Les hommes de nuit 1 : La rose, Marie L’Or Viollet

Les hommes de nuit 1 - La rose

1700 : Marie est une belle jeune femme, élevée par son père veuf. Il est libraire et a tout appris à sa fille. Mais ils doivent quitter l’Angleterre pour honorer un étrange contrat. Son père s’est engagé auprès d’un personnage singulier venu d’un autre continent pour restaurer sa bibliothèque. Après une longue et éprouvante traversée, elle va rencontrer Nicolas…

Évidence Éditions (17 juillet 2020) – 336 pages – Papier (17€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Appréciant les romances historiques, la couverture et la mention de l’année 1700 dans le résumé m’ont donné envie de découvrir ce roman qui fut malheureusement une lecture en demi-teinte…

SI j’ai apprécié une certaine originalité dans le récit, il y a quelques points qui m’ont chagrinée comme le mélange des genres hasardeux et parfois maladroit qui m’a donné l’impression que l’autrice n’avait pas réussi à choisir entre romance historique et roman de bit-lit dont elle reprend certains clichés. On oscille donc entre passé simple et vocabulaire vulgaire, ce qui donne un résultat plutôt saugrenu. Il m’a ainsi été difficile de rester stoïque devant des phrases du style « Il fallait qu’il baisât…« . Je peux me tromper, mais il me semble peu probable qu’en 1700, le verbe baiser ait déjà ce sens. Je ne dis pas qu’on ne peut pas mélanger les genres, mais pour moi, il y a un travail d’harmonisation à faire sur ce texte pour que le tout possède une certaine cohérence.

J’ai également regretté que le contexte historique ne soit pas mieux exploité puisque concrètement, à part les robes, la réception des mondains (et encore…) et la naïveté de Marie sur les choses de l’amour, cette histoire aurait aussi bien pu se passer en 1700 qu’en 1900 ou à notre époque. Je pense que cela provient principalement du fait que les personnages évoluent en vase clos et qu’on n’a donc pas particulièrement l’occasion d’évoquer le contexte historique de l’époque. De la même manière, j’ai eu l’impression que le bébé recueilli par Marie en début de roman n’a eu qu’un seul rôle, être une source de quiproquo avec Nicolas. Le reste du temps, il fait surtout de la figuration. Une petite facilité scénaristique qui m’a quelque peu frustrée tout comme la romance éclair puisqu’il ne faudra pas bien longtemps pour que Nicolas soit obsédé par Marie et que Marie tombe sous son charme.

Et le terme obsédé n’est pas utilisé au hasard, notre héros ayant bien du mal à se contrôler en la présence de la jeune ingénue qu’il désire tant faire « sienne ». Possessif et brutal dans ses réactions, Nicolas n’est pas un personnage que j’ai apprécié outre mesure d’autant que malgré sa nature de vampire lui ayant permis de voir passer les siècles, il se comporte bien souvent comme un adolescent en pleine crise. C’est d’ailleurs le roi du claquage de porte ! Si cela n’excuse en rien son comportement qui m’a donné bien souvent envie de le punir en le privant de dessert (donc de Marie), on peut toutefois comprendre qu’il soit chamboulé par ces nouveaux sentiments qui s’offrent à lui, lui qui n’a jamais rien ressenti pour une femme si ce n’est de la tendresse pour Lucie, la seule autre femme vampire. Il va donc devoir apprendre à se maîtriser tout en essayant de comprendre les raisons de la tempête intérieure à laquelle il doit faire face.

Quant à Marie, elle se révèle gentille et assez courageuse, mais elle m’a parfois exaspérée par sa naïveté. Certes, elle a toujours vécu en autarcie avec son père partageant son temps entre la lecture et son travail à la librairie familiale, mais l’autrice pousse quand même l’image de jeune femme naïve à son paroxysme… Heureusement, Marie n’est pas qu’une jeune ingénue, c’est également une femme passionnée par les livres. C’est d’ailleurs là la raison de sa présence dans la demeure de Nicolas où elle s’occupe, à la place de son père décédé, de classer les livres et de restaurer ceux qui en ont besoin. J’ai beaucoup aimé découvrir la manière dont Marie restaure les livres, mais c’est surtout la passion avec laquelle elle le fait et en parle qui m’a le plus séduite. Dans ces moments-là, on ressent pleinement la femme passionnante et passionnée qu’elle peut être. Un caractère flamboyant qu’elle ne réserve pas qu’aux livres puisque Nicolas sera loin de la laisser insensible malgré ses emportements qui l’exaspèrent…

La romance ne m’a pas convaincue parce que principalement basée sur une attraction physique quasi animale, mais je pense qu’elle pourra plaire aux lecteurs qui n’ont pas besoin que les personnages apprennent à se connaître avant de tomber amoureux. Pour ma part, la manière dont Nicolas répète toutes les deux lignes « mon ange » m’a donné des envies de meurtre et les questionnements incessants de Marie sur les sentiments de Nicolas à son égard m’ont fatiguée, mais j’ai, en revanche, apprécié tous les à-côtés qui ont rendu le livre rapide et facile à lire. Le style de l’autrice, malgré le problème énoncé en début de chronique, reste agréable et plutôt fluide. Il n’y a pas de longueurs inutiles même si on pourrait noter une certaine redondance dans le déroulement des faits, la relation entre nos amoureux alternant entre moments câlins/érotiques, malentendus et claquages de porte.

En plus du rythme et de la relation unique et touchante entre Nicolas et deux loups qui ne manquera pas de ravir les amoureux des animaux, ce qui fait la force de ce roman est l’aura de mystère dont l’autrice a su l’entourer. On pourrait croire que tout a été dit et fait sur le mythe du vampire, mais l’autrice réussit à apporter, et c’est le cas de le dire, du sang frais ! Il existe ainsi un certain flou autour du premier vampire, Luc, créé par Dame Nature qui est d’ailleurs ici personnifiée par une vraie femme, une idée qui m’a bien plu. Mais le vrai mystère concerne sa femme Lucie qui est la seule et unique femme vampire existante sur Terre et ceci depuis la nuit des temps. Les vampires ont bien essayé de transformer d’autres femmes pour se trouver des compagnes, mais chaque tentative s’est soldée par un retentissant échec, Luc n’arrivant pas à se souvenir du processus exact pour accomplir ce petit miracle. Cela explique la raison pour laquelle Lucie est unique et importante, mais aussi pourquoi Nicolas est terrifié à l’idée de ne jamais trouver la solution pour transformer Marie au risque de la perdre dans un futur plus ou moins proche. Certains événements lui feront d’ailleurs prendre pleinement conscience de la fragilité de son âme sœur…

