Top Ten Tuesday #233 : vos 10 couples préférés dans les romans

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Pour le thème de la semaine, vos 10 couples préférés dans les romans, j’ai pioché principalement dans mes lectures d’urban fantasy et dans mes romances enemies to lovers préférées… Mais vous trouverez aussi un classique, de la fantasy et de l’historique.

  • Darcy et Elizabeth dans Orgueil et préjugés : c’est pour moi LE couple !
  • Ophélie et Thorn dans La Passe-Miroir : il m’aura fallu du temps pour apprécier les personnages en tant que couple mais je les trouve tous les deux très touchants.
  • Kate et Curran dans la série Kate Daniels.
  • Poppy et Hawke dans From Blood ans Ash.
  • Charlie et Blade dans Tu fais quoi pour Noël ? Je t’évite ! : probablement le couple le plus électrique !
  • Macon Saint et Delilah dans Dear Enemy : encore un couple qui se déteste avant de s’aimer.
  • Cath et Bones dans la série Chasseuse de la nuit : ce couple a longtemps été mon préféré en urban fantasy/bit-lit.
  • Bane et Dorian dans la série française Bane Seed.
  • Olive et Ethan dans L’anti-lune de miel.
  • Solange et Childéric dans Je n’aimerai plus.

vos 10 couples préférés dans les romans

Et vous, quels sont vos couples littéraires préférés ?

 

 

Wolf girl (tome 1), Leia Stone

Couverture Wolf Girl, tome 1

Quand mes parents ont été bannis de Wolf City avant ma naissance, j’ai pensé qu’il n’y avait aucune chance que je revive un jour dans une meute. Menottée, avec ma magie de métamorphe contenu, on m’a forcée à intégrer une école avec des sorcières et des vampires afin d’empêcher ma vraie nature de sortir.
Puis je l’ai rencontré. Sawyer Hudson.
Le fils de l’Alpha visitait le Delphi College et m’a repérée. Il m’a jeté un coup d’œil, et une heure plus tard, j’étais retirée de l’école, emmenée à Wolf City, laissant derrière moi mes parents et tout ce que je connaissais.
Cette année Sawyer, le futur alpha, sélectionne sa compagne, et chaque femme âgée de 18 à 22 ans doit être présente. Me voilà maintenant à l’Université des sciences lycanthropiques de Sterling Hill, en plein milieu d’un Bachelor pour loups-garous !
Et juste au moment où je pensais maîtriser les choses, Sawyer libère mes menottes et ma magie et voit ce que je suis vraiment.
Le problème, c’est que je ne sais pas en quelle créature je me transforme. Mais ce n’est pas un loup-garou ordinaire, c’est sûr.

Hachette Lab (15 septembre 2021) – 7,99€

AVIS

Bien que classique dans le fond, Wolf girl réussit à introduire une certaine originalité par la nature particulière de l’héroïne que je n’avais encore jamais croisée. Je vous laisserai évidemment le plaisir de la découverte, mais l’idée de l’autrice m’a plu, d’autant qu’elle permet d’aborder, sous couvert de fiction, un sujet difficile. Demi est ainsi marquée profondément dans sa chair, mais pas seulement, par un événement traumatisant. Seule fille-loup de sa fac, elle doit également faire face au harcèlement de ses camarades, alors que des bracelets magiques l’empêchent de riposter sous peine de ressentir de terribles souffrances.

Si Demi est la seule représentante de son espèce à la fac, c’est que les autres loups-garous vivent à Wolf City, une ville de laquelle ses parents ont été bannis avant sa naissance. La jeune femme ne connaît pas la raison de ce bannissement, mais elle en subit tous les jours les conséquences. Ceci explique qu’elle n’hésite pas à quitter sa ville et sa fac pour rejoindre l’Université des sciences lycanthropiques de Sterling Hill, quand une opportunité se présente à elle. Séparée de ses parents et de sa meilleure amie, l’étudiante va devoir s’adapter à sa nouvelle vie, en comprendre les codes, tout en participant à un Bachelor pour loups-garous. Une compétition organisée pour permettre à Sawyer, la personne grâce à laquelle elle a pu quitter sa fac, de choisir sa future épouse, condition sine qua non pour qu’il puisse devenir le nouvel alpha. 

J’ai eu peur de tomber dans un roman ressemblant à La Sélection de Kiera Cass, mais le côté Bachelor n’est finalement qu’un prétexte pour permettre à Sawyer de briser l’exil de Demi qui, comme on s’en doute, ne le laisse pas indifférent. N’aimant pas le principe d’un homme qui met en concurrence des femmes avant d’en choisir une, j’ai apprécié que Demi partage mon indignation. Et puis, fort heureusement, Sawyer n’est pas non plus fan du concept : il participe parce qu’il y est obligé, mais on ne doute guère de quel côté son cœur balance. Pour ma part, j’ai regretté une attraction trop rapide entre les personnages, car cela ôte tout suspense quant à l’évolution de leurs sentiments. L’autrice joue néanmoins très bien la carte des sentiments avec des réparties et des déclarations qui devraient ravir le cœur des personnes qui, contrairement à moi, n’ont pas besoin de voir une relation se construire pour y croire. 

La romance est un peu trop consensuelle et rapide pour m’avoir conquise, mais j’ai apprécié tout le mystère autour de l’exil des parents de Demi, et celui entourant la nature particulière de la jeune femme. Une nature qu’elle va devoir apprendre à apprivoiser et à mieux connaître pour son propre bien. Se pose également la question des raisons de l’obsession des vampires pour la jeune femme, des dents longues qui n’hésitent pas à attaquer des loups-garous pourtant capables de se défendre ! Mais ce ne seront pas les seuls dangers que Demi, le garçon de ses rêves et ses amis devront affronter, l’autrice nous réservant des ennemis plutôt retors. À cet égard, la mythologie autour de ces derniers m’a fortement intéressée, d’autant qu’on réalise que la situation n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît…

Les scènes d’action sont parfaitement maîtrisées avec une fluidité dans les descriptions qui apporte un réalisme et un dynamisme certain ! Les sentiments de Demi sont également bien développés bien que l’on reste sur une narration rythmée, fluide mais manquant de caractère, et, peut-être, de maturité. Mais j’imagine que cela s’explique, en partie, par le public visé. Néanmoins, l’aura de mystère bien présente compense ce point d’autant que contrairement à ce que je craignais, Sawyer évite le cliché du bad boy. Et là, je dis un grand merci à l’autrice n’en pouvant plus de ces protagonistes masculins magnifiques, ténébreux mais toxiques.

