Les cercles de l’éternité, Jean-Louis Ermine

Je remercie Jean-Louis Ermine de m’avoir permis de découvrir son roman, Les cercles de l’éternité.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Dans un monde en perdition, Laurie et Simon vont tout mettre en œuvre pour sauver l’humanité.

Dans un futur lointain, les hommes ont découvert le secret de l’éternité, mais cette invention a un prix. La personne qui choisit de suivre cette voie entre dans un processus inéluctable de dégénérescence, qui fait ressortir ses plus bas instincts. Le monde se divise alors, et se structure en « cercles », correspondant chacun à des stades de décadence plus ou moins avancés.
Face au déclin de l’humanité, le gouvernement cherche des solutions, et finit par retrouver la trace d’un mystérieux scientifique, dont les recherches sur l’immortalité auraient abouti. Laurie et Simon, deux marginaux que tout oppose, sont chargés de ramener le professeur et de redonner espoir aux habitants des cercles. Pour cela, ils devront s’aventurer au-delà des terres connues, là où la barbarie a tous les droits.
Une chasse impitoyable est lancée, et les entraînera dans une véritable traversée des enfers.
L’éternité leur réservera encore bien des secrets.

  • Éditeur : Publishroom (17 novembre 2017)
  • Nb pages : 167
  • Prix : 17 €
  • Autre format : ebook

AVIS

Lisant peu de livres de science-fiction, je dois admettre que c’est d’abord la couverture avec, entre autres, ce qui ressemble à une séquence d’ADN, qui a attiré mon attention. Elle a un côté énigmatique qui m’a donné envie de me plonger dans cette histoire où l’éternité devient une réalité.

Devenir éternel, n’est-ce pas un peu le rêve, conscient ou non, de chacun ou, du moins, de beaucoup d’entre nous ? Mais la vie et la mort étant intrinsèquement liées, quelles seraient les conséquences pour l’humanité de cette révolution quelque peu contre-nature ? Une question légitime que Jean-Louis Ermine exploite de manière prenante et particulièrement bien construite dans son roman.

L’auteur nous offre ici une vision assez pessimiste de l’éternité puisque les individus qui ont fait le choix de prendre des drogues d’éternité en paient le prix fort. Entrant dans un processus de dégénérescence, ils perdent, petit à petit, ce qui faisait d’eux des hommes et finissent par sombrer dans la violence. Le processus étant progressif, la société a donc fini par s’organiser en « cercles », chacun vivant dans le cercle correspondant à son état…

L’organisation sociétale créée et développée par l’auteur est, pour moi, l’un des points forts de ce roman. J’ai aimé cette idée d’une société divisée entre personnes refusant l’éternité et le lourd tribut à payer pour l’obtenir, et dégénérants qui ont sacrifié leur humanité au profit d’une longue vie. Je dis « longue vie », car difficile de parler d’éternité quand la brutalité peut vous rattraper à chaque instant et vous faire passer de vie à trépas… Les cercles, bien qu’ici il s’agisse d’une image, schématisent à merveille l’éloignement progressif des dégénérés avec le commun des mortels. C’est, en outre, assez intéressant de découvrir, même si ce n’est que très sommairement, les règles de fonctionnement et d’organisation inhérentes à chaque cercle d’autant que l’auteur se joue de ses personnages et des lecteurs. Vous découvrirez, en effet, que les apparences sont parfois trompeuses et que derrière des personnes à l’apparence soignée peut se cacher une effroyable et impitoyable brutalité…

Le roman se révèle intéressant par sa portée quasi philosophique parfois teintée de spiritualité et les thèmes qu’il aborde : la vie, la mort, l’essence même de ce qui fait de nous des hommes, les sacrifices que nous sommes prêts à faire pour accéder à l’éternité avec comme question sous-jacente : la fin justifie-t-elle les moyens ? Accéder à l’éternité justifie-t-il qu’en cours de route, nous en perdions notre humanité ? Cela finit par nous conduire à nous demander si dans notre propre monde, l’homme découvrira un jour comment accéder à l’éternité et le cas échéant, s’il arrivera à gérer cette nouvelle connaissance sans sombrer dans le chaos le plus total. En effet, la vie peut-elle et doit-elle vraiment se départir de la mort ? Des questions qui restent sans véritable réponse, mais que l’auteur arrive à soulever grâce à son récit porté par deux personnages aux personnalités diamétralement opposées, mais que le destin va finir par rapprocher.

Le lecteur fait ainsi la rencontre de deux marginaux, Laurie qui exècre les déviants et leur violence tout en travaillant à satisfaire leurs bas instincts contre de l’argent, et Simon, un ex-déviant que l’éternité a rejeté. Tous deux sont envoyés en mission pour ramener le professeur Soler qui s’est enfui au-delà des cercles afin de protéger ses découvertes relatives à l’éternité et à ses désastreuses conséquences sur les hommes. Cette mission, aux allures de missions kamikaze, va rapprocher ces deux personnes que tout oppose, et les pousser à développer une certaine complicité, ou du moins, une certaine complémentarité. À mesure de leur road-trip à travers les cercles, ils rencontreront moult dangers ce qui les contraindra à travailler main dans la main. Cette entraide deviendra d’ailleurs vite une question non pas d’affinité, mais de survie.

La question de la survie est au cœur de ce roman puisque les déviants sont tombés dans une telle violence que chaque rencontre menace la vie de nos deux héros « malgré eux ». Alors que le sort de l’humanité repose sur leurs épaules, Laurie et Simon sont ainsi confrontés à la bestialité de l’homme dépourvu de morale : déviants qui sous une belle apparence sont de véritables monstres, volonté de tuer par plaisir, « vampires »… Je ne donnerai pas plus de détails sur les différentes rencontres du duo sous peine de vous gâcher une partie de l’intrigue, mais je peux vous dire que l’un des groupes rencontrés m’a juste donné envie de vomir. Il faut dire que Les cercles de l’éternité, c’est un roman à la portée philosophique, mais à la violence bien concrète. Dès le début de l’histoire, l’auteur ne nous épargne pas et nous plonge dans une ambiance angoissante où le règne de la violence dicte sa loi. Alors si vous n’aimez pas le sang, les meurtres…, il est peut-être préférable de passer votre chemin.

