Le mois de la bit-lit (juin 2020)

Ludo de la chaîne Youtube et du blog Prends un livre et détends-toi vous propose durant tout le mois de juin un challenge littéraire : le mois de la bit-lit.

La bit-lit est un genre dont je raffolais il y a une dizaine d’années avant de m’en lasser devant l’explosion des scènes de sexe me donnant plus l’impression de lire de la littérature érotique qu’autre chose. Néanmoins, depuis quelques semaines, je m’y suis remise et me régale avec des séries comme Ivy Wilde, Dynasties et, surtout, Kate Daniels.

Le challenge, qui se tient du 1er au 30 juin, tombe donc à point nommé !

Pour le valider, il vous faudra choisir entre quatre niveaux et différentes consignes. Pour ma part, j’ai choisi le niveau sorcière soit lire 6 romans. Parmi ces 6 livres, je peux en choisir 3 librement et 3 en fonction de consignes à piocher parmi une liste de 10.

Pour tous les détails, n’hésitez pas à lire l’article de Ludo ou à visionner sa vidéo :

MA PAL

Comme toujours, ma PAL est susceptible d’évoluer.

  • Livres choisis en fonction des consignes : un tome de saga sauf le 1 (Ivy Wilde, tome 2), moins de 400 pages (Ivy Wilde, tome 3) et il y a du rouge sur la couverture (Redwood, tome 1)

Couverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalitéCouverture Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresseCouverture Redwood, tome 1 : Jasper

  • Livres choisis librement :

Couverture Verity Long, tome 1 : Esprits du SudTango endiablé: InCryptid, T1 par [Seanan Mcguire, Delhia Alby]Couverture Kate Daniels, tome 5 : Meurtre magique

Et vous, lisez-vous de la bit-lit ?
Pensez-vous participer à ce challenge ?

Je ne suis pas une légende, Catherine Dufour

Je ne suis pas une légende

Pour inaugurer le Challenge The Maki Project, j’ai choisi une nouvelle de Catherine Dufour publié précédemment dans le recueil L’accroissement mathématique du plaisir : Je ne suis pas une légende.

À l’époque où Malo rencontra son premier vampire, il frôlait la dépression. Après deux ans de bons et loyaux services en tant que Life Time Value Manager chez Johnson & Johnson, une persistante absence de cravate doublée d’une regrettable propension à quitter le bureau en sifflotant sitôt son travail bouclé lui avait valu une mise au placard définitive. Dans les premières semaines de sa relégation, il essaya d’inverser la vapeur : il mit une cravate noire imprimée de petits ours rouges et passa de longues heures supplémentaires près de la machine à café. Peine perdue Il était trop tard. Beaucoup trop tard.

AVIS

C’est la référence au roman Je suis une légende de Richard Matheson qui a tout de suite attiré mon attention. Si je ne l’ai pas lu, j’avais apprécié son adaptation cinématographique bien qu’il me semble que cette dernière ait pris quelques libertés avec l’œuvre originale…

Tout au long de la nouvelle, l’autrice fait preuve d’un cynisme et d’un humour féroce, voire mordant, qui m’a bien plu. Elle pointe avec un certain talent les tares de nos sociétés capitalistes avec ces grands groupes historiques bercés par la valse ininterrompue des changements plus ou moins absurdes, mais qui ont au moins le mérite de leur donner l’impression d’être dans le mouvement…

Un mouvement que notre héros, Malo, a bien du mal à suivre. En ne jouant pas la comédie du parfait employé selon les critères de son employeur, le voilà placardé… Une aubaine selon ses amis (à lui la piscine en pleine journée), le début de la déprime pour lui ! Il saura néanmoins rebondir en utilisant les outils de la disgrâce mis à sa disposition par son employeur. Une capacité de rebond qui ne sera guère appréciée par ledit employeur qui espérait une lettre de démission et non pas un salarié ragaillardi par sa nouvelle réussite professionnelle aux frais de l’entreprise…

Mais les affres de la vie professionnelle ne sont finalement rien eu égard à l’épidémie de vampirisme qui frappe de plein fouet le pays… Nous suivons alors notre protagoniste dans sa lutte pour la survie dans un monde dominé par les vampires. La disparition de l’humanité se fait progressivement, sans révolte, sans tentative d’arrêter l’épidémie, les individus ressemblant à de gentils moutons conduits sans embûche à l’abattoir.