Protecteur, mais prévenant et respectueux, Sawyer m’a agréablement surprise et quelque peu peinée par sa position de futur alpha qui l’oblige à participer à cette mascarade de sélection. Mais il n’a pas le choix pour une raison que l’on découvre en cours de lecture et qui apporte une dynamique intéressante à sa relation avec Demi. Quant à cette dernière, elle a su me toucher par son courage, sa résilience, et la manière dont elle tente de comprendre sa nature profonde et de faire face à un monde qui n’est pas le sien. J’ai également beaucoup apprécié la cousine de Sawyer avec laquelle Demi s’est liée d’amitié. Rigolote et bienveillante, tout en étant capable d’être incisive, Sage est une petite bouffée d’oxygène à elle toute seule ! Je regrette juste que l’autrice ait choisi de conclure son premier tome sur un événement qui relance certes l’intrigue, mais qui m’a semblé un peu trop dramatique, que ce soit dans son exécution ou les réactions qu’il suscite chez un personnage.

En conclusion, Wolf City est un roman YA qui se révèle assez classique dans son déroulé, mais original quant à la nature de son héroïne et le secret entourant un protagoniste masculin qui s’éloigne du cliché éculé du bad boy ! Loin du harem que j’avais redouté, on découvre ici une romance entre deux êtres inexorablement attirés l’un par l’autre, des êtres qui vont devoir faire face à des dangers de différentes natures et des ennemis, entre vampires et espèces hybrides… Rythmé et auréolé d’une bonne dose de mystère, Wolf City devrait plaira aux amateurs de romances paranormales ou à ceux souhaitant s’initier au genre à travers un roman rapide et facile à lire, qui nous laisse entrevoir une suite dans laquelle les cartes sont redistribuées !

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour cette lecture.

Throwback Thursday Livresque #212 : H comme…

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


À la lecture du thème de la semaine, H comme…, j’ai tout de suite pensé à L’Héliotrope, premier tome de la série Steam Sailors. Mais venant tout juste de publier ma chronique, j’ai préféré vous parler d’un livre lu il y a un petit moment et que j’avais adoré : Histoires du soir pour filles rebelles : 100 destins de femmes extraordinaires.

Couverture Histoires du soir pour filles rebelles, tome 1 : 100 destins de femmes extraordinaires

Les succès et accomplissements féminins ayant une légère tendance, dans le meilleur des cas, à être minimisés ou associés à celui d’un homme, dans le pire à être occultés des livres d’histoire, j’ai apprécié de découvrir le portrait de femmes que je ne connaissais pas ou très peu. Le livre est à destination d’un jeune public et reste donc concis quant aux informations données, mais il n’en demeure pas moins intéressant même pour un public plus âgé. Pour ma part, cela m’avait donné envie d’approfondir l’histoire de ces femmes extraordinaires. Bonus non négligeable, les portraits illustrés qui permettent de mettre un visage derrière des noms et donc de donner encore un peu plus vie aux femmes mentionnées…


Le thème du jour m’a également fait penser à une autrice qui fait partie de mes valeurs sûres : Helen Harper. 

Si je n’ai pas encore publié mon brouillon sur l’excellente série d’uban fantasy Les liens du sang, dont j’avais enchaîné les tomes en VO, vous pouvez retrouver sur le blog mes chroniques des tomes de la trilogie Ivy Wilde : Quand fainéantise rime avec magie, Meurtre, magie et télé-réalité et S.O.S Fantômes en détresse. Une série que j’ai également appréciée, mais qui ne m’a pas provoqué les mêmes sensations que la première. Mais si vous aimez les chats qui parlent, et pas très poliment, les sorcières rigolotes et les duos qui se révèlent parfaitement complémentaires, Ivy Wilde devrait vous plaire. 

Couverture Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie

Et vous, quel livre ou auteur(e) auriez-vous cité(e) ?
Ces ouvrages vous tentent-ils ?

 

Black Blade, tome 1 : Froid brûlant, Jennifer Estep

Couverture Black Blade, tome 1 :  Froid brûlant

« Visitez Cloudburst Falls, la ville la plus magique d’Amérique ! »

Cloudburst Falls est le seul endroit au monde où les magicks – des gens dotés de pouvoirs –, et les êtres surnaturels peuvent vivre au grand jour. Des Familles rivales, véritables mafias aux facultés redoutables, dirigent la cité, assurant la protection des quartiers qu’ils se sont octroyés.

Et moi dans tout ça ? J’essaie d’éviter les ennuis. Après tout, squatter le sous-sol de la bibliothèque municipale et ne jamais sortir sans l’épée en sang-fer qui a appartenu à ma mère sont des risques suffisants. Mon CV parle pour moi : voleuse hors pair, rien ne me résiste. Pas le choix, je dois me faire discrète. Et s’il n’y avait que ça… J’ai un autre don, très convoité, qui pourrait me mettre en danger.

Un jour, j’assiste à un règlement de comptes. Le sexy Devon de la Famille Sinclair est sur le point de se faire tuer, et je n’ai que deux options : rester dans l’ombre et le laisser mourir, ou m’exposer pour lui sauver la vie. Bon, ben, j’ai dû me planter. Les Familles ont assassiné ma mère, et on dirait bien que je vais finir comme elle…

Éditions Alter Real (3 septembre 2021) – Ebook (5,99€) – Papier (19,90€)
Traduction : Annabelle Blangier

AVIS

J’ai lu le premier tome de la série Black Blade dans le cadre d’un blog tour organisé par Between dreams and reality en partenariat avec les éditions Alter Real qui, par son intermédiaire, m’ont permis de lire la version numérique du roman. Je les en remercie même si, contrairement aux autres participantes, je n’ai guère été enthousiasmée par ma lecture, malgré quelques bonnes idées… 


Attirée par la couverture et le résumé, j’ai eu envie de découvrir Black Blade avant de très vite déchanter. Le roman n’est pas mauvais en soi, mais je me suis ennuyée presque durant toute ma lecture, et ça, c’est rédhibitoire. Parce qu’ouvrir sa liseuse en soupirant d’avance n’est jamais très agréable, la lecture fut laborieuse et source d’une certaine exaspération devant une intrigue pleine de potentiel, mais qui manque de caractère en raison de personnages caricaturaux, et un certain manque de profondeur. J’ai ainsi eu l’impression de toujours rester à la surface des choses... Il est possible que mon ressenti provienne en partie de l’âge des personnages, mais appréciant beaucoup la littérature YA, cette explication ne me convainc guère, d’autant que même la mère de la Famille, pourtant plus âgée, ne brille pas par sa complexité ni, en dernière partie de roman, par sa cohérence.

