La Petite Faiseuse de Livres – tome 1, Miya Kazuki, Suzuka

Petite faiseuse de livres (la) - Manga série - Manga news

Si les livres n’existaient pas, il faudrait les inventer ! Une étudiante bibliovore se réincarne en petite fille dans un monde caractérisé par l’illettrisme, et où l’imprimerie semble n’avoir pas encore été inventée… Mais pour celle qui est morte écrasée par sa bibliothèque, les livres sont vitaux !! Il n’y a qu’une seule solution s’il n’y en a pas, elle va les fabriquer. Une bibliofantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres

Ototo – 160 pages – 6,99€ – Traduction : Guillaume Draelants

AVIS

Comment ne pas craquer devant cette couverture toute mignonne et un tel titre ? C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de ce manga adapté d’une série de light novels qu’il faudra que je me procure parce que j’ai adoré ce premier tome qui démarre par la mort d’une jeune femme écrasée littéralement sous le poids de son amour des livres. Une ouverture atypique et plutôt marquante qui m’a fait sourire puisque quelques jours avant la lecture de ce manga, j’avais déplacé une grosse pile de livres qui menaçait de me tomber dessus durant la nuit…

Mais pas de panique, si sa vie en tant qu’Urano Motosu prend fin, la jeune femme se réincarne dans le corps d’une fillette de cinq ans à la santé fragile, Maïn. Une seconde chance qui a un petit goût d’enfer pour cette bibliovore qui se retrouve plonger dans un monde où la lecture est réservée à la noblesse et dans lequel le commun des mortels ne sait pas lire ! Cela ne sera pas sans vous rappeler notre propre passé avant l’avènement de l’imprimerie, une période que, vous vous en douterez, je suis bien heureuse de n’avoir jamais connue.

Bien qu’ayant le corps d’une fillette et ses souvenirs, Urano conserve sa personnalité et son amour inaliénable pour les livres, ce qui va la pousser à tout faire pour arriver à assouvir sa passion quitte à devoir elle-même fabriquer son propre livre. On la suit donc, page après page, dans cette mission qui se révèlera bien plus ardue que prévu. En effet, en plus de devoir se faire à sa nouvelle vie et aux limites de son nouveau corps ainsi qu’aux codes de cette société qu’elle découvre petit à petit, notre héroïne va devoir faire preuve d’inventivité pour mettre la main sur les ressources dont elle aura besoin pour se lancer dans son ambitieux projet. C’est qu’avant d’avoir un livre en main, il y a un certain nombre d’étapes à respecter ! Elle pourra heureusement compter sur l’aide de sa sœur, Tuuli.

Si j’ai beaucoup aimé le personnage d’Urano/Maïn qui m’a parfois amusée par son obsession pour les livres qui semble même lui faire occulter son ancienne vie, j’ai eu un petit coup de cœur pour Tuuli qui s’est révélée altruiste, gentille et très patiente devant les demandes inattendues de cette petite sœur devenue bien étrange. Prenant son rôle de grande sœur très au sérieux, elle ne peut qu’attirer la sympathie des lecteurs d’autant que de fil en aiguille, on se rend compte que l’état de santé assez fragile de Maïn ajoute une charge de travail supplémentaire sur les épaules de la jeune fille…

Au-delà de l’aspect amour des livres omniprésent dans le roman, les instants de vie apportent également beaucoup de charme à cette histoire puisque l’on découvre la vie au sein d’une famille assez pauvre, mais unie et aimante. Il est également intéressant de découvrir, aux côtés d’Urano, des conditions de vie et d’hygiène bien éloignées de celles que nous connaissons avec un confort somme toute assez sommaire, ce qui n’empêche pas la famille de Maïn de sembler heureuse. J’ai, en outre, été agréablement surprise par la personnalité du père, un soldat, qui tranche avec les stéréotypes liés à ce genre de personnage.

Le bonheur de savoir lire et la tristesse d’un monde dans lequel la lecture est un privilège nous sautent aux yeux dans ce manga, mais l’autrice évoque également le sujet de l’illettrisme et l’importance de ne pas regarder de haut les personnes qui, pour une raison ou une autre, ne savent pas lire. J’espère que dans la suite de la série, la passion pour la lecture de Maïn fera des émules même si le difficile accès aux livres demeure un problème…

Quant aux illustrations, elles sont à l’image de la couverture, sublimes ! J’ai adoré la rondeur des traits, la très grande expressivité des visages et le travail réalisé sur les yeux de Maïn qui expriment à eux seuls toute une palette d’émotions. Les décors, quant à eux, correspondent à merveille au récit : minimalistes pour les scènes d’intérieur de manière à refléter le niveau de vie de la famille, plus riches et détaillés quand l’on parcourt les rues du village à l’ambiance très médiévale.

