Top Ten Tuesday #187 : 10 livres avec des sorcières ou sur le thème des sorcières qui me tentent

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Le thème du jour ne me parlant pas outre mesure, j’ai préféré m’inspirer d’un thème repéré sur un blog américain pour vous proposer 10 livres avec des sorcières ou sur le thème des sorcières qui me tentent. Cela vous donnera peut-être quelques idées de lecture pour le Pumpkin Autumn Challenge ou pour Halloween. Le thème des sorcières semble inspirer les auteurs parce qu’il m’a été difficile de ne choisir que 10 livres !

Cela fait plusieurs fois que je reporte la lecture du Garçon sorcière, car je fonde tellement d’espoir sur cet ouvrage que je veux être certaine de le lire au bon moment…

Couverture L'imprimerie des sorcières, tome 1Couverture Wicca, tome 1 : Le manoir des SorcelageCouverture La sorcière, tome 1 : Le garçon sorcière

Les sorcières de Pendle - Stacey Halls - BabelioGénéalogie d'une sorcière : Coffret en 2 volumesCouverture Hocus Pocus and the All-New Sequel

Couverture SorcièresCouverture Les sorcières de la littératureCouverture Secrets de sorcières : Une initiation à notre histoire et nos savoirs

J’ai hésité à mettre Fières d’être Sorcières ! ayant lu des avis plus que mitigés, mais j’avoue que ma curiosité de le lire reste la plus forte…

Couverture Harry Potter : Fières d'être sorcières ! - Les filles qui ont marqué l'histoire du Monde des Sorciers

Et vous, avez-vous lu certains de ces ouvrages ?
Vous tentent-ils ?
Appréciez-vous la figure de la sorcière ?

 

Pumpkin Autumn Challenge 2020

Je vise l’option 2, Un appétit de goule consistant à valider toutes les sous-catégories de chaque menu. Il y a de fortes chances que je n’arrive pas à atteindre cet objectif, mais l’important étant de participer, cela ne me dérange pas.

Voici ma PAL pour le challenge en sachant que je suis toujours susceptible d’en dévier allégrement en fonction de mes réceptions, de mes emprunts ou de mes envies…

AUTOMNE FRISSONNANT

Même pas mortsCouverture Clochette au pays des merveillesCouverture Je suis fille de rage

AUTOMNE DOUCEUR DE VIVRE

Couverture Hocus Pocus and the All-New SequelJe ne suis pas d'iciCouverture SigurdCouverture Fils de sorcières (BD)

AUTOMNE DES ENCHANTERESSES

Couverture Alana et l'enfant vampireCouverture Sombres Charmes : artbookCouverture FélinesCouverture In the after, tome 1

Et vous, participez-vous à ce challenge ?
Avez-vous déjà fait votre PAL ?

Melena Sanders, tome 1 : Hantée par les ténèbres, Susan Illene

Melena Sanders a mené bien des combats dans l’armée, contre les rebelles et les terroristes, mais la voilà face à une nouvelle menace. Sa meilleure amie, Aniya, a disparu lors d’un voyage à Fairbanks, en Alaska – un sanctuaire du surnaturel. La plupart des êtres humains ignorent que de sombres créatures rôdent parmi eux, mais pas Mel. Si elle veut retrouver son amie, elle va devoir affronter le danger seule – mais pas désarmée. Melena possède quelques atouts autres que les acquis de l’armée, mais elle va devoir rapidement trouver une solution qui leur éviterait à son amie et elle de mourir. Une guerre est sur le point d’éclater à Fairbanks entre les différentes puissances et elle n’a pas d’autre choix que de plonger en plein dans l’action.

Mxm Bookmark (29 avril 2016) – 368 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Ayant une totale confiance en la collection Infinity des éditions Mxm Bookmark, je n’ai pas hésité à me lancer dans cette série dont je n’avais jamais entendu parler. Ce qui m’a attirée en premier lieu dans le résumé, est le profil atypique de l’héroïne qui est une ancienne militaire. Bien que cet aspect ne soit pas, pour le moment, utilisé outre mesure, ses compétences acquises durant son engagement dans l’armée lui seront néanmoins fort utiles… Melena va, en effet, devoir s’envoler en Alaska pour sauver sa meilleure amie,  Aniya, des griffes d’un mystérieux homme. Un voyage qui ne sera pas de tout repos et qui va la confronter à ce qu’elle fuit depuis longtemps : les surnaturels.

En tant que sensitive, il est dangereux pour la jeune femme de côtoyer ces êtres qui n’apprécieraient guère de savoir qu’elle puisse les détecter et encore moins qu’elle soit immunisée contre leur magie. C’est du moins ce que lui a appris sa protectrice avant de se faire tuer. Mais avec la disparition d’Anyia, Melena n’a pas d’autre choix que de se jeter dans la gueule du loup et d’affronter les créatures de ses cauchemars. Sorcières, loups-garous, vampires… tous semblent bien décidés à lui mettre le grappin dessus, les sensitives étant devenus une denrée rare et donc précieuse. Heureusement, la jeune femme n’est pas dénuée de ressources et fera de son mieux pour démêler le vrai du faux et retrouver son amie quitte à devoir accepter une collaboration forcée avec un loup-garou, Derrick.

