VilleVermine – Tome 1/2 : L’homme aux babioles, Julien Lambert

Couverture VilleVermine, tome 1 : L'homme aux babioles

J’ai eu la chance de lire le tome 1 de VilleVermine dans le cadre des explorateurs de la BD. Merci à Lecteurs.com et aux Éditions Sarbacane pour leur confiance.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

VilleVermine, ville poisseuse, crasseuse… Ville de petites magouilles, de petits bizness, dans laquelle truands et paumés répètent indéfiniment la même scène. Jacques Peuplier, grand privé balèze et mutique, mène une enquête chaotique sur la disparition de la fille de la reine des bas-fonds, avec pour seuls compagnons les objets, dont il est le seul à pouvoir entendre la voix… et avec lesquels il converse.

SARBACANE (3 octobre 2018) – 88 pages – 88 pages – série en 2 tomes

AVIS

Le travail de colorisation avec des couleurs brutes de décoffrage, tirant parfois vers le grisâtre, restitue à merveille l’ambiance sombre et glauque de cette BD qui prend à la gorge et captive dès la première planche. Mais rien d’étonnant quand l’action se déroule dans une ville dont on a depuis longtemps oublié le nom et que l’on a surnommée, à juste titre, VilleVermine. Repaire de marginaux avec ses ruelles malfamées et jonchées de détritus, cette ville est le terrain de jeu de malfrats, mais aussi d’un étrange homme volant qui ressemble à une mouche !

Dès le début de l’histoire, l’auteur introduit un certain suspense avec ce personnage inquiétant dont on n’a pas forcément envie de croiser la route. Mais c’est la découverte du protagoniste, Jacques Peuplier, qui attise véritablement la curiosité. Plutôt balèze et avec une tête du mec à qui il vaut mieux ne pas la raconter, cet homme a une particularité pas banale, même à VilleVermine, il peut parler aux objets. Vous me direz après quelques verres, tout le monde peut parler aux objets, mais contrairement à Jacques, vous aurez quand même peu de chance d’entamer de véritables conversations avec ceux-ci…

Cette faculté est une aubaine pour ce solitaire taciturne qui s’est spécialisé dans la recherche d’objets disparus moyennant rémunération. Ce détective d’un genre nouveau va néanmoins se trouver dans une situation quelque peu délicate qui le contraindra à partir à la recherche, non pas d’un objet, ça il maîtrise, mais d’une jeune femme kidnappée. Le début des ennuis ?

Il pourra heureusement compter sur son flair, mais surtout sur ses « amis » dépourvus de chair et de sang, mais pas d’un certain sens de la répartie et d’une langue bien pendue. Je dois d’ailleurs dire qu’une grande partie du charme de cet ouvrage réside, du moins pour moi, dans l’exploitation de la faculté extraordinaire de notre enquêteur improvisé. Assez fidèle à l’image de ces antihéros malmenés et ballottés par la vie, sa relation particulière aux objets lui permet de passer de personnage stéréotypé à homme fascinant dont on prend plaisir à suivre les mésaventures. Et à ce niveau, il est plutôt gâté, l’auteur lui ayant réservé quelques rencontres plus ou moins agréables…

En parallèle de Jacques, nous suivons d’autres protagonistes dont un jeune garçon qui ne fait pas forcément une très bonne première impression, mais qui possède néanmoins un point commun avec notre antihéros : la faculté à se fourrer dans les ennuis. Et puis, il traîne toujours avec son chat Mauvais-Poil et quand on a un chat, on ne peut pas être foncièrement mauvais, non ? On se pose pas mal de questions sur ce jeune homme, mais il faudra attendre un peu avant de comprendre quel est le dénominateur commun entre lui et Jacques…

L’auteur nous propose ici une enquête assez classique dans son déroulement, mais plutôt originale dans ses enjeux et surtout les protagonistes qui y prennent part. On ne s’attache pas vraiment à ces derniers, l’univers assez glauque dans lequel ils évoluent ne les ayant pas rendus particulièrement avenants, mais on se sent néanmoins concerné par ce qui leur arrive. Au fil des pages et des dangers, l’angoisse grandit et la tension se fait de plus en plus palpable. Le suspense savamment dosé nous pousse, quant à lui, à vouloir trouver des réponses à nos questions notamment sur les projets de ce savant fou qui hante VilleVermine. Je préfère vous laisser le plaisir de découvrir ce personnage par vous-même, mais je peux vous dire qu’il fait froid dans le dos bien que ce soit finalement son étrange frère qui m’ait le plus effrayée…

