes qui se lisent facilement. Petit détail qui devrait également séduire les jeunes lecteurs, la transcription de certains des SMS de la petite bande qui aime beaucoup ce mode de communication.

En conclusion, l’autrice, d’une plume simple mais entraînante, nous parle d’amitié, d’amour, mais aussi de harcèlement, de drogue et de méchanceté. Malgré des problématiques parfois difficiles, il ressort de ce roman une telle positivité que j’aurais envie de le qualifier de feel-good. À la fin de votre lecture, vous devriez avoir le sourire aux lèvres et l’envie, comme Les improbables, de faire le bien autour de vous. Cela tombe bien puisque Carrie Firestone nous prouve que cela est à la portée de chacun d’entre nous.

Alors qui a envie de rejoindre Les improbables ?

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Madame Pamplemousse and Her Incredible Edibles, Rupert Kingfisher

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Madame Pamplemousse is the story of Madeleine, forced to work in her unpleasant uncle’s horrible restaurant, The Squealing Pig. By chance she comes across the most marvellous shop, run by Madame Pamplemousse, which is quiet, discreet, yet full of delicious and otherworldly ‘edibles’ – Pterodactyl Bacon, Scorpion Tails in Smoked Garlic Oil, and Great Squid Tentacle in Jasmine-Scented Jelly. A quiet comradeship develops between Madeleine, Madame Pamplemousse, and Madame’s cat, Camembert. And together they create some wonderful culinary magic. Exquisite, beautifully formed prose that has echoes of Angela Carter belies a narrative that is full of pace. A wonderful fairy tale that will appeal to both adults and children.

Bloomsbury Publishing (1 septembre 2008) – Relié – 144 pages – 8,47€

RÉSUMÉ EN FRANÇAIS

Tous les étés, la pauvre Madeleine doit travailler au Cochon Hurleur, l’immonde restaurant de son détestable oncle, Monsieur Lard. Elle s’y ennuie d’autant plus qu’il la laisse seulement faire la plonge, alors qu’elle est pourtant une excellente cuisinière. Mais un jour, elle découvre par hasard le plus merveilleux des magasins : l’épicerie de Madame Pamplemousse, un lieu magique où s’amoncèlent des mets extraordinaires venus d’un autre monde, comme le salami de Minotaure ou le bacon de ptérodactyle. Lorsque Monsieur Lard repère la boutique à son tour, il oblige Madeleine à espionner Madame Pamplemousse pour lui voler ses secrets et faire du Cochon Hurleur le restaurant le plus prisé de Paris. Mais l’amitié qui naît entre Madeleine, Madame Pamplemousse et son drôle de chat Camembert, pourrait bien contrecarrer ses projets…

AVIS

Chaque été, Madeleine est condamnée à travailler dans le restaurant de son oncle. L’expérience aurait pu être agréable pour cette jeune fille qui aime cuisiner, mais c’était sans compter sur la personnalité peu avenante de son oncle. Méchant, dénué de scrupules, obsédé par l’argent et la gloire, difficile d’apprécier cet être antipathique qui, de surcroît, manque cruellement d’élégance et de finesse, ce qui se retrouve d’ailleurs dans sa cuisine.

L’été s’annonçait donc laborieux jusqu’à ce que Madeleine découvre par hasard une boutique très spéciale où l’on peut trouver des mets incroyables comme de la langue de Tyrannosaurus Rex ou du salami de Minotaure ! Avec Madame Pamplemousse, gérante de la boutique, nos escargots et cuisses de grenouilles si décriés à l’étranger passeraient presque pour de banales préparations.

En plus de vendre des mets incroyables, cette femme dégage une aura de mystère particulièrement intrigante qui donne tout de suite envie aux lecteurs d’en apprendre plus sur cette dernière. Est-ce une sorcière ? D’où proviennent tous ces ingrédients extraordinaires que personne d’autre ne sait où trouver ? Pourquoi les plats de Madame Pamplemousse provoquent-ils des réactions aussi extrêmes chez les gens qui les goûtent ? Tout autant de questions qui vous pousseront à tourner les pages les unes après les autres.

Le compagnon de cette femme, un chat un peu bagarreur du nom de Camembert, attire également l’attention. C’est qu’il n’est pas banal de voir un chat cuisiner ! Pas très commode en apparence, on se rend compte, au fil des pages, que ce n’est pas un mauvais matou. Œil en moins ou pas, il sait parfaitement voir à travers les gens… Le duo se révèle donc aussi original que plein de mystère.