J’ai beaucoup aimé ce personnage qui va se révéler amical, sympathique et assez protecteur, pas dans le sens « toi, femelle à moi », mais plus dans cette idée d’une amie qu’il aimerait garder en un seul morceau. Une position difficile à tenir puisqu’il travaille pour l’ennemie de Melena, une sorcière-vampire plutôt sadique et sans cœur. Derrick tranche assez avec les loups-garous que l’on peut trouver habituellement dans les livres d’urban fantasy tout en apportant une certaine complexité au roman. On découvre ainsi, petit à petit, son passé et ses blessures, ce qui nous permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles il consent à travailler pour une femme avide de pouvoir dont il n’approuve pas les actes…

D’autres personnages ont attiré mon attention comme Emily, une adolescente que Melena va prendre sous sa protection, un vampire taquin qui aime flirter avec notre héroïne sans oublier le mystérieux nephilim, Lucas. Ennemi juré de Melena dont il a tué la protectrice, il est censé être une menace pour cette dernière, mais s’évertue néanmoins à lui sauver la vie quand elle se met dans des situations inextricables… On en apprend un peu plus sur lui en dernière partie de roman, mais il conserve néanmoins une très grosse part de mystère. En revanche, nul doute qu’il est puissant, extrêmement puissant ! S’il n’y a pas de romance à proprement parler dans ce tome, on sent que Lucas devrait bientôt jouer un rôle dans la vie amoureuse de Melena, l’alchimie entre les deux personnages étant palpable…

J’apprécie, dans tous les cas, que l’autrice prenne le temps de poser le décor et de développer la personnalité de ses personnages avant de les jeter dans les bras l’un de l’autre. Cela nous pousse à anticiper avec impatience leur futur rapprochement tout en apportant une pointe de réalisme fort appréciable. Melena est, en effet, en guerre et n’a pas vraiment le temps de penser à l’amour quand sa meilleure amie est en danger. Devant l’urgence de la situation, elle emploiera les grands moyens n’hésitant pas à se mettre en danger pour la bonne cause et à mettre le doigt dans un engrenage infernal qui changera sa vie à jamais.

Si je ne me suis pas particulièrement attachée à cette héroïne, j’ai aimé sa pugnacité, son courage et, surtout, sa loyauté envers ses amies. C’est quelque chose que j’affectionne beaucoup dans les romans et qui prend une symbolique encore plus forte ici quand l’on sait que par amitié, Melena accepte de côtoyer des gens pour lesquels elle ressent une certaine défiance en raison de son éducation. Je trouve d’ailleurs intéressant que, sous couvert de fiction, l’autrice évoque les préjugés et les stéréotypes qui poussent à juger autrui sur ses origines plutôt que sur ses actes et sa personnalité. Fort heureusement, en cours d’aventure, notre héroïne va commencer à ouvrir les yeux sur un monde qu’elle a condamné dans son entièreté pour des exactions commises par quelques-uns…

Ce premier tome prend un peu de temps à démarrer, mais une fois les choses mises en place, les lecteurs sont entraînés dans un tourbillon de violence, l’autrice n’épargnant pas ses personnages ! Le rythme va crescendo jusqu’à une fin bourrée d’action et donnant lieu à une tonitruante révélation, du moins pour Melena, les lecteurs comprenant assez vite que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît. Mais n’oublions pas que les préjugés et le ressentiment aveuglent même les plus badass des héros… Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle à l’image de la série et de son héroïne : rythmée et dynamique !

En conclusion, Hantée par les ténèbres est un bon premier tome qui, en plus de nous plonger avec fracas dans une lutte acharnée pour le pouvoir, permet de faire connaissance avec les principaux personnages et d’entrevoir leur dynamique. Si vous avez envie de suivre une héroïne dotée d’une personnalité de guerrière et d’une loyauté sans faille, cette série devrait vous plaire. Pour ma part, je la poursuivrai avec plaisir curieuse de découvrir comment Melena va faire face à tous ces bouleversements que son arrivée en Alaska a entraînés dans sa vie… Enfer et mystère risquent fort bien d’être son nouveau credo surtout si un certain nephilim continue à venir la tourmenter !

Les nouvelles aventures de Sabrina – La fille du chaos, Sarah Rees Brennan

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour m’avoir permis de découvrir Les nouvelles aventures de Sabrina, La fille du chaos de Sarah Rees Brennan.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Demi-sorcière, demi-mortelle de seize ans, Sabrina Spellman a fait son choix : elle a accepté son côté obscur et ses origines de sorcière. Ses pouvoirs augmentent davantage chaque jour… mais à quel prix ?

Sabrina Spellman vient de prendre la décision la plus difficile de sa vie : elle laisse derrière elle ses amis de Baxter High. L’heure est venue d’emprunter le chemin de la nuit et de trouver sa place parmi les sorcières et sorciers de l’Académie des Arts Invisibles.
Sabrina a toujours aimé l’école, mais cette fois, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à elle. Ses pouvoirs ne cessent de croître, mais ils pourraient lui coûter cher. Sabrina ne doit pas oublier les conséquences de sa nouvelle allégeance sur ses amis… et sur elle-même.
Sabrina doit également faire face à ses nouveaux camarades de classe. Prudence, Dorcas et Agatha sont plus ou moins ses amies, mais Sabrina peut-elle leur faire confiance ? Et qu’en est-il de Nick Scratch ? Il est plus charmant que jamais, mais ses sentiments pour elle perdureront-ils ?

Basé sur la série à succès de Netflix, ce roman inédit raconte une histoire nouvelle et exclusive de Sabrina.

Hachette Romans (15 janvier 2020) – 360 pages – Broché (16,90€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Charlotte Faraday

AVIS

Afin de sauver Greendale d’un terrible danger, Sabrina a accepté de signer le livre de le Bête et ainsi fait un pas de plus dans le monde ténébreux des sorciers. La jeune fille, séparée de ses amis dont Harvey avec lequel elle a rompu, doit s’adapter à sa nouvelle scolarité au sein de l’Académie des Arts Invisibles. Elle pourra heureusement compter sur le soutien du charismatique et énigmatique Nick loin d’être insensible à ses charmes, et dans une certaine mesure, de Prudence…

Prudence est déjà intéressante dans la série télé, mais elle l’est bien plus dans ce roman. Fière, ambitieuse et froide en apparence, son besoin quasi obsessionnel d’obtenir l’approbation d’un homme qui n’a pourtant que cure de son existence a quelque chose de touchant tout comme ses sentiments ambivalents envers ses « sœurs » d’adoption qui l’ont rejetée, mais qu’elle ressent encore le besoin de protéger. Ce personnage est un paradoxe en soi, fragile, mais dur, implacable, mais flexible quand les circonstances l’exigent… J’adorerais retrouver Prudence dans ses propres aventures !

