Alana et l’enfant vampire, Cordélia #PLIB2021

Couverture Alana et l'enfant vampire

Alana en a marre. Ses parents et sa sœur sont encore partis gérer des conflits vampiriques sans elle ! Heureusement, sa meilleure copine Oli est là pour lui changer les idées : elle est persuadée que Joâo, le nouvel élève de leur classe, est un vampire ! Se pourrait-il qu’elle ait raison ? Et s’il leur révélait quelque chose d’encore plus terrible ?
Pour Alana, c’est l’occasion de prouver à sa famille qu’elle est capable de mener à bien une mission, malgré malgré ses déficiences physiques.

Scrineo (18 juin 2020) – Papier (14,90€) – Ebook (7,99€)
À partir de 12 ans – #ISBN9782367408651

AVIS

Dès le début, j’ai su que l’histoire me plairait, une question de connexion qui se fait ou non avec une plume et un style. Or, celle de Cordelia est indéniablement très agréable et puis, il y a quelque chose de très touchant et de naturel dans la manière dont s’exprime Alana, notre jeune héroïne.

Du haut de ses treize ans, Alana aimerait que ses parents lui fassent assez confiance pour l’emmener durant certaines de leurs missions de médiation entre les humains et les vampires. Un vœu pieux puisque c’est sa sœur aînée Alexia qui a leurs faveurs. Pour preuve, les voilà tous les trois partis pour une mission à Berlin, la laissant sous la surveillance de sa grand-mère. Alana adore son aïeule, là n’est pas la question, mais est-ce vraiment trop demander qu’on oublie sa dernière petite erreur et qu’on lui donne enfin l’occasion de faire ses débuts dans le monde très secret des médiateurs ?

Mais il faut parfois faire attention à ce que l’on souhaite… Et si le petit nouveau du collège, quelque peu taiseux et mystérieux, était un vampire et la preuve qu’une loi vampirique avait été brisée en même temps qu’un tabou ? Pour en avoir le cœur net, une petite enquête s’impose. Et comble de chance, Alana pourra compter sur l’aide d’Oli, sa meilleure amie et fan inconditionnelle de vampire. Les deux amies vont devoir faire preuve de courage, de débrouillardise et d’une certaine intelligence pour faire face à une situation bien plus dangereuse que prévu.

Le roman étant relativement court, je préfère ne pas m’appesantir sur les différentes péripéties, mais je peux néanmoins vous dire que vous ne risquez pas de vous ennuyer, l’autrice vous proposant une aventure menée tambour battant dans laquelle les scènes d’action, parfois stressantes, s’accompagnent de révélations, notamment sur le monde obscur des vampires. Étant fascinée par ces créatures de la nuit, j’ai apprécié la version que nous en propose Cordélia, mais c’est surtout cette idée d’un groupe d’humains pacifiant aussi bien les relations entre vampires et humains qu’entre vampires qui m’a plu. Je n’ai pas donc eu de mal à comprendre Alana et son envie viscérale de perpétuer la tradition familiale en devenant, à son tour, médiatrice. Un métier, pas forcément de tout repos, mais gratifiant et pourvoyeur de sensations fortes ainsi que de cette impression de participer à quelque chose d’important : la paix entre les humains et les vampires.

Or, si Alana est pleine de bonne volonté et de détermination, elle doit faire face aux préjugés des adultes qui, au lieu de l’écouter et de tenter d’identifier la source de ses douleurs chroniques, préfèrent voir en elle une adolescente fainéante. Plus facile de juger que d’accompagner… Faute de soutien, Alana a donc fini par considérer ses douleurs comme une fatalité avec laquelle composer. J’avoue avoir été assez révoltée par la situation même si, fort heureusement, Oli lui offre cette oreille attentive dont Alana a besoin. C’est d’ailleurs Oli qui évoque en premier cette notion de douleurs chroniques, permettant ainsi à notre héroïne de mettre des mots sur ses maux.

Parler de douleurs chroniques dans un roman jeunesse me semble plutôt novateur, tout comme la manière dont l’autrice offre la possibilité à son lectorat de s’identifier à des personnages différents de ceux qu’on a l’habitude de voir dans la littérature jeunesse : personnages racisés, porteurs d’un handicap, appartenant à la communauté LGBT+… Une diversité, reflet de notre société, qui manque cruellement à l’heure actuelle dans la littérature et qui, je l’espère, inspirera d’autres auteur(e)s, d’autant qu’elle est abordée ici avec beaucoup de naturel et de justesse. Adolescente, j’aurais adoré avoir à ma portée ce genre de livres, mais je dois avouer, que même en tant qu’adulte, je l’ai trouvé inspirant.