Simon est un personnage qui n’est pas lui-même dénué de violence au point que certaines de ses actions m’ont un peu laissé interdite. Horribles en soi, il les fait avec un tel naturel et sans que sa conscience n’en soit affectée que cela donne le sentiment que les drogues d’éternité et son passé de déviant ont laissé quelques séquelles… À moins que cela ne m’ait perturbée parce que même en trouvant certaines de ses actions immondes, j’ai fini par presque comprendre son comportement. Rappelons que nous sommes dans une histoire de survie et que la survie ne s’encombre pas forcément d’humanisme… Simon fait donc ce qu’il a à faire sans tergiverser à l’inverse de Laurie qui semble, par bien des aspects, plus « humaine ». Alors que Simon se montre vite obnubilé par le professeur et ses découvertes, Laurie prend une certaine distance avec cette mission et toute cette violence à laquelle elle n’était pas préparée. Sans être foncièrement attachante, elle attire donc un peu plus la sympathie que Simon même si celui-ci finit par subrepticement évoluer…

Le roman étant court, moins de deux cents pages, il se lit très vite d’autant que sans s’encombrer de longues descriptions, l’auteur vous plonge dès les premières pages dans son récit. Sa plume vive et rythmée ainsi que l’enchaînement rapide des événements vous garantissent, quant à eux, une lecture qui ne laisse aucune place à l’ennui. Tout s’enchaîne cependant peut-être un peu trop vite ce qui donne parfois le sentiment d’un manque de profondeur dans l’intrigue ou les relations entre nos deux protagonistes… Par ailleurs, la traversée entre les cercles est tellement rapide que finalement, ils semblent nous réserver encore bien des secrets. Mais cela semble plutôt logique puisque le but de la mission de notre duo est de retrouver le professeur, et non d’explorer les cercles… En apprendre plus sur ces derniers aurait peut-être satisfait la curiosité des lecteurs, mais aurait probablement cassé le rythme du récit. De la même manière, le côté très scénaristique du récit fait que le manque d’approfondissement de certains aspects ne m’a pas dérangée outre mesure. Je dirais même que cela crée une certaine connivence avec les protagonistes qui, pris dans le feu de l’action, n’ont pas vraiment le temps de tergiverser. En tant que lectrice, et c’est assez rare pour que je le signale, j’ai fini par faire comme eux en prenant les choses comme elle venait, ce qui ne m’a pas empêchée de m’interroger sur l’éternité et ses conséquences sur l’humanité.

L’éternité, bénédiction ou malédiction ? Pour en juger, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans ce roman de science-fiction accessible à tous, l’auteur n’usant pas d’un vocable réservé aux aficionados du genre. À travers des descriptions concises mais terriblement efficaces, l’auteur vous immerge dans un récit où l’action soutient la réflexion et la réflexion se nourrit de l’action. Alors si vous avez envie de vous divertir tout en réfléchissant, je ne peux que vous conseiller ce roman.

Portrait de Ermine jean-louis

Source : Site Simplement

Page FB consacrée au livre – Compte FB de l’auteur

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Pediophobia : Poupées + enfants = peur, Marie Gallicher

Couverture Pediophobia

Je remercie Marie Gallicher de m’avoir permis de découvrir son roman, Pediophobia.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Doris Warmson, 8 ans en cette année 1984, a subi un choc : non seulement ses parents ne se contentent plus de se disputer en la laissant se retrancher derrière la porte de sa chambre avec ses jouets, la télé et son chien Sam mais encore sa mère, June, lui annonce qu’elle a été adoptée. Le choc est rude : l’univers de Doris bascule. Elle n’est pas au bout du cauchemar lorsqu’elle découvre qu’une nouvelle venue et ses semblables vont, à leur tour, perturber sa vie. Bienvenue au temps des années 80 dans un univers « vintage » dépourvu d’Internet, de portables et de réseaux sociaux où, cependant, la communication (ou son absence) reste toujours au cœur des relations.

  • Broché: 142 pages
  • Editeur : CreateSpace (15 novembre 2016)
  • Prix : 16,88€
  • Autre format : ebook

AVIS

Connaissez-vous les Patoufs ou, de leur nom original, les Cabbage Patch Kids, ces poupées de chiffon créées aux États-Unis, fin des années 70 ? Le concept était novateur et original, puisque l’idée était de donner l’impression aux gens qu’ils n’achetaient pas un simple jouet, mais qu’ils adoptaient bel et bien un enfant ! Pour ce faire, rien n’était laissé au hasard : poupée unique avec son propre nom et prénom, certificat de naissance, frais d’adoption et non prix de vente, cliniques pour soigner ces poupées ou, plutôt, ces « bébés ». Je trouve déjà le concept assez fou, mais il prend une tournure carrément inquiétante quand Marie Gallicher décide de s’en inspirer pour son roman Pediophobia, un terme aux consonances barbares qui signifie la peur des poupées et/ou des enfants. Je dois dire que vous m’auriez donné ce genre de poupées enfant, je pense que j’aurais pu ajouter cette phobie à la liste de celles que je possède déjà…

BabyLand Exclusive Baby

Photo du site Cabbage Patch Kids

Dans cette œuvre de science-fiction, les Patoufs sont renommées Kauliss et vont susciter des réactions très différentes au sein des foyers anglais et, plus particulièrement, londoniens : forte attirance pour ces poupées-enfants pour certains, méfiance voire défiance pour d’autres, jalousie des personnes ne pouvant s’offrir cet onéreux jouet…

La petite Doris âgée de 8 ans aurait préféré quant à elle que sa mère, June, ne fasse pas partie de ces femmes qui tiennent absolument à posséder ce substitut dérangeant de bébé. La fillette vit d’autant mal l’obsession de sa mère pour ces Kauliss qu’elle a appris, de sa bouche et de manière fort brutale, sa propre adoption ! Le manque de tact et de considération de June pour les sentiments de Doris se retrouveront dans sa manière d’occulter sciemment le malaise de sa fille adoptive à l’arrivée de Florie, la Kauliss du foyer. On pourrait trouver des circonstances atténuantes à cette femme que la stérilité, la dissolution de son couple et le sentiment de solitude rendent triste et quelque peu pathétique… Mais difficile de ne pas d’abord se focaliser sur le mal-être de Doris et le sentiment de rejet que l’arrivée de cette poupée suscite en elle. Alors qu’elle aurait eu besoin d’être rassurée sur le fait que son adoption ne change en rien l’amour que ses parents lui portent, elle se trouve confrontée à une mère perdue dans des chimères et un père plus intéressé par son travail et ses maîtresses que sa famille…

Cette cellule familiale dysfonctionnelle va alors être le point de départ de la révolte, celle d’enfants qui ne sont pas prêts à être remplacés par de simples poupées, aussi uniques soient-elles, et celle de femmes prêtes à tout pour revendiquer leur droit à être mère, même si cela signifie donner tout son amour et son affection à un objet dénué de vie. Et à la tête de ces deux mouvements contraires qui s’affronteront brutalement, la mère June, et la fille adoptive, Doris ! Toutes les deux se montreront entêtées et fortement engagées dans leur cause, mais toutes les deux finiront par être dépassées par la situation. June sera engloutie par ce rôle de porte-parole des pro-Kauliss qu’elle s’est assignée au point d’ailleurs de finir par disparaître sans que l’on ne sache vraiment ce qui lui arrive… Quant à Doris, elle perdra le contrôle de son organisation constituée uniquement d’enfants et dont l’objectif était la destruction pure et simple de ces poupées par lesquelles est arrivé le malheur.