Si l’univers est assez sombre, l’autrice apporte une touche de légèreté et d’humour grâce à la relation inattendue entre Harvey et Nick dont les échanges surréalistes soulignent à merveille l’énorme décalage entre le monde des mortels et le monde des sorciers. Et pourtant, unis par le même besoin de protéger Sabrina, ils arrivent à développer une relative entente, voire une étrange amitié, qui m’a bien souvent donné le sourire. Il faut dire qu’un humain qui donne des conseils pour séduire son ex-copine à un sorcier aguerri aux choses de l’amour a de quoi surprendre. Mais l’est-ce vraiment quand l’on considère à quel point la notion de séduction est différente entre les deux communautés… Ainsi quand un humain offre, par exemple, des fleurs pour séduire, un sorcier lui opte pour une projection astrale dénudée ! Chacun son truc, vous me direz.

Mais humains et sorciers n’ont pas vocation à se côtoyer comme l’a découvert douloureusement Sabrina et comme vont en faire l’expérience les deux jeunes hommes. Le danger rôde et une nouvelle menace sévit dans les rues de Greendale où la méfiance et la haine envers les sorcières et les sorciers prennent des proportions inquiétantes. Quel impact cela aura-t-il pour Sabrina et ses amis humains, mais surtout sur Harvey dont le sang de chasseur de sorciers coule dans les veines ? Sa douleur devant la mort de son frère qu’il a dû abattre lui-même après que Sabrina l’a ressuscité, et son désœuvrement face à un père qui le méprise, vont-ils avoir raison de sa légendaire gentillesse ?

Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais force est de constater que l’autrice a réussi à rendre un personnage que j’ai toujours trouvé fade, intéressant et plus complexe qu’il n’y paraît. Je l’ai d’ailleurs trouvé ici assez touchant que ce soit dans son affection pour Sabrina ou la manière dont il essaie de faire face à une situation familiale difficile. Je lui préfère néanmoins Nick qui tente de faire de son mieux pour entrer dans le monde et la vie de Sabrina, s’approprier les codes des humains, et surtout, s’ouvrir à des sentiments d’habitude réservés aux mortels. Le mystère entourant son passé rend également le personnage assez énigmatique et intrigant !

Si on peut regretter que Sabrina ne soit pas plus présente dans ce tome puisqu’une large place est accordée à Harvey, Prudence et Nick, on appréciera l’évolution de la jeune fille qui assume de plus en plus son côté sorcière tout en veillant à ne pas perdre ce qui fait sa force : sa gentillesse, son sens de la justice, son humanité… L’adolescente, prise entre deux mondes que tout oppose, devrait donc vous toucher même si parfois sa naïveté tend à la mettre, ainsi que son entourage, dans des situations quelque peu hasardeuses. Mais c’est aussi ce qui fait le charme de Sabrina, moitié mortelle, moitié sorcière… pour le meilleur et pour le pire !

Le roman s’insère naturellement dans la trame de la série télé, mais il peut néanmoins se lire de manière indépendante, l’autrice ayant veillé à le rendre accessible à tous. Pour ma part, j’ai trouvé l’intrigue bien ficelée et j’ai apprécié le subtil équilibre entre découverte de la psychologie des personnages, phases d’action et sorcellerie d’autant que le style de l’autrice a gagné en consistance et en maturité par rapport au premier livre. La lecture m’a donc paru encore plus plaisante et immersive !

En conclusion, La fille du chaos m’a fait passer un très bon moment de lecture auprès de personnages très différents, mais attachants, que l’on prend plaisir à suivre dans leurs questionnements et leurs péripéties. Sorcellerie, haine, amour, famille, amitié et quête d’identité sont au programme d’une histoire savamment orchestrée pour vous donner envie d’allumer la télé et de (re)trouver Sabrina dont on a hâte de découvrir tout le potentiel, la jeune fille étant loin d’être une sorcière ordinaire…

Retrouvez mon avis sur le premier livre, Les nouvelles aventures de Sabrina : l’heure des sorcières.

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site Place des libraires.

Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

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En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #16

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps de chroniquer de manière plus classique.


Les trois petits ouvrages présentés dans cet article sont proposés gratuitement (cliquez sur les titres pour les télécharger).

Couverture Teddy The Squirrel Becomes a Pilot
Teddy est un écureuil qui ne s’intéresse pas vraiment aux noisettes ni à l’idée de faire des provisions pour l’hiver. Lui, c’est plutôt un doux rêveur qui s’imagine volontiers en pilote d’avion. Un rêve inattendu pour un écureuil qui ne manque pas de personnalité !

Mais ce qui aurait pu rester une douce lubie va devenir une réalité quand l’avion télécommandé d’enfants jouant dans le parc s’écrase entre les branches d’un arbre….

Voici un mignon petit livre sur le courage et la force des rêves qu’il ne faut jamais abandonner ! Très courte et très accessible au niveau de la langue, l’histoire de cet écureuil et de son frère est parfaite pour une première lecture en anglais. Elle pourrait également séduire les adultes avec une âme d’enfant souhaitant se replonger en douceur dans la langue de Shakespeare.