En conclusion, La Petite Faiseuse de Livres est un manga que je conseillerais à tous les amoureux des livres curieux de découvrir la nouvelle vie d’une jeune femme se retrouvant coincée dans la peau d’une fillette et dans un monde où il lui est bien difficile de s’adonner à son unique et seule passion, la lecture. Tendre, teinté d’humour et magnifiquement illustré, voici un premier tome qui devrait vous donner envie de vous jeter sur la suite afin de suivre Urano, devenue Maïn, dans son ambitieux projet…

Félines, Stéphane Servant #PLIB2020

Félines | rouergue

Personne ne sait exactement comment ça a commencé. Ni où ni quand d’ailleurs. Louise pas plus que les autres. Ce qui est sûr, c’est quand les premiers cas sont apparus, personne n’était prêt et ça a été la panique. Des adolescentes qui changeaient d’un coup. Des filles dont la peau se recouvrait de… dont les sens étaient plus… et les capacités… Inimaginable… Cela n’a pas plu à tout le monde. Oh non ! C’est alors qu’elles ont dû se révolter, être des Félines fières et ne rien lâcher ! Après Sirius (prix Sorcières 2018), Stéphane Servant revient avec un roman coup de poing.

Éditions du Rouergue (21 août 2019) – 464 pages – Broché (15,80€) – Ebook (10,99€)
#ISBN9782812618291 #PLIB2020

AVIS

Vu les avis assez contradictoires, Félines me faisait un peu peur. Mais fort heureusement, dès les premières pages, l’auteur avait gagné une lectrice avide de découvrir son roman prenant la forme d’un témoignage fictif, celui de Louise. J’ai adoré me plonger dans la vie de cette adolescente cabossée par la vie qui, deux ans après un accident lui ayant fait perdre sa mère et sa popularité, doit affronter une nouvelle épreuve : sa mutation. Un phénomène inattendu et inexplicable recouvrant progressivement les jeunes filles de poils et les dotant de meilleurs sens. Dans une société où les poils demeurent tabous, voilà une transformation qui ne passe guère inaperçue, a fortiori quand elle est instrumentalisée par des fondamentalistes qui voient en cette évolution une manière d’abrutir et de contrôler les masses jouant sur cette peur ancestrale et profondément ancrée de la différence.

Les adolescentes ne sont donc plus des jeunes filles, ce ne sont plus les enfants de parents censés les soutenir et les aimer inconditionnellement, ce ne sont plus des sœurs ni des amies ou des petites amies… Non, ce sont des dépôts de Satan qu’il convient de traquer, de parquer, de châtier et d’éduquer comme les animaux qu’elles sont devenues. Voici la position défendue par les extrémistes de La ligue de la Lumière qui, pour notre plus grand écœurement, gagne en puissance jusqu’à atteindre les plus hautes sphères du pouvoir. De manière explicite, l’auteur reproduit ce dont notre Histoire a déjà été le témoin. Et ça marche parce qu’il suffit de regarder autour de nous pour se rendre compte que cette même haine de l’Autre et de ce qui est différent de nous est encore fortement ancrée dans le cœur et le corps des hommes.

Les réactions auraient-elles été aussi extrêmes et violentes si le phénomène avait concerné les hommes ? Peu probable parce que les dirigeants, la plupart du temps masculins, auraient veillé à changer les règles pour protéger leur position et leurs acquis. Mais ici, on parle de femmes, cette catégorie de la population qui n’a pas le droit à l’erreur, qui ne doit pas faire de vague et dont le corps est soumis constamment aux jugements et aux diktats de la société. Il se dégage donc de ce roman un message féministe fort auquel j’ai été particulièrement sensible et que je trouve très important, notamment si l’on considère le lectorat visé par cette publication. J’ai également apprécié la solidarité féminine qui se développe entre les Félines, condition sine qua non pour leur assurer une place au sein d’une société qui les rejette.

Ni monstres ni Obscures, les Félines sont juste des jeunes filles qui ont vu leur corps changer et leurs capacités évoluer, mais qui conservent le droit d’exister, d’aimer et de vivre leur vie sans être ostracisées ni violentées. Devant les injustices qu’elles subissent, les Félines vont peu à peu se réunir, se rebeller et s’opposer aux autorités… Certaines se montreront plus féroces que d’autres, mais Louise fera de son mieux pour leur éviter de tomber dans cette violence à laquelle on essaie de les acculer afin de pouvoir les exterminer en toute impunité en raison de leur « dangerosité ». J’ai apprécié la manière dont l’auteur nous montre le cercle vicieux que certains peuvent mettre en place, avec le soutien des médias contents de faire du sensationnalisme et donc de l’audimat, pour justifier l’usage de la force et créer un profond clivage au sein de la population… La société se divise d’ailleurs ici rapidement entre Félines et humains, entre créatures de l’enfer et enfants de Dieu selon La Ligue de la Lumière, une organisation qui utilise le prétexte de la religion pour asservir et tuer.

