Les derniers romantiques, Tara Conklin

Couverture Les derniers romantiques

Dans un monde en proie au dérèglement climatique, Fiona Skinner, 102 ans, poétesse de renom, vient de donner sa première lecture publique depuis vingt-cinq ans quand une jeune femme se lève dans l’auditorium. Elle lui dit s’appeler Luna.
Luna. Une apparition fantomatique… Un prénom surgi du passé… Alors Fiona se souvient.
Au cours de l’été 1981, Reine, Caroline, Joe et Fiona Skinner perdent leur père. Puis assistent, impuissants, à la dérive de leur mère. Âgés de 12 à 4 ans et livrés à eux-mêmes, ils ne sortiront pas indemnes, mais soudés à jamais, de cet été là – qu’ils appelleront par la suite La Grande Parenthèse.
Vingt ans plus tard, surviendra une nouvelle tragédie familiale…
Émouvant et ambitieux, Les Derniers Romantiques interroge nos choix de vie, les conséquences qu’ils ont sur notre avenir, et les liens qui nous unissent à ceux que nous aimons.

L’Archipel (22 octobre 2020) -352 pages – Broché (22€) – Ebook (15,99€)
Traduction : Daniele Momont

AVIS

Si les fresques familiales ne m’attirent pas outre mesure, j’ai tout de suite été intriguée par ce roman que j’ai dévoré, complètement transportée par la plume de l’autrice qui s’est révélée aussi fluide qu’agréable.

Dès le début, je me suis donc prise d’intérêt pour cette histoire alternant entre l’année 2079, qui semble en proie à un profond bouleversement climatique, et le passé durant lequel on voit évoluer la famille Skinner. Une famille meurtrie par le décès soudain et brutal du père qui changera à jamais les enfants Skinner : Reine, Caroline, Joe et Fiona. Leur mère tombée en dépression sans que les enfants ne saisissent vraiment la portée de sa léthargie, la vie familiale se réorganise afin de pallier l’absence du père et la défaillance de la mère.

Reine, la très responsable Reine qui porte à merveille son prénom, veille sur le bien-être de chacun, s’assurant aussi bien du brossage de dents que de la réalisation des devoirs. L’aimante et souriante Caroline apporte cette étincelle de vie dont la famille a tellement besoin, Joe brille par son aura de puissance et d’assurance quand la petite dernière, Fiona s’enferme dans sa passion des livres, des listes et son admiration pour ce grand frère dont elle est si proche. Une fratrie, des personnalités bien marquées, des petites peines et de gros chagrins, des rires, des jeux d’enfant, la volonté farouche de protéger une mère qui se noie, et une foi inébranlable en la force des liens fraternels…

Si l’on découvre la vie de chacun, c’est plus particulièrement celle de Fiona que l’on suit. Devenue spécialiste de l’environnement, mais surtout poétesse reconnue et adulée, nous la retrouvons centenaire devant un auditorium venu l’écouter. Et là, au beau milieu de ces visages anonymes, mais bienveillants, sort de l’obscurité, Luna. Luna qui pose une question en apparence anodine, mais pas pour Fiona ! Devant les souvenirs qui affluent et les émotions qui menacent de la submerger, elle propose alors à son public de raconter, raconter les échecs amoureux, mais surtout l’histoire de sa famille. Un voyage éprouvant seulement entrecoupé du bruit des sirènes comme pour rappeler la nécessité et l’urgence de partager avant que tout ne finisse par s’effacer.

Dans ce roman, il est question de dépression, de deuil, de féminisme un peu, d’amour et de sa recherche parfois maladroite, mais il est surtout question des liens spéciaux développés entre des enfants qui ont dû apprendre à veiller les uns sur les autres avant que leur mère reprenne les rênes de sa vie et retrouve sa place dans leur vie. Si cette période d’abandon maternel, nommé sobrement Grande Parenthèse, a laissé quelques meurtrissures, elle nous apparaît ici comme le commencement de tout… C’est à grâce à ces moments étranges, mélange de félicité naïve et de chaos organisé, que chacun des enfants est devenu l’adulte qu’il est.

Page après page, on s’attache de manière viscérale à cette famille et l’on se trouve happé par le devenir de chacun, par les accomplissements, les échecs, les périodes de doute, les réussites, les malentendus, les secrets… Reine devient un médecin reconnu qui travaille d’arrache-pied quitte à annihiler ses émotions, Joe se perd dans son travail et ses illusions d’une bien dangereuse manière, Caroline gère d’une main de maître son foyer au point de s’épuiser et d’oublier la personne qu’elle est en dehors de ses lourdes responsabilités. Et Fiona se cherche avant de se lancer dans un projet audacieux qui ne suscitera pas l’approbation de sa famille, mais qui lui offrira l’opportunité de mettre ses talents d’écrivaine et de poétesse en œuvre. Un choix de carrière différent que j’ai, pour ma part, trouvé courageux, car si son initiative aurait valu à un homme des regards de connivence de la part de ses pairs, elle vaut à Fiona un certain mépris.