Quant à Madeleine, délaissée par ses parents et condamnée à travailler pour un être infâme qui l’exploite tout en l’empêchant d’exercer ses talents de cuisinière par jalousie, on ne peut que se prendre d’affection pour elle. Elle saura, heureusement, trouver des appuis que ce soit au sein de l’horrible restaurant de son oncle ou dans la boutique de Madame Pamplemousse dans laquelle elle finira par travailler.  C’est donc un vrai plaisir de suivre cette fillette courageuse dans ses péripéties et de la voir, petit à petit, prendre confiance en elle et en ses talents culinaires.

Nous sommes dans un roman jeunesse et cela se ressent au niveau de la personnalité des personnages qui n’est pas développée outre mesure. On reste également dans un schéma très manichéen avec un horrible méchant d’un côté, et une jeune fille brimée, mais pleine de talent de l’autre. Mais personnellement, prise dans l’atmosphère de ce Paris alternatif et séduite par la plume non dénuée d’humour de l’auteur, cela ne m’a pas du tout dérangée. Je pense d’ailleurs que cette absence de détails superflus sera un atout pour les lecteurs les plus jeunes qui se laisseront plus volontiers prendre par le côté enchanteur du livre. Et puis même si le roman est court, il n’est pas creux et possède une très jolie morale que je vous laisserai bien sûr découvrir par vous-mêmes.

J’ai lu le roman en anglais, le niveau de langue étant très accessible, et en tant que francophone, j’ai juste adoré les noms français des personnages qui, en plus d’être ancrés dans l’univers de la cuisine, ne peuvent que prêter à sourire. Le méchant oncle qui se comporte comme un « porc » tient un restaurant du nom de Squealing Pig et s’appelle Monsieur Lard, le critique gastronomique cassant se nomme Monsieur Langoustine, le chat avec du caractère s’appelle Camembert… Il est juste dommage pour les anglophones que les noms n’aient pas été traduits en bas de page, car ils apportent vraiment un côté humoristique à l’intrigue.

Dernier atout de ce roman jeunesse plein de charme, les très nombreuses illustrations de Sue Hellard qui rendent la lecture encore plus immersive et qui viennent appuyer avec naturel et efficacité le texte.

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En conclusion, ce premier tome de la série Madame Pamplemousse est un très bon tome introductif qui nous permet d’entrer facilement et rapidement dans l’univers mis en place par l’auteur. Ce roman, dans lequel la gastronomie tient une place importante, saura plaire aux petits et aux grands gourmands aimant les lectures simples, mais non dénuées de saveur.

NB : Le roman a été traduit en français. Il existe même une version reliée et en couleurs aux éditions Albin Michel. Si je l’avais croisée avant de craquer pour la version anglaise, je l’aurais prise sans hésiter. Elle a l’air sublime !

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A Boy Called Christmas, Matt Haig

J’ai lu A Boy Called Christmas en anglais, le niveau étant très accessible, mais le roman a été traduit en français par les éditions Hélium.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La véritable histoire (de Noël) d’un garçon hors du commun pour croire à l’impossible…

Nicolas, onze ans, surnommé Noël depuis sa naissance, vit en Finlande avec son père, Joël le bûcheron. Mais le travail se fait rare, la vie est difficile, et quand Joël se voit confier une mission pour le roi, il accepte de laisser son garçon à l’épouvantable tante Carlotta. Nicolas n’a plus qu’une petite souris obsédée par le fromage pour lui redonner le sourire. Mais les mois passent, Joël ne revient pas, et notre courageux héros décide de partir à sa recherche. Se liant d’amitié avec un renne, il affrontera bien des obstacles avant de parvenir jusqu’au village enchanté des lutins… Des lutins qui ont perdu la joie de Noël. Nicolas parviendra-t-il à leur redonner goût à la vie ?

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Eleven-year-old Nikolas—nicknamed “Christmas”—has received only one toy in his life: a doll carved out of a turnip. But he’s happy with his turnip doll, because it came from his parents, who love him. Then one day his father goes missing, and Nikolas must travel to the North Pole to save him.