Et on touche là le gros point fort de ce roman : la manière dont l’auteure a su donner le pouvoir aux enfants et renverser le rôle enfant/adulte. Quand certains adultes semblent perdre la tête avec des poupées, ce sont les enfants qui gardent les pieds sur terre et qui se rendent compte de l’absurdité de la situation. Mais l’enfer étant pavé de bonnes intentions, ce qui était à l’origine un mouvement de révolte légitime se transforme, petit à petit, en une vendetta destinée à assouvir la soif de pouvoir de certains enfants et notamment du petit caïd qui destituera Doris de son trône. Ces enfants n’auront alors plus rien à envier à leurs aînés : violence implacable, traque des personnes ne partageant pas leurs idées, exactions, trahisons…

Ce renversement des relations adultes/enfants est aussi intéressant que dérangeant, car la vision de ces enfants mettant à feu et à sang les rues de Londres a quelque chose de tabou. On a, en effet, parfois tendance à idéaliser les enfants et leur insouciance ou naïveté alors qu’ici, les enfants se transforment en bourreaux et les adultes en victimes. Cette vision des choses donne d’ailleurs lieu à un savoureux détournement de l’histoire du joueur de flûte de Hamelin où le dompteur de rats n’est pas un adulte, mais un enfant qui est prêt à tout, grâce à l’aide de ses « amis », pour atteindre son objectif…

Photo du site Wikipedia

Quant à la narration, elle m’a un peu déstabilisée au début, car presque froide, mais au fil du livre, elle gagne en chaleur et en intensité. D’une plume assez fluide et immersive pour sentir les tensions croître jusqu’au point de non-retour, l’auteure nous plonge entièrement dans ce récit qui ne peut laisser insensible. L’auteure a, en effet, pris le risque de déranger ses lecteurs avec une histoire atypique qui, en partant d’un phénomène de société réel, met à jour les failles humaines. Alors oui, ici, nous sommes bien dans une œuvre de fiction où tout est poussé à son paroxysme, mais il n’empêche, le livre pose de vraies questions sur le sentiment de solitude ou de vide intérieur, sur l’envie d’être mère, sur la perte de soi notamment dans une relation de couple biaisée dès le départ, sur ce qu’est la famille et les relations qui unissent les parents à leurs enfants…

A noter également la présence de quelques illustrations vous permettant de vous plonger de manière encore plus immersive dans le récit. Comme toujours, j’apprécie ce genre de bonus qui, s’il n’est pas indispensable, apporte toujours un plus indéniable à la lecture.

Enfin, mon seul petit bémol concernera non pas le fond, mais la forme puisque j’ai regretté la présence de coquilles, même si elles ne sont pas assez nombreuses pour perturber la lecture.

En conclusion, cette histoire de poupée-enfant fait froid dans le dos, mais montre également jusqu’où certaines personnes peuvent aller pour accéder à une maternité rêvée et idéalisée. Alors si vous avez envie de vous plonger dans un récit mêlant étroitement réalité et science-fiction et dans lequel les enfants se sont appropriés le pouvoir pour le meilleur et pour le pire, Pediophobia est fait pour vous. L’histoire étant aussi atypique que dérangeante, je ne peux vous garantir que vous serez séduits comme je le fus, mais ce qui est certain, c’est que vous ne ressortirez pas indifférents de votre lecture.

Marie GALLICHER

Photo du compte Twitter de l’auteure

    Compte Twitter de l’auteure

Et vous, envie de craquer pour Pediophobia ou en lire un extrait ?

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Riverboat, Diana Kennedy

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Je remercie Diana Kennedy pour l’envoi, via le site Simplement, de l’album Riverboat regroupant les tomes 1 à 3 de sa série ainsi que pour l’envoi des tomes 4 et 5 sous forme de fascicule.

RÉSUMÉ

John F. Kennedy et Aldo Moro, deux anciens hommes d’État, s’embarquent sur un bateau à aubes, en route vers la cité mythique de Lysastra. Ils espèrent y retrouver la trace d’un ancien poème et pouvoir ainsi le déchiffrer. C’est le début d’une grande aventure avec mille rebondissements.

À quelle époque et où sommes-nous ? S’agit-il d’un autre univers uchronique ? Sommes-nous dans l’au-delà ? Quelle importance ? L’univers de Riverboat est aussi immense et mystérieux que le garage hermétique du major Gruber.

Les aquarelles éthérées donnent à cette BD classique une nouvelle forme d’expression adaptée au monde onirique et sans limites qui s’ouvre au lecteur.

AVIS

À la recherche d’un objet mythique, John, dont le nom et le visage devraient vous rappeler un certain politicien, et son ami Aldo, embarquent à bord d’un bateau à destination de Lysastra.

On s’attache très rapidement à ces deux protagonistes en raison, notamment, de la complicité qui les unit et qui les pousse à veiller l’un sur l’autre. Ils se révèlent également très complémentaires, John, du genre fonceur, étant assez enclin à foncer tête baissée dans l’action, quand Aldo est plus posé prenant le temps de la réflexion sans pour autant rechigner à agir quand cela s’avère nécessaire. Un duo qui fonctionne donc très bien et que l’on prend plaisir à suivre dans leurs péripéties, car n’en doutez pas, leur voyage en bateau ne sera pas de tout repos ! Ils devront ainsi faire face à des dangers prenant, entre autres, la forme d’une créature maritime avec laquelle vous n’avez pas particulièrement envie de barboter sans oublier leur face-à-face avec des soldats et une femme au mauvais caractère qui semble plutôt bien manier la gâchette.

Au-delà des scènes d’action qui s’enchaînent et donnent du rythme au récit, l’histoire bénéficie d’une certaine aura de mystère, ce qui contribue fortement au plaisir que l’on prend à se laisser embarquer dans ce « huis-clos ». Je mets des guillemets, car les deux héros quitteront pendant un petit laps de temps leur embarcation. Au fil de la lecture, de nombreuses questions finissent par assaillir les lecteurs : qui sont exactement ces deux personnages qui montent sur le bateau en cours de voyage ? Que veulent-ils à John ? Qui est réellement Aldo et pourquoi a-t-il réussi là où d’autres ont échoué ? Que fait un soldat allemand aux côtés d’un officier romain ? A quelle époque sommes-nous vraiment ?… Tout autant de questions qui vous tiennent en haleine et vous donnent envie de lire la suite de cet album.