Le très insolent Harry Watson est surpris à l’annonce du challenge organisé par sa professeure d’économie ménagère : choisir une boîte mystère et utiliser une partie de ses ingrédients dans une recette ! Les fans de MasterChef et autres émissions du genre de sa classe sont ravis, lui beaucoup moins. Mais comme il nous semble un peu râleur cet élève, rien d’étonnant à sa réaction.

La suite des événements, quant à elle, est beaucoup plus inattendue, Harry n’étant pas au bout de ses surprises. Je n’en dirai pas plus sur ce point puisque tout le charme du roman réside dans l’imagination fertile de l’autrice. Il se dégage d’ailleurs un petit air d’Alice au pays des merveilles dans ce récit qui tend quelque peu vers l’absurde, les élèves se comportant de manière plutôt étrange face à une situation qui n’a rien de normale ! Mais je vous rassure, le livre, très accessible, n’est pas aussi déroutant que peut l’être l’œuvre de Carroll Lewis.

Voici une petite histoire sympathique qui devrait vous surprendre et à l’issue de laquelle, vous ne devriez plus cuisiner de la même manière.

Adorant les histoires de sorcières depuis que je suis enfant, le titre et l’image de ce chaudron en pleine ébullition m’ont tout de suite attirée. En aidant sa mère à débarrasser et nettoyer un placard, Tania trouve des livres qu’elle met à disposition de tous dans son club de lecture sauf un qu’elle s’empresse de dévorer. Elle y découvre alors le récit d’une jeune fille ayant décidé de lancer un mauvais sort à un autre enfant qui se montre méchant avec elle…

Pour rigoler et se venger, pour de faux, d’un garçon qui n’est pas sympathique avec elle, elle décide avec son amie Tanisha de lancer ce sort dont elles suivent scrupuleusement la recette. Si les poils de chat sont faciles à obtenir, d’autres ingrédients comme les cheveux de la future victime demandent un peu plus de travail et d’imagination… Mais les filles s’en sortent très bien ! Le sort lancé, elles passent à autre chose. Après tout, ce n’était qu’un jeu. Mais l’était-ce vraiment ? Certaines coïncidences commencent sérieusement à les faire douter…

Je ne vous dirai pas si le sort a véritablement fonctionné ou non, mais je peux néanmoins vous assurer que cette petite histoire très divertissante se lit toute seule d’autant qu’elle est agrémentée de quelques petits illustrations ce qui facilite l’immersion même pour les jeunes lecteurs. Ils devraient prendre beaucoup de plaisir à assister les deux fillettes dans la recherche des ingrédients, plus ou moins ragoûtants, et sourire devant certaines situations.

Quant à la fin, j’ai apprécié la manière dont l’autrice aborde la question des superstitions et de certains biais cognitifs. Cela manque peut-être un peu de subtilité pour des adultes, mais ses explications par l’exemple permettront aux enfants de s’approprier facilement des concepts pas toujours évidents à appréhender.

Comment devenir une vraie sorcière ? Anne-Marie Desplat-Duc

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une histoire drôle et ensorcelante qui prend le mythe de la sorcière maléfique à contrepied !

Sibelle n’est pas une petite sorcière ordinaire.
Elle est belle, gentille et n’a aucun pouvoir maléfique.
Alors comment faire pour devenir une vraie sorcière et faire plaisir à sa mère, la célèbre Fleurkipic ?
Avec de bons amis et un peu d’astuce rien n’est impossible !


Scrineo (4 octobre 2018) – 96 pages – 6,90€ –  À partir de 8 ans
Illustrations : Églantine Ceulemans

AVIS

Fleurkipic, sorcière de son état et mocheté ambulante, et Gabriel, humain lambda, ont une fille. Comment s’appelle-t-elle ? Sibelle ! Ce n’est pas la réponse que vous escomptiez, ça tombe bien, ce n’est pas non plus celle attendue par ses parents.

Fleurkipic espérait un bébé bien laid avec des furoncles gros comme une maison, des verrues à vous faire loucher, un teint jaunâtre… à un « beau » bébé version sorcière en somme. À la place et pour son plus grand malheur, elle a bébé qui pourrait gagner un concours de beauté chez ces satanés humains.

Enfer et damnation ! Fleurkipic va être la risée du monde des sorciers et risque, en plus, de perdre ses pouvoirs, son mariage avec un mortel ayant engendré une malédiction… Heureusement que le papa lui est ravi de voir son enfant tout mignon même si on sent très bien qu’il aurait été tout aussi content d’accueillir une petite sorcière bien moche.

C’est donc tiraillée entre le monde des humains et celui des sorciers que Sibelle évolue et grandit, changeant de casquette et d’accoutrement en fonction des besoins. Mais petit à petit, elle est lasse de jouer la comédie et aspire à n’être qu’elle, une petite fille pleine d’entrain qui aimerait faire plaisir à sa maman tout en restant elle-même. Fleurkipic pourra-t-elle l’accepter ?

Les enfants devraient se plonger avec délectation dans la vie de Sibelle, une petite fille qui, au fil des pages, apprend à se connaître et à savoir ce qu’elle désire vraiment. Elle va d’ailleurs trouver, avec l’aide de ses nouveaux amis, sa voie, pas celle choisie par sa mère ou son père, mais celle qui lui plaît, et pour laquelle elle se révèlera d’ailleurs très douée. Qui a dit que pour avoir de la magie, il fallait être une vraie sorcière ? Mais avant de trouver ce qui l’anime, Sibelle va vivre quelques péripéties notamment dans la célèbre école anglaise de sorciers Harry ! Je pense que tout le monde aura reconnu la très drôle allusion à un célèbre sorcier à lunettes…

Le livre étant destiné aux enfants, il n’y a aucune longueur, tout s’enchaînant très vite, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de lire l’histoire sans trop d’efforts d’autant que le découpage en chapitres très courts s’assure de leur attention. À cela s’ajoute une très jolie mise en page avec quelques ornements et illustrations.