Trouvera-t-il le moyen de donner au monde une seconde femme de nuit ? Pour le savoir, il vous faudra lire le roman, mais j’ai apprécié la touche de tension que cette question soulève tout comme j’ai adoré le couple Luc et Lucie qui se révèle assez touchant. On sent à quel point le mari et la femme s’aiment et seraient prêts à tout l’un pour l’autre. Attendez-vous également à une petite révélation de leur côté même si je l’avais assez vite anticipée… Au-delà de ce couple attendrissant, on découvre d’autres hommes de nuit, dont l’un qui semble également rattrapé par le virus de l’amour. Ce sera d’ailleurs le protagoniste que l’on suivra dans le deuxième tome. Si je préfère, en général, suivre les mêmes personnages d’un tome à l’autre, je reconnais que l’autrice a réussi à attiser ma curiosité et à me donner envie de découvrir cette nouvelle histoire d’amour qui s’annonce plutôt mouvementée…

En conclusion, on pourra regretter quelques maladresses dans la narration qui donnent l’impression que l’autrice n’a pas réussi à choisir quelle tonalité donner à son roman, mais ce premier tome de la série Les hommes de nuit reste une lecture fluide et agréable qui plaira probablement aux lecteurs appréciant les personnages tourmentés par leurs sentiments, les grandes et belles bibliothèques dans lesquelles on rêverait de se perdre et les romances vampiriques auréolées d’un certain mystère.

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé la version numérique de ce roman en échange de mon avis.

 

Lorsque nous étions morts, Mathieu Guibé

Lorsque nous étions morts de Mathieu GUIBÉ (ACTUSF) | Editions ActuSF

Lassé de l’existence et de la société, Lord Josiah Scarcewillow se complaît dans un quotidien vampirique où les meurtres sont devenus banals. Pourtant, sa rencontre inattendue avec Abigale va le pousser à reconsidérer sa condition de non-mort et ravive sa curiosité envers le vivant. Son âme réanimée, sa nature monstrueuse n’en est pas pour autant altérée ; il est prêt à tout pour retrouver cette jeune fille que l’éternité ne saurait effacer. À tout, même à une pluie de cadavres.

ACTU SF (22 novembre 2019) – 256 pages – Broché (15,90€) – Ebook (9,99€)

AVIS

D’abord publié chez les éditions du Chat noir sous un autre titre, ce roman nous revient dans une très belle édition signée Naos, un label des éditions ActuSF. Je dois avouer que c’est avant tout la couverture et la promesse d’un roman à l’ambiance sombre, parfaite pour le Pumpkin Autumn Challenge, qui m’ont donné envie de me plonger dans la vie de Lord Josiah Scarcewillow, vampire de son état.

Dès les premières lignes, j’ai été transportée par la plume poétique de l’auteur et par sa faculté à restituer toute l’ambiance sombre de son histoire à travers des mots choisis avec soin et des descriptions d’une surprenante acuité. Mais si j’ai apprécié les descriptions nous permettant de nous plonger avec réalisme dans les différents lieux et les différentes époques que nous traversons, c’est la manière dont l’auteur réussit à nous faire ressentir les sentiments de ses personnages qui m’a le plus séduite.

Que l’on apprécie ou non Josiah, il est ainsi impossible de rester insensible devant la force de sa passion pour la belle Abigale, objet de toute son affection, de tout son bonheur, mais également raison de son affliction. Année après année, son destin va se retrouver inextricablement lié à cette femme rencontrée par hasard, une femme qui a su l’ensorceler, lui le vampire qui se pensait dépourvu d’humanité. Or, de l’humanité n’en faut-il pas pour aimer sans retenue et au-delà de la raison et de tout esprit de conservation ? Car si l’amour entre les deux est indéniable, le destin semble s’acharner à les séparer de bien cruelle manière. Amour et souffrance finissent par ne plus faire qu’un alors que Josiah se laisse dévorer par ses plus bas instincts et qu’Abigale se fait plus insaisissable que jamais…

Je préfère rester très vague sur le fond du récit et les liens forts et inébranlables unissant les personnages pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire que si vous aimez les histoires romantiques teintées de dramatique, celle de ces deux amants maudits devrait faire battre votre cœur et vous faire ressentir une myriade d’émotions. Moi qui reste bien souvent insensible devant les romances contemporaines dont je regrette parfois le manque d’élégance et de noblesse, j’ai été touchée par cette histoire d’amour d’un autre temps dans laquelle les sentiments sont exacerbés à l’extrême et l’ambiance sombre à souhait.

Dans ce roman romantique à l’ambiance gothique, l’auteur alterne ainsi entre le beau et le monstrueux que ce soit dans les événements, les décors ou le personnage de Josiah qui se révèle aussi beau à l’extérieur que sanguinaire et bestial à l’intérieur. Loin de l’image du vampire actuel, ce personnage renoue avec l’image du vampire brutal qui n’hésite pas à tuer pour se nourrir, à tuer pour oublier, à tuer pour se défouler, à tuer par envie… Mais alors qu’il devrait faire naître en nous un profond dégoût, Josiah arrive à nous émouvoir et à nous toucher au plus profond de notre être par son amour total et viscéral pour Abigale d’autant que finalement, toute cette cruauté qu’il n’hésite pas à déchaîner autour de lui ne sera jamais aussi forte que celle qu’il subit lui-même.

