Lily 2.0 Tome I : Équinoxe de Printemps, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir envoyé, en échange de mon avis, le premier tome de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

LA SÉRIE

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Valentine Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Clairvoyance, clairaudience, psychométrie, médiumnité…, autant d’expériences aussi inattendues que déconcertantes qui vont bousculer son quotidien et la pousser à reconsidérer sa conception jusqu’alors très rationnelle de l’univers.

LE TOME 1

Que faire quand on est soudainement confrontée à des rêves qui se suivent, des visions spontanées et de surprenantes concordances des songes avec la réalité ?
Primo : garder son calme et ne pas paniquer.
Deusio : mettre le tout par écrit afin de ne rien oublier et pouvoir analyser sereinement la situation.
Tertio : ouvrir son esprit et aligner ses énergies pour essayer de canaliser l’étourdissant éveil de ses capacités extrasensorielles.
Dans ce premier tome, Lily découvre son potentiel énergétique, les notions de chakras et de koshas et s’essaie à la méditation, aux rêves guidés et aux voyages astraux. Elle expérimente également certains aspects de la clairvoyance, de la psychométrie et de la protection psychique.

Caouanne (9 novembre 2018) – 188 pages – Broché (16€) –
Tome 1 d’une série de 4 tomes

AVIS

Lily est une collégienne de treize ans et demi ordinaire qui mène une vie des plus classiques. C’était, du moins, ce qu’elle pensait jusqu’à ce que, pour son plus grand étonnement, un nouveau monde s’ouvre à elle. Lily se découvre ainsi des capacités extrasensorielles et notamment celle de faire des rêves qui concordent étrangement avec la réalité… Elle sera fort heureusement soutenue dans la découverte de ce nouveau chemin de vie par sa mère, une acupunctrice adepte de yoga et très ouverte au monde de la spiritualité.

Comme le papa de Lily, un restaurateur d’œuvres d’art, je suis de nature très terre à terre,  et ne tends à croire que ce que la science a prouvé ou, du moins, ce qui me semble rationnel. Cela ne m’a pas empêchée de savourer ce roman qui offre une plongée captivante et immersive dans un monde qui m’est inconnu, celui de la parapsychologie, de la spiritualité, des rêves guidés et lucides (peut-être l’élément qui m’a le plus intriguée), de la psychométrie, de la sagesse indienne, de la lithothérapie, de la médiumnité, et de toutes ces capacités extrasensorielles qui ont ce quelque chose de fascinant…

Alors que je ne suis pas forcément le public cible, j’ai adoré la manière dont l’autrice évoque ces sujets. C’est fait avec enthousiasme, simplicité et sans aucun prosélytisme. Chaque lecteur est laissé libre d’interpréter l’histoire comme il le souhaite et d’en retirer les enseignements qu’il estime importants. Une manière de procéder qui m’a conquise d’autant que grâce aux explications claires, mais détaillées et précises, de la maman de Lily, j’ai appris plein de choses. Certaines m’ont paru un peu trop ésotériques pour moi, quand d’autres m’ont poussée à me poser des questions et/ou donné envie d’approfondir le sujet. Il se dégage également de ce roman, un petit côté développement personnel qui n’est pas pour me déplaire. Je vous rassure, rien de dogmatique, juste l’histoire d’une jeune fille qui, avec l’aide de sa mère, apprend à mieux se connaître, à développer et s’approprier ses propres capacités et dons.

La relation mère-fille est d’ailleurs l’une des pierres angulaires de ce roman. On ressent à la perfection la complicité qui unit Lily à ses parents, et plus particulièrement à sa mère, une femme très ouverte d’esprit et très calée sur la spiritualité et le potentiel psychique des individus. Sa mère sera un véritable guide pour Lily la rassurant et l’invitant avec tact et douceur à explorer ses propres capacités et à accueillir sans crainte, mais avec une certaine précaution, ses rêves qui semblent faire écho à des événements et à des personnes qui ont réellement existé.

Soutenue par sa mère, Lily va donc faire ses premiers pas dans ce monde qui lui était inconnu et dont elle partage les découvertes dans un carnet. Et c’est là le gros point fort du livre, son format atypique oscillant entre roman, journal intime et bullet journal. Loin d’être linéaire, le livre est ainsi agrémenté de dessins, de suggestions de musiques à écouter, d’indications sur l’humeur du jour, d’une recette de cookies, d’un DIY, d’un plan en couleurs du quartier de Lily, de bonus tels que les expressions favorites de la mère de Lily…

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Cette mise en page ludique et pleine de peps rend la lecture agréable et facilite l’immersion dans la vie de Lily. Comme dans un journal intime, la jeune fille se confie à nous, partage ses découvertes, ses doutes notamment sur la nature de ses rêves, ses craintes, sa passion pour la nourriture, mais aussi tous les petits moments qui font le quotidien d’une adolescente : les cours et les devoirs, les copines, les relations garçons-filles, les sorties entre amis, les disputes et les réconciliations… Les jeunes lecteurs devraient donc facilement s’identifier à Lily, et suivre avec intérêt, si ce n’est avec passion, son incursion dans le monde spirituel et parapsychologique.