Fort heureusement, tout le monde ne cède pas à la haine ni à la peur. À cet égard, j’ai adoré la famille de Louise, et en particulier son petit frère qui se révèle des plus attendrissants. Pour ce dernier, peu importe que sa sœur ait gagné une pilosité importante, elle reste la même personne, celle qui joue avec lui, l’emmène à l’école et lui raconte des histoires le soir. Et puis c’est doux les poils, non ? Quant à son père, bien que dépassé par la situation, il fera de son mieux pour aider et soutenir Louise comme tous les parents devraient le faire, ce qui est loin d’être le cas que ce soit dans le roman ou la réalité. Regrettant que les parents soient bien souvent défaillants ou absents dans les romans young adult, cette figure paternelle, bienveillante et aimante, m’a beaucoup touchée.

J’ai également apprécié Tom, un jeune homme stigmatisé, non pas en raison d’un système pileux hyperactif, mais de sa différence, de sa sensibilité, de son amour des livres, de son amour des histoires d’amour, de son amour des hommes, de son embonpoint…Ce personnage, en plus d’être émouvant et de soutenir inconditionnellement Louise, permettra à l’auteur d’aborder la notion d’amour qui peut être protéiforme, de genre, mais aussi l’importance de laisser chacun être soi sans tenter de l’enfermer dans des cases.

J’aurais peut-être aimé que ces thèmes soient un peu plus développés, mais devant la multiplicité des thématiques abordées, je comprends qu’il ait fallu opérer des choix. Car en plus du racisme et de la méfiance envers les Félines qui traduit surtout celle envers les femmes qui osent se démarquer des carcans de la société, le roman interroge la notion de liberté et de désobéissance civile, et évoque des thèmes comme le harcèlement scolaire, le viol et la culpabilisation des victimes, la question des réfugiés qui sont traités de manière abjecte et avec un manque d’humanité flagrant, les mécanismes de la propagande et le rôle des médias, la manière dont un contexte socio-économique difficile peut servir de terreau à la haine…

Les personnages secondaires et les thématiques abordées sont donc intéressants, mais c’est le travail réalisé sur la personnalité de Louise qui m’a le plus agréablement surprise. Cette jeune fille fait montre, dès le début du roman, d’un sacré recul sur sa vie d’avant l’accident l’ayant fait tomber de son piédestal et de sa vie de petite princesse capricieuse et odieuse. On l’entend nous parler de cette adolescente méchante et superficielle qu’elle était tout en découvrant la jeune fille courageuse, forte et battante qu’elle est devenue. Le jugement sans concession de Louise sur sa vie d’avant la rend assez sympathique malgré un certain manque de chaleur dans la manière dont elle nous raconte son histoire. Cela m’a d’ailleurs un peu perturbée en début de lecture puisque j’ai eu l’impression que Louise ne parlait pas de sa vie, mais de celle de quelqu’un d’autre. Mais la pertinence du ton de la narration a fini par s’imposer à moi parce que l’histoire de Louise, ce n’est pas que la sienne, c’est un peu celle d’Alexia, de Fatia, et de toutes ces Félines, anonymes ou non, mortes au combat ou bien décidées à se battre pour revendiquer le droit d’exister !

Tout au long du livre, on apprend d’ailleurs à connaître certaines Félines comme La Rouquine et Fatia qui sont celles qui m’ont le plus marquée. La première en raison de sa personnalité et de son altruisme malgré les circonstances, et la seconde pour sa révolte qu’elle porte haut et fort comme pour faire un pied de nez à tous ces hommes et ces humains qui la rejettent, elle et ses sœurs, pour ce qu’elles sont. Louise et Fatia sont un peu les exacts opposés, mais chacune aura une certaine influence sur l’autre : Fatia donnera l’inspiration et le courage à Louise de se battre et Louise insufflera à Fatia un peu d’espoir quant à l’humanité. Et vu les actes de certains « hommes », de l’espoir, il en faudra !

Quant à la plume d’auteur, agréable et immersive, elle permet de se plonger sans réserve dans l’histoire, de vivre de l’intérieur le combat de Louise et de ses sœurs, de ressentir toute l’injustice de la situation… Le roman se lit donc tout seul, presque en apnée, tellement il est difficile de lever le nez du livre une fois les premières lignes avalées. Il faut dire qu’en plus de thématiques sociétales fortes, le roman bénéficie d’un bon rythme, les événements s’enchaînant rapidement et l’action étant omniprésente. Les instants émouvants de vie, d’amitié et de complicité alternent avec des moments plus durs, ce qui apporte un certain sentiment d’urgence et donne l’impression presque oppressante que tout peut basculer d’un moment à l’autre…

En conclusion, Félines fut une lecture pleine d’intelligence qui, sous couvert d’un phénomène extraordinaire et inexpliqué, permet de soulever des questions importantes autour de thématiques sociétales fortes allant de l’oppression des femmes au racisme en passant par l’extrémisme religieux. Immersive, haletante, et parfois choquante de réalisme, cette lecture ravira les lecteurs en quête d’une aventure rythmée et sous tension dans laquelle l’humanité s’apprête à affronter son plus gros changement. Plus qu’une révolte, la révolution Félines est en marche, et rien ne pourra l’arrêter !

