La fille aux cheveux roses, Amélie B.

Couverture La fille aux cheveux roses

J’ai lu La fille aux cheveux roses d’Amélie B. dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie young adult.

RÉSUMÉ

Après deux années de prépa, Adèle, élève sérieuse et réservée, quitte le cocon familial pour intégrer une école supérieure en province. La cohabitation avec les autres étudiants n’est pas toujours facile et l’ambiance festive qui règne sur le campus perturbe ses habitudes. Une personne intrigue immédiatement la jeune Parisienne : Chloé. Son style décalé et son caractère bien trempé soulèvent quelques interrogations. En voulant percer les mystères qui entourent cette fille aux cheveux roses, Adèle s’apprête à vivre l’année la plus marquante de son existence.

Auto-édition – 259 pages – Ebook (2,99€) – Broché (13,99€)

AVIS

Malgré ses très bons avis sur la blogosphère, je suis complètement passée à côté de ce roman et de cette histoire d’amitié entre deux étudiantes que tout oppose. Adèle est une fille modèle couvée par sa mère et obsédée par la réussite scolaire. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle ait besoin d’un certain temps d’adaptation pour s’approprier sa nouvelle vie d’étudiante… À l’inverse, Chloé, avec sa mèche rose et sa personnalité haute en couleur, est plutôt du genre rebelle… Bien qu’elles proviennent de deux mondes très différents, les deux jeunes femmes arriveront-elles à dépasser leurs différences pour devenir amies ?

Cette amitié n’a suscité chez moi ni intérêt ni enthousiasme parce que je n’ai pas cru un seul instant à la relation unissant Adèle à Chloé, la première déclarant pour la seconde une fascination qui vire à l’obsession. On a bien des tentatives d’explication sur le pourquoi du comment, mais cela ne m’a guère convaincue… Transposé dans la vraie vie, le comportement d’Adèle m’a également semblé dérangeant et malsain. S’intéresser à une personne, fort bien, mais s’immiscer dans sa vie sans aucune gêne, et partir à la recherche d’informations personnelles quand l’autre personne ne désire pas les partager, me paraît quelque peu déplacé. Si on ajoute à cela les questions incessantes d’Adèle…

Ce détachement vis-à-vis du thème principal du roman ne m’a pas permis de m’impliquer dans cette lecture qui m’a, et j’en suis désolée, clairement ennuyée. Il y a bien quelques tentatives pour susciter l’intérêt du lecteur, mais elles n’ont pas fonctionné sur moi : il y a ce groupe d’amis qui se formera autour d’Adèle et qui apportera sa propre dynamique à l’histoire, la tentative d’instaurer un peu de mystère autour de Chloé, l’émergence de sentiments amoureux, les péripéties inhérentes à la vie d’étudiant…

Quelques points ne sont néanmoins pas dénués d’intérêt comme cet événement brutal qui va marquer un tournant décisif dans la vie d’Adèle. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que j’ai apprécié le mystère et le suspense qu’il suscite… Le voyage à l’étranger d’Adèle apporte également un peu de dynamisme au récit même s’il m’a fallu me faire violence pour ne pas lever les yeux au ciel quant aux raisons qui l’ont poussée à l’entreprendre. Ce voyage va lui permettre de grandir, et de commencer à couper un peu le cordon avec ses parents. Forte de son expérience dans un pays dont la culture et les conditions de vie sont très éloignées de celles de la France, la jeune fille va réaliser que la voie toute tracée qu’elle s’imaginait suivre ne lui convient peut-être plus vraiment… 

Malgré cette évolution que j’ai appréciée, je n’ai ressenti aucun attachement à Adèle qui m’a plutôt agacée par sa manière plus qu’intrusive d’entrer dans la vie de Chloé, et ses changements d’avis incessants vis-à-vis de ses sentiments pour deux autres personnages… J’ai, en revanche, bien plus accroché à Chloé qui, derrière ses grands airs de fille forte qui se moque de tout et de tout le monde, cache une certaine vulnérabilité. Le personnage est certes un poil caricatural, mais il n’en demeure pas moins attachant et somme toute, bien plus intéressant que celui d’Adèle. J’ai d’ailleurs préféré les quelques passages narrés du point de vue de Chloé. Néanmoins, je ne me suis pas sentie concernée par l’aura de mystère que l’autrice a tentée d’instaurer autour de ce personnage ayant anticipé assez rapidement son secret, du moins, en partie. Mais il est de plus en plus rare qu’une fin me surprenne, et je ne doute pas que beaucoup de lecteurs seront bouleversés par la révélation finale.

Si le fond ne m’a pas convaincue, la forme, en revanche, m’a plu. Le style d’Améie B. est fluide et agréable à lire tout en restant très accessible. La présence de nombreux dialogues devrait, quant à elle, séduire les lecteurs n’aimant pas trop les récits descriptifs.

