La coiffeuse enchantée, tome 1 : Derrière le miroir, Alee Toad

Couverture La coiffeuse enchantée, tome 1 : Derrière le miroir

Violette vit seule avec son frère Luke. Pour ses vingt-deux ans, il lui offre le cadeaux qu’elle attendait depuis longtemps : une coiffeuse ancienne. Depuis, ses nuits sont très difficiles, du bruit se fait entendre dans le miroir sans qu’elle ne comprenne ce que c’est. Prenant son courage à deux mains, elle va chercher à comprendre se qui se passe.

Est-ce que derrière le miroir se cacherait un monde inconnu ?

AVIS

Le résumé et le titre m’ont tout de suite intriguée, mais malheureusement, ils ne furent pas à la hauteur de mes attentes. S’il y avait quelques idées intéressantes, l’histoire reste bien trop superficielle à mon goût, et les sentiments des protagonistes bien trop survolés pour provoquer en moi une quelconque émotion.

Nous découvrons ainsi une jeune femme qui vit avec son frère Luke. Encore affectée par la mort de leur père, il y a moins d’un an, Violette peut néanmoins compter sur le soutien de son grand frère dont elle est très proche. Pour son vingt-deuxième anniversaire, ce dernier lui offre cette coiffeuse ancienne qui la faisait rêver et pour laquelle elle économisait. Une magnifique attention qui saura la toucher, mais qui lui ouvrira également la porte d’un monde inattendu, et lui permettra de faire la plus étrange des rencontres…

Au début du roman, il se dégage un mystère et un suspense que j’ai adorés. Quelle est la nature de ces coups que Violette entend à heure fixe durant la nuit ? Fruit de son imagination ou réalité difficile à appréhender ? Une fois la réponse apportée, on attend avec impatience de voir vers quels horizons l’autrice va nous emmener. Toutefois, l’intérêt vis-à-vis de ce monde inconnu qui s’offre à nous retombe assez vite puisqu’il n’est pas vraiment exploité. Alors qu’il y aurait eu matière à nous émerveiller et à nous faire découvrir un monde différent avec ses propres codes et règles, l’autrice se cantonne à nous en proposer quelques facettes, toutes liées à l’amour et à la notion d’âme sœur.

Nous sommes dans une romance paranormale, alors il semble normal que l’aspect amour soit développé, mais cela n’empêche pas de proposer derrière un univers qui se tient et qui a un minimum de consistance. Ce manque de développement de l’univers m’a frustrée d’autant que je n’ai même pas pu me raccrocher à la romance puisqu’elle ne m’a ni convaincue ni touchée. J’ai compris le souhait de l’autrice de nous montrer comment une jeune femme qui ne croit pas en l’amour va revoir sa position, mais j’aurais apprécié que cela soit fait avec plus de subtilité et de vraisemblance. Pour moi, il n’y a pas assez d’interactions et de moments de complicité pour expliquer l’émergence d’un quelconque sentiment amoureux entre deux personnages qui se connaissent finalement très peu.

Cela est d’autant plus dommage qu’en faisant l’impasse sur des détails inutiles et répétitifs, l’autrice aurait probablement pu approfondir des points présentant un réel intérêt pour la romance et l’intrigue. Le fait de ne pas avoir cru un seul instant en la force des sentiments des deux protagonistes nuit quelque peu à la fin qui, du coup, semble tomber à plat alors qu’avec une romance convaincante, j’aurais pu y voir le symbole d’un amour qui transcende les frontières et qui vaut tous les sacrifices. Toutefois, et même si ça n’a duré que le temps de quelques pages, je reconnais avoir été touchée par le choix cornélien qui se présente à notre héroïne.

Une héroïne qui m’a paru quelque peu égoïste et immature du haut de ses vingt-deux ans, et dont la relation avec son frère m’a laissée quelque peu dubitative, et c’est un euphémisme. Très proche de mon frère, les belles relations fraternelles me touchent toujours beaucoup, mais ici, j’ai eu le sentiment qu’en voulant nous prouver que Luke et Violette sont unis comme les doigts de la main, l’autrice tombe dans une surenchère malsaine. Les marques d’affection entre frère et sœur ne me gênent pas, mais là, on va un peu loin à mon goût d’autant que le caractère surprotecteur de Luke se rapproche bien plus de celui d’un petit ami, de surcroît jaloux et possessif, que de celui d’un frère. On comprend que l’abandon de leur mère dès leur plus jeune âge, et la mort récente de leur père les aient rapprochés, mais cela ne justifie pas une relation aussi étouffante. Heureusement, au fil du roman, l’autrice opère une nette évolution de ce côté qui fera du bien autant à Luke qu’à Violette qui retrouveront une relation plus saine.