Seul Malo semble conscient de la situation sans pour autant pouvoir y faire grand-chose. Seul contre tous, que peut-il de toute manière faire si ce n’est s’arranger pour survivre et ne pas se transformer en réservoir à hémoglobine… C’est que le sang frais se fait rare ! Il est assez déstabilisant de constater que ce monde dont l’absurdité nous frappe de plein fouet ne semble pas perturber outre mesure notre protagoniste qui s’adapte avec une certaine facilité à la situation. Enfin au début parce la solitude et la folie finissent par le rattraper jusqu’à cette fin abrupte dont j’ai aimé le côté assez désabusé… 

Si l’écriture est très agréable, les critiques sous-jacentes non dénuées d’intérêt et le ton féroce à souhait, il m’a manqué un petit truc pour être totalement conquise.  À cela s’ajoute un passage court, mais particulièrement malsain, qui a joué sur mon appréciation globale. Un peu trop glauque pour moi…

En résumé, voici une nouvelle bien écrite qui se lit toute seule et qui a le mérite de nous pousser à nous interroger sur notre monde qui n’a pas attendu d’être vampirisé pour être bestial… Vampire ou humain, cela change-t-il finalement quelque chose à la marche du monde et de son économie ?

Pour télécharger gratuitement la nouvelle, ça se passe sur le site de la maison d’édition Le Bélial’, sur Kobo ou Amazon.

Galénor, Le livre des portes, Audrey Verreault

Couverture Galénor, tome 1 : Le livre des portes

Je remercie Audrey Verreault de m’avoir invitée à découvrir son roman, Galénor.

PRÉSENTATION

Dans un monde où cohabitent humains, elfes et inferniths – des êtres hybrides mi-humains, mi-démons comme des muses, des vampires, des chimères… la guerre fait rage. Mené par un mage noir nommé Kendrick, un groupe d’inferniths terrorise Galénor depuis des décennies – meurtres, maisons incendiées et disparations s’enchaînent… JudyAnn, une jeune paysanne, voit sa vie changée à jamais lorsque le célèbre Edgar Grimm Mérindol lui apprend qu’elle est une géminie, sorte de magicienne qu’elle croyait pourtant disparue… Elle partira pour la grande cité de Godwynn où elle apprendra à maîtriser ses pouvoirs avec Vincent, un professeur et un vampire pas comme les autres…

Amitié, amour, trahisons, surprises et dangers mortels l’attendent, dans un monde où il est parfois difficile de différencier le vrai du faux et où de vieilles craintes et superstitions se sont installées…Le livre des Portes est le premier tome des aventures de JudyAnn à travers Galénor.

AVIS

Galénor est un roman de fantasy efficace qui repose en grande partie sur un univers riche et très complet que l’on sent pensé avec soin, ou du moins, c’est l’impression que ma lecture m’en a laissé. Au gré de votre lecture, vous ferez la connaissance de tout un panel varié de créatures des plus courantes et connues aux plus inventives : loups-garous, vampires, elfes, gorgones, chimères, bayards…

Ces créatures s’insèrent avec naturel dans un monde scindé entre magie blanche et magie noire, entre lumière et ténèbres. Pour autant la situation est loin d’être aussi simple ! Très vite, on perçoit un malaise vis-à-vis du racisme dont font preuve les « gentils ». Certes, ils se refusent à employer la magie noire supposée corrompre les âmes, mais cela ne les empêche pas de mettre au ban de la société les inferniths, ces hybrides mi-hommes mi-démons, dont le seul tort est de ne pas être nés hommes.

De la même manière, si l’on peut comprendre l’antagonisme entre mages blancs et mages noirs, certains de ces derniers n’hésitant pas à piller et à tuer, comment accepter une société dans laquelle aucune nuance n’est permise ? Considérer chaque mage noir comme un démon sans lui laisser le bénéfice du doute n’est-il pas profondément injuste, et cela n’entretient-il pas inutilement le terreau de la guerre ? En se comportant de la sorte, les mages blancs méritent-ils vraiment de porter ce nom ?