L’univers de cette BD est sombre et plutôt glauque ce qui se retrouve dans son esthétique : les traits sont grossiers, mais les décors détaillés, les couleurs sont froides avec un aspect parfois délavé, les corps semblent parfois disproportionnés créant un certain sentiment de malaise… L’ambiance graphique ne correspond pas vraiment à ce que j’aime en général, mais je reconnais qu’elle colle parfaitement au récit en soulignant toute la noirceur et l’aura de désespoir qui plane sur la ville.

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Quant à la fin, elle apporte un petit retournement de situation qui laisse craindre le pire pour notre détective, mais qui surtout nous pousse à nous interroger sur la manière dont l’auteur va poursuivre son intrigue… J’ai, dans tous les cas, trouvé le pari audacieux puisqu’il n’hésite pas à redistribuer les cartes en cours de jeu.

En conclusion, ce premier tome pose avec efficacité les jalons d’une enquête dont le rythme, le suspense et la tension devraient séduire les amateurs de polars. On retrouve ainsi les ficelles qui rendent ce genre si addictif même si l’auteur veille également à apporter sa propre touche que ce soit à travers ses personnages, les enjeux du récit ou son trait de crayon et son travail de colorisation qui collent à la perfection à l’univers froid, glauque et sombre de VilleVermine. Une BD que je vous recommande donc et dont je lirai le deuxième et dernier tome avec plaisir.

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Throwback Thursday Livresque #92 : Avis de grand froid

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Pour ce thème, j’ai eu envie de vous parler d’un roman lu il y a deux ou trois ans et donc non chroniqué puisqu’à l’époque, je ne partageais pas encore mes impressions de lecture.

Cyanure

Martin Molin accompagne sa petite amie Lisette sur l’île de Valö pour une réunion de famille juste avant Noël. Mais au cours du premier repas, le grand-père, un magnat industriel, meurt étouffé, juste après avoir annoncé à ses enfants qu’il les a déshérités. Martin se rend vite compte qu’il a été assassiné au cyanure. Une tempête de neige fait rage, l’île est isolée du monde et Martin décide de mener l’enquête. Offrant une pause à Erica Falck, Camilla Läckberg tisse un polar familial délicieusement empoisonné.

Pourquoi ce choix ?

Reçu dans le cadre d’un troc et choisi en raison de sa couverture, ce fut une excellente surprise !

Je serais, bien sûr, incapable de vous narrer le récit dans son intégralité, mais je me souviens à la perfection de cette impression glaciale qu’il dégageait. D’abord en raison du lieu de l’action, en Suède lors d’une tempête de neige, puis de la période, Noël, et enfin, en raison de l’atmosphère du roman. Alors que les fêtes de Noël sont plutôt associées à joie et chaleur humaine, dans ce roman, elles ont un côté assez sinistre et froid. On ne choisit pas sa famille n’est a priori pas ici une simple expression…

Quant au twist final, il est tordu comme je les aime et plutôt glaçant dans la mesure où il montre à quel point l’esprit humain peut se montrer machiavélique. En accompagnant sa petite amie à sa réunion de famille, Martin Molin n’aurait jamais pu se douter dans quel panier de crabes, il mettait les pieds ou les pinces, au choix !

En bref, si vous aimez les huis clos pleins de suspense, foncez vous procurer Cyanure.