Lily est une jeune fille attachante qui, en plus de conquérir le cœur des plus jeunes, devrait ravir celui des adultes. Émilie Colline a, en effet, réussi le parfait équilibre entre une héroïne réaliste, Lily restant une adolescente comme les autres, et une héroïne assez mature pour plaire à un lectorat plus âgé. De la même manière, j’ai apprécié la plume dynamique de l’autrice qui, tout en restant simple et accessible, se révèle riche et variée. On sent un véritable travail de recherche pour offrir précision et justesse quant au vocable employé.

Au-delà des différents thèmes abordés, qui sont plutôt originaux pour un roman jeunesse, l’autrice nous offre également une fabuleuse et captivante histoire dans l’histoire. Nous partons ainsi, grâce aux rêves de Lily, dans le passé, sur les traces de pirates ! Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré cet aspect du roman qui n’est d’ailleurs pas dénué d’un certain suspense… C’est que comme Lily et sa mère, vous serez pressés de connaître le fin mot de cette aventure des mers !

En conclusion, Émilie Colline nous offre ici un roman jeunesse atypique autant au niveau du fond que de la forme. D’une plume vive et dynamique, elle met à la portée des lecteurs, jeunes et moins jeunes, un monde riche empli de spiritualité, de capacités extrasensorielles et de toutes ces possibilités que l’être humain n’a pas encore fini d’explorer. En choisissant de narrer les aventures de Lily, une adolescente ordinaire aux capacités extraordinaires, sous forme de carnet/journal intime, l’autrice établit une véritable complicité entre son héroïne et les lecteurs qui n’ont alors plus qu’une envie, connaître la suite !

Découvrez le roman sur le site des éditions Caouanne.

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Miss Annie, Flore Balthazar – Frank Le Gall

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Curieuse et malicieuse, Miss Annie est prête à braver tous les interdits pour découvrir le vaste monde autour de la maison familiale. Elle nous raconte son quotidien de chat, en brocardant avec tendresse les travers de ses humains de maîtres.

Franck Le Gall et Flore Balthazar livrent là un album plein de fraîcheur et de drôlerie, nourrie à n’en pas douter d’une solide observation du chat de la maison !

Dupuis (18 juin 2010) – 80 pages – Album cartonné – 14,50€

AVIS

Un chat sur la couverture, il n’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet album d’autant qu’il convenait parfaitement au thème de février du Challenge Lire en thème : lire un livre avec un prénom dans le titre.

Découpé en six parties, cet album nous permet de faire la connaissance d’une chatonne de presque cinq mois, Miss Annie. Voir la vie de sa famille humaine à travers ses yeux est un pur régal, notre minette ayant une manière bien à elle d’interpréter les actions des deux pattes de son foyer.  Avec elle, par exemple, le métier d’écrivain perd quelque peu de son glamour…

Comme vous l’aurez compris, le livre est bourré d’humour et m’a souvent fait sourire. Il faut dire que Miss Annie, en plus d’être impertinente, n’est pas économe en bêtises. Quel plaisir de la voir partir en chasse de ce terrible ennemi qui trône dans un vase, préparer la séance de tricot de sa maîtresse en déroulant sa bobine de laine ou encore, favoriser l’inspiration de son maître en redécorant son bureau… Petite par la taille, Miss Annie, ne l’est pas par sa « présence » ! Si vous avez la chance et le bonheur d’avoir un chat, je suis certaine que certaines de ces facéties devraient vous rappeler quelques souvenirs que je n’aurai peut-être pas l’audace de qualifier de bons. Même ma fana attitude envers les poilus a ses limites.

Cet emploi du temps chargé n’empêche pas notre chipie de se lier d’amitié avec une souris à laquelle elle donne même un nom ! Une amitié étrange au regard de la relation de proie/ chasseur entre ces deux espèces, mais que voulez-vous, Miss Annie n’est pas comme les autres… Pour ma part, j’ai trouvé très attachante cette petite souris qui rêve de trouver l’âme sœur et de construire sa propre famille. Venant de l’extérieur et connaissant tous ses dangers, elle se révèle également une amie attentionnée puisqu’elle fait tout son possible pour dissuader son amie féline de sortir. Mais Miss Annie rêve de liberté et d’aventures et les mises en garde de son amie ne suffiront pas à la faire renoncer à son envie de mettre le museau dehors. Il en faut bien plus pour l’effrayer !

Elle sera heureusement prise en affection par Zénon, un vieux matou, et Mademoiselle Rostropovna, une chatte au port princier, qui lui apprendront, à son corps défendant, les règles de la rue. Commencera alors pour Miss Annie une nouvelle vie faite de doux moments de repos à la maison et d’aventures périlleuses à l’extérieur. De sorties nocturnes sur les toits en balades dans un jardin peu avenant en passant par la rencontre avec une bande de matous hostiles, Miss Annie profitera avec enthousiasme de sa liberté.

Ces sorties lui apporteront beaucoup de plaisir, notre minette adorant se dégourdir les pattes, découvrir ce monde du dehors qui regorge de nouveautés, et partager des moments avec ses deux amis. Mais Miss Annie sera aussi confrontée à la réalité de la rue : les dangereuses voitures, bien que Zénon rappelle que ces engins ne sont dangereux que lorsqu’ils abritent un humain derrière le volant, les chiens et leurs maîtres qui n’aiment pas forcément les chats, les bagarres de territoire parfois sanglantes… L’auteur n’épargne donc pas notre minette qui devra faire face à un drame, mais qui le surmontera avec tout l’aplomb dont savent faire preuve les chats.