Pumpkin Autumn Challenge 2020

Je vise l’option 2, Un appétit de goule consistant à valider toutes les sous-catégories de chaque menu. Il y a de fortes chances que je n’arrive pas à atteindre cet objectif, mais l’important étant de participer, cela ne me dérange pas.

Voici ma PAL pour le challenge en sachant que je suis toujours susceptible d’en dévier allégrement en fonction de mes réceptions, de mes emprunts ou de mes envies…

AUTOMNE FRISSONNANT

Même pas mortsCouverture Clochette au pays des merveillesCouverture Je suis fille de rage

AUTOMNE DOUCEUR DE VIVRE

Couverture Hocus Pocus and the All-New SequelJe ne suis pas d'iciCouverture SigurdCouverture Fils de sorcières (BD)

AUTOMNE DES ENCHANTERESSES

Couverture Alana et l'enfant vampireCouverture Sombres Charmes : artbookCouverture FélinesCouverture In the after, tome 1

Et vous, participez-vous à ce challenge ?
Avez-vous déjà fait votre PAL ?

Dust Bowl, Fabien Fernandez

Je remercie les éditions Lynks de m’avoir permis de découvrir Dust Bowl de Fabien Fernandez.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une quête haletante dans un décor d’apocalypse.
Une réflexion passionnante actuelle sur les ravages de l’homme sur l’écosystème.
Une plume originale au service de personnages profondément humains.

Oklahoma, avril 1935. Témoin impuissant du meurtre de son père, Kush fuit la demeure familiale en proie aux flammes. En quête de justice et de vérité, le jeune Forgeron découvre l’existence d’un complot qui pourrait bien changer l’histoire du pays. Déterminé à s’opposer aux plans des Alchimistes, l’ordre occulte responsable de sa mort et de celle de nombreux mages Forgerons à travers les siècles, L’adolescent traverse le pays ravagé par le Dust Bowl, tempêtes de poussières dévastatrices nées par la faute des hommes. Au cours de son périple, Kush croise Ruben, un étrange golem, un inquiétant groupe de forains et Alexandria, tireuse de cartes, dont il tombe éperdument amoureux…

Lynks (22 mars 2018) – 263 pages – Broché (15,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Témoin du meurtre de son père par des Alchimistes, Kush doit affronter le déchaînement de la nature après celui des hommes. Le Dust Bowl, une série de tempêtes de poussières, laisse ainsi les hommes bien démunis face aux conséquences de leur avidité… Une cupidité et une avidité que Kush va, tout au long de son périple, rencontrer chez bien des personnes !

Dans sa quête pour venger son père, il pourra heureusement compter sur le soutien de Ruben, un personnage complexe qui m’a fascinée. Je n’en dirai pas plus sur sa nature si ce n’est qu’elle devrait vous rappeler une célèbre créature de la littérature classique. Pour ma part, c’est certainement le protagoniste qui m’a le plus touchée et dont j’ai pris le plus grand plaisir à suivre l’évolution.

Mû par la curiosité et un instinct non vicié par la cruauté humaine, Ruben va observer cette humanité pleine de vices qui, tour à tour, le juge monstrueux, quand il n’est que le résultat bien visible de la folie des hommes, le trahit, l’exploite, tente de le tenir captif… Loin de se laisser détruire par les épreuves, il en ressortira plus fort s’accrochant aux bribes de ses multiples passés pour créer son propre présent aux côtés de Kush qui l’accepte dans toute sa différence. Page presque vierge de pensées construites, de sentiments, d’émotions et de souvenirs en début de roman, Ruben va ainsi progressivement gagner en consistance et s’humaniser devenant d’ailleurs bien plus humain que beaucoup de personnes qui n’en portent que le nom.

Cet être que l’on apprend à découvrir et à aimer s’imposera naturellement comme le protecteur de Kush qui, malgré ses capacités surnaturelles et son affinité avec le feu, est pris dans le tumulte d’émotions contradictoires. Il faut dire qu’après lui avoir arraché dès la naissance sa mère, la vie lui a pris sa douce nourrice pour laquelle il ressent encore un profond attachement avant de s’attaquer à son père. Le point commun entre ces deux tragiques et brutaux décès, la peur et le refus de la différence qu’elle concerne une couleur de peau ou des croyances. Une dénonciation tout en subtilité du racisme et de l’intolérance…