Dommage parce que l’héroïne avait du potentiel. Encore affectée par le meurtre de sa mère, elle vit une vie assez isolée entre ses vols, que nous appellerons sobrement missions pour Mo, et le lycée qu’il l’oblige à fréquenter. Une vie routinière, mais dangereuse, qui va prendre un tout autre tournant quand Lila va intervenir dans une tentative d’assassinat, sauvant le fils de la dirigeante de l’une des deux Familles qui contrôlent la ville. Le début des ennuis parce que s’il y a une chose que toute personne sensée sait, c’est qu’il vaut mieux rester éloigné des conflits entre les Familles sous peine d’y laisser sa peau. Et Lila le sait mieux que personne…

Contrainte de servir de garde du corps à Devon, Lila va découvrir que sa vie de voleuse de choc était finalement bien plus sûre que celle de protectrice d’un jeune homme qui, en plus de la tenter terriblement, semble avoir une cible sur le dos. La relation entre les deux personnages ne m’a pas intéressée le moins du monde, mais je reconnais avoir apprécié la manière dont Lila va découvrir la vie au sein d’un manoir quand elle s’était habituée à la solitude. Si la plupart des personnages m’ont laissée de marbre, même cette héroïne qui possède pourtant un bagage émotionnel intéressant, je me suis beaucoup attachée à un pixel. Oscar se montre d’emblée très agressif et irascible avec Lila, mais il va progressivement abaisser ses barrières pour nous dévoiler ses blessures et les raisons de son comportement. Il a su toucher une corde sensible en moi qui m’a poussée à guetter ses trop rares apparitions.

L’intrigue ne m’a pas convaincue, les personnages mériteraient, du moins pour moi, d’être retravaillés, et le côté Roméo et Juliette d’une histoire liant deux personnages secondaires est tellement peu exploité qu’il m’a juste fait lever les yeux au ciel, mais le roman n’est pas dénué de certains atouts. À commencer par un univers divisé entre mortels, au doux surnom de péquenauds, monstres et magicks, à savoir des personnes avec des pouvoirs magiques. J’ai apprécié de découvrir la mythologie liée à cet univers et les formes de pouvoir qui existent. Lila possède ainsi deux pouvoirs, l’un de vision et l’autre de transfert, une capacité rare et donc à cacher aux yeux des autres. Mais ce n’est pas la seule à posséder un pouvoir unique qu’il est préférable de ne pas ébruiter sous peine de faire l’objet de bien dérangeantes attentions…

En plus de la magie, j’ai aimé tout le folklore lié aux monstres et aux droits de passage, une tradition que Lila veille à respecter scrupuleusement, ce qui n’est pas le cas de tous. L’ambiance presque mafieuse avec deux Familles qui règnent et s’affrontent sans relâche pour le pouvoir, l’argent et la magie ajoute, en outre, une dimension dramatique intéressante. Ainsi, si les Sinclair font de leur mieux pour contrer la tyrannie des Draconi, ceux-ci semblent néanmoins avoir une petite longueur d’avance, d’autant qu’ils sont prêts à tout pour s’imposer, et que leur dirigeant est un homme impitoyable et vicieux à l’extrême.

À cet égard, on peut dire que les capacités de Lila, sa force et son intelligence seront un atout indispensable pour le salut des Sinclair, une Famille dans laquelle elle est entrée à son corps défendant, mais qui pourrait lui offrir quelque chose qu’elle n’osait pas vraiment espérer. Et puis, au fil des péripéties, Lila va découvrir qu’elle ressemble peut-être bien plus à sa mère qu’elle ne le pensait. Une mère dont elle n’a pas encore fait le deuil, mais qui lui a appris tout ce qu’elle sait, et qui lui a transmis une certaine force de caractère. Car si Lila est une voleuse émérite, elle est également une combattante de talent ! 

Quant à la plume de l’autrice, elle est fluide et plutôt agréable. Ce qui ne m’a pas convaincue, c’est une certaine tendance à la superficialité et aux facilités, et un manque de subtilité dans la manière de donner les informations sur l’univers et l’héroïne, comme si l’autrice avait eu du mal à les rattacher naturellement à l’intrigue principale. Ce sentiment s’estompe néanmoins à mesure que défilent les pages.

En conclusion, Black Blade ne m’a pas apporté ce que je recherchais en raison d’une certaine superficialité dans le traitement des personnages, des facilités, des longueurs et des clichés rendant l’histoire peu concluante, du moins pour moi. Néanmoins, force est de reconnaître que l’univers est intéressant avec une cohabitation entre humains, monstres et magicks, et une guerre impitoyable entre deux grandes Familles, Une guerre dans laquelle va être plongée bien malgré elle notre héroïne et qui va la contraindre à sortir de sa solitude et d’une certaine manière, l’aider à se révéler à elle-même. Pour ma part, je ne poursuivrai pas la série, mais n’hésitez pas à vous faire votre propre opinion, d’autant que malgré quelques maladresses dans la narration, la plume de l’autrice n’en demeure pas moins assez fluide, et que le roman semble bien noté sur Livraddict.

Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresse, Helen Harper

Couverture Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresse

Si quelqu’un peut comprendre ce que reposer en paix veut dire, c’est bien Ivy. Enfin, « se » reposer en paix, en tout cas.

Tout juste remise sur pied après son affrontement macabre avec un nécromancien, Ivy est de nouveau plongée dans un monde de mystère, d’aventure, et de désastre imminent. C’est pas de sa faute : apparemment, elle est désormais la seule personne au monde à pouvoir communiquer avec les morts. Et malheureusement pour elle, ils ont la langue bien pendue et une grosse liste de réclamations.