Au-delà de l’amitié, il est aussi question d’amour dans ce livre, notre belle minette ne laissant pas les matous du quartier indifférents. Mais rassurez-vous, ces maîtres veilleront à ce qu’elle soit stérilisée, ce qui ne l’empêchera pas de trouver un matou avec lequel partager ses balades. Ayant fait partie d’une association venant en aide aux chats des rues, j’ai été particulièrement sensible à ce point, la stérilisation étant un enjeu majeur dans la protection animale.

Quant aux graphismes, j’aurais peut-être apprécié un peu plus de rondeur, mais ils n’en demeurent pas moins plaisants à découvrir d’autant qu’ils collent parfaitement à l’intrigue. J’ai également apprécié la sobriété de la palette de couleurs et le travail effectué sur le mouvement qui renforce le sentiment de suivre Miss Annie dans ses pérégrinations.

En conclusion, amitié, aventures, humour, action, rien ne manque à cet album que je conseille à tous les amoureux des chats. Ce fut un véritable plaisir de suivre Miss Annie dans sa tumultueuse et mouvementée vie au cours de laquelle elle vivra de belles et périlleuses aventures et rencontrera des personnages plus ou moins sympathiques.

Retrouvez l’album chez votre libraire ou en ligne

 

 

Sous les apparences, Sullian Loussouarn

Sous les apparences (Graines d'écrivains) par [Loussouarn, Sullian]

Je remercie Babelio et IS éditions de m’avoir fait parvenir, dans le cadre d’une Masse critique Babelio, Sous les apparences de Sullian Loussouarn.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jonathan, la quinzaine, fait sa rentrée à Ardenne, une petite ville dominée par quelques dynasties bourgeoises. Le garçon, du genre surdoué, le nez toujours plongé dans ses livres, n’a pas le caractère frivole des adolescents de son âge et a toujours été moqué et rejeté. C’est pourquoi ses parents aisés, vivant en Italie, lui ont accordé un éloignement et une indépendance relative puisqu’il est surveillé de près par Ella, une amie de sa mère.

Dès le premier jour, Jonathan est fasciné par la beauté de Selenna, une jeune fille aveugle de sa classe. Celle-ci est mise à l’écart par tout le lycée et même toute la ville, pour un événement datant de deux ans ayant entraîné sa cécité. Lui, va à sa rencontre, l’aide, la défend et tombe vite amoureux. La famille de Selenna est méfiante, puis cède devant la sincérité du garçon.

Au fil du trimestre, commence à se dévoiler la chape de secrets qui entoure Selenna et plombe la ville. Pire, quelqu’un cherche à la tuer. Que s’est-il donc passé deux ans auparavant ? Pourquoi toute la ville lui en veut-elle ?

Dans « Sous les apparences » du jeune et prometteur Sullian Loussouarn, plongez-vous dans une atmosphère mystérieuse et étouffante, savourez les révélations au compte-goutte distillées par l’auteur et découvrez des personnages aux personnalités sensibles et complexes.

 

IS Édition (30 novembre 2018) – 330 pages – Broché (20€) – Ebook (4.99€)

AVIS

Je dois avouer qu’en plus du résumé, c’est la très belle couverture et son jeu de miroir qui ont attiré mon attention. Malheureusement, ma lecture fut en demi-teinte : si j’ai apprécié la forme, le fond m’a laissé un sentiment bien plus mitigé… 

À la lecture du résumé, je m’étais attendue à une histoire rythmée par l’amour bien sûr, mais surtout par le suspense, le danger et la tension. Or ce ne fut point le cas, l’auteur étant tombé, du moins pour moi, dans le piège du tome d’introduction. C’est simple, il ne se passe rien ou presque !

J’ai espéré durant de nombreux chapitres que l’intrigue décolle, mais ce n’est jamais arrivé. Pendant plus de trois cents pages, on suit juste un adolescent, Jonathan, qui tombe amoureux d’une fille rejetée par ses camarades, la belle et aveugle Selenna. Le jeune homme se pose des questions autant sur la raison de la haine que la jeune femme suscite que sur ses propres sentiments à son égard. D’ailleurs, il lui faudra plus de 150 pages pour comprendre qu’il l’aime quand le lecteur le comprend dès la première rencontre ou presque…

Le récit est donc plutôt plat même si je reconnais qu’il se dégage un certain mystère autour du personnage de Selenna. On essaie donc, comme Jonathan, de cerner la personnalité de cette dernière et de démêler le vrai du faux. A-t-elle été, par le passé, aussi mauvaise que toute la ville semble le penser et qu’a-t-elle bien pu faire pour que tout le monde la haïsse autant ? Mais le suspense apporté par la jeune femme et son passé est bien trop dilué dans une avalanche d’informations peu intéressantes sur le quotidien de Jonathan et ses questionnements amoureux pour qu’il attise réellement la curiosité des lecteurs.

Selenna n’est pas un personnage assez consistant pour que l’on s’attache à elle malgré ses malheurs, mais elle a le mérite de permettre à l’auteur d’aborder des notions intéressantes comme la rédemption et la capacité de changer. Peut-on vraiment changer et surtout, ce changement peut-il suffire à faire oublier les erreurs et les méchancetés du passé ? Chacun aura, comme dans le roman, sa propre opinion sur le sujet… De la même manière, à travers l’agression de la jeune femme qui lui a coûté la vue, est évoqué un phénomène révoltant qui est malheureusement toujours d’actualité. J’aurais apprécié un peu plus de subtilité dans le traitement du sujet (je pense notamment à une phrase qui m’a paru très maladroite), mais l’auteur a le mérite d’avoir osé en parler.