Pour conclure, malgré la plume agréable de l’autrice, La fille aux cheveux roses n’a pas su me convaincre ni éveiller en moi un réel intérêt en raison d’une amitié qui m’a paru aussi invraisemblable que dérangeante. Chaque avis étant bien sûr différent, je vous invite toutefois à vous laisser tenter par ce roman si vous êtes curieux de découvrir comment deux jeunes femmes que tout oppose vont se rapprocher, et si vous êtes en quête d’un récit qui parle également d’amour, de vie étudiante, et de ce chemin parfois difficile vers la vie d’adulte.

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Miss Samouraï et le Ninja Bleu, Arnaud Alméras

Je n’avais jamais entendu parler de ce petit livre jeunesse, mais le titre et la superbe couverture m’ont fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

En pleine lecture d’un nouveau manga, Sidonie et Arthur sont transportés dans leur livre… Ils atterrissent dans la chaumière d’une terrible sorcière. Ils ne pourront revenir dans notre monde que s’ils lui rapportent son amulette magique. Pour les aider à affronter les démons qui ne manqueront pas de se dresser en travers de leur chemin, la sorcière dote les deux enfants d’armes magiques. Sidonie devient Miss Samouraï et Arthur le Ninja Bleu. L’aventure ne fait que commencer.

Rageot Éditeur (17 octobre 2018) – 6/9 ans – Poche (7,10€)

AVIS

Sidonie et Arthur sont transportés dans un manga fraîchement emprunté : Le Cristal de Sorcellerie ! Le titre a son importance puisque les deux amis vont justement devoir retrouver ce cristal volé à la sorcière Uma-Yaba par un homme-crapaud devenu le Maître des Démons grâce au  pouvoir de cet artefact. La mission est dangereuse, mais ils n’ont pas le choix s’ils veulent rentrer chez eux, la sorcière n’acceptant de les aider qu’en échange de son précieux cristal. Uma-Yaba va alors doter chacun d’entre eux d’un équipement : ce sera une armure de samouraï et un sabre pour Sidonie, et un costume de ninja et les armes qui lui sont associés pour Arthur.

Nous suivons donc nos jeunes protagonistes dans leur aventure qui sera ponctuée de rencontres plus ou moins sympathiques. Nous sommes dans un livre jeunesse, les méchants sont donc assez caricaturaux, mais cela n’est pas gênant d’autant que j’ai adoré le personnage de la sorcière, un peu plus nuancé, qui n’est pas sans rappeler le mythe russe de la Baba-Yaga que j’aime beaucoup.

Sidonie et Arthur, au cours de leurs péripéties, se feront un allié inattendu et quelque peu mystérieux. Ont-ils d’ailleurs eu raison de lui faire confiance ? Ce sera à vous de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que ce personnage apporte un peu de mystère à l’intrigue.

Le livre est très rythmé et les événements s’enchaînent les uns après les autres sans aucun temps mort. Ce point devrait permettre de conserver l’attention des jeunes lecteurs durant toute la lecture d’autant que les illustrations en grand format facilitent vraiment l’immersion dans le récit. Elles possèdent, en outre, un côté manga qui apporte du crédit à l’idée que nos deux protagonistes ont été transportés dans l’un de ces ouvrages. Quant aux style tout doux et tout en rondeur de l’illustratrice, Myrtille Tournefeuille, il dégage beaucoup de charme.

Miss Samouraï et le Ninja Bleu fait partie de la collection Flash Fiction des éditions Rageot destinée à susciter chez les enfants récalcitrants à la lecture, ou peu habitués à pratiquer ce loisir, l’envie de lire. Tout est donc mis en place pour rendre l’ouvrage plaisant à  lire : texte aéré, livre rythmé, présentation en début d’ouvrage des principaux personnages et de leurs caractéristiques, quelques illustrations, un vocable simple, des phrases courtes, et un peu d’humour. Un cocktail qui devrait plaire aux jeunes lecteurs, mais aussi à certains adultes qui aiment à retomber en enfance !

Pour conclure, Miss Samouraï et le Ninja Bleu est un roman plein de peps porté par deux personnages attachants qui forment un beau duo. Rempli d’action, de magie et agrémenté de belles illustrations, il devrait séduire les jeunes lecteurs aimant l’aventure.

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L’enfaon, Éric Simard

Couverture L'enfaon

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il y a un nouveau dans la classe de Leila. Mais l’enfaon n’est pas un élève comme les autres, il vient du CHGM, le Centre des Humains Génétiquement Modifiés. Si l’enfaon est très fort à la course et en poésie, il n’écoute pas toujours ce que dit la maîtresse, et son regard se perd sans cesse de l’autre côté de la vitre, vers la forêt…

Syros Jeunesse (28 janvier 2010) – 42 pages – Mini Syros – Broché (3€)
NB : une nouvelle édition est disponible

AVIS

J’ai lu ce livre sans trop savoir à quoi m’attendre et j’y ai découvert un récit plein de poésie qui m’a beaucoup touchée. Éric Simard, à travers l’histoire d’un enfant mi-homme mi-faon, aborde avec sensibilité et justesse les thèmes de la différence, du rejet et de l’acceptation de soi.