D’ailleurs, bien que le roman soit avant tout une fiction fermement ancrée dans les États-Unis des années 30, on ressent que l’auteur va plus loin en proposant des réflexions non dénuées d’intérêt sur la tolérance, la vengeance, l’asservissement par ou pour le travail, la liberté et le prix que l’on est prêt à payer pour l’obtenir, la notion d’humanité, l’acceptation de soi, l’avidité et la cupidité humaine, la production à outrance et l’exploitation de la nature, la nécessaire prise de conscience écologique, les dérives de la science et de la technologie utilisées à mauvais escient par les mauvaises personnes…

Des thèmes plutôt forts et sérieux qui sont abordés sans lourdeur, l’auteur ayant réussi  à les ancrer avec brio dans son récit, un récit prenant des allures de road-trip infernal et de course contre la montre. Ce qui s’annonçait comme une simple vendetta personnelle va ainsi se transformer en une quête de vérité et une mission pour sauver les États-Unis d’eux-mêmes ou plutôt des Alchimistes aux pratiques et aux idéaux douteux et d’un homme capable du pire pour assouvir sa soif d’argent !

Alors que se dessine l’ombre d’un effroyable complot, Kush et Ruben feront des rencontres, plus ou moins sympathiques, et s’ouvriront à des sentiments inconnus notamment durant leur séjour au sein d’une troupe de forains… L’amour s’invitera ainsi dans la vie de Kush sans que cela ne le fasse dévier de son destin, bien au contraire ! Au gré des péripéties, le jeune homme va apprendre à se reconnecter à lui-même et à développer ses capacités extraordinaires de Forgeron que l’on découvre à ses côtés. J’aurais apprécié que l’auteur nous parle un peu plus des Forgerons et de tout le potentiel de ces individus commandant aux éléments, mais il donne néanmoins assez de détails pour nous préfigurer l’immensité de leur pouvoir, et la convoitise/haine que celui-ci peut engendrer…

L’auteur nous propose ici une intrigue menée tambour battant qui ne laisse aucune place à l’ennui. Tout va très vite, les actions s’enchaînant avec une rapidité déconcertante mais aucunement frustrante. Cela s’explique peut-être par le talent de narrateur de Fabien Fernandez qui, en quelques mots parfaitement choisis et grâce à de courtes mais percutantes descriptions, arrive à planter son décor, à nous faire ressentir l’aridité des paysages, la tension, le mystère, la puissance des forces en jeu, les doutes et les espoirs des personnages qui se révèlent touchants d’humanité… L’immersion dans le roman est donc totale d’autant que tout est mis en place pour lui donner des élans de vérité : des citations et des extraits de différents documents introduisent chaque chapitre, des événements et personnages ayant réellement existé font leur apparition, quelques mots d’argot américain des années 30 sont disséminés par-ci par-là… Un effort de réalisme et un sens du détail qui, en plus de conférer une touche appréciable d’authenticité au récit, rendent les différentes problématiques soulevées encore plus intéressantes et pertinentes.

En conclusion, porté par des personnages attachants et d’une profonde humanité qui tirent leur force de leurs différences, Dust Bowl est un roman immersif qui vous plonge instantanément et avec réalisme dans les méandres d’une Amérique des années 30 en proie aux éléments et à la convoitise humaine. Entre magie, complot, technologie, science, action et mystère, difficile ne de pas se laisser embarquer par ce prenant et dangereux voyage !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Lynks.

Dans les pas de Valeria, Elisabet Benavent

Dans les pas de Valeria

Je remercie les éditions l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir Dans les pas de Valeria d’Elisabet Benavent.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans les pas de Valeria par [Benavent, Elisabet]

Quand Bridget Jones s’invite dans Sex and the City

Valeria aime les belles histoires d’amour.
*
Valeria est romancière.
*
Valeria a trois amies  :
Lola, Carmen et Nerea
*
Valeria et ses amies partagent tout.
*
Valeria est mariée à Adrian,
Mais elle rencontre Victor…
*
Valeria aime la sincérité.
*
Valeria est unique.
*
Comme toi  !
Complices et inséparables, Valeria et ses amies se racontent tout. Vraiment tout. Surtout leurs histoires de cœur…
Valeria commence à s’ennuyer dans les bras d’Adrian.
Lola s’éclate avec ses amants, qu’elle collectionne.
Carmen et son collègue de bureau se tournent autour.
Nerea, elle, vient enfin de rencontrer quelqu’un !
 
l’Archipel (18 septembre 2019) – 432 pages – Broché (17€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Martine Desoille


AVIS

Dans les pas de Valeria est dans la lignée des romans chick-lit avec cette impression de découvrir, au fil des pages, des personnages qui pourraient être, dans la vraie vie, des amis. Rien d’étonnant à cela si l’on considère la grande place que prend l’amitié dans le récit.

