In my Mailbox #36

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


SERVICES PRESSE

Je remercie Cécile Soler pour son roman La nouvelle vie de Vanessa envoyé via le site Simplement. Je remercie également Rooibos éditions et Babelio pour Comme un poisson hors de l’eau.

 

DON

Ma sœur m’a donné cette anthologie de la poésie française que je pense découvrir rapidement :

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EBOOKS GRATUITS (AMAZON)

 

J’ai aussi reçu une commande Momox et un très beau colis de Satoru Kudo, mais je vous les présenterai dans deux autres articles.

Et vous, des nouveautés dans votre PAL ?

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Le Royaume de Messidor (tome 1) : Derrière le livre, Eunice D.M

Je remercie Eunice D.M. et les éditions Rebelle qui m’ont fait parvenir Le Royaume de Messidor via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un voyage en Écosse qui tourne au cauchemar. Un étrange livre. Un majestueux aigle noir. Et deux adolescents à la vie tout à fait normale. D’un côté, Thomas qui vit en France et, de l’autre, Anaël qui réside au royaume de Messidor. Leur rencontre était improbable, mais le destin en a décidé autrement !

  • Broché: 236 pages
  • Éditeur : Rebelle
  • Prix : 15€

AVIS

J’aime beaucoup la couverture de Karen M. ainsi que les quelques illustrations de Loïc Pain qui sont présentes dans le roman. Je ne savais pas qu’il y en aurait, mais cette bonne surprise fut un peu la cerise sur le gâteau d’une lecture déjà fort agréable.

L’histoire et les personnages…

En effet, malgré quelques petits points qui m’ont un peu moins convaincue, j’ai passé un excellent moment de lecture auprès de protagonistes attachants et, pour certains, originaux. Nous découvrons ainsi Thomas, un adolescent français élevé par sa mère adoptive, en plein départ pour l’Écosse afin de passer ses vacances de Pâques chez un oncle dont il n’avait jusqu’alors jamais entendu parler. Le vol en avion ne se passera néanmoins pas comme prévu puisqu’il s’écrasera avant que le jeune homme ne soit téléporté dans un autre monde, où un étrange personnage lui demandera son aide pour guider et soutenir un jeune homme du nom d’Anaël. Ce sera le début d’une aventure où se mêleront amitié, action et créatures fantastiques.

J’ai d’emblée été surprise par la direction prise par l’auteure concernant Thomas. Celui-ci apparaîtra dans ce nouveau monde sous une forme plutôt originale. J’ai beaucoup aimé cet élément de surprise même si finalement, ça contraint notre héros à souvent survoler l’action plutôt qu’à la vivre à 100%. Il faut dire qu’il se montre d’abord un peu réticent à l’idée de se retrouver mêlé à une quête dont il ne connaît ni les tenants ni les aboutissants d’autant que la personne sur laquelle il est censé veiller n’est pas d’un abord très facile. Mais il fera quand même de son mieux pour l’aider, n’hésitant pas à se jeter dans le feu de l’action quand cela s’avèrera nécessaire. Il deviendra également une sorte de guide pour Anaël ce qui peut sembler assez paradoxal si l’on considère que les deux jeunes hommes ont le même âge… Mais c’est peut-être ce point commun qui va permettre à Thomas de briser progressivement la carapace d’Anaël.

Cet adolescent, destiné à une carrière de forgeron qu’il refuse rêvant plutôt de chevalerie, est plutôt solitaire, bougon et peu amical. Il faudra donc beaucoup de patience et de taquineries pour que Thomas arrive à créer des liens avec celui-ci. Leur amitié et leur complicité se développent néanmoins au gré des rencontres plus ou moins sympathiques et des péripéties souvent dangereuses. Si je n’ai pas eu d’affinités avec Anaël au début de l’histoire étant dérangée par son côté bourru assez étrange pour un garçon de son âge, j’ai finalement appris à l’apprécier et à constater avec satisfaction l’évolution progressive et réaliste de son caractère. Il n’arrête pas ses bouderies du jour au lendemain, mais il se reprend plus rapidement grâce à Thomas qui joue, comme il le dit lui-même, un peu le rôle d’objecteur de conscience. L’amitié entre les deux adolescents sera également bénéfique à Thomas qui, au fil des échanges avec son ami et des aventures, gagne en maturité. Cela le poussera même à s’interroger sur son propre comportement dans le passé.

En plus de Thomas, Anaël va rencontrer d’autres personnes comme une jeune fille, Shania, qui ne le laissera pas indifférent. Peu coutumier de l’autre sexe, il se montrera d’ailleurs assez attendrissant dans sa manière de l’aborder. Quant à cette jeune fille, le moins que l’on puisse dire c’est qu‘elle n’a pas froid aux yeux et semble déterminée à prendre son indépendance face à un beau-père dangereux. Son histoire familiale possède une part de mystère que l’auteure a effleurée, mais dont on sent tout le potentiel narratif. J’espère d’ailleurs en apprendre plus sur la jeune fille dans les tomes suivants. J’ai, dans tous les cas, aimé découvrir une héroïne forte qui n’accepte pas docilement son destin et apprend à se battre pour mener la vie qu’elle souhaite. J’aurais toutefois préféré qu’elle ait un plus grand rôle dans les scènes de combat…

D’autres personnages suivront les amis dans leurs aventures, et notamment un elfe sans lequel les jeunes gens auraient eu du mal à mener leur quête. Mais ce sont deux personnages secondaires qui ont eu ma préférence : un lutin farceur qui s’est pris d’amour pour Shania et d’inimité pour son « concurrent » Anaël, et une épée magique qui a de la répartie. Oui, je me prends très régulièrement d’affection pour des objets animés, et cette épée n’a pas échappé à la règle. Mais je vous rassure, elle ne fait pas que parler et montrera tout son savoir-faire guerrier le moment venu. Un allié de choix et de choc, je peux vous l’assurer !