Des chemins de vie tellement différents qu’on ne peut que se demander si les liens entre les Skinner résisteront au poids des ans, et de toutes ces décisions, petites et grandes, aux conséquences parfois bien lourdes. Une interrogation légitime traitée avec beaucoup de sensibilité et d’humanité par l’autrice qui nous montre comment malgré tous les souvenirs partagés, et l’amour que l’on peut éprouver pour une personne, on peut finir par s’éloigner d’elle et avoir cette impression déstabilisante de ne plus vraiment la connaître. Cela est d’autant plus palpable avec l’un des personnages qui emprunte une voie sans issue, une voie si différente de celle qu’on aurait volontiers associée à l’enfant qu’il était…

Pendant une partie du roman, l’autrice fait planer un certain mystère sur un drame ayant frappé la famille Skinner, de nombreuses années après la mort du père. J’ai plus ou moins anticipé sa teneur, mais j’ai néanmoins apprécie la manière dont elle l’utilise pour nous montrer que tous les signes avant-coureurs étaient là. Fallait-il encore les saisir et en mesurer toute la portée. Mais de toute manière, aurait-on pu vraiment éviter la catastrophe ?

Chaque membre de la famille développe sa propre manière de faire face à la douleur, mais on ne doute pas de la force de leur amour, parfois invasif, mais tellement salvateur. À leur manière, les Skinner se complètent et c’est ensemble qu’ils se révèlent les plus forts face à l’adversité et aux épreuves dont ils finissent toujours par se relever. Pour ma part, j’ai été très émue par la vie de ces personnages que j’ai appris à apprécier dans leur individualité et à adorer dans leur globalité. En tournant la dernière page, j’ai ressenti un vide immense comme si ce n’était pas des êtres de fiction que je quittais, mais un frère et des sœurs, des individus qui ont eu une place importante dans ma vie et dans mon cœur. Mais n’est-ce pas la plus grande force de l’autrice : réussir à nous faire vivre pleinement l’histoire de la famille Skinner, à la faire devenir nôtre au point de plus avoir envie de la quitter ?

Touchante et tellement humaine, voici une fresque familiale vibrante d’émotion qui met à nu le cœur de personnages attachants et imparfaits en même temps que celui des lecteurs, complètement subjugués par ces destins qui s’emmêlent et se démêlent au fil des années. Des lecteurs qui éprouveront d’ailleurs de vives difficultés à tourner définitivement la page d’une histoire marquée par les drames, mais sublimée par les moments de félicité familiale et la force des liens fraternels.

Feuilletez un extrait  sur le site des éditions de l’Archipel que je remercie pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

The Poet X, Elizabeth Acevedo

The Poet X - WINNER OF THE CILIP CARNEGIE MEDAL 2019 (English Edition) par [Elizabeth Acevedo]

Dans un monde qui ne veut pas l’entendre, elle refuse de rester silencieuse

Résumé : Harlem. Xiomara a 15 ans et un corps qui prend plus de place que sa voix : bonnet D et hanches chaloupées. Contre la rumeur, les insultes ou les gestes déplacés, elle laisse parler ses poings. Étouffée par les préceptes de sa mère (pas de petit ami, pas de sorties, pas de vagues), elle se révolte en silence. Personne n’est là pour entendre sa colère et ses désirs. La seule chose qui l’apaise, c’est écrire, écrire et encore écrire. Tout ce qu’elle aimerait dire. Transformer en poèmes-lames toutes ses pensées coupantes.

Jusqu’au jour où un club de slam se crée dans son lycée. L’occasion pour Xiomara, enfin, de trouver sa voix.

AVIS

Je remercie Grâce pour cette lecture commune parce que sans elle, je ne suis pas certaine que j’aurais osé me lancer dans ce roman en raison de sa forme particulière qui m’attirait autant qu’elle me faisait peur. Écrit en vers libres, The Poet X est un petit bijou de poésie, pas du genre de celle qui vous enchante par la beauté des mots, mais plutôt de celle qui vous touche et vous frappe par leur puissance.

Écrire pour mettre des mots sur les maux, écrire sans réfléchir, écrire pour trouver un peu de liberté, écrire pour être soi sans masque ni censure… La poésie devient un exutoire pour Xiamora qui, en plus de devoir faire face aux commentaires et aux regards déplacés sur son corps, doit composer avec une mère profondément puritaine et croyante. Comment ne pas étouffer sous le poids d’une mère qui attend d’elle un comportement exemplaire et une totale dévotion envers Dieu quand elle n’est même pas certaine de croire en une religion qui s’entête à traiter les filles et les garçons différemment ?