L’enfaon est différent certes, mais c’est avant tout un être avec sa propre sensibilité qui a, comme tout le monde, besoin d’être aimé et accepté. Il sera moqué, mais il pourra heureusement compter sur le soutien de Leila, une enfant très touchante dont on devine sans peine la grande gentillesse et l’ouverture d’esprit. Quand certains élèves considéreront la différence de L’enfaon comme un sujet de moquerie, celle-ci n’y verra que beauté !

L’enfaon, de par sa nature hybride, a des difficultés scolaires, mais cela ne l’empêchera pas de développer sa propre forme d’intelligence et de grandes qualités. Il n’est ainsi peut-être pas très bon en mathématiques, la logique froide et implacable de la matière ne lui convenant guère, mais il excelle en poésie et en sport… Grâce à ce personnage atypique et émouvant, j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait subtilement l’importance de laisser aux enfants la possibilité d’être eux-mêmes, et de leur donner leur chance même quand ils ne rentrent pas dans les standards de l’enseignement classique. C’est en tout cas le message que je retire de l’histoire et qui me semble important pour les enfants qui ne se sentent pas forcément à leur place à l’école.

Dans ce roman, il est également question d’amour, d’amitié et de maladie… Bien que ce dernier thème ne soit qu’effleuré et toujours avec une certaine retenue, c’est fait avec tellement de douceur qu’il ne pourra que vous émouvoir et vous toucher. L’auteur insuffle également à son histoire quelques pistes de réflexion sur les avancées médicales et technologiques ainsi que leurs limites éthiques et morales.

En conclusion, bien que le roman se déroule dans un univers de science-fiction avec la présence d’Humains Génétiquement Modifiés, Éric Simard évoque des sujets universels qui ont touché, touchent ou toucheront tous les lecteurs ! Destiné aux enfants, le livre est court, mais il contient tous les ingrédients pour susciter moult émotions chez ses lecteurs, petits et grands.

Site de l’auteur
Feuilletez/retrouvez le livre sur le site des éditions Syros

Mini-chroniques en pagaille #14

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Le voleur de souhaits de Loïc Clément et Bertrand Gatignol, Delcourt éditions :

Couverture Le voleur de souhaits« Chaque éternuement d’autrui est pour Félix une occasion de prouver son originalité. Alors que toute personne bien élevée est censée accompagner l’éternuement de quelqu’un d’un « à vos souhaits » bien à propos, Félix, lui, modifie la formule à son profit par un subtil « à MES souhaits ». Et pour peu qu’il en soit remercié, il s’approprie le souhait en le capturant dans un de ses innombrables bocaux. »

Voici une très jolie histoire qui nous lance sur les pas d’un garçon ayant une capacité assez spéciale et qui fait quelque peu rêver : il peut, sous certaines conditions, capturer les souhaits des gens qui éternuent devant lui ! Quand certains garnissent leur bibliothèque de livres, il préfère donc garnir ses étagères de tous ces souhaits capturés et mis précautionneusement en bocaux.

Mais est-ce que son immense collection lui apporte vraiment le bonheur ? À trop se focaliser sur les souhaits des autres, sait-il vraiment quels sont les siens ? Des questions qui sont abordées ici avec beaucoup de poésie, de douceur, de tendresse et de sensibilité. Grâce à une rencontre et à un voyage autant physique qu’intérieur, notre jeune homme va évoluer jusqu’à découvrir sa vérité…. Je n’en dirai pas plus sur le récit que je vous invite plutôt à découvrir par vous-mêmes, mais ce qui est certain, c’est qu’il devrait vous mettre des étoiles plein les yeux et vous pousser à réfléchir à votre propre notion du bonheur.

Quant à la forme, je n’ai pas été séduite outre mesure. Si j’ai apprécié la rondeur des traits et l’expressivité des regards, il m’a néanmoins manqué un peu de finesse… La mise en couleur est également assez terne ce qui crée un décalage déstabilisant avec la narration qui, à l’inverse, se veut puissante. J’ai toutefois trouvé que cette colorisation sans extravagance facilitait pleinement l’immersion dans la vie de ce jeune homme qui vit, durant une partie du récit, à travers les souhaits des autres.