En plus de l’action, du mystère, de l’humour distillé par petites touches, mais bien présent et du duo qui fonctionne à merveille, l’auteure a veillé à introduire plusieurs personnages assez marquants, car au caractère prononcé à l’instar d’un homme dont la méchanceté et l’avarice sont à la hauteur de sa fortune. Ce stéréotype du radin très riche, obnubilé par l’argent et rechignant à la moindre dépense même pour secourir son épouse, m’a beaucoup amusée. De sa petite taille (eh oui, l’argent ne peut pas tout acheter) à son comportement, tout concorde pour faire de lui le bouffon de l’histoire. Autre personnage intéressant, le Capitaine qui, pris entre le marteau et l’enclume, fait de son mieux pour maintenir son bateau à flot et assurer une bonne ambiance ou, du moins, apaiser les tensions entre les différents voyageurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une mince affaire…

Mais le personnage que j’ai le plus aimé et qui m’a complètement fait craquer est, sans aucun doute, Mallie, un parachat c’est-à-dire un chat paranormal avec quelques facultés utiles comme celles de pouvoir parler et sentir quand ses nouveaux amis sont en danger. En plus d’être trop mignonne et courageuse, Mallie se révèle également intéressante dans la mesure où elle permet à l’auteure d’aborder, même brièvement, la question des persécutions en raison de son origine. Un sujet qui, je le crains, demeure intemporel.

Enfin, j’aimerais parler du plus gros atout de cet ouvrage, son esthétique. Cartonné et bénéficiant d’une belle couverture, l’objet-livre est déjà très plaisant à admirer et à prendre en main.  Mais c’est bien en le parcourant et en découvrant les illustrations de Diana Kennedy que toute la magie opère ! N’ayant pas la fibre artistique, je suis toujours admirative des personnes qui, comme l’auteure, arrivent à vous transporter dans leur univers grâce à leurs coups de crayon. Presque vaporeuses, les illustrations possèdent, en outre, ce charme du travail fait à la main dont sont dépossédées la plupart des BD modernes. Si vous aimez les aquarelles teintées de douceur, mais d’une certaine profondeur, le travail de l’auteure/artiste devrait donc vous ravir.

J’ai également été séduite par l’expressivité des personnages dont on peut lire les différentes émotions sur le visage. Mais c’est le sens du détail de Diana Kennedy que je retiendrai. Il se perçoit, entre autres, au niveau des vêtements et des décors dessinés avec une précision leur conférant un grand réalisme. Les jeux et les dégradés de couleurs sont également un régal pour les pupilles sans oublier la manière dont l’artiste a su retranscrire le mouvement que ce soit au niveau des déplacements des personnages, de leurs mimiques, de l’eau…

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En conclusion, à travers une histoire teintée de mystère et au rythme plutôt soutenu, Diana Kennedy vous invite à faire la connaissance de deux personnages aussi différents que complémentaires et dont on ne peut que suivre les prochaines aventures avec plaisir. Riverboat devrait donc plaire aux personnes en quête d’un récit d’aventures sublimé par de magnifiques aquarelles. Alors, prêts à embarquer et à vous laisser porter par les flots et l’imagination de l’auteure ?

Envie d’acheter Riverboat ? Rendez-vous sur le site de l’auteure.

 

Premier contact : Turbo-City lives, épisode un, Sébastien Lecocq

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Je remercie l’auteur de m’avoir fait parvenir son roman via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Janvier 2092, une nouvelle nuit tombe sur Turbo-City alors qu’une bête assoiffée de sang sort de son sommeil centenaire.
La dernière héritière des Vickers, Niki, ne contrôle plus ses pouvoirs surnaturels et son androïde Blue va devoir l’aider à surmonter ses peurs si elle veut échapper à un sort funeste.
La voleuse Savannah Wilsey a choisi le plus mauvais endroit pour faire son dernier casse. Seule face à une horde de gangsters enragés et à un tueur implacable, sa survie ne tient plus qu’à un fil.
La destinée de tous est étrangement liée. Et pourtant, certains ne verront jamais l’aube percer sur ce monde violent et décadent !…

  • Broché: 112 pages
  • Editeur : Books on Demand (31 juillet 2017)
  • Prix : 6.99€
  • Autre format : ebook

AVIS

2092, bienvenue à Turbo-City, ville aux 40 millions d’habitants et, surtout, dernière ville à être restée habitable après l’apocalypse de 2048…

Je ne lis que peu de science-fiction, même si ces derniers temps j’ai lu plusieurs ouvrages de ce genre, et ne suis pas une grande adepte des univers post-apocalyptiques. J’ai néanmoins été attirée par la couverture de Chris Lawgan qui possède ce petit quelque chose qui vous invite à la lecture. Je vous encourage d’ailleurs à lire l’interview de l’illustrateur sur le site de l’auteur.

Malgré mon peu de connaissance des univers de science-fiction, je me suis d’emblée prise au jeu du récit proposé par Sébastien Lecocq. Il faut dire qu’il ne tergiverse pas des heures et nous fait entrer directement dans son univers qu’il a voulu assez détaillé pour que l’on puisse aisément se le représenter tout en restant assez concis pour que l’on n’ait pas le sentiment de se perdre dans un dédale de détails inutiles. Il en ressort une histoire qui se lit à vitesse grand V et dont on ne lève pas le nez avant d’en avoir lu la dernière ligne.

Afin de faciliter l’immersion des lecteurs dans cette ville qu’est Turbo-City, l’auteur n’hésite pas à s’appuyer sur les différentes illustrations intérieures de Sébastien Dardenne. Si elles ne sont pas forcément à mon goût, elles apportent cependant un vrai plus à la lecture notamment pour des personnes comme moi peu coutumières des univers de science-fiction. A titre d’exemple, le dessin d’un monstre qui sera responsable de la disparition violente et, disons-le clairement, plus que dégoûtante, de quelques voyous m’a vraiment aidée à me le représenter. De la même manière, j’ai apprécié que chaque numéro de chapitre ait droit à sa petite illustration.

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En plus de l’univers dont le côté futuriste m’a plu, d’ailleurs je ne serais pas contre l’idée de tester certains des gadgets bourrés de technologie présents dans le roman, j’ai aimé le rythme de l’histoire. C’est simple, les actions s’enchaînent à une telle vitesse que l’auteur ne laisse presque pas le temps aux lecteurs de reprendre leur souffle et encore moins de s’ennuyer. Les quelque 112 pages du roman se lisent donc d’une traite.

Ce rythme soutenu va mettre à rude épreuve Savannah Wilsey, voleuse professionnelle, qui a la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment… Prise en chasse par un gang dont les membres ne veulent pas la trouver pour boire le thé, elle montrera toute l’étendue de sa débrouillardise et de son courage. L’auteur nous offre en effet une protagoniste forte, comme je les aime, qui ne recule pas devant l’action même s’il est certain qu’elle aurait préféré commettre ses larcins en paix plutôt qu’être poursuivie par une bande de dégénérés, a fortiori quand elle n’est pas responsable de ce qu’on lui reproche. Durant sa fuite, elle va affronter différents dangers et faire la découverte d’un endroit étonnant qui donne quelque peu froid dans le dos. Je ne vous en dirai pas plus sinon que si vous aimez les mutants sanguinaires, vous serez servis. Que les âmes sensibles se rassurent, le côté horreur reste toutefois accessoire par rapport à l’intrigue principale et à cette impression de course permanente contre le danger.

