La véritable histoire de la petite sirène, Audrey Calviac

La véritable histoire de la petite sirène, Audrey Calviac

J’ai eu la chance de remporter cette petite lecture jeunesse lors d’un concours…

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une terrible malédiction frappe le royaume des sirènes et des tritons : la dernière princesse naît humaine…
Quelle surprise générale !
Comment fera-t-elle pour survivre au fond des océans ?
Venez suivre les aventures de la petite Gaïa dans la véritable histoire de la petite sirène !

  • Illustrations : Sandra Garcia
  • Prix : 5€

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AVIS

Les sirènes sont une créature fascinante que l’on retrouve finalement assez peu en littérature alors c’est avec plaisir que je me suis plongée dans ce petit conte nous narrant La véritable histoire de la petite sirène.

Nous découvrons ainsi le roi triton et sa femme, une sirène, et leurs cinq filles. Cette famille coulait des jours heureux jusqu’à ce que le frère aîné du roi découvre que son frère lui avait caché la naissance de ses filles. Vexé, il décide donc de lancer une terrible et cruelle malédiction condamnant la reine à avoir une sixième fille non pas sirène, mais humaine ! Devant cette situation inédite qui met en danger la vie de l’enfant, le couple royal finit par consentir à l’ultime sacrifice pour des parents aimants…

Je préfère ne pas trop entrer dans les détails pour ne pas vous gâcher la lecture de ce joli conte, mais je peux vous dire que l’histoire de cette petite sirène, née humaine, est aussi mignonne que touchante. J’ai pris un grand plaisir à suivre Gaïa dans sa vie qui n’a pas été celle à laquelle elle était destinée. J’ai été également touchée par l’amour qu’elle porte à ses proches et à son meilleur ami avec lequel elle aime faire les 400 coups.

Cette jeune fille intrépide connaîtra des moments de bonheur et d’insouciance, mais elle devra aussi faire face à un choix cornélien… tout comme ses parents avant elle. À travers ce conte, l’auteure aborde donc des thèmes comme la famille et les sacrifices, parfois inimaginables, auxquels on peut consentir par amour et pour le bien des siens. Une fois que vous aurez terminé ce petit récit, vous aurez d’ailleurs un bel exemple de ce qu’est le véritable amour d’une mère et d’un père pour son enfant. Au-delà de la famille, sont également abordés des thèmes universels comme la jalousie, l’amitié, l’amour…

Tout en délicatesse et en finesse, la plume d’Audrey Calviac est un véritable enchantement pour les amateurs des contes d’antan. Mais rassurez-vous, professeure des écoles, l’auteure possède ce petit quelque chose qui lui permet de concilier élégance et simplicité, et donc de conquérir aussi bien les petits que les grands lecteurs.

Cerise sur le gâteau, ce conte est agrémenté des jolies illustrations de Sandra Garcia qui viennent parfaire une expérience de lecture déjà immersive. Je ne connaissais pas cette illustratrice, mais j’aime beaucoup son coup de crayon, la douceur de ses dessins, son jeu sur les ombres et les dégradés de gris qui apportent un certain relief aux illustrations.

A noter également la typographie particulière qui rend ce petit ouvrage accessible aux lecteurs dyslexiques. Une démarche que je ne peux que saluer…

En conclusion, La véritable histoire de la petite sirène confirme le talent de conteuse d’Audrey Calviac. D’une jolie plume et avec un style qui n’est pas sans rappeler les contes d’antan, elle arrive à plonger petits et grands lecteurs dans son récit. Alors si vous aimez les sirènes et les histoires avec de jolis messages, ce livre est fait pour vous.

NB : A noter que la maison d’édition Editions Boz’Dodor fermant ses portes, tous les livres vendus sur le site sont en promotion (-30%). N’hésitez donc pas à vous laisser tenter de manière à vous faire plaisir tout en aidant la ME à fermer dans les conditions les moins difficiles possibles.

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Fabuleux nectar, Vincent Portugal

J’ai découvert ce roman dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie imaginaire.