Along the way, Nikolas befriends a surly reindeer, bests a troublesome troll, and discovers a hidden world of enchantment in the frozen village of Elfhelm. But the elves of Elfhelm have troubles of their own: Christmas spirit and goodwill are at an all-time low, and Nikolas may be the only person who can fix things—if only he can reach his father before it’s too late. . . .

Sparkling with wit and warmth, A Boy Called Christmas is a cheeky new Christmas classic-in-the-making from acclaimed author Matt Haig and illustrator Chris Mould.

AVIS

J’avais acheté ce roman dans l’optique de le lire pour le Cold Winter Challenge, ce que j’ai fait avec grand plaisir ayant été complètement séduite par la beauté de ce livre autant au niveau du fond que de la forme.

Le choix est assez conséquent en matière de lectures de Noël, mais A Boy Called Christmas sort quelque peu du lot grâce à sa magnifique couverture qui attire tout de suite le regard surtout si l’on aime les paillettes. À cela s’ajoutent de belles illustrations signées Chris Mould.

Aucun texte alternatif disponible.Aucun texte alternatif disponible.

Elles apportent un plus indéniable à l’histoire en nous permettant de nous immerger complètement dans cette histoire mignonne qui n’est, néanmoins, pas exempte de passages plus sombres. Il y en a d’ailleurs un qui m’a particulièrement touchée même si l’auteur ne s’appesantit pas dessus.

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Mais rassurez-vous, nous sommes bien ici dans une lecture jeunesse qui donne le sourire aux lèvres et qui touche le cœur des lecteurs. Grâce à l’histoire de Nikolas, on ressent tout un panel d’émotions, mais surtout, on se rappelle ce que sont les vraies valeurs de Noël…

Nikolas vit seul avec son père depuis la mort brutale de sa mère. Les conditions de vie sont difficiles, le métier de bûcheron ne payant pas beaucoup en Finlande, un pays où les arbres sont légion. Mais la situation s’empire quand le père du jeune homme s’engage dans une expédition destinée à prouver l’existence des elfes et de leur village. Laissé seul aux mains de son affreuse tante, Nikolas finit par prendre une décision courageuse et un peu folle pour un enfant de son âge : retrouver son père ! Il sera accompagné, dans son expédition, par son seul ami, Miika, une souris plutôt attachante.

Matt Haig nous offre ici un joli conte de Noël dans lequel son héros va vivre des péripéties qui le mettront à l’épreuve, qui le pousseront à se dépasser, à croire en lui et aux autres, et qui le feront indéniablement grandir. L’univers est enchanteur avec ses elfes, ses fées un peu étranges qui aiment voir les têtes de trolls exploser, ses rennes volants que l’on connait tous et, bien sûr, cette magie qui fait des miracles quand on accepte de croire en elle. C’est quelque chose que Nikolas découvrira progressivement et qui changera à jamais le destin de ce petit garçon qui deviendra, ni plus ni moins, que le Père Noël. Une destinée qui s’imposera à lui, au fil de ses rencontres, de ses joies, mais aussi de ses peines.

La plume de l’auteur est immersive et non dénuée d’humour, je me suis ainsi surprise à sourire à de nombreuses reprises. Le roman étant destiné à des enfants, le style reste très accessible, ce qui convient d’ailleurs très bien au caractère de Nikolas. Même s’il fait preuve d’une grande témérité, il reste un enfant avec parfois des réflexions un peu naïves ou, du moins, empreintes de l’optimisme d’une personne n’étant pas encore durablement impactée par la vie et ses vicissitudes.

C’est d’ailleurs l’atout de ce personnage ! Il va, tout au long du livre, découvrir que les gens ne sont pas tous gentils, et que même les elfes connus pour leur jovialité et leur générosité peuvent se révéler méchants, haineux, racistes et enfermés sur eux-mêmes. Malgré cette brutale prise de conscience, il va continuer à essayer de voir le meilleur en chaque être… Cela ne signifie pas qu’il va garder les yeux fermés devant les problèmes, mais qu’il va tenter de les résoudre avec sa légendaire gentillesse, sa joie, sa bonne humeur, son don naturel pour offrir à chacun ce qu’il désire…