Une plume agréable qui vous plonge avec délectation dans l’ambiance du livre

Au-delà des protagonistes j’ai beaucoup aimé l’ambiance du roman et toutes les créatures qui peuplent l’histoire, certaines connues et d’autres, beaucoup moins. Autre point positif, du moins pour moi, c’est cette impression de retrouver quelques éléments d’une série que j’adorais : La Caverne de la Rose d’or. Sont ainsi au rendez-vous la magie, des créatures variées, des objets magiques, des animaux qui parlent, des combats, une quête et bien sûr, l’héroïne qui se déguise en garçon et sait se battre à l’épée… Je vous rassure, le livre n’est pas une adaptation de la série que l’auteure n’a d’ailleurs jamais vue.

Autres points forts du livre, les différents mystères entourant les personnages et le rythme soutenu du roman qui rendent sa lecture prenante et palpitante. L’attention des lecteurs, jeunes et moins jeunes, est ainsi captée de la première à la dernière ligne. Il faut dire que tout s’enchaîne assez rapidement ce qui vous conduit à lire le roman d’une traite ou presque. L’auteure veille également à ménager des moments plus calmes entre deux scènes d’action permettant ainsi aux lecteurs de souffler un peu, et aux personnages de partager des moments de convivialité et de consolider leur récente amitié. A noter également la présence de notes de bas de page pour expliquer succinctement des termes peu usités ou décrire des créatures que l’on ne connaît pas forcément. Cela permet de ne pas interrompre sa lecture à la vue d’un mot inconnu ce qui est fort appréciable.

Quant à la plume d’Eunice D.M., je l’ai trouvée assez travaillée pour satisfaire mon amour des belles phrases et des belles tournures tout en étant assez simple pour rester accessible à de jeunes lecteurs. En plus d’être fluide, elle est en outre assez immersive pour nous permettre de nous représenter parfaitement les différentes scènes du roman, et notamment les batailles qui prennent presque vie devant nos yeux.

Enfin, si j’ai beaucoup aimé l’histoire, ce n’est pas un coup de cœur, car j’ai parfois regretté des développements trop simples caractéristiques des romans jeunesse, des petites incohérences ou encore des propos qui m’ont parfois semblé manquer de naturel. Mais ce sont là des broutilles par rapport au plaisir que j’ai pris à parcourir ce premier tome du Royaume de Messidor qui nous laisse avec pas mal de questions. Thomas, ses amis et ennemis sont encore loin de nous avoir livré tous leurs secrets !

Pour conclure, Le Royaume de Messidor devrait plaire à tous les lecteurs, petits ou grands, qui ont envie de découvrir une histoire faisant la part belle à l’amitié et à l’aventure. Mais Le Royaume de Messidor c’est aussi de belles batailles, des créatures peu amicales, un complot, de la magie, du mystère… Alors qui est prêt à rejoindre Thomas et Anaël dans une aventure qui ne laisse pas de place à l’ennui ?

Envie d’acheter Le Royaume de Messidor ?

Des aventures hors du commun, Yannick Giammona

Des aventures hors du commun, Yannick Giammona

Je remercie Yannick Giammona pour m’avoir envoyé Des aventures hors du commun via le site simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Zoé a huit ans. Elle possède un don. Elle doit apprendre à le gérer. Surtout quand les milliers de voix qu’elle entend se mélangent dans sa tête. Heureusement, Tom va l’aider à enfermer toutes ces voix et à vivre avec ce don.
Diana et Jonathan sont étudiants à Paris. Ils vivent ensemble en appartement. Ils vont apprendre, à leurs dépens, que le miroir qui est dans leur chambre est un objet maléfique…
Pierre est instituteur en Normandie. Sans le savoir, il a des voisines étranges. En effet, sa curiosité va le mener à voir ses deux vieilles dames faire des allées et venues incessantes entre leur cave et leur voiture. Et la curiosité est un bien vilain défaut !
Retrouvez à travers trois nouvelles des aventures hors du commun, où rien ne présage à l’avance ce qu’il va arriver à des personnages qui sont au départ des plus ordinaires.

  • Broché: 182 pages
  • Prix : 7.90€
  • Autre format : ebook

AVIS

Tout d’abord, je suis complètement fan de la couverture réalisée par Virginie Wernert. En plus d’être superbe, elle dégage une aura de mystère et d’angoisse qui donne envie de se plonger très vite dans la lecture de l’ouvrage.

Des aventures hors du commun est un petit recueil de trois nouvelles qui se lit très rapidement. Bien qu’abordant des thèmes très différents, elles mettent toutes les trois en scène des personnages d’apparence banale qui vont néanmoins vivre des situations qui sont loin de l’être. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois dire que j’ai apprécié l’ordre dans lequel l’auteur a choisi de nous présenter ses histoires puisqu’il permet une progression dans l’angoisse et l’horreur. On part ainsi d’une histoire teintée de fantastique pour conclure en beauté par un récit glaçant.

A noter que le texte contient quelques coquilles et n’est pas justifié ce que je trouve assez perturbant. Cependant, l’auteur conscient de ces problèmes devrait les corriger dans la prochaine édition.

LE DON

Zoé est une petite fille de 8 ans qui possède un don : celui de lire dans les pensées. Déstabilisée puis affaiblie par toutes ces voix qu’elle entend, elle va devoir apprendre à maîtriser son pouvoir pour vivre normalement. Elle pourra heureusement compter sur le soutien sans faille de ses parents, d’un sympathique docteur et d’un énigmatique personnage, Tom.