Tout autant de questions que vous ne pourrez que vous poser à la lecture de cette histoire qui, sous couvert de fiction, aborde des thèmes importants comme l’intolérance, le poids des préjugés, le cercle vicieux de la méfiance, mais aussi la rédemption, le droit à une seconde chance, l’amour, l’amitié… Pour ma part, si cette question de l’intolérance qui est en filigrane tout au long du livre m’a intéressée, j’ai regretté une romance bien trop rapide et quelque peu clichée : la jeune ingénue qui n’est jamais sortie de son village qui tombe amoureuse presque tout de suite du protagoniste masculin, vampire séduisant de surcroît, l’amour impossible qui ne l’est pas tant que ça, des amoureux qui changent d’avis à chaque page alternant entre « je l’aime du plus profondément de mon âme » à « non, je ne peux pas l’aimer »…

C’est néanmoins le seul point qui ne m’a pas convaincue, le reste du roman s’étant révélé à la hauteur de mes attentes que ce soit au niveau du bestiaire que j’ai adoré, des thèmes abordés, ou encore de l’action bien dosée. Il n’y a ainsi aucun temps mort dans ce récit où il se passe toujours quelque chose, les personnages alternant entre apprentissage de la magie, enquête sur des meurtres et attaques de mages noirs et recherche de moyens pour se protéger du plus dangereux d’entre eux, Kendrick, d’autant que celui-ci semble avoir une connexion particulière avec JudyAnn.

La jeune fille est au centre de ce premier tome et je dois dire que j’ai mis un peu de temps à l’apprécier, cette dernière ayant, en début de roman, quelques préjugés sur les non-humains. On peut comprendre qu’elle a été formatée par une éducation en vase clos qui la rend peu accueillante en matière de diversité, mais qu’est-ce qu’elle a pu m’exaspérer avec ces « je l’aime mais je ne peux pas, c’est un VAMPIRE ». Fort heureusement, l’ingénue des débuts va laisser place à une jeune fille qui s’affirme de plus en plus osant désobéir aux directives qui ne lui semblent pas justes même si elle ne prendra pas toujours les meilleures décisions. Il faut dire que passer du statut de villageoise à celui de gémini n’est pas une chose aisée et demande quelques ajustements !

Les géminis sont des couples de sorciers vivant en symbiose, la mort de l’un signifiant celle de l’autre. Un statut rare et précieux que JudyAnn va devoir, aux côtés de trois autres camarades dont sa sœur qu’elle ne connaissait pas, s’approprier. Les géminis possèdent, en outre, tous un pouvoir qu’ils doivent découvrir et apprendre à maîtriser.. J’ai adoré le concept développé par l’autrice qui se révèle aussi fascinant que terrifiant comme le découvriront par eux-mêmes certains personnages. J’ai également apprécié le pouvoir, ou plutôt les pouvoirs, de notre héroïne dont elle aura fort besoin pour traverser les épreuves qui se présenteront à elle, affronter les nombreux dangers qu’elle ne manquera pas de rencontrer et faire face à sa véritable nature. Attendez-vous donc à quelques révélations mais aussi à des trahisons…

Les personnages secondaires sont variés et complémentaires même si j’ai regretté que leurs personnalités ne soient pas plus creusées, mais cela est peut-être prévu par la suite puisque nous sommes ici dans un premier tome. Je les ai donc trouvés sympathiques sans vraiment développer d’attachement pour eux. J’ai, en revanche, adoré Mérindol, un magicien bienveillant, altruiste, doux, tolérant et profondément humain qui sera un peu le mentor des quatre géminis. Sa passion pour les illusions d’optique et leurs significations, en plus de correspondre assez bien à ce personnage excentrique, est intéressante et ajoute à l’aura de mystère qui se dégage du récit…

L’univers dépeint par l’autrice, alliance de modernité et de tradition, les tablettes côtoyant sans peine les parchemins enchantés, est riche et complexe, mais n’en demeure pas moins très accessible que l’on soit coutumier ou non de la fantasy. Les informations essentielles sont ainsi distillées au compte-goutte, ce qui permet de s’approprier facilement l’histoire d’autant que la plume immersive et plutôt dynamique de l’autrice rend la lecture simple, fluide et agréable.

En conclusion, GalénorLe livre des portes est un roman de fantasy qui s’appuie sur un bestiaire étoffé et un monde parfaitement pensé en amont pour offrir un univers riche, complexe et détaillé dans lequel on prend plaisir à s’immerger. Entre apprentissage de la magie, découverte de deux forces opposées en action, amour, amitié, trahisons et mystère, les personnages seront poussés dans leurs retranchements et réaliseront que les règles sont parfois faites pour être transgressées ! Mages blancs, contre mages noirs, bien contre mal, et si finalement, tout n’était pas si simple ?