Profondément humain dans son inhumanité, ce personnage se révèle donc fascinant et fait quelque peu de l’ombre à l’objet de son désir, la délicate Abigale qui, de prime abord, pourrait ressembler à la blanche colombe sacrifiée sur l’autel de la passion et de la déraison. Mais ce serait faire fausse route de ne voir en cette femme qu’une jeune naïve, car si sa candeur est rafraîchissante, Abigale n’en demeure pas moins un être de passion qui saura, au même titre que son bien-aimé, faire de lourds sacrifices pour s’assurer de leur félicité ou, du moins, d’un moyen de s’en rapprocher. J’aurais peut-être apprécié d’en apprendre plus sur cette dernière, mais j’ai été séduite par sa force de caractère et sa pugnacité surtout pour une femme du XIXe siècle à laquelle on a probablement plus appris l’obéissance que la liberté d’esprit et de cœur. D’ailleurs, l’auteur évoque, bien que ce soit brièvement, le sort des femmes à l’époque avec, entre autres, les mariages arrangés et la difficulté pour ces dernières de s’adonner à des centres d’intérêt comme les sciences et les technologies nouvelles, des sujets sérieux supposés être réservés aux hommes…

En trame de fond, est également évoquée la question de l’immortalité qui se peut révéler être un bien lourd fardeau, a fortiori quand elle semble se jouer de vous et vous ravir, année après année, l’objet de votre affection en même temps que tous vos repères qui s’envolent devant le progrès et les changements sociétaux. Une immortalité contre laquelle notre vampire semble lutter, en proie à de multiples tourments et à cette sensation qu’elle est incompatible avec toute humanité. Mais l’est-elle vraiment ou Josiah ne se perd-il pas dans ses illusions et croyances lui permettant d’éviter de se confronter à la réalité : ce sont bien plus nos actes qui nous définissent que notre supposée nature ? À cet égard, j’ai été très touchée par la leçon de vie offerte par un personnage aussi discret que remarquable qui, par un de ces caprices dont le destin a le secret, s’est révélé être autant serviteur que père de son créateur…

Roman à l’ambiance gothique, on y retrouve ce qui fait le charme du genre : une demeure inquiétante et quelque peu abîmée par le temps, la présence d’une créature fantasmagorique, la nostalgie du passé devant l’arrivée du progrès, des sentiments d’une extrême puissance qui dévastent tout sur leur passage, une héroïne qui sait ce qu’elle veut, l’horreur avec des scènes violentes et sanguinaires… Tout autant d’éléments, parmi d’autres, qui expliquent à quel point j’ai aimé me plonger dans cette atmosphère inquiétante au charme suranné.

En conclusion, Lorsque nous étions morts est l’histoire tragique d’un vampire peut-être pas aussi dépourvu d’humanité qu’il se complaît à le penser et d’une femme plus forte qu’il n’y paraît, séparés par un destin qui semble s’acharner à les empêcher de communier. Poétique, sombre et brutal, voici un roman qui devrait ravir les lecteurs avides de renouer avec l’image ténébreuse et torturée du vampire et les romances sombres et dramatiques dans lesquelles les sentiments, portés à leur paroxysme, s’inscrivent dans l’éternité.

Vert-de-Lierre, Louise Le Bars #PLIB2020

)Couverture Vert-de-lierre

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre.

À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

Noir d’absinthe (mars 2019)- Broché (15€) – Ebook (4,99€)
#ISBN9782490417247

AVIS

Encore une très bonne lecture réalisée dans le cadre du PLIB2020. Avec Vert-de-Lierre, je m’étais imaginée un conte fascinant empreint de mystère et d’horreur, et je ne m’étais pas trompée puisque c’est exactement ce que m’a offert cette histoire lue d’une traite.

Il faut dire que l’amoureuse des belles plumes en moi n’a pas résisté à la beauté de celle de Louise Le Bars, une autrice que je ne connaissais pas, mais qui m’a enchantée par la poésie de ses mots. Un style inimitable, alliance du charme suranné des textes d’antan, de descriptions d’une splendeur à vous couper le souffle et d’une capacité merveilleuse à donner vie à l’extraordinaire, à l’irréel. À la fin de ma lecture, j’ai ainsi eu le sentiment déstabilisant, mais ô combien délicieux, de ne pas avoir découvert une fiction, mais plutôt le récit d’une vie. Et quelle vie !

Alors que le résumé nous donne l’impression que le protagoniste principal est Olivier, un écrivain à succès en manque d’inspiration qui se rend dans le village de sa grand-mère récemment décédée, la réalité est tout autre… Cet homme, en quête de Madame la Muse, va se lancer sur la piste d’une légende locale, le Vert-de-Lierre, sorte de vampire ou succube végétal, avant de faire la connaissance de deux femmes énigmatiques dont la jolie Rose. Pas insensible au charme de cette dernière, il sera ravi qu’elle décide de lui confier son roman et donc qu’elle lui offre, par ce biais, la promesse de nouveaux échanges.

L’amour rend aveugle… On a coutume de le dire et quand l’on voit à quel point Olivier reste insensible aux signes, à ses cauchemars et à son intuition, l’écrivain ayant quelques dons plutôt inhabituels, on est en droit de le penser. Il y a quelque chose de mystérieux et d’insaisissable chez Rose qui inquiète et intrigue, mais Olivier préfère se plonger dans les écrits et la contemplation de sa belle.

À mesure que l’on découvre le roman de Rose qui évoque cette légende du Vert-de-lierre qui fascine Olivier, l’angoisse se fait de plus en plus prenante et pesante. Ce que l’écrivain refuse de voir, le lecteur, quant à lui, s’en fait le spectateur privilégié et hypnotisé, la vie de l’héroïne de Rose étant sombre et dramatique comme l’était la vie des femmes autrefois. Mais loin de s’être laissée enfermer dans un rôle qui ne lui convenait pas, l’héroïne de Rose s’est rebellée quitte à signer un pacte avec le diable… De victime à bourreau, la frontière est parfois mince, voire perméable ! Mais difficile de condamner, ou du moins de ne pas compatir, avec une personne qui ne demandait que le droit de vivre par et pour elle-même, et non selon le bon vouloir d’autrui et des convenances.

Mère qu’on le veuille ou non, sorcière, nonne, hystérique, chose que l’on offre contre des terres et de l’argent… Tout autant de sort peu enviable dont il était bien difficile, si ce n’était impossible de se dépêtrer ! À travers un récit surnaturel et une mise en abyme intéressante, c’est donc bien une réalité historique que l’autrice évoque abordant sans lourdeur et avec justesse le sort des femmes notamment au XIXe siècle. Mais les choses ont-elles tant changé que cela ?

En filigrane, est aussi question du féminin et du rapport à la nature ici omniprésente que ce soit à travers la légende du Vert-de-Lierre, les prénoms, la forêt, les fleurs et le jardin luxuriant de la propriété de la tante de Rose. Une nature source de vie, de splendeurs mais aussi de dangers… Une dualité que l’on retrouve tout au long du roman autant dans les personnages que les événements, ce qui apporte une certaine complexité à un récit que l’on cueille plus qu’on ne le lit.