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Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée fluide et accessible sans être simpliste, le vocabulaire n’étant pas simplifié à l’extrême. Le résultat est d’ailleurs assez probant pour convaincre la lectrice trentenaire que je suis. Il faut dire que l’autrice, sous couvert de fiction et d’humour, aborde des thèmes importants comme l’amitié, la recherche et l’acceptation de soi,  la tolérance, la difficulté de faire concilier des cultures et des milieux différents…

Voici donc une histoire toute mignonne que je ne peux que conseiller aux enfants, mais aussi aux adultes qui devraient être séduits par les thèmes abordés, l’humour et la plume de l’autrice.

Découvrez le roman sur le site des éditions Scrinéo.

Gazoline et Grenadine, Jean-Loup Craipeau

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Je remercie les éditions Yakabooks pour m’avoir permis de découvrir Gazoline et Grenadine de Jean-Loup Craipeau. Pour rappel, Yakabooks, c’est cette maison d’édition qui, dans l’optique de mettre la lecture et la culture à la portée de tous, propose des livres au prix unique de 2€.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Limaunade et ses parents viennent d’emménager impasse du Rat-Sec avec pour voisines les sœurs Gazoline et Grenadine, deux sorcières vraiment pas ordinaires. À cheval sur l’aspirâleur, la version moderne du balai de sorcière, elles tenteront ensemble de déjouer les plans du promoteur Le Luisant, bien décidé à raser leurs maisons. Parviendront -elles à sauver leur quartier des bulldozers ?

AVIS

Quand j’ai vu cette couverture avec ces deux mamies/sorcières autour d’un étrange aspirateur, je n’ai eu qu’une envie, découvrir leur histoire. Une envie qui a été plus que comblée par ce petit livre jeunesse qui m’a amusée du début à la fin. C’est simple, Gazoline et Genadine, c’est un concentré de bonne humeur, de sourires et de rires !

À la lecture du résumé, on pense se lancer dans une banale histoire pour les enfants quand on découvre un contenu qui devrait enchanter n’importe quel lecteur aimant jouer avec la langue française, l’auteur nous offrant ici moult calembours, jeux de mots rigolos et efficaces, prénoms hilarants, métaphores et comparaisons très drôles et complètement déjantées, dialogues décapants… On a même droit à une version très personnelle de célèbres comptines :

Une fourmi rouge
Qui bondit d’une courge,
Je la monte sur essieux,
Je lui regonfle ses pneus,
Ces vieux pneus me disent :
Râpe-nous la caisse,
Graisse-nous les fesses,
Ça fera deux vieux chaudrons
Tout ronds !

 

L’auteur s’en est donné à cœur joie et ça fonctionne à merveille. J’ai eu le sourire aux lèvres durant toute ma lecture tellement Jean-Loup Craipeau a su m’amuser et me divertir au-delà de mes espérances. L’humour est donc bien au rendez-vous, et si c’est pour moi la pièce maîtresse de ce roman, cela ne signifie pas que l’auteur a pour autant négligé son intrigue qui s’est révélée des plus intéressantes.

Nous faisons ainsi la connaissance d’une jeune fille du nom de Limaunade qui découvre son nouveau quartier, ses parents venant d’acheter pour une bouchée de pain une maison à deux vieilles dames, Gazoline et Grenadine, qui sont accessoirement ses nouvelles voisines. Mais elle va vite découvrir que sa nouvelle habitation ainsi que celle de ses voisines sont menacées par le promoteur Le Luisant, bien décidé à les raser. Voici le point de départ d’une histoire complètement loufoque dans laquelle Limaunade va s’associer aux deux mamies sorcières pour faire déguerpir le plus loin possible ce prometteur sans cœur.

Riche en action, le récit est mené tambour battant : les jeux de mots et les péripéties s’enchaînant rapidement au point de vous faire oublier le temps qui passe et les pages qui défilent. Fluide, amusante et plutôt imagée, la plume de l’auteur est accessible aux jeunes lecteurs tout en restant très agréable à découvrir pour les lecteurs plus âgés. Enfants et parents/adultes devraient donc passer un bon moment de lecture auprès de personnages hauts en couleur et aussi loufoques que leur prénom. Si j’ai apprécié tous les personnages, même le méchant qui joue à la perfection sa partition, je dois confesser une petite préférence pour Limaunade et Grenadine. Mais que voulez-vous, quand une limonade avec un « au » et sans bulle rencontre une grenadine sans colorant, cela ne peut que faire des étincelles.

Et puis force est de constater que l’auteur met bien en avant ce duo qui se révèle aussi complémentaire que déjanté, drôle et intrépide. En alliant la fougue d’une jeune fille un peu casse-cou à celle d’une sorcière mamie qui l’est tout autant, l’auteur nous offre sur un plateau un mélange étonnant et détonnant, presque autant que le décollage de l’aspirâleur, autre star de ce roman. Version moderne et bien plus amusante du balai des sorcières d’antan, ce moyen de locomotion offrira quelques moments de frayeur à notre duo. Mais chut, pour en savoir plus, il vous faudra vous plonger dans ce petit livre et découvrir cette amitié hors norme entre une fillette et deux mamies pas comme les autres.

Cerise sur le gâteau, des illustrations viennent donner encore plus de mordant à l’histoire. Signées Pierre Fouillet, elles contribuent au plaisir que vous prendrez à parcourir ce petit livre. Elles seront également un atout pour faciliter la lecture de l’ouvrage par les plus jeunes lecteurs, l’alliance images/mots formant un duo dont l’efficacité n’est plus à prouver.