En conclusion, par son manque de profondeur autant au niveau de l’univers et de l’intrigue que des sentiments, Derrière le miroir n’a pas su me convaincre ni même éveiller mon intérêt. Je pense néanmoins que le livre pourra plaire à certain(e)s adolescent(e)s et jeunes adultes à l’âme romantique qui n’ont pas forcément besoin d’une relation réaliste et approfondie pour succomber au plaisir d’une histoire d’amour entre deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, et qui vont devoir apprendre à composer avec leurs différences. Pour ma part, je ne lirai pas la suite ayant besoin d’un peu plus de maturité dans l’écriture, mais si le résumé vous intrigue, n’hésitez pas à vous forger votre propre opinion.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Les hommes de nuit 1 : La rose, Marie L’Or Viollet

Les hommes de nuit 1 - La rose

1700 : Marie est une belle jeune femme, élevée par son père veuf. Il est libraire et a tout appris à sa fille. Mais ils doivent quitter l’Angleterre pour honorer un étrange contrat. Son père s’est engagé auprès d’un personnage singulier venu d’un autre continent pour restaurer sa bibliothèque. Après une longue et éprouvante traversée, elle va rencontrer Nicolas…

Évidence Éditions (17 juillet 2020) – 336 pages – Papier (17€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Appréciant les romances historiques, la couverture et la mention de l’année 1700 dans le résumé m’ont donné envie de découvrir ce roman qui fut malheureusement une lecture en demi-teinte…

SI j’ai apprécié une certaine originalité dans le récit, il y a quelques points qui m’ont chagrinée comme le mélange des genres hasardeux et parfois maladroit qui m’a donné l’impression que l’autrice n’avait pas réussi à choisir entre romance historique et roman de bit-lit dont elle reprend certains clichés. On oscille donc entre passé simple et vocabulaire vulgaire, ce qui donne un résultat plutôt saugrenu. Il m’a ainsi été difficile de rester stoïque devant des phrases du style « Il fallait qu’il baisât…« . Je peux me tromper, mais il me semble peu probable qu’en 1700, le verbe baiser ait déjà ce sens. Je ne dis pas qu’on ne peut pas mélanger les genres, mais pour moi, il y a un travail d’harmonisation à faire sur ce texte pour que le tout possède une certaine cohérence.

J’ai également regretté que le contexte historique ne soit pas mieux exploité puisque concrètement, à part les robes, la réception des mondains (et encore…) et la naïveté de Marie sur les choses de l’amour, cette histoire aurait aussi bien pu se passer en 1700 qu’en 1900 ou à notre époque. Je pense que cela provient principalement du fait que les personnages évoluent en vase clos et qu’on n’a donc pas particulièrement l’occasion d’évoquer le contexte historique de l’époque. De la même manière, j’ai eu l’impression que le bébé recueilli par Marie en début de roman n’a eu qu’un seul rôle, être une source de quiproquo avec Nicolas. Le reste du temps, il fait surtout de la figuration. Une petite facilité scénaristique qui m’a quelque peu frustrée tout comme la romance éclair puisqu’il ne faudra pas bien longtemps pour que Nicolas soit obsédé par Marie et que Marie tombe sous son charme.

Et le terme obsédé n’est pas utilisé au hasard, notre héros ayant bien du mal à se contrôler en la présence de la jeune ingénue qu’il désire tant faire « sienne ». Possessif et brutal dans ses réactions, Nicolas n’est pas un personnage que j’ai apprécié outre mesure d’autant que malgré sa nature de vampire lui ayant permis de voir passer les siècles, il se comporte bien souvent comme un adolescent en pleine crise. C’est d’ailleurs le roi du claquage de porte ! Si cela n’excuse en rien son comportement qui m’a donné bien souvent envie de le punir en le privant de dessert (donc de Marie), on peut toutefois comprendre qu’il soit chamboulé par ces nouveaux sentiments qui s’offrent à lui, lui qui n’a jamais rien ressenti pour une femme si ce n’est de la tendresse pour Lucie, la seule autre femme vampire. Il va donc devoir apprendre à se maîtriser tout en essayant de comprendre les raisons de la tempête intérieure à laquelle il doit faire face.

