Robilar ou le Maistre chat, tome 2 : Un ogre à marier de Chauvel, Guinebaud et Lou

Couverture  Robilar ou le Maistre chat, tome 2 : Un ogre à marier

Alors que le chambellan, le roi, sa fille et Panisse sont sous les verrous, Robilar règne en compagnie de l’ogre. Mais ce dernier, encore amnésique, veut embrasser une princesse pour retrouver mémoire et force humaine. Robilar organise alors un concours de prétendantes.

Delcourt (13 janvier 2021) – 64 PAGES – 15,50€

AVIS

Découvrez mon avis sur le premier tome : Robilar ou le Maistre Chat : Miaou !!

Je crois que j’ai encore plus aimé ce tome que le précédent ! On y retrouve l’humour de la première aventure, mais avec un côté engagé auquel je ne m’attendais pas et qui m’a enchantée.

Robilar est bien embêté : l’ogre qu’il a assis sur le trône déprime, et ce ne sont pas les bouffons du château qui l’aident à retrouver le sourire. Alors bien que cela ne l’enchante guère, il accepte de lancer un concours de princesses avec l’espoir que le baiser de la gagnante permette à notre ogre de retrouver son apparence humaine et, avec un peu de chance, le moral. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu, les princesses ayant toutes une forte personnalité, et c’est un euphémisme. De l’intello à la garce, en passant par l’alcoolique, les profils sont variés et difficiles à gérer, d’autant que chaque candidate est accompagnée de son animal domestique. Or comme Robilar, ces animaux ne se contentent pas de roucouler, ronronner ou faire tout autre bruit, ils réfléchissent et sont bien décidés à soutenir leur maîtresse respective… 

Notre Robilar, pourtant si intelligent et roublard, ne risque-t-il pas de trouver adversaire à sa taille en même temps que quelque chose d’autre, une chose qui pourrait bien adoucir le plus implacable des chats ? De nouveau, on rit beaucoup avec cette BD : des références à des personnes ou à des mouvements, un mélange savoureux de vielles expressions avec des expressions bien plus actuels et au charme bien plus incertain, des retournements de situation, un anthropomorphisme particulièrement bien exploité, des magouilles…

Mais ce qui m’a vraiment plu est la manière dont on revient sur ces contes qui ont bercé notre enfance pour les détourner et ainsi en dénoncer leurs fondements sexistes et réducteurs. Bien sûr, ils ont été écrits à une époque où la condition de la femme était bien différente, mais cela n’empêche pas d’en offrir une critique constructive, d’autant qu’ils continuent de bercer des générations d’enfants. Des enfants qui ne sont pas vraiment en mesure de comprendre en quoi derrière de belles histoires, se cachent des injustices et des stéréotypes. Alors, en tant que femme, j’ai adoré voir ces princesses qui sortent des clichés, et qui finissent par faire valdinguer les conventions afin de réfléchir à ce qu’elles désirent vraiment. Et ce n’est pas forcément un prince, un château, des enfants, du tricot ou toutes ces activités et choses que l’on associe volontiers aux princesses et aux femmes.

J’ai, en outre, été agréablement surprise par la fin qui m’a beaucoup émue. On découvre ainsi le drame vécu par un couple homosexuel séparé par les bien-pensants, la religion et des personnes incapables d’accepter que l’amour, ce n’est pas qu’entre un homme et une femme. À cet égard, la fin représente pour moi ce que devrait être la fin de chaque conte parlant d’amour : l’union entre deux personnes qui s’aiment et qui s’acceptent telles qu’elles sont. Quant à Robilar, il semblerait que d’autres aventures l’attentent, et je peux vous dire que je suis impatiente de les découvrir !

En conclusion, avec ce deuxième tome, l’auteur confirme son talent pour détourner avec facétie et humour des contes qui ont bercé notre enfance afin de nous proposer une aventure haute en couleur, mêlant avec un certain aplomb tradition et modernité. Truculent, coloré et savoureux, voici un ouvrage à ne pas manquer !