A Boy Called Christmas est une aventure divertissante et prenante, mais l’auteur en profite également pour aborder avec simplicité, mais efficacité, de nombreux thèmes : l’amitié, bien sûr, la nécessite de croire en l’impossible et de toujours rêver, la complexité de l’être humain qui n’est jamais tout noir ou tout blanc, la quête de soi et d’identité, la peur et la haine de l’étranger, les vraies valeurs de Noël comme le partage, la solidarité, la joie…

En conclusion, Matt Haig nous offre ici un joli conte de Noël qui contient tous les ingrédients d’une bonne aventure, mais qui, sous couvert de divertissement, aborde des thèmes importants. C’est donc le sourire aux lèvres, le cœur empli de magie et avec l’envie de vous réunir autour des vraies valeurs de Noël que vous tournerez la dernière page. Une belle histoire que je vous recommande en cette période de fin d’année ou quand vous avez besoin d’une lecture qui vous redonne le moral et vous incite, à votre tour, à partager un peu de bonheur autour de vous. La magie est en chacun de nous, il suffit de savoir regarder…

 » An impossibility is just a possibility you don’t understand »

Lula et les Monstres, Christelle Lebailly

Lula et les Monstres par [Lebailly, Christelle]

Je remercie Christelle Lebailly pour m’avoir permis de découvrir Lula et les Monstres.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

« Et s’il n’y avait pas de message caché derrière une lumière un peu étrange, un monstre derrière un individu, et un dieu derrière un frère ? »

Des loups qui philosophent à la nuit tombée, des géants semeurs d’étoiles, et des chats qui dansent sur les toits… Lula vit dans un monde à la fois merveilleux et inquiétant, créé par son grand frère, Perrie. L’amour qui les unit l’un à l’autre ne connaît aucune limite, aussi lorsque Perrie est emmené loin d’elle, la fillette n’hésite pas à se lancer dans une véritable odyssée pour le retrouver. Aidée d’une vieille luciole grincheuse, et d’une petite voix dans sa tête, Lula devra accomplir sa mission avant l’aube. Une épopée à la frontière entre rêve et réalité, monstres et féerie, vérité et mensonge, et où il peut être facile de se perdre en route. Et si c’était elle-même qu’elle devait sauver ?

Plongez dans une quête haletante qui repousse les frontières de l’imagination, et découvrez des héros attachants, prêts à tout par amour !

1 décembre 2018 – 282 pages – broché : 14,90€ – Ebook disponible (3,99€)

AVIS

Il y a des livres pour lesquels il se passe quelque chose dès le départ, une couverture, un résumé, quelques lignes qui vous parlent… C’est exactement ce qu’il s’est passé avec Lula et les Monstres. Quand j’ai découvert le roman, j’ai tout de suite été attirée par la jolie couverture qui regorge de petits détails, discrets, mais pleins de sens une fois le livre lu. Et puis le résumé dégageait un petit quelque chose d’Alice au pays des merveilles qui ne pouvait me laisser indifférente…

S’il y a bien dans ce livre, le côté fantasque qui se dégage de l’œuvre de Lewis Carroll, il n’y a pas le côté absurde qui peut décontenancer, voire déplaire, à certains lecteurs. L’autrice développe sous nos yeux un monde merveilleux dans lequel des loups se vêtent d’une robe d’avocat, font des simulacres de procès et philosophent au clair de lune, des géants sèment des étoiles dans le ciel, des ogres falsifient des papiers… Mais tout semble normal, à sa place. À aucun moment, on ne s’offusque de ces étranges apparitions, un peu comme si le monde fantastique façonné par Perrie pour sa sœur devenait nôtre.

Perrie et Lula sont tout l’un pour l’autre ! On ressent d’ailleurs en notre for intérieur tout l’amour et la dévotion de Lula pour son grand frère qui est son soleil, son ciel et sa nuit. Proche de mon frère, je n’ai pu que m’attendrir devant cette complicité qui les soude et qui les fait vivre dans un monde à part. Pourtant, un malaise s’empare vite du lecteur. À travers le prologue et les brefs flash-back qui introduisent chaque chapitre, on se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond et que derrière la réalité de Lula, s’en cache une autre bien différente. Je ne vous en dirai pas plus sur ce point puisque ce serait toucher à l’essence du roman, à ce qui fait que cette histoire m’a tellement touchée et émue. Belle et cruelle à la fois, elle vous fera vivre mille émotions et vous prouvera que l’amour a ce pouvoir ambivalent de faire grandir, mais aussi d’anéantir…