Sullian Loussouarn a commencé l’écriture de son roman à l’âge de 13 ans et a été « inspiré du garçon qu’il aurait toujours voulu être, et des mystères et secrets issus de ses séries préférées ». Et cela se ressent dans le texte. L’histoire se déroule en France, mais on a clairement le sentiment d’être aux États-Unis, un peu comme si l’auteur n’avait pas réussi à choisir un lieu pour son intrigue. Ce décalage m’a parfois agacée, mais le plus gênant, c’est qu’on a l’impression que l’auteur, à travers Jonathan, nous narre ses propres fantasmes : élève studieux et d’une intelligence rare (on se demande d’ailleurs pourquoi il continue ses études), doué en langue, beau gosse, mature, ayant des parents richissimes qui le laissent habiter tout seul à l’autre bout du pays malgré ses quinze ans (oui, il a vaguement une chaperonne, mais ça paraît léger comme mesure de sauvegarde)…

Ce manque de réalisme m’a empêchée de m’attacher au personnage bien que, paradoxalement, je me sois parfois retrouvée en lui : élève sérieuse adorant les livres et ne recherchant pas particulièrement le contact avec les autres pas toujours très sympathiques avec les « intellos », adolescente peu intéressée par les sujets qui passionnaient les autres personnes de mon âge… J’ai, en outre, apprécié que l’auteur fasse transparaître dans ses dialogues la personnalité de Jonathan : il s’exprime parfois de manière soutenue, du moins bien moins familièrement que ses camarades, mais ça semble totalement naturel. D’ailleurs, certaines de ses formulations auraient pu être les miennes à son âge. Cet aspect permet de renforcer le décalage que ressent Jonathan par rapport à ses camarades. Pas d’attachement donc, car ce personnage était bien trop irréel pour moi, mais une vraie empathie et un plaisir certain à le voir, petit à petit, sortir de sa coquille et se faire quelques amis.

Vous aurez compris que je n’ai pas été très emballée par l’histoire même si j’en ai apprécié la fin et la manière dont l’intrigue est relancée dans les dernières pages. En revanche, il y a un point qui m’a complètement séduite et qui m’a poussée à terminer jusqu’au bout ma lecture : la plume de l’auteur ! Je n’aime pas parler de l’âge trouvant qu’on frôle rapidement la condescendance, mais force est de constater que je suis impressionnée par la beauté et l’élégance qui se dégagent du style de l’auteur qui est pourtant très jeune. C’est très bien écrit, les tournures de phrases sont fluides et agréables à lire, le vocabulaire riche et précis ! Je n’ai pas retrouvé cette lourdeur caractéristique des personnes qui tentent en vain de coller à un style qui n’est pas le leur. Au contraire, on sent ici que Sullian Loussouarn a su développer et affûter, au fil des années, ses talents d’écrivain pour nous offrir un style tout en finesse et plein de charme !

En conclusion, avec Sous les apparences, l’auteur prend le temps de poser le décor de son intrigue, peut-être d’ailleurs un peu trop puisque se dégage une impression désagréable de faire du surplace à mesure que les pages défilent. Ce manque d’action couplé à un héros bien trop parfait pour être réaliste ne permettent pas vraiment de s’impliquer dans le récit. Ce roman possède néanmoins un atout charme de taille, la plume de l’auteur d’une élégance et d’une fluidité qui rendent les événements, à défaut d’être passionnants, très agréables à parcourir. Si le fond est à mon sens bien trop plat pour offrir un réel intérêt, c’est, au niveau de la forme, un sans-faute.

Retrouvez le roman sur le site d’IS édition.

 

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

Je remercie les éditions Ex Æquo pour m’avoir permis de découvrir Le voyage d’un chat écrit par Christophe Bladé et illustré par JustineF.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Motus, un jeune chat né dans une vieille remise, quitte son abri tranquille et son ami le chêne pour vivre son rêve : voyager jusqu’à la lune pour en rapporter un peu de sa lumière!
Motus découvrira le courage au fil d’une aventure semée de risques et d’embûches.
Le voyage initiatique d’un chat… Celui de chaque enfant qui grandit… Un voyage au cœur d’une Nature avec ses beautés et ses dangers qui invite les enfants à suivre ce petit personnage qui leur ressemble un peu.
Les belles illustrations de JustineF répondent au texte de Christophe Bladé, et contribuent à créer l’ambiance poétique du livre.

Éditions Ex Æquo (23 janvier 2019) – Collection Saute-mouton
64 pages – Poche (8€) – Ebook disponible

AVIS

Je ressors de cette lecture des étoiles plein les yeux, émue autant par le fond que la forme ! Enchanteresse et délicate, la plume de Christophe Bladé vous transporte dans un magnifique univers empreint de tendresse et de poésie, chaque mot semblant avoir été choisi avec soin. Le vocable se pare ainsi de ses plus beaux atours, un peu comme si l’auteur s’évertuait à prendre chaque lecteur par la main pour lui faire vivre un très beau voyage dont il ne pourra que sortir attendri et émerveillé.