Et vous, avez-vous lu cet ouvrage ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

La Vie à fleur de terre, Maud Tabachnik

Couverture La vie à fleur de terre

Publié une première fois en 1990, les éditions De Borée nous proposent une réédition en format poche du premier polar de Maud Tabachnik, une auteure que je ne connaissais que de nom. J’ai donc été ravie de recevoir ce roman que je n’avais pas demandé, mais que la maison d’édition m’a fait la surprise de m’envoyer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Crâne rasé et santiags, Lucas est un paumé des temps modernes, caïd d’une bande de zonards sans ambition. Sur son chemin, il rencontre une aveugle et un nain qui vont effacer sa part d’ombre mais, quand ses compagnons de rue se livrent à un meurtre gratuit, il comprend qu’il doit fuir son destin. Dans cette cavale, il va rencontrer ce qu’il y a de meilleur et de pire chez l’homme, et le bout du tunnel restera longtemps inaccessible. Maud Tabachnik nous propulse dans les bas-fonds de la condition humaine pour aller voir si l’espoir pourrait y repousser…

  • Poche: 270 pages
  • Editeur : Éditions De Borée (14 septembre 2017)
  • Prix : 7 €

AVIS

Je lis peu de polars, et à la lecture de celui-ci, je pense savoir pourquoi : en nous lançant au visage la noirceur de l’âme humaine, Maud Tabachnik m’a marquée, déstabilisée, donné envie de vomir, mais fait espérer aussi… C’est le premier polar de l’auteure, mais il laissait déjà présager son talent inné pour mettre l’Homme à nu dans ce qu’il y a de pire : la haine pure, mauvaise et implacable, le rejet de l’autre avec ses corollaires, le racisme et la xénophobie, la violence brute et froide, la lâcheté, la perversité… Difficile, même sans avoir le cœur particulièrement fragile, de rester insensible à cette crasse humaine qui prend vie sous nos yeux !

Et pourtant, derrière toute cette noirceur qui vous colle à la peau, l’auteure introduit des éclaircies, pas un franc soleil d’été, mais quelques pointes d’espoir et des petits moments de vie qui vous poussent à croire que rien n’est perdu pour l’humanité et que certains de ses représentants peuvent être « sauvés ».

Et c’est le cas de Lucas. Caïd comme on en fait beaucoup, il habite avec son épave de mère dans un quartier « défavorisé » et s’alimente de bagarres, de haine, d’un semblant de pouvoir en tant que chef d’une bande de casseurs racistes… Seul bonheur dans sa vie, Mabel, une jeune femme aveugle rencontrée grâce à un nain. Et c’est avec elle qu’il prendra la décision de fuir quand les membres de sa bande tabasseront à mort un Malien dont le seul tort était de ne pas être de la bonne couleur de peau et d’avoir rencontré le barbarisme sous sa forme primaire et bestiale. Durant sa cavale, le couple fera la connaissance d’un homme qui est très différent de Lucas mais qui, paradoxalement, lui ressemble un peu. Tous les deux se sont ainsi contentés de vivre leurs vies sans ambitions, mais l’un est socialement intégré quand l’autre s’est perdu dans la délinquance et la violence. Et pourtant, ces deux âmes en peine vont se trouver et lier une amitié à la vie à la mort…

Lucas est un personnage assez complexe et nuancé capable du pire comme du meilleur notamment pour protéger ceux qu’il aime. Alors qu’au début de l’histoire, il se complaît dans la violence et le racisme en vigueur parmi les « siens », on le voit évoluer au contact de Mabel et de son nouvel ami. C’est un peu comme si en grattant la surface et la crasse qui le recouvraient, on découvre un homme ni pire ni meilleur que les autres, juste un homme qui s’est laissé grignoter par un environnement de béton et de perdition. C’est d’ailleurs en quoi cette fuite se révélera une chance : ce n’est qu’en s’éloignant physiquement de son ancien quartier, qu’il pourra s’en détacher psychologiquement.

Malheureusement pour lui, s’il est bien décidé à aller de l’avant et à se construire une vie moins bancale avec sa bien-aimée, son passé semble, quant à lui, bien décidé à le rattraper. Et ce passé collant prendra l’odeur de la trahison et la forme d’un sociopathe qui, privé d’émotions, ne respire qu’à travers le chaos et la douleur qu’il peut laisser derrière lui. À partir du moment où ce monstre prenant forme humaine est lancé sur les traces de Lucas, l’histoire prend un tournant encore plus sombre et intense. Lucas ne connaît pas encore l’ampleur de la menace qui pèse sur lui et sa famille de cœur, mais le lecteur lui sait d’emblée qu’un compte à rebours est enclenché. Page après page, l’angoisse grossit, grandit jusqu’à vous donner cette boule à la gorge qui vous fait craindre le pire. Puis, arrive cette confrontation finale autant redoutée qu’attendue…