Tout au long du roman, on ne peut que ressentir le sentiment de révolte de Xiaomara qui est sans cesse soumise à des injonctions que ce soit envers son corps ou ses pensées. Ses poèmes deviennent alors pour elle le seul moyen de s’exprimer et de partager ses questionnements, ses sentiments et ses états d’âme sans, entre autres, heurter une mère prise dans une foi religieuse virant au fanatisme.

Je dois d’ailleurs dire que sa mère m’a profondément agacée que ce soit en raison de sa manière de tenter de vivre son rêve à travers sa fille ou sa vision étriquée de la foi et sa vision rétrograde des femmes. De fil en aiguille, on comprend son mal-être et sa difficulté à renoncer à cette vie consacrée à la religion dont on l’a privée, mais son fanatisme religieux n’en demeure pas moins intolérable. Une foi imposée mérite-t-elle d’ailleurs seulement le nom de foi ? Heureusement, un homme d’Église fait montre d’un peu plus de retenue et semble comprendre la nécessité de laisser Xiaomara suivre sa propre voie… 

Si sa mère se révèle tyrannique en considérant le corps de sa fille comme un objet de convoitise qu’elle doit garder pur jusqu’à son mariage (une vision bien traditionnelle de la femme qui semble avoir la vie dure) et que son père est plutôt aux abonnés absents, Xiaomara peut compter sur le soutien et la présence de son frère jumeau, un petit génie plus adepte de la réflexion que des poings. Le frère et la sœur ne pourraient être plus différents l’un de l’autre, mais on sent qu’il existe une connexion particulière qui les lie malgré leurs différences et leurs incompréhensions. Le frère n’a pas la combativité de la sœur, mais il essaie, à sa manière, de l’aider et de la pousser à se révéler à elle-même et à la face du monde. Un soutien très discret, voire pudique, que j’ai trouvé assez touchant d’autant que le jeune homme doit faire face à sa propre tempête intérieure…

Aux côtés du frère et de la sœur, se dresse avec une constance sans égale, Caridad. Sage, raisonnable, sincèrement croyante et très respectueuse de ses parents, l’adolescente est un peu l’antithèse de Xiaomara. Jamais blessante ni critique, elle se contente d’être là pour elle et de la soutenir. Aucun jugement de valeur donc, juste une présence rassurante et indéfectible ! C’est le genre d’amie qu’on aimerait tous avoir et la preuve que l’on peut avoir des opinions très différentes, mais être toujours là pour l’autre.

Autre relation positive, celle que va nouer notre héroïne avec un jeune homme qui verra en elle autre chose qu’un corps voluptueux qu’il peut, comme ses camarades, commenter à l’envi. J’ai apprécié la manière dont l’autrice a construit leur relation, l’adolescent se montrant à l’écoute de Xiaomara et ne lui imposant pas des choses pour lesquelles elle ne se sent pas prête. Cela semble normal, mais c’est loin d’être toujours le cas… À cet égard, j’ai particulièrement apprécié une scène dans laquelle est abordé, avec subtilité et beaucoup de justesse, le thème du consentement. L’autrice nous montre qu’une personne a le droit de changer d’avis lors d’un rapprochement physique sans pour autant être insultée, voire pire. Un message qui me semble plus que jamais important de diffuser surtout dans un roman à destination des adolescent(e)s.

Quant à Xiaomara, elle m’a juste bluffée. J’ai été, dès les premières pages, séduite par sa personnalité et son aura de battante qui refuse de se laisser dicter sa conduite. Elle lutte entre l’envie de ne pas blesser sa mère, de survivre sans se laisser marcher dessus dans un quartier où le corps des femmes est sans cesse jaugé et celle d’être enfin elle-même. Une adolescente pleine de ressources avec une capacité de recul impressionnante pour son âge, et surtout une poétesse dans l’âme. Ce que Xiaomara se retient de hurler à la face du monde, elle le couche sur le papier avec frénésie et justesse jusqu’à ce qu’une opportunité lui laisse entrevoir une autre voie, celle du partage et du slam. Une révélation qui ne se fera pas sans heurts, mais qui rapprochera l’adolescente d’elle-même et des siens…

À cet égard, la fin, pleine d’émotions, m’a beaucoup plu et touchée. L’autrice ne tombe pas dans un happy end où tous les problèmes seraient réglés d’un coup de baguette magique, mais elle finit quand même sur une note d’espoir. Et elle nous démontre, une fois de plus, le pouvoir des mots qui rassemblent et unissent malgré la distance, les désaccords et les blessures que l’on peut infliger à ceux que l’on aime, parfois maladroitement…

Avec une économie de mots volontaire et parfaitement maîtrisée, elle frappe le lecteur et s’insère dans son cœur. Aucune envolée lyrique, mais la force brute des mots martelés comme des poings, des mots qui volent, qui fusent, qui touchent et qui font réfléchir. Et les sujets de réflexion sont nombreux : la religion et le fanatisme qui peut parfois en découler, l’homosexualité a fortiori dans une famille extrêmement croyante et un environnement machiste, le libre arbitre, la condition de la femme et le regard/jugement omniprésent sur son corps, les premiers émois amoureux, la découverte de son corps et de la sexualité, le consentement, la quête d’identité et l’affirmation de soi, l’immigration, la confrontation de deux cultures… Le roman m’a d’ailleurs donné envie d’en apprendre plus sur la culture dominicaine dont on a un petit aperçu et sur laquelle je n’avais jamais rien lu.