Quand, en échange de son aide, les fantômes lui apprennent qu’un tueur en série assassine discrètement des sorcières, Ivy ne peut pas rester sans rien faire. Elle risque cependant de s’attirer plus d’ennuis qu’elle ne l’imagine… et c’est sans parler du dîner en costard prévu chez les parents de Winter…

AVIS

Avis Tome 1 : Quand fainéantise rythme avec magie – Avis tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

Je râle souvent contre les séries de bit-lit et d’urban fantasy à rallonge, mais je n’aurais pas été contre quelques tomes supplémentaires, adorant Ivy Wilde et sa fausse fainéantise. Mais puisque toutes les bonnes choses ont une fin, je me suis plongée avec plaisir dans cet ultime tome, en me faisant la promesse de ne pas attendre trop longtemps pour lire la nouvelle bonus.

Si j’ai apprécié ce tome, j’ai peut-être été un peu déçue de son côté très classique et presque trop sage par rapport à un deuxième tome, dont la tension montait crescendo jusqu’à se faire suffocante. Ici, alors que l’autrice évoque un tueur en série de sorcières particulièrement calculateur et sans cœur, je n’ai jamais ressenti d’angoisse particulière ni cette peur viscérale qu’il arrive quelque malheurs aux personnages. J’ai néanmoins suivi avec intérêt l’enquête d’Ivy et de Raphaël sur les traces de ce meurtrier qui voue une haine féroce aux sorcières, des êtres qu’il accuse de tous les maux et qu’il traque méthodiquement et avec un certain machiavélisme, voire professionnalisme. Vous verrez, en effet, qu’il a pensé à tout et qu’il ne laisse aucune place au hasard !

Bien que l’enquête reste très classique dans son fond, elle a au moins le mérite de permettre à Ivy d’exploiter son nouveau talent : la communication avec les morts ! Un petit effet secondaire de sa rencontre avec un jeune nécromancien dans le tome précédent. Des fantômes, en veux-tu en voilà pourrait être le nouveau crédo de la pauvre Ivy qui doit entendre sans relâcher leurs jérémiades et se faire houspiller de manière plus ou moins véhémente. Mais vous connaissez Ivy maintenant, une fois le choc passé face à ses nouvelles capacités, elle reprend du poil de la bête et fait ce qu’elle sait faire de mieux, remettre à leur place les impudents. Cela ne l’empêchera pas de les aider quand elle le peut, notre sorcière ayant un bon cœur. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le fantôme d’une jeune fille qui a vu son cercle de sorciers décimé et celui de l’Ipsimus qui a permis à l’Ordre d’être l’organisation que nous connaissons. Autoritaire, méprisant et colérique, au fil des pages, on finit néanmoins par s’attacher à cette figure de l’Ordre que j’aurais adorée voir un peu plus…

Ce tome, mené tambour battant, ne manque pas d’action, mais il permet également de constater l’évolution de la relation entre Raphaël et Ivy qui sont plus proches, complices et complémentaires que jamais. Si l’efficacité du duo sur le plan professionnel ne fait aucun doute, on apprécie également de voir à quel point, ils forment un beau couple au quotidien. On s’amusera, en outre, de l’influence qu’ils ont l’un sur l’autre : grâce à Ivy, notre sorcier a appris la flexibilité, la diplomatie et la nécessité de savoir parfois transgresser les règles, et grâce à Raphaël, Ivy a gagné un certain sens des responsabilités et une relative tempérance. Mais ce qui fait le charme de nos amoureux, c’est aussi la manière dont ils continuent à se taquiner et à se moquer gentiment des défauts de l’autre qu’ils acceptent sans réserve. Helen Harper nous brosse donc le portrait d’un couple amoureux ayant su développer une relation touchante et saine, ce qui n’est pas si courant…

Bien que la série soit terminée, j’ai le sentiment qu’il y a encore matière à faire vivre d’autres (més)aventures à Ivy, d’autant qu’un grand changement s’annonce autour d’elle. Alors si je n’ai pas vu de communication autour d’une reprise de la série, j’en serais ravie même si je ne suis pas certaine que Brutus, notre félin au vocabulaire peu châtié, soit d’accord pour qu’on vienne de nouveau interrompre ces sacro-saintes siestes ! Après tout, s’il a choisi d’être le familier d’Ivy, c’est bien pour une raison : sa supposée fainéantise…

En conclusion, bien que cette conclusion manque peut-être un peu de flamboyance, elle n’en demeure pas moins fidèle à ce qui fait le charme de la série : de l’humour, des personnages attachants, de l’amour, beaucoup d’action, de la magie et des tas d’ennuis ! Si vous en quête d’un roman qui vous fera sourire et passer quelques heures de divertissement sans prise de tête, Ivy Wilde devrait vous plaire.

Throwback Thursday livresque #201 : une série (plus de 3 tomes)

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Le thème de la semaine, une série de plus de trois tomes, m’ayant pas mal inspirée, j’ai eu un mal fou à faire mon choix. Mais j’ai fini par opter pour une série dont le premier tome a été un quasi coup de cœur : Les liens du sang d’Helen Harper.

De prime abord, Mack est peut-être une humaine d’apparence ordinaire, mais elle vit avec une meute de métamorphes en Cornouailles, dans la province anglaise, après y avoir été abandonnée par sa mère quand elle était encore enfant. Elle souhaite désespérément être acceptée par sa famille adoptive, et pas seulement parce que beaucoup la détestent de n’être qu’une simple humaine : pour une raison inconnue, son sang n’accepte pas la transformation.

Avec ses cheveux roux et son tempérament de feu, Mack est incroyablement douée en combat, et quand l’alpha de sa meute est brutalement assassiné, elle jure de le venger. Malheureusement, le meurtre attire l’attention des membres de la Fraternité (les dirigeants du monde des métamorphes) qui n’hésiteront pas à massacrer la petite meute provinciale de Mack s’ils découvrent qu’une humaine s’y cache depuis son enfance.