Site de l’autrice – Retrouvez le roman sur Amazon

Lys Striker – Tome 1 : Piégée par le passé, Stéphane Soutoul

Un grand merci à Stéphane Soutoul, dont j’aime beaucoup le travail, de m’avoir proposé de découvrir le premier tome de Lys Striker publié aux éditions Rebelle. Je le remercie également pour sa très chouette dédicace.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Elle tuait les monstres. À présent, elle protège leurs secrets.
Il fut une époque où Lys Striker assassinait des créatures surnaturelles. Un job lucratif dans lequel elle excellait aux côtés de Camélia, son mentor. Lorsque celle qui lui a tout appris est abattue, la jeune fille alors âgée de douze ans se retrouve seule sur le banc des accusés.
Libérée quelques années plus tard, la fleuriste de dix-neuf ans n’aspire plus qu’à un seul désir : se racheter une conduite et profiter d’une vie nouvelle. Mais la disparition d’un de ses proches ne laisse comme autre alternative à Lys que de renouer avec son passé. Elle accepte le chantage de Rosarius, un vampire aussi vénéneux que manipulateur. Ce dernier se propose de libérer l’otage qu’il détient à condition que l’ancienne tueuse exécute une mission pour lui.
Toute la question est de savoir si cet organisateur de paris clandestins pour le moins spéciaux tiendra parole et quelles seront ses règles du jeu.

Rebelle éditions (9 octobre 2018) – 282 pages – Broché (18,90€) – Ebook (4,90€)

AVIS

Bien que Lys ait plus l’habitude de manier les poignards que les pieux, il se dégage de la couverture une ambiance Buffy contre les vampires que j’aime beaucoup. Mais si Buffy pouvait compter sur le Scooby-Gang pour l’aider à affronter les dangers, la jeune fille n’aura pas cette chance…

Un tueur en série sévit à Montpellier. Un problème déjà grave en soi mais qui prend une tournure encore plus inquiétante quand ses agissements laissent craindre sa nature vampirique. Alors que Lys pensait avoir laissé sa carrière de tueuse de Surnaturels derrière elle, Rosarius, un vampire aussi charmant qu’agaçant, va la contraindre à reprendre du service. Il détient, en effet, sa demi-sœur en otage et ne la libérera que si Lys traque et tue le vampire serial killer qui attire un peu trop l’attention sur la communauté de la Nuit. C’est que les Blafards tiennent à leur anonymat diantre !

Ravie de retrouver la plume de Stéphane Soutoul et la finesse qui la caractérise, il m’a fallu quelques pages pour m’immerger dans le récit ayant été un peu déstabilisée par la manière assez analytique, et peut-être un peu redondante, avec laquelle Lys se décrit aux lecteurs. Cela ne m’a toutefois pas empêchée d’être très touchée par cette jeune femme dont l’histoire et les fragilités ne pourront que vous émouvoir.

Élevée par une tueuse de Surnaturels qui l’a conditionnée à tuer dès son plus jeune âge, Lys est loin d’avoir eu une enfance conventionnelle et équilibrée. Oubliez l’amour maternel et les jeux d’enfants, faites place aux entraînements intensifs et à une vie entièrement tournée vers le crime ! On comprend alors sans peine qu’après avoir passé des années enfermée suite au meurtre de sa protectrice, Lys n’aspire plus qu’à une vie simple et calme au sein de sa famille de cœur…

Une vie bien rangée de fleuriste amatrice de thé, et de romancière à ses heures perdues, que n’a aucune honte à faire voler en éclats Rosarius. Archétype du vampire beau gosse manipulateur, on ne peut cependant pas s’empêcher d’éprouver, à l’instar de Lys, une certaine fascination pour l’aura de puissance et de danger qu’il dégage. Ses échanges avec la jeune tueuse ne manqueront pas de vous faire sourire puisque son charme s’accompagne d’une certaine propension à la taquinerie, ce qui ne sera pas du goût de Lys. Difficile en effet de s’amuser quand l’un de vos proches est en danger, et qu’un énergumène aux dents longues, au sens propre comme au sens figuré, met votre vie en danger !