Je dois avouer avoir un avis plutôt mitigé sur cette nouvelle en raison notamment du choix de l’auteur de nous narrer son récit à travers les mots de Zoé. De prime abord, l’idée m’a tout de suite emballée puisqu’elle annonçait la perspective d’entrer dans la psyché de cette enfant et donc de comprendre son ressenti et ses émotions. A cet égard, le contrat est parfaitement rempli : on sent à merveille l’ambiguïté que Zoé ressent face à son pouvoir tout comme l’angoisse qui finit par prendre le pas quand elle réalise que la situation lui échappe. Je me suis donc sentie assez proche de cette enfant et ai partagé, avec ses parents, l’inquiétude quant aux répercussions de son don sur sa santé mentale et psychique. L’auteur a, en outre, rendu l’enfant très crédible dans ses réactions. Bien que plutôt gentille, Zoé ne résiste pas en effet à la tentation d’utiliser son don pour briller en classe ou pour battre sa meilleure amie à une partie de cartes. Tous ces points rendent la jeune fille aussi crédible qu’attachante d’autant qu’elle fait face avec un certain courage et une certaine maturité aux problèmes engendrés par toutes ces voix qui s’immiscent dans son esprit.

Si la jeune protagoniste m’a plu, ses propos m’ont en revanche régulièrement dérangée. J’ai eu le sentiment que l’auteur oscillait entre l’envie de nous narrer son histoire du point de vue d’une enfant et celui d’un adulte. Le mélange des deux donne un résultat assez étrange qui m’a quelque peu mise mal à l’aise et a perturbé ma lecture. De la même manière, les dialogues m’ont semblé parfois souffrir d’un manque de naturel ce qui m’a empêchée de me projeter entièrement dans le récit.

Malgré ces deux points qui mériteraient, à mon sens, d’être retravaillés, l’idée de base de l’auteur est intéressante. Lire dans les pensées des gens est en effet un fantasme qui a probablement effleuré l’esprit de beaucoup d’entre nous, mais combien ont pris le temps de s’imaginer les difficultés engendrées par une telle capacité ? J’ai par conséquent aimé le fait que l’auteur nous montre, à travers les yeux enfantins et parfois naïfs d’une enfant, que la frontière entre don et fardeau est parfois très mince. J’ai également pris plaisir à suivre la quête de Zoé pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs, celle-ci alternant entre espoir, crainte et soulagement.

DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR

Diana, étudiante en couple avec Pierre à Paris, aime à se regarder chaque jour dans le miroir qui trône dans sa chambre. Narcissisme ou simple coquetterie, cette habitude va être bouleversée quand notre étudiante fera une étrange découverte concernant cet objet.

Le titre de cette nouvelle ne pouvait que m’intriguer puisqu’il m’a bien sûr fait penser à Alice au pays des merveilles. J’attendais donc avec impatience de découvrir le récit imaginé par Yannick Giammona ! Mais de nouveau, je dois confesser un avis en demi-teinte en raison principalement du style de l’auteur. J’ai ainsi regretté des phrases trop courtes qui, si elles apportent un certain dynamisme mettant en valeur l’action qui se déroule sous nos yeux, tendent malheureusement à hacher le récit et à rendre sa lecture peu fluide.

J’ai en outre trouvé que l’auteur donnait bien trop de détails sur des choses secondaires alors qu’il m’aurait semblé plus pertinent et intéressant de s’attarder sur l’atmosphère du récit et notamment sur le monde qui se cache derrière ce miroir. Or, malheureusement, il se contente de l’évoquer sans l’approfondir ce qui a suscité chez moi une certaine frustration d’autant qu’il a eu le très bon goût de faire intervenir une créature que j’adore. Le format nouvelle peut expliquer ce manque d’approfondissement, mais je pense sincèrement qu’en éliminant une partie des informations factuelles et banales qui n’apportent rien à l’intrigue, l’auteur a toutes les cartes en main pour nous narrer une histoire aussi angoissante que passionnante.

Je n’ai certes pas été convaincue par la forme, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier le fond et plus particulièrement, l’utilisation du miroir et l’angoisse qu’il suscite chez Diana, le mélange de la technologie et du fantastique, l’apparition d’une créature mythologique fascinante et dangereuse, la montée de l’angoisse à mesure que l’on avance dans l’histoire… L’auteur arrive également à créer un certain suspense autour de ce miroir et à surprendre le lecteur par le basculement du récit dans l’horreur. Je ne m’attendais pas à la tournure que finissent par prendre les événements ce qui est, pour ma part, un point très positif.

LES VOISINES

Pierre, instituteur en Normandie, est quelque peu intrigué par ses deux voisines qui font de multiples allers-retours entre leur maison et leur voiture afin d’y déposer des paquets aux étranges contours. Sa curiosité grandissant, il finit par mener sa propre enquête mettant ainsi le pied dans un engrenage dont il n’aurait pu imaginer les conséquences.

Cette nouvelle est, sans aucun doute, celle qui m’a le plus fait frissonner. On quitte clairement le fantastique pour entrer tout droit dans l’horrifique. D’ailleurs, je préfère vous prévenir que si comme moi, vous êtes plutôt sensibles aux scènes d’horreur, vous risquez de passer un moment difficile. Je vous rassure, j’ai survécu et cela devrait être la même chose pour vous…

Au-delà du côté « en direct de votre film d’horreur préféré », j’ai apprécié le personnage de Pierre qui, en plus d’être un très grand curieux, est avec sa femme un grand amateur de livres. Étant également de nature curieuse, j’ai également plutôt bien compris l’intérêt que le manège de ses deux voisines éveille en lui. Par contre, je pense que j’aurais été un peu moins prompte que lui à élaborer des hypothèses aussi radicales sur leur comportement. De surcroît, je n’aurais pas agi de manière aussi intrépide que notre protagoniste et ne me serais donc probablement pas retrouvé dans une situation aussi dramatique que la sienne. Je ne vous en dirai pas plus sur ce point préférant vous laisser le soin de découvrir jusqu’où la curiosité peut vous mener. Avec cette nouvelle, l’expression « la curiosité est un vilain défaut » prend une tout autre dimension... Il faut dire que l’auteur a gâté les amateurs de films et d’histoires d’horreur avec deux voisines qui ne peuvent que faire frémir d’angoisse et donner des sueurs froides aux plus sensibles d’entre nous. A l’issue de ce livre, vous risquez de ne plus regarder vos voisins de la même manière !

