Premières lignes #82 : Sans mon ombre, Edmonde Permingeat

Premi!èr-1

Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai décidé de vous parler d’un roman qui m’intrigue depuis sa sortie et que j’espère bientôt lire : Sans mon ombre d’Edmonde Permingeat.

Alice a tué Célia, sa jumelle.
Son reflet, un alter ego inversé dont elle enviait la vie de rêve. Alors que, célibataire, elle doit gagner sa vie en enseignant la philosophie, sa jumelle, épouse et mère comblée, mène l’existence oisive des riches, dans le luxe et un magnifique cadre de vie au bord de la mer. Mais la mort de Célia va permettre à Alice de prendre sa place.
Du moins le croit-elle. Car au « pays des merveilles », ce n’est pas le bonheur mais le désenchantement qui l’attend.
La vie d’Alice de l’autre côté du miroir va tourner au cauchemar… jusqu’à lui faire réaliser, mais un peu tard, que le beau miroir était celui des alouettes…


PREMIÈRES LIGNES

— Espèce de salope ! Déjà dans le ventre de maman, tu prenais toute la place !
La gifle claqua dans l’air avec un bruit sec. Incrédule, Célia porta la main à sa joue, considérant sa sœur qui la fixait, le visage empourpré, déformé par la haine. Mue par la rage, Alice leva le bras. Une deuxième gifle partit, puis une troisième… Les claques s’abattaient, retentissantes. Célia recula, haletante, la bouche ouverte, les bras tendus, tentant de parer les coups, mais Alice frappait, frappait… Animée par la furie de détruire, d’anéantir l’autre. De briser son miroir vivant.
Célia perdit l’équilibre et tomba en arrière. Dans sa chute, sa tête heurta une pierre acérée. Arrêté dans son élan, le bras d’Alice retomba. Sa colère avait disparu. Elle se pencha vers sa jumelle qui gisait sur le sol, immobile, les yeux ouverts, la marque rouge des mains imprimée sur son visage tuméfié.

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Vous tente-t-il ?

Premières lignes #81 : Arrowood, Mick Finlay

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Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Après plus d’un mois sans avoir partagé de premières lignes, j’ai eu envie de vous présenter celles de l’une de mes prochaines lectures : Arrowood de Mick Finlay

« 1895 : Londres a peur. Un tueur terrorise la ville. La police, débordée, arrive à un point de rupture. Tandis que les bourgeois désemparés se tournent vers Sherlock Holmes, dans les quartiers surpeuplés du sud de Londres, les gens s’en remettent à un homme qui méprise Holmes, sa clientèle fortunée et ses méthodes de travail voyeuristes. Cet homme, c’est Arrowood – psychologue autodidacte, ivrogne occasionnel, et détective privé. Quand un homme disparaît mystérieusement, Arrowood et son comparse Barnett se lancent dans une mission de taille : capturer Mr Cream, le malfrat le plus redouté de la ville. »

PREMIÈRES LIGNES

Sud de Londres, 1895

Ce matin-là, je notai dès mon arrivée que le patron était d’humeur orageuse. Son visage était livide, ses yeux gonflés, et ses cheveux, ou ce qu’il en restait sur son crâne couturé de cicatrices, se hérissaient au-dessus d’une oreille alors qu’ils étaient plaqués par le gras sur l’autre. Ce n’était pas beau à voir, croyez-moi. Je me suis attardé sur le seuil au cas où l’envie lui prendrait encore de me lancer la bouilloire à la figure. Même à cette distance, je pouvais sentir les relents du gin de la veille dans son haleine fétide.
— Ce satané Sherlock Holmes ! cria-t-il en tapant du poing sur la console. On ne peut faire un pas dans cette ville sans entendre parler de lui.
— Je vois, monsieur, dis-je de mon ton le plus complaisant. Je surveillais ses mains qui s’agitaient dans tous les sens, ayant appris à mes dépens qu’une tasse, un crayon, un bout de charbon pouvaient à tout moment et sans crier gare devenir un projectile dont je serais la cible.
— Si l’on nous confiait ses affaires, nous vivrions aussi à Belgravia, Barnett, s’insurgea-t-il, le visage cramoisi. Nous aurions une suite permanente au Savoy !
Il s’effondra dans le fauteuil comme si toutes ses forces l’avaient abandonné d’un coup. Sur la table, je découvris ce qui avait provoqué sa colère : l’illustré The Strand, ouvert sur la dernière aventure du Dr Watson. Craignant qu’il ne suive mon regard, je portai mon attention sur le feu.