En conclusion, Vert-de-Lierre est un sublime conte gothique dans lequel se mêle avec brio présent et passé, amour et mort, abandon et espoir et dans lequel bien et mal s’unissent dans une danse sensuelle et intemporelle… Empreint de mystère et sombre à souhait, c’est également le récit d’une vie, celle d’une femme qui a dû lutter pour exister quitte à perdre, en cours de route, une partie de sa moralité et de son âme. Amoureux de la nature, de textes poétiques et immersifs et de personnages fascinants oscillant entre rêve et cauchemar, ce roman est fait pour vous.

 

 

 

 

Melena Sanders, tome 1 : Hantée par les ténèbres, Susan Illene

Melena Sanders a mené bien des combats dans l’armée, contre les rebelles et les terroristes, mais la voilà face à une nouvelle menace. Sa meilleure amie, Aniya, a disparu lors d’un voyage à Fairbanks, en Alaska – un sanctuaire du surnaturel. La plupart des êtres humains ignorent que de sombres créatures rôdent parmi eux, mais pas Mel. Si elle veut retrouver son amie, elle va devoir affronter le danger seule – mais pas désarmée. Melena possède quelques atouts autres que les acquis de l’armée, mais elle va devoir rapidement trouver une solution qui leur éviterait à son amie et elle de mourir. Une guerre est sur le point d’éclater à Fairbanks entre les différentes puissances et elle n’a pas d’autre choix que de plonger en plein dans l’action.

Mxm Bookmark (29 avril 2016) – 368 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)

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Ayant une totale confiance en la collection Infinity des éditions Mxm Bookmark, je n’ai pas hésité à me lancer dans cette série dont je n’avais jamais entendu parler. Ce qui m’a attirée en premier lieu dans le résumé, est le profil atypique de l’héroïne qui est une ancienne militaire. Bien que cet aspect ne soit pas, pour le moment, utilisé outre mesure, ses compétences acquises durant son engagement dans l’armée lui seront néanmoins fort utiles… Melena va, en effet, devoir s’envoler en Alaska pour sauver sa meilleure amie,  Aniya, des griffes d’un mystérieux homme. Un voyage qui ne sera pas de tout repos et qui va la confronter à ce qu’elle fuit depuis longtemps : les surnaturels.

En tant que sensitive, il est dangereux pour la jeune femme de côtoyer ces êtres qui n’apprécieraient guère de savoir qu’elle puisse les détecter et encore moins qu’elle soit immunisée contre leur magie. C’est du moins ce que lui a appris sa protectrice avant de se faire tuer. Mais avec la disparition d’Anyia, Melena n’a pas d’autre choix que de se jeter dans la gueule du loup et d’affronter les créatures de ses cauchemars. Sorcières, loups-garous, vampires… tous semblent bien décidés à lui mettre le grappin dessus, les sensitives étant devenus une denrée rare et donc précieuse. Heureusement, la jeune femme n’est pas dénuée de ressources et fera de son mieux pour démêler le vrai du faux et retrouver son amie quitte à devoir accepter une collaboration forcée avec un loup-garou, Derrick.

J’ai beaucoup aimé ce personnage qui va se révéler amical, sympathique et assez protecteur, pas dans le sens « toi, femelle à moi », mais plus dans cette idée d’une amie qu’il aimerait garder en un seul morceau. Une position difficile à tenir puisqu’il travaille pour l’ennemie de Melena, une sorcière-vampire plutôt sadique et sans cœur. Derrick tranche assez avec les loups-garous que l’on peut trouver habituellement dans les livres d’urban fantasy tout en apportant une certaine complexité au roman. On découvre ainsi, petit à petit, son passé et ses blessures, ce qui nous permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles il consent à travailler pour une femme avide de pouvoir dont il n’approuve pas les actes…

D’autres personnages ont attiré mon attention comme Emily, une adolescente que Melena va prendre sous sa protection, un vampire taquin qui aime flirter avec notre héroïne sans oublier le mystérieux nephilim, Lucas. Ennemi juré de Melena dont il a tué la protectrice, il est censé être une menace pour cette dernière, mais s’évertue néanmoins à lui sauver la vie quand elle se met dans des situations inextricables… On en apprend un peu plus sur lui en dernière partie de roman, mais il conserve néanmoins une très grosse part de mystère. En revanche, nul doute qu’il est puissant, extrêmement puissant ! S’il n’y a pas de romance à proprement parler dans ce tome, on sent que Lucas devrait bientôt jouer un rôle dans la vie amoureuse de Melena, l’alchimie entre les deux personnages étant palpable…

J’apprécie, dans tous les cas, que l’autrice prenne le temps de poser le décor et de développer la personnalité de ses personnages avant de les jeter dans les bras l’un de l’autre. Cela nous pousse à anticiper avec impatience leur futur rapprochement tout en apportant une pointe de réalisme fort appréciable. Melena est, en effet, en guerre et n’a pas vraiment le temps de penser à l’amour quand sa meilleure amie est en danger. Devant l’urgence de la situation, elle emploiera les grands moyens n’hésitant pas à se mettre en danger pour la bonne cause et à mettre le doigt dans un engrenage infernal qui changera sa vie à jamais.

Si je ne me suis pas particulièrement attachée à cette héroïne, j’ai aimé sa pugnacité, son courage et, surtout, sa loyauté envers ses amies. C’est quelque chose que j’affectionne beaucoup dans les romans et qui prend une symbolique encore plus forte ici quand l’on sait que par amitié, Melena accepte de côtoyer des gens pour lesquels elle ressent une certaine défiance en raison de son éducation. Je trouve d’ailleurs intéressant que, sous couvert de fiction, l’autrice évoque les préjugés et les stéréotypes qui poussent à juger autrui sur ses origines plutôt que sur ses actes et sa personnalité. Fort heureusement, en cours d’aventure, notre héroïne va commencer à ouvrir les yeux sur un monde qu’elle a condamné dans son entièreté pour des exactions commises par quelques-uns…

Ce premier tome prend un peu de temps à démarrer, mais une fois les choses mises en place, les lecteurs sont entraînés dans un tourbillon de violence, l’autrice n’épargnant pas ses personnages ! Le rythme va crescendo jusqu’à une fin bourrée d’action et donnant lieu à une tonitruante révélation, du moins pour Melena, les lecteurs comprenant assez vite que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît. Mais n’oublions pas que les préjugés et le ressentiment aveuglent même les plus badass des héros… Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle à l’image de la série et de son héroïne : rythmée et dynamique !