En conclusion, incisif, puissant et émouvant, The Poet X est un petit bijou que je vous recommande chaudement. Pas besoin d’apprécier la poésie pour se laisser emporter par l’histoire de Xiaomara, une adolescente forte et touchante qui refuse de plier sous le poids de la foi maternelle, de la société et de la concupiscence des hommes, et qui trouve, dans la poésie, un moyen de s’affirmer et de partager ses sentiments, ses espoirs et ses états d’âme.

The Poet X ou quand la force et la puissance des mots remplacent celle des poings !

Retrouvez l’avis de Grâce sur son blog Les notes de Grâce M.

J’ai lu le roman en VO qui est très accessible, mais une version française est proposée par les éditions Nathan.

Signé poète X - Dès 14 ans par [Elizabeth Acevedo, Clémentine Beauvais]

Nathan (29 août 2019) – 384 pages – Broché (16,95€) – Ebook ( 6,49€)
Traduction : Clémentine Beauvais 

Throwback Thursday Livresque #91 : Afrique

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


A la lecture de ce thème, je me rends compte à quel point je connais peu la littérature africaine… J’ai néanmoins pensé à un recueil de poèmes, Chimères de verre de Grâce Minlibé.

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« La première vertu de la poésie aussi bien pour le poète que pour le lecteur, est la révélation de l’être. » L’auteure se révèle donc, fait parler ses chimères si fragiles au point de se briser.

Passion, Désillusion, Trahison, Vice, Cupidité, Solitude, Exil, Immigration, l’auteure exploite chacun de ces thèmes avec la candeur de l’adolescence et fait de Chimères de verre, un véritable journal intime partagé.

L’AUTRICE (infos du site Edilivre)

Née à Bingerville en Côte d’Ivoire, Grâce Minlibé est passionnée de lecture depuis sa tendre enfance. À l’adolescence, elle s‘essaie à l’écriture. En découvrant les vertus de la poésie, elle décide d’utiliser ce genre littéraire aux formes variées comme courroie de transmission pour exprimer ses maux et ses espérances.

Chimères de verre est le premier recueil de poèmes de l’auteure.

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Pourquoi ce choix ?

A l’époque où Grâce m’a confié son recueil, je ne lisais que très très peu de poésies. J’ai donc apprécié sa marque de confiance d’autant que la poésie a ce quelque chose de personnel qui donne l’impression que son auteur se livre corps et âme à ses lecteurs. Et avec son recueil, c’est un peu ce que fait l’autrice…

A travers différents textes, elle nous parle d’elle et de ses expériences : déceptions sentimentales, fin d’une relation, nostalgie du passé, racisme, trahison, manipulation, luxure, avortement … Certains thèmes vous toucheront plus que d’autres, mais ce qui est certain, c’est que vous ne pourrez rester indifférents devant les émotions qu’ils ne manqueront pas de susciter en vous.

Pour en apprendre plus sur cet ouvrage, vous pouvez retrouver ma chronique dont voici la conclusion :

En conclusion, je conseille Chimères de verre à tous les amateurs ou non, de textes poétiques et de jolis mots. Parce qu’ils sont le reflet de l’expérience de vie d’une personne, ces poèmes devraient vous toucher, vous émouvoir, vous faire réfléchir, vous agacer… mais jamais vous laisser de marbre.

Vous verrez que la force des poèmes de Grâce Minlibé, c’est que pour les apprécier à leur juste valeur, il ne suffit pas de les lire, il faut également les vivre.

Et vous, connaissez-vous ce livre ?
Qu’avez-vous ou qu’auriez-vous proposé ?

Throwback Thursday Livresque #90 : Asie

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


 

Aimant beaucoup la littérature asiatique, il m’a été difficile de faire un choix, mais j’ai décidé de vous parler d’un roman qui m’avait touchée : Le Chat qui venait du ciel.

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Voici un roman touché par la grâce, celle d’un chat » si petit et si frêle qu’on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l’extrême « . Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d’une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s’en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d’un immense et splendide jardin, et au cœur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l’incarnation même de l’âme du jardin, gagné peu à peu par l’abandon, foisonnant d’oiseaux et d’insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, car ce qui éveille en nous la beauté et appelle le bonheur est toujours en sursis…

Pourquoi ce choix ?