Et de voyage, il en sera question ici puisque l’on suit un petit chat dans une jolie aventure. Motus, nommé ainsi par son ami le Chêne, rêve de liberté, de voyage et de lune. Bien décidé à atteindre cet astre et à capturer un peu de sa lumière pour illuminer le regard d’une petite fille, il part courageusement en vadrouille. Mais il va très vite se rendre compte qu’en dehors de sa maison et de son arbre-refuge, le monde n’est pas si sûr que cela et que le danger peut s’abattre sur lui aux moments les plus inattendus. Il pourra heureusement compter sur de nouvelles amitiés pour l’aider à affronter les difficiles épreuves qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin.

Gentil, rêveur et téméraire, Motus est un chat pour lequel on se prend d’affection dès les premières pages surtout quand, comme moi, vous adorez ces petites boules de poils. On le suit donc avec plaisir dans ses péripéties, mais également avec un petit pincement au cœur de peur que quelque chose de grave lui arrive. Il faut dire que bien que nous soyons dans un livre jeunesse, l’auteur ne tombe pas dans la niaiserie et offre à ses jeunes lecteurs, comme aux plus âgés, des aventures palpitantes qui devraient leur faire vivre quelques petites frayeurs. On s’émerveille donc, mais on frémit également devant les difficultés plus ou moins importantes que Motus va devoir affronter. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que c’est très émouvant de voir cette petite boule de poils faire face avec courage aux situations qu’elle traverse. Rien ne saurait lui faire renoncer à son très joli rêve ! Motus offre un joli message d’espoir à toutes les personnes qui elles aussi rêvent d’accomplir l’impossible…

J’ai beaucoup aimé la plume poétique de l’auteur tout comme sa manière de s’amuser avec la langue française. Les chats deviennent ainsi des « Poileux », les canards des « Plumeux », les hommes et leurs fusils des « Remuants » qui ont des « Bâtons-de-feu »… Un vocabulaire teinté d’humour et assez imagé pour être compris de tous,  ce qui ne manquera pas de faire sourire, de marquer les esprits et de créer une certaine connivence entre les lecteurs et l’auteur/Motus.

Christophe Bladé nous offre ici une histoire menée tambour battant qui, en plus de divertir les lecteurs de 7 à 99 ans, les fera voyager et vivre mille émotions. À travers les péripéties captivantes de Motus, il évoque aussi des sujets importants et universels comme l’amitié, l’entraide et la nature. Au fil des pages, on découvre ainsi des animaux qui sauront faire preuve d’une humanité qui fait défaut à certains hommes, et on parcourt un écosystème qui devrait ravir les enfants et, avec un peu de chance, devrait les inciter à explorer leur propre petit coin de nature. Mais au-delà de ces aspects, Le voyage d’un chat, c’est avant tout une ode à l’espoir et aux rêves, aux rêves un peu fous qui poussent à se dépasser et qui font grandir… Car derrière le voyage de Motus, il y a aussi la quête d’un jeune héros qui, de péripétie en péripétie, grandit, évolue et trouve enfin le vrai sens du bonheur.

La beauté de cette quête de soi et de cette recherche de bonheur est soulignée par les illustrations en grand format de JustineF. La rondeur des traits et le côté enfantin des dessins collent à merveille au récit et permettent de s’y plonger totalement. Une immersion qui, sans aucun doute, facilitera la lecture des plus jeunes. Quant à la dernière page, elle se teinte de couleurs comme si l’illustratrice soulignait que rêve atteint ou non, le plus important c’est qu’à l’issue de son aventure, Motus ait découvert sa propre lumière.

Le voyage d'un chat, Christophe Bladé et JustineF

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

En conclusion, Le voyage d’un chat a été un coup de cœur ! Touché par l’histoire de ce petit chat qui rêve de décrocher la lune ou, du moins, d’en capturer un peu de lumière, mon cœur s’est mis au diapason du sien. Entre sourires, petites frayeurs et émotions, Christophe Bladé a su me faire vivre pleinement le voyage/rêve de Motus et me transporter dans son univers poétique sublimé par les illustrations de JustineF.

Feuilletez/découvrez le roman sur le site des Éditions Ex Æquo.

Si j’avais su, Allison Forichon

Je remercie l’autrice de m’avoir invitée à découvrir son roman Si j’avais su.

RÉSUMÉ

La vie d’Elena Nohcirof bascule le jour où elle reçoit une lettre de sa tante Jessica. Alors qu’elle accepte de prendre l’avion pour la rejoindre, il s’écrase au milieu du désert de Goldhope. Seule survivante, elle y rencontrera Jackson, Mickael, Shane et Spencer avec qui elle va vivre une aventure irréelle, d’exception et des plus surprenantes !

Auto-édition – 5 novembre 2018 – 233 pages – Broché (9.26€) – Lien d’achat

AVIS

Le résumé était prometteur, mais je n’ai pas été complètement séduite par cette lecture qui m’a donné l’impression de survoler une succession d’événements plutôt que de découvrir un récit prenant et immersif. La faute à une aventure menée bien trop vite pour susciter, du moins chez moi, cette immersion indispensable pour vivre un livre de l’intérieur. Le point positif de cet enchevêtrement non-stop d’actions et de péripéties, c’est que cela devrait plaire aux lecteurs aimant les aventures menées tambour battant.