En conclusion, Hantée par les ténèbres est un bon premier tome qui, en plus de nous plonger avec fracas dans une lutte acharnée pour le pouvoir, permet de faire connaissance avec les principaux personnages et d’entrevoir leur dynamique. Si vous avez envie de suivre une héroïne dotée d’une personnalité de guerrière et d’une loyauté sans faille, cette série devrait vous plaire. Pour ma part, je la poursuivrai avec plaisir curieuse de découvrir comment Melena va faire face à tous ces bouleversements que son arrivée en Alaska a entraînés dans sa vie… Enfer et mystère risquent fort bien d’être son nouveau credo surtout si un certain nephilim continue à venir la tourmenter !

Le mois de la bit-lit (juin 2020)

Ludo de la chaîne Youtube et du blog Prends un livre et détends-toi vous propose durant tout le mois de juin un challenge littéraire : le mois de la bit-lit.

La bit-lit est un genre dont je raffolais il y a une dizaine d’années avant de m’en lasser devant l’explosion des scènes de sexe me donnant plus l’impression de lire de la littérature érotique qu’autre chose. Néanmoins, depuis quelques semaines, je m’y suis remise et me régale avec des séries comme Ivy Wilde, Dynasties et, surtout, Kate Daniels.

Le challenge, qui se tient du 1er au 30 juin, tombe donc à point nommé !

Pour le valider, il vous faudra choisir entre quatre niveaux et différentes consignes. Pour ma part, j’ai choisi le niveau sorcière soit lire 6 romans. Parmi ces 6 livres, je peux en choisir 3 librement et 3 en fonction de consignes à piocher parmi une liste de 10.

Pour tous les détails, n’hésitez pas à lire l’article de Ludo ou à visionner sa vidéo :

MA PAL

Comme toujours, ma PAL est susceptible d’évoluer.

  • Livres choisis en fonction des consignes : un tome de saga sauf le 1 (Ivy Wilde, tome 2), moins de 400 pages (Ivy Wilde, tome 3) et il y a du rouge sur la couverture (Redwood, tome 1)

Couverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalitéCouverture Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresseCouverture Redwood, tome 1 : Jasper

  • Livres choisis librement :

Couverture Verity Long, tome 1 : Esprits du SudTango endiablé: InCryptid, T1 par [Seanan Mcguire, Delhia Alby]Couverture Kate Daniels, tome 5 : Meurtre magique

Et vous, lisez-vous de la bit-lit ?
Pensez-vous participer à ce challenge ?

Je ne suis pas une légende, Catherine Dufour

Je ne suis pas une légende

Pour inaugurer le Challenge The Maki Project, j’ai choisi une nouvelle de Catherine Dufour publié précédemment dans le recueil L’accroissement mathématique du plaisir : Je ne suis pas une légende.

À l’époque où Malo rencontra son premier vampire, il frôlait la dépression. Après deux ans de bons et loyaux services en tant que Life Time Value Manager chez Johnson & Johnson, une persistante absence de cravate doublée d’une regrettable propension à quitter le bureau en sifflotant sitôt son travail bouclé lui avait valu une mise au placard définitive. Dans les premières semaines de sa relégation, il essaya d’inverser la vapeur : il mit une cravate noire imprimée de petits ours rouges et passa de longues heures supplémentaires près de la machine à café. Peine perdue Il était trop tard. Beaucoup trop tard.

AVIS

C’est la référence au roman Je suis une légende de Richard Matheson qui a tout de suite attiré mon attention. Si je ne l’ai pas lu, j’avais apprécié son adaptation cinématographique bien qu’il me semble que cette dernière ait pris quelques libertés avec l’œuvre originale…

Tout au long de la nouvelle, l’autrice fait preuve d’un cynisme et d’un humour féroce, voire mordant, qui m’a bien plu. Elle pointe avec un certain talent les tares de nos sociétés capitalistes avec ces grands groupes historiques bercés par la valse ininterrompue des changements plus ou moins absurdes, mais qui ont au moins le mérite de leur donner l’impression d’être dans le mouvement…

Un mouvement que notre héros, Malo, a bien du mal à suivre. En ne jouant pas la comédie du parfait employé selon les critères de son employeur, le voilà placardé… Une aubaine selon ses amis (à lui la piscine en pleine journée), le début de la déprime pour lui ! Il saura néanmoins rebondir en utilisant les outils de la disgrâce mis à sa disposition par son employeur. Une capacité de rebond qui ne sera guère appréciée par ledit employeur qui espérait une lettre de démission et non pas un salarié ragaillardi par sa nouvelle réussite professionnelle aux frais de l’entreprise…

Mais les affres de la vie professionnelle ne sont finalement rien eu égard à l’épidémie de vampirisme qui frappe de plein fouet le pays… Nous suivons alors notre protagoniste dans sa lutte pour la survie dans un monde dominé par les vampires. La disparition de l’humanité se fait progressivement, sans révolte, sans tentative d’arrêter l’épidémie, les individus ressemblant à de gentils moutons conduits sans embûche à l’abattoir.

Seul Malo semble conscient de la situation sans pour autant pouvoir y faire grand-chose. Seul contre tous, que peut-il de toute manière faire si ce n’est s’arranger pour survivre et ne pas se transformer en réservoir à hémoglobine… C’est que le sang frais se fait rare ! Il est assez déstabilisant de constater que ce monde dont l’absurdité nous frappe de plein fouet ne semble pas perturber outre mesure notre protagoniste qui s’adapte avec une certaine facilité à la situation. Enfin au début parce la solitude et la folie finissent par le rattraper jusqu’à cette fin abrupte dont j’ai aimé le côté assez désabusé… 

Si l’écriture est très agréable, les critiques sous-jacentes non dénuées d’intérêt et le ton féroce à souhait, il m’a manqué un petit truc pour être totalement conquise.  À cela s’ajoute un passage court, mais particulièrement malsain, qui a joué sur mon appréciation globale. Un peu trop glauque pour moi…

En résumé, voici une nouvelle bien écrite qui se lit toute seule et qui a le mérite de nous pousser à nous interroger sur notre monde qui n’a pas attendu d’être vampirisé pour être bestial… Vampire ou humain, cela change-t-il finalement quelque chose à la marche du monde et de son économie ?

Pour télécharger gratuitement la nouvelle, ça se passe sur le site de la maison d’édition Le Bélial’, sur Kobo ou Amazon.