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  • La confrérie des Lions Blancs tome 1 et 2 de Natsuko Takahashi, Komikku éditions :

Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 1Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 2

« Il ne peut y avoir qu’un seul chevalier blanc…
Un dyptique au tracé impeccable dans un univers original, fantasy et contemporain, d’une école de chevaliers.
Quatre jeunes adolescents avec une personnalité bien différente se rencontrent dans une école de chevaliers. Fun, aventures, rêves, accomplissements et échecs régissent leur vie. »

L’auteur nous plonge d’emblée dans une école de chevaliers avec son lot d’entraînements, de duels, de joutes, mais aussi de rivalités et d’amitié. Parmi tous les élèves, nous en suivons plus particulièrement certains dont Thomas Abel, un jeune homme qui force le respect par sa pugnacité et son envie de devenir un grand chevalier. Plutôt faible par rapport à ses camarades à son arrivée à l’école, il ne va jamais renoncer à son rêve et se démener pour l’atteindre. Quand ses amis se reposent et chahutent, il s’entraîne encore et encore quitte à susciter les moqueries…

Les personnages sont intéressants et diversifiés : aux côtés de Thomas et de son sérieux à toute épreuve, il y a l’élève brillant mais nonchalant, celui qui est également très doué, mais qui cache un secret, l’ami pas vraiment fait pour la chevalerie, mais qui apporte son charme au récit… J’ai juste un peu regretté que tous ces protagonistes ne soient pas exploités outre mesure, leur intérêt résidant avant tout dans leurs interactions avec Thomas.

Si le premier tome introduit les personnages et l’école au sein de laquelle ils évoluent, le second tome se veut un peu plus dur, les choses sérieuses commençant pour les personnages. Thomas va devoir faire ses preuves et, fidèle à lui-même, y mettra de tout son cœur malgré certains événements qui ne manqueront pas de le perturber… Les lecteurs devraient apprécier de voir l’évolution spectaculaire, mais réaliste, de ce jeune homme qui offre une jolie leçon sur l’espoir, la force des rêves et la nécessité de se donner les moyens de les atteindre.

Quant à l’univers, il se limite en grande partie à l’école, mais on ne ressent aucun ennui, l’immersion étant efficace et les entraînements/duels passionnants à découvrir. Si vous aimez les histoires de chevalerie, vous apprécierez probablement de découvrir « ses coulisses » et comment les heureux élus ont dû batailler contre leurs camarades, mais avant tout contre eux-mêmes, avant de devenir des chevaliers émérites !

  • Elma, une vie d’ours – tome 1 : Léa Mazé et Ingrid Chabbert, Dargaud :

Couverture Elma : Une vie d'ours, tome 1 : Le Grand Voyage

« Elma est une gamine joyeuse et insouciante élevée par un ours qu’elle considère comme son papa. Mais l’ours cache un secret : Elma est en fait la fille de Frigga, la mage du royaume. La légende raconte que seule la fille de Frigga pourra sauver le monde des eaux. Pour cela, sa mère doit la confier à la forêt et l’enfant devra y survivre 7 années. Si elle y parvient, leur monde sera sauvé et Elma pourra rejoindre sa mère et les siens de l’autre côté de la montagne… Comment l’annoncer à Elma qui aura bientôt 7 ans ? Comment se résigner à quitter cette gamine espiègle que l’ours considère comme sa fille ? »

 

C’est la couverture toute douce qui m’a donné envie de lire ce très bel ouvrage empli de poésie et de sensibilité. Nous faisons la connaissance d’un ours et d’Elma, une fillette qu’il a élevée comme si c’était la sienne. Se dégage dès les premières pages une très grande douceur, l’amour entre ces deux êtres étant flagrant ! Mais très vite, l’autrice introduit un certain suspense : Papa Ours décide de se lancer dans un voyage sans en dévoiler la raison à sa fille adoptive. Un secret qui attise bien évidemment la curiosité de la fillette tout comme celle du lecteur ! Durant le voyage, notre petite famille va rencontrer des obstacles qui n’ont rien de fortuit, et qui vont les mettre dans des situations périlleuses.

J’ai beaucoup aimé cette histoire dont je lirai la suite avec plaisir. En plus du suspense et de la tension qui tiennent le lecteur en haleine, difficile de rester insensible face à la relation entre Elma et son Papa Ours. Malgré la différence d’espèce qui ici disparaît naturellement, on a vraiment l’impression d’être face à un papa poule et sa fille... Tous les deux se révèlent très attachants, l’ours dans sa volonté de protéger son enfant, et Elma dans sa personnalité tout en exubérance et bonne humeur.

À lire si vous aimez les jolies histoires et les récits d’aventures non dénués d’une certaine poésie.

Et vous, certains de ces titres vous tentent ?
En avez-vous lu certains ?

 

De Terre et de Racines, Oriane

J’ai lu De Terre et de Racines d’Oriane dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Young Adult.

RÉSUMÉ

Où se cache notre identité ? Sur nos terres, dans nos racines… ailleurs ? Au Grand Terrier, Gareth subit le rejet quotidien. Il ne s’imaginait pas sauver Corène, quitter son pays ou encore affronter les meurtriers « respectables » de son père. Pourtant, même loin des siens, il protégera Corène. Parce que sa culture et ses différences le fascinent et le troublent à la fois. L’alchimie se crée et il est bien décidé à comprendre… Pourquoi des gardiens terrons pourchassent-ils une jeune Silverine ? Exil, manipulation, mort ; le pire les menace. Hélas, plus question de reculer : il leur faut éclairer leurs passés pour enfin se définir. Découvrez une romance pleine de questionnements, d’innocence et de légèreté, quand deux héros venus de pays différents voient leurs repères chamboulés et leurs ombres du passé les poursuivre. A leur âge, on ne devrait pas s’inquiéter de demain. Mais plus encore, ressentir un tel amour. Comment vont-ils y survivre ?