Prix des auteurs o

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Du haut de sa tour du Palais Suspendu, Misha étudie ses grimoires et réchauffe ses alambics. L’alchimiste du roi est un créateur talentueux. Il invente des sortilèges et murmure des poèmes pour transformer la magie en outils insolites.
Son quotidien est bouleversé par la capture de trois rebelles des îles Liberté qui luttent pour leur indépendance. Pourquoi la princesse Séléna s’est-elle livrée à ses ennemis ? L’alchimiste soupçonne la prisonnière de profiter de sa captivité pour leur tendre un piège.
La belle étrangère prétend que son navire contient des trésors dignes des légendes, l’héritage d’un antique peuple des mers. Ses ruses et ses manigances se teintent de mystère, de magie, et d’une alchimie fabuleuse qui pourrait changer le destin du royaume.

  • Broché: 156 pages
  • Editeur : Vincent Portugal;
  • Prix : 2.99€ (compatible abonnement Kindle Amazon)
  • Autre format : broché (9.90€)

AVIS

Si vous me lisez régulièrement, vous devez vous douter que mon intérêt pour ce livre a été éveillé dès la découverte de sa couverture que je trouve plutôt attractive. En plus du côté esthétique, j’ai été intriguée par la présence de sirènes, une créature que j’affectionne beaucoup bien qu’elle soit finalement assez peu représentée dans la littérature…

Dans ce roman, les sirènes sont présentes en filigrane puisque leur mythe est mis en avant par la princesse Séléna des îles Liberté qui, avec deux autres compagnons, a été capturée par le roi Alexander. Cette princesse, à la forte personnalité, s’est donnée comme mission de gagner l’indépendance de ses chères îles que le roi asphyxie par la levée d’impôts injustes et de plus en plus importants. Et pour ce faire, quoi de mieux que de lui faire miroiter l’existence de multiples richesses héritées d’antiques descendants ayant quitté la terre ferme pour les profondeurs de l’océan ? En offrant à ce roi la promesse d’un partage de ces trésors et des revenus des îles Liberté, la princesse espère ainsi faire cesser une guerre coûteuse en vies pour les siens et en argent pour le roi. Un accord qui devrait se révéler gagnant-gagnant pour chacun à moins que la princesse et ses acolytes ne gardent encore quelques secrets comme la provenance de ce mystérieux nectar qui affole les sens du roi et l’imagination de la cour…

Ce roman m’a assez surprise, dans le bon sens du terme, dans la mesure où je n’avais pas anticipé la tournure prise par l’histoire. Je m’attendais à un récit empreint de magie, j’ai trouvé un récit empreint de magie, de poésie, mais surtout de politique, de manigances en tout genre et de faux-semblants. Alors je vous rassure, l’auteur ne nous présente pas un débat politique rébarbatif, mais plutôt une histoire où les enjeux politiques et économiques sont au cœur de tout. Ils se révèlent d’ailleurs, bien que pour des raisons différentes, d’une importance capitale pour Séléna et son peuple, et pour le roi et l’affirmation de son autorité.

Au milieu de tout ça, nous avons l’alchimiste du roi, Misha, qui est accompagné d’un Djinn que j’ai beaucoup apprécié. Jouant un peu le rôle de Jiminy Cricket pour l’alchimiste, le Djinn tentera de le guider et de le soutenir sans se départir d’un certain humour qui rend le personnage plutôt attachant. Les échanges entre l’humain et son compagnon surnaturel sont donc plaisants à suivre bien que j’aurais adoré que le Djinn soit encore plus présent… Quoi qu’il en soit, le Djinn sait faire preuve de dérision tout en sachant également soutenir inconditionnellement son ami même dans les situations qui, à première vue, semblent mal engagées…

Et de ce soutien, Misha en aura fort besoin puisque bien qu’intelligent et très doué quand il est question de magie, il semble dépassé quand il s’agit de politique… Il sera néanmoins le premier et le seul à douter de l’existence des sirènes tellement vantée par Séléna. Et il sera encore le seul à deviner que la princesse est bien plus dangereuse que ce qu’elle aimerait faire croire… Troublé par l’influence grandissante de la captive sur son roi, il lui sera toutefois difficile de faire entendre sa voix face à un souverain bourru et assez impulsif d’autant que le caractère un peu mou de Misha ne l’aide pas vraiment à s’imposer. C’est un petit génie de la magie, mais c’est aussi une personne timorée qui, face à ses privilèges nouvellement acquis, n’est pas prompte à défendre ses opinions pacifiques. Contre la guerre et le détournement de ses inventions pour exterminer le peuple des îles Libertés, il préféra donc fermer les yeux plutôt que de monter au créneau et refuser de continuer à servir le roi.