Découverte par hasard sur Amazon, l’autrice proposant gratuitement le premier tome en anglais, la série m’a tenue en haleine une bonne partie du mois de décembre de l’année dernière, puisque si j’ai attendu un certain temps entre la lecture du premier et du deuxième, j’ai ensuite enchaîné les tomes restants. Depuis la fin de ma lecture, une chronique générale sur la série est d’ailleurs en attente dans mes brouillons…

Je peux néanmoins déjà vous dire que si vous aimez les héroïnes badass, mais terriblement attachantes, cette série devrait vous plaire. Mack est une jeune femme qui cherche sa vraie nature tout en tentant vaillamment de ne pas mettre sa meute en danger en s’exposant… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle tente de garder ses distances avec un alpha qui se montre très intéressé par cette femme qui ne semble pas ce qu’elle prétend être, et qui a tendance à défier son autorité.

S’engage alors entre eux un jeu du chat et de la souris terriblement addictif qui pousse clairement à tourner les pages les unes après les autres ! Le duo Mack/Corrigan a un petit côté Kate Daniels/Curran qui m’a bien plu, d’autant que l’autrice arrive à lui donner un vrai cachet qui permet au duo de développer son identité propre. 

 À noter que pour une fois, la couverture de la version française est bien plus belle que celle de la version originale.


Et parce que je n’ai pas pu résister, je vous propose également mon manga préféré pour illustrer ce thème : Black Butler. Vous êtes nombreux et nombreuses à connaître cette série emblématique, mais si ce n’est pas encore le cas, je ne peux que vous encourager à lui donner sa chance. Tome après tome,  Yana Toboso arrive à se renouveler, à partir dans des directions inattendues, à nous mettre face à des révélations surprenantes, et à approfondir la psychologie de ses personnages, qui se révèlent d’ailleurs plutôt hauts en couleur. Un pur bonheur !

Couverture Black Butler, tome 01

Et vous, à quel titre auriez-vous pensé ?
Ces séries pourraient-elles vous tenter ?

Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité, Helen Harper

Couverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

Moteur. Ça tourne… Inaction ! Ivy Wilde, paresseuse sorcière de l’Ouest et addict de la Sieste, est toujours obligée de faire copain-copain avec le Saint Ordre des Lumières Magiques. Ce qui n’est pas si mal, hein, vu que ça lui donne un prétexte du tonnerre pour passer plus de temps avec Raphaël Winter, son pseudo-Némésis aux yeux saphir. Et quand il toque à sa porte en lui demandant d’aller jouer l’espionne sur le tournage de sa série préférée, Enchantement, elle saute sur l’occasion. Glander sur un plateau télé, c’est sûrement pas difficile… ni dangereux… n’est-ce pas ?

AVIS

Retrouvez mon avis du tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie

Ayant beaucoup apprécié le premier tome, je me suis plongée avec enthousiasme dans cette suite qui m’a semblé encore plus savoureuse, palpitante et amusante. J’ai adoré retrouver Ivy, une sorcière fainéante par essence, extrêmement douée par nature. C’est d’ailleurs ce décalage entre ses talents innés pour la magie et sa volonté assumée d’en faire le moins possible qui rend cette sorcière aussi drôle et attachante. Malheureusement pour elle, l’Ordre, une organisation de sorciers qu’elle fuit comme la peste, semble s’évertuer à faire de sa vie un long et fatigant voyage.

Elle se retrouve ainsi impliquée dans une enquête délicate qui va la conduire dans un trou paumé des Highlands où un affreux meurtre a été commis. Mais pour une fois, Ivy ne rechigne pas devant l’effort ! Il faut dire que cette enquête va lui permettre de passer un peu de temps avec Raphaël Winter, ce sorcier qui fait battre son cœur, malgré sa détestable tendance à être un bourreau de travail. Et cerise sur le gâteau, sa mission va lui permettre de mettre les pieds sur le plateau de son émission de télé-réalité préférée, une émission dans laquelle les candidats sont censés avoir au moins un soupçon de magie ! Mais parce qu’il faut toujours un mais, ce ne sera pas en dilettante, mais en tant que coursière corvéable à merci, du moins, jusqu’à ce qu’un concours de circonstances la fasse passer de l’ombre à la lumière…

L’enquête sur le meurtre se révèle plutôt intéressante et bien amenée, mais elle va surtout nous conduire dans les arcanes d’une magie puissante, maléfique et redoutable. L’autrice fait monter la tension crescendo à tel point que j’ai lu la dernière partie presque en apnée. Autant vous le dire tout de suite, j’ai vraiment tremblé pour Ivy qui n’est pas ménagée dans ce deuxième tome. Entre la méchanceté de certains candidats, le travail épuisant, les fausses pistes et le danger qui semble provenir de nulle part et partout à la fois, notre sorcière préférée n’a pas une minute pour se reposer. Et quand on la connaît, on sait que c’est loin de la ravir…

Si ma seule et unique expérience de la télé-réalité se résume à la première saison de Loft Story, cette plongée dans les coulisses de la télé-réalité m’a beaucoup plu. On y découvre la concurrence féroce, la jalousie, le rythme de travail insensé, les faux-semblants, les scénarios montés de toutes pièces, les candidats formatés pour correspondre aux archétypes voulus par la direction… Il n’y a pas à dire, être un candidat de télé-réalité, ce n’est pas une sinécure ! Mais il en faudra bien plus à Ivy pour perdre son légendaire aplomb et s’avouer vaincue.

Ivy, avec son humour et son sens de la répartie, c’est 100% de fun et pas mal de problèmes, bien qu’ils soient rarement de sa faute. Alors on savoure chacune de ses (més)aventures et on attend avec impatience de la voir de dépêtrer avec brio de situations dans lesquelles on n’aimerait pas, mais alors pas du tout, être plongés. À titre d’exemple, les créatures qu’elle va rencontrer dans les Highlands se révèlent tout simplement cauchemardesques ! Ivy pourra heureusement compter sur le soutien de Raphaël Winter qui se montre un poil jaloux, mais absolument craquant. Les deux sorciers vont devoir régler un petit malentendu, mais à aucun moment, on ne doute de leur complicité et de leur compatibilité. N’a-t-on pas l’habitude de dire que les contraires s’attirent ? Pour ma part, j’ai adoré leurs interactions, la manière dont ils se provoquent et se cherchent…

Dans ce tome, on retrouve également d’autres connaissances comme Tarquin qui est toujours un boulet franchement agaçant, le chef de l’Ordre qui m’a semblé ici bien plus humain et Brutus, le familier d’Ivy. Dans le premier tome, je n’avais pas accroché à ce chat qui parle, le trouvant inutilement vulgaire. Mais avec cette suite, je dois revoir mon avis puisqu’il m’a semblé bien plus intéressant. J’ai apprécié ses quelques interventions qui ont le mérite de nous prouver que si M. apprécie beaucoup de manger, il n’est pas non plus indifférent au sort de sa sorcière apprivoisée. J’espère que le troisième tome confirmera cette chouette évolution et surtout qu’elle nous permettra de retrouver une Ivy remise d’aplomb après toutes les épreuves qu’elle a dû traverser. Pour quelqu’un qui se dit fainéante, elle a quand même bien tendance à courir de tous les côtés !