De nouveau, si j’ai apprécié le fond, la forme ne m’a néanmoins pas convaincue. J’ai, par exemple, regretté la manière de Pierre d’insister sur le fait que le lecteur va découvrir une histoire horrible, saugrenue. Cette insistance, en plus de devenir lourde, donne le sentiment que l’auteur a besoin d’appuyer son récit pour que le lecteur comprenne la direction qu’il souhaite lui donner…

En conclusion, Des aventures hors du commun est un petit recueil de nouvelles qui met à l’honneur le fantastique et l’horreur. Les lecteurs qui aiment les frissons et les histoires angoissantes devraient donc prendre plaisir à les découvrir. Pour ma part, si j’ai apprécié les idées de l’auteur et les chemins que son imagination lui a fait prendre, je n’ai cependant pas totalement accroché à sa plume. Mais cela demeurant assez subjectif, je ne peux que vous inviter à vous faire votre propre opinion sur le sujet.

Blog de l’auteur- Page FB de l’auteur

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Aimer ce qui est – Quatre questions qui peuvent tout changer dans votre vie (+ DVD), Byron Katie

Aimer ce qui est, Byron Katie

Je remercie Synchronique Éditions de m’avoir envoyé, via le site Simplement, Aimer ce qui est de Byron Katie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Aimer ce qui est présente une démarche étonnamment simple et pourtant d´une incroyable efficacité pour se libérer du stress et mieux vivre sa vie.
« Ce n´est pas la réalité qui nous fait souffrir, nous dit Byron Katie, mais nos pensées sur la réalité. »
Le Travail de Byron Katie, fondé sur quatre questions simples et profondes à la fois, permet à chacun de se libérer des illusions et des limites du mental qui nous bloquent l´accès à la sérénité, à l´amour et à la joie de vivre.
Aimer ce qui est est organisé comme un manuel pratique qui vous guidera pas à pas pour découvrir et mettre en pratique le Travail pour vous-même. Un DVD de plus de 2 heures en français présente le Travail en action.
Byron Katie a vécu en 1986 ce qu´elle appelle « un éveil à la réalité ». Elle a traduit cette expérience qui a transformé sa vie en une démarche révolutionnaire qu´elle appelle « le Travail », et à laquelle elle a, depuis, initié des millions de personnes à travers le monde.
Margot Diskin, « facilitatrice » certifiée du Travail et interprète officielle de Byron Katie pour tous ses événements majeurs auprès des publics francophones, a effectué cette nouvelle traduction pour Synchronique Éditions.

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Éditions Synchronique (13 mai 2016)
  • Prix : 20.90€

AVIS

Une méthode simple et originale qui requiert cependant un investissement personnel  et  d’accepter de revoir ses schémas de pensée

J’imagine qu’en lisant mon avis, vous aimeriez avoir une réponse claire à la question : est-ce que la méthode fonctionne ou risque-je de perdre 20 euros ? Si tel est le cas, je serai hélas dans l’obligation de vous décevoir en vous répondant que vous serez les seuls à être aptes à répondre à cette interrogation. En effet, ce qui marche sur un individu A ne garantit pas des résultats sur un individu B. Ce qui reste certain, c’est que pour le savoir, il vous sera indispensable de prendre votre courage à deux mains, de sortir votre plus beau cahier (enfin, si comme moi, c’est le genre de chose qui peut vous motiver) ou des feuilles et de quoi écrire, puis de vous mettre au Travail. Vous aurez donc compris que si vous souhaitez vous donner les chances de découvrir cette méthode, il vous faudra troquer votre position de lecteur-spectateur pour celle de lecteur-acteur.

Par le passé, j’ai pu lire quelques livres de développement personnel, mais j’ai assez vite abandonné ce genre de lecture pour la simple et bonne raison que j’avais le sentiment de lire toujours la même chose et/ou de tomber sur des livres bourrés de lieux communs comme si les auteurs avaient fini par faire de la devise « ce qui va sans dire va mieux en le disant » leur maître à penser. Fort heureusement, Katie ne tombe pas dans cet écueil, ou du moins, je n’ai jamais rien lu qui ressemble à sa méthode ce qui est un gros atout pour les personnes adeptes des ouvrages de développement personnel.

Avec Aimer ce qui est, Katie Byron vous propose une méthode simple que vous pourrez, avec un peu de pratique, mettre en application n’importe où et n’importe quand. Cette méthode est basée sur un travail d’auto-questionnement destiné à identifier et questionner les pensées qui sont à l’origine de notre stress et de notre souffrance. L’auteure estime ainsi que la souffrance apparaît automatiquement quand nos désirs entrent en conflit avec la réalité qui est immuable qu’on le veuille ou non. Cela ne signifie pas que l’on doit approuver la réalité, mais qu’en l’accueillant sans résistance, on s’évite bien des souffrances. Tout au long du livre, elle nous montre d’ailleurs à quel point considérer que « la réalité devrait être, puisqu’elle est » permet de trouver le bonheur et la paix intérieure. Si je ne peux remettre en question la pertinence de ce raisonnement, la lecture des différents dialogues et les émotions qu’ils ont suscitées en moi quand j’ai pu faire le lien avec certains événements de ma vie, m’ont prouvé que ce qui est logique n’est pas forcément facile à accepter….  Accepter la réalité sans lutter requiert un lâcher-prise que je n’ai pas encore réussi à atteindre, mais sur lequel je travaille.