Quant à Marie, elle se révèle gentille et assez courageuse, mais elle m’a parfois exaspérée par sa naïveté. Certes, elle a toujours vécu en autarcie avec son père partageant son temps entre la lecture et son travail à la librairie familiale, mais l’autrice pousse quand même l’image de jeune femme naïve à son paroxysme… Heureusement, Marie n’est pas qu’une jeune ingénue, c’est également une femme passionnée par les livres. C’est d’ailleurs là la raison de sa présence dans la demeure de Nicolas où elle s’occupe, à la place de son père décédé, de classer les livres et de restaurer ceux qui en ont besoin. J’ai beaucoup aimé découvrir la manière dont Marie restaure les livres, mais c’est surtout la passion avec laquelle elle le fait et en parle qui m’a le plus séduite. Dans ces moments-là, on ressent pleinement la femme passionnante et passionnée qu’elle peut être. Un caractère flamboyant qu’elle ne réserve pas qu’aux livres puisque Nicolas sera loin de la laisser insensible malgré ses emportements qui l’exaspèrent…

La romance ne m’a pas convaincue parce que principalement basée sur une attraction physique quasi animale, mais je pense qu’elle pourra plaire aux lecteurs qui n’ont pas besoin que les personnages apprennent à se connaître avant de tomber amoureux. Pour ma part, la manière dont Nicolas répète toutes les deux lignes « mon ange » m’a donné des envies de meurtre et les questionnements incessants de Marie sur les sentiments de Nicolas à son égard m’ont fatiguée, mais j’ai, en revanche, apprécié tous les à-côtés qui ont rendu le livre rapide et facile à lire. Le style de l’autrice, malgré le problème énoncé en début de chronique, reste agréable et plutôt fluide. Il n’y a pas de longueurs inutiles même si on pourrait noter une certaine redondance dans le déroulement des faits, la relation entre nos amoureux alternant entre moments câlins/érotiques, malentendus et claquages de porte.

En plus du rythme et de la relation unique et touchante entre Nicolas et deux loups qui ne manquera pas de ravir les amoureux des animaux, ce qui fait la force de ce roman est l’aura de mystère dont l’autrice a su l’entourer. On pourrait croire que tout a été dit et fait sur le mythe du vampire, mais l’autrice réussit à apporter, et c’est le cas de le dire, du sang frais ! Il existe ainsi un certain flou autour du premier vampire, Luc, créé par Dame Nature qui est d’ailleurs ici personnifiée par une vraie femme, une idée qui m’a bien plu. Mais le vrai mystère concerne sa femme Lucie qui est la seule et unique femme vampire existante sur Terre et ceci depuis la nuit des temps. Les vampires ont bien essayé de transformer d’autres femmes pour se trouver des compagnes, mais chaque tentative s’est soldée par un retentissant échec, Luc n’arrivant pas à se souvenir du processus exact pour accomplir ce petit miracle. Cela explique la raison pour laquelle Lucie est unique et importante, mais aussi pourquoi Nicolas est terrifié à l’idée de ne jamais trouver la solution pour transformer Marie au risque de la perdre dans un futur plus ou moins proche. Certains événements lui feront d’ailleurs prendre pleinement conscience de la fragilité de son âme sœur…

Trouvera-t-il le moyen de donner au monde une seconde femme de nuit ? Pour le savoir, il vous faudra lire le roman, mais j’ai apprécié la touche de tension que cette question soulève tout comme j’ai adoré le couple Luc et Lucie qui se révèle assez touchant. On sent à quel point le mari et la femme s’aiment et seraient prêts à tout l’un pour l’autre. Attendez-vous également à une petite révélation de leur côté même si je l’avais assez vite anticipée… Au-delà de ce couple attendrissant, on découvre d’autres hommes de nuit, dont l’un qui semble également rattrapé par le virus de l’amour. Ce sera d’ailleurs le protagoniste que l’on suivra dans le deuxième tome. Si je préfère, en général, suivre les mêmes personnages d’un tome à l’autre, je reconnais que l’autrice a réussi à attiser ma curiosité et à me donner envie de découvrir cette nouvelle histoire d’amour qui s’annonce plutôt mouvementée…

En conclusion, on pourra regretter quelques maladresses dans la narration qui donnent l’impression que l’autrice n’a pas réussi à choisir quelle tonalité donner à son roman, mais ce premier tome de la série Les hommes de nuit reste une lecture fluide et agréable qui plaira probablement aux lecteurs appréciant les personnages tourmentés par leurs sentiments, les grandes et belles bibliothèques dans lesquelles on rêverait de se perdre et les romances vampiriques auréolées d’un certain mystère.

