La proie du dragon – Tome 1 : Altérés, Florence Cochet

Couv La proie du dragon

Je remercie Orson Wilmer et Florence Cochet pour m’avoir permis de découvrir La proie du dragon.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

L’humanité a failli être décimée lors d’une apocalypse déclenchée par des intelligences artificielles. Trois siècles plus tard, le fléau a été maîtrisé par le gouvernement grâce à un contrôle strict des technologies. C’est dans ce monde que la jeune Lutessa vit paisiblement avec son père qu’elle adore. Jusqu’au jour où il sabote son concours d’entrée à l’Institut des Technologies, brisant son rêve de devenir ingénieure. De quoi veut-il la protéger en l’empêchant de partir étudier à la capitale ? Le pire survient quelques jours après lorsque Lutessa est infectée par de dangereux nanorobots. Emmenée de force dans les laboratoires du gouvernement, Lutessa découvre que les apparences sont souvent trompeuses. Les autorités veulent-elles protéger les citoyens ou, au contraire, les asservir ? Lutessa se retrouve au cœur d’enjeux qui vont la mettre sur les traces de ses origines et de sa mission…

Éditions Dreamland (14 mars 2018) – 320 pages – 16,50€ (broché) – ebook disponible

EXTRAIT AUDIO

Chose originale, l’autrice vous propose des extraits audio de son livre sur Youtube.

AVIS

N’étant pas très fan de science-fiction et les ambiances post-apocalyptiques me plaisant à petites doses, je n’étais pas forcément la cible type de ce roman. Et pourtant, le résumé et l’extrait feuilleté m’ont donné d’emblée envie d’en apprendre plus.

C’est peut-être d’ailleurs là le secret de Florence Cochet pour happer votre attention : arriver à vous immerger dès les premières pages dans son imaginaire et cet univers dans lequel la technologie, source de peur, est strictement encadrée. Il faut dire que l’humanité qui s’est relevée d’une apocalypse orchestrée par des intelligences artificielles a retenu les leçons du passé, du moins, en apparence… Par mesure de sécurité et afin de prévenir tout parasitisme par des nanorobots, la population est donc soumise régulièrement à des impulsions électromagnétiques supposées les détruire. Et pour les personnes qui, malgré ces précautions, seraient infectées, le Centre tente de les soigner. Une présence rassurante qui veille sur la sécurité des habitants…

C’est en tout cas ce que pensait Lutessa, une jeune fille menant une existence banale si on fait abstraction des médicaments qu’elle doit ingurgiter ou de cet épisode étrange durant lequel elle fait montre d’une expertise étonnante pour réparer une boîte à musique. Très proche de son père avec lequel elle vit seule depuis la mort de sa mère, elle n’aspire qu’à une chose, intégrer avec son meilleur ami l’Institut des Technologies. Un rêve que son père brisera sans qu’elle n’en comprenne tout de suite les raisons. Mais cette épreuve n’est rien par rapport à celle qui l’attend quand les autorités découvriront qu’elle est infectée par ces nanorobots tant redoutés… 

Embarquée de force avec d’autres « contaminés » à destination des laboratoires du gouvernement, Lutessa sera secourue par des personnes qui feront voler en éclats ses certitudes sur son monde, mais aussi sur ce qu’elle est, sa nature profonde... Loin d’apporter tout de suite les réponses aux questions que l’on se pose, l’autrice prend soin de faire durer le suspense, levant progressivement le voile sur les mystères qui entourent la jeune fille. Un procédé redoutable qui nous tient en haleine et nous donne très envie de découvrir les raisons qui font d’elle une personne aussi spéciale, une personne que tout le monde semble convoiter, « gentils » comme « méchants ». Je mets des guillemets, car vous verrez que dans ce monde, rien n’est tout noir ni tout blanc…

Lutessa est une jeune femme qui a dû abandonner ses ambitions devant les circonstances, mais qui ne se laisse pas abattre. Elle a du caractère, prend parfois des décisions irréfléchies, mais qu’elle pense justes ou nécessaires. Pas parfaite ni tête à claques, c’est une personne dont on arrive sans peine à comprendre les réactions et ressentir les émotions. L’autrice nous offre ainsi une héroïne réaliste à laquelle il est aisé de s’identifier. On a donc envie de la suivre et de la voir évoluer face aux épreuves qu’elle va devoir affronter. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est gâtée à ce niveau. Entre les dangers, les trahisons, les découvertes sur elle et sur son monde, elle n’aura de cesse de naviguer en eaux troubles.