Découvrez un extrait du roman sur le site de HarperCollins.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?
Le connaissiez-vous ?

Premières lignes #80 : À ce point de folie, Franzobel

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Pour cette édition, j’ai eu envie de vous présenter les premières lignes d’un livre qu’on m’avait recommandé, mais dont le caractère cru et dur me fait peur : À ce point de folie, Franzobel.

« Le 17 juin 1816, La Méduse quitte Rochefort à destination de Saint-Louis, au Sénégal. À son bord, quelque 400 passagers et un équipage nombreux. Au commandement, un capitaine dont l’incompétence avérée est à l’origine du naufrage de la frégate après quelques jours de mer. Comme les chaloupes sont en trop petit nombre, 147 voyageurs sont abandonnés sur un radeau. Seuls quinze d’entre eux en réchapperont au terme de treize journées d’enfer, jalonnées de meurtres, de corps dépecés et d’ultimes stratégies de survie. L’un des rescapés, le médecin de bord Jean-Baptiste Henri Savigny, fera le récit de ce périple tragique, que le monde entier voudra connaître jusque dans ses détails les plus atroces… Mais qu’aurions-nous fait à leur place ? Dans ce roman historique et anthropologique mené tambour battant, Franzobel entraîne le lecteur aux frontières du supportable : son style précis, poétique, cru sert la tension dramatique et fraie sans cesse avec l’ignoble pour nous plonger au cœur du carnage. Magnétique et inquiétant, dérangeant et fascinant, l’ouvrage brise bien des tabous aux confins d’appétits inavouables… »

PREMIÈRES LIGNES

Une matinée grasse

Trois fois neuf font un jeudi, et le 18 juillet de l’an 1816 était un jeudi magnifique. Pas un nuage ne troublait le ciel d’azur, le soleil était aveuglant, et même l’air d’ordinaire brumeux avait la limpidité du cristal. À environ trente nautiques de la côte d’Afrique occidentale, le brick L’Argus fendait les flots lisses de l’océan. Marsouins et dauphins bondissaient sur ses flancs, des mouettes tournoyaient dans son sillage, décrivant des arcs de cercle, montant et descendant, frôlant l’eau de la pointe de leurs ailes. À bord, les mouvements s’engrenaient avec autant d’harmonie que les pièces d’un rouage complexe. On ne ressentait pas le moindre effort.

Puis un grain de sable se glissa dans le mécanisme. Il était onze heures du matin, L’Argus voguait quelques nautiques au-dessus de Nouakchott, aujourd’hui capitale de la Mauritanie, à peu près à hauteur de Portendick, lorsque le matelot de vigie signala un objet deux degrés sur tribord. Personne ne soupçonna quoi que ce soit. Surtout pas nous. Mais nous le saurons bien assez tôt.

Et vous, connaissez-vous ce livre ?
Vous tente-t-il ?

Premières lignes #79 : La nostalgie du sang, Dario Correnti

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Après une interruption de quelques semaines, voici un nouvel article Premières lignes autour du prochain thriller que je compte lire : La nostalgie du sang de Dario Correnti.

« Une série de crimes sauvages bouleverse Bottanuco, une petite ville du nord de l’Italie. Des cadavres de femmes mutilées, des signes de cannibalisme, des aiguilles disposées comme dans un rituel magique… Alors que la police se perd en fausses pistes et que l’insaisissable meurtrier continue de frapper, deux journalistes s’emparent de l’affaire : Marco Besana, un grand reporter menacé de retraite anticipée, et Ilaria Piatti, une stagiaire méprisée de la rédaction mais incroyablement douée pour traquer les coupables.
C’est Ilaria qui réalise qu’il pourrait s’agir d’un imitateur de Vincenzo Verzeni, le tout premier tueur en série italien de la fin du XIXe siècle. Mais qu’est-ce qui peut bien relier les victimes à ce tueur mort il y a plus d’un siècle ?
Best-seller en Italie, cette enquête à couper le souffle est portée par un duo de journalistes sensationnel et déjà légendaire. »