Enrôlée contre son gré dans une chasse au vampire qui prend des allures de pari sur la mort, Lys va devoir affronter un être dangereux que personne ne semble pouvoir arrêter dans sa course folle à la vengeance. Perclus de chagrin suite à la mise à mort de sa bien-aimée, il est prêt à tout pour mettre à exécution son diabolique plan quitte, au passage, à tuer quelques milliers d’innocents. Malgré son manque d’entraînement, Lys ne manque heureusement pas d’atouts pour combattre ce puissant ennemi. Elle pourra s’appuyer sur son intelligence, sa débrouillardise, sa rapidité, ses vieux réflexes qui remontent très vite à la surface, son courage, mais également sur un soutien inattendu dont je ne vous dévoilerai rien si ce n’est qu’il promet de pimenter le duo Lys/Rosarius…

Les personnages ne sont pas fondamentalement originaux, mais ils possèdent cette ambivalence qui les rend intéressants. Ni tout noirs ni tout blancs, ils oscillent entre ombre et lumière ce qui apporte une certaine tension au récit ainsi que quelques sympathiques rebondissements. L’une des révélations m’a d’ailleurs prise de court et donné très envie de lire le deuxième tome pour découvrir comment Lys va faire face à cette redistribution des cartes qui a fait vaciller son monde. De la même manière, je suis impatiente de voir dans quelle direction la relation entre la jeune tueuse et certains personnages comme Rosarius va évoluer. Quelque chose me dit que le vampire n’est pas prêt de la laisser tranquille, mais pour sa défense, comment refuser un peu d’animation dans une vie d’immortel bien remplie mais dénuée de surprises ?

Et question animation, l’auteur nous gâte puisqu’au-delà d’une héroïne dont il a pris grand soin de développer la psychologie, le récit ne souffre d’aucun temps mort. Il n’y a pas de l’hémoglobine à chaque page, mais il se passe toujours quelque chose dans la vie de Lys qui essaie, tant bien que mal, de protéger sa famille adoptive du monde surnaturel. Entre les négociations avec un vampire maître dans l’art des paris et du bluff, la traque d’un tueur rendu fou par le chagrin, les combats avec des créatures assoiffées de sang et la (re)découverte de ses capacités de guerrière, la jeune femme n’a pas une minute à elle.

Le roman se lit donc très vite. Quelques chapitres de plus ne m’auraient d’ailleurs pas dérangée, mais j’ai apprécié que l’auteur, fidèle à ses habitudes, ne se perde pas en détails inutiles. Les amateurs de livres menés tambour battant devraient donc apprécier la concision de ce premier tome qui réunit, en moins de 300 pages, tous les ingrédients d’un bon livre de bit-lit, le sexe et la vulgarité en moins : des créatures surnaturelles dangereuses au regard hypnotique, de l’action, de l’humour, une héroïne attachante au passé trouble, un certain mystère, de la magie, des rebondissements… Un cocktail efficace et détonant pour une lecture plutôt addictive !

L’auteur a également su apporter une touche d’originalité bienvenue à un genre dorénavant bien installé en choisissant Montpellier comme théâtre des événements. Je n’ai pas d’attaches particulières pour cette ville dont je n’ai jamais foulé les portes, mais j’ai apprécié que pour une fois, une histoire de vampires ne se déroule pas aux États-Unis, mais bien en France. Merci donc à l’auteur de nous avoir prouvé que les rues de nos villes pouvaient abriter une faune surnaturelle variée sans que cela ne nuise à l’intrigue, bien au contraire. La facilité avec laquelle on s’imagine les déplacements de Lys et les endroits qu’elle visite rend ainsi le récit particulièrement immersif et réaliste, que l’on ait la chance de connaître Montpellier ou non.

En conclusion, porté par une héroïne attachante dont on apprend à découvrir et à apprécier les forces et les faiblesses, ce premier tome réunit tous les ingrédients d’un bon roman de bit-lit.  Stéphane Soutoul a ainsi réussi à s’approprier avec naturel et brio les codes du genre tout en veillant à insuffler son propre style à un roman qui se révèle aussi prenant que percutant. Si vous êtes en quête d’un livre de bit-lit de qualité qui allie beauté du style et intrigue rondement menée, ce roman devrait vous plaire. Et bonne nouvelle, le tome 2 est prévu pour octobre.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Rebelle.