Comme souvent avec l’autrice, le roman se révèle très vite addictif et les pages défilent comme par magie. Et si l’humour est bien présent, l’ambiance n’en demeure pas moins parfois très sombre, certains événements m’ayant d’ailleurs étonnée par leur dureté et brutalité. En d’autres termes, Helen Harper sait tenir ses lecteurs en haleine, alternant entre moments drôles et moments possédant une belle intensité dramatique. Impossible donc de s’ennuyer quand on se lance dans un tome d’Ivy Wilde.

En conclusion, si vous avez envie d’un roman d’urban fantasy bourré d’humour, d’action, de magie et de personnages hauts en couleur, dont une sorcière très drôle qui n’a pas la langue dans sa poche, Ivy Wilde est fait pour vous. Rires et grande aventure garantis !

Aes Sidhe – tome 1 : la meute maudite, Alfreda Enwy

Aes Sidhe, tome 1 : La meute maudite par Enwy

 

Après le succès de sa saga Infinite Love, Alfreda Enwy revient à ses premières amours avec Aes Sidhe, une série d’urban-fantasy qui mêle loups, légendes, romance et dangers.

Niamh n’est pas une vétérinaire comme les autres. Fille de l’alpha de la meute la plus respectée de la région, sa beauté n’a d’égal que son tempérament de feu. Lorsque sa meute se retrouve en proie à une épidémie meurtrière, Niamh semble être la seule épargnée. Prête à tout pour les siens, la jeune femme se lance dans une quête aussi dangereuse que désespérée. Mais elle ne sera pas seule. Khael, puissant changeforme au charme redoutable, est bien décidé à accompagner la belle louve, qu’elle le veuille ou non.

Si ce premier tome n’est pas exempt de petits défauts, j’ai quand même passé un moment de lecture sympathique auprès d’une héroïne que j’ai adorée, notamment pour ses capacités magiques lui permettant de guérir les animaux. Très pratique pour une vétérinaire, même si la jeune femme fait attention à ce que son talent ne s’ébruite pas. D’ailleurs, à part sa meilleure amie, personne n’est au courant autour d’elle, même pas son ancien amant et meilleur ami Andrew ni son père dont elle est pourtant proche…

L’autrice prend le temps de nous familiariser avec son héroïne et ses proches, ce qui fait que si on ne s’ennuie pas, le premier quart du roman ne se révèle pas non plus palpitant. Heureusement, l’action finit par démarrer et Niamh se retrouve dans une situation qui la terrifie : à part les humains et les enfants, tous les membres de sa meute semblent frappés par une mystérieuse et inexplicable épidémie. Tous sauf elle ! Devant l’urgence de la situation, elle se lance tête baissée sur la seule piste qu’elle possède, quitte à devoir s’allier avec Khael, le plus puissant et redoutable des changeformes.

Un changeforme dont la plastique et la forte personnalité ne la laissent pas indifférente. Elle alterne donc entre l’envie de l’étriper et de le remettre à sa place, et celle de se rapprocher de lui. Les amateurs de romance devraient apprécier le jeu qui s’instaure entre les deux personnages, leur attirance l’un pour l’autre et leur complémentarité étant indéniables. Mais si j’ai aimé suivre la progression de leur relation et la manière dont ils vont devoir apprendre à travailler ensemble et à se faire confiance pour le bien de la meute, j’ai surtout apprécié de voir à quel point Khael va œuvrer pour aider Niamh à prendre confiance en elle et en ses capacités.

Alors que la jeune femme tente de cacher son talent unique afin de rentrer dans le rang, le changeforme va l’aider à s’accepter et à chérir sa différence. En outre, contrairement à Andrew et sa tendance à vouloir l’enfermer dans un cocon, il va la soutenir dans les moments difficiles, tout en la laissant mener ses propres combats. En d’autres termes, il va la considérer comme une égale et non comme une frêle jeune femme à protéger des dangers.

J’ai été touchée par Niamh, sa force de caractère, son courage et son côté très humain qui la pousse à mettre tout en œuvre pour aider les siens, parfois au mépris de sa propre vie. Son enquête pour remonter jusqu’aux origines de l’épidémie va, en effet, la conduire sur un chemin dangereux, mais elle va aussi la confronter à sa propre nature et une histoire maternelle auréolée d’un certain mystère ! J’espère que cet aspect sera approfondi dans le second tome puisqu’ici, on ne fait que l’ébaucher.

À l’inverse, j’ai regretté qu’on s’appesantisse un peu trop sur sa relation avec son ex compagnon Andrew, nous laissant craindre un potentiel triangle amoureux, alors que ce n’est pas le cas. Je comprends que l’autrice ait voulu, par ce biais, nous montrer la différence de comportement entre Andrew et Khael, mais j’aurais préféré qu’à la place, elle nous parle un peu plus des légendes et croyances amérindiennes de la meute. Il aurait également été intéressant d’apporter plus d’informations sur cet univers où se mêlent vampires, lycanthropes, créatures maritimes fort peu sympathiques et autres espèces magiques.