Si vous me suivez régulièrement, vous devez savoir à quel point j’aime mes chats et les chats en général. Cet animal semble avoir aussi la faveur des écrivain(e)s japonais(e) qui arrivent avec une grande poésie à retranscrire toute sa beauté et sa complexité.

Aimant à la fois sa liberté et son foyer, capable d’une grande indépendance comme d’une totale dévotion à l’égard des personnes qui auront su toucher son cœur, le chat possède cette noblesse de cœur et d’esprit que Takashi Hiraide a su subliment retranscrire dans son roman. L’auteur a également réussi à montrer de manière très touchante la place qu’un chat prend dans la vie de ses maîtres et les liens forts qui peuvent unir hommes et animaux.

Le Chat qui venait du ciel est un magnifique roman plein de poésie que je ne peux que conseiller à tous les amoureux des chats. Pour en apprendre un peu plus sur le roman, je vous invite à lire ma chronique.

Si vous aimez les chats et la littérature asiatique,  20 ans avec mon chat devrait également vous toucher.

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Et vous, Le chat qui venait du ciel vous tente ?

Throwback Thursday Livresque #84 : un roman lu l’été dernier (ou plusieurs, relâchez-vous, les vacances arrivent)

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Thème de la semaine : un roman lu l’été dernier (ou plusieurs, relâchez-vous, les vacances arrivent)

Pour ce thème, j’ai eu envie de vous parler d’un superbe livre : Haïkus et notes de voyage de Bashô. Alors je triche un peu puisqu’il ne s’agit pas d’un roman, mais j’espère que Bettie me pardonnera cette petite entorse.

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Bashô (1644-1694), moine errant, poète parmi les plus célèbres du Japon, est considéré comme le père du Haïku et l´un de ses plus grands maîtres.

Imprégné de sa pratique méditative zen, il lui donne sa structure et surtout son esprit : un tercet très court qui saisit l´essence de l´instant présent.

Ce carnet de voyage, qui associe prose allusive et haïkus d´une saisissante vitalité, marque un tournant dans la vie et l´œuvre du poète. Suite au décès de sa mère, quittant sa vie sédentaire de Maître de poésie reconnu, il se lance dans une quête d´absolu, de total dépouillement, pour revenir à la pureté de l´expérience immédiate.

Les superbes haïga de Manda nous accompagnent dans ce voyage au cœur du Japon éternel et de l´intime aventure humaine.

POURQUOI CE CHOIX ?

Même si ce n’est pas une réalité absolue, j’imagine aisément que vous serez nombreux à partir en vacances cet été, certains d’entre vous se lançant même, peut-être, dans de longues randonnées.

Que vous optiez pour vos jambes ou un moyen de transport motorisé, ce superbe carnet de voyage dans lequel sont regroupés des haïkus de Bashô illustrés me semble être le compagnon de route idéal. Au gré de vos balades et de vos visites, vous pourrez vous plonger à loisir et avec délectations dans la vie d’un poète encore trop peu connu en Occident.

Alors que vous partiez ou non en vacances, laissez-vous tenter par ce « voyage » en lecture qui devrait vous assurer de très beaux souvenirs pour cet été 2018.

Pour en apprendre plus, je vous invite à lire ma chronique de Haïkus et notes de voyage dont voici la conclusion :

Haïkus et notes de voyage est un petit bijou que je conseille à toutes les personnes qui ont envie de voyager, qui aiment les haïkus, la poésie, les jolies illustrations, le Japon ou qui sont simplement curieuses de découvrir une autre culture à travers un livre mêlant habilement art littéraire et art pictural.

Un joli cadeau à faire ou à se faire !

Et vous, envie de découvrir ce très bel ouvrage ?

 

Couleurs chimères, Philippe Devos

Je remercie Philippe Devos de m’avoir proposé de découvrir son très beau livre de poèmes illustré par la talentueuse Laura Hedon.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Aucun texte alternatif disponible.

AVIS

Je ne note plus les livres que je chronique sur mon blog, car le côté scolaire me gêne un peu. Mais je continue à le faire sur les réseaux littéraires comme Livraddict et c’est un 20/20 que je donne à cet ouvrage ! Une note que je n’attribue que très rarement, mais qui s’impose ici d’elle-même. Je tends à être pointilleuse pouvant relever d’infimes détails qui me perturbent quand beaucoup d’autres lecteurs n’en ont que cure. Alors quand je découvre un livre qui fait un sans-faute, je me dois de le signaler…

Contrairement à un roman, il n’y a ici point d’histoires à décortiquer ou de personnages à analyser, mais seulement le lecteur face à des mots et à des tableaux qui ne pourront que susciter en lui diverses émotions. La poésie étant un art littéraire à part qui met l’individu face à lui-même, chaque lecteur vivra la lecture de ce très beau recueil différemment. Mais ce qui est certain, c’est que tous devraient prendre plaisir à se laisser porter par cette magie des mots et des couleurs qui prend vie sous leurs yeux.