Bien qu’elle ne soit pas l’héroïne du roman, Oli est un personnage que j’ai particulièrement apprécié. De fil en aiguille, elle en vient à se confier sur la raison pour laquelle elle préfère ce diminutif à son prénom, Olympes : ne se sentant ni particulièrement femme, ni particulièrement homme, elle ne souhaite utiliser un prénom qu’elle juge un peu trop féminin. Une confidence qui s’accompagne, dans le roman, d’un changement de pronom à l’évocation d’Oli qui n’est alors plus elle, mais iel. Pour ma part, j’ai trouvé le procédé intéressant d’autant qu’il permet aux lecteurs de se familiariser avec un pronom que l’on commence à voir, notamment sur les réseaux, mais qui ne me semble pas encore connu de tous…

Les thématiques abordées sont intéressantes et la galerie de personnages variée, mais j’ai peut-être regretté que le roman ne soit pas plus étoffé, bien que cela reste purement subjectif. J’aurais ainsi apprécié d’en appendre plus sur Joâo, le nouvel élève, qui se révèle finalement encore très mystérieux, mais aussi sur la formation de médiatrice d’Alana… Alors même si l’épilogue nous permet de faire le point sur la situation de chacun et apporte toutes les réponses aux questions que l’on pourrait se poser, je garde l’espoir qu’un jour Cordélia ressente le besoin de redonner vie à ses personnages….

En conclusion, Alana et L’enfant vampire fut une lecture divertissante et rythmée qui ravira les lecteurs appréciant les histoires fantastiques, les vampires et les romans menés tambour battant. Mais c’est également un roman plein d’intelligence qui, sous couvert de fiction, aborde des thématiques importantes, du handicap invisible à la notion de genre, et donne toute sa place à la diversité, permettant enfin aux adolescents de suivre des personnages auxquels ils peuvent s’identifier.

Le Drakkar éternel, Estelle Faye #PLIB2021

Le drakkar éternel par Faye

Maël et Astrid, deux collégiens en vacances, sont projetés à bord d’un drakkar, un navire viking. Ils voguent à présent sur une mer mythique, celle qui entoure les Neufs Royaumes présents dans l’arbre de la mythologie nordique : Yggdrasil.
Pour rentrer chez eux, les deux adolescents doivent retrouver la clef qui libère le drakkar de sa malédiction : l’errance éternelle. Dans leur périple, ils rencontreront quelques figures emblématiques de la mythologie scandinave comme les dieux Odin et Loki, les Ases Lumineux et Obscurs, les nains, une Valkyrie.
Y arriveront-ils ?

Scrineo (1 octobre 2020) – 226 pages – Broché (14,90€) – Ebook (8,99€)
#ISBN9782367408811 #PLIB2021

AVIS

Après l’excellent Royaume des brumes, j’ai eu envie de poursuivre ma découverte de la mythologie nordique, mais cette fois-ci, à travers un roman jeunesse dont la couverture m’a tout de suite subjuguée

Maël est le souffre-douleur de son collège et s’il peut compter sur le soutien indéfectible de sa meilleure amie, la situation lui pèse parfois d’autant que ses harceleurs bénéficient d’une agaçante impunité… Mais les choses deviennent encore plus difficiles quand les deux adolescents sont, durant une sortie en mer, accostés par un drakkar maudit. Ni ou ni deux, les voilà embarqués dans une épopée grandiose et fantastique pour libérer le capitaine et l’équipage d’une terrible malédiction les contraignant à naviguer pour l’éternité. Pour y arriver, les deux amis n’ont pas d’autre choix que d’explorer un archipel qui semble doté d’une volonté propre et qui va leur réserver quelques surprises…

J’ai adoré suivre les deux héros d’île en île, chacune reprenant un des neuf mondes de la mythologie nordique. Une idée simple, mais diablement efficace ! Feu, glace, faux-semblants, géants… rien ne sera épargné à Maël et à Astrid qui vont devoir faire preuve de courage, de débrouillardise et de bravoure pour affronter les différents dangers qui se dresseront devant eux. Très vite, il nous apparaît que le héros dans cette histoire, du moins dans sa plus noble définition, est Astrid. La jeune fille ne manque ni de courage ni de détermination pour accomplir sa mission, et s’assurer que Maël retrouve la terre ferme en un seul morceau. Une guerrière dans l’âme, ce qui n’est guère étonnant au regard de sa situation familiale, la jeune orpheline n’ayant jamais vraiment pu compter sur le soutien de parents aimants.

La relation entre Maël et Astrid est très touchante, si ce n’est émouvante, la jeune fille se révélant extrêmement protectrice envers Maël qui, lui-même, malgré sa maladresse, fait ce qu’il peut pour l’aider et la soutenir. Une tendre et belle amitié qui ne peut occulter la dureté du harcèlement vécu par l’un, l’absence de famille pour l’autre, et les dangers de cette plongée dans un monde de légende pour les deux.

D’ailleurs, si les thématiques du harcèlement et de l’amitié sont intéressantes et bien traitées, c’est bien la manière dont l’autrice aborde la mythologie nordique qui fait tout le charme de ce roman. Grâce à l’aventure vécue par ses jeunes protagonistes, elle arrive à en synthétiser les grands principes et à nous en présenter ses figures emblématiques ainsi que ses principales créatures fantastiques : Loki, Odin, les corbeaux Hugin et Munin, le loup Fenrir, les valkyries, les nains… Une plongée accessible et passionnante au sein de la mythologie nordique qui enchantera aussi bien les enfants que les lecteurs plus âgés désirant se confronter à des légendes encore parfois méconnues.