Auto-édition (29 août 2017) – 444 pages – ebook – 2.99€

AVIS

Ce roman faisait partie de ma sélection pour le Prix des auteurs inconnus, mais malheureusement, j’ai eu beaucoup de mal à le terminer. Les longueurs sont venues à bout de mon enthousiasme malgré un univers riche et la variété des sujets abordés…

Nous sommes, dès les premières pages, plongés dans un univers de science-fiction intéressant dans lequel deux peuples mènent une vie bien différente : l’un a choisi l’ombre avec des infrastructures sous terre, l’autre la lumière avec une vie à l’extérieur sous un dôme de verre. Mais les différences ne s’arrêtent pas là, la culture de chaque peuple étant aux antipodes l’une de l’autre.

Et c’est ce que vont avoir l’occasion de découvrir Gareth, un jeune homme habitant avec sa mère au Grand Terrier, et Corène, une orpheline de douze ans vivant, quant à elle, en Silvérie. Ils n’avaient, a priori, aucune raison de se rencontrer, mais le hasard va placer Corène sur la route de Gareth. Le jeune homme, faisant acte de bravoure, va la sauver d’une situation périlleuse sans pour autant mesurer les conséquences de son geste… En danger, il va être contraint de suivre la jeune fille dans son pays afin de la protéger, protéger la vie de sa mère et, accessoirement, la sienne.

Les deux personnages vont vivre des situations éprouvantes qui ne manqueront pas de les rapprocher et de créer entre eux un attachement profond. L’amitié fera donc vite place à l’amour, ce qui devrait ravir les amateurs de romance. Pour ma part, si certains passages m’ont attendrie, d’autres m’ont paru un peu trop guimauves même si en raison de l’âge des personnages, j’arrive à en comprendre la logique. Je n’ai donc pas particulièrement accroché à la romance, mais elle dégage néanmoins un côté Roméo et Juliette qui n’est pas déplaisant d’autant que l’autrice ne pousse pas le drame aussi loin que Shakespeare…

J’ai, en revanche, apprécié qu’à travers cette histoire d’amour, l’autrice aborde la question des différences culturelles et des difficultés que celles-ci peuvent occasionner dans toute relation. On découvre ainsi progressivement et de manière très réaliste, toutes ces petites et grandes différences entre Le Grand Terrier et la Silvérie, deux pays qui tendent à se regarder en chiens de faïence. Dans ces conditions, nos deux amoureux pourront-ils vivre pleinement leur amour naissant d’autant que le danger les guette à chaque instant ?

Je ne développerai pas ce point outre mesure vous laissant le plaisir de la découverte, mais je peux vous dire que l’histoire est bien plus complexe qu’il n’y paraît, Corène et Gareth se trouvant  au milieu d’enjeux géopolitiques qui les dépassent. Cet aspect du roman est celui qui m’a le plus intéressée notamment en raison de la tension et du suspense qu’il introduit. Au gré des révélations, les cartes se brouillent, les personnages doutent, et les lecteurs sont tenus en haleine par l’émergence d’un complot dont ils saisissent progressivement toute l’ampleur… À cet égard, et sans en dire plus, j’ai beaucoup apprécié la manière dont l’autrice établit un pont entre présent et passé. C’est très bien amené et ça offre une conclusion très touchante pour l’un des personnages.

Sont également abordés dans ce roman un certain nombre de sujets intéressants comme le racisme, le rejet de la différence, la peur de l’autre, mais aussi cette question essentielle de l’identité. Le titre du roman porte d’ailleurs très bien son nom ! Corène qui est sans racines, car sans famille tend à ne plus savoir où est sa place, voire si elle en a vraiment une, quand Gareth, qui lui sait très bien d’où il vient, finit par se demander qui il est et où il va. Cette question de l’identité est quelque chose de prégnant dans le roman et apporte une certaine profondeur au récit…

Les protagonistes sont profondément humains et, comme dans la vraie vie, ont leurs bons et mauvais côtés. Volontaires et matures, Gareth et Corène se révèlent aussi parfois assez puérils et extrêmes dans leurs réactions, ce qui leur confère une certaine aura d’authenticité puisque rappelons qu’ils sont relativement jeunes. Qu’on les apprécie ou non, difficile de ne pas être impressionné par leur courage, leur altruisme et la manière dont ils essaient, parfois maladroitement, de veiller l’un sur l’autre… Certains personnages secondaires se démarquent du lot comme la mère de Gareth et l’ami de la famille qui offrent au jeune couple un soutien et un appui sans faille. La relation, tout en retenue, entre ces deux adultes se révèle très belle et très touchante. Il est juste regrettable que les méchants de l’histoire soient un peu trop caricaturaux à mon goût et manquent donc de profondeur.