Pour l’aider dans sa nouvelle vie, elle pourra heureusement compter sur l’aide, parfois la bienveillance, de ses « sauveurs », des rebelles qui s’opposent aux règles en vigueur. Ils prônent une cohabitation avec les intelligences artificielles, loin de la défiance des autorités, mais aussi loin de l’envie de certaines personnes de se soumettre entièrement à cette forme d’intelligence. Une troisième voie que Lutessa découvre de l’intérieur… Parmi ses sauveurs, certains se révèlent plus attachants que d’autres à l’instar de Daryl qui porte en lui des blessures que l’on a envie de panser. Et puis il y a Dragon, un personnage charismatique et puissant qui aidera Lutessa à utiliser ses capacités et à s’adapter à sa nouvelle vie. J’avouerai avoir eu des sueurs froides en anticipant une banale romance, mais je vous rassure, aucun violon à l’horizon, pas de coup de foudre instantané et réciproque, pas de mâle protecteur et machiste… Les échanges entre les deux protagonistes laissent anticiper une certaine évolution dans leur relation, mais je fais confiance à l’autrice pour ne pas tomber dans la banalité et les stéréotypes.

Au-delà de l’univers captivant qui prend vie sous nos yeux, Florence Cochet, sous couvert d’une œuvre fictive, aborde des thèmes qui sont, quant à eux, bien réels : la santé et le vieillissement de la population, l’écologie, l’inconscience collective et la destruction de la planète par l’homme, le consumérisme, la surpopulation, le développement de la technologie à outrance et sans garde-fous… Au fil de notre lecture, on ne peut que s’interroger sur notre propre monde et ses multiples dérives. Une réflexion qui nous conduit à comprendre, mais non légitimer, le raisonnement ayant poussé les intelligences artificielles à vouloir réguler la plus grande menace pour le bien-être de tous, l’homme.

Comme vous avez pu le constater, le roman possède un certain nombre d’atouts qui en ont rendu sa lecture prenante et immersive. Mais le charme du roman réside principalement, du moins pour moi, dans le style de l’autrice auquel j’ai adhéré dès les premières lignes. L’écriture est fluide, rythmée, imagée et parfaitement maîtrisée. Florence Cochet est professeure de français, et ça se ressent. Aucune redondance, aucune approximation, et une plume qui colle au récit : les phases d’action sont rythmées et immersives, les explications concises et claires, les émotions exprimées sans pathos, mais avec justesse, les interactions entre les personnages vivantes et réalistes, les dialogues naturels…

En conclusion, Altérés est un roman qui m’a très agréablement surprise. Je m’attendais à un univers post-apocalyptique classique quand j’y ai découvert un univers original dans lequel aucune place n’est laissée à l’improvisation. Porté par une très belle plume et des personnages bien construits, ce premier tome laisse présager une suite tout aussi riche en actions, révélations et tension. Cerise sur le gâteau, l’autrice a veillé à rendre son livre accessible même aux lecteurs ne lisant que peu, voire jamais, de romans de SF ou post-apocalyptiques. Si vous voulez vous lancer, ce livre est fait pour vous. Et si au contraire, vous êtes un aficionado du genre, vous devriez être conquis par l’originalité du récit.

Et vous, envie d’en apprendre plus sur ce roman ?
Feuilletez-en un extrait sur le site de l’autrice et/ou retrouvez-le sur Amazon.

Publicités