Ce premier tome étant définitivement tourné vers l’action, la psychologie de Savannah n’est pas développée outre mesure, mais suivre ses aventures et sa lutte pour sa survie conduisent naturellement les lecteurs à s’attacher à elle, et à avoir envie de la retrouver dans un autre tome. Ceci est d’autant plus vrai que l’auteur a su nous réserver un petit coup de théâtre en fin de roman en liant l’histoire de cette voleuse à celle d’une autre protagoniste que l’on découvre en tout début de livre, Niki. Cette jeune fille intelligente, qui possède un handicap physique, est secondée par un androïde du nom de Blue, androïde auquel je me suis bizarrement tout de suite attachée. Son côté autoritaire, voire cassant, ne m’a pas permis de trouver Niki sympathique ni même de m’attacher à cette dernière que l’on ne revoit de toute manière qu’en épilogue. Avant de lire celui-ci, je m’étais d’ailleurs demandé pourquoi l’auteur avait introduit ce personnage sans véritablement l’exploiter… Cet épilogue aura fort heureusement répondu à ma question tout en introduisant un suspense prompt à vous donner envie de lire la suite.

Enfin, ayant beaucoup apprécié ce roman, je lirai avec plaisir le tome 1 de la série principale dont il est dérivé, les Chroniques de Kyfballiennes. Si comme moi, vous ne l’avez pas encore découvert, ne vous inquiétez pas, cela ne gênera en rien votre lecture.

A noter que le seul point négatif est, en ce qui me concerne, la présence de quelques coquilles…

En conclusion, d’une plume fluide et rythmée, Sébastien Lecocq nous propose ici le premier tome d’une série très prometteuse. Portée par une héroïne qui n’a pas froid aux yeux, Premier contact nous offre une immersion réussie dans une ville post-apocalyptique où la technologie et le danger règnent. Si vous aimez les récits menés tambour battant dans un environnement futuriste, ce roman est fait pour vous. Pour ma part, je lirai avec plaisir le tome 2 qui devrait paraître courant février 2018.

Envie d’acheter ce premier tome de Turbo-city  ? Rendez-vous sur le site de l’auteur (dédicace personnalisée possible) ou sur des sites comme Amazon

 

 

Un malade dangereux : Nick Carter 9

Je remercie la maison d’édition De Varly pour m’avoir permis de découvrir Un malade dangereux et accessoirement, le détective Nick Carter, personnage créé par John R. Coryell puis repris par d’autres auteurs.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Les aventures du grand détective Nick Carter ont été édités il y a un siècle aux États-Unis puis traduites plus tard en français. C’est plus d’un millier d’histoires de Nick Carter qui ont été ainsi écrites. Les éditions De Varly vous présentent la réédition à l’identique des versions françaises parues à partir de 1907.

  • Broché: 62 pages
  • Editeur : De Varly (1 novembre 2017)
  • Prix : 12€

AVIS

Nick Carter reçoit une mystérieuse enveloppe non oblitérée, mais contenant la copie d’une annonce qu’il avait déjà eu l’occasion de lire dans le journal. Cette dernière, une offre d’emploi pour un poste d’infirmier à domicile, avait attiré son attention par son incongruité, les termes employés étant plus prompts à faire fuir les candidats qu’à les attirer comme des mouches sur un pot de miel. Convaincu qu’il ne peut s’agir d’un hasard, il décide de mener l’enquête…

Aimant beaucoup Sherlock Holmes, j’ai tout de suite été attirée par l’idée de découvrir un autre détective privé même si je vous le dis d’emblée celui-ci n’a rien à voir avec notre Sherlock. Et c’est un point qui m’a quelque peu freinée pendant les premières pages de ma lecture. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec le détective de Sir Arthur Conan Doyle. Et au regard de ce dernier, Nick Carter fait clairement pâle figure ou, devrais-je plutôt dire, ne joue pas dans le même registre.

A la place de la froideur apparente de Sherlock, nous découvrons ici un détective assez sympathique qui a un certain humour et qui paraît très accessible. S’il a un certain flair dû notamment à son expérience de détective, il est loin d’être un prodige de l’analyse et de la déduction. Conséquence directe et plutôt positive, une certaine connivence s’établit entre celui-ci et les lecteurs. J’ai, en outre, apprécié ses relations avec les membres de son équipe dont son cousin, Chick, et sa cousine, Ida. Il n’hésite pas à s’appuyer sur ces derniers pour mettre en œuvre son plan. On n’a aucunement le sentiment qu’ils servent de faire-valoir au détective, mais qu’ils sont bien partie prenante de l’aventure. Le livre fait une soixantaine de pages, l’auteur n’a donc pas eu le temps d’approfondir la personnalité de chaque personnage, mais dans ce genre d’histoire où l’action prévaut, ce n’est en aucun cas gênant. Et puis, cela ne m’a pas empêchée de quand même les apprécier avec une petite préférence pour Ida et sa capacité d’adaptation.

En ce qui concerne l’enquête, je dois avouer que j’ai eu du mal à tout de suite m’y intéresser. Cette histoire d’enveloppe avec la copie d’une annonce n’a pas suscité en moi beaucoup d’intérêt au point que je n’ai absolument pas partagé l’engouement du détective pour ce « mystère ». Une indifférence qui ne m’a pas permis de m’enthousiasmer à la décision de Nick Carter de se rendre à l’adresse de l’annonce pour se faire embaucher en qualité d’infirmier peu payé et exploité. Néanmoins, au fil de l’intrigue, j’ai commencé à me prendre d’intérêt pour les événements peu orthodoxes qui se déroulent dans cette maison : un malade fou qui ne semble pas vraiment l’être,  un médecin alcoolique qui aime manier la bouteille de whisky pour son propre plaisir et la seringue pour le déplaisir de son « patient », deux domestiques peu avenants et peu loquaces, un avocat que connaît le détective et qui semble plus avoir sa place derrière les barreaux qu’au barreau, une femme dont la présence furtive lui donne plus l’air d’un fantôme que d’une maîtresse de maison…

Cet enchevêtrement de faits suspicieux finit indubitablement par réveiller l’intérêt du lecteur. On se surprend à vouloir en savoir plus et à suivre avec plaisir notre détective dans son jeu de péquenot un peu niais et serviable à l’excès, censé le faire passer pour un être sans intérêt et peu dangereux. Si nous saluerons son jeu d’acteur presque digne d’une récompense hollywoodienne, il n’aura hélas pas suffi à convaincre l’avocat véreux à l’œil aiguisé. Celui-ci n’aura alors qu’une envie, se débarrasser du détective ad vitam æternam.