Durant cette aventure dont l’enjeu est de taille, libérer son frère enfermé dans un hôpital avant l’aube, Lula va grandir, évoluer et prendre confiance en elle. À la manière d’un roman d’apprentissage, on la voit donc progressivement prendre les rênes de sa vie. Cela ne se fera pas, bien sûr, sans heurt. Armée de son seul courage, elle devra ainsi affronter, les uns après les autres, les obstacles qui se dresseront devant elle, que ceux-ci prennent la forme de loups au comportement bien trop humain, d’adolescents dangereux ou de personnages prêts au pire pour conserver leurs avantages.

Elle pourra heureusement compter sur Layton, une luciole rencontrée en cours de route, et sur cette petite voix qui ne la quitte jamais… Ce duo est, en plus d’être complémentaire, complètement attendrissant ! La luciole fera de son mieux pour guider et aider sa jeune amie quitte à prendre parfois de gros risques. Grincheuse, elle n’en demeure pas moins attachante et saura, petit à petit, gagner le cœur de son amie, ce qui n’est pas une mince affaire quand l’on sait la place qu’y tient déjà Perrie…

Lula, au cours de son aventure, fera d’autres rencontres, certaines sympathiques, d’autres bien moins amicales. J’ai d’ailleurs, je le confesserai, tremblé à certains moments pour cette fillette pour laquelle je me suis prise d’affection. Elle dégage une grande force de caractère et un tel courage qu’on ne peut que l’admirer, mais elle dégage parfois une telle fragilité qu’on a, comme Layton, envie de la prendre sous son aile…

Au-delà des personnages très bien travaillés et, pour la plupart originaux, l’autrice a su créer un univers enchanteur, entre rêve et réalité, entre beauté et danger, qui n’est pas sans rappeler celui d’un conte. On y trouve cette touche d’onirisme, ces animaux qui parlent, ces créatures étranges et magiques, une quête à accomplir… Mais l’autrice a plus d’une corde à son arc et à la fin de l’aventure, vous vous rendrez compte que les apparences peuvent être trompeuses et que derrière cette histoire fantastique se cache quelque chose de bien plus profond.

Au fil des pages, on se laisse donc embarquer dans ce récit qui, en plus de nous divertir, soulève des réflexions sur des thèmes comme les relations toxiques, les faux-semblants, la quête d’identité, cette supériorité que les humains estiment avoir sur les animaux et la nature, le vrai visage de la monstruosité…

Quant à la plume de Christelle Lebailly que je découvre ici pour la première fois, elle m’a complètement séduite : poétique, fluide, élégante… L’amatrice des belles plumes en moi s’est complètement laissée happer par l’écriture, l’univers et l’onirisme que l’autrice a insufflé à son histoire. J’ai d’ailleurs parfois eu le sentiment de me faire le témoin privilégié d’un rêve ou d’un cauchemar, question de point de vue. Même les dialogues, point noir pour moi de l’auto-édition, sont ici parfaitement orchestrés : rythmés, naturels, concis tout en étant assez développés pour apporter des informations utiles aux lecteurs… Ils s’insèrent sans peine dans la narration venant la dynamiser sans jamais l’alourdir. Entre une narration fluide, un récit mené tambour battant et une aura de mystère présente à chaque instant, le roman se lit donc très vite.

Avant de conclure, je vais me permettre un petit aparté. Je sais que vous êtes un certain nombre à être frileux quand il s’agit d’auto-édition, ce que je comprends sans peine, certains textes méritant clairement d’être retravaillés. Mais ici, vous pouvez craquer les yeux fermés. Le travail éditorial est, pour moi, digne de celui d’une maison d’édition.

En conclusion, Lula et les Monstres est un coup de cœur ! L’autrice, d’une plume délicate et poétique, nous transporte dans un univers fantastique d’une grande richesse qui invite à l’émerveillement et à la réflexion. Si vous aimez les contes et les fables qui mettent en scène des personnages forts et originaux, venez découvrir l’histoire de Perrie et Lula, un frère et une sœur unis pour la vie, mais quelle vie ?

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Site Web de l’autrice

Et vous envie de feuilleter ou de découvrir le roman ?