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé la version numérique de ce roman en échange de mon avis.

 

Les couleurs du dragon, Virgine T

Les couleurs du dragon par [Virginie T]

Dakota Jones est un traqueur de démons.

Sous les ordres de son père froid et distant, elle combat le mal jour et nuit avec ses coéquipiers, qui sont également ses amis, grâce à son don hors du commun. Cependant, sa prochaine enquête va bouleverser son monde. Sa rencontre avec Eldrekki, un homme aussi beau que mystérieux, va modifier tant son passé que son avenir.

Dakota se savait différente, unique, elle va enfin découvrir pourquoi et les réponses pourraient bien ne pas lui plaire.

Évidence Éditions (4 septembre 2020)

AVIS

Capable de traquer les démons grâce à une vision particulière, Dakota Jones met son talent inhabituel au service de l’armée. Il faut dire que son père, à la tête de la base militaire où elle a passé toute sa vie, ne lui laisse guère le choix. Froid et calculateur, il est, en effet, peu intéressé par les aspirations professionnelles et/ou personnelles de sa fille unique qu’il tend à voir comme un outil de travail efficace plutôt que comme son enfant. Alors qu’un terrible meurtre est commis, Dakota se lance sur la piste du monstrueux tueur, probablement un démon, sans savoir que sa vie allait changer à jamais. Entre la découverte d’un secret remettant en cause tout son passé et la rencontre avec un mystérieux jeune homme qui l’hypnotise, Dakota aura plus que jamais besoin de sa détermination et de sa famille de cœur pour affronter la situation.

Étant assez difficile avec les romances paranormales, j’avais hésité à me lancer dans la lecture de cet ouvrage ayant eu peur de me retrouver face à une histoire bien plus basée sur le sexe que sur une réelle intrigue. Sur ce point, je peux d’ores et déjà vous rassurer. Il y a bien deux ou trois scènes de sexe, mais rien de vulgaire ni de détaillé. Un bon point, du moins, pour moi.

On regretta néanmoins une romance qui démarre sur des chapeaux de roue ne laissant pas aux lecteurs le temps de s’approprier les sentiments des personnages. Je me suis d’ailleurs demandé comment diantre, ils ont pu passer aussi vite de parfaits inconnus à compagnon et compagne. La magie de l’amour, peut-être… Mais comme je ne suis pas une romantique dans l’âme, j’aurais tendance à ne pas y croire et à être donc complètement passée à côté de cette romance éclair qui n’aura pas su me toucher ni faire battre mon cœur.

J’ai toutefois apprécié que l’autrice nous épargne les problèmes de consentement si courants dans les romances paranormales. Ici, aucun problème de ce genre ! Il faut dire que nous deux amoureux sont tous les deux plutôt inexpérimentés dans les choses de l’amour. Un schéma plutôt inhabituel qui ne m’a pas déplu même si j’ai trouvé Eldrekki très sûr de ses gestes pour quelqu’un qui n’a jamais eu aucun partenaire dans sa vie… Autre point intéressant, la désacralisation de la virginité et de la première fois, l’autrice nous prouvant que ce qui compte, c’est surtout la personne avec laquelle on se lance et un respect mutuel plutôt qu’un éventuel cadre idyllique destiné à nous donner l’impression d’être une princesse Disney.

Quant à l’intrigue en elle-même, elle ne manque pas d’attrait, mais j’ai eu le sentiment que tout son potentiel n’avait pas été exploité, probablement en raison de la taille du roman qui aurait gagné, selon moi, à être un peu plus imposant ! Les choses s’enchaînent donc très (trop) rapidement, ce qui m’a laissé un goût de trop peu au niveau de l’univers et qui ne m’a pas permis de développer un attachement profond pour les personnages. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée de les apprécier et de prendre plaisir à en apprendre plus sur ces derniers et sur les liens forts unissant Dakota aux différents membres de son équipe.

