L’enfaon, Éric Simard

Couverture L'enfaon

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il y a un nouveau dans la classe de Leila. Mais l’enfaon n’est pas un élève comme les autres, il vient du CHGM, le Centre des Humains Génétiquement Modifiés. Si l’enfaon est très fort à la course et en poésie, il n’écoute pas toujours ce que dit la maîtresse, et son regard se perd sans cesse de l’autre côté de la vitre, vers la forêt…

Syros Jeunesse (28 janvier 2010) – 42 pages – Mini Syros – Broché (3€)
NB : une nouvelle édition est disponible

AVIS

J’ai lu ce livre sans trop savoir à quoi m’attendre et j’y ai découvert un récit plein de poésie qui m’a beaucoup touchée. Éric Simard, à travers l’histoire d’un enfant mi-homme mi-faon, aborde avec sensibilité et justesse les thèmes de la différence, du rejet et de l’acceptation de soi.

L’enfaon est différent certes, mais c’est avant tout un être avec sa propre sensibilité qui a, comme tout le monde, besoin d’être aimé et accepté. Il sera moqué, mais il pourra heureusement compter sur le soutien de Leila, une enfant très touchante dont on devine sans peine la grande gentillesse et l’ouverture d’esprit. Quand certains élèves considéreront la différence de L’enfaon comme un sujet de moquerie, celle-ci n’y verra que beauté !

L’enfaon, de par sa nature hybride, a des difficultés scolaires, mais cela ne l’empêchera pas de développer sa propre forme d’intelligence et de grandes qualités. Il n’est ainsi peut-être pas très bon en mathématiques, la logique froide et implacable de la matière ne lui convenant guère, mais il excelle en poésie et en sport… Grâce à ce personnage atypique et émouvant, j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait subtilement l’importance de laisser aux enfants la possibilité d’être eux-mêmes, et de leur donner leur chance même quand ils ne rentrent pas dans les standards de l’enseignement classique. C’est en tout cas le message que je retire de l’histoire et qui me semble important pour les enfants qui ne se sentent pas forcément à leur place à l’école.

Dans ce roman, il est également question d’amour, d’amitié et de maladie… Bien que ce dernier thème ne soit qu’effleuré et toujours avec une certaine retenue, c’est fait avec tellement de douceur qu’il ne pourra que vous émouvoir et vous toucher. L’auteur insuffle également à son histoire quelques pistes de réflexion sur les avancées médicales et technologiques ainsi que leurs limites éthiques et morales.

En conclusion, bien que le roman se déroule dans un univers de science-fiction avec la présence d’Humains Génétiquement Modifiés, Éric Simard évoque des sujets universels qui ont touché, touchent ou toucheront tous les lecteurs ! Destiné aux enfants, le livre est court, mais il contient tous les ingrédients pour susciter moult émotions chez ses lecteurs, petits et grands.

Site de l’auteur
Feuilletez/retrouvez le livre sur le site des éditions Syros

Publicités

Là où se cache le diable, Benjamin Guérif

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Souvent, même les phénomènes les plus troublants ont une explication simple. Et ce truc est juste derrière chez moi ! »

Adam est un adolescent solitaire. Ses parents viennent d’acheter une maison isolée en pleine campagne et, malgré la sinistre brume hivernale, il prend plaisir à explorer, après les cours, ce paysage à l’abandon. Un soir, il aperçoit une lueur qui vacille au-dessus du sol, comme un spectre. Adam n’a jamais eu peur des fantômes, il veut comprendre ce qu’il a vu. Seulement, la  » réalité  » est parfois plus étrange qu’on ne le croit…

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Syros Jeunesse (7 mai 2015)
  • Collection : LE RAT NOIR
  • Prix : 14€