Throwback Thursday Livresque #96 : pavés livresques ou séries longues

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Niveau série, il y a l’embarras du choix à partir du moment où on lit de la bit-lit, les auteurs et autrices semblant étaler leurs aventures sur des tomes et des tomes. Et puisqu’il faut bien en choisir une, je pense à la première série du genre que j’ai lue et, miracle, terminée : La communauté du Sud (Charlaine Harris)

Couverture La communauté du sud, tome 01 : Quand le danger rôde

Les vampires vivent désormais parmi les humains grâce à un substitut leur permettant de se nourrir sans tuer. Mais la méfiance règne toujours à Bon Temps, petite ville de l’Amérique profonde. L’arrivée de Bill, ténébreux vampire du me siècle va bouleverser la vie de la jeune serveuse télépathe, Sookie, d’autant qu’une vague de crimes s’abat sur la ville.

Pourquoi ce choix ?

On suit une jeune femme, un peu naïve et maladivement poissarde, dans une petite ville de Louisiane, un endroit qui a toute son importance puisqu’il donne le tempo et l’atmosphère si particulière de cette série.

Sookie a un don particulier qui va attirer bien malgré elle des êtres peu recommandables à commencer par des suceurs de sang. Et comme la demoiselle semble parfois manquer d’instinct de préservation, elle va s’immiscer dans ce monde de la nuit et dans cette vie rythmée par des attaques de créatures plus ou moins aimables. Il y a aussi de l’amour, beaucoup d’amour d’ailleurs avec un triangle amoureux qui émerge en cours d’intrigue et des rebondissements peu crédibles. Le côté romance prend parfois un peu trop d’importance à mon goût d’autant que j’ai trouvé Bill, le vampire amoureux, peu intéressant et bien souvent agaçant.

De tome en tome, Sookie perd de sa naïveté et gagne en maturité et en confiance en elle. Elle va aussi faire face à de terribles épreuves tout comme ses proches et ami(e)s. La série est rythmée, Sookie ayant le don d’attirer les ennuis, et se lit plutôt facilement du moins pour les premiers tomes. Au bout d’un moment, j’ai eu l’impression que l’autrice faisait durer une série qui était arrivée à bout de ce qu’elle pouvait offrir. On finit donc par tourner en rond et à aller dans tous les sens. Manquant de cohérence vers la fin, c’est plutôt à reculons que je me suis plongée dans les dernières aventures d’une serveuse peu ordinaire et à la destinée plutôt sanglante.

En parallèle de la série livresque, j’ai également vu la série tv qui se démarque nettement de l’œuvre originale…

Et vous, connaissez-vous cette série ? Qu’en avez-vous pensé ?

Top Ten Tuesday #100 : 10 romans de ma PAL mettant en scène des vampires

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Pour ce Top Ten Tuesday, j’ai eu envie de vous présenter 10 livres de ma PAL dans lesquels les vampires tiennent une place importante

Couverture ADN vampire, tome 1 : CarmineCouverture Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l'épée

Couverture Bloodlines, book 6 : The Ruby CircleCouverture Chroniques des vampires, tome 01 : Entretien avec un vampire

Couverture Carmilla (Mazzanti)Anno Dracula par Newman

L'Historienne et Drakula, tome 1 par KostovaCouverture Les étranges soeurs Wilcox, tome 2 : L'ombre de Dracula

Femme du Vampire par BlazonRouge toxic par Caussarieu

Et vous, dans la thématique du vampire, quel livre me conseillez-vous ?

Night world – Tome 1 : Le secret du vampire, L.J. Smith

Couverture Night world, tome 01 : Le secret du vampire

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le Night World ne se limite pas à un endroit précis. Il nous entoure. Ses lois sont très claires : sous aucun prétexte son existence ne doit être révélée à qui que ce soit d’extérieur. Et ses membres ne doivent pas tomber amoureux d’un individu de la race humaine. Sous peine de conséquences terrifiantes. Découvrez ce qui arrive à ceux qui enfreignent les règles…

Il n’y a plus aucun espoir pour Poppy : sa maladie est incurable. Elle se prépare donc au pire. Jusqu’à ce que James, le plus beau garçon du lycée qu’elle aime en secret, lui fasse le plus fabuleux des cadeaux : un baiser vertigineux qui lui donne accès à son âme. Elle apprend ainsi que James partage ses sentiments depuis toujours, mais fait partie du Night World.
Bravant les interdits de son monde, le jeune homme propose à Poppy de le suivre jusqu’à la mort, et même au-delà. Mais il lui faudrait pour cela devenir un vampire…