PREMIÈRES LIGNES

9 décembre

« Je veux au moins cinq mille signes », martèle Besana tout en actionnant les essuie-glaces.
Il remarque que ce n’est pas de la pluie qui tombe sur son pare-brise, car une couche blanche s’est déjà formée sur les bords. Manquait plus que la neige. Il met son clignotant et serre à droite. Son article, il l’écrira sur une aire d’autoroute. Il ne peut pas risquer de rester bloqué sur la rocade de Milan ce soir.
« Fais-moi confiance, putain », ajoute-t-il, toujours au téléphone.
Sans trop savoir si ce « putain » s’adresse au camion qui vient de lui couper la route ou à ce rédacteur en chef qui fait toujours des histoires, comme si c’était lui qui payait le papier.
Puis ça coupe. Plus de batterie. Il a encore oublié son chargeur de voiture.
Il se gare, bondit de son siège, claque la portière. Un peu voûté, il se précipite vers l’entrée du bar, se protégeant la tête sous son sac à dos.
« Sale temps, hein ? » lui lance une fille assise derrière la caisse.

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Que pensez-vous de ces premières lignes ?

Premières lignes #78 : Ne t’enfuis plus, Harlan Coben.

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Pour cette édition, j’ai eu envie de vous présenter les premières lignes d’un thriller que j’ai hâte de lire et dont j’aime beaucoup l’auteur :

Couverture Ne t'enfuis plus

« Votre fille a fugué avec un garçon peu fréquentable.
Vous ne l’avez pas vu depuis six mois. Et là, vous la retrouvez dans Central Park jouant de la guitare. Mais ce n’est plus la jeune fille pétillante que vous avez élevée.
Vous l’approchez et lui demandez de rentrer à la maison.
Elle se met à courir. Vous la suivez.
Quel autre choix avez-vous ?
Bienvenue dans l’enfer de Simon … »

PREMIÈRES LIGNES

Assis sur un banc de Central Park – à Strawberry Fields, plus précisément, Simon sentit son coeur exploser. Personne n’aurait pu prévoir ce qui allait arriver, au début tout au moins, pas avant que les coups se mettent à pleuvoir et que deux touristes finlandaises – il fallait que ça tombe sur elles – ne se mettent à hurler tandis que neuf autres touristes venus des quatre coins du monde filmaient l’abominable scène avec leurs smartphones.
Mais on n’en était pas encore là.

Et vous, appréciez-vous l’auteur ?
Ce roman vous tente-t-il ?

Premières lignes #77 : De bonnes raisons de mourir, Morgan Audic

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Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, je voulais vous présenter les premières lignes d’un roman que j’ai dévoré et dont je vous reparle bientôt : De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic.

De bonnes raisons de mourir

« Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment. Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante. Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée. Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques. »

PREMIÈRES LIGNES

_ C’est vraiment le pire endroit où mourir, déclara l’officier Galina Novak.
Au nord, vers la frontière biélorusse, des nuages noirs gonflaient à l’horizon, déversant des averses froides sur les forêts de Polésie. Novak sortit un paquet de cigarettes de sa poche et la tapota nerveusement sur un genou.
_ Vous pensez que c’est un meurtre ?
Surpris par la question, le capitaine Joseph Melnyk décrocha un instant son regard de la route et le tourna vers sa passagère. Cheveux blonds soigneusement domestiqués en une queue de cheval stricte, visage juvénile, uniforme flambant neuf au look vaguement américain… une fois de plus, il songea que la jeune femme, tout juste sortie de l’académie de police, ne semblait pas à sa place dans l’habitacle miteux de sa vieille Lada de service.
_ Vous pensez que quelqu’un a tué ce type ? insista-t-elle.
Melnyk haussa les épaules.
_ Inutile de s’en faire toute une histoire. Je te parie qu’il s’agit d’un touriste qui a fait une crise cardiaque, ou d’un vieil ivrogne qui est tombé d’un balcon. Ça sera réglé en moins de deux heures. Pas la peine d’imaginer le pire.

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Vous tente-t-il ?

