Orgueil et Préjugés et Zombies, Seth Grahame-Smith

Demain, quand j’étais mort ! m’a donné envie de donner sa chance à un autre ouvrage humoristique avec des zombies. Mon choix s’est donc porté sur Orgueil et Préjugés et Zombies de Seth Grahame-Smith.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l’arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine: enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d’Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l’entraînement des demoiselles Bennet? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane? Surtout, le chef-d’œuvre de Jane Austen peut-il survivre à une attaque de morts-vivants ?

  • Poche: 352 pages
  • Editeur : Pocket (9 janvier 2014)
  • Prix : 7,80€
  • Autre format : ebook

AVIS

Comme le titre l’indique, Orgueil, préjugés et zombies est un hommage et/ou une parodie du célèbre roman Orgeuil et Préjugés de Jane Austen.

J’ai lu le roman de Jane Austen il y a plus d’une dizaine d’années et ai vu les deux adaptations cinématographiques. Je peux donc dire que c’est une histoire qui me plaît et que j’avais hâte de découvrir la version de Seth Grahame-Smith.

Ici, l’auteur respecte parfaitement la trame de fond, nous retrouvons donc les différents personnages du roman, le contexte historique, les principaux événements qui marquent la vie de la famille Bennet… Elizabeth vous plaira donc toujours autant par sa force de caractère et son impertinence et M. Darcy devrait continuer à faire battre le cœur des plus romantiques d’entre nous.

Mais ce que j’ai préféré, c’est la capacité de l’auteur à s’approprier le style si particulier de Jane Austen et sa manière de tourner en dérision les codes de la société anglaise de son époque. On retrouve parfaitement dans le roman, cette obsession du statut social, de l’argent et la question de la place de la femme mis en avant dans l’œuvre originale. Je ne dirais pas que l’élève a dépassé le maître, mais force est de constater que sa copie est plus qu’honorable.

L’auteur ne s’est pas contenté d’un simple copier-coller ; il a apporté un nouveau dynamisme au récit grâce à la présence de zombies. En plus d’être originale, cette idée a le mérite de démontrer un certain culot de sa part. En touchant au chef-d’œuvre de Jane Austen, il a pris le risque de s’attirer les foudres des puristes…

Pour ma part, j’ai trouvé l’idée d’introduire ces viles créatures dans la vie des sœurs Bennet plutôt intéressante. D’un caractère farouche, être tueuse de zombies semble d’ailleurs plutôt bien convenir à Elizabeth qui prend sa tâche très au sérieux. Et c’est là que le côté parodique prend tout son sens. L’auteur finit ainsi par tourner en dérision la personnalité de notre héroïne dont le sens de l’honneur extrême la pousse même à s’auto-mutiler ou à vouloir égorger notre cher M. Darcy… Vous aurez compris qu’il faut lire l’histoire au second degré pour pouvoir l’apprécier.

Quant au côté zombie, j’ai regretté qu’il soit finalement peu exploité du moins au niveau « visuel ». Les zombies ne m’ont pas semblé être une réelle menace puisque les affrontements avec ces derniers sont très vite expédiés. N’espérez donc pas de grandes scènes de bataille ou des situations angoissantes mettant véritablement en danger nos protagonistes.

Enfin, deux points m’ont chagrinée dans le roman. Tout d’abord le fait que le dernier tiers du livre perd de son panache. L’auteur s’éloigne peu à peu du style de Jane Austen pour tomber dans la romance classique avec ses tergiversations agaçantes. Dommage, car du coup, le charme n’opère plus. Et le point qui m’a fait vraiment agacée est la fin ! Avoir appris toute sa vie à combattre pour ça… Mais, j’aime à croire que c’est une manière pour l’auteur de nous offrir une dernière critique de la société anglaise de l’époque à moins que ce ne soit là que la représentation d’un déprimant déterminisme.

En conclusion, je vous conseille de dévorer l’œuvre originale avant de vous jeter sur ce roman. Dans le cas contraire, je pense que vous passerez quand même un bon moment de lecture, mais vous vous priveriez de tout ce qui fait vraiment le charme du roman : les multiples références à l’œuvre de Jane Austen.

POUR ALLER PLUS LOIN : il existe une version cinématographique du roman que je n’ai pas encore vue.