Nous découvrons ainsi quatre filles dans le vent qui, bien que très différentes, partagent une grande complicité faite à base de confidences, de soirées à parler de leurs expériences personnelles, sexuelles et professionnelles, de verres descendus plus vite que leur ombre, de textos et d’appels qui soulagent, de visites surprises pour épancher les cœurs, voire les consciences…

En bref, c’est l’histoire d’une amitié qui dure et qui perdure, et qui donne l’envie pressante de prendre son téléphone et de s’organiser une petite soirée entre filles même si, personnellement, ma vie serait nettement moins intéressante que la leur à partager. Entre un boss exécrable qui vous mène la vie dure et qui trouve, le saligaud, le moyen de faire une entrée fracassante et inattendue dans votre vie privée alors qu’un collègue que vous croqueriez bien semble quelque peu difficile à cerner, une relation naissante malgré votre surnom de glaçon, un amour épanouissant sur l’oreiller, mais qui vous laisse un grand vide au fond du cœur… la vie n’est pas de tout repos.

Et ce n’est pas Valeria, dont on suit tout au long du roman le point de vue, qui vous dira le contraire. Après avoir lâché un boulot peu épanouissant, mais sécurisant, suite au succès de son premier roman, la voilà en manque d’inspiration pour ce deuxième ouvrage que son mari semble attendre avec impatience. C’est qu’Adrian, prompt à la pousser à vivre de sa créativité, l’est beaucoup moins quand il s’agit de l’encourager à persister malgré les doutes et les baisses de moral. Mais est-ce vraiment étonnant si l’on considère que de mari, il s’est progressivement mué en colocataire que Valeria voit en coup de vent ?

Adrian lui manque tout comme leur vie sexuelle qui, pour son plus grand désarroi, est aux abonnés absents… Après dix ans de relation, la petite étincelle n’est plus, et la situation devient insupportable pour la jeune femme qui aimerait que son mari lui parle de nouveau, et surtout la regarde. Petit à petit, on sent donc les tensions et les doutes grandir d’autant qu’un individu charmeur et charmant fait son entrée dans la vie de Valeria alors que la présence d’une jeune et jolie jeune femme aux côtés de son mari se fait dangereuse… Le couple arrivera-t-il à surmonter cette mauvaise passe pour aller de l’avant ou est-il temps pour lui d’aller voguer vers d’autres horizons ?

Pour le découvrir, je vous invite à lire le livre vous-mêmes, mais je peux néanmoins vous dire que l’autrice a fait preuve d’une certaine audace… Que l’on approuve ou non les attitudes de chacun, elles ont le mérite de sonner vrai nous montrant que la vraie vie, c’est aussi des coups durs même dans un mariage apparemment équilibré. Le poids des années se fait sentir dans n’importe quel couple, a fortiori quand la communication est rompue…

Si certains passages m’ont perturbée, parce qu’ils vont à l’encontre de mes convictions personnelles, j’ai apprécié que l’on ne nous serve pas une comédie à l’eau de rose, mais plutôt un roman porté par des héroïnes imparfaites pour lesquelles on développe un véritable attachement. On ne les comprend pas toujours, on n’approuve pas toujours leurs choix, mais comme avec des amies, on a envie d’être là pour elles, et de les épauler sans les juger.

On prend donc beaucoup de plaisir à suivre leurs aventures et mésaventures, leurs doutes, leurs espoirs, leurs échanges toujours très vifs et entraînants… De page en page, on se laisse entraîner par la vie de Valeria et de ses amies, et on se retrouve à lire la dernière ligne sans avoir vu le temps passer. Il faut dire que l’autrice a su créer une véritable proximité entre ses personnages et ses lecteurs. Cela passe autant par leur personnalité qu’une narration simple, légère et dynamique entrecoupée de nombreux dialogues pleins de peps, d’humour et de mordant.

Repéré par Netflix, Dans les pas de Valeria fera incontestablement une bonne série à la Sex and the City, car presque trentenaires, ces femmes assument sans fausse pruderie leurs envies et désirs sexuels, ce qui se traduit par quelques scènes de sexe qui stimulent autant l’esprit que le corps. De manière générale, ce ne sont pas mes passages préférés, mais ici, je les ai lus, car ils apportent un certain éclairage sur les personnages, et ne tombent jamais dans la vulgarité. Ils ont également le grand mérite de ne pas dépeindre des relations toxiques, mais seulement le désir d’adultes consentants. Et ça, ça fait drôlement du bien !

En conclusion, Dans les pas de Valeria questionne la notion de couple et de sa pérennité dans le temps, mais c’est surtout un cocktail explosif composé de beaucoup d’amitié, d’une bonne dose d’amour, de désir, de tension sexuelle et de fantasme… Léger, drôle et terriblement addictif, voici un roman que je vous invite à découvrir pour décompresser d’une dure journée de travail, passer un bon moment sans prise de tête, ou tout simplement vous détendre auprès de femmes attachantes dont on partage, le temps d’un roman, la vie sans aucun tabou.