L’évolution progressive de Lucas, l’un des points forts de ce roman, repose en partie sur les épaules pas si frêles que cela de Mabel. Seule femme du roman, elle lui apporte la douceur et l’amour qui lui a tant fait défaut dans sa vie. Et sans tomber dans une niaiserie qui ne collerait pas à l’ambiance sombre voire poisseuse du roman, l’auteure montre à quel point cette femme va offrir à Lucas sa « rédemption » ou du moins, l’envie de construire plutôt que de détruire. Un peu comme un phare en pleine mer, Mabel sera alors son point d’ancrage et son échappatoire à une vie marquée par la violence. C’est donc cette femme aveugle qui va lui faire ouvrir les yeux sur son passé et le forcer à regarder son avenir…

Empreint d’abandon, de violence, de haine, de corruption, de racisme et de xénophobie, La Vie à fleur de terre publié il y a presque trente ans réussit l’exploit de ne pas dénoter dans notre société actuelle où ces fléaux sévissent toujours. Une sorte d’intemporalité qui prouve autant le talent de l’auteure pour saisir l’âme humaine que la défaite de notre modèle politique actuel. Car sans que l’auteure ne nous fasse de laïus sur la politique, il est certain qu’elle nous livre ici un roman engagé et fortement ancré dans la réalité, celle non pas des nantis, mais celle des laissés-pour-compte. Cela se ressent d’ailleurs autant à travers le contexte socio-économique dans lequel évoluent les personnages que le style de narration nerveux et presque saccadé de l’auteure. Les dialogues sont vifs, incisifs, directs, parfois argotiques sans être vulgaires.

Avec ce roman, on est dans le vrai, pas dans la réalité romancée et adoucie, et c’est ce qui fait toute sa force. Comme dans la vraie vie, il y a de la noirceur, des circonstances contre lesquelles vous ne pourrez rien, mais il y a aussi de l’espoir, de la lumière et cette envie de vous battre, pour votre vie et pour ceux que vous aimez, qui vous prend aux tripes et qui vous donne la force d’avancer et de vous améliorer…

En conclusion, La Vie à fleur de terre est le premier roman de Maud que je découvre et certainement pas le dernier. D’une plume nerveuse et rythmée, elle nous emmène dans les tréfonds de l’âme humaine et vous prouve que le pire peut côtoyer le meilleur. Assez court, ce roman se lit d’une traite d’autant que porté par un personnage tout en nuances, il est difficile de le lâcher avant que le destin de Lucas ne soit scellé.

Et vous, envie de découvrir La Vie à fleur de terre ?

 

Le moine et le singe-roi, Olivier Barde-Cabuçon

moine

Je remercie Lecteurs.com et Actes Sud pour m’avoir permis de découvrir Le moine et le singe-roi d’Olivier Barde-Cabuçon.

Découvrez sur le site de l’éditeur un extrait gratuit du livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans les jardins si carrés de Versailles, tout va de travers. Au milieu de l’enchevêtrement d’allées et de statues moralisatrices du labyrinthe qui orne le plus beau jardin du monde, un horrible meurtre est commis. Un précurseur de Jack l’Eventreur sévit-il sous les fenêtres de Louis XV, le Singe-roi ? Stupéfaite, la cour semble attendre la prochaine victime comme un poulet son égorgeur. Parmi les suspects, rien de moins que le premier chirurgien du roi, un peintre de la cour et la tenancière d’une maison d’un genre très particulier où les relations habituelles entre hommes et femmes sont inversées. Gangréné, Versailles semble devenu le royaume de la transgression des interdits. Dans cette nouvelle enquête du commissaire aux morts étranges, jamais encore les rapports de force n’avaient été aussi exacerbés et l’autorité autant remise en question. Faut-il se soumettre, se démettre ou se révolter ? Le chevalier de Volnay sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur, tandis que, tout excité, le moine semble considérer les jardins de Versailles comme un nouveau terrain de jeu. La tension est extrême, les deux enquêteurs abordent la plus périlleuse et la plus fascinante de leurs missions alors que, dans les jardins, le danger rôde partout et surgit souvent de là où on l’attend le moins.