Galénor, Le livre des portes, Audrey Verreault

Couverture Galénor, tome 1 : Le livre des portes

Je remercie Audrey Verreault de m’avoir invitée à découvrir son roman, Galénor.

PRÉSENTATION

Dans un monde où cohabitent humains, elfes et inferniths – des êtres hybrides mi-humains, mi-démons comme des muses, des vampires, des chimères… la guerre fait rage. Mené par un mage noir nommé Kendrick, un groupe d’inferniths terrorise Galénor depuis des décennies – meurtres, maisons incendiées et disparations s’enchaînent… JudyAnn, une jeune paysanne, voit sa vie changée à jamais lorsque le célèbre Edgar Grimm Mérindol lui apprend qu’elle est une géminie, sorte de magicienne qu’elle croyait pourtant disparue… Elle partira pour la grande cité de Godwynn où elle apprendra à maîtriser ses pouvoirs avec Vincent, un professeur et un vampire pas comme les autres…

Amitié, amour, trahisons, surprises et dangers mortels l’attendent, dans un monde où il est parfois difficile de différencier le vrai du faux et où de vieilles craintes et superstitions se sont installées…Le livre des Portes est le premier tome des aventures de JudyAnn à travers Galénor.

AVIS

Galénor est un roman de fantasy efficace qui repose en grande partie sur un univers riche et très complet que l’on sent pensé avec soin, ou du moins, c’est l’impression que ma lecture m’en a laissé. Au gré de votre lecture, vous ferez la connaissance de tout un panel varié de créatures des plus courantes et connues aux plus inventives : loups-garous, vampires, elfes, gorgones, chimères, bayards…

Ces créatures s’insèrent avec naturel dans un monde scindé entre magie blanche et magie noire, entre lumière et ténèbres. Pour autant la situation est loin d’être aussi simple ! Très vite, on perçoit un malaise vis-à-vis du racisme dont font preuve les « gentils ». Certes, ils se refusent à employer la magie noire supposée corrompre les âmes, mais cela ne les empêche pas de mettre au ban de la société les inferniths, ces hybrides mi-hommes mi-démons, dont le seul tort est de ne pas être nés hommes.

De la même manière, si l’on peut comprendre l’antagonisme entre mages blancs et mages noirs, certains de ces derniers n’hésitant pas à piller et à tuer, comment accepter une société dans laquelle aucune nuance n’est permise ? Considérer chaque mage noir comme un démon sans lui laisser le bénéfice du doute n’est-il pas profondément injuste, et cela n’entretient-il pas inutilement le terreau de la guerre ? En se comportant de la sorte, les mages blancs méritent-ils vraiment de porter ce nom ?

Tout autant de questions que vous ne pourrez que vous poser à la lecture de cette histoire qui, sous couvert de fiction, aborde des thèmes importants comme l’intolérance, le poids des préjugés, le cercle vicieux de la méfiance, mais aussi la rédemption, le droit à une seconde chance, l’amour, l’amitié… Pour ma part, si cette question de l’intolérance qui est en filigrane tout au long du livre m’a intéressée, j’ai regretté une romance bien trop rapide et quelque peu clichée : la jeune ingénue qui n’est jamais sortie de son village qui tombe amoureuse presque tout de suite du protagoniste masculin, vampire séduisant de surcroît, l’amour impossible qui ne l’est pas tant que ça, des amoureux qui changent d’avis à chaque page alternant entre « je l’aime du plus profondément de mon âme » à « non, je ne peux pas l’aimer »…

C’est néanmoins le seul point qui ne m’a pas convaincue, le reste du roman s’étant révélé à la hauteur de mes attentes que ce soit au niveau du bestiaire que j’ai adoré, des thèmes abordés, ou encore de l’action bien dosée. Il n’y a ainsi aucun temps mort dans ce récit où il se passe toujours quelque chose, les personnages alternant entre apprentissage de la magie, enquête sur des meurtres et attaques de mages noirs et recherche de moyens pour se protéger du plus dangereux d’entre eux, Kendrick, d’autant que celui-ci semble avoir une connexion particulière avec JudyAnn.

La jeune fille est au centre de ce premier tome et je dois dire que j’ai mis un peu de temps à l’apprécier, cette dernière ayant, en début de roman, quelques préjugés sur les non-humains. On peut comprendre qu’elle a été formatée par une éducation en vase clos qui la rend peu accueillante en matière de diversité, mais qu’est-ce qu’elle a pu m’exaspérer avec ces « je l’aime mais je ne peux pas, c’est un VAMPIRE ». Fort heureusement, l’ingénue des débuts va laisser place à une jeune fille qui s’affirme de plus en plus osant désobéir aux directives qui ne lui semblent pas justes même si elle ne prendra pas toujours les meilleures décisions. Il faut dire que passer du statut de villageoise à celui de gémini n’est pas une chose aisée et demande quelques ajustements !

Les géminis sont des couples de sorciers vivant en symbiose, la mort de l’un signifiant celle de l’autre. Un statut rare et précieux que JudyAnn va devoir, aux côtés de trois autres camarades dont sa sœur qu’elle ne connaissait pas, s’approprier. Les géminis possèdent, en outre, tous un pouvoir qu’ils doivent découvrir et apprendre à maîtriser.. J’ai adoré le concept développé par l’autrice qui se révèle aussi fascinant que terrifiant comme le découvriront par eux-mêmes certains personnages. J’ai également apprécié le pouvoir, ou plutôt les pouvoirs, de notre héroïne dont elle aura fort besoin pour traverser les épreuves qui se présenteront à elle, affronter les nombreux dangers qu’elle ne manquera pas de rencontrer et faire face à sa véritable nature. Attendez-vous donc à quelques révélations mais aussi à des trahisons…

Les personnages secondaires sont variés et complémentaires même si j’ai regretté que leurs personnalités ne soient pas plus creusées, mais cela est peut-être prévu par la suite puisque nous sommes ici dans un premier tome. Je les ai donc trouvés sympathiques sans vraiment développer d’attachement pour eux. J’ai, en revanche, adoré Mérindol, un magicien bienveillant, altruiste, doux, tolérant et profondément humain qui sera un peu le mentor des quatre géminis. Sa passion pour les illusions d’optique et leurs significations, en plus de correspondre assez bien à ce personnage excentrique, est intéressante et ajoute à l’aura de mystère qui se dégage du récit…

L’univers dépeint par l’autrice, alliance de modernité et de tradition, les tablettes côtoyant sans peine les parchemins enchantés, est riche et complexe, mais n’en demeure pas moins très accessible que l’on soit coutumier ou non de la fantasy. Les informations essentielles sont ainsi distillées au compte-goutte, ce qui permet de s’approprier facilement l’histoire d’autant que la plume immersive et plutôt dynamique de l’autrice rend la lecture simple, fluide et agréable.