Malgré ces deux petits bémols, je me suis complètement laissée happer par ma lecture, d’autant qu’au fil des pages, le rythme s’intensifie jusqu’à nous conduire à une terrible révélation que je n’avais, pour ma part, pas du tout anticipée. La découverte m’a agréablement surprise, mais j’ai trouvé que les explications manquaient quelque peu de subtilité et avaient un côté un peu trop théâtral, qui nuisait clairement à la charge dramatique et émotionnelle de la scène. Là, on tombe sur quelque chose de caricatural alors que les raisons du malheur ayant frappé la meute étaient finalement très humaines…

Mais cela ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup de plaisir à suivre Niamh dans son enquête sur un mal pernicieux, dont la source ne devrait pas manquer de la surprendre, et dont les conséquences funestes vont la contraindre à faire un lourd et douloureux sacrifice. Sans tomber dans le pathos, l’autrice nous offre d’intenses et purs moments d’émotions où les sentiments de la jeune femme s’imposent à nous dans toute leur force : impuissance, tristesse, sentiment de trahison, incompréhension…. Fort heureusement, Niamh est une battante et si les épreuves traversées l’ont durement affectée, elles ne l’ont pas détruite !

Quant au style d’écriture, je l’ai trouvé agréable et assez fluide. L’autrice alterne avec efficacité entre découverte de l’univers et de la vie de son héroïne, mystère, phases d’action et de séduction, et moments intenses emplis de dangers et d’émotions. Un équilibre qui rend la lecture de ce premier tome agréable et qui donne envie de découvrir la suite des aventures d’une héroïne attachante à la forte personnalité et au don unique !

You slay me, tome 1 de Katie MacAlister

You Slay Me ("Aisling Grey, Guardian, Novel" Book 1) (English Edition) par [Katie Macalister]

Aisling Grey is a courier enjoying a free, work-related trip to Paris when she learns she’s a Guardian. That’s a keeper of the Gates of Hell, for those who don’t know. She finds this out from Drake Vireo, who’s scrumptiously sexy-at least in his human form. Now Drake has stolen the package Aisling was sent to deliver, and she must track him down, get the package, and try to resist the passion boiling inside her.

AVIS

C’est sur le blog Between dreams and reality que j’ai découvert cette série qui, malgré une couverture kitsch à souhait, m’a fait passer un bon moment de lecture auprès d’une héroïne américaine qui n’a pas, mais alors pas de chance du tout. Alors qu’Aisling est en mission à Paris pour son oncle, elle découvre que la personne à laquelle elle devait délivrer un précieux objet a été assassinée et que, comble de la malchance, le charmant homme rencontré sur la scène du crime, en plus d’être un potentiel meurtrier, le lui a volé. Enfer et damnation, tonton ne va pas être content et la police parisienne risque de fort mal interpréter sa présence sur la scène du crime…

Aisling est le genre d’héroïne qui ressemble à madame Tout-le-Monde à ceci près que c’est un puits à ennui, les meurtres ayant une légère tendance à se multiplier autour d’elle ! Sa mission à Paris va également la plonger dans un monde surnaturel dont elle ne veut pas entendre parler. Mais les événements vont la rattraper en même temps que le très sexy Drake, un homme pouvant se transformer en dragon, avec lequel elle va se retrouver bien plus liée qu’elle n’accepte de l’admettre. La relation entre les deux personnages est plutôt amusante et devrait ravir les amoureux de romances paranormales, le duo se révélant plutôt piquant ! Je suis d’ailleurs très curieuse de découvrir comment la relation entre les deux personnages va évoluer dans le deuxième tome puisqu’ils ne semblent pas vraiment partager la même vision d’un potentiel futur à deux. Bien que parfois un peu possessif, j’ai apprécié Drake et la manière dont l’autrice joue sur l’une des caractéristiques des dragons, l’amour de l’or et des trésors quels qu’ils soient. Une chose qui va quelque peu compliquer la vie d’Aisling et qui risque fort de la compliquer dans le futur.

Au-delà de la relation entre notre héroïne et son dragon et du côté enquête plutôt bien amené, ce sont les personnages secondaires qui rendent cette série tellement amusante et attachante. Aisling va ainsi être épaulée par un chauffeur de taxi haut en couleur, Rene. En plus de la transporter dans les rues de Paris et de l’aider à échapper à ses poursuivants, il va lui apprendre quelques phrases de français qui, à défaut d’avoir un véritable sens, ne manqueront pas de vous arracher un sourire. Il existe un certain mystère autour de ce personnage ! D’ailleurs, sa manière d’être toujours là au bon moment et de ne pas prendre la poudre d’escampette devant certains événements d’origine surnaturelle me pousse à m’interroger sur sa véritable nature…. J’espère qu’on en apprendra plus dans la suite de la série, mais pour le moment, j’aime beaucoup cette figure du chauffeur de taxi non dénué d’humour, de gouaille et de courage.

Aisling pourra également compter sur sa nouvelle amie française et un démon assez particulier revêtant l’apparence d’un chien hilarant qui n’a pas la langue dans sa poche. J’ai eu un coup de cœur pour ce démon qui m’a beaucoup amusée et que j’adorerais adopter bien qu’il puisse parfois se montrer râleur et imprévisible…. Quand notre héroïne a décidé d’invoquer un démon, ce n’est probablement pas cette figure canine qu’elle attendait, mais cela lui apprendra une leçon importante : ne pas jouer avec la magie quand on n’est pas certain d’en maîtriser les règles. Côté magie, j’ai d’ailleurs hâte d’en apprendre plus sur le rôle dans le monde surnaturel qu’elle est censée jouer et sur la manière dont elle va arriver à accepter ou non son engagement avec un certain dragon sexy. Parce que si Aisling semble vouloir prendre ses distances, quelque chose me dit que Drake ne l’entend pas de cette oreille…

En conclusion, You Slay me est le premier tome d’une série fort sympathique qui, au-delà d’une enquête pleine de rebondissements dans le monde de l’occulte parisien, nous permet de découvrir une palette de personnages particulièrement hauts en couleur et attachants. Rythmé, non dénué de suspense, plein d’humour et auréolé d’une tension amoureuse plutôt savoureuse entre deux personnages que tout oppose, voici un roman à lire pour un moment de détente sans prise de tête.

Roman dorénavant traduit par les éditions Alter Real qui, pour l’occasion, ont offert un beau relooking à la couverture.