Je dois en outre admettre que ça a été compliqué pour moi de ne pas rejeter certaines idées de Katie dès le début, car elles vont tout simplement à l’encontre de croyances fortement ancrées. A titre d’exemple, elle vous enjoint à vous recentrer sur vous et à ne vous préoccuper que de vous sans vous mêler des affaires d’autrui. Étant plutôt du genre à faire passer les autres avant moi et à anticiper leurs besoins, cette idée même m’a immédiatement révulsée me donnant le sentiment qu’en l’appliquant, j’allais devenir un monstre d’égoïsme. Je n’aurais néanmoins pas sollicité ce livre si je ne désirais pas tester la méthode et je me suis donc efforcée de questionner mes pensées et de m’interroger, par exemple, sur le stress que le sentiment de devoir gérer la vie des autres engendre chez moi. Et ce travail d’investigation m’a régulièrement conduite à revivre une époque difficile durant laquelle j’ai dû faire preuve d’ingérence dans la vie d’un proche dont son addiction mettait en danger sa vie. Grâce à la méthode et aux exemples de dialogue sur les addictions que vous trouverez dans le livre, je pense avoir compris un certain nombre de choses. Cela m’a permis de commencer à accepter de lâcher prise sur ces événements difficiles et de les laisser là où ils devraient être, à savoir dans le passé.  Mais le Travail m’a surtout permis de comprendre que ce besoin de m’impliquer dans la vie des autres est basé sur la croyance sous-jacente, et jusqu’alors inconsciente, que sans cela, ils risquaient de mourir…

Une méthode universelle ?

Malgré quelques blocages de ma part qui sont inhérents à mon vécu et à mes croyances, j’ai plutôt bien accroché au livre même si ma nature sceptique m’a parfois fait douter de certains témoignages qui m’ont paru un peu trop beaux pour être vrais. Mon vrai point de désaccord se situe cependant ailleurs : l’universalité de la méthode. Contrairement à Katie, je ne crois pas en une méthode universelle qui conviendrait à tous, pour tous les problèmes et à chaque instant de sa vie. Cette supposition me semble d’ailleurs quelque peu présomptueuse d’autant qu’elle fait fi des cas particuliers comme celui du handicap intellectuel. En basant exclusivement sa méthode sur le mental et l’analyse de ses propres pensées, l’autrice me semble ainsi occulter le fait que certaines personnes n’ont pas forcément les facultés intellectuelles de réaliser le Travail que ce soit momentanément (dépression…) ou durablement.

Du travail éditorial et de l’intérêt du livre….

« Aimer ce qui est » est le deuxième ouvrage de Synchronique Éditions que je découvre, et de nouveau, je suis très satisfaite du travail éditorial. Le choix du grand format est ainsi fort agréable et permet de rendre la lecture des dialogues fluide et prenante. A cela s’ajoute l’ajout d’un DVD de deux heures qui offre un plus indéniable notamment pour les personnes ayant besoin d’un visuel pour s’approprier plus efficacement un livre de développement personnel. Je ne m’étendrai pas sur le contenu du DVD bien que je puisse plus tard lui dédier un article, mais j’ai vraiment apprécié ce bonus qui permet de voir que la méthode de Katie Byron peut s’appliquer aussi bien dans des situations courantes (thème 1 : ma fille refuse de m’obéir) que dans des situations extrêmes et fort heureusement plus rares (thème 2 : Les terroristes à Paris).

Katie Byron étant très connue, vous trouverez différentes ressources sur le web et même des vidéos sur Youtube. Le livre me semble néanmoins indispensable pour réellement comprendre et s’approprier la méthode et les questions sur lesquelles elle est basée. En ce qui me concerne, ce n’est qu’en parcourant les nombreux dialogues qui illustrent différentes questions ou situations dans lesquelles une personne peut ressentir le besoin de faire le Travail, que j’ai réellement saisi la portée de l’auto-questionnement que Katie nous invite à faire.

A noter qu’une fois les consignes et principes de base acquis, on peut parcourir le livre selon ses besoins et ses pensées du moment. Cette flexibilité dans la lecture permettra à chacun de cibler directement les situations et dialogues qui les intéressent (par exemple, appliquer le Travail à la vie professionnelle et à l’argent, au couple et à la vie de famille…). Pour ma part, j’ai préféré parcourir l’ouvrage dans l’ordre avec l’idée de relire plus tard certains passages quand j’en ressentirai le besoin, c’est-à-dire lorsqu’une pensée perturbante pointera le bout de son nez. Pour une grande anxieuse de mon style, ça signifie que le livre ne connaîtra pas de sitôt la solitude.


En conclusion,  Katie Byron nous propose d’accéder au bonheur et à une vie sans stress grâce à une méthode simple basée sur l’auto-questionnement. Les nombreux dialogues entre Katie et des personnes en plein Travail, en plus de rendre la lecture fluide et vivante, permettent aux lecteurs d’être guidés dans leur découverte de la méthode et de voir concrètement comment l’appliquer. Les exemples présentés sont, en outre, assez variés pour que chacun puisse faire des analogies avec sa propre vie. Je conseillerais donc ce livre à toutes les personnes souhaitant effectuer un travail sur elles-mêmes afin d’apprendre à vivre plus sereinement. Je rappellerai toutefois que bien qu’intéressante, cette méthode n’est pas un remède miracle à tous vos maux…

Envie d’acheter Aimer ce qui est ?