À noter également que le roman, déjà publié dans les années 90, a subi une petite cure de jeunesse avec notamment des références aux nouvelles technologies. J’apprécie cette idée de faire évoluer une histoire afin de la dépoussiérer et de la rendre peut-être plus plaisante pour les jeunes lecteurs, mais j’aurais aimé que soit également proposée la première version. Pour ma part, une histoire de sorcière est intemporelle et n’a pas forcément besoin d’être mise au goût du jour pour me plaire. Mais c’est bien sûr là une question de goût, et puis je suis adulte et n’ai donc pas la même grille de lecture qu’un enfant qui sera probablement ravi de retrouver dans le roman des choses qu’il connaît.

En conclusion, derrière une histoire de sorcière qui devrait séduire les enfants, les adultes découvriront avec étonnement et, je n’en doute pas, enchantement, un délicieux récit dans lequel l’auteur se plaît à jouer avec la langue française, et avec talent, je vous prie. À lire et à relire à tout âge, chacun pouvant y trouver son bonheur !

Et vous envie de découvrir ce roman ?
Retrouvez-le sur le site des éditions Yakabooks au prix tout doux de 2€.

Witchcraft, Raphaël Payet

Witchcraft, Raphaël Payet

Je remercie les éditions Bergame de m’avoir permis de découvrir Witchcraft de Raphaël Payet.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La prophétie autrefois annoncée par les sorciers est en marche. Elle est dorénavant synonyme d’espoir pour des hommes implorant un meilleur avenir pour leur descendance dans ce royaume prohibant la magie et devenu chaotique.

Longtemps tenue en captivité par les Rages Noirs, Tasha Lunar, l’une des dernières sorcières, se retrouve dans l’obligation de fuir afin de survivre. Espérant retrouver son ancienne vie, elle se met à la recherche de son père, et, dans sa quête, sera aidée par Vaco Tomas, un vagabond solitaire au passé trouble.

Beaucoup d’épreuves les attendent, testant leur courage et leur caractère… La prophétie des sorciers est en marche, portée par la dernière des sorcières.

  • Broché: 116 pages
  • Editeur : Bergame (6 juin 2018)
  • Prix : 12,80€

AVIS

Je dois avouer que c’est d’abord la couverture qui a attiré mon attention puisqu’en plus de la trouver attractive, je l’ai trouvée plutôt intrigante. Et puis adorant les sorcières, un roman qui s’intitule Witchcraft ne pouvait que me tenter. Malheureusement, mon avis sera mitigé ayant eu le sentiment d’être restée sur ma faim. L’auteur nous propose ici une très bonne ébauche de roman, mais pas, à mon sens, une intrigue assez poussée et développée pour offrir aux lecteurs, une expérience de lecture entièrement satisfaisante.

Tasha, une sorcière, et Vaco, un vagabond plutôt torturé, se rencontrent par hasard, l’homme aidant la jeune fille, plus ou moins malgré lui, à se sortir d’une situation tendue. Ils finissent donc pas voyager ensemble, Tasha une sorcière étant à la recherche de son père, et Vaco poursuivant un objectif mystérieux que l’on découvre tardivement. Mais comme vous pouvez vous en douter, leur voyage ne sera pas de tout repos, la sorcière étant recherchée, et Vaco semblant cacher un bien sombre passé…

Le roman est court, bien trop court pour laisser le temps à l’auteur de poser son décor, de nous présenter ses personnages et d’affiner leur psychologie. C’est ainsi qu’on se retrouve avec deux protagonistes aux réactions peu naturelles et aux changements d’attitudes tellement rapides et soudain qu’ils en perdent beaucoup en crédibilité. Par exemple, après seulement quelques brefs échanges, Tasha estime pouvoir faire confiance à Vaco dont pourtant elle ne sait rien, l’homme étant d’un naturel plutôt taciturne. Pour une sorcière traquée et sur ses gardes, cela me semble quand même précipité… De la même manière, chacun d’entre eux alterne entre haine et amour tellement rapidement qu’il est bien difficile de comprendre et de ressentir leurs émotions.

Je regrette donc que l’auteur n’ait pas pris le temps de faire évoluer posément ses personnages et donc de rendre leurs interactions plausibles. A cela s’ajoute une intrigue principale qui m’a semblé survolée au point que la prophétie énoncée dans le résumé de l’ouvrage ne prend finalement que peu de place. L’économie de détails ne permet donc pas aux lecteurs de réellement saisir et comprendre tous les tenants et aboutissants du récit. J’ai néanmoins apprécié le retournement de situation de la fin qui m’a prise de court même s’il est bien trop soudain pour être crédible.

Malgré ces points qui, pour moi, mériteraient d’être retravaillés, je reconnais certaines qualités à ce roman comme la plume de l’auteur. En dépit de quelques maladresses par-ci par-là, elle témoigne d’une réelle volonté d’offrir un texte fluide et donc agréable à parcourir. C’est d’ailleurs pour moi le point fort de ce livre puisque même quand les réactions des personnages m’ont agacée par leur invraisemblance, mon intérêt pour le livre n’a pas décru. Il faut dire que l’auteur a su tirer avantage du fait que son roman soit assez court pour offrir aux lecteurs un récit qui ne souffre d’aucun temps mort. Les choses vont vite, l’action est omniprésente et les scènes de combat parfaitement immersives. Je ne suis pas une grande amatrice de bagarres, mais force est de constater que le vocable imagé et précis rend les scènes d’action prenantes.