Si en début d’histoire, on prend le temps de découvrir Elena qui vit isolée depuis la mort de son grand-père adoré, on entre très vite dans le feu de l’action. Il y a d’abord cette lettre d’une tante qui n’a pas donné signe de vie depuis la mort des parents de la jeune fille quand elle était enfant sans qu’elle sache vraiment pourquoi. Un mystère qu’Elena est bien décidée à résoudre en rejoignant sa tante par avion, un moyen de transport que pourtant elle redoute. Mais le voyage tournera au cauchemar quand son avion s’écrasera en plein désert de Goldhope marquant ainsi le début d’une périlleuse et incroyable aventure. Au cours de celle-ci, Elena apprendra à se (re)découvrir, fera de nouvelles rencontres et se rendra compte que l’espoir est une valeur à ne jamais oublier même dans l’adversité.

Le principal atout de ce roman est la dose de mystère qu’il recèle. L’autrice soulève, tout au long de son ouvrage, un certain nombre d’interrogations qui ne manqueront pas de vous tenir en haleine et de vous donner envie de découvrir tous les tenants et aboutissants de cette histoire.  Pourquoi le silence de cette tante quand sa nièce aurait eu tellement besoin d’elle pour faire face à la mort de ses parents ? Qui sont vraiment Jackson, Mickael, Shane et Spencer, ce groupe d’amis qui va la prendre sous son aile ? Qui se cache derrière l’antagoniste de l’histoire que la jeune fille devra affronter avec l’aide des quatre garçons et grâce à l’enseignement d’Elbas ? D’ailleurs, que penser de ce mystérieux être dont l’esprit paraît quelque peu insondable ? Comment sortir de ce désert, enfer à ciel ouvert ?

Mais toutes ces interrogations ne compensent pas une histoire qui aurait mérité d’être plus développée. Tout semble arriver trop vite, trop soudainement... Les problèmes et les dangers sont, à mon goût, surmontés bien trop vite pour qu’on ait le temps de ressentir la moindre peur, et ceci malgré quelques moments dramatiques. Le manque d’approfondissement se ressent également dans les personnages dont la psychologique n’est pas assez travaillée pour que l’on puisse développer, au fil des pages, de l’attachement ou de l’intérêt pour ce qu’ils traversent. Seul un petit garçon, qui n’intervient pourtant pas beaucoup, m’a touchée par sa gentillesse, sa simplicité et son innocence. Je comprends toutefois la raison qui a poussé l’autrice à offrir une intrigue rythmée qui fait l’impasse sur le superflu. Bien que cela n’ait pas fonctionné avec moi, car j’aime les univers riches et détaillés, ce choix narratif reste cohérent avec le twist final.

En ce qui concerne le style d’écriture, mon avis sera également mitigé. On sent un véritable amour des mots et une volonté de bien faire avec un vocable recherché et des expressions imagées. On tombe cependant bien souvent dans le « trop » avec l’utilisation abusive de qualificatifs et la présence d’un certain nombre de mots utilisés à mauvais escient. Malgré le lyrisme qui se dégage parfois du texte, certaines formulations m’ont donc paru maladroites.

Malgré ces différents points qui ne m’ont pas permis d’apprécier pleinement ma lecture, je reconnais que l’autrice a su développer des idées originales, que ce soit au niveau du lieu de l’action ou de la forme que prennent les dangers. J’ai aimé me plonger dans ce désert, une sorte de prison de sable étouffante et angoissante, dans lequel évoluent des créatures effrayantes dont un monstre qui fera de la vie d’Elena et de ses amis un enfer.  À chaque moment, le danger peut s’abattre sur le groupe qui n’aura de cesse de se battre pour sa survie. Y arrivera-t-il ? Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que l’autrice n’hésite pas à malmener ses protagonistes mentalement et physiquement. Heureusement pour eux que les moments d’angoisse et de doute seront entrecoupés de scènes plus douces et de moments d’amitié…

Quant à la fin, je ne peux pas vous en parler sans vous gâcher le plaisir de la surprise, mais attendez-vous à un retournement de situation très bien trouvé. J’avais envisagé un moment cette possibilité, mais je l’avais très vite mise de côté. Chapeau donc à l’autrice d’avoir réussi à me surprendre…

En conclusion, Si j’avais su est un petit roman qui regorge de bonnes idées et qui n’est pas dénué d’une certaine originalité. Toutefois, les maladresses stylistiques et le manque de profondeur du livre et de ses protagonistes peineront à convaincre les lecteurs les plus exigeants. Si pour ma part, ce n’est pas un roman qui m’a transportée, je pense qu’il pourrait plaire aux jeunes lecteurs et à ceux en quête d’une aventure menée tambour battant.

Deux avis plus enthousiastes sur la toile : Les chroniques de Lee HamSatine’s books

 

 

 

Proxima du Centaure, Claire Castillon

Couverture Proxima du centaure

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Je l’appelle Apothéose parce qu’il n’y a aucun prénom logique à lui mettre sur le visage. Je la klaxonnerai avec ma tête jusqu’à ce qu’elle se retourne. Un jour, elle me dira son vrai prénom, à l’oreille, elle le prononcera avec le souffle. Son souffle réveillerait un mort. En attendant, de là où je me trouve, je kiffe à fond dès que je pense à elle. »

Tous les matins, Wilco regarde Apothéose passer sous sa fenêtre. Jusqu’à ce qu’un jour, il se penche tellement qu’il tombe.