Au-delà de l’aspect mythologique, l’autrice nous propose également une aventure menée tambour battant que j’aurais presque envie de qualifier d’histoire à rebond. C’est simple, à chaque fin de chapitre, Estelle Faye rebondit sur un événement ou une rencontre pour nous proposer de l’action et susciter une certaine appréhension de le part des lecteurs, impatients de découvrir ce que Maël et Astrid vont devoir affronter. Les amateurs de romans rythmés dans lesquels les chapitres courts, mais percutants s’enchaînent vont adorer se plonger dans le Drakkar éternel d’autant que la plume d’Estelle Faye semble elle-même calibrée pour apporter rythme et mouvement. Il vous sera donc bien impossible de vous ennuyer durant ce périple dangereux qui ne laissera pas nos deux protagonistes indemnes.

Si Astrid affirme son caractère de guerrière courageuse qui ne renonce jamais et découvre en elle une certaine noirceur, Maël évolue et semble prendre un peu plus confiance en lui. Il va également gagner quelque chose, une capacité qu’il devra néanmoins payer au prix fort… J’ai adoré Astrid, ses fêlures et son sens de l’amitié à toute épreuve, mais j’avoue avoir été plus particulièrement touchée par Maël, sa sensibilité à fleur de peau et sa fidélité qui transcende les mondes… À eux deux, ils forment un duo très touchant qui sera rejoint par un rouge-gorge semblant s’être pris d’affection pour Maël. Amoureuse des animaux, j’ai été attendrie par ce petit animal et sa présence réconfortante et non dépourvue d’intérêt.

En plus de nous divertir, de nous tenir en haleine et de nous faire découvrir toute une mythologie encore trop absente des manuels scolaires, l’autrice n’hésite pas non plus à nous surprendre avec, entre autres, une révélation inattendue et très bien amenée. Mais sur ce point, je me tairai vous laissant le plaisir de la découverte ! Quant à la fin, elle a quelque chose de résolument beau et fort à l’image de l’amitié entre deux adolescents qui, malgré leurs différences, ont su nouer une très belle relation, de celles qui résistent aux vents et aux marées et, espérons-le, à une terrible malédiction.

En conclusion, les lecteurs en quête d’une aventure rythmée et trépidante, les plongeant au cœur de la mythologie nordique avec efficacité et intelligence, devraient apprécier ce roman jeunesse qui nous offre également une histoire d’amitié aussi forte qu’inspirante. Un livre à lire et à partager afin que la malédiction du drakkar éternel devienne légende !

Feuilletez un extrait du roman sur le site des éditions Scrineo.

Mers mortes, Aurélie Wellenstein #PLIB2020

Couverture Mers mortes

Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts.
Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe, jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme.

Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple. Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous.

Scrineo ( 14 mars 2019) – 368 pages – Papier (17,90€) – #ISBN978236740-6602

AVIS

J’étais très curieuse de découvrir ce roman dont j’avais entendu de très bons échos. Et je peux d’ores et déjà vous dire que je comprends sans peine l’enthousiasme déclenché par ce roman post-apocalyptique aux allures de fable écologique.

Car derrière une histoire menée tambour battant, se cache un message profondément écologique qui m’a personnellement touchée et que je trouve extrêmement bien amené. En nous plongeant dans un roman dans lequel mers et océans ont disparu, l’autrice nous met face à nos propres actions qui, jour après jour, dégradent notre planète et son écosystème. Bien sûr, on reste dans de l’imaginaire et il demeure fort peu probable que des marées d’animaux fantômes déferlent dans nos villes, mais difficile de ne pas réfléchir à l’état du monde et aux dangers qui nous guettent en parcourant les pages…

J’ai adoré cette idée de marées fantômes qui charrient mort et destruction sur leur chemin, un peu le pendant fantasmagorique des élans destructeurs actuels des humains qui n’hésitent pas à détruire la nature et à tuer les animaux en toute impunité. Le fait que les animaux fantômes portent toujours les stigmates des violences dont ils ont été victimes renforce le sentiment d’horreur… Certaines scènes du passé sont ainsi difficiles à supporter, notamment si vous êtes sensibles à la cause animale, l’autrice ne nous épargnant pas, par exemple, l’agonie d’un requin pêché, mutilé et recraché vivant, mais incapable de survivre, dans la mer. Une cruauté d’une telle ampleur qu’on ne peut que comprendre le désir de vengeance de tous ces animaux massacrés dans l’indifférence générale, ou du moins, dans une déconcertante et innommable impunité…

À cet égard, il est intéressant de suivre l’évolution d’Oural quant à sa vision de ces fantômes destructeurs ivres de rage et de haine. En tant qu’exorciseur, il est entièrement dédié à la protection des humains et donc à la destruction de ces entités, mais sa rencontre avec un pirate charismatique va, petit à petit, le pousser à revoir son jugement. Cela se fera subtilement, jour après jour, bataille après bataille, mais il finira par comprendre que répondre à la vengeance par la vengeance, à la mort par plus de mort, à la destruction par la destruction, n’est pas la solution. Et si finalement, cette autre voie que lui propose Bengale était la bonne, une voie certes difficile, mais dont l’issue permettrait de délivrer l’humanité de ses maux ?