J’ai également apprécié de découvrir les capacités de Vaco, ancien membre des forces spéciales, mais j’ai surtout pris plaisir à découvrir les pouvoirs de sorcière de Tasha. Être capable d’invoquer un tigre de feu a de quoi faire rêver plus d’un lecteur ! Cet aspect du livre est d’autant plus intéressant que cette jeune sorcière n’a pas encore pris la mesure de toutes ses capacités qui se dévoileront face aux nombreux dangers que ne manquera pas de rencontrer notre duo. J’aurais juste adoré que cet aspect du livre soit un peu plus poussé puisque c’est celui qui m’intéressait le plus. Cela ne m’a pas empêchée, comme Vaco, d’être fascinée par le potentiel de Tasha qu’il vaut mieux avoir comme amie que comme ennemie a fortiori quand l’on découvre, la force de la magie qui coule dans son sang…

En conclusion, si je reconnais de bonnes idées, un rythme soutenu, des scènes d’action imagées et immersives, j’ai regretté une intrigue survolée et une psychologie des personnages trop peu développée pour être crédible… Un bilan mitigé donc pour ce petit roman qui aurait gagné à être un peu plus étoffé afin de rendre les personnages plus consistants et l’univers plus riche. C’est dommage, car derrière les quelques défauts mentionnés, on devine un vrai potentiel, l’auteur ayant la plume et l’imagination nécessaires pour faire de son roman, une histoire palpitante mêlant magie, quête d’identité, trahisons et action. Néanmoins, si vous aimez les belles plumes et les récits courts et menés tambour battant, Witchcraft pourrait vous plaire.

Et vous, envie de découvrir le roman ?

Le Malleus : Les sorcières de Sarry, Marie-Laure KÖNIG

Aucun texte alternatif disponible.

Je remercie Marie-Laure KÖNIG pour m’avoir permis de découvrir son roman, Le Malleus : Les sorcières de Sarry.

PRÉSENTATION AUTEURE

Découvrez l’histoire d’Alayone, une petite fille qui grandira à l’ombre du Malleus et qui apprendra son existence bien plus tard à ses dépens. Son tuteur, l’évêque de Châlons, lui enseignera la théologie. Elle sera également instruite sur d’autres sciences qui sont condamnées par l’Église comme l’astronomie, l’étude des pierres à venin ou l’agronomie que lui transmettra une guérisseuse. Elle découvrira les effets dévastateurs des amours interdits, mais aussi Paris, ville emplie de magnificence, de pestilence et d’étudiants…

Bienvenue en cette fin de XVe siècle où religion et politique sont intimement liées, à une époque où les caprices de la nature étaient indéniablement l’œuvre du malin et de ses servantes, où l’incrédulité du peuple fut le meilleur instrument des ambitions des puissants.

Le Malleus Maleficarum, plus connu sous le nom de « Marteau des sorcières » est un bréviaire écrit par un moine inquisiteur haineux à la fin du moyen-âge. Ce livre abject fut à l’origine de plus de 60 000 condamnations pour hérésie sur plus de deux siècles, essentiellement des femmes.

Histoire romancée se passe dans un contexte historique authentique.

  • Broché: 308 pages
  • Editeur : Independently published (28 novembre 2017)
  • Prix : 14.90€
  • Autre format : ebook

AVIS

Adorant les chats et les sorcières, je ne pouvais que craquer devant la couverture et le résumé de ce roman même si l’auteure a pris soin de m’expliquer qu’ici, nous n’étions pas dans une histoire de fantasy, mais dans une histoire romancée se déroulant dans un contexte historique riche et plutôt intense.

En cette fin du XVe siècle, être une femme est loin d’être une sinécure a fortiori quand plane au-dessus de la gent féminine l’ombre malfaisante et dangereuse du Marteau des Sorcières ou Malleus Maleficarum. Un texte sur lequel vont se baser des religieux fanatiques pour traquer les « sorcières » ou plus prosaïquement, de simples femmes accusées injustement de sorcellerie….

Ces premières lignes devraient déjà vous faire froncer les sourcils et vous laisser entrevoir ce sentiment d’injustice qui accompagnera votre lecture. Qu’il ne fait pas bon de naître femme à cette époque où les femmes suscitent crainte et mépris. Fort heureusement, Alayone, pris en charge après la mort de sa mère par Geoffroy Soreau de Saint Géran, évêque de Châlons, n’aura pas à affronter trop tôt cette horrible chasse aux sorcières. Couvée par celui-ci puis plus tard par le chanoine Richard, elle aura tout le loisir de s’adonner à sa passion pour les livres et satisfaire sa soif de connaissances. Mais la vie et ses aléas finiront par la rattraper et lui faire vivre d’aussi agréables que douloureuses expériences…

Autant le dire tout de suite, j’ai été complètement captivée par ma lecture. Je savais que le récit allait me plaire, mais je n’avais pas anticipé à quel point je me prendrais d’affection pour Alayone. J’ai adoré cette jeune fille à la maturité exceptionnelle, à l’intelligence rare et au caractère affirmé qui la rend d’ailleurs parfois un peu farouche. Ce n’est pas le genre de protagoniste qui reste prostré dans son coin même s’il lui arrive de se cloîtrer dans sa chambre avant de mieux revenir sur le devant de la scène. Une force de caractère doublée d’une nature joyeuse qui la feront apprécier de beaucoup à commencer par les lecteurs qui ne pourront qu’avoir envie de la voir heureuse. C’est ainsi que l’on pleure avec elle la disparition d’êtres chers et que l’on tremble devant les dangers qui ne manqueront pas de croiser sa route. On comprend donc aisément l’attachement que l’évêque de Châlons et le chanoine Richard ont développé pour cette enfant qu’ils verront grandir et s’affirmer.

