Mini-chroniques en pagaille #28

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Pour cet article mini-chroniques en pagaille, j’ai décidé de vous parler de quatre nouvelles qui, bien que très différentes, m’ont toutes plu.

  • Diplomatie alien, Vincent Ferrique :

Galaxie, Étoiles, Infinity, Cosmos

Un héros se meurt, mais heureusement son fils, Junior, est là pour reprendre la relève et défendre l’humanité du danger extraterrestre qui se dessine. C’est, du moins, ce qu’espérait le paternel parce que dans les faits, notre apprenti héros se pose bien plus en objecteur de conscience et en pacifiste assumé qu’en fier soldat prêt à guerroyer à bord du vaisseau de son père, l’archéon.

Mais cette rébellion, ne risque-t-elle pas d’avoir des répercussions ? En l’envoyant exterminer tout un peuple, le Sénat reproduisait-il seulement la tendance bien humaine à tuer et à s’approprier les ressources d’autrui ou faisait-il preuve d’un sain esprit de conservation ? Pour la savoir, il vous faudra découvrir cette nouvelle qui n’est pas dénuée de rythme ni même d’humour, certains jurons valant leur pesant d’or.

Pour ma part, j’ai apprécié le voyage et la chute qui nous prouve qu’il vaut mieux parfois apprendre à choisir ses combats et à réfléchir avant d’agir. Quant à notre apprenti héros qui ne semble en faire qu’à sa tête, on en vient à se dire qu’il n’était peut-être pas le meilleur choix pour préserver l’humanité. Comme quoi, l’héroïsme, ce n’est pas une affaire de famille !

  • Juste un visage, Rose P.Katell :

Film, Cinéma, Bobine, Rétro

Dans cette nouvelle, on suit un acteur, Eder, en pleine désillusion sur son métier à une époque où « jouer » consiste seulement à prêter ses traits et son corps à des techniciens, qui les capturent avant de les faire travailler pour vous.

Une omniprésence de la technologie qui marque la mort du métier d’acteur tel que des générations l’ont connu, plus personne, ou presque, ne semblant désirer voir de vrais acteurs sur scène ou à l’écran.

Malgré son succès et les encouragements de son manager et ami, Eder ne se sent donc pas à sa place, lui qui rêve d’être enfin jugé sur son talent et non plus sur son physique, son plus gros atout et sa plus grande malédiction… Alors que tout semble perdu, une opportunité inattendue s’offre à lui !

Empreinte de mystère et de questionnements sur la beauté et le physique dans une société qui les portent aux nues, cette nouvelle m’a plu par sa portée et la profondeur d’un personnage que l’on condamne à une superficialité qu’il abhorre. Quant à la fin, elle marque par la manière radicale dont Eder décide de redevenir acteur de sa vie…

Retrouvez les deux nouvelles dans le webzine L’Indé Panda n°8, disponible gratuitement sur Amazon et Kobo 

  • Le Kroc, Anthony Lamacchia

Dernier pensionnaire d’un orphelinat, Alan est bien décidé à quitter cet endroit terrifiant, parce que si personne ne vient l’adopter, l’autre alternative n’est guère réjouissante… Toutefois, un problème se pose : s’enfuir le jour est impossible en raison du personnel médical, et s’enfuir la nuit par la forêt est impossible, sauf à vouloir affronter un danger mortel.

Mais Alan n’a pas dit son dernier mot et avec son fidèle ami imaginaire, une peluche répondant au nom de Charlie, il fomente un plan qui va malheureusement le conduire tout droit dans la gueule du loup, ou ici, du Kroc. Créature terrifiante qui hante la nuit les couloirs de l’orphelinat, le Kroc pourrait symboliser les peurs infantiles, et notamment celle bien connue du noir, sauf qu’il semble bien réel…

Durant cette courte et intense nouvelle, nous suivons la lutte pour la survie d’un enfant qui, armé seulement de son courage et de l’aide de son ami imaginaire, va devoir affronter de terribles dangers, dont l’un qui nous prouve que la monstruosité peut prendre bien des apparences. Pour ma part, j’ai aimé me plonger dans cette ambiance horrifique qui gagne en intensité à mesure que l’on s’approche d’un dénouement, certes pas fondamentalement original, mais diablement efficace.

Quant au style de l’auteur, j’en ai apprécié la fluidité et le côté très immersif. On saluera également la manière dont est gérée la montée en puissance de la tension, de l’angoisse et du suspense, qui donne presque envie de se cacher sous sa couette afin de ne pas être saisi par le Kroc. 

  • Passage, Sam Kolchak

Lyon, France, Ruelle, Tour

Si la société actuelle est déjà frappée de jeunisme, en 2050, le concept prend une tout autre dimension puisque les gens, à partir d’un certain âge, sont tout bonnement éradiqués ! Une solution radicale à laquelle un septuagénaire est bien décidé à échapper. Pour ce faire, il compte sur l’aide d’une personne mystérieuse, à supposer qu’elle existe réellement et qu’elle n’appartienne pas au domaine des légendes urbaines !

L’auteur nous plonge en plein Lyon et le monde secret des traboules qui, comme elles l’ont déjà fait par le passé, offrent un sauf-conduit aux personnes traquées injustement pour des raisons complètement absurdes. Ici, il n’est donc point question de tourisme, mais d’une lutte acharnée pour la survie d’un homme qui va jouer le tout pour le tout afin de continuer à exister.

Si j’ai apprécié le titre qui semble loin d’avoir été choisi au hasard, j’ai surtout pris plaisir à me laisser happer par cette nouvelle menée tambour battant. Notre fuyard va ainsi vivre, en un temps très court, moult péripéties dans ce qui sera, pour lui, l’aventure de la dernière chance. Rythmée et non dénuée de tension, cette nouvelle devrait vous tenir en haleine et vous surprendre par sa chute que j’ai trouvée plutôt bien amenée.