Philippe Devos partage ainsi avec nous des rimes et des vers sur des sujets variés, parfois empreints d’onirisme, parfois plus durs : le travail et l’aliénation par le travail, le monde marin avec ses légendes, la mythologie, la folie, la peine, la mélancolie, l’amour, la mort… Et puis, il y a les signes du zodiaque, ces signes que chacun connaît et auxquels on attribue une importance plus ou moins grande en fonction de ses propres croyances. À ma grande surprise, j’ai été touchée par les poèmes relatifs à ces signes alors que dans la vie courante, c’est un sujet qui ne m’intéresse pas. Il faut dire que l’interprétation pleine de sensibilité qu’en fait l’auteur ne peut que m’interpeller…

La variété des thèmes abordés permettra à chaque lecteur de trouver plusieurs poèmes qui le touchent plus particulièrement. À travers une plume parfois enjouée et optimiste, parfois plus triste et dure, l’auteur saura éveiller en chacun d’entre nous des émotions et des sensations intenses. Et à cet égard, les illustrations de Laura Hedon montrent toute leur importance. Parfaitement en harmonie avec les poèmes de Philippe Devos, elles contribuent à nous immerger dans ses écrits qu’elle rend presque palpables. On a ainsi la sensation, devant chaque tableau, de voir les scènes représentées prendre vie sous nos yeux…

En mêlant poèmes et dessins, l’auteur a veillé à rendre son recueil accessible à tous. Que l’on soit un amateur de poésie ou un néophyte en la matière, on ne se sent pas écrasé par le poids des mots ou la peur de ne pas en saisir l’essence. C’est donc sans appréhension qu’on se lance dans la lecture de ces poèmes, une première fois puis une seconde fois… Je ne suis pas friande de relecture, mais la beauté des textes et des illustrations ne peut que donner envie de se plonger encore et encore dans l’ouvrage. Une relecture qui nous permet d’admirer plus en détail l’onirisme qui se dégage de la plume de l’auteur et des tableaux de Laura Hedon qui retranscrivent à merveille la pensée de ce dernier. Admirez, par exemple, cette chevelure, prolongement naturel et délicat de la terre…

« Sur une terre en friche
Ma chevelure s’est prise »

Aucun texte alternatif disponible.

Soleil et nuit, amour et mort, joie et peine, espoir et désillusion…  Poèmes et illustrations alternent entre ténèbres et lumière, à l’image de cette vie humaine rythmée par l’amour et la mort. Deux concepts qui vibrent parfois à l’unisson comme dans Croque, un poème aussi beau que triste. Je ne suis pas une grande romantique dans l’âme, mais je trouve qu’il se dégage de ce texte et du tableau, une grande sensibilité et cette impression d’union dans la mort. Ces deux amoureux dans les bras l’un de l’autre alors que planent au-dessus d’eux la mort et sa faux m’ont touchée. Ils possèdent ce quelque chose de beau et de dramatique qui n’est pas sans rappeler Roméo et Juliette.

Aucun texte alternatif disponible.

L’ouvrage contenant plus de 60 poèmes, je ne pourrai pas vous présenter chacun d’entre eux, mais ce qui est certain, c’est que tous, à leur manière, ont provoqué quelque chose en moi : tendresse, émerveillement, questionnement, dégoût, peur… J’ai adoré parcourir d’abord avec avidité puis avec plus d’attention ces poèmes, l’agencement des mots, leur sonorité, la précision du vocable utilisé…La plume  de l’auteur se veut belle et recherchée sans pour autant être pédante. On sent l’amour de la langue et le plaisir pris à faire vivre des mots qui finissent par prendre leur envol et toucher le cœur des lecteurs.

À travers des dessins parfois très doux, parfois très sombres, des jeux de lumière et de contraste, et de magnifiques dégradés de couleurs, Laura Hedon a su, quant à elle, nous transmettre toute l’intensité et la profondeur des écrits de Philippe Devos. Tout en laissant une large place à l’imagination des lecteurs, elle nous propose, en outre, des tableaux riches en détail, ce qui permettra à chacun de donner corps aux poèmes sans pour autant s’enfermer dans une stricte interprétation.

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En conclusion, je serai brève en vous invitant seulement à vous laisser bercer par la magnifique plume aux multiples facettes de Philippe Devos. Amoureux ou non de poésie, beaucoup de lecteurs devraient parcourir les yeux remplis de magie ce recueil de poèmes illustré d’une main de maître par Laura Hedon. Car ici, plus que de jolis textes, c’est un ensemble harmonieux de mots et d’images que le couple auteur/illustrateur met à votre portée. Il serait dommage de passer à côté des émotions que cette lecture devrait vous procurer.