Alayone a de bonnes relations avec son père, mais elle a aussi la chance d’avoir trouvé en ces deux hommes, deux figures paternelles aimantes. J’ai adoré la relation unissant la jeune fille avec ces hommes de foi qui font tout pour la protéger même s’ils s’y prennent parfois mal et ne comprennent pas toujours son cœur et ses velléités de liberté… Ces deux personnages se révèlent également très intéressants dans la mesure où ils apportent de l’espoir et permettent d’adoucir l’image que l’on pourrait avoir de cette église qui accepte la mort cruelle de personnes innocentes. Les exactions commises au nom de la foi comme nous pouvons en trouver dans ce roman me révulsent, mais j’ai aimé la délicatesse avec laquelle l’auteure montre que si certains ecclésiastiques se transforment en fanatiques corrompus par la haine, il existe également des hommes bons qui cherchent à apporter de la lumière à leur prochain. Nous ne sommes donc pas dans une histoire manichéenne avec des bons et des méchants, mais dans un récit qui montre qu’il peut y avoir du bon même dans une organisation frelatée par des hommes cruels. J’ai ainsi admiré la force de caractère de l’évêque et du chanoine Richard qui vont faire de leur mieux pour assurer leur fonction dans le cadre de la vraie foi, celle qui prône l’amour du prochain et non la mort de pauvres innocentes. Une force de caractère et une bonté d’âme qui forcent le respect et la sympathie des lecteurs !

La vie d’Alayone va être marquée par l’étude de différents domaines, des rencontres amicales qui vont parfois lui causer de terribles tourments, l’amitié ne résistant pas à la barbarie la plus abjecte, et elle va aussi rencontrer l’amour, l’enfant devenant adolescente puis jeune femme. Alors si comme moi, l’idée d’une romance vous déclenche une crise d’urticaire, soyez rassurés. La romance est ici très bien amenée et ne tombe pas dans la niaiserie. Je dois même dire que j’ai beaucoup aimé la scène dans laquelle la jeune fille et son prétendant, Tristan, se rencontrent. L’approche a le mérite de l’originalité et de mettre en valeur le caractère affirmé d’Alayone. Cette romance, qui n’intervient qu’à la moitié du livre, ne prend pas le pas sur l’intrigue, mais elle marque un changement dans la vie de la jeune fille qui découvre avec Tristan, Paris et ses merveilles tout en évitant Paris et ses bas-fonds... À noter que contrairement à ce que l’on aurait pu croire, c’est bien l’innocente, mais bouillonnante Alayone, qui se montre la plus entreprenante dans son couple. Un schéma qui se veut donc assez inhabituel et qui confirme mon affection pour Alayone, une jeune femme qui refuse d’être enfermée dans des règles qui ne lui conviennent pas, à commencer par ces règles de bienséance prônées par son soupirant.

Amitié, amour, mais aussi peine, horreur, haine et rancœur viendront frapper la jeune fille de plein fouet. C’est ainsi qu’elle verra des personnes chères à son cœur périr de la plus cruelle des manières. L’auteure évoque, à travers ces morts, le sort réservé à ces femmes accusées injustement de sorcellerie. Torturées et brûlées, elles ont été sacrifiées sur l’autel de la haine, de la barbarie, du fanatisme, de la folie, mais aussi sur celui de la peur. Cette peur qui va pousser des personnes lambdas à accepter la mort d’individus qu’elles connaissent dans l’espoir d’éloigner le mauvais œil de leur vie et d’avoir des jours meilleurs. Quand l’ignorance et le fanatisme s’imbriquent et se décuplent, le diable prend finalement bien forme humaine… Mais je rassure les âmes sensibles : à part deux ou trois scènes difficiles, l’auteure ne tombe jamais dans le sensationnalisme ce qui rend son récit très supportable.

Au-delà des sujets abordés ( amour, amitié, religion, fanatisme, condition de la femme…) et de la galerie de personnages, ce qui fait la force de ce roman est son style de narration atypique et plutôt efficace. L’auteure a ainsi fait le choix original de nous narrer son histoire à travers différentes formes : restitutions des prières d’Alayone, lettres (certainement ma forme préférée), extraits du Malleus Maleficarum, extraits de journal intime, pensées et observations d’un narrateur très particulier… Cette multiplicité des supports et des points de vue apporte un dynamisme certain au récit que l’on dévore sans pouvoir s’arrêter, impatients de découvrir le destin de ces personnages auxquels on finit par s’attacher. Et à cet égard, j’ai apprécié le petit twist final même si j’ai été quelque peu frustrée par l’incertitude qui plane autour de l’un des personnages…

Quant à la plume de l’auteure, elle se révèle étonnamment fluide si l’on considère qu’elle n’hésite pas à faire usage d’anciens termes nous permettant ainsi de nous immerger complètement dans le contexte historique de l’histoire. C’est un point que j’ai beaucoup aimé d’autant qu’elle arrive à le faire de manière très naturelle. Même les dialogues semblent couler de source alors que les tournures de phrase sont parfois inhabituelles pour un lecteur de notre époque. Je salue donc la capacité de l’auteure à rendre son récit très accessible tout en nous donnant l’impression de nous balader dans les rues de cette société du XVe siècle. Il faut dire que l’on sent un vrai travail de recherche et que les notes de bas de page apportent un vrai plus pour nous approprier cette période de notre histoire.

En conclusion, à travers la vie d’une enfant que l’on apprendra à connaître et voir grandir, l’auteure aborde le sujet difficile du fanatisme religieux et de ses néfastes conséquences pour des femmes dont le seul véritable tort fut de ne pas naître homme. Si l’odeur pestilentielle de l’injustice et de la barbarie plane au-dessus de ce récit, Les sorcières de Sarry, c’est également l’histoire d’une enfant qui deviendra une jeune femme accomplie refusant de courber l’échine, et qui dans toute cette folie, trouvera une famille de cœur, des ami(e)s et l’amour. Un récit de vie prenant que je recommande à tous les lecteurs notamment ceux intéressés par la question de la chasse aux sorcières…

Site consacré au roman – Page FB de l’auteure

Envie de découvrir le roman ? Retrouvez-le sur le site de l’autrice (dédicace possible) !