Sale temps pour les Pattes noires ! Claudine Aubrun

Couverture Sale temps pour les Pattes noires !

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Pour le groupe de rock Les Pattes noires, l’hiver est là. Fini les concerts ! Plus une graine à se mettre sous le bec, pas une grange où se poser les pattes au sec. Heureusement, Gwladys la musaraigne les invite dans sa cabane de chasseur tout confort. Programme de rêve à l’horizon. Sauf qu’il y a un loup ! Et celui-là est de taille !

Éditions du Rouergue (9 mars 2016) – 64 pages – 6,90€

AVIS

C’est en me promenant dans les allées jeunesse de ma bibliothèque que j’ai découvert ce petit livre dont la couverture plutôt amusante m’a attirée. Le résumé mentionnant l’hiver, j’ai décidé de l’emprunter afin de le lire dans le cadre du Cold Winter Challenge.

Nous faisons la connaissance de volailles pas banales pour un sou ! Elles ont ainsi monté un groupe de rock, Les Pattes noires. Au micro, il y a Betty la pintade, à la batterie Nina et à la basse, Étienne le canard. Mais le trio de choc qui, s’est bien amusé tout l’été, se trouva fort dépourvu quand l’hiver fut venu. Sol gelé, rien à becter !

Fort heureusement, les trois amis vont rencontrer Gwladys, une musaraigne, qui va les inviter à rester bien au chaud avec elle dans sa douillette cabane de chasseur. Se rêvant reine du spectacle, cette nouvelle amie va toutefois mettre à mal leurs oreilles, car si son accueil est digne d’un grand hôtel, la partie divertissement est à revoir.  Une situation qui prend une tournure encore plus délicate quand un loup s’invite à leur porte ! Qui a peur du grand méchant loup ? Pas forcément tout le monde comme vous le verrez…

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire sous peine de vous en gâcher une lecture déjà fort rapide, mais j’ai adoré la tournure que prennent les événements. L’autrice bouleverse avec brio une situation de conte assez traditionnelle pour en faire un récit drôle et touchant qui questionne la notion d’amitié, les préjugés et autres idées préconçues, mais aussi la jalousie, cette émotion forte et destructrice qui peut se mettre en travers des liens que l’on forge avec autrui. C’est beau et touchant à la fois à l’image de cette fin qui m’a beaucoup émue et qui, enfant, m’aurait donné envie de relire tout de suite le livre.

Quant au style de l’autrice, simple, imagé et immersif, il est facile à suivre pour les jeunes lecteurs tout en restant agréable pour des lecteurs plus âgés. Les phrases sont rythmées permettant de capter et conserver l’attention des enfants, et les chapitres assez courts pour leur donner envie de les lire les uns après les autres.

Si j’ai été conquise par le fond, la forme, quant à elle, est également pleine de charme grâce aux nombreuses illustrations d’Anne-Lise Combeau. Sous son coup de crayon, les personnages, pleins de panache et de fougue, ont un côté très humain dans leur expression corporelle. Le décalage entre leur espèce et leurs gestes est assez amusant, mais il accentue également l’attachement aux personnages que l’on ressent dès le début du livre. Il faut dire que Claudine Aubrun nous offre une galerie de protagonistes hauts en couleur qui fait rire, émeut et, parfois, inquiète. Tout n’est pas rose dans ce petit livre, mais il se dégage une certaine douceur et un joli message sur l’amitié. Et puis j’avouerai un gros coup de cœur pour l’un des personnages...

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En conclusion, vous aimez les personnages loufoques et les belles histoires d’amitié ? Venez à la rencontre des Pattes noires, un groupe de rock pas comme les autres, qui fera chavirer votre cœur, et qui vous prouvera que l’amitié n’a pas de frontière. Un petit huis clos alternant entre tension et tendresse qui devrait séduire les enfants et les adultes qui aiment ces histoires dans lesquelles les animaux tiennent le premier rôle.