Retrouvez Couleurs Chimères sur le site des éditions Stellamaris.

Fabuleux nectar, Vincent Portugal

J’ai découvert ce roman dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie imaginaire.

Prix des auteurs o

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Du haut de sa tour du Palais Suspendu, Misha étudie ses grimoires et réchauffe ses alambics. L’alchimiste du roi est un créateur talentueux. Il invente des sortilèges et murmure des poèmes pour transformer la magie en outils insolites.
Son quotidien est bouleversé par la capture de trois rebelles des îles Liberté qui luttent pour leur indépendance. Pourquoi la princesse Séléna s’est-elle livrée à ses ennemis ? L’alchimiste soupçonne la prisonnière de profiter de sa captivité pour leur tendre un piège.
La belle étrangère prétend que son navire contient des trésors dignes des légendes, l’héritage d’un antique peuple des mers. Ses ruses et ses manigances se teintent de mystère, de magie, et d’une alchimie fabuleuse qui pourrait changer le destin du royaume.

  • Broché: 156 pages
  • Editeur : Vincent Portugal;
  • Prix : 2.99€ (compatible abonnement Kindle Amazon)
  • Autre format : broché (9.90€)

AVIS

Si vous me lisez régulièrement, vous devez vous douter que mon intérêt pour ce livre a été éveillé dès la découverte de sa couverture que je trouve plutôt attractive. En plus du côté esthétique, j’ai été intriguée par la présence de sirènes, une créature que j’affectionne beaucoup bien qu’elle soit finalement assez peu représentée dans la littérature…

Dans ce roman, les sirènes sont présentes en filigrane puisque leur mythe est mis en avant par la princesse Séléna des îles Liberté qui, avec deux autres compagnons, a été capturée par le roi Alexander. Cette princesse, à la forte personnalité, s’est donnée comme mission de gagner l’indépendance de ses chères îles que le roi asphyxie par la levée d’impôts injustes et de plus en plus importants. Et pour ce faire, quoi de mieux que de lui faire miroiter l’existence de multiples richesses héritées d’antiques descendants ayant quitté la terre ferme pour les profondeurs de l’océan ? En offrant à ce roi la promesse d’un partage de ces trésors et des revenus des îles Liberté, la princesse espère ainsi faire cesser une guerre coûteuse en vies pour les siens et en argent pour le roi. Un accord qui devrait se révéler gagnant-gagnant pour chacun à moins que la princesse et ses acolytes ne gardent encore quelques secrets comme la provenance de ce mystérieux nectar qui affole les sens du roi et l’imagination de la cour…

Ce roman m’a assez surprise, dans le bon sens du terme, dans la mesure où je n’avais pas anticipé la tournure prise par l’histoire. Je m’attendais à un récit empreint de magie, j’ai trouvé un récit empreint de magie, de poésie, mais surtout de politique, de manigances en tout genre et de faux-semblants. Alors je vous rassure, l’auteur ne nous présente pas un débat politique rébarbatif, mais plutôt une histoire où les enjeux politiques et économiques sont au cœur de tout. Ils se révèlent d’ailleurs, bien que pour des raisons différentes, d’une importance capitale pour Séléna et son peuple, et pour le roi et l’affirmation de son autorité.

Au milieu de tout ça, nous avons l’alchimiste du roi, Misha, qui est accompagné d’un Djinn que j’ai beaucoup apprécié. Jouant un peu le rôle de Jiminy Cricket pour l’alchimiste, le Djinn tentera de le guider et de le soutenir sans se départir d’un certain humour qui rend le personnage plutôt attachant. Les échanges entre l’humain et son compagnon surnaturel sont donc plaisants à suivre bien que j’aurais adoré que le Djinn soit encore plus présent… Quoi qu’il en soit, le Djinn sait faire preuve de dérision tout en sachant également soutenir inconditionnellement son ami même dans les situations qui, à première vue, semblent mal engagées…

Et de ce soutien, Misha en aura fort besoin puisque bien qu’intelligent et très doué quand il est question de magie, il semble dépassé quand il s’agit de politique… Il sera néanmoins le premier et le seul à douter de l’existence des sirènes tellement vantée par Séléna. Et il sera encore le seul à deviner que la princesse est bien plus dangereuse que ce qu’elle aimerait faire croire… Troublé par l’influence grandissante de la captive sur son roi, il lui sera toutefois difficile de faire entendre sa voix face à un souverain bourru et assez impulsif d’autant que le caractère un peu mou de Misha ne l’aide pas vraiment à s’imposer. C’est un petit génie de la magie, mais c’est aussi une personne timorée qui, face à ses privilèges nouvellement acquis, n’est pas prompte à défendre ses opinions pacifiques. Contre la guerre et le détournement de ses inventions pour exterminer le peuple des îles Libertés, il préféra donc fermer les yeux plutôt que de monter au créneau et refuser de continuer à servir le roi.

