Bilan Challenge Le mois de la bit-lit

En juin, j’ai participé au Mois de la bit-lit dont je vous présente aujourd’hui un petit bilan.

BONNES LECTURES

  • La série d’urban fantasy Dynasties est pour moi une valeur sûre bien que je préfère Kate Daniels du même duo d’auteur. J’ai pris plaisir à retrouver les personnages dans ce deuxième tome et ai, de nouveau, passé un bon moment de lecture. Pour en apprendre plus, je vous invite à lire mon avis sur L’étincelle sous la glace.

Dynasties (Tome 2) - L’étincelle sous la glace par [Ilona Andrews, Guillaume Le Pennec]

  • Bane Seed tome 5 : l’autrice nous ayant laissé sur une fin ne pouvant que susciter une certaine tension et pas mal de questions, j’ai été ravie de découvrir ce cinquième tome dans lequel Bane se met véritablement à nu… Si vous aimez l’humour, les héroïnes grandes gueules multipliant les références à la pop culture et les duos où fusent les piques, cette série est faite pour vous.

Pour qui sonne le crépuscule: Bane Seed, T5 par [Fanny André]

LECTURE MOYENNE

  • Le baiser du dragon : l’histoire se lit toute seule et, ravissement, elle n’est pas centrée sur le sexe… L’univers aurait mérité d’être plus développé et les pouvoirs des héros mieux exploités, mais si vous avez envie d’une romance fantastique avec un protagoniste masculin protecteur et possessif qui ne tombe néanmoins jamais dans l’abus, ce titre pourrait vous plaire. Et cerise sur le gâteau, l’héroïne a une forme métamorphe non dénuée de charme que je n’avais jamais rencontrée dans un roman. Toutefois, ce titre n’ayant rien d’exceptionnel, il reste à classer du côté des livres « aussitôt lus, aussitôt oubliés ».

MAUVAISES LECTURES

  • Le côté girouette de l’héroïne et l’horripilant triangle amoureux du Souffle de la Lune m’ont fait grincer des dents… Cette lecture m’a frustrée parce qu’il y avait du potentiel avec notamment le côté mythologie égyptienne qui est le point fort du roman et qui apporte une pointe de mystère. Mais l’autrice se perd dans des longueurs incessantes et semble ne jamais oser prendre son envol préférant se cantonner aux grands stéréotypes du genre. Cela a rendu, du moins pour moi, la lecture vraiment poussive. Couverture Les sentinelles de l'ombre, tome 1 : Le souffle de la lune

 

  • Quant à La meute du Phénix, l’absence totale d’intrigue au profit de scènes de sexe répétées sans intérêt m’a plus que gênée d’autant que le tout est baigné d’une bonne dose de culture du viol.

Couverture La meute du phénix, tome 1 : Trey Coleman

L’autrice joue ainsi sur la nature des protagonistes pour entériner le principe bien connu que quand une fille dit non, elle pense oui… C’est juste qu’elle veut que le beau mâle lui prouve sa virilité. Dans une société saine où les femmes ne seraient pas violées tous les jours en raison de ce principe, cela aurait pu éventuellement passer (avec un message rappelant la nécessité de respecter le corps d’autrui), mais à l’heure actuelle, c’est juste insupportable… Cette pseudo justification du viol vole d’ailleurs en éclats quand l’héroïne se fait réveiller par un cunnilingus quand elle avait expressément demandé  à son compagnon de ne pas s’aventurer sur ce terrain. Il faudra m’expliquer comment cette scène peut prouver la virilité d’un homme. J’y vois plutôt l’arrogance de disposer du corps d’une femme comme il en a envie nonobstant ses demandes…

FLOP 

Dans le cadre du Mois de la bit-lit, j’ai eu quelques déconvenues qui m’ont rappelé pourquoi j’avais pris mes distances avec ce genre, le  summum des flops revenant à RedwoodJe vous invite à lire mon avis pour en apprendre plus sur ce roman qui est l’une des pires lectures de ma vie, et de loin.

Couverture Redwood, tome 1 : Jasper

ABANDON

J’ai également eu un abandon, pas que le livre soit pire que Redwood (là, ça aurait presque mérité une médaille), mais je n’avais pas le cœur de m’infliger une nouvelle torture. À la première scène de droit de cuissage, j’ai jeté l’éponge sans regret d’autant que le style d’écriture était plutôt pauvre et les dialogues d’une vacuité désespérante. C’est vraiment dommage parce que j’aimais l’idée de suivre une héroïne métamorphe, mais également DJ et présentatrice radio. Le profil était assez original et aurait pu offrir une sorte de renouveau du genre…

Couverture Kitty Norville, tome 01 : Kitty et les ondes de minuit

Si mon bilan est plus que mitigé, je suis néanmoins ravie d’avoir réussi à atteindre mon objectif soit la lecture de 6 romans de bit-lit bien que comme toujours, je n’ai absolument pas respecté ma PAL de départ. Je compte maintenant me cantonner à ce que j’aime, l’urban fantasy à la Kate Daniels.