Une question à laquelle il va devoir trouver sa propre réponse, mais ce qui est certain, c’est que cela ne se fera pas sans peine, sans doute, sans sacrifice et sans accepter de renoncer à certains idéaux pour en accomplir de plus grands tout comme a dû s’y résoudre Bengale. Ce pirate est probablement le personnage le plus fascinant, complexe, mystérieux et torturé du roman. On ne peut ainsi s’empêcher de condamner sa brutalité et certains de ses actes tout en lui vouant un profond respect. Le respect qui est dû aux hommes de conviction qui sont prêts à tout, même à sacrifier des vies et leur âme, pour atteindre leur but. Et celui de ce pirate est primordial :  faire revivre les mers et les océans afin d’assurer un avenir pour une humanité en sursis !

J’ai donc particulièrement apprécié le travail réalisé sur la personnalité du pirate ainsi que sur la relation inattendue qu’il va nouer avec Oural. Ce dernier alternera entre haine et attirance, effroi et fascination avant de finir par percer le secret et l’âme d’un homme qui lui ressemble peut-être plus qui ne le pense. Mais c’est une autre relation qui m’a profondément émue, celle entre Oural et un dauphin femelle fantôme, Trellia. Liés depuis de très nombreuses années l’un à l’autre, ils sont très complices et partagent une sincère et belle amitié malgré le tabou qui entoure leur relation : imaginer un exorciseur pactisé avec « l’ennemi » reste, en effet, impensable pour les gens qui n’y verraient qu’une impardonnable trahison. Trellia, d’une fidélité à toute épreuve et plutôt facétieuse, fera de son mieux pour protéger Oural quand ce dernier trouvera en elle la force d’avancer et de faire face à sa condition pesante d’exorciseur qui le coupe des réalités du monde. Cette relation unique forme à elle seule un îlot d’espoir prouvant que dans ce chaos, l’entente et l’amitié entre les hommes et les animaux marins sont encore possibles.

La galerie de personnages secondaires est variée et offre une belle brochette de personnages très différents qui se révèlent, à leur manière, attachants et peut-être moins impitoyables qu’on peut le penser. Si vous aimez les moments de piraterie marqués par des scènes de combat, mais aussi par une franche camaraderie, vous allez être servis. J’aurais néanmoins peut-être apprécié que la personnalité de chacun soit un peu plus développée et que le seul personnage féminin d’importance ne soit pas défini par sa totale dévotion envers Bengale, une dévotion qui semble d’ailleurs partagée par tous. Mais il est vrai qu’il semble difficile de résister au charisme du pirate et à son magnétisme, a fortiori quand l’on considère l’importance de sa mission et tous les sacrifices qu’il a consenti à faire pour la mener à bien et sceller ainsi une étrange et inattendue alliance.

En plus du message écologique et de la psychologie des personnages principaux, on appréciera la bonne dose d’action mise en place par l’autrice qui n’hésite pas à faire couler le sang et à rappeler la dure réalité d’un monde soumis cette fois non plus aux caprices des hommes, mais des mers et des océans qui se déversent tel un raz-de-marée aveugle et destructeur. Quant à la plume d’Aurélie Wellenstein, je l’ai trouvée saisissante de réalisme : j’ai eu l’impression de vivre cette aventure hors norme aux côtés des personnages et d’être prise au cœur de ces marées fantômes aussi glaçantes que saisissantes. Les pages défilent donc à une vitesse folle à mesure que l’on se rapproche d’un dénouement que l’on sent à la hauteur du roman, spectaculaire et poignant !

En conclusion, cette plongée dans un monde post-apocalyptique, devenu aride part la déraison des hommes, m’a fascinée et éprouvée à la fois. L’autrice, d’une plume alerte, vive et d’une surprenante acuité nous met ainsi face à la cruauté humaine dont l’écho se retrouve dans ces hordes de marées fantômes qui aspirent à une vengeance dont on ne peut que reconnaître la légitimité. Mais n’est-il pas temps que ce cycle de la mort et de la destruction cesse pour que celui de la vie reprenne ses droits ? Une question que soulève ce roman fort dans lequel le destin d’un exorciseur va se retrouver inextricablement lié à celui d’un pirate à la personnalité complexe. Si vous avez envie d’un roman captivant et engagé mêlant message écologique, action, amitié et piraterie, Mers mortes est fait pour vous. Mais êtes-vous prêts à affronter la prochaine vague ?