Le rêve de Chat Taigne, Colline Hoarau

Le rêve de Chat Taigne

Je remercie Évidence éditions et Colline Hoarau pour la découverte de ce joli livre jeunesse.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Chat Taigne est le compagnon quotidien de Clémentine. Heureusement qu’il est là lorsque Colin, le marin, s’en va de par les océans. Il a un rêve secret, en voyant chaque jour, les enfants passer devant la fenêtre. Les accompagner vers l’école…

48 pages – Format papier (13€) – Epub (2.99€) – Collection Farfadet

Adapté aux lecteurs dyslexiques

AVIS

Ceux qui me suivent régulièrement sur le blog savent à quel point j’aime les chats. Ils ne seront donc pas étonnés si je leur dis avoir complètement craqué devant la couverture, le titre, le résumé et le contenu de ce livre qui devrait plaire à un large public…

Si vous faites partie de ceux qui estiment qu’un chat ne pense qu’à dormir et à manger, Chat Taigne va vous prouver le contraire. Très attachant, rêveur et ayant de la suite dans les idées, ce petit chat que l’on a immédiatement envie d’assaillir de caresses a un rêve ! Non, il ne s’agit pas d’avoir une gamelle qui se remplit automatiquement de ses mets favoris, son rêve est bien plus inattendu si ce n’est cocasse : il rêve d’aller à l’école. Y arrivera-t-il ? C’est une chose que je vous laisserai bien entendu découvrir par vous-même.

Mais ce que je peux d’ores et déjà vous dire, c’est que l’on prend grand plaisir à découvrir Chat Taigne, l’origine de son prénom inhabituel, ses habitudes, sa grande curiosité, son intelligence, sa gentillesse et sa relation touchante avec son adoptante, Clémentine. Cette dernière a vécu quelque chose de difficile, mais elle a su garder le sourire et aller de l’avant grâce, entre autres, à son adorable compagnon à quatre pattes.

Entouré de la présence aimante de Clémentine, Chat Taigne va également découvrir un sentiment nouveau : l’amour avec un grand A. C’est ainsi que rentrera dans sa vie, une gentille et belle minette du nom amusant de Chatte Touille. Difficile de ne pas craquer devant la relation naissante entre ces deux poilus qui se révèlent tous les deux très attachants.

En plus de divertir les enfants, Le rêve de Chat Taigne présente également l’avantage de questionner leur relation à l’école. Les enfants devraient être surpris puis inspirés par ce petit minet qui leur montre toutes les joies que l’école peut leur apporter et toutes les choses qu’ils peuvent y apprendre. Ce n’est bien sûr pas la solution miracle pour faire apprécier l’école aux plus récalcitrants des enfants, mais l’histoire de ce chat curieux qui rêve d’école leur donne une image valorisante de cet endroit au sein duquel ils passent finalement beaucoup de temps…

Quant au style de l’autrice, je l’ai trouvé très agréable même pour les adultes. Tout en restant simple pour être accessible aux jeunes lecteurs Colline Hoarau joue avec les mots, le rythme des phrases et n’hésite pas à faire preuve d’humour. Il en résulte une histoire amusante et toute douce que l’on prend plaisir à lire et ceci, quel que soit son âge.

Enfin, on ne peut pas parler du rêve de Chat Taigne sans évoquer ses illustrations qui viennent enjoliver une histoire déjà très belle. Je ne sais pas vous, mais pour ma part, je craque complètement devant ces beaux personnages à quatre pattes. Grâce à des couleurs pastel d’une grande douceur et un coup de crayon simple auquel les enfants pourront facilement s’identifier, l’illustrateur facilite sans aucun doute leur immersion dans le récit.

 

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En bref, Colline Hoarau nous offre une jolie histoire qui devrait enchanter les jeunes lecteurs et les lecteurs plus âgés ayant gardé une âme d’enfant. Colorées et mignonnes à souhait, les illustrations de Ben Renaut, qui soulignent à merveille la douceur de l’histoire de Chat Taigne, devraient, quant à elles, rendre l’expérience de lecture encore plus immersive et agréable. À lire et à relire avec toujours autant de plaisir…

Et vous, envie de découvrir Le rêve de Chat Taigne ?