Aisling grey - t01 - un dragon pas si charmant - aisling grey #1  - Katie MacAlister

Melena Sanders, tome 1 : Hantée par les ténèbres, Susan Illene

Melena Sanders a mené bien des combats dans l’armée, contre les rebelles et les terroristes, mais la voilà face à une nouvelle menace. Sa meilleure amie, Aniya, a disparu lors d’un voyage à Fairbanks, en Alaska – un sanctuaire du surnaturel. La plupart des êtres humains ignorent que de sombres créatures rôdent parmi eux, mais pas Mel. Si elle veut retrouver son amie, elle va devoir affronter le danger seule – mais pas désarmée. Melena possède quelques atouts autres que les acquis de l’armée, mais elle va devoir rapidement trouver une solution qui leur éviterait à son amie et elle de mourir. Une guerre est sur le point d’éclater à Fairbanks entre les différentes puissances et elle n’a pas d’autre choix que de plonger en plein dans l’action.

Mxm Bookmark (29 avril 2016) – 368 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Ayant une totale confiance en la collection Infinity des éditions Mxm Bookmark, je n’ai pas hésité à me lancer dans cette série dont je n’avais jamais entendu parler. Ce qui m’a attirée en premier lieu dans le résumé, est le profil atypique de l’héroïne qui est une ancienne militaire. Bien que cet aspect ne soit pas, pour le moment, utilisé outre mesure, ses compétences acquises durant son engagement dans l’armée lui seront néanmoins fort utiles… Melena va, en effet, devoir s’envoler en Alaska pour sauver sa meilleure amie,  Aniya, des griffes d’un mystérieux homme. Un voyage qui ne sera pas de tout repos et qui va la confronter à ce qu’elle fuit depuis longtemps : les surnaturels.

En tant que sensitive, il est dangereux pour la jeune femme de côtoyer ces êtres qui n’apprécieraient guère de savoir qu’elle puisse les détecter et encore moins qu’elle soit immunisée contre leur magie. C’est du moins ce que lui a appris sa protectrice avant de se faire tuer. Mais avec la disparition d’Anyia, Melena n’a pas d’autre choix que de se jeter dans la gueule du loup et d’affronter les créatures de ses cauchemars. Sorcières, loups-garous, vampires… tous semblent bien décidés à lui mettre le grappin dessus, les sensitives étant devenus une denrée rare et donc précieuse. Heureusement, la jeune femme n’est pas dénuée de ressources et fera de son mieux pour démêler le vrai du faux et retrouver son amie quitte à devoir accepter une collaboration forcée avec un loup-garou, Derrick.

J’ai beaucoup aimé ce personnage qui va se révéler amical, sympathique et assez protecteur, pas dans le sens « toi, femelle à moi », mais plus dans cette idée d’une amie qu’il aimerait garder en un seul morceau. Une position difficile à tenir puisqu’il travaille pour l’ennemie de Melena, une sorcière-vampire plutôt sadique et sans cœur. Derrick tranche assez avec les loups-garous que l’on peut trouver habituellement dans les livres d’urban fantasy tout en apportant une certaine complexité au roman. On découvre ainsi, petit à petit, son passé et ses blessures, ce qui nous permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles il consent à travailler pour une femme avide de pouvoir dont il n’approuve pas les actes…

D’autres personnages ont attiré mon attention comme Emily, une adolescente que Melena va prendre sous sa protection, un vampire taquin qui aime flirter avec notre héroïne sans oublier le mystérieux nephilim, Lucas. Ennemi juré de Melena dont il a tué la protectrice, il est censé être une menace pour cette dernière, mais s’évertue néanmoins à lui sauver la vie quand elle se met dans des situations inextricables… On en apprend un peu plus sur lui en dernière partie de roman, mais il conserve néanmoins une très grosse part de mystère. En revanche, nul doute qu’il est puissant, extrêmement puissant ! S’il n’y a pas de romance à proprement parler dans ce tome, on sent que Lucas devrait bientôt jouer un rôle dans la vie amoureuse de Melena, l’alchimie entre les deux personnages étant palpable…

J’apprécie, dans tous les cas, que l’autrice prenne le temps de poser le décor et de développer la personnalité de ses personnages avant de les jeter dans les bras l’un de l’autre. Cela nous pousse à anticiper avec impatience leur futur rapprochement tout en apportant une pointe de réalisme fort appréciable. Melena est, en effet, en guerre et n’a pas vraiment le temps de penser à l’amour quand sa meilleure amie est en danger. Devant l’urgence de la situation, elle emploiera les grands moyens n’hésitant pas à se mettre en danger pour la bonne cause et à mettre le doigt dans un engrenage infernal qui changera sa vie à jamais.

Si je ne me suis pas particulièrement attachée à cette héroïne, j’ai aimé sa pugnacité, son courage et, surtout, sa loyauté envers ses amies. C’est quelque chose que j’affectionne beaucoup dans les romans et qui prend une symbolique encore plus forte ici quand l’on sait que par amitié, Melena accepte de côtoyer des gens pour lesquels elle ressent une certaine défiance en raison de son éducation. Je trouve d’ailleurs intéressant que, sous couvert de fiction, l’autrice évoque les préjugés et les stéréotypes qui poussent à juger autrui sur ses origines plutôt que sur ses actes et sa personnalité. Fort heureusement, en cours d’aventure, notre héroïne va commencer à ouvrir les yeux sur un monde qu’elle a condamné dans son entièreté pour des exactions commises par quelques-uns…

Ce premier tome prend un peu de temps à démarrer, mais une fois les choses mises en place, les lecteurs sont entraînés dans un tourbillon de violence, l’autrice n’épargnant pas ses personnages ! Le rythme va crescendo jusqu’à une fin bourrée d’action et donnant lieu à une tonitruante révélation, du moins pour Melena, les lecteurs comprenant assez vite que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît. Mais n’oublions pas que les préjugés et le ressentiment aveuglent même les plus badass des héros… Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle à l’image de la série et de son héroïne : rythmée et dynamique !

En conclusion, Hantée par les ténèbres est un bon premier tome qui, en plus de nous plonger avec fracas dans une lutte acharnée pour le pouvoir, permet de faire connaissance avec les principaux personnages et d’entrevoir leur dynamique. Si vous avez envie de suivre une héroïne dotée d’une personnalité de guerrière et d’une loyauté sans faille, cette série devrait vous plaire. Pour ma part, je la poursuivrai avec plaisir curieuse de découvrir comment Melena va faire face à tous ces bouleversements que son arrivée en Alaska a entraînés dans sa vie… Enfer et mystère risquent fort bien d’être son nouveau credo surtout si un certain nephilim continue à venir la tourmenter !