Pour les personnes intéressées par la méthode pour leurs enfants, il existe un ouvrage qui leur est consacré : Tigrou-Tigrou, est-ce bien vrai ? Si vous vous laissiez tentés, j’aimerais beaucoup avoir votre ressenti ainsi que celui de votre ou de vos enfants.

9782917738092 - TT - moy

 

Codex Memoriae 2 : Le sacrifice des âmes du Purgatoire, Christophe Michaud

Je remercie Christophe Michaud de m’avoir fait parvenir son roman Le sacrifice des âmes du Purgatoire via le site Simplement et d’avoir pris le temps de me le dédicacer. Je le répète souvent, mais c’est toujours le genre de petite attention qui me fait plaisir.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un vagabond amnésique est conduit au sanitarium local spécialisé dans les troubles post-traumatiques de la Première Guerre mondiale. Il n’a aucune mémoire, ni présente ni passée.

Pour ne pas sombrer, il essaye de se raccrocher comme il peut à tout ce qui l’entoure dans l’espoir de se construire une identité, mais c’est sans compter sur la rivalité de deux médecins qui se cristallise à son sujet.

Il poursuit ainsi son cheminement mental dans une errance onirique teintée de mythologie grecque avant de se trouver confrontée à une réalité brutale qui prend corps au travers de l’étrange docteur Bonne.

 

  • Poche: 288 pages
  • Editeur : Christophe Michaud (17 novembre 2015)
  • Prix : 10,17€
  • Autre format : Ebook

AVIS

Tout d’abord, je tiens à dire que je trouve le livre très réussi autant au niveau de la couverture que des illustrations intérieures qui nous permettent de nous plonger de manière réaliste dans l’histoire. Cet apport visuel est un atout indéniable pour l’histoire et devrait ravir les amateurs de livres illustrés. L’auteur a même poussé le sens du détail jusqu’à insérer des bonus comme des rapports journaliers concernant le patient amnésique ou encore un rapport confidentiel. La police d’écriture qui donne l’impression que le livre a été tapé à la machine vient, quant à elle, parfaire une expérience de lecture déjà agréable.

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Je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai adoré ce livre et que je le considère comme l’un des meilleurs que j’ai pu lire ces derniers mois. C’est simple, tous les ingrédients sont mis en place pour que vous ouvriez la première page avec la ferme intention de ne pas décoller de votre canapé/lit/siège avant d’avoir lu le dernier mot de l’auteur.

L’histoire…

Le docteur Olivier Quine, psychiatre de profession, a assouvi son rêve, celui de créer un endroit où les patients atteints de troubles psychiatriques seraient accueillis et traités de manière humaniste. Un projet avant-gardiste pour une époque où les « malades mentaux » étaient loin d’être traités avec humanité. De ce rêve devenu réalité, va naître la rencontre puis une association avec le docteur Bonne, médecin militaire qui a exercé durant La Première Guerre mondiale. Mais cette alliance qui, sur le papier, semblait prometteuse est-elle finalement une réelle aubaine pour le docteur Quine ? L’arrivée d’un patient amnésique qui va intéresser de près nos deux associés va pousser le psychiatre à se poser sérieusement la question.

Le livre pourrait se scinder en deux parties. Dans la première partie, nous découvrons le docteur Quine et ses séances de thérapie avec le patient amnésique. Sous hypnose, celui-ci va raconter différentes histoires inspirées de la mythologie grecque comme si elles étaient siennes. Ces incursions dans le monde de la mythologie, à travers différentes figures emblématiques et mythes comme celui de Perséphone, est pour moi le gros point fort de ce roman. J’ai adoré la manière dont l’auteur a su se les approprier et les exploiter nous donnant autant envie de connaître la suite des événements que de réviser nos connaissances en matière de mythologie.

Dans la deuxième partie, on conserve cette part de voyage entre réalité et rêve, mais l’histoire prend une tournure plus angoissante voire étouffante. Au fil de l’intrigue, on en vient à se poser des questions sur le docteur Bonne et à se demander si le psychiatre, par ambition professionnelle, n’a pas plus ou moins passé un pacte avec le diable. Déjà mystérieux, le médecin devient ainsi de plus en plus inquiétant et nous pousse à nous interroger, avec angoisse, sur la nature de ses activités qu’il veille à tenir secrètes. Quine finit bien par ouvrir les yeux sur ce collaborateur gênant, mais il est trop tard, le médecin ayant déjà tissé sa toile tout autour de lui. L’étau se resserre alors inexorablement autour du psychiatre dont le lecteur ressent parfaitement l’effroi à cette prise de conscience : le Mal est en la demeure.

Au-delà de l’intrigue principale, l’auteur évoque également différents points comme la dichotomie entre la médecine du corps et celle de l’esprit parfaitement symbolisée par l’antagonisme entre Quine et Bonne. Nous retrouvons également une critique de la médecine psychiatrique de l’époque dont heureusement les méthodes ont depuis fortement évolué. Des questions presque métaphysiques sont également soulevées… Au cours de l’histoire, on ne peut d’ailleurs qu’en venir à s’interroger sur la nature humaine et sur ce qui distingue l’homme du monstre.