La plume de l’autrice, en plus d’être immersive, dégage une certaine fluidité qui la rend accessible à un large public. Les dialogues sont, quant à eux, assez nombreux pour plaire aux lecteurs allergiques aux récits trop denses. À noter toutefois une certaine familiarité dans les échanges entre les deux amoureux, ce qui pourra déranger certaines personnes. Pour ma part, cela ne m’a pas gênée outre mesure puisque c’est cohérent avec l’âge des protagonistes et leur état émotionnel du moment, mais j’ai trouvé néanmoins que certains dialogues berçaient inutilement dans la grossièreté… J’ai, de plus, regretté que certains échanges sonnaient creux et n’apportaient rien à l’intrigue ni à la relation amoureuse entre Corène et Gareth. Si on ajoute à cela une histoire qui met très longtemps à démarrer et de nombreuses longueurs, on obtient un roman que j’ai eu beaucoup de mal à terminer malgré ses atouts. Sans ma participation au Prix des auteurs inconnus, je l’aurais d’ailleurs abandonné.

En résumé, De Terre et de Racines aborde, à travers la rencontre de deux personnages que tout oppose, un certain nombre de sujets intéressants et universels : amour, amitié, quête d’identité, rejet de la différence… Malgré un univers riche et détaillé, cette histoire n’a néanmoins pas su me convaincre en raison, entre autres, de ses trop nombreuses longueurs. Ce roman pourrait toutefois intéresser les lecteurs en quête d’une romance mettant en scène deux protagonistes prêts à tout pour défendre leur amour malgré les dangers et leurs différences.

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Prix des Auteurs Inconnus logo

Space Battle Lunchtime, tome 1 : Lumières, caméra, miamction ! , Natalie Riess

Space Battle Lunchtime, tome 1 : Lumières, caméra, miamction ! , Natalie Riess

Je remercie Babelio et les éditions Kinaye de m’avoir permis de découvrir Space Battle Lunchtime de Natalie Riess.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Space Battle Lunchtime est un show culinaire ultra populaire diffusé jusqu’aux confins de l’univers et sa nouvelle saison est sur le point de commencer ! Quand l’un des chefs sélectionnés jette l’éponge à la dernière minute, une apprentie pâtissière terrienne, Peony, se voit offrir la chance de le remplacer et de concourir pour la notoriété, la gloire et un prix de 20 000 Solarbucks. Elle doit simplement impressionner les juges aliens et battre les cinq autres chefs sélectionnés (aussi des aliens !) : la mystérieuse Neptunia, le sournois Melonhead, l’intimidant Jacques, la féroce Owline, et le robuste Meatabax.

Coincée entre des concurrents déloyaux et des ingrédients inconnus, Peony va devoir tout donner. Est-elle prête à surmonter le monde impitoyable de la cuisine intergalactique, ou s’est-elle surestimée ?

Éditions Kinaye (15 février 2019) – 120 pages – 13,50€
Traduction : Romain Galand – Série en 2 tomes

AVIS

MasterChef n’a pas de secret pour vous et vous adorez les émissions culinaires mettant en compétition différents candidats sous l’œil plus ou moins bienveillant des caméras et des téléspectateurs ? Space Battle Lunchtime  va vous plaire !

Dans un décor de science-fiction qui s’impose de lui-même, Natalie Riess nous propose une parodie colorée et bien barrée de ces shows culinaires qui ont le vent en poupe. Sauf qu’ici, le studio de télévision ne se situe pas sur terre, mais dans l’espace ! Place aux aliens dont l’apparence, en plus d’être bigrement originale, varie énormément d’un individu à l’autre…

Il en faut heureusement bien plus pour perturber Peony, l’outsider du show. Cette jeune terrienne, qui ignorait il y a encore peu l’existence d’autres peuples dans l’univers, va se retrouver brutalement propulsée sur le devant de la scène. Choisie au pied levé par un (mal)heureux concours de circonstances pour remplacer une candidate qui a déclaré forfait, elle va devoir affronter, dans une compétition sans pitié, cinq autres chefs. Je vous laisserai le plaisir de les découvrir, mais je peux vous dire que l’autrice nous offre une galerie de personnages hauts en couleur. Très différents les uns des autres, chaque participant a pourtant sa petite spécificité qui le rend unique et plutôt mémorable. À cet égard, j’ai adoré le choix des noms qui ne devrait pas manquer de vous faire sourire.