 

 

Le libraire de Cologne, Catherine Ganz-Muller

Cologne, Allemagne. 1934.
Poussé à l’exil par les lois anti-juives, le libraire Alexander Mendel est obligé de s’exiler en France avec sa famille. Il confie sa Librairie à son jeune employé, Hans Schreiber.
Par fidélité à son mentor et par haine du régime nazi, Hans décide de se battre, malgré les menaces et les bombes, pour que la Librairie continue à vivre dans cette période tragique.

Le combat d’un libraire, héros ultime d’un pays où règnent la haine et la terreur, qui tente de faire triompher les livres… et la liberté.

Scrineo (20 février 2020) – 288 pages – Broché (16,90€) – Ebook (9,99€)
À partir de 14 ans – Illustration : Myrtille Vardelle

AVIS

Fin d’année 1933, Cologne. Lors du repas de la Saint-Sylvestre, les membres d’une famille se posent la question de s’exiler ou de rester dans cette Allemagne qui semble de plus en plus prompte à stigmatiser les Juifs et à les priver de leurs droits. Il se dégage beaucoup de sobriété, mais aussi tellement d’émotions de ce repas de famille qui devient un peu le symbole de la fin d’une période heureuse… En fonction de sa situation et de ses espoirs, chaque membre de la famille prend sa décision. À la lumière de ce que nous, lecteurs du 21e siècle, savons, certains choix laissent craindre le pire même si nous espérons que tout le monde trouve un moyen de survivre dans cette Europe sur le chemin de la terreur et du chaos.

Alexander Mendel, libraire passionné, quant à lui, fait le choix difficile de s’exiler en France avec sa femme et sa fille. Il laisse alors sa librairie aux mains d’un jeune homme de confiance, Hans, qu’il a pris très jeune sous son aile en veillant à alimenter son amour des livres. En digne successeur, Hans va faire de son mieux pour maintenir à flots la librairie alors qu’au fil des ans, les menaces se font de plus en plus lourdes : provocations, pression, représailles contre ce commerce d’origine juive dans un pays en proie à la haine d’une partie de sa propre population, censures des autorités qui jugent les ouvrages présentables et ceux à détruire, clients qui se raréfient, puis avec la guerre, les bombes, le feu…

Et pourtant, malgré les périodes de doute, les disparitions et les épreuves, Hans ne baissera jamais les bras ! Touchant, courageux et d’une force de caractère à toute épreuve, cet homme ne pourra qu’inspirer les lecteurs, et les émouvoir par sa volonté de lutter contre le nazisme et l’obscurantisme, non pas par les armes, mais par l’amour des livres qu’il propage avec beaucoup d’abnégation. À cet égard, Hans, peut être vu comme un héros dans sa définition la plus noble, celle d’un homme qui, avec ses propres moyens et toute son humanité, s’oppose et se dresse contre la haine, la violence et toutes ces idées nauséeuses et nauséabondes qui lui font avoir honte de son pays.

Que ce soit à travers ce personnage ou d’autres que l’on découvre au fur et à mesure de l’intrigue, j’ai apprécié la manière dont l’autrice souligne un point qui a souvent été occulté au lendemain de la guerre : tous les Allemands n’étaient pas des nazis et ne partageaient pas les idées du Führer. Malgré l’endoctrinement omniprésent, ce dont on a un rapide aperçu, et la peur, certains Allemands vont ainsi continué à fréquenter, même sporadiquement, la librairie et tenté, à leur manière, de soutenir Hans dans sa tâche périlleuse de la préserver.

En plus de l’histoire du libraire de Cologne et de la librairie, inspirée de faits réels, ce roman offre un rapide rappel des principales étapes de la Seconde Guerre mondiale, de la montée en puissance du nazisme quelques années précédant le conflit à la fin de cette guerre innommable. Ces rappels historiques sont, en plus d’être faits avec intelligence, toujours brefs, l’autrice se focalisant avant tout sur les livres et l’aspect humain du roman. Mais je pense que ce point pourra être particulièrement intéressant pour les collégiens et ceux étudiant cette période difficile de l’histoire. Le livre me semble d’ailleurs avoir toute sa place au sein des CDI et des programmes scolaires…

J’ai maintes fois été révoltée devant les injustices qui frappent des personnes ostracisées du simple fait de leurs origines ou de leurs différences, choquée devant la perfidie et la méchanceté de certains, mais également émue par la dévotion de Hans envers l’héritage de son mentor, et galvanisée par les actions de personnes prêtes à risquer leur vie pour ne pas laisser la haine de l’Autre l’emporter sur leurs idéaux et leur soif de liberté et de justice sociale… Cette lecture, bien que relativement courte, fut donc riche en émotions et en frissons d’autant que la plume fluide et évocatrice de l’autrice restitue à merveille l’humanité de Hans et des personnes qui l’épauleront pour faire de sa librairie, l’un des derniers bastions d’espoir et de lumière dans une ville et un pays alimentés par la haine.