Je dois avouer que ce personnage m’a parfois un peu agacée ne supportant pas les gens qui ont des prétendus idéaux, mais qui les bafouent allègrement dès que leur petit confort entre en jeu. Et c’est exactement ce que fait Misha jusqu’à sa rencontre avec la princesse et son garde du corps. Il va très vite être confronté au mépris de ces deux individus pour un homme qui a mis son savoir magique au service de la destruction plutôt que de l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Heureusement, petit à petit, Misha va évoluer et s’interroger sur ses actions jusqu’à avoir une certaine prise de conscience qui ne lui permet plus de se dédouaner de sa part de responsabilité dans le massacre d’innocents…

J’ai donc apprécié que l’auteur fasse évoluer progressivement son protagoniste comme j’ai aimé qu’il mette sur sa route, une femme forte et auréolée d’un certain mystère. Farouche, intelligente tout en étant prête à des actes de bravoure frôlant la folie pour protéger les siens, envoûtante, habile conteuse et négociatrice, les deux allant souvent de pair, Séléna est définitivement une femme qui possède un charisme fou. On l’imagine sans peine galvaniser les foules ! D’ailleurs, le roi lui-même semble ensorcelé par cette beauté… Découvrir cette femme fut un réel plaisir même si j’aurais aimé en apprendre plus sur cette princesse déterminée à sauver son peuple. Mais ça, c’est la faute de l’auteur qui a su donner vie à un personnage tellement intéressant que l’on aurait envie de lire des pages et des pages sur ses aventures et ses pensées. J’ai ainsi adoré m’interroger sur ses motivations, essayer de deviner ses intentions, tenter de cerner le vrai du faux de ses récits fabuleux sur les sirènes… En d’autres mots, comme le roi, je me suis laissée envoûter par cette femme qui a tout pour devenir une souveraine respectée et redoutable. Il vaut mieux donc l’avoir de son côté, ce que va découvrir de manière assez brutale notre alchimiste.

Au-delà des personnages, l’univers imaginé par l’auteur est un pur délice à découvrir d’autant que d’une plume élégante et poétique, il nous immerge dans son récit où la magie et la poésie sont intrinsèquement liées. Dans ce roman, il ne vous faudra pas, en effet, savoir manier la baguette pour lancer des sortilèges. Il vous faudra plutôt apprendre à manier avec délicatesse les mots et les rimes. Et attention aux plus distraits des alchimistes, la poésie pouvant se révéler mortelle quand elle n’est pas déclamée de manière rigoureuse et réfléchie. Lier magie et poésie est certainement l’idée qui m’a le plus séduite dans cette histoire puisque j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait, par ce biais, le côté presque enchanteur de la poésie. J’ai, dans tous les cas, fortement apprécié la place donnée à la poésie, un art que notre alchimiste maîtrise à merveille. J’aurais d’ailleurs adoré trouver, en fin d’ouvrage, certains de ses poèmes-sortilèges. Si vous êtes dans mon cas, vous apprécierez néanmoins la présence de poèmes, extraits de traités d’alchimie, en début de chapitre… Un petit plus qui contribue au charme qui se dégage de cet univers aussi dangereux que poétique :

« Des arômes boisés, souvenirs d’une épave,
Caressent le palais dont je me sais l’esclave.
Chêne, pin, acajou ? Qu’importe la résine !
Les trésors se goûtent ; la route se devine. »

« Pilleurs d’épaves »
L’Alchimie du Goût – Poèmes gustatifs et applications, Vol. I

En conclusion, en nous offrant une plongée dans un univers imaginaire teinté de poésie et de magie, l’auteur arrive à concilier les amateurs d’histoires fantastiques et les amateurs de jolis textes. Quant aux lecteurs avides de rencontrer des personnages qui leur réservent quelques surprises, Fabuleux nectar devrait les séduire.

A noter une interview de l’auteur sur le site du Prix des auteurs inconnus, une manière intéressante d’en apprendre plus sur l’auteur et son univers. Découvrez également, sur le site, les chroniques des autres membres du jury

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Et vous, envie de feuilleter ou de craquer pour Fabuleux Nectar ?