Certains protagonistes sortent évidemment du lot, mais je confesserai avoir été plus particulièrement touchée par l’un d’entre eux dont on devine une grande gentillesse derrière une apparente froideur. À l’inverse, l’un des chefs, qui ne va pas apprécier de trouver en Peony une concurrente sérieuse, se révèlera très vite antipathique et assez fourbe. Entre les coups bas, le manque de fair-play évident qui règne sur le plateau, la découverte des ingrédients et des appareils de cuisson extraterrestres, Peony devra faire preuve de combativité, de pugnacité, de débrouillardise et de créativité pour ne pas se faire évincer du show. La jeune fille ne devrait d’ailleurs pas manquer de vous épater par sa capacité à se dépasser et à ne jamais baisser les bras devant les difficultés qui se dressent sur son chemin.

Nous sommes dans une BD jeunesse et cela se ressent dans la mise en place de l’intrigue qui se fait très rapidement, l’autrice ne se perdant pas dans des détails inutiles ou laborieux. Un sens de la concision qui permet de s’immerger immédiatement, ou presque, dans l’histoire puisqu’on ne se pose pas de question. Comme Peony, on accepte sans sourciller l’existence des aliens qui semblent finalement plutôt humains, du moins au niveau des émotions (joie, peine, jalousie, méchanceté, envie…). Ne reste alors plus aux lecteurs/spectateurs qu’à savourer et découvrir avec amusement les différentes péripéties qui s’enchaînent à une vitesse folle.

Le rythme de ce comics plein d’humour et de légèreté devrait séduire les jeunes lecteurs d’autant que le texte concis, mais toujours percutant, apporte fluidité et dynamisme. Deux points renforcés par un découpage audacieux de l’intrigue qui souligne à merveille les événements forts du show et de ses coulisses. L’autrice inclue également, à chaque début de chapitre, un petit récapitulatif du précédent. Un joli clin d’œil à ce procédé utilisé à la télé et dans les séries qui présente aussi l’avantage de synthétiser l’action, ce qui en fonction de l’âge du lecteur, peut toujours être utile.

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Le lecteur ainsi guidé dans sa lecture pourra en admirer l’esthétique : couleurs vives, festives et pleines de peps, dessins tout en rondeur, expressivité des visages et des expressions corporelles… N’oublions pas non plus le très beau travail éditorial réalisé par la maison d’édition avec des couleurs lumineuses, un papier épais très agréable au toucher, des bonus (croquis, un making of…), une couverture souple facilitant la prise en main…

 

Quant à la fin, elle est à l’image de ce premier tome : explosive ! Attendez-vous donc à un retournement de situation qui ne pourra que vous donner envie de vous jeter sur la suite. Bonne nouvelle, elle devrait être disponible dès juin.

En conclusion, ancré d’un univers de science-fiction coloré et lumineux, Space Battle Lunchtime est une histoire savoureuse et pleine d’humour qui fait une large place à la cuisine, à l’amitié, aux rivalités, et qui n’est pas dénuée de tension ni de suspense. Si vous aimez les shows culinaires où l’esprit de compétition règne et/ou les héroïnes attachantes, passionnées, tenaces et courageuses qui vont jusqu’au bout de leurs rêves, ce comics est fait pour vous.

Retrouvez l’ouvrage sur le site des éditions Kinaye

Lily 2.0 Tome I : Équinoxe de Printemps, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir envoyé, en échange de mon avis, le premier tome de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

LA SÉRIE

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Valentine Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Clairvoyance, clairaudience, psychométrie, médiumnité…, autant d’expériences aussi inattendues que déconcertantes qui vont bousculer son quotidien et la pousser à reconsidérer sa conception jusqu’alors très rationnelle de l’univers.

LE TOME 1

Que faire quand on est soudainement confrontée à des rêves qui se suivent, des visions spontanées et de surprenantes concordances des songes avec la réalité ?
Primo : garder son calme et ne pas paniquer.
Deusio : mettre le tout par écrit afin de ne rien oublier et pouvoir analyser sereinement la situation.
Tertio : ouvrir son esprit et aligner ses énergies pour essayer de canaliser l’étourdissant éveil de ses capacités extrasensorielles.
Dans ce premier tome, Lily découvre son potentiel énergétique, les notions de chakras et de koshas et s’essaie à la méditation, aux rêves guidés et aux voyages astraux. Elle expérimente également certains aspects de la clairvoyance, de la psychométrie et de la protection psychique.

Caouanne (9 novembre 2018) – 188 pages – Broché (16€) –
Tome 1 d’une série de 4 tomes

AVIS

Lily est une collégienne de treize ans et demi ordinaire qui mène une vie des plus classiques. C’était, du moins, ce qu’elle pensait jusqu’à ce que, pour son plus grand étonnement, un nouveau monde s’ouvre à elle. Lily se découvre ainsi des capacités extrasensorielles et notamment celle de faire des rêves qui concordent étrangement avec la réalité… Elle sera fort heureusement soutenue dans la découverte de ce nouveau chemin de vie par sa mère, une acupunctrice adepte de yoga et très ouverte au monde de la spiritualité.