Et vous, lisez-vous de l’urban fantasy et/ou de la romance paranormale ?

Redwood, Carrie Ann Ryan

Jasper: Redwood, T1 par [Carrie Ann Ryan, Zeynep Diker]

Jasper Jamenson a passé sa vie à servir la meute Redwood, dans l’attente du jour où il rencontrera son âme sœur. Lorsque son chemin croise celui de Willow, il sait immédiatement qu’il a trouvé celle qu’il protègera par-dessus tout. Alors qu’une meute rivale rôde dans les alentours, menaçant les Redwood et se livrant à de sinistres cérémonies d’invocation démoniaque, Jasper parvient de justesse à tirer Willow de leurs griffes. Mais celle-ci se retrouve propulsée dans un nouveau monde terrifiant, tandis que le loup en lui se fait violence pour ne pas la revendiquer immédiatement. Luttant pour leur vie mais également pour leur lien d’union faiblissant, ils devront apprendre à se faire confiance avant qu’il ne soit trop tard…

Milady (20 février 2019) – 286 pages – 7,90€

AVIS

La moyenne du roman sur Livraddict et la couverture d’un kitsch sans nom étaient déjà un bon indice sur la probabilité que j’apprécie ce roman… Je ne vais pas tourner autour du pot, ce roman a été un véritable supplice à terminer. Je pense que si je ne l’avais pas inclus dans le Mois de la bit-lit, je me serais précipitée dans la première boîte à livres pour m’en débarrasser…

Redwood est un petit concentré de tous les points qui m’avaient poussée, il y a plusieurs années, à arrêter de lire de la bit-lit ou de la romance paranormale : pauvreté du style, romance éclair et irréaliste, scènes de sexe répétées et bien souvent vulgaires (si au moins, elles étaient imaginatives), phrases éculées mais qui se veulent imagées combinées avec des mots d’argot rendant le tout plus risible qu’excitant (qui se dévoue pour expliquer à Jasper que son entrejambe n’est pas un moyen pour faire communier les âmes ? ), personnages manquant de personnalité si ce n’est de cerveau, héroïne qui ressemble à une petite chose qu’il faut sauver et qui se sent tellement inférieure au beau mâle de service, mâle qui lui-même est un macho qui estime savoir mieux que l’héroïne ce qui est le mieux pour elle, incohérences, manque de réalisme dans les réactions. Et je ne parle même pas des antagonistes tellement stéréotypés qu’ils en deviennent ridicules… D’ailleurs, cette pub m’a accompagnée dans ma tête tout au long du roman (on a les références qu’on peut...)

Je vais arrêter ma liste là, mais je pourrais encore la continuer à l’envi. Mais ce qui m’a probablement le plus agacée est cette impression de ne pas avoir lu un roman mais d’avoir eu entre les mains une ébauche d’histoire qui n’était absolument pas prête à atterrir dans les rayons des librairies. Tout va trop vite et manque cruellement de logique, de cohérence et de saveur. En quelques pages, Jasper a ainsi eu le temps de tomber amoureux et de sauver sa demoiselle ! Bon pas de chance, va falloir recommencer plus tard, mais vous voyez le schéma qui se dessine…

Quant à Willow (rien à voir avec celle dans Buffy, hélas...), elle se fait kidnapper, violenter, découvre le monde des loups-garous avant de devoir renoncer à sa vie d’avant pour intégrer une famille qu’elle ne connaît ni d’Ève, ni d’Adam, mais ça ne la perturbe pas un instant… Non, elle, tout ce qui l’inquiète, c’est qu’elle n’est pas assez bien pour son sauveur qui, soit dit en passant, est quand même plus ou moins à la base des problèmes qui lui tombent sur le coin du nez. Très crédible, tout ça…

Je me suis, en outre, posé des questions sur la traduction et/ou l’appropriation du mot « compagne » par l’autrice. Parce que jusqu’à preuve du contraire, une femme qui t’attire et que tu as juste invitée à sortir n’est ABSOLUMENT pas une compagne ! Sinon il y a pas mal de couples qui s’ignorent…. Et non, l’excuse du loup de Jasper qui s’exprimerait de la sorte ne me convainc pas une seconde.

En bref, entre Redwood et moi, ça n’a pas, mais alors pas collé du tout. J’essaie en général de trouver du positif dans un roman, mais là, j’ai un mal fou à ne pas ajouter d’autres points problématiques dans ma conclusion. On pourrait éventuellement évoquer la famille du héros qui est très soudée et dont j’ai apprécié les interactions pleines de tendresse et d’amour ou encore le frère de Jasper qui semble avoir un peu plus de jugeote, notamment quand il lui explique que sa compagne est apte à décider par elle-même de sa vie. Mais c’est, du moins pour moi, bien insuffisant pour justifier la lecture de ce roman qui, en plus de poser problème quant au traitement de certains personnages féminins, est un concentré de clichés particulièrement mal exploités…