La jeune femme ayant perdu sa mère à la naissance et son père brillant par son absence d’amour paternel, ses collègues sont devenus, au fil du temps, sa seule et véritable famille ! Ils se révèlent tous assez protecteurs avec elle, ce que j’ai trouvé mignon, mais parfois vraiment étouffant. Étant plutôt indépendante et n’étant pas du tout tactile, je ne pense pas que j’aurais pu supporter toutes leurs attentions et leurs nombreux câlins. Mais on perçoit que c’est exactement ce dont a besoin Dakota qui a été privée de la chaleur d’un foyer sa vie durant.

Les liens unissant Dakota à ses collègues sont donc très forts et lui permettent de supporter une vie conditionnée par les ordres d’un père/général parfaitement injuste et froid. Je dois dire que si j’ai adoré la figure paternelle du commandant dirigeant l’équipe de Dakota, j’ai détesté son père biologique qui n’en porte que le nom. Difficile, en effet, de considérer qu’un tel être puisse être qualifié de père. Il n’hésite pas à exploiter le talent inhabituel de Dakota pour traquer les démons sans se préoccuper de son sort ni de sa santé. Pire, il la maltraite psychologiquement lui faisant sans cesse comprendre à quel point elle est un poids pour lui…

De fil en aiguille, on en vient à découvrir toute la méchanceté et la perfidie de ce personnage que j’ai purement et simplement détesté ! Alors qu’il aurait pu tomber dans la caricature, certaines révélations nous permettent de mieux saisir les raisons qui l’on conduit à maudire sa propre fille sans jamais lui laisser une chance. Sans l’excuser, cela permet de lui donner un peu plus d’ampleur et de complexité.

Au-delà de la romance et de l’amitié, l’autrice nous offre quelques scènes d’action plutôt maîtrisées qui dynamisent le récit et apportent une aura de danger fort appréciable. J’aurais d’ailleurs adoré qu’elles soient un peu plus présentes, mais je peux comprendre le souhait de l’autrice de prendre le temps, dans ce premier tome, de nous présenter les personnages et de jouer sur les émotions d’une héroïne soumise à des épreuves aussi difficiles psychologiquement que physiquement… La fin laisse entrevoir une nette évolution/amélioration dans la vie de la jeune fille avec une nouvelle dynamique de groupe que je serais curieuse de découvrir.

Quant à l’écriture, elle s’est révélée percutante, rythmée et agréable. C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce roman que j’ai lu d’une traite.

En résumé, bien écrit, dynamique et court,  Les couleurs du dragon permet de passer un moment d’évasion sans prise de tête et de faire la connaissance d’une héroïne dont la vie alterne entre brimades paternelles, réconfort amical, traque de démons et découverte de l’amour. Non dénué de tension et de révélations, le roman se lit rapidement, mais devrait peut-être manquer de convaincre les lecteurs aguerris en quête d’une romance paranormale à l’univers riche et développé. Pour ma part, je vous recommanderai donc ce roman si vous avez envie de vous initier à la romance fantastique ou de vous lancer dans un livre du genre très rapide à lire.

Je remercie Evidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Bilan Challenge Le mois de la bit-lit

En juin, j’ai participé au Mois de la bit-lit dont je vous présente aujourd’hui un petit bilan.

BONNES LECTURES

  • La série d’urban fantasy Dynasties est pour moi une valeur sûre bien que je préfère Kate Daniels du même duo d’auteur. J’ai pris plaisir à retrouver les personnages dans ce deuxième tome et ai, de nouveau, passé un bon moment de lecture. Pour en apprendre plus, je vous invite à lire mon avis sur L’étincelle sous la glace.

Dynasties (Tome 2) - L’étincelle sous la glace par [Ilona Andrews, Guillaume Le Pennec]

  • Bane Seed tome 5 : l’autrice nous ayant laissé sur une fin ne pouvant que susciter une certaine tension et pas mal de questions, j’ai été ravie de découvrir ce cinquième tome dans lequel Bane se met véritablement à nu… Si vous aimez l’humour, les héroïnes grandes gueules multipliant les références à la pop culture et les duos où fusent les piques, cette série est faite pour vous.