Comme le papa de Lily, un restaurateur d’œuvres d’art, je suis de nature très terre à terre,  et ne tends à croire que ce que la science a prouvé ou, du moins, ce qui me semble rationnel. Cela ne m’a pas empêchée de savourer ce roman qui offre une plongée captivante et immersive dans un monde qui m’est inconnu, celui de la parapsychologie, de la spiritualité, des rêves guidés et lucides (peut-être l’élément qui m’a le plus intriguée), de la psychométrie, de la sagesse indienne, de la lithothérapie, de la médiumnité, et de toutes ces capacités extrasensorielles qui ont ce quelque chose de fascinant…

Alors que je ne suis pas forcément le public cible, j’ai adoré la manière dont l’autrice évoque ces sujets. C’est fait avec enthousiasme, simplicité et sans aucun prosélytisme. Chaque lecteur est laissé libre d’interpréter l’histoire comme il le souhaite et d’en retirer les enseignements qu’il estime importants. Une manière de procéder qui m’a conquise d’autant que grâce aux explications claires, mais détaillées et précises, de la maman de Lily, j’ai appris plein de choses. Certaines m’ont paru un peu trop ésotériques pour moi, quand d’autres m’ont poussée à me poser des questions et/ou donné envie d’approfondir le sujet. Il se dégage également de ce roman, un petit côté développement personnel qui n’est pas pour me déplaire. Je vous rassure, rien de dogmatique, juste l’histoire d’une jeune fille qui, avec l’aide de sa mère, apprend à mieux se connaître, à développer et s’approprier ses propres capacités et dons.

La relation mère-fille est d’ailleurs l’une des pierres angulaires de ce roman. On ressent à la perfection la complicité qui unit Lily à ses parents, et plus particulièrement à sa mère, une femme très ouverte d’esprit et très calée sur la spiritualité et le potentiel psychique des individus. Sa mère sera un véritable guide pour Lily la rassurant et l’invitant avec tact et douceur à explorer ses propres capacités et à accueillir sans crainte, mais avec une certaine précaution, ses rêves qui semblent faire écho à des événements et à des personnes qui ont réellement existé.

Soutenue par sa mère, Lily va donc faire ses premiers pas dans ce monde qui lui était inconnu et dont elle partage les découvertes dans un carnet. Et c’est là le gros point fort du livre, son format atypique oscillant entre roman, journal intime et bullet journal. Loin d’être linéaire, le livre est ainsi agrémenté de dessins, de suggestions de musiques à écouter, d’indications sur l’humeur du jour, d’une recette de cookies, d’un DIY, d’un plan en couleurs du quartier de Lily, de bonus tels que les expressions favorites de la mère de Lily…

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Cette mise en page ludique et pleine de peps rend la lecture agréable et facilite l’immersion dans la vie de Lily. Comme dans un journal intime, la jeune fille se confie à nous, partage ses découvertes, ses doutes notamment sur la nature de ses rêves, ses craintes, sa passion pour la nourriture, mais aussi tous les petits moments qui font le quotidien d’une adolescente : les cours et les devoirs, les copines, les relations garçons-filles, les sorties entre amis, les disputes et les réconciliations… Les jeunes lecteurs devraient donc facilement s’identifier à Lily, et suivre avec intérêt, si ce n’est avec passion, son incursion dans le monde spirituel et parapsychologique.

Lily est une jeune fille attachante qui, en plus de conquérir le cœur des plus jeunes, devrait ravir celui des adultes. Émilie Colline a, en effet, réussi le parfait équilibre entre une héroïne réaliste, Lily restant une adolescente comme les autres, et une héroïne assez mature pour plaire à un lectorat plus âgé. De la même manière, j’ai apprécié la plume dynamique de l’autrice qui, tout en restant simple et accessible, se révèle riche et variée. On sent un véritable travail de recherche pour offrir précision et justesse quant au vocable employé.

Au-delà des différents thèmes abordés, qui sont plutôt originaux pour un roman jeunesse, l’autrice nous offre également une fabuleuse et captivante histoire dans l’histoire. Nous partons ainsi, grâce aux rêves de Lily, dans le passé, sur les traces de pirates ! Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré cet aspect du roman qui n’est d’ailleurs pas dénué d’un certain suspense… C’est que comme Lily et sa mère, vous serez pressés de connaître le fin mot de cette aventure des mers !

En conclusion, Émilie Colline nous offre ici un roman jeunesse atypique autant au niveau du fond que de la forme. D’une plume vive et dynamique, elle met à la portée des lecteurs, jeunes et moins jeunes, un monde riche empli de spiritualité, de capacités extrasensorielles et de toutes ces possibilités que l’être humain n’a pas encore fini d’explorer. En choisissant de narrer les aventures de Lily, une adolescente ordinaire aux capacités extraordinaires, sous forme de carnet/journal intime, l’autrice établit une véritable complicité entre son héroïne et les lecteurs qui n’ont alors plus qu’une envie, connaître la suite !

Découvrez le roman sur le site des éditions Caouanne.