Retrouvez les deux nouvelles dans le webzine L’Indé Panda n°10, disponible gratuitement sur Amazon et Kobo 

Et vous, certaines de ces nouvelles vous tentent-elles ?

L’Indé Panda #2 : nouvelles 1 à 6

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L’Indé Panda : un webzine gratuit de qualité

L’Indé Panda est un magazine numérique entièrement gratuit qui vous propose onze nouvelles de onze auteurs. Je trouve cette initiative très sympathique pour faire découvrir des auteurs auto-édités au public. L’auto-édition reste encore peu plébiscitée alors que vous y trouverez de véritables pépites. Je suis d’avis qu’une petite lecture de l’Indé Panda vous en convaincra.

Pour télécharger le webzine : Amazon (à privilégier pour la visibilité du magazine), site de lIndé Panda, site Kobo, site Bookelis, Nolim

MON AVIS

Les histoires étant assez courtes, je vous donnerai, pour chacune d’entre elle, brièvement mon avis :

  • Première nouvelle : Je m’appelle Marion de Solenne Hernandez

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J’ai beaucoup aimé le petit retournement de situation au début de la nouvelle comme la découverte du personnage principal et de sa relation aux couleurs. Cette histoire m’a totalement séduite au point d’avoir lu durant le mois de février un roman de l’auteur : la Rumeur.

 

 

  • Deuxième nouvelle : L’Aurore du rock and roll, Selma Bodwinger

indexAu début, j’ai été un peu destabilisée par cette réécriture de La Belle au bois dormant, car j’ai craint que l’autrice ne s’éloigne pas vraiment du conte que l’on connaît tous. Cela n’aurait pas eu grand intérêt, vous en conviendrez. Heureusement, elle s’en détourne pour nous offrir une réécriture très personnelle. Le format nouvelle fait que l’auteure n’a pas eu le temps de s’attarder sur la psychologie des personnages, notre Aurore est donc très stéréotypée. Mais je dois avouer que le résultat est plutôt savoureux. Qui sait, certains d’entre vous reconnaitront peut-être même leur moi adolescent… J’ai beaucoup aimé la fin qui devrait vous faire sourire et vous permettre de comprendre le titre.

 

  • Troisième nouvelle : La belle retraite, Khalysta Farall

indexCette nouvelle se démarque des deux premières par sa longueur plus importante ce qui n’est pas pour me déplaire. L’atmosphère qui s’en dégage est également particulière avec un mélange de suspense et de tension. On a envie d’en apprendre plus sur ces pilules qui semblent avoir révolutionné le monde du travail et le rapport à la retraite.
Quant à la tension, elle est produite par ce sentiment de malaise que l’on ressent quand l’on découvre, à travers l’histoire d’un garçon et de sa famille, les conséquences sur la vie personnelle des individus qui consomment ces pilules miracles. J’ai apprécié cette nouvelle qui, au-delà de l’histoire, ouvre à réflexion.

  • Quatrième nouvelle : La sirène, Nathalie Bagadey

lettre-manuscrite-comment-ecrire-une-lettre-damour-lettre-carte-de-voeux-manuscrite-politesse-savoir-vivre-etiquette-rediger-une-lettre-regle-de-bienseanceLe début de la nouvelle est assez trompeur, l’auteure nous mettant sur une fausse piste. Je ne vous en dis pas plus pour que vous découvriez le fin mot de l’histoire par vous-même, mais j’avoue avoir deviné assez rapidement la véritable destinataire de la lettre. Cela ne m’a pas empêchée d’apprécier la missive d’autant que la plume de Nathalie Bagadey est fluide et plaisante à lire.
Je pense donc me pencher à l’occasion sur son roman Kassandra et la Grèce des légendes, ouvrage qui était d’ailleurs déjà présent dans ma wish list tout comme l’un de ses autres romans, Eclosia ou L’Ecosse des légendes.

  • Cinquième nouvelle : S.O.S, Jeanne Sélène

indexL’héroïne de cette nouvelle est très attachante d’autant que je dois reconnaître que certaines de ses « faiblesses » font échos aux miennes. Le thème abordé, le ou plutôt les langages, étant un sujet des plus intéressants, j’aimerais beaucoup que l’auteure développe cette nouvelle, tirée d’une histoire vraie, sous forme de roman. Que ce soit le cas ou non, j’ai passé dans tous les cas un excellent moment de lecture bien qu’il se soit révélé bien trop court à mon goût. Quant à la fin, je l’ai trouvée particulièrement émouvante et effroyable en même temps.

  • Sixième nouvelle : Le petit chat est mort, Nicolas Chevolleau

indexL’auteur nous parle de trahison sous fond d’élection présidentielle. J’ai aimé le parallèle entre les deux sujets car il faut bien avouer qu’en matière de politique, on ne compte plus les trahisons et tromperies (coucou M. Fillon).
La manière dont sont décrits les personnages et leurs rapports aux élections et à la politique m’a semblé criante de vérité. J’y ai en tout cas retrouvé pas mal de personnes que je connais. Quant à la trahison amoureuse, elle est abordée de manière subtile et avec un style des plus fluides. Cette nouvelle est la seule depuis le début de ma lecture que je n’aurais pas souhaité voir développer ; le format nouvelle lui convenant parfaitement.

Voilà pour cette première partie, je vous donne rendez-vous pour un second article avec mon avis sur les autres nouvelles du webzine.

Et vous, vous allez succomber à l’Indé Panda ? Et parmi ces nouvelles, laquelle vous tente le plus ?