En conclusion, Le Libraire de Cologne est un très beau et touchant roman qui nous montre la puissance des convictions et la manière dont un homme ordinaire, poussé par ses idéaux et son amour de la littérature, a réussi à apporter un peu de lumière dans l’obscurité. Sombre, mais également empli d’humanité (une arme efficace contre la barbarie), ce livre devrait réunir adolescents et adultes autour d’une période sombre de notre histoire que l’on redécouvre à travers le destin d’un homme qui a transformé son amour des livres en un combat pour la liberté.

Je remercie Babelio et les éditions Scrineo pour cette lecture.

Poussière fantôme, Emmanuel Chastellière

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une histoire de fantôme rocambolesque… à Montréal !

Être guide touristique spécialisé dans les mystères du Montréal hanté n’est pas facile tous les jours, malgré les pourboires et les touristes à berner. Mais ça l’est encore moins quand on peut réellement converser avec les fantômes, trop contents de trouver quelqu’un à qui parler !
Depuis qu’Archibald a fait la rencontre d’Elizabeth McKenzie, jeune scientifique décédée dans des circonstances étranges en 1917, sa vie a basculé. Déterminé à aider Elizabeth à lever le voile sur sa mort, Archie va devoir compter sur des amis parfois surprenants et apprendre à percer les secrets de la poussière fantôme, alors que les revenants, goules et autres spectres de la ville se montrent de plus en plus menaçants…
Et tout ça si possible sans trop se fatiguer

 

Scrineo (26 avril 2018) – 336 pages – Broché (14,90€) – Ebook (7,99€)
Illustration : Xavier Collette

AVIS

Difficile de ne pas craquer devant une telle couverture et un tel titre ! C’est donc sans vraiment prêter attention au résumé que j’ai décidé de m’embarquer dans cette lecture. Un voyage qui fut riche en péripéties et en présences fantasmagoriques. Il faut dire qu’avec un protagoniste voyant les fantômes, cela n’a rien de très étonnant.

Profitant de son don, Archibald s’est associé avec son meilleur ami, Isidore, libraire spécialisé dans l’occulte, pour proposer des visitées guidées d’un genre nouveau… À ses côtés, ce ne sont pas les musées que les touristes découvrent, mais plutôt le Montréal de l’ombre, des fantômes et des histoires à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Un métier dans lequel Archibald excelle d’autant qu’il peut compter depuis peu sur l’aide du fantôme d’Elizabeth, une jeune scientifique décédée cent ans plus tôt.

C’est d’ailleurs avec cette dernière que l’auteur commence son livre. Nous découvrons ainsi la tragique histoire de cette femme qui s’est lancée dans des recherches scientifiques qui auraient pu, en cas de succès, changer la face du monde. Une réussite effleurée de près avant qu’un terrible accident ne vienne mettre fin aux ambitions de la jeune prodige, à sa vie et à celle de son amant.

Cent ans plus tard, Elizabeth, qui n’a rien perdu de son caractère, doit faire face à un autre problème qui prendra une tournure que ni elle ni Archibald n’auraient pu imaginer. Ils pourront heureusement compter sur le soutien de différentes personnes plus ou moins liées au monde de l’étrange. C’est donc dans une aventure auréolée de mystère, empreinte de mythologie et emplie de dangers que l’auteur nous plonge sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Dans un rythme effréné,  les scènes d’action et les événements s’enchaînent apportant leur lot de questionnements et de révélations…

Au fur et à mesure de l’intrigue, les liens entre les personnages se précisent et les relations sont mises à mal… J’aurais apprécié que l’auteur développe un peu plus cet aspect du livre puisque finalement, on reste à la surface des choses. À titre d’exemple, la relation entre notre héros et son meilleur ami m’a laissée assez dubitative. Leurs interactions, basées sur les silences et les secrets, manquent cruellement de chaleur, un peu comme si nous étions face à de vagues connaissances et non à des personnes censées être proches... Archibald m’a en outre agacée par la manière dont il jette l’opprobre sur son ami qui lui avait caché tout un pan de son existence quand lui-même n’a pas été un exemple de transparence et d’honnêteté. Un peu de mauvaise foi notre Archibald…

J’ai, en revanche, apprécié l’amitié entre le jeune homme et sa colocataire qui va se révéler être un précieux atout pour la petite bande que ce soit en raison de son caractère bien trempé ou de ses dons. De la même manière, j’ai particulièrement été touchée par le duo formé par Archibald et Elizabeth. Complices, les deux amis essaient de s’épauler du mieux qu’ils le peuvent. Archibald n’est pas parfait et a tendance à opter pour la fuite face aux problèmes, mais pour son amie, il se lance dans une aventure périlleuse sans trop sourciller… Quant à la scientifique, elle m’a beaucoup émue. Bien que désemparée face à la situation et au mal qu’elle cause indirectement autour d’elle, elle fera de son mieux pour affronter les épreuves qu’elles soient d’ordre magique, amical ou sentimental… 