Pour qui sonne le crépuscule: Bane Seed, T5 par [Fanny André]

LECTURE MOYENNE

  • Le baiser du dragon : l’histoire se lit toute seule et, ravissement, elle n’est pas centrée sur le sexe… L’univers aurait mérité d’être plus développé et les pouvoirs des héros mieux exploités, mais si vous avez envie d’une romance fantastique avec un protagoniste masculin protecteur et possessif qui ne tombe néanmoins jamais dans l’abus, ce titre pourrait vous plaire. Et cerise sur le gâteau, l’héroïne a une forme métamorphe non dénuée de charme que je n’avais jamais rencontrée dans un roman. Toutefois, ce titre n’ayant rien d’exceptionnel, il reste à classer du côté des livres « aussitôt lus, aussitôt oubliés ».

MAUVAISES LECTURES

  • Le côté girouette de l’héroïne et l’horripilant triangle amoureux du Souffle de la Lune m’ont fait grincer des dents… Cette lecture m’a frustrée parce qu’il y avait du potentiel avec notamment le côté mythologie égyptienne qui est le point fort du roman et qui apporte une pointe de mystère. Mais l’autrice se perd dans des longueurs incessantes et semble ne jamais oser prendre son envol préférant se cantonner aux grands stéréotypes du genre. Cela a rendu, du moins pour moi, la lecture vraiment poussive. Couverture Les sentinelles de l'ombre, tome 1 : Le souffle de la lune

 

  • Quant à La meute du Phénix, l’absence totale d’intrigue au profit de scènes de sexe répétées sans intérêt m’a plus que gênée d’autant que le tout est baigné d’une bonne dose de culture du viol.

Couverture La meute du phénix, tome 1 : Trey Coleman

L’autrice joue ainsi sur la nature des protagonistes pour entériner le principe bien connu que quand une fille dit non, elle pense oui… C’est juste qu’elle veut que le beau mâle lui prouve sa virilité. Dans une société saine où les femmes ne seraient pas violées tous les jours en raison de ce principe, cela aurait pu éventuellement passer (avec un message rappelant la nécessité de respecter le corps d’autrui), mais à l’heure actuelle, c’est juste insupportable… Cette pseudo justification du viol vole d’ailleurs en éclats quand l’héroïne se fait réveiller par un cunnilingus quand elle avait expressément demandé  à son compagnon de ne pas s’aventurer sur ce terrain. Il faudra m’expliquer comment cette scène peut prouver la virilité d’un homme. J’y vois plutôt l’arrogance de disposer du corps d’une femme comme il en a envie nonobstant ses demandes…

FLOP 

Dans le cadre du Mois de la bit-lit, j’ai eu quelques déconvenues qui m’ont rappelé pourquoi j’avais pris mes distances avec ce genre, le  summum des flops revenant à RedwoodJe vous invite à lire mon avis pour en apprendre plus sur ce roman qui est l’une des pires lectures de ma vie, et de loin.

Couverture Redwood, tome 1 : Jasper

ABANDON

J’ai également eu un abandon, pas que le livre soit pire que Redwood (là, ça aurait presque mérité une médaille), mais je n’avais pas le cœur de m’infliger une nouvelle torture. À la première scène de droit de cuissage, j’ai jeté l’éponge sans regret d’autant que le style d’écriture était plutôt pauvre et les dialogues d’une vacuité désespérante. C’est vraiment dommage parce que j’aimais l’idée de suivre une héroïne métamorphe, mais également DJ et présentatrice radio. Le profil était assez original et aurait pu offrir une sorte de renouveau du genre…

Couverture Kitty Norville, tome 01 : Kitty et les ondes de minuit

Si mon bilan est plus que mitigé, je suis néanmoins ravie d’avoir réussi à atteindre mon objectif soit la lecture de 6 romans de bit-lit bien que comme toujours, je n’ai absolument pas respecté ma PAL de départ. Je compte maintenant me cantonner à ce que j’aime, l’urban fantasy à la Kate Daniels.

Et vous, lisez-vous de l’urban fantasy et/ou de la romance paranormale ?