 

 

Abysses : La voix d’Alyha, Rachel Dubois

PRÉSENTATION ÉDITEUR

US Nautile 4 au large des côtes de la Nouvelle-Zélande, il est huit heures et des poussières, heure locale. Notre monde vient de basculer et nous n’avons encore aucune idée de l’étendue des conséquences de cette fabuleuse découverte.
Homo Sapiens n’est pas la seule forme de vie intelligente de l’univers… pas même de sa planète ! Les trois corps étendus sur mes tables d’autopsie l’attestent : Primatus Aquatis existe.
Les sirènes sont réelles et elles n’ont rien à voir avec l’image que notre folklore a gardé d’elles. Alyha, leur dirigeante vient de lancer son ultimatum à l’humanité. Nous avons vingt-quatre heures pour délibérer et moi Jean-Baptiste Martin biologiste à la tête du projet gouvernemental Primatus Aquatis, je trépigne. Le travail de toute ma vie porte enfin ses fruits… mais à quel prix ? Ça, nous avons vingt-quatre heures pour le découvrir !

AVIS

Si vous pensez sirènes, vous imaginez probablement des femmes au buste dénudé dont le bas du corps se termine par une queue de poisson. C’est, pour ma part, l’image que je me faisais de cette créature mythique avant de découvrir Abysses. Il faut dire que Rachel Dubois dépoussière totalement l’image des sirènes de nos contes d’enfant pour nous en offrir une version bien plus moderne. Et c’est une démarche audacieuse que j’ai adorée.

Ici, les sirènes n’ont point de queue, mais des jambes avec des pieds palmés, et sont surtout bien plus intelligentes que les êtres humains, ce qui se traduit par des progrès technologiques que ces derniers sont loin d’avoir égalés. Leur avancement technologique est tel qu’il leur permet, entre autres, de se régénérer, de communiquer par télépathie et de contrôler les appareils technologiques des humains en cas de besoin. C’est d’ailleurs par ce biais que Alyha, à la tête des sirènes, va révéler l’existence de son peuple aux humains avant de les enjoindre à restituer le corps de son père et de deux autres sirènes qu’ils ont assassinés. Pour ce faire, elle leur laisse 24 heures, avant d’enclencher une guerre qui signifiera probablement la fin de l’espèce humaine.

Alyha est un personnage auquel je me suis tout de suite attachée notamment en raison de sa complexité. Tout en nuances, elle est tiraillée entre son rôle de Sage qui doit préserver coûte que coûte son peuple, et son attraction pour les humains dont elle envie la capacité de ressentir et d’embrasser pleinement leurs émotions. En effet, les sirènes ont mis de côté leur cœur au profit de leur intellect et de leur implacable raison. Avoir des émotions est donc quelque chose de totalement impossible, en théorie… En pratique, Alyha n’est pas comme les autres, elle ne peut s’empêcher de ressentir des choses triviales et intolérables, du moins pour les siens, comme la frustration, la peine, la joie ou encore la jalousie.

Ce personnage fait donc un peu le point de jonction entre deux peuples au mode de vie si différent, ce qui le rend particulièrement intéressant. J’ai aimé suivre ses états d’âme, ses doutes, son envie de bien faire et de sauvegarder les humains malgré tous leurs défauts, ses tentatives pour se fondre dans le moule, du moins en apparence, ses doutes notamment sur sa capacité à succéder à son père… C’est définitivement le personnage que j’ai pris le plus de plaisir à suivre durant ma lecture.

J’ai, en revanche, eu plus de mal à m’attacher à l’autre personnage principal, Jean-Baptiste. Ce biologiste est à la tête d’une équipe de brillants scientifiques qui écument les océans à bord d’un sous-marin militaire afin de trouver une preuve de l’existence des sirènes. Ce protagoniste n’est pas méchant, mais je n’ai pas réussi à l’apprécier ni à m’intéresser à sa vie ou à ses pensées. Cela pourrait s’expliquer par son manque de modestie et un côté un peu trop égocentrique pour moi. J’ai ainsi regretté que ses pensées soient majoritairement centrées sur sa petite personne, sur les dix ans de sa vie passés à courir après une espèce qui finalement se dévoile de son propre chef… Mais j’ai surtout été très agacée par son obsession pour sa jeune et belle assistante. Alors qu’elle est l’un des plus brillants cerveaux au monde, Jean-Baptiste passe son temps à se « gifler mentalement » (sic) pour ne pas succomber à ses atouts et ceci en pleine crise mondiale de laquelle l’humanité risque de ne jamais se relever… Bref, en plus d’être sexiste et parfois paternaliste, notre supposé génie est surtout souvent à côté de la plaque.