  • Broché: 330 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (1 mars 2017)
  • Prix : 22,50€

AVIS

Le moine et le roi-singe est le sixième tome de la série Le commissaire aux morts étranges. Je n’ai pas lu les tomes précédents, mais les subtils rappels de l’auteur sur les liens unissant les deux protagonistes ainsi que sur leurs principaux traits de caractère m’ont suffi pour me plonger directement dans l’histoire.

J’ai ainsi été tout de suite intriguée par ce duo atypique constitué du chevalier de Volnay et de son père, le moine hérétique. Bien que très proches, ils sont somme toute très différents l’un de l’autre, le premier étant d’un grand sérieux quand le second se révèle plus prompt au cabotinage qu’au respect strict des règles d’une société qu’il abhorre. Cette différence de caractère rend les échanges, voire les confrontations père/fils, intéressants et permet une approche complémentaire de l’enquête.

Si les deux enquêteurs sont intéressants, j’avoue cependant avoir préféré le moine qui, derrière sa gaieté et une certaine légèreté, cache une grande érudition et une part d’ombre que l’on découvre au fil de l’enquête. Quelque chose me dit que nous avons encore beaucoup de choses à découvrir de cet hérétique.

Avec ce roman, on a un peu l’impression d’un voyage à Versailles sous le règne de Louis XV. L’auteur nous transcrit ainsi à merveille le faste de la cour qui, sous les dorures et la richesse, n’est que puanteur que ce soit au sens propre ou figuré du terme. On ressent également le poids de l’étiquette qui régit la vie de la noblesse et du roi qui n’en a de fonction que le nom. J’ai, pour ma part, beaucoup aimé le contexte historique de l’enquête et la faculté de l’auteur de complètement nous y immerger.

J’ai été néanmoins assez déroutée par la tournure qu’a pris l’enquête, car le résumé m’avait laissé entrevoir tout autre chose. Mais cela ne m’a pas déplu, bien au contraire. J’ai adoré la manière dont l’auteur a su nous mettre sur une fausse piste nous laissant plus qu’interdit devant la révélation du meurtrier. Il a même réussi l’exploit de nous offrir un coupable aussi banal et idiot qu’original ! Si ça peut vous rassurer, notre duo préféré s’est également laissé berner, chacun des enquêteurs ayant laissé ses propres préjugés fausser son jugement.

La seule chose que je n’ai pas appréciée dans ce roman, ce sont les tergiversations amoureuses de Volnay vis-à-vis de l’Écureuil. Si elles permettent d’humaniser un personnage d’apparence assez froide, elles m’ont surtout agacée…

Enfin, j’ai été conquise par la plume de l’auteur qui nous offre une enquête à l’esthétique parfaite.  Avec Olivier Barde-Cabuçon, vous êtes ainsi transportés dans le roman autant grâce à la qualité de l’intrigue policière qu’à celle de l’écriture.

En conclusion, du duo atypique et haut en couleur, à l’ambiance parfaitement décrite de Versailles et de sa cour en passant par l’enquête pour confondre le meurtrier, tout m’a plu dans ce livre. Si on ajoute à cela la sublime plume d’Olivier Barde-Cabuçon, vous comprendrez aisément que je ne peux que vous conseiller vivement de découvrir Le moine et le singe-roi. Pour ma part, c’est avec un plaisir certain que je rattraperai mon retard en parcourant avec avidité les tomes précédents de la série.

Blanche-neige doit mourir, Nele Neuhaus

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En regardant mes habitudes de lecture sur Livraddict, je me suis aperçue que je lisais souvent des auteurs provenant des mêmes pays : France, Japon et États-Unis. J’ai donc entrepris de partir à la rencontre d’auteurs provenant d’autres pays avec pour commencer, l’Allemagne.