Découvrez les premières lignes des autres participants :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages
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Selene raconte
Pousse de gingko
La Pomme qui rougit
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La Booktillaise
The Cup of Books
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Songes d’une Walkyrie
Shury lecture
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Figures de style
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Premières lignes #76 : Poldark 1, Les falaises de Cornouailles – Winston Graham

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Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai eu envie de vous parler d’un roman remporté lors d’un concours : Poldark tome 1 : Les falaises de Cornouailles. Je connais la série télé de nom, mais je ne l’ai jamais regardée, ce qui ne m’empêche pas d’être très tentée par ce roman.

« 1783. Après avoir mené une vie aventureuse en Amérique, le jeune et fougueux Ross Poldark revient en Angleterre. Mais c’est un homme meurtri qui retrouve ses falaises de Cornouailles.
Son père vient de décéder et le domaine familial est en déshérence. Surtout, Ross apprend qu’Elizabeth, sa fiancée, a rompu sa promesse pour en épouser un autre : Francis, son propre cousin…
Ross n’a d’autre choix que de s’inventer une nouvelle vie. Plutôt que de se laisser abattre, il décide de relancer l’activité minière, qui fit autrefois la fortune des siens.
Un jour, sur un marché, il prend la défense de Demelza, une fille sans instruction qu’il engage comme domestique. Une décision qui va changer sa vie… »

TRAILER SAISON 1

PREMIÈRES LIGNES

J’ai sauté volontairement le prologue préférant vous mettre les premières lignes du premier chapitre dont j’apprécie le style.

Le vent soufflait. Le ciel pâle de l’après-midi était par-semé de nuages, la route poussiéreuse était jonchée de feuilles. Cinq personnes occupaient le coche. Un homme mince, style employé de bureau, au visage maigre et au costume lustré, était assis près d’une femme replète qui serrait contre elle un paquet de lainages rose et blanc d’où surgissaient les traits boudeurs et fripés d’un bébé. Les autres voyageurs étaient un ecclésiastique d’un certain âge et un autre homme plus jeune.
Le pasteur était un petit homme sec, sévère dans son costume de clergyman de belle qualité. Son visage allongé, dénué d’humour, aux lèvres minces, était couronné de cheveux tirés en arrière qui bouclaient derrière les oreilles.
À un quart d’heure de Truro, les chevaux ralentirent pour monter au pas la pente raide de la colline, le jeune homme leva le nez de son livre et croisa le regard du pasteur.
— Excusez-moi, monsieur, dit le clergyman d’une voix coupante, votre visage m’est familier, mais je ne parviens pas à me rappeler où nous nous sommes rencontrés. Oxford, peut-être ?

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?
Appréciez-vous la série ?

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Premières lignes #75 : La maison des oubliés, Peter James

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Pour cette édition, je vais vous présenter les premières lignes de ma dernière lecture : La maison des oubliés de Peter James. Un roman que j’ai adoré et dont je vous reparle la semaine prochaine sur le blog.

« Le déménagement dans ce manoir charmant, en haut de la colline, devait être le point de départ pour une nouvelle vie. Après des années passées dans la banlieue de Brighton, Ollie Harcourt ne pouvait rêver mieux qu’une existence paisible à la campagne. Le reste de la famille suit d’un pas hésitant, mais ne rechigne pas pour autant à cette nouvelle aventure.
Cependant, peu après leur installation, des scènes étranges se déroulent dans la maison.
Des ombres apparaissent, les animaux domestiques se comportent de manière bizarre et plusieurs accidents, plus déroutants les uns que les autres, ont lieu.
Bientôt, Ollie n’a plus de doute : leur présence n’est pas vraiment souhaitée. Quelqu’un semble même prêt à tout pour les expulser de là… à n’importe quel prix. »

PREMIÈRES LIGNES

— Quand est-ce qu’on arrive ?
Cigare entre les lèvres, Johnny jeta un coup d’œil dans le rétroviseur. Il adorait ses gosses, mais Felix, qui venait d’avoir 8 ans, était parfois pénible.
— C’est la troisième fois que tu demandes en dix minutes, répondit-il d’une voix forte, pour couvrir Sunny Afternoon, des Kinks, qui passait à la radio à plein volume.
Retirant son cigare de sa bouche, il se mit à fredonner :
— « The tax man’s taken all my dough and left me in my stately home… »
— J’ai besoin de faire pipi, annonça Daisy.
— On est bientôt arrivés ? gémit de nouveau Felix.