En danger de mort, il sera cependant quasi impossible de mourir d’angoisse pour Nick qui, à aucun moment, ne m’a paru vraiment être dans une situation inextricable. Il faut dire que le docteur supposé le tuer ferait plus pitié que peur. Réduit à l’état de marionnette alcoolique, il semble aussi dangereux qu’une gazelle sur le terrain de chasse d’une lionne, ou d’un détective, c’est selon. Est-ce dérangeant ? Oui, si vous êtes en quête d’une histoire haletante et palpitante. Non, si comme moi, vous profitez du manque de tension pour savourer cette nouvelle qui porte plus à sourire qu’à frémir. En effet, je ne sais pas si c’est une constante dans les aventures du détective ou non, mais j’ai trouvé Un malade dangereux non dénué d’humour voire de grotesque. Une certaine scène impliquant une personne taquine (je vous laisse deviner qui), un docteur au teint rougeaud (on se demande pourquoi) et des clous (placés au bon endroit au bon moment) en est un parfait exemple.

Il y a également un côté théâtral auquel je ne m’étais nullement préparée et qui m’a agréablement surprise. Que cet effet comique et théâtral soit recherché ou non par l’auteur, je n’ai pas boudé mon plaisir. Je vous citerai pour illustrer mes propos ceux de la fille du malade. Ils sont tellement exagérés, même dans le contexte, qu’ils auraient toute leur place au théâtre : « Parti ! Il est reparti ! dit-elle en gémissant. Si seulement il était resté assez longtemps pour me permettre de lui parler ! Il peut ne pas être l’homme supérieur que j’attendais, mais il me semblait si courageux et bon. Il me serait sûrement venu en aide ; et le voilà déjà disparu ! Avec lui je perds mon dernier espoir. » Sur cet interlude, vous avez le droit de sortir vos mouchoirs ! Et d’accompagner la sortie de scène : « Avec des sanglots mal dissimulés la malheureuse se hâta de regagner sa chambre le plus silencieusement que cela lui fut possible…« .

Un autre passage m’a paru particulièrement savoureux : il s’agit d’une scène où le « bon docteur » explique avec sérieux qu’il ne boit pas d’alcool, car c’est un vice, mais que par contre, il est tout à fait légitime de se servir un whisky de qualité, boisson qui aurait, c’est bien connu, des vertus médicinales. Cette dénonciation d’un comportement hypocrite m’a fait un peu penser à la fameuse scène dans le Tartuffe de Molière que nous résumerons par « Couvrez ce sein, que je ne saurais voir ».

Enfin, j’ai commencé par cette neuvième aventure puisque c’était celle proposée par la maison d’édition, et j’ai pu suivre l’histoire sans aucun problème d’autant que des rappels sur les liens entre le détective et les membres de son équipe sont effectués. Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurais encore plus apprécié cette nouvelle si j’avais suivi l’aventure depuis le début. Si vous en avez l’occasion, je vous conseillerais donc plutôt de vous tourner vers la première aventure de Nick Carter.

Pour conclure, Un malade dangereux est une histoire dans laquelle j’ai eu du mal à m’impliquer, mais qui a su, au fil des pages, susciter mon intérêt. Si l’intrigue n’a pas cette part de mystère et de suspense que j’attends en général d’une enquête, elle possède d’autres atouts qui la rendent plaisante à lire. Je retrouverai donc avec plaisir Nick Carter dans ses très nombreuses aventures. Mon petit doigt me dit en effet que ce détective, qui semble apprécier l’action, doit se mettre dans des situations peu confortables pour lui, mais intéressantes pour nous.

Envie de craquer pour Un malade dangereux ?

Cœur de menhir, Adrien Hortemel

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Je remercie Adrien Hortemel pour m’avoir fait parvenir Cœur de menhir via le site Simplement. Je le remercie également pour sa dédicace ainsi que le marque-pages.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une paix fragile règne entre les différents peuples de la forêt de Déremkas. Les habitants sont menacés par une prophétie oubliée qui annonce le retour des ténèbres. Parmi eux, Dairen, un jeune homme ordinaire, va se retrouver au milieu d’une lutte de pouvoir. Les rencontres seront nombreuses, mais ces personnes vont-elles l’aider à se frayer un chemin dans un monde cruel où les légendes sont devenues réalité ?

  • Éditeur : Donjon Editions
  • Prix : 20€

AVIS

J’ai découvert ce roman sur Simplement et j’avoue avoir été d’emblée séduite par la couverture, la présence d’illustrations et, évidemment le résumé. Ce roman m’intriguait d’autant plus que j’avais passé mes dernières vacances en Bretagne et ainsi eu l’occasion de visiter Carnac et son impressionnant alignement de menhirs. Je me suis donc lancée avec enthousiasme dans ma lecture, un entrain qui a été hélas légèrement freiné par quelques points qui m’ont gênée.

Un style qui ne m’a pas particulièrement convaincue…

Et je vais là entrer directement dans le vif du sujet en avouant que si j’ai apprécié l’action et l’intrigue, je n’ai pas vraiment accroché à la plume de l’auteur même si j’ai noté une certaine évolution au fil du récit. Je venais de terminer un autre livre de fantasy dont le style d’écriture poétique et, disons-le très travaillé, m’avait juste enchantée. J’ai eu donc un peu de mal à passer sans transition à ce roman dont le style d’écriture est beaucoup plus terre à terre voire parfois maladroit. A cela s’ajoute mon peu d’appétence pour les phrases courtes juxtaposées sans aucun mot de liaison comme semble les affectionner l’auteur. Des phrases courtes auraient pu apporter du dynamisme au récit et retranscrire la nervosité des personnages, mais leur trop grande occurrence tend à plutôt hacher la lecture et à lui donner un air presque enfantin. Ce point m’est néanmoins très personnel et il se peut tout à fait que cela ne vous dérange pas. De la même manière, si je loue la volonté de l’auteur de vouloir nous offrir un vocabulaire riche et varié, j’ai regretté une certaine maladresse, certains mots étant utilisés de manière incongrue. La présence de coquilles a, quant à elle, fini de perturber ma lecture même si je vous rassure, il n’y a pas non plus une faute à chaque ligne.

Mais une histoire intéressante riche en actions…

A ce stade, vous allez peut-être penser que j’ai détesté ma lecture, ce qui serait une supposition des plus erronées. En effet, malgré ces différents éléments, j’ai dévoré le roman, l’auteur ayant su très rapidement capter mon attention pour ne jamais la laisser s’échapper. Il faut dire qu’il commence fort avec une scène très cinématographique au sujet d’une prophétie oubliée. Puis, nous faisons la connaissance du protagoniste du roman, Dairen, un jeune homme habitant dans l’arbre cité de Kêrstrud. J’ai adoré l’idée d’un village médiéval installé dans un arbre et évoluant suivant une organisation très bien pensée. Chaque habitant joue ainsi un rôle précis pour servir la communauté : les fondateurs, indispensables pour les constructions et les réparations, côtoient les moissonneurs dédiés aux cultures et à l’élevage de bétail ou encore les éducateurs ou les guérisseurs. Tout ce beau monde est quant à lui chapeauté par un conseil.