  • Poche: 286 pages
  • Editeur : Michel Lafon Poche
  • Prix : 6.60€

AVIS

Je suis complètement passée à côté de cette histoire bourrée de clichés. On a donc d’un côté Poppy, une jeune fille éperdument amoureuse de son meilleur ami depuis ses 5 ans et de l’autre, James, un meilleur ami beau gosse qui se révélera être une créature de la nuit. Vous me direz, c’est quand même super pratique pour Poppy qui est condamnée à mourir à cause d’un cancer quelque peu foudroyant. Je pense qu’à ce stade, vous devinez la suite : James va la transformer en vampire ! Mais l’auteure a essayé de pimenter son histoire avec le Night World et ses lois interdisant aux vampires, sorcières et loups-garous de tomber amoureux d’un humain ou de dévoiler l’existence de ce monde aux mortels.

Aucune surprise n’est à attendre de ce roman qui suit une trame des plus classiques. Si on ajoute à cela, un manque probant de suspense et de tension, on peut dire que je me suis ennuyée durant toute ma lecture. Il y a bien un peu d’action dans les derniers chapitres, mais là aussi, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent, sans mauvais jeu de mots. Seul le cousin, stéréotype du méchant vampire, aurait pu être intéressant, mais ce personnage est tellement survolé qu’il fait plus figure de figurant que de personnage auquel l’auteur aurait donné sa chance.

Quant à Poppy, je n’ai pas réussi à m’attacher à elle malgré le drame qu’elle vit. Il faut dire que ses réactions enfantines, son manque de logique et ses pensées complètement à côté de la plaque à la vue de sa situation ne m’ont pas vraiment permis de l’apprécier. Le point positif, c’est que je n’ai pas pleuré lors des scènes qui, si elles avaient été un minimum réalistes, m’auraient transformée en fontaine à eau. Je suis d’ailleurs impressionnée par la capacité de l’auteure à aborder un sujet difficile comme le cancer sans arriver à transmettre la moindre émotion. A ce stade, ça frise le talent !

Quant à la relation entre Poppy et son frère jumeau, elle m’a semblé peu convaincante et son amour pour son meilleur ami, d’une niaiserie sans nom. Elle aime James depuis de nombreuses années et même s’il multiplie les petites amies, elle en est convaincue, ce sera son mari… Et tout le récit est de cet acabit. Alors si vous êtes en quête d’une belle romance, car une romance peut être belle sans être ridicule, vous pouvez passer votre chemin sans aucun regret.

En plus d’une histoire cousue de fil blanc, l’auteure se paie le luxe de la pauvreté stylistique. Alors la langue française n’est pas massacrée, du moins, rien ne m’a choquée, mais ça manque de profondeur, l’auteure s’étant contentée d’utiliser des phrases simples et un vocabulaire assez pauvre. J’imagine que le roman s’adresse à des adolescent(e)s, mais je ne peux me défaire de l’idée qu’être adolescent ne signifie pas qu’on ne puisse pas lire des phrases complexes et recherchées. A voir si la version originale en anglais est un peu meilleure à ce niveau…

Je regrette également un manque de naturel dans la narration, les dialogues et les pensées des personnages. C’est comme ça qu’on entend Poppy dire de son frère jumeau « Ce cher vieux Phil ». C’est vrai qu’en tant que lycéen, il doit être à la limite de se faire une teinture pour cacher ses cheveux blancs…

En bref, le manque d’originalité de l’auteure ainsi que la pauvreté de son style ne m’ont pas permis d’apprécier Le secret du vampire, mais je pense qu’il trouvera son public notamment auprès des lecteurs et lectrices, jeunes et moins jeunes, qui ne sont pas regardants à ces deux points. Si vous acceptez le parti pris de l’auteur d’offrir une histoire passe-partout et peu approfondie, vous pourrez peut-être passer un bon moment de lecture… D’ailleurs, vous devriez trouver un certain nombre d’avis enthousiastes sur la toile.

NB : après avoir publié ma chronique, je me suis souvenue que ce roman datait d’une vingtaine d’années. Peut-être donc qu’à cette époque, l’histoire, sans être très élaborée, n’était pas encore clichée…. L.J. Smith a peut-être même contribué à mettre en place ces clichés que l’on retrouve dans certains romans de vampires pour adolescents. Cela ne rend pas le roman, à mes yeux, plus intéressant, mais il en devient moins exaspérant.

Et vous, êtes-vous tentés par Le secret du vampire ?

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