La psychologie des personnages n’est pas développée outre mesure, mais l’auteur a veillé à apporter pas mal de tension et de suspense à son récit : que s’est-il passé exactement il y a cent ans ? L’amant perdu l’est-il vraiment à tout jamais et surtout est-il celui qu’il prétend être ? Pourquoi et par qui Elizabeth est-elle poursuivie ? Qui est ce Grand Œil ? Pourquoi les fantômes semblent prendre vie dans le monde réel avec des intentions plus ou moins sympathiques ? Quelle est l’étendue des capacités d’Archibald ? Un exemple des nombreuses questions qui viendront vous titiller durant votre lecture et vous donner envie de connaître le fin mot de l’histoire d’autant que la plume fluide et immersive de l’auteur plonge directement les lecteurs au cœur de l’aventure…

Petit détail qui contribue au sentiment d’immersion et au charme du roman, la découverte de quelques expressions québécoises des plus savoureuses.... Mais rassurez-vous, elles sont utilisées avec parcimonie et l’on devine bien souvent, grâce au contexte, leur sens.

En conclusion,  amitiés, amour, actions, fantômes, magie, complot et mythologie sont au cœur de cette aventure rythmée, pleine de mystère et d’actions qui devrait ravir les amateurs de surnaturel et d’histoires de fantômes palpitantes, mais pas vraiment effrayantes.

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site des éditions Scrineo.

Comment devenir une vraie sorcière ? Anne-Marie Desplat-Duc

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une histoire drôle et ensorcelante qui prend le mythe de la sorcière maléfique à contrepied !

Sibelle n’est pas une petite sorcière ordinaire.
Elle est belle, gentille et n’a aucun pouvoir maléfique.
Alors comment faire pour devenir une vraie sorcière et faire plaisir à sa mère, la célèbre Fleurkipic ?
Avec de bons amis et un peu d’astuce rien n’est impossible !


Scrineo (4 octobre 2018) – 96 pages – 6,90€ –  À partir de 8 ans
Illustrations : Églantine Ceulemans

AVIS

Fleurkipic, sorcière de son état et mocheté ambulante, et Gabriel, humain lambda, ont une fille. Comment s’appelle-t-elle ? Sibelle ! Ce n’est pas la réponse que vous escomptiez, ça tombe bien, ce n’est pas non plus celle attendue par ses parents.

Fleurkipic espérait un bébé bien laid avec des furoncles gros comme une maison, des verrues à vous faire loucher, un teint jaunâtre… à un « beau » bébé version sorcière en somme. À la place et pour son plus grand malheur, elle a bébé qui pourrait gagner un concours de beauté chez ces satanés humains.

Enfer et damnation ! Fleurkipic va être la risée du monde des sorciers et risque, en plus, de perdre ses pouvoirs, son mariage avec un mortel ayant engendré une malédiction… Heureusement que le papa lui est ravi de voir son enfant tout mignon même si on sent très bien qu’il aurait été tout aussi content d’accueillir une petite sorcière bien moche.

C’est donc tiraillée entre le monde des humains et celui des sorciers que Sibelle évolue et grandit, changeant de casquette et d’accoutrement en fonction des besoins. Mais petit à petit, elle est lasse de jouer la comédie et aspire à n’être qu’elle, une petite fille pleine d’entrain qui aimerait faire plaisir à sa maman tout en restant elle-même. Fleurkipic pourra-t-elle l’accepter ?

Les enfants devraient se plonger avec délectation dans la vie de Sibelle, une petite fille qui, au fil des pages, apprend à se connaître et à savoir ce qu’elle désire vraiment. Elle va d’ailleurs trouver, avec l’aide de ses nouveaux amis, sa voie, pas celle choisie par sa mère ou son père, mais celle qui lui plaît, et pour laquelle elle se révèlera d’ailleurs très douée. Qui a dit que pour avoir de la magie, il fallait être une vraie sorcière ? Mais avant de trouver ce qui l’anime, Sibelle va vivre quelques péripéties notamment dans la célèbre école anglaise de sorciers Harry ! Je pense que tout le monde aura reconnu la très drôle allusion à un célèbre sorcier à lunettes…

Le livre étant destiné aux enfants, il n’y a aucune longueur, tout s’enchaînant très vite, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de lire l’histoire sans trop d’efforts d’autant que le découpage en chapitres très courts s’assure de leur attention. À cela s’ajoute une très jolie mise en page avec quelques ornements et illustrations.

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Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée fluide et accessible sans être simpliste, le vocabulaire n’étant pas simplifié à l’extrême. Le résultat est d’ailleurs assez probant pour convaincre la lectrice trentenaire que je suis. Il faut dire que l’autrice, sous couvert de fiction et d’humour, aborde des thèmes importants comme l’amitié, la recherche et l’acceptation de soi,  la tolérance, la difficulté de faire concilier des cultures et des milieux différents…

Voici donc une histoire toute mignonne que je ne peux que conseiller aux enfants, mais aussi aux adultes qui devraient être séduits par les thèmes abordés, l’humour et la plume de l’autrice.

Découvrez le roman sur le site des éditions Scrinéo.