Éditions Flammarion (7 février 2018) – 223 pages – Broché (13€) – Ebook (9.99€)

AVIS

Attirée par sa couverture, j’ai eu envie de découvrir Proxima du centaure dont le résumé reste finalement assez évasif. C’est donc sans trop savoir à quoi m’attendre que je me suis plongée dans cette histoire qui m’a autant émue et touchée que déstabilisée, le récit étant, somme toute, plutôt atypique.

Nous faisons la connaissance de Wilco, un adolescent qui a une passion dans la vie, Apothéose, une jeune fille qu’il a nommée ainsi et qu’il aime beaucoup suivre du regard quand elle passe sous la fenêtre de sa chambre. Et puis un jour, c’est le drame, le jeune homme tombe des cinq étages qui le séparent du sol. La chute est rapide, brutale et irrémédiable.

Les lecteurs passent ainsi sans transition, ou presque, de sa chambre d’adolescent à sa chambre d’hôpital où les jours, les semaines puis les mois s’écouleront. Wilco est heureusement entouré de sa famille, à commencer par ses deux parents dont il prend, petit à petit, la mesure des liens profonds qui les unissent. Il y a aussi sa sœur Andréa qui a fait vœu de chasteté jusqu’au retour de son petit frère dans l’appartement familial. Seul le meilleur ami du jeune homme brille par son absence, mais ce n’est pas grave, il a une mission à remplir : amener à son chevet Apothéose, l’amour de sa vie.

Alors que le sujet est grave, l’autrice nous offre une très belle histoire emplie d’amour qu’il soit familial ou amical. On ne peut ainsi qu’être touché par cette famille qui essaie d’avancer et qui croit jusqu’au bout au rétablissement de Wilco. Les parents paraîtront parfois à côté de la plaque minimisant l’état de santé de leur fils ou se concentrant sur des détails sans importance, mais on comprend très vite que c’est simplement le moyen pour eux de continuer à avancer sans s’effondrer…

Dans ce huis clos qui se déroule dans une chambre d’hôpital, le lecteur assiste au déroulement de l’hospitalisation de Wilco qui ne peut plus parler ni bouger, mais qui est conscient de ce qu’il se passe autour de lui. Son corps en miettes ne l’empêche donc pas d’avoir l’esprit alerte et affûté. Le jeune homme ne manque également pas d’humour, ce qui lui permet de prendre un certain recul sur son accident et sa vie.

Cette prise de distance dans la narration m’a toutefois empêchée de m’attacher tout de suite à lui, mais au fil du récit et des souvenirs que Wilco partage avec nous, j’ai fini par le voir comme un ami ou un lointain cousin. On finit donc par avoir de la tendresse pour cet adolescent à l’humour parfois cocasse, et on ne peut s’empêcher de rêver à ses côtés. Il faut dire que si son corps est cassé en mille morceaux et immobile dans une chambre d’hôpital, son esprit, quant à lui, vagabonde librement hors des murs de sa chambre. Entre rêves, fantasmes et réalité, l’adolescent nous plonge ainsi sans retenue dans son esprit, un esprit de battant et de rêveur qui lui permet de faire face à la situation avec un certain aplomb !

J’ai tout de suite été séduite par la plume très originale de l’autrice, mais je pense qu’elle ne plaira pas tout le monde. Simple, mais parfois semblant appartenir à un autre monde, elle correspond assez bien à Wilco, un garçon cloué dans son lit d’hôpital, mais dont l’esprit s’évade à la moindre occasion. Vous pourrez donc avoir cette impression d’une plume concrète, ancrée dans le présent,  qui s’envole parfois vers d’autres horizons. Cela peut paraître déstabilisant, mais une fois la surprise passée, j’ai apprécié le style à la fois froid et poétique de Claire Castillon.

En conclusion, pas de pathos, mais de l’émotion, voilà ce que nous offre l’autrice avec Proxima du Centaure. L’histoire aurait pu être triste, elle se révèle belle, parfois absurde, parfois difficile, mais jamais larmoyante. À travers l’histoire d’un jeune homme dont la vie va prendre une tournure inattendue, l’autrice aborde des thèmes comme l’amitié, les premiers émois amoureux, la famille, la séparation, la culpabilité, et l’amour inconditionnel qui permet à une famille d’être unie même dans la douleur…

Retrouvez Proxima du Centaure chez votre libraire ou en ligne ?

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Anima, tome 1 : Les enfants, Mary Sara (Prix des auteurs inconnus 2018)

Couverture Anima, tome 1 : Les enfants

J’ai lu Anima : Les enfants de Mary Sara dans le cadre du Prix des auteurs inconnus 2018, le roman concourant dans la catégorie Young Adult.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Au pays de Ryatil vit Evahny, une jeune fille dont la curiosité ne connaît aucune limite. Elle ne cesse de questionner sa mère Sorhia, reine de cette contrée, sur le monde qui l’entoure mais plus encore sur la fameuse Quête de la Moitié. De jour en jour, la petite fille ressent un vide qu’elle ne peut décrire et comprend bien que sa vie risque d’être chamboulée… Elle et son frère Sajyel découvrent en réalité qu’ils font partie de l’ultime Quête de l’Anima. Une tradition qui trouve ses origines au sein du peuple des Thuatyls et qui lie chaque existence à un Anima, la moitié d’une âme, son souffle, son essence même. De son côté, la reine s’interroge sur l’imminence de la Quête, étonnamment précoce pour ses enfants. Avec l’aide de son mage de bataille Thanius, elle doit les préparer aux dangers de la Quête… Accompagnés de Lekhal, un Élu déchu, Evahny et Sajyel devront accomplir leur destin et rétablir l’équilibre d’un monde sous le joug d’une malédiction vieille de vingt ans…