Johnny échangea un sourire avec Rowena, qui semblait apprécier le confort du siège passager rouge et blanc de la Cadillac Eldorado. Elle avait l’air tellement heureuse que c’en était presque ridicule. Ce monstrueux engin de 1966 n’était, certes, pas adapté aux étroites routes de campagne, mais il l’adorait parce qu’il était aussi flashy que lui, producteur de rock à succès. Leur nouvelle maison était, elle aussi, too much à bien des égards, mais sa femme l’adorait autant que lui. Elle se voyait déjà, dans quelques années, en Lady Rowena, à organiser des fêtes somptueuses. Cet endroit dégageait quelque chose de très particulier, mais pour le moment, il avait surtout besoin d’être retapé.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

Retrouvez les premières lignes des autres participants :

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Encore un livre

Premières lignes #74 : Le colis, Sebastien Fitzek

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette session, je voulais vous présenter les premières lignes d’un roman qui me tente énormément depuis sa sortie et pour lequel j’ai fini par craquer : Le colis de Sebastien Fitzek.

« Psychiatre, Emma Stein a été victime d’une agression nocturne dont elle s’est miraculeusement sortie. Depuis, elle vit recluse dans sa maison, de peur de croiser à nouveau la route de ce psychopathe que la presse a surnommé le Coiffeur.

Un jour, son facteur lui demande d’accepter un colis pour l’un de ses voisins. Emma connaît tous ceux qui habitent dans sa rue.
Or, jamais elle n’a entendu parler de cet homme… »

PREMIÈRES LIGNES

Lorsque Emma ouvrit la porte de la chambre de ses parents, elle ignorait qu’elle le faisait pour la dernière fois. Plus jamais elle ne viendrait à minuit et demi se blottir contre sa mère, son éléphant en peluche à la main, s’efforçant de ne pas réveiller son père. En plein rêve, il donnait des coups de pied dans le vide, marmonnait des paroles sans queue ni tête ou grinçait des dents.
Aujourd’hui, il ne gigotait pas, ne grommelait pas et ne grinçait pas. Aujourd’hui, il ne faisait que gémir.
— Papa ?
Sur la pointe des pieds, Emma quitta le couloir obscur pour entrer dans la chambre. La lumière de la pleine lune, qui en ces nuits de printemps trônait au-dessus de Berlin comme un soleil de minuit, tombait à travers les stores baissés en un scintillement argenté. À travers ses paupières plissées sur lesquelles sa frange tombait en un rideau châtain, elle scruta les alentours : le coffre en rotin au pied du large lit, les tables de chevet en verre dont il était flanqué, l’armoire aux portes coulissantes où il lui arrivait de se cacher, avant.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

Premières lignes #73 : Les gratitudes, Delphine de Vigan

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette session, je vais vous parler d’une lecture coup de cœur qui s’est imposée à moi alors que j’ai une PAL qui déborde : Les gratitudes. Ce texte de Delphine de Vigan a tellement résonné en moi que je ne suis pas certaine de pouvoir le chroniquer… Mais j’avais très envie de vous en parler et de vous en présenter les premières lignes.

Les gratitudes

«  Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences.  Et la peur de mourir.   Cela fait partie de mon métier. Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas.  »   Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent  : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé  de la suivre.

PREMIÈRES LIGNES

Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois par jour vous disiez merci ? Merci pour le sel, pour la porte, pour le renseignement.
Merci pour la monnaie, pour la baguette, pour le paquet de cigarettes.
Des merci de politesse, de convenance sociale, automatiques, mécaniques. Presque vides.
Parfois omis.
Parfois exagérément soulignés : Merci à toi. Merci pour tout. Merci infiniment.
Grand merci.

Des merci de profession : Merci pour votre réponse, votre attention, votre collaboration.
Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L’expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.
À qui ?
Au professeur qui vous a guidé vers les livres ? Au jeune homme qui est intervenu le jour où vous avez été agressé dans la rue ? Au médecin qui vous a sauvé la vie ?À la vie elle-même ?

Et vous, cet extrait vous donne-t-il envie de découvrir le roman ?