Une société idéale ? En théorie du moins, car dans les faits, elle est gangrénée par des luttes de pouvoir entraînant mensonges et complots, et par une culture conduisant les habitants à dénigrer les « étrangers ». D’ailleurs, Dairen, qui a le malheur de ne pas être né dans le village, se trouve mis à l’écart des autres en raison de ses origines. Le rejet est d’autant plus fort qu’assez timide et réservé, le jeune homme éprouve des difficultés à nouer des liens avec les autres habitants du village de son âge ou non. Même si nous sommes dans une histoire imaginaire, j’ai apprécié que l’auteur aborde de manière simple, mais efficace, des thèmes toujours d’actualité : le racisme et le rejet de la différence…

L’auteur prend le soin de nous expliquer en détail la vie dans l’arbre cité, ce qui est intéressant, mais pas forcément très palpitant. Il faudra attendre un événement dramatique impliquant Dairen et Raudan, la personne en charge de le former dans son poste au sein de la garde, pour que l’action prenne son envol. Condamnés à fuir le village afin de sauver leur vie, ils seront rejoints dans leur fuite par Alyssa et Tosla, un prétendant de la jeune femme. Et à partir de là, le lecteur est entraîné dans un récit palpitant où les actions s’enchaînent les unes après les autres donnant le sentiment d’être pris au cœur d’une tempête.

L’enchaînement rapide des événements ne permet pas vraiment à l’auteur de les développer en profondeur, certaines scènes méritant d’être plus développées. Cela ne m’a pourtant pas dérangée, car j’ai aimé le parti pris de l’auteur de faire prévaloir l’action sur une avalanche de détails. Il donne assez d’informations pour que l’on saisisse les différentes intrigues et que l’on se figure l’univers dans lequel il nous plonge, et c’est là l’essentiel. On est donc facilement et complètement plongé dans le feu de l’action prêt à découvrir toutes les mésaventures que l’auteur réserve à ses personnages. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne leur laisse aucun répit, ceux-ci étant soumis autant à la haine humaine qu’à la haine surnaturelle. À cet égard, j’ai adoré la multitude de créatures, la plupart du temps peu sympathiques, que l’auteur met sur leur route : morts-vivants, loup terrifiant et acharné dont la détermination forcerait presque le respect, loup-garou, lézard géant, Kobolds… Rien n’est épargné aux personnages qui verront le sang couler à flot durant leur périple. J’ai d’ailleurs adoré les scènes de bataille qui sont parfaitement maîtrisées par l’auteur. Elles sont certes rapides, ce qui me convient tout à fait, mais assez détaillées, percutantes et sanglantes pour vous donner le sentiment d’être sur place. Elles apportent également du dynamisme à un récit qui était déjà rythmé que ce soit grâce à tous les événements qui s’enchaînent ou la présence importante de dialogues.

En amitié et en découverte de soi… 

Toutes les épreuves traversées par les personnages auront au moins le mérite de les rapprocher et d’offrir ainsi à Dairen ce dont il a toujours été privé : des amis. La vie du jeune homme étant loin d’être un long fleuve tranquille, il se pourrait bien que ses nouvelles amitiés ne soient pas que source de bonheur, l’honnêteté et la transparence ne semblant pas de mise au sein du groupe. Je ne vous en dirai pas plus sur le sujet si ce n’est de vous préparer à quelques surprises. Cette aventure aura également un impact positif sur Dairen : il s’ouvre ainsi progressivement aux autres, fait parfois entendre sa voix alors qu’il est d’un abord plutôt réservé, exprime ses émotions, prend des initiatives… Bref, il grandit !

En parallèle, nous suivons la découverte de ses pouvoirs qu’il a encore bien du mal à maîtriser et qui semblent le terrifier, à juste titre il faut bien le reconnaître. J’espère que dans le deuxième tome, il fera quelques progrès en la matière, car j’aurais adoré qu’il en ait une utilisation plus intensive. Je vous rassure, il nous fera parfois la démonstration hasardeuse de ses talents, mais c’est un aspect finalement encore assez peu exploité. Quoi qu’il en soit, j’ai fortement apprécié que l’auteur fasse évoluer progressivement son héros et de manière très réaliste ne le transformant pas en boute-en-train ou en magicien aguerri du jour au lendemain.

Un texte valorisé par de belles illustrations…

Enfin, soulignons l’excellent travail d’illustration de Christophe le Galliot dont le coup de crayon assuré rend l’expérience de lecture encore plus immersive. En effet ses illustrations, en plus d’être très belles, nous permettent de nous plonger totalement dans le récit et de nous figurer les personnages et des créatures qui ne sont pas forcément connues de tous. Le duo auteur/illustrateur fonctionne donc à merveille.

En conclusion, malgré un style d’écriture auquel je ne suis pas particulièrement sensible et la présence de coquilles, Cœur de menhir contient un certain nombre d’éléments qui en rendent la lecture rapide et captivante : de nombreuses péripéties, un rythme soutenu, des créatures fantastiques, du danger, de la magie, de l’amitié, des trahisons, des complots et autres joyeusetés. Très accessible, ce roman de fantasy me semble d’ailleurs une bonne clef d’entrée dans un genre dont la profusion de détails et de personnages peut effrayer. Je le conseillerais donc aux personnes qui sont en quête d’un roman mené tambour battant dans un univers imaginaire bretonnisant très riche.

Envie de commander Cœur de menhir ?

 

Abysses : La voix d’Alyha, Rachel Dubois

PRÉSENTATION ÉDITEUR

US Nautile 4 au large des côtes de la Nouvelle-Zélande, il est huit heures et des poussières, heure locale. Notre monde vient de basculer et nous n’avons encore aucune idée de l’étendue des conséquences de cette fabuleuse découverte.
Homo Sapiens n’est pas la seule forme de vie intelligente de l’univers… pas même de sa planète ! Les trois corps étendus sur mes tables d’autopsie l’attestent : Primatus Aquatis existe.
Les sirènes sont réelles et elles n’ont rien à voir avec l’image que notre folklore a gardé d’elles. Alyha, leur dirigeante vient de lancer son ultimatum à l’humanité. Nous avons vingt-quatre heures pour délibérer et moi Jean-Baptiste Martin biologiste à la tête du projet gouvernemental Primatus Aquatis, je trépigne. Le travail de toute ma vie porte enfin ses fruits… mais à quel prix ? Ça, nous avons vingt-quatre heures pour le découvrir !

AVIS

Si vous pensez sirènes, vous imaginez probablement des femmes au buste dénudé dont le bas du corps se termine par une queue de poisson. C’est, pour ma part, l’image que je me faisais de cette créature mythique avant de découvrir Abysses. Il faut dire que Rachel Dubois dépoussière totalement l’image des sirènes de nos contes d’enfant pour nous en offrir une version bien plus moderne. Et c’est une démarche audacieuse que j’ai adorée.