Des personnages complexes…

Bonne peut être vu comme l’un des méchants de l’histoire, mais il n’en reste pas moins assez complexe. Si ses méthodes sont radicales, comme vous le découvrirez, son objectif final renvoie néanmoins à la fameuse question : la fin justifie-t-elle les moyens ? Pour sauver l’humanité, quels sacrifices jugeons-nous acceptables ? L’auteur utilise, en outre, ce personnage aussi fascinant que repoussant, pour évoquer les traumatismes engendrés par La Première Guerre mondiale. Ce point m’a particulièrement semblé intéressant puisque pour des soldats, une guerre, quelle qu’elle soit, ne prend pas forcément fin une fois la paix signée. Il en va de même pour les personnes comme ce médecin qui ont dû faire face quotidiennement aux conséquences de la barbarie humaine. Pour sauver des vies, a-t-il fini par y laisser son âme ? Je vous laisserai le soin d’en juger par vous-mêmes.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais)

Quine, bien que mû par un objectif louable, n’est pas non plus exempt de défauts. L’auteur ne nous offre par sur un plateau une blanche colombe, mais un personnage avec ses zones de lumière et d’ombre. Ainsi, je l’ai parfois trouvé très limite dans sa manière de traiter son entourage et notamment son assistante ainsi que son patient qu’il considère plus comme un sujet d’étude que comme un être humain. Il n’hésitera d’ailleurs pas à le livrer aux mains de Bonne en vue d’une future publication. Son ambition professionnelle et son égo viennent donc se heurter à ses idéaux ce qui ne le rend finalement que plus humain. Les zones d’ombre du personnage ne m’ont pas permis de compatir pleinement à la situation dans laquelle il finit par se trouver. N’étant pas un monstre, j’ai bien sûr trouvé son sort horrible, mais n’ai pu m’empêcher de penser qu’à trop jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler. Il s’est fait le propre artisan de son malheur et aurait pu limiter l’emprise que le docteur Bonne finira par exercer sur lui et sa clinique s’il avait été au bout de ses idéaux, et avait traité avec respect toutes les personnes de son entourage.

Quant au patient amnésique, il évolue au fil de l’intrigue passant de « légume » incapable de mémoriser des informations et d’agir de sa propre volonté à une personne capable de prendre des décisions et de se souvenir d’événements récents. Il m’a fait de la peine notamment quand sa conscience s’est éveillée lors de séances de travail plutôt douloureuses. Mais j’avoue ne pas avoir réussi à m’attacher à cet individu sans passé ni identité... Il faut dire que si en deuxième partie de livre son existence ne s’efface plus au profit de ses errances oniriques, il n’en demeure pas moins très énigmatique. Cela m’a d’ailleurs beaucoup frustrée ; j’aurais aimé en apprendre plus sur celui-ci, sur son passé et la raison pour laquelle il a perdu la mémoire. Est-ce la manière que son psychisme a trouvée pour faire face à des événements difficiles à supporter, est-ce le résultat d’un accident ou celui d’une punition divine ? L’incertitude autour du personnage ne m’a néanmoins pas empêchée d’admirer son courage et sa ténacité devant l’adversité.

Une plume envoûtante et des allers-retours entre rêve et réalité captivants, mais qui ne plairont pas à tous…

Grâce à une plume fluide et efficace, pas de digressions ou de temps morts ici, l’auteur a cette capacité de vous immerger totalement dans son monde ou, plutôt, ses mondes. Alors que l’on évoque quand même des personnages issus de la mythologie grecque, le récit finit par sembler naturel voire plausible. Au début, comme Quine, on peut être tenté d’analyser les rêves du patient sous le prisme du symbolisme et de diverses interprétations psychiatriques, mais la véracité des rêves s’impose presque d’elle-même. Et ça n’en rend le suspense que plus intense et le patient que plus mystérieux.

Complètement séduite par ce livre, j’aurais envie de le mettre entre les mains de tous les lecteurs croisant mon chemin, mais je pense que les allers-retours entre la réalité et le rêve pourront déstabiliser certaines personnes. En effet, il faut parfois quelques secondes de lecture avant de saisir de qui nous sommes en train de découvrir l’histoire. Mais cette alternance entre réalité et rêve apporte un dynamisme certain au récit et rend la lecture prenante au point qu’il vous sera difficile de la poser. Et puis, le lecteur, pris entre ces deux mondes, se retrouve presque subjugué et n’a qu’une hâte : connaître la suite des événements tout en se demandant comment l’auteur va réussir à lier réalité terrestre et errances oniriques.

Un récit qui se lit tout seul, mais dont la richesse nécessite une lecture attentive…

Portée par les talents de narrateur de l’auteur, l’histoire est très facile à suivre, mais sa richesse nécessite néanmoins un minimum d’implication de la part du lecteur et, j’aurais envie d’ajouter, une certaine continuité dans la lecture pour en savourer les tenants et aboutissants. D’ailleurs, malgré une lecture attentive, j’ai parfois eu l’impression de ne pas avoir saisi toute la subtilité de l’histoire ou d’être passée à côté de certains enjeux. Réalité ou fausse impression, peu importe puisque j’ai dévoré le livre et n’ai qu’une hâte, le faire découvrir à mon entourage.

En effet, j’ai frôlé le coup de cœur ! La seule raison pour laquelle je n’ai pas mis 20/20, c’est la fin qui m’a un peu déconcertée et laissée, sans mauvais jeu de mots, sur ma faim. Mais je dois reconnaître qu’elle est complètement cohérente avec cette aura de mystère qui plane sur notre amnésique. Un happy end avec toutes les réponses à nos questions aurait quelque peu dénaturé l’essence même du roman. Et puis, la fin demeure assez ouverte pour nous laisser l’espoir de retrouver notre personnage dans un futur que je n’espère pas trop éloigné.

En conclusion, Le sacrifice des âmes du Purgatoire est un livre que je conseillerais à toutes les personnes en quête d’une histoire addictive bien écrite où se côtoient mystère, personnages complexes et parfois inquiétants, références à la mythologie grecque et ambiance angoissante. Si vous acceptez de ne pas avoir toutes les réponses à vos questions et aimez vous questionner sur la nature humaine, vous devriez passer un très bon moment de lecture.