J’ai d’ailleurs trouvé qu’il ne servait pas à grand chose dans l’intrigue même si j’ai compris son importance dans la narration puisque l’auteure a choisi d’alterner, à chaque chapitre, le point de vue de Jean-Baptiste et d’Alyha. J’ai apprécié cette initiative qui permet de suivre l’action des deux côtés, et de mettre ainsi en parallèle les enjeux et les craintes des deux peuples. On se rend alors vite compte que les méchants de l’histoire ne sont pas forcément ceux que l’on croit. En effet, les sirènes, du moins la majorité, n’aspirent pas à la guerre, mais juste à vivre librement sans devoir se cacher dans les profondeurs de l’océan. Elles désirent également protéger l’océan et, plus généralement, l’écosystème de ces Hommes qui, chaque jour, le dégradent sans vergogne.

Et nous touchons là le point fort de ce roman ! Rachel Dubois nous offre une belle critique de la société qui fait passer son plaisir avant le bien-être animal, et qui pollue l’environnement en faisant fi des conséquences. Elle évoque ainsi le sort des animaux détenus, pour le seul plaisir des hommes, dans des parcs aquatiques comme Marineland. Je ne serai pas objective sur ce point étant complètement contre la détention de ces pauvres dauphins, orques ou autres animaux… Si comme moi, c’est un sujet qui vous révolte, ce roman ne pourra que vous plaire. Je pense d’ailleurs que c’est la première fois que je lis un roman où l’imaginaire est utilisé aussi adroitement pour défendre de manière simple, mais frappante, le sort des animaux marins. Pour les personnes qui ne sont pas forcément sensibilisées au sujet, je vous rassure, l’auteure aborde le sujet sans lourdeur ni jugement expéditif. Elle vous invite seulement à une réflexion sur le sujet, ce qui, vous l’aurez compris, m’a plus que séduite.

Le livre se lit très facilement et rapidement grâce à la plume de l’auteure qui se révèle aussi efficace que prenante. Je n’ai pas ressenti un suspense haletant qui m’aurait tenue en haleine toute la nuit, mais j’ai eu néanmoins envie de tourner les pages les unes après les autres. Un coup de théâtre en milieu de livre a en outre accéléré ma lecture ! Je me suis d’ailleurs sentie un peu bête de ne pas l’avoir vu venir. Cela prouve que l’auteure a su ménager son effet en détournant l’attention des lecteurs sur d’autres points.

Je dois également ajouter que le roman m’a, d’une certaine manière, déroutée. En effet, malgré l’ultimatum qui se traduit dans le livre par un décompte à chaque début de chapitre (h-24, h-23…), le lecteur ne ressent pas vraiment cet état d’urgence. Cela s’explique, en partie, par le fait que nous voyageons dans les méandres de la pensée dAlyha qui, fidèle à son peuple, conserve un esprit rationnel et analytique. Elle soupèse chacune de ses décisions sans jamais se précipiter malgré les émotions qui la frappent parfois de plein fouet. Cette sorte de calme intérieur finit par se transmettre au lecteur à tel point que la peur qui s’insinue dans l’équipe de Jean-Baptiste à l’approche de l’échéance n’arrive pas vraiment à nous atteindre.

En conclusion, Abysses est un roman qui plaira à toutes les personnes désireuses de lire une histoire revisitant de manière originale et audacieuse le mythe des sirènes. L’auteure, en utilisant une narration à deux voix, offre aux lecteurs une plongée dans deux mondes que tout oppose, mais qui d’une manière ou d’une autre, sont plus ou moins condamnés à cohabiter. Mais ce qui fait la force de ce roman est d’arriver à vous faire passer un moment de lecture agréable et divertissant tout en vous invitant à réfléchir à des sujets importants comme le sort réservé aux animaux et à notre planète.

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