Ici, les sirènes n’ont point de queue, mais des jambes avec des pieds palmés, et sont surtout bien plus intelligentes que les êtres humains, ce qui se traduit par des progrès technologiques que ces derniers sont loin d’avoir égalés. Leur avancement technologique est tel qu’il leur permet, entre autres, de se régénérer, de communiquer par télépathie et de contrôler les appareils technologiques des humains en cas de besoin. C’est d’ailleurs par ce biais que Alyha, à la tête des sirènes, va révéler l’existence de son peuple aux humains avant de les enjoindre à restituer le corps de son père et de deux autres sirènes qu’ils ont assassinés. Pour ce faire, elle leur laisse 24 heures, avant d’enclencher une guerre qui signifiera probablement la fin de l’espèce humaine.

Alyha est un personnage auquel je me suis tout de suite attachée notamment en raison de sa complexité. Tout en nuances, elle est tiraillée entre son rôle de Sage qui doit préserver coûte que coûte son peuple, et son attraction pour les humains dont elle envie la capacité de ressentir et d’embrasser pleinement leurs émotions. En effet, les sirènes ont mis de côté leur cœur au profit de leur intellect et de leur implacable raison. Avoir des émotions est donc quelque chose de totalement impossible, en théorie… En pratique, Alyha n’est pas comme les autres, elle ne peut s’empêcher de ressentir des choses triviales et intolérables, du moins pour les siens, comme la frustration, la peine, la joie ou encore la jalousie.

Ce personnage fait donc un peu le point de jonction entre deux peuples au mode de vie si différent, ce qui le rend particulièrement intéressant. J’ai aimé suivre ses états d’âme, ses doutes, son envie de bien faire et de sauvegarder les humains malgré tous leurs défauts, ses tentatives pour se fondre dans le moule, du moins en apparence, ses doutes notamment sur sa capacité à succéder à son père… C’est définitivement le personnage que j’ai pris le plus de plaisir à suivre durant ma lecture.

J’ai, en revanche, eu plus de mal à m’attacher à l’autre personnage principal, Jean-Baptiste. Ce biologiste est à la tête d’une équipe de brillants scientifiques qui écument les océans à bord d’un sous-marin militaire afin de trouver une preuve de l’existence des sirènes. Ce protagoniste n’est pas méchant, mais je n’ai pas réussi à l’apprécier ni à m’intéresser à sa vie ou à ses pensées. Cela pourrait s’expliquer par son manque de modestie et un côté un peu trop égocentrique pour moi. J’ai ainsi regretté que ses pensées soient majoritairement centrées sur sa petite personne, sur les dix ans de sa vie passés à courir après une espèce qui finalement se dévoile de son propre chef… Mais j’ai surtout été très agacée par son obsession pour sa jeune et belle assistante. Alors qu’elle est l’un des plus brillants cerveaux au monde, Jean-Baptiste passe son temps à se « gifler mentalement » (sic) pour ne pas succomber à ses atouts et ceci en pleine crise mondiale de laquelle l’humanité risque de ne jamais se relever… Bref, en plus d’être sexiste et parfois paternaliste, notre supposé génie est surtout souvent à côté de la plaque.

J’ai d’ailleurs trouvé qu’il ne servait pas à grand chose dans l’intrigue même si j’ai compris son importance dans la narration puisque l’auteure a choisi d’alterner, à chaque chapitre, le point de vue de Jean-Baptiste et d’Alyha. J’ai apprécié cette initiative qui permet de suivre l’action des deux côtés, et de mettre ainsi en parallèle les enjeux et les craintes des deux peuples. On se rend alors vite compte que les méchants de l’histoire ne sont pas forcément ceux que l’on croit. En effet, les sirènes, du moins la majorité, n’aspirent pas à la guerre, mais juste à vivre librement sans devoir se cacher dans les profondeurs de l’océan. Elles désirent également protéger l’océan et, plus généralement, l’écosystème de ces Hommes qui, chaque jour, le dégradent sans vergogne.

Et nous touchons là le point fort de ce roman ! Rachel Dubois nous offre une belle critique de la société qui fait passer son plaisir avant le bien-être animal, et qui pollue l’environnement en faisant fi des conséquences. Elle évoque ainsi le sort des animaux détenus, pour le seul plaisir des hommes, dans des parcs aquatiques comme Marineland. Je ne serai pas objective sur ce point étant complètement contre la détention de ces pauvres dauphins, orques ou autres animaux… Si comme moi, c’est un sujet qui vous révolte, ce roman ne pourra que vous plaire. Je pense d’ailleurs que c’est la première fois que je lis un roman où l’imaginaire est utilisé aussi adroitement pour défendre de manière simple, mais frappante, le sort des animaux marins. Pour les personnes qui ne sont pas forcément sensibilisées au sujet, je vous rassure, l’auteure aborde le sujet sans lourdeur ni jugement expéditif. Elle vous invite seulement à une réflexion sur le sujet, ce qui, vous l’aurez compris, m’a plus que séduite.

Le livre se lit très facilement et rapidement grâce à la plume de l’auteure qui se révèle aussi efficace que prenante. Je n’ai pas ressenti un suspense haletant qui m’aurait tenue en haleine toute la nuit, mais j’ai eu néanmoins envie de tourner les pages les unes après les autres. Un coup de théâtre en milieu de livre a en outre accéléré ma lecture ! Je me suis d’ailleurs sentie un peu bête de ne pas l’avoir vu venir. Cela prouve que l’auteure a su ménager son effet en détournant l’attention des lecteurs sur d’autres points.

Je dois également ajouter que le roman m’a, d’une certaine manière, déroutée. En effet, malgré l’ultimatum qui se traduit dans le livre par un décompte à chaque début de chapitre (h-24, h-23…), le lecteur ne ressent pas vraiment cet état d’urgence. Cela s’explique, en partie, par le fait que nous voyageons dans les méandres de la pensée dAlyha qui, fidèle à son peuple, conserve un esprit rationnel et analytique. Elle soupèse chacune de ses décisions sans jamais se précipiter malgré les émotions qui la frappent parfois de plein fouet. Cette sorte de calme intérieur finit par se transmettre au lecteur à tel point que la peur qui s’insinue dans l’équipe de Jean-Baptiste à l’approche de l’échéance n’arrive pas vraiment à nous atteindre.

En conclusion, Abysses est un roman qui plaira à toutes les personnes désireuses de lire une histoire revisitant de manière originale et audacieuse le mythe des sirènes. L’auteure, en utilisant une narration à deux voix, offre aux lecteurs une plongée dans deux mondes que tout oppose, mais qui d’une manière ou d’une autre, sont plus ou moins condamnés à cohabiter. Mais ce qui fait la force de ce roman est d’arriver à vous faire passer un moment de lecture agréable et divertissant tout en vous invitant à réfléchir à des sujets importants comme le sort réservé aux animaux et à notre planète.

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