Lien d’achat du roman Le sacrifice des âmes du Purgatoire

 

 

Le bureau, Laëtitia Laroche Longuet

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Je remercie Laëtitia Laroche Longuet de m’avoir envoyé sa pièce de théâtre, Le bureau, via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une fois passée l’émotion bien naturelle de l’annonce du départ en retraite de Robert, les passions vont très vite se déchaîner autour de la succession de son bureau. Convoitises, manipulations, trahisons, mensonges, usurpations d’identité, entre stratégie et séduction, tous les coups sont permis.
Monsieur Lenain, directeur de la filière française d’une multinationale allemande, reçoit l’ordre de sa hiérarchie de se séparer de deux de ses collaborateurs. Robert part en retraite. Ca en fait déjà un ! Mais lequel de ces employés va-t-il bien pouvoir virer ? Faut faire une liste et procéder par élimination.
Dans le même temps, chaque membre de l’équipe défile auprès du chef pour briguer le bureau du futur retraité et ainsi fuir l’open space.

  • Broché
  • Editeur : Mademoiselle (15 juin 2017)
  • Prix : 12€
  • Autre format : ebook

AVIS

Je ne lis que très peu de théâtre alors que je pense avoir aimé toutes les pièces découvertes jusqu’à présent. Je garde ainsi un excellent souvenir de l’Avare de Molière lue plusieurs fois et vue à la Comédie de Saint-Étienne. J’ai donc été tout de suite intéressée par Le bureau quand j’en ai lu le résumé. Le thème est très différent de celui de l’Avare, mais les deux pièces ont un dénominateur commun : le rire.

Ainsi l’auteure part d’une situation sérieuse et, hélas, assez commune, pour nous emporter dans des situations complètement cocasses qui ne peuvent que prêter à sourire. On découvre donc Monsieur Lenain, le directeur d’une filiale française d’une société allemande, qui se retrouve dans l’obligation de licencier deux personnes. Le départ en retraite de Robert lui offre déjà un nom à fournir au directeur de la multinationale. Lui reste maintenant à donner un deuxième nom et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a des critères de licenciement très personnels… Reste à espérer que cela ne donne pas d’idées à nos dirigeants pour réformer notre Code du travail !

Le nom de l’entreprise, Spermo 3000, introduit dès le début un certain comique, mais j’ai surtout savouré celui créé par le décalage entre Lenain qui essaie désespérément de déterminer qui licencier et les salariés qui ne sont, quant à eux, obsédés que par une chose : le bureau de Robert. Ce dernier cristallise les envies et les aspirations de chacun au point que cela finit par en devenir ridicule, mais diablement drôle.

Plus on découvre les différents personnages, plus on a le sentiment d’être tombé dans un panier de crabes où chacun est prêt à tout pour obtenir ce fameux bureau ou, comme vous le découvrirez, pour régler ses comptes. Restez donc sur vos gardes, car vous ne serez pas au bout de vos surprises. Ce conseil aurait été fort utile à notre directeur qui va découvrir que l’expression « tel est pris qui croyait prendre » n’est pas à prendre à la légère, surtout chez Spermo 3000. Chaque salarié se dévoile maître dans l’art du complot même si certains se révèlent beaucoup plus doués que d’autres… Comme M. Lenain, vous serez donc stupéfaits devant certaines révélations, mais, à la différence de ce dernier, vous devriez goûter la surprise.

Devant l’enchaînement des événements, on en viendrait presque à plaindre le directeur de gérer une telle équipe (à moins que ce ne soit elle qui le gère ?). Je dis presque, car ce dernier n’est pas non plus un saint et n’hésite pas à utiliser chacun de ses employés pour arriver à ses fins, et assurer sa position au sein de l’entreprise. Il va très loin n’hésitant pas à pousser une employée très « proche » de lui dans les bras de l’un de ses collaborateurs. C’est que notre directeur prend très au sérieux l’expression se vouer corps et âme à son travail…

Comme celui du directeur, le caractère des personnages est assez stéréotypé, mais dans le cadre d’une pièce de théâtre, cela ne me dérange pas. Je dirais même que c’est un peu ce que l’on attend : des personnages à la personnalité exagérée qui, le temps d’une pièce, nous font vivre des émotions et nous divertissent. Et avec cette pièce, c’est définitivement l’amusement et la bonne humeur qui devraient embellir votre journée et/ou votre soirée.

Enfin, la pièce de théâtre se lit très rapidement ce qui s’explique par le fait que les événements s’enchaînent à une vitesse folle. L’attention du lecteur est happée dès le début du premier acte et ne se relâche à aucun moment. Il faut dire que les situations cocasses défilent les unes après les autres et que les coups de théâtre nous tiennent en haleine. A cet égard, j’ai juste adoré la fin, complètement inattendue et parfaite pour conclure une pièce où l’hypocrisie règne. On s’attend bien à ce que le château de cartes finisse par s’écrouler, mais pas d’une manière aussi tonitruante. Aucun doute que Laëtitia Laroche Longuet manie l’art du spectacle !

La seule chose que j’ai regrettée est la brièveté de l’ouvrage. J’aurais adoré rester un peu plus longtemps dans cette entreprise de fous et, pourquoi pas, demeurer interdite devant de nouvelles révélations. Néanmoins, préférant la qualité à la quantité, j’aime autant une pièce courte et intense comme ce fut le cas ici qu’une pièce longue et ennuyante. Malgré ma frustration, force est de constater que l’autrice a su rendre son histoire captivante de A à Z.

En conclusion, Le bureau devrait enchanter les amateurs de pièces menées tambour battant où se côtoient des personnages aussi fourbes qu’immoraux. Au gré des révélations, des complots et des échanges entre les personnages, vous passerez certainement un très bon moment de détente. Sourire aux lèvres garanti !

Pour ma part, la lecture de la pièce m’a donné envie d’aller assister à sa représentation. Les décors, la mise en scène et le jeu des acteurs devant apporter une tout autre dimension à cette histoire des plus cocasses.

 

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