FBI Animaux disparus : Le cheval de Noël, Gérard Lecas

J’ai purement et simplement oublié de publier ma chronique de F.B.I Animaux disparus : Le cheval de Noël (éditions Scrineo) lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2017. Voici donc mon erreur réparée même si le thème de ce petit roman jeunesse fort sympathique n’est plus forcément de saison.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

C’est bientôt Noël ! Cette année, un Père Noël à cheval viendra apporter des cadeaux aux élèves de l’école Saint-Exupéry, durant une grande fête organisée par les professeurs et les parents d’élèves. Tout est prêt, mais dans la nuit, l’animal qu’on avait installé sous le préau de l’école disparaît avec ses deux grandes hottes pleines de cadeaux !

Et voilà que nos trois complices de “ FBI Animaux disparus ” sont accusés d’être les voleurs ! Il leur faudra déployer toute leur imagination et leur astuce pour se disculper et démêler les fils de cette enquête qui les emmènera dans le monde des chevaux, les plus beaux animaux du monde !

  • Broché: 144 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Scrineo (7 novembre 2013)
  • Prix : 7,90€
  • Autre format : ebook

AVIS

Inès, Bruna et Félix forment un trio de choc dont la spécialité est de retrouver les animaux disparus de manière inexplicable. Et cela tombe bien puisqu’ils vont être confrontés à la disparition du Cheval de Noël, Apallache ! Ce beau pur-sang avait été généreusement prêté par le père d’un élève pour la fête de l’école durant laquelle un Père Noël à cheval devait apporter les cadeaux. Accusés à tort de la disparition de l’animal, nos trois amis qui ont lancé « FBI Animaux disparus » sont bien décidés à le retrouver et à sauver la fête de l’école.

C’est d’abord le titre de ce roman qui m’avait attirée aimant bien les animaux et l’idée d’une enquête menée par des enfants. Habituée aux aventures de Sherlock Holmes, je n’ai évidemment pas retrouvé le niveau d’analyse du célèbre détective, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier de suivre le cheminement de pensées des enfants et de les voir fomenter des plans en fonction de leurs découvertes. Et puis, vous verrez que leur jeunesse ne les empêche pas d’avoir de la suite dans les idées et de se révéler plein de ressources. Le livre possède, en outre, un certain suspense qui ne vous tiendra pas forcément en haleine, mais qui vous donnera envie, à votre tour, de trouver la personne responsable de la disparition du pauvre Apallache.

La frontière entre témérité et imprudence étant parfois assez fine, les trois jeunes gens déterminés à retrouver le cheval feront parfois des choses dangereuses comme prendre un bus sans leurs parents et en cachette ou mentir éhontément pour pouvoir monter sur un cheval sans aucune expérience… Ils enchaîneront d’ailleurs les mensonges que ce soit envers leurs parents ou d’autres adultes. Comme toutes ces actions sont pour la bonne cause, nous ne pouvons que nous montrer indulgents envers le trio et lui trouver d’ailleurs un certain courage. Et puis, les adultes devraient être séduits par la pugnacité de ces jeunes protagonistes et les enfants devraient, quant à eux, apprécier leur sens de l’amitié. N’oublions pas, en effet, à quel point cette valeur revêt une place primordiale durant l’enfance…

Durant leurs péripéties, Inès, Bruna et Félix feront la connaissance d’un jeune homme autiste, Aubin, qui possède un talent particulier, celui de vous indiquer le jour de votre naissance à partir de votre date de naissance. Ce personnage est mon coup de cœur du roman. Très attachant, j’ai adoré sa complicité avec les chevaux qui sont un peu le rayon de soleil de sa vie. J’ai, en outre, trouvé intéressant que l’auteur aborde succinctement et de manière très naturelle l’autisme, sensibilisant ainsi les jeunes lecteurs à cette particularité. Un travail de sensibilisation qui se retrouve également en fin d’ouvrage avec la présence de deux pages expliquant clairement ce qu’est l’autisme.

Est également abordé le thème des rumeurs et des erreurs de jugement qu’elles poussent les gens à commettre. Et à ce niveau, nos jeunes enquêteurs seront autant bourreaux que victimes. Mais je suis certaine qu’ils auront retenu la leçon et qu’ils ne se laisseront plus berner par des rumeurs lors de leurs prochaines enquêtes…

Cerise sur le gâteau, le livre contient quelques illustrations qui nous aident à nous immerger complètement dans la lecture. J’avoue d’ailleurs que celles-ci ne sont pas étrangères à mon achat puisque je ne résiste jamais très longtemps devant un livre jeunesse illustré.

Pour conclure, parfait pour se plonger dans les fêtes de Noël ou simplement découvrir une histoire mettant en scène des protagonistes aussi attachants que plein de ressources, Le Cheval de Noël devrait ravir petits et grands. Les amoureux des animaux devraient également passer un très bon moment de lecture auprès de notre trio qui aime à les défendre.

Pour ma part, c’est avec plaisir que je me plongerai dans les autres tomes de la série que je possède.

Et vous, envie de craquer pour ce tome de la série F.B.I Animaux disparus de Gérard Lecas ?