À noter que les tomes 2, 3 et 4 seront publiés courant octobre et novembre, ce qui limitera le temps d’attente pour les plus impatients !

En attendant, découvrez un extrait du deuxième tome publié en fin d’ouvrage et retrouvez la saga sur Instagram.

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Outsphere, Guy-Roger Duvert

Je remercie Guy-Roger Duvert pour m’avoir permis de découvrir son roman, Outsphere. Un premier tome riche en péripéties !

PRÉSENTATION AUTEUR

Après avoir quitté une Terre mourante du fait des erreurs de nos sociétés, l’Arche, premier vaisseau à coloniser une exoplanète, arrive au bout d’un long voyage de 80 ans. Les colons sortent de leurs caissons cryogéniques et découvrent ce qui doit devenir un nouveau commencement pour l’humanité. Une nouvelle planète, un monde principalement végétal baptisé Eden. Les surprises se cumulent vite : la surface abrite une espèce primitive mais intelligente, des ruines prouvent l’existence de civilisations passées avancées, le système climatique obéit à des règles très particulières. Mais malgré tout cela, la colonisation commence de manière somme toute très classique, avec les traditionnelles oppositions entre militaires, scientifiques, civils.

Mais tout change avec l’arrivée d’un nouveau joueur : un second vaisseau spatial arrive, quelques mois seulement après l’Arche. A son bord, des Terriens partis 60 ans plus tard, bénéficiant d’une technologie plus avancée, et eux même fortement modifiés génétiquement. Capables de se synchroniser et de communiquer télépathiquement entre eux, ils sont devenus une espèce fondamentalement collectiviste, que tout oppose aux traditionnels Terriens individualistes de l’Arche. Les deux peuples essaient dans un premier temps de cohabiter et d’apprendre les uns des autres, mais les obstacles rencontrés, le passé de la planète qui s’avère beaucoup plus riche et mystérieux que prévu, vont rapidement augmenter les tensions. Eden représente-t-il un nouvel espoir, ou au contraire la fin d’une civilisation? « Outsphere » est une saga de science-fiction, qui tout en développant un univers particulièrement fouillé, s’amuse à explorer des questions philosophiques liées d’un côté au transhumanisme, de l’autre aux oppositions entre pensées collectivistes et individualistes.

Auto-édité (2 mai 2019) – 312 pages – Broché (19,99€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Dès les premières pages, j’ai été séduite par la jolie plume de l’auteur d’autant que l’univers qu’il déploie sous nos yeux se révèle des plus immersifs.

Nous voilà donc transportés à bord de l’Arche, un vaisseau envoyé depuis la terre, il y a maintenant 80 ans, afin de coloniser une exoplanète, Eden. Loin de satisfaire une quelconque envie de conquête spatiale, ce vaisseau représente le dernier espoir des êtres humains menacés d’extinction par les guerres, les problèmes économiques, sociétaux et environnementaux… Après être sortis de leur caisson cryogénique, les colons travaillent donc à la construction d’une nouvelle société, ce qui ne se fera pas sans heurt, des tensions entre militaires et civils ne manquant pas de semer le trouble au sein de la colonie.

Les colons se divisent donc très vite, certains préférant s’installer sur la nouvelle planète en-dehors des infrastructures mises en place par l’armée afin de gagner en liberté. Une décision plutôt hasardeuse si l’on considère les habitants originels de la planète qui ne semblent pas des plus accueillants, la faune et la flore locales dangereuses, et les éventuels dangers environnementaux et bactériologiques qu’il reste à appréhender… La liberté a un prix comme le découvriront nos exilés.

Et comme si ces tensions internes ne suffisaient pas, l’armée doit également gérer l’arrivée inattendue d’autres colons Terriens, les Atlantes, ayant été génétiquement modifiés et bénéficiant d’avancées technologiques bien plus importantes. En plus de leurs capacités extrasensorielles et d’une plastique parfaite, ces nouveaux arrivants se distinguent des « Anciens » par une conception très particulière de la vie en société, l’individu s’effaçant entièrement au profit de la collectivité. Ils n’ont d’ailleurs pas de nom, seulement des matricules…

J’ai été complètement happée par le côté roman d’aventure puisque qui dit colonisation dit exploration, et à ce niveau, l’auteur nous a gâtés. On suit ainsi avec beaucoup de plaisir, et avec une pointe d’appréhension, les sorties sur Eden des scientifiques et des militaires qui font de leur mieux pour explorer et s’approprier ce nouvel environnement. Plein de promesses, celui-ci se révélera également plein de dangers à l’instar de ces charmantes bestioles qui semblent développer un certain intérêt pour nos colons. Les Edeniens apportent également une tension certaine au récit, leur agressivité à l’égard des Terriens compliquant nettement leur installation. D’apparence assez primitive, cette espèce pourrait réserver quelques surprises et se montrer bien plus dangereuse que prévu.