Des voisins… d’enfer, Hélène Duc

Des voisins... d'enfer

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir Des voisins… d’Enfer d‘Hélène Duc.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Salut, je m’appelle Lukas Jenkle, j’ai treize ans et, cette nuit, je vais vivre l’aventure la plus terrifiante de toute ma vie ! C’est sûrement le prix à payer, lorsqu’on habite à côté d’une vieille famille de sorciers, aux ancêtres réputés pour leur cruauté (les Báthory, ça vous dit quelque chose ?). Surtout quand ces dangereux voisins décident d’organiser une grande fête dans leur jardin pour célébrer le Sabbat de Lughnasadh avec tous leurs copains, as de la baguette magique ! Vacarme et nuit blanche assuré ! Mais cette fois, ça ne va pas se passer comme ça, râle mon père, furieux de ne pas pouvoir dormir. Cette fois-ci, ces enquiquineurs vont l’entendre ! Foi de Jenkle ! Et le voilà qui part se plaindre auprès des fêtards… à ses risques et périls car il ignore qu’une très mauvaise surprise l’attend à l’intérieur de la maison… Pauvre papa ! S’il avait su quel danger le guettait, il aurait vite fait demi-tour, croyez-moi !

Évidence Éditions (21 juillet 2018) – Broché 8€ (ebook disponible) – 80 pages

AVIS

Je connaissais Hélène Duc dans un registre plus adulte et ai donc été intriguée de la découvrir dans un roman jeunesse dont j’aime d’ailleurs beaucoup la couverture.

Lukas Jenkle, 13 ans, et ses parents habitent près d’une maison de sorciers, et pas n’importe lesquels : les descendants de la fameuse comtesse hongroise sanguinaire, Élisabeth Báthory ! Malgré la crainte que ceux-ci suscitent en eux, le jeune homme et son père, excédés par le boucan que font ces terrifiants voisins, décident d’aller les voir pour qu’ils cessent leur vacarme. La nuit est faite pour dormir pas pour faire la fête, Sabbat ou non ! Si le couple Báthory comprend parfaitement la demande de ses voisins, leur vieille tante, beaucoup moins… Commence alors pour Lukas une nuit qu’il n’est pas prêt d’oublier. 

Ce livre est destiné aux enfants à partir de 7 ans, mais laissez-moi vous dire que je me suis laissée embarquer dans cette histoire dès les premières lignes. Il faut dire que j’ai retrouvé la finesse et l’élégance qui caractérisent la plume de l’autrice. Je vous rassure, elle a tout de même veillé à adapter son style afin qu’il soit accessible aux jeunes lecteurs. Les enfants et les adultes devraient donc être enchantés par l’ambiance instaurée par l’autrice à travers un style aussi agréable qu’immersif.

Au-delà de la plume de l’autrice, le roman se lit rapidement grâce à son rythme : mené tambour battant, on ne voit pas défiler les pages. Les lecteurs, quel que soit leur âge, prendront donc plaisir à suivre le jeune Lukas dans ses (més)aventures. Témoin du sort peu enviable réservé à ses parents, il va, en effet, tout mettre en œuvre pour les sortir des griffes de la méchante tante Báthory. Sorcière à l’ancienne, elle ne porte pas les humains dans son cœur, et c’est un euphémisme. Devant ses plans machiavéliques, Lukas n’aura donc pas d’autre choix que se jeter courageusement dans la gueule du loup… Une témérité qui ne devrait pas laisser les lecteurs indifférents.

J’ai, pour ma part, beaucoup aimé ce personnage qui n’hésite pas à s’adresser directement aux lecteurs pour partager ses sentiments. C’est une démarche que j’apprécie quand elle est réalisée avec efficacité comme ici. Il en résulte une connivence quasi immédiate avec ce jeune homme dont j’ai fortement admiré la capacité à surmonter ses peurs.

En jouant sur la réputation sulfureuse des Báthory et sur l’image des sorcières telle qu’on la trouve dans les livres de contes, l’autrice réussit à créer un climat angoissant. Mais de nouveau, elle a su s’adapter aux enfants en offrant un bel équilibre entre action, magie, tension et solidarité. Le livre ne devrait donc pas terrifier les enfants, mais leur faire tout de même vivre quelques émotions fortes. Quant à la fin, je ne vous en dirai pas plus si ce n’est qu’elle conclut à merveille le récit.

En bref, un peu à la manière des livres Chair de poule, l’autrice invite les enfants à  frissonner, un peu, et à passer un moment de lecture envoûtant et prenant.  Des voisins… d’Enfer devrait donc enchanter les petits, mais aussi les grands lecteurs qui ont envie d’un récit empli de sorcellerie les faisant retomber, durant un instant, en enfance.

Et vous, envie de découvrir le livre ?
Retrouvez-le sur le site d’Évidence éditions.