C’est ainsi que j’ai choisi de lire Blanche-Neige doit mourir de Nele Neuhaus, publié aux Éditions Actes Sud. J’ai également lu ce livre dans le cadre du Challenge Vide ta Pal en été.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une femme est tombée d’un pont sur une voiture. Selon un témoin, elle aurait été poussée. L’enquête conduit Pia Kirchhoff et Oliver von Bodenstein à Altenhain où la victime, Rita Cramer, a vécu avant son divorce d’avec un certain Hartmut Sartorius. Onze ans plus tôt, deux jeunes filles du village avaient disparu sans laisser de trace. Sur la foi de maigres indices, un garçon de vingt ans, Tobias Sartorius, avait été arrêté et condamné à dix ans de prison.
Or, depuis quelques jours, Tobias est revenu chez son père à Altenhain… Dans le village, Pia et Bodenstein se heurtent à un mur de silence. Mais bientôt une autre jeune fille disparaît et les habitants accusent Tobias Sartorius, même si ce dernier a toujours clamé son innocence. Les preuves manquent, la police piétine et certains villageois semblent bien décidés à prendre les choses en main.

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (6 octobre 2012)
  • Prix : 23,50€
  • Autres formats : ebook, poche

 

AVIS

Lu en trois soirées, on peut sans peine dire que j’ai beaucoup aimé suivre notre duo d’enquêteurs : Oliver von Bodenstein et Pia Kirchhoff.

En apparence anodin, Altenhain est un village dont les habitants vont réserver de grosses surprises aux lecteurs. Je ne préfère pas vous en dire plus pour ne pas dévoiler l’intrigue mais vous verrez que les apparences sont trompeuses et que les gens ne sont pas forcément ce qu’ils paraissent être.

J’ai adoré le talent de Nele Neuhaus pour créer une intrigue complexe où tout semble être lié sans que l’on sache comment ni pourquoi. Chaque nouvel élément que nos policiers découvrent, loin d’éclaircir l’affaire, la rend encore plus opaque. Aux côtés de Pia et d’Olivier, on essaie de séparer le vrai du faux alors que l’auteure prend un malin plaisir à brouiller les pistes.

Les rouages permettant de relier le meurtre de deux jeunes filles il y a une dizaine d’années à la disparition d’Amélie se mettent, petit à petit, en place avec son lot de révélations. On saisit alors dans toute son ampleur l’injustice dont a été victime Tobias, coupable idéal, accusé à tort du double meurtre. On comprend également l’urgence de retrouver Amélie avant qu’il ne soit trop tard et que le village soit de nouveau la scène d’un drame.

En plus de l’enquête, on découvre certains éléments de la vie privée de notre duo et notamment d’Olivier avec ses problèmes de couple. Je me suis interrogée sur la pertinence ou l’intérêt de certains détails mais force est de constater qu’on finit par s’attacher à ces deux policiers. Loin de l’image de super justiciers, on les voit essayer de faire leur travail au mieux malgré leurs difficultés personnelles et leurs faiblesses.

Le seul point négatif à mon sens est l’omniprésence de l’adultère. Je ne suis pas puritaine et cela fait évidemment partie de la vie mais dans une telle mesure, ça finit par donner un côté Melrose Place assez agaçant.

NOTE : 4/5

AUTEURE (informations BABELIO)

Nele Neuhaus, née en 1967 à Münster en Westphalie, vit depuis son enfance à Taunus, près de Francfort.
Après ses études universitaires, elle travaille dans une agence de publicité et après son mariage dans la charcuterie de son mari. Obsédée par l’écriture dès son enfance, elle publit ses trois premiers romans policiers à compte d’auteur, puis se met à écrire des romans policiers qui rencontrent un succès immédiat. Flétrissure est le premier traduit en français.
Son polar « Blanche-Neige doit mourir » s’est vendu à 1 million d’exemplaires Outre-Rhin (Actes Sud noir)

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En résumé,  Blanche-Neige doit mourir est un roman que j’ai beaucoup aimé et dont je n’ai pas vu défiler les pages. L’auteure a su créer un climat anxiogène dans ce village où certains sont prêts à tout pour protéger leurs secrets. Si vous aimez les histoires faites de faux-semblants et de suspense, ce polar est fait pour vous.

Pour ma part, je lirai sans aucun doute la première enquête de notre duo (Flétrissure) et toutes les prochaines.

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