Librinova (18 mai 2018) – 250 pages – Ebook (2.99€) – Broché (17.90€)
Emprunt abonnement kindle disponible 

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AVIS

Mary Sara nous offre ici un très beau roman à l’univers riche et complexe que l’on imagine sans peine se dessiner sous nos yeux. Les descriptions sont lumineuses, le vocable précis et imagé, les phrases soignées… Il se dégage indéniablement une certaine poésie, voire un certain onirisme, de cette ambiance enchanteresse dans laquelle nous plonge l’autrice ! Ce sentiment de vivre un rêve éveillé est exacerbé par la découverte de la Quête de l’Anima, une quête que des Élus doivent entreprendre afin de trouver leur moitié qui peut être aussi bien un animal ordinaire qu’un animal légendaire comme un dragon.

Cette tradition ancestrale, qui n’est pas sans danger, effraie Sorhia, reine de Ryatil, qui aurait aimé épargner à sa fille Evahny, et à son fils adoptif Sajyel, cette épreuve qu’elle a déjà elle-même traversée. Mais face à l’inéluctable, cette mère aimante qui aura tout fait pour protéger ses enfants appelés bien trop tôt à trouver leur moitié, sera contrainte, avec l’aide d’autres personnages, de les préparer à affronter leur destin. Si la situation pousse la reine dans ses retranchements, parfois à la limite de la folie, elle aura le mérite de renforcer la complicité entre Evahny et Sajyel.

Ces deux enfants m’ont touchée, leur relation fraternelle étant très belle, mais c’est bien la personnalité extravertie d’Evahny qui m’a le plus marquée. La jeune fille possède tous les atouts que j’aime retrouver chez une héroïne de fantasy : de la curiosité, une grande soif d’apprendre, de l’intelligence, un caractère affirmé qui n’exclut pas une certaine capacité de raisonnement… Amusante, elle se distingue donc de son frère, plus posé et plus réfléchi bien qu’au fil des pages, on se rendra compte que les apparences sont parfois trompeuses.

Ce premier tome étant un tome introductif, l’autrice prend le temps de nous dévoiler les nombreux protagonistes que l’on découvre au fur et à mesure de l’intrigue, et les liens qui les unissent. On a donc parfois le sentiment de suivre des histoires en parallèle avant que le puzzle se reconstitue progressivement nous permettant de constater que chaque personnage a parfaitement sa place dans le récit. Ce roman à plusieurs voix offre une galerie de personnages variée et complexe que l’on prend plaisir à découvrir. Certains individus se montrent touchants par leur passé, leurs blessures et leurs attentes, d’autres inquiètent franchement par la noirceur qui semble les pervertir, quand d’autres, plus ambivalents, provoquent des réactions à mi-chemin entre la tendresse et l’agacement.

Chose rare pour un livre de fantasy et/ou de young adult, les adultes/parents se comportent en tant que tel et ont un vrai rôle à jouer ! Comme dans la vraie vie, ils ne sont pas parfaits et commettent des erreurs, mais j’ai apprécié de ne pas me retrouver avec une énième histoire où de jeunes enfants sont livrés à eux-mêmes. Cela confère un certain réalisme au roman.

Anima est donc un roman qui a su me séduire par la qualité de la plume de l’autrice, ses personnages complexes et profondément humains, par la mythologie autour de la Quête de l’Anima et de ses enjeux, mais aussi par l’aura de mystère qui plane sur l’histoire. On s’interroge notamment sur cette mystérieuse malédiction qui conduit des individus à ne plus se souvenir de leur enfance, ou encore sur la disparition des enfants sans que personne ne sache ou ne fasse rien… D’autres interrogations ne manqueront pas de vous assaillir durant votre lecture, cette nouvelle Quête de l’Anima, spéciale à bien des égards, semblant encore receler bien des mystères.

Ce suspense devrait, comme ce fut le cas pour moi, vous donner envie de tourner les pages les unes après les autres. Bien qu’il n’y ait pas d’action à proprement parler, je me suis donc surprise à lire chapitre après chapitre avec un intérêt croissant. Toutefois, il y a un point qui m’a gênée, ce sont les relations amoureuses entre les adultes ou plutôt leur passé amoureux et les conséquences sur le présent. Au-delà du côté révélation qui a son intérêt pour maintenir éveillée l’attention du lecteur, j’ai parfois eu l’impression qu’on tombait dans le mélodramatique. Je reconnais néanmoins que cela donne l’occasion à l’autrice de mettre en scène des femmes à la personnalité éclatante qui ne se laissent pas faire, et qui sont prêtes à tout pour protéger les leurs.

En conclusion, Anima est un roman qui nous plonge dans un univers passionnant et poétique empreint de magie, de mystère, et façonné autour d’une mythologie fascinante. À travers l’histoire d’enfants Élus et d’anciens Élus devenus adultes, Mary Sara déploie sous nos yeux une intrigue complexe dont on prend plaisir à dénouer les fils. De révélations en découvertes sur ce monde plein de promesses et de dangers, vous ne devriez pas voir le temps passer. Voici donc un roman de fantasy qui, bien que classé en young adult, devrait séduire un large public.

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