Redwood, Carrie Ann Ryan

Jasper: Redwood, T1 par [Carrie Ann Ryan, Zeynep Diker]

Jasper Jamenson a passé sa vie à servir la meute Redwood, dans l’attente du jour où il rencontrera son âme sœur. Lorsque son chemin croise celui de Willow, il sait immédiatement qu’il a trouvé celle qu’il protègera par-dessus tout. Alors qu’une meute rivale rôde dans les alentours, menaçant les Redwood et se livrant à de sinistres cérémonies d’invocation démoniaque, Jasper parvient de justesse à tirer Willow de leurs griffes. Mais celle-ci se retrouve propulsée dans un nouveau monde terrifiant, tandis que le loup en lui se fait violence pour ne pas la revendiquer immédiatement. Luttant pour leur vie mais également pour leur lien d’union faiblissant, ils devront apprendre à se faire confiance avant qu’il ne soit trop tard…

Milady (20 février 2019) – 286 pages – 7,90€

AVIS

La moyenne du roman sur Livraddict et la couverture d’un kitsch sans nom étaient déjà un bon indice sur la probabilité que j’apprécie ce roman… Je ne vais pas tourner autour du pot, ce roman a été un véritable supplice à terminer. Je pense que si je ne l’avais pas inclus dans le Mois de la bit-lit, je me serais précipitée dans la première boîte à livres pour m’en débarrasser…

Redwood est un petit concentré de tous les points qui m’avaient poussée, il y a plusieurs années, à arrêter de lire de la bit-lit ou de la romance paranormale : pauvreté du style, romance éclair et irréaliste, scènes de sexe répétées et bien souvent vulgaires (si au moins, elles étaient imaginatives), phrases éculées mais qui se veulent imagées combinées avec des mots d’argot rendant le tout plus risible qu’excitant (qui se dévoue pour expliquer à Jasper que son entrejambe n’est pas un moyen pour faire communier les âmes ? ), personnages manquant de personnalité si ce n’est de cerveau, héroïne qui ressemble à une petite chose qu’il faut sauver et qui se sent tellement inférieure au beau mâle de service, mâle qui lui-même est un macho qui estime savoir mieux que l’héroïne ce qui est le mieux pour elle, incohérences, manque de réalisme dans les réactions. Et je ne parle même pas des antagonistes tellement stéréotypés qu’ils en deviennent ridicules… D’ailleurs, cette pub m’a accompagnée dans ma tête tout au long du roman (on a les références qu’on peut...)

Je vais arrêter ma liste là, mais je pourrais encore la continuer à l’envi. Mais ce qui m’a probablement le plus agacée est cette impression de ne pas avoir lu un roman mais d’avoir eu entre les mains une ébauche d’histoire qui n’était absolument pas prête à atterrir dans les rayons des librairies. Tout va trop vite et manque cruellement de logique, de cohérence et de saveur. En quelques pages, Jasper a ainsi eu le temps de tomber amoureux et de sauver sa demoiselle ! Bon pas de chance, va falloir recommencer plus tard, mais vous voyez le schéma qui se dessine…

Quant à Willow (rien à voir avec celle dans Buffy, hélas...), elle se fait kidnapper, violenter, découvre le monde des loups-garous avant de devoir renoncer à sa vie d’avant pour intégrer une famille qu’elle ne connaît ni d’Ève, ni d’Adam, mais ça ne la perturbe pas un instant… Non, elle, tout ce qui l’inquiète, c’est qu’elle n’est pas assez bien pour son sauveur qui, soit dit en passant, est quand même plus ou moins à la base des problèmes qui lui tombent sur le coin du nez. Très crédible, tout ça…

Je me suis, en outre, posé des questions sur la traduction et/ou l’appropriation du mot « compagne » par l’autrice. Parce que jusqu’à preuve du contraire, une femme qui t’attire et que tu as juste invitée à sortir n’est ABSOLUMENT pas une compagne ! Sinon il y a pas mal de couples qui s’ignorent…. Et non, l’excuse du loup de Jasper qui s’exprimerait de la sorte ne me convainc pas une seconde.

En bref, entre Redwood et moi, ça n’a pas, mais alors pas collé du tout. J’essaie en général de trouver du positif dans un roman, mais là, j’ai un mal fou à ne pas ajouter d’autres points problématiques dans ma conclusion. On pourrait éventuellement évoquer la famille du héros qui est très soudée et dont j’ai apprécié les interactions pleines de tendresse et d’amour ou encore le frère de Jasper qui semble avoir un peu plus de jugeote, notamment quand il lui explique que sa compagne est apte à décider par elle-même de sa vie. Mais c’est, du moins pour moi, bien insuffisant pour justifier la lecture de ce roman qui, en plus de poser problème quant au traitement de certains personnages féminins, est un concentré de clichés particulièrement mal exploités…