À moins que la véritable menace ne provienne de ces autres espèces, maintenant disparues, ayant précédé les colons ou des tensions sous-jacentes entre les Anciens et les Atlantes. En effet, certains colons ne voient pas d’un très bon œil ces humains modifiés et interchangeables si différents d’eux qui s’expriment d’une seule voix. Il faut dire que si l’idée d’une société pacifiée dans laquelle chaque décision serait le résultat d’un consensus n’est pas dénuée d’intérêt, on se rend très vite compte des dangers de cette pensée unique qui déshumanise les individus et annihile tout ce qui fait la complexité de l’âme humaine.

L’auteur aborde donc avec une certaine subtilité cette dichotomie entre une société humaine traditionnelle et individualiste, et une société collectiviste et uniformisée. La première peut être minée par les conflits, mais est riche de sa diversité quand la seconde assure la paix, mais est vide de toute émotion. Mais n’existe-t-il pas une autre voie, une voie intermédiaire qui permettrait de trouver un équilibre entre ces deux visions en apparence inconciliables ?

Quant aux personnages, on notera une réelle diversité ethnique, culturelle, sociale et comportementale, ce qui rend leurs échanges intéressants et parfois mouvementés. Certains protagonistes m’ont plus touchée que d’autres, mais grâce à l’alternance de points de vue, je me suis sentie concernée par le sort de chacun. J’ai, en outre, apprécié leur construction et la manière dont l’auteur les fait évoluer au gré des épreuves qu’ils ne manqueront pas d’affronter, la colonisation d’Eden n’étant pas vraiment une sinécure…

À cet égard, j’ai plus particulièrement apprécié le colonel Bowman qui va faire montre d’une grande capacité de résilience, et apprendre à faire des choix difficiles qui vont à l’encontre de ses envies et de ses sentiments. Et les choix cornéliens, c’est un peu la spécialité de son supérieur pour lequel je n’ai pas ressenti une grande empathie, mais dont je reconnais la difficulté de la tâche : assurer la survie du plus grand nombre envers et contre tous, le tous englobant aussi bien les colons eux-mêmes que les Atlantes et les autochtones !

En conclusion, en nous immergeant avec force et réalisme dans la colonisation d’une planète avec sa cohorte de dangers, Outsphere nous offre une plongée fascinante et mouvementée dans une lutte sans merci pour la survie. Sous couvert d’une aventure menée tambour battant et riche en péripéties, l’auteur soulève également des questions à la portée philosophique qui interrogent aussi bien la construction de nos sociétés autour de valeurs fortes que des notions telles que le rejet de la différence et la peur de l’autre, la sécurité et le degré de liberté que l’on est prêt à lui sacrifier…

Entre Lost et Les 100, voici un premier tome que je vous recommande pour une lecture palpitante et sous tension !

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. » Benjamin Franklin

Lire un extrait/découvrez le roman sur Amazon.

Pumpkin Autumn Challenge 2019 : ma PAL prévisionnelle

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Guimause organise une nouvelle session du Pumpkin Autumn Challenge qui commencera le 1er septembre pour se terminer le 30 novembre. Pour tous les détails, je vous invite à consulter sa vidéo qui, en plus d’être bien réalisée, est très complète.

Présentation 2019

Je vise pour ma part l’option 2 – ça s’appelle avoir les crocs – qui consiste à valider deux sous-catégories par menu. Voici une liste de romans dans laquelle je compte piocher tout au long du challenge :

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Couverture L'ombre de la MenaceCouverture Shadow house : La maison des ombres, tome 1 : La rencontreCouverture Dans les bois

Couverture Les pirates de l'Escroc-Griffe, intégraleCouverture Albertine, tome 1 : Un coeur de pirateCouverture Les gardiens de l'océan

Couverture Caraval, tome 1

PumpkinAUtumnChallenge

Couverture Carmilla (Mazzanti)Couverture La sirène et le scaphandrierCouverture Si proche de lui

Couverture Les héritiers d'Higashi, tome 1 : Okami-HimeCouverture Les noces de la renardeCouverture Animal Jack, tome 1 : Le coeur de la forêt

Couverture Un shiba en plus !Brave the Tempest (Cassie Palmer Book 9) (English Edition) par [Chance, Karen]

Couverture Sorcières

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Couverture La malédiction de la zone de confortCouverture Dans les pas de Valeria
Couverture Chère mamie
Couverture Mémoire en miCouverture Vampire malgré lui

menus-2019 - Copie - Copie - Copie

Couverture Colonisation, tome 1 : Les naufragés de l'espace

Couverture In the after, tome 1Couverture Rêves d'UticaCouverture Outsphere, tome 1

Couverture Aurora Cycle, book 1: Aurora RisingCouverture Le trône des étoiles, tome 1 : Fugitifs

Et vous, participez-vous au challenge ?
Avez-vous déjà réfléchi à votre PAL ?