En conclusion, GalénorLe livre des portes est un roman de fantasy qui s’appuie sur un bestiaire étoffé et un monde parfaitement pensé en amont pour offrir un univers riche, complexe et détaillé dans lequel on prend plaisir à s’immerger. Entre apprentissage de la magie, découverte de deux forces opposées en action, amour, amitié, trahisons et mystère, les personnages seront poussés dans leurs retranchements et réaliseront que les règles sont parfois faites pour être transgressées ! Mages blancs, contre mages noirs, bien contre mal, et si finalement, tout n’était pas si simple ?

Site de l’autrice – Retrouvez le roman sur Amazon

Lys Striker – Tome 1 : Piégée par le passé, Stéphane Soutoul

Un grand merci à Stéphane Soutoul, dont j’aime beaucoup le travail, de m’avoir proposé de découvrir le premier tome de Lys Striker publié aux éditions Rebelle. Je le remercie également pour sa très chouette dédicace.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Elle tuait les monstres. À présent, elle protège leurs secrets.
Il fut une époque où Lys Striker assassinait des créatures surnaturelles. Un job lucratif dans lequel elle excellait aux côtés de Camélia, son mentor. Lorsque celle qui lui a tout appris est abattue, la jeune fille alors âgée de douze ans se retrouve seule sur le banc des accusés.
Libérée quelques années plus tard, la fleuriste de dix-neuf ans n’aspire plus qu’à un seul désir : se racheter une conduite et profiter d’une vie nouvelle. Mais la disparition d’un de ses proches ne laisse comme autre alternative à Lys que de renouer avec son passé. Elle accepte le chantage de Rosarius, un vampire aussi vénéneux que manipulateur. Ce dernier se propose de libérer l’otage qu’il détient à condition que l’ancienne tueuse exécute une mission pour lui.
Toute la question est de savoir si cet organisateur de paris clandestins pour le moins spéciaux tiendra parole et quelles seront ses règles du jeu.

Rebelle éditions (9 octobre 2018) – 282 pages – Broché (18,90€) – Ebook (4,90€)

AVIS

Bien que Lys ait plus l’habitude de manier les poignards que les pieux, il se dégage de la couverture une ambiance Buffy contre les vampires que j’aime beaucoup. Mais si Buffy pouvait compter sur le Scooby-Gang pour l’aider à affronter les dangers, la jeune fille n’aura pas cette chance…

Un tueur en série sévit à Montpellier. Un problème déjà grave en soi mais qui prend une tournure encore plus inquiétante quand ses agissements laissent craindre sa nature vampirique. Alors que Lys pensait avoir laissé sa carrière de tueuse de Surnaturels derrière elle, Rosarius, un vampire aussi charmant qu’agaçant, va la contraindre à reprendre du service. Il détient, en effet, sa demi-sœur en otage et ne la libérera que si Lys traque et tue le vampire serial killer qui attire un peu trop l’attention sur la communauté de la Nuit. C’est que les Blafards tiennent à leur anonymat diantre !

Ravie de retrouver la plume de Stéphane Soutoul et la finesse qui la caractérise, il m’a fallu quelques pages pour m’immerger dans le récit ayant été un peu déstabilisée par la manière assez analytique, et peut-être un peu redondante, avec laquelle Lys se décrit aux lecteurs. Cela ne m’a toutefois pas empêchée d’être très touchée par cette jeune femme dont l’histoire et les fragilités ne pourront que vous émouvoir.

Élevée par une tueuse de Surnaturels qui l’a conditionnée à tuer dès son plus jeune âge, Lys est loin d’avoir eu une enfance conventionnelle et équilibrée. Oubliez l’amour maternel et les jeux d’enfants, faites place aux entraînements intensifs et à une vie entièrement tournée vers le crime ! On comprend alors sans peine qu’après avoir passé des années enfermée suite au meurtre de sa protectrice, Lys n’aspire plus qu’à une vie simple et calme au sein de sa famille de cœur…

Une vie bien rangée de fleuriste amatrice de thé, et de romancière à ses heures perdues, que n’a aucune honte à faire voler en éclats Rosarius. Archétype du vampire beau gosse manipulateur, on ne peut cependant pas s’empêcher d’éprouver, à l’instar de Lys, une certaine fascination pour l’aura de puissance et de danger qu’il dégage. Ses échanges avec la jeune tueuse ne manqueront pas de vous faire sourire puisque son charme s’accompagne d’une certaine propension à la taquinerie, ce qui ne sera pas du goût de Lys. Difficile en effet de s’amuser quand l’un de vos proches est en danger, et qu’un énergumène aux dents longues, au sens propre comme au sens figuré, met votre vie en danger !

Enrôlée contre son gré dans une chasse au vampire qui prend des allures de pari sur la mort, Lys va devoir affronter un être dangereux que personne ne semble pouvoir arrêter dans sa course folle à la vengeance. Perclus de chagrin suite à la mise à mort de sa bien-aimée, il est prêt à tout pour mettre à exécution son diabolique plan quitte, au passage, à tuer quelques milliers d’innocents. Malgré son manque d’entraînement, Lys ne manque heureusement pas d’atouts pour combattre ce puissant ennemi. Elle pourra s’appuyer sur son intelligence, sa débrouillardise, sa rapidité, ses vieux réflexes qui remontent très vite à la surface, son courage, mais également sur un soutien inattendu dont je ne vous dévoilerai rien si ce n’est qu’il promet de pimenter le duo Lys/Rosarius…

Les personnages ne sont pas fondamentalement originaux, mais ils possèdent cette ambivalence qui les rend intéressants. Ni tout noirs ni tout blancs, ils oscillent entre ombre et lumière ce qui apporte une certaine tension au récit ainsi que quelques sympathiques rebondissements. L’une des révélations m’a d’ailleurs prise de court et donné très envie de lire le deuxième tome pour découvrir comment Lys va faire face à cette redistribution des cartes qui a fait vaciller son monde. De la même manière, je suis impatiente de voir dans quelle direction la relation entre la jeune tueuse et certains personnages comme Rosarius va évoluer. Quelque chose me dit que le vampire n’est pas prêt de la laisser tranquille, mais pour sa défense, comment refuser un peu d’animation dans une vie d’immortel bien remplie mais dénuée de surprises ?