AVIS

Le principal intérêt de ce roman réside, pour moi, dans la manière dont l’auteur a réussi, à travers l’histoire d’un adolescent solitaire, à ouvrir de nombreuses pistes de réflexion sur des questions comme la réalité, la construction de légendes, de croyances et de superstitions, le jeu dangereux des apparences… Benjamin Guérif s’amuse donc, avec un certain talent, à conduire les lecteurs sur de fausses pistes. À cet égard, la fin est déroutante, mais particulièrement bien construite. Elle conclut à merveille une histoire qui nous prouve que les apparences sont souvent trompeuses, et que la réalité peut être travestie par des informations parfois mal interprétées…

D’autres réflexions tout aussi intéressantes, mais peut-être destinées à des lecteurs plus âgés, sont proposées notamment à travers l’histoire de Mme Rikhlo, une trentenaire qui a décidé de vivre en autarcie, ou presque, dans la campagne dordonnaise. Ce personnage permet de remettre en question le mode de fonctionnement des grandes entreprises qui broient tout sur leur passage, à commencer par leurs salariés. Une critique de la gestion financière actuelle des entreprises que je partage entièrement et qui a renforcé mon affection pour cette femme mystérieuse.

Mme Riklho est d’ailleurs le seul personnage pour lequel j’ai ressenti des émotions, n’ayant pas réussi à entrer en connexion avec Adam, le héros de l’histoire. Le récit est narré de son point de vue, mais j’ai trouvé que l’auteur gardait une certaine distance avec son protagoniste, ce qui m’a quelque peu déstabilisée. Une sorte de froideur que seules les digressions du jeune homme viennent rompre… C’est le seul point qui ne m’a pas vraiment convaincue, mais cela m’est personnel, et peut-être que ce jeune homme saura vous toucher.

Ceci est d’autant plus probable qu’il possède de nombreuses qualités, il est courageux, intelligent, curieux, capable de prendre du recul, et il n’a pas peur de s’affirmer faisant fi du qu’en-dira-t-on.  Adam est donc un personnage qui ne manque pas d’atouts et que l’on prend plaisir à suivre dans sa quête pour découvrir la vérité quant à un phénomène étrange dont il a été témoin. En tant qu’adulte et/ou grosse lectrice, j’ai tout de suite compris la raison de ce mystérieux phénomène, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à suivre Adam qui, au fil de ses rencontres, va se rendre compte que la vérité n’est pas toujours celle que l’on croit.

L’enquête d’Adam est intéressante d’autant que le jeune homme la suit de manière plutôt méthodique, et qu’il fait montre d’un certain culot. Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est le jeu constant entre réalité et fantastique. Il ne se passe pas de choses extraordinaires, mais l’auteur ajoute quelques petites touches de fantastique qui font douter le lecteur. L’Antre du diable, ce lieu dans lequel personne n’ose s’aventurer, est-il vraiment maléfique ou son nom n’est justifié que par la superstition et les légendes ? Mme Riklho n’est-elle vraiment qu’une simple femme ou comme les habitants le pensent, possède-t-elle des pouvoirs ?  Tout autant de questions qui rendent la lecture prenante…

Quant à la plume de l’auteur, je l’ai trouvée assez immersive, mais j’ai regretté un certain manque de chaleur dans le traitement du personnage. J’ai donc réussi sans peine à m’immerger dans le récit sans pour autant arriver à vraiment me sentir proche du protagoniste. La différence d’âge entre lui, adolescent, et moi, trentenaire, peut également expliquer ce manque d’identification. En revanche, je ne doute pas que les adolescents se sentent proches de ce jeune homme qui rencontre des problématiques qui leur parleront. .

En conclusion, Là où se cache le diable est un roman efficace qui vous mènera sur la piste d’un étrange phénomène. Les adolescents et les jeunes lecteurs devraient dévorer ce récit teinté de fantastique, et peut-être, se retrouver parfois dans le comportement d’Adam, un jeune homme curieux et intelligent qui refuse de renter dans le moule. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les réflexions soulevées par l’histoire notamment sur la notion de réalité et d’apparence. Une histoire courte qui devrait donc réunir les amateurs de mystère et d’enquêtes de tout âge.

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site des éditions Syros.