Et question animation, l’auteur nous gâte puisqu’au-delà d’une héroïne dont il a pris grand soin de développer la psychologie, le récit ne souffre d’aucun temps mort. Il n’y a pas de l’hémoglobine à chaque page, mais il se passe toujours quelque chose dans la vie de Lys qui essaie, tant bien que mal, de protéger sa famille adoptive du monde surnaturel. Entre les négociations avec un vampire maître dans l’art des paris et du bluff, la traque d’un tueur rendu fou par le chagrin, les combats avec des créatures assoiffées de sang et la (re)découverte de ses capacités de guerrière, la jeune femme n’a pas une minute à elle.

Le roman se lit donc très vite. Quelques chapitres de plus ne m’auraient d’ailleurs pas dérangée, mais j’ai apprécié que l’auteur, fidèle à ses habitudes, ne se perde pas en détails inutiles. Les amateurs de livres menés tambour battant devraient donc apprécier la concision de ce premier tome qui réunit, en moins de 300 pages, tous les ingrédients d’un bon livre de bit-lit, le sexe et la vulgarité en moins : des créatures surnaturelles dangereuses au regard hypnotique, de l’action, de l’humour, une héroïne attachante au passé trouble, un certain mystère, de la magie, des rebondissements… Un cocktail efficace et détonant pour une lecture plutôt addictive !

L’auteur a également su apporter une touche d’originalité bienvenue à un genre dorénavant bien installé en choisissant Montpellier comme théâtre des événements. Je n’ai pas d’attaches particulières pour cette ville dont je n’ai jamais foulé les portes, mais j’ai apprécié que pour une fois, une histoire de vampires ne se déroule pas aux États-Unis, mais bien en France. Merci donc à l’auteur de nous avoir prouvé que les rues de nos villes pouvaient abriter une faune surnaturelle variée sans que cela ne nuise à l’intrigue, bien au contraire. La facilité avec laquelle on s’imagine les déplacements de Lys et les endroits qu’elle visite rend ainsi le récit particulièrement immersif et réaliste, que l’on ait la chance de connaître Montpellier ou non.

En conclusion, porté par une héroïne attachante dont on apprend à découvrir et à apprécier les forces et les faiblesses, ce premier tome réunit tous les ingrédients d’un bon roman de bit-lit.  Stéphane Soutoul a ainsi réussi à s’approprier avec naturel et brio les codes du genre tout en veillant à insuffler son propre style à un roman qui se révèle aussi prenant que percutant. Si vous êtes en quête d’un livre de bit-lit de qualité qui allie beauté du style et intrigue rondement menée, ce roman devrait vous plaire. Et bonne nouvelle, le tome 2 est prévu pour octobre.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Rebelle.

Throwback Thursday Livresque #96 : pavés livresques ou séries longues

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Niveau série, il y a l’embarras du choix à partir du moment où on lit de la bit-lit, les auteurs et autrices semblant étaler leurs aventures sur des tomes et des tomes. Et puisqu’il faut bien en choisir une, je pense à la première série du genre que j’ai lue et, miracle, terminée : La communauté du Sud (Charlaine Harris)

Couverture La communauté du sud, tome 01 : Quand le danger rôde

Les vampires vivent désormais parmi les humains grâce à un substitut leur permettant de se nourrir sans tuer. Mais la méfiance règne toujours à Bon Temps, petite ville de l’Amérique profonde. L’arrivée de Bill, ténébreux vampire du me siècle va bouleverser la vie de la jeune serveuse télépathe, Sookie, d’autant qu’une vague de crimes s’abat sur la ville.

Pourquoi ce choix ?

On suit une jeune femme, un peu naïve et maladivement poissarde, dans une petite ville de Louisiane, un endroit qui a toute son importance puisqu’il donne le tempo et l’atmosphère si particulière de cette série.

Sookie a un don particulier qui va attirer bien malgré elle des êtres peu recommandables à commencer par des suceurs de sang. Et comme la demoiselle semble parfois manquer d’instinct de préservation, elle va s’immiscer dans ce monde de la nuit et dans cette vie rythmée par des attaques de créatures plus ou moins aimables. Il y a aussi de l’amour, beaucoup d’amour d’ailleurs avec un triangle amoureux qui émerge en cours d’intrigue et des rebondissements peu crédibles. Le côté romance prend parfois un peu trop d’importance à mon goût d’autant que j’ai trouvé Bill, le vampire amoureux, peu intéressant et bien souvent agaçant.

De tome en tome, Sookie perd de sa naïveté et gagne en maturité et en confiance en elle. Elle va aussi faire face à de terribles épreuves tout comme ses proches et ami(e)s. La série est rythmée, Sookie ayant le don d’attirer les ennuis, et se lit plutôt facilement du moins pour les premiers tomes. Au bout d’un moment, j’ai eu l’impression que l’autrice faisait durer une série qui était arrivée à bout de ce qu’elle pouvait offrir. On finit donc par tourner en rond et à aller dans tous les sens. Manquant de cohérence vers la fin, c’est plutôt à reculons que je me suis plongée dans les dernières aventures d’une serveuse peu ordinaire et à la destinée plutôt sanglante.

En parallèle de la série livresque, j’ai également vu la série tv qui se démarque nettement de l’œuvre originale…

Et vous, connaissez-vous cette série ? Qu’en avez-vous pensé ?

Top Ten Tuesday #100 : 10 romans de ma PAL mettant en scène des vampires

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Pour ce Top Ten Tuesday, j’ai eu envie de vous présenter 10 livres de ma PAL dans lesquels les vampires tiennent une place importante

Couverture ADN vampire, tome 1 : CarmineCouverture Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l'épée

Couverture Bloodlines, book 6 : The Ruby CircleCouverture Chroniques des vampires, tome 01 : Entretien avec un vampire

Couverture Carmilla (Mazzanti)Anno Dracula par Newman

L'Historienne et Drakula, tome 1 par KostovaCouverture Les étranges soeurs Wilcox, tome 2 : L'ombre de Dracula

Femme du Vampire par BlazonRouge toxic par Caussarieu

Et vous, dans la thématique du vampire, quel livre me conseillez-vous ?