Je dois avouer que ce personnage m’a parfois un peu agacée ne supportant pas les gens qui ont des prétendus idéaux, mais qui les bafouent allègrement dès que leur petit confort entre en jeu. Et c’est exactement ce que fait Misha jusqu’à sa rencontre avec la princesse et son garde du corps. Il va très vite être confronté au mépris de ces deux individus pour un homme qui a mis son savoir magique au service de la destruction plutôt que de l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Heureusement, petit à petit, Misha va évoluer et s’interroger sur ses actions jusqu’à avoir une certaine prise de conscience qui ne lui permet plus de se dédouaner de sa part de responsabilité dans le massacre d’innocents…

J’ai donc apprécié que l’auteur fasse évoluer progressivement son protagoniste comme j’ai aimé qu’il mette sur sa route, une femme forte et auréolée d’un certain mystère. Farouche, intelligente tout en étant prête à des actes de bravoure frôlant la folie pour protéger les siens, envoûtante, habile conteuse et négociatrice, les deux allant souvent de pair, Séléna est définitivement une femme qui possède un charisme fou. On l’imagine sans peine galvaniser les foules ! D’ailleurs, le roi lui-même semble ensorcelé par cette beauté… Découvrir cette femme fut un réel plaisir même si j’aurais aimé en apprendre plus sur cette princesse déterminée à sauver son peuple. Mais ça, c’est la faute de l’auteur qui a su donner vie à un personnage tellement intéressant que l’on aurait envie de lire des pages et des pages sur ses aventures et ses pensées. J’ai ainsi adoré m’interroger sur ses motivations, essayer de deviner ses intentions, tenter de cerner le vrai du faux de ses récits fabuleux sur les sirènes… En d’autres mots, comme le roi, je me suis laissée envoûter par cette femme qui a tout pour devenir une souveraine respectée et redoutable. Il vaut mieux donc l’avoir de son côté, ce que va découvrir de manière assez brutale notre alchimiste.

Au-delà des personnages, l’univers imaginé par l’auteur est un pur délice à découvrir d’autant que d’une plume élégante et poétique, il nous immerge dans son récit où la magie et la poésie sont intrinsèquement liées. Dans ce roman, il ne vous faudra pas, en effet, savoir manier la baguette pour lancer des sortilèges. Il vous faudra plutôt apprendre à manier avec délicatesse les mots et les rimes. Et attention aux plus distraits des alchimistes, la poésie pouvant se révéler mortelle quand elle n’est pas déclamée de manière rigoureuse et réfléchie. Lier magie et poésie est certainement l’idée qui m’a le plus séduite dans cette histoire puisque j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait, par ce biais, le côté presque enchanteur de la poésie. J’ai, dans tous les cas, fortement apprécié la place donnée à la poésie, un art que notre alchimiste maîtrise à merveille. J’aurais d’ailleurs adoré trouver, en fin d’ouvrage, certains de ses poèmes-sortilèges. Si vous êtes dans mon cas, vous apprécierez néanmoins la présence de poèmes, extraits de traités d’alchimie, en début de chapitre… Un petit plus qui contribue au charme qui se dégage de cet univers aussi dangereux que poétique :

« Des arômes boisés, souvenirs d’une épave,
Caressent le palais dont je me sais l’esclave.
Chêne, pin, acajou ? Qu’importe la résine !
Les trésors se goûtent ; la route se devine. »

« Pilleurs d’épaves »
L’Alchimie du Goût – Poèmes gustatifs et applications, Vol. I

En conclusion, en nous offrant une plongée dans un univers imaginaire teinté de poésie et de magie, l’auteur arrive à concilier les amateurs d’histoires fantastiques et les amateurs de jolis textes. Quant aux lecteurs avides de rencontrer des personnages qui leur réservent quelques surprises, Fabuleux nectar devrait les séduire.

A noter une interview de l’auteur sur le site du Prix des auteurs inconnus, une manière intéressante d’en apprendre plus sur l’auteur et son univers. Découvrez également, sur le site, les chroniques des autres membres du jury

Photo de la page FB de l’auteur

Site de l’auteurPage FB de l’auteur

Et vous, envie de feuilleter ou de craquer pour Fabuleux Nectar ?

 

 

Alix et le chevalier du temps Tome 1: Jacquet, le Chevalier Trouvère, Sophie Swag

Alix et le chevalier du temps de Sophie Swag est un service presse un peu spécial dans la mesure où il m’a été envoyé par Magali de Lectures familiales en accord avec l’auteure. Je les remercie toutes les deux.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Entrez dans l’univers du trouvère Jacquet rentrant de croisade en son fief d’Aiguières près du bourg de Mesnac. Il retrouve les siens et ses terres où il organise tournois, banquets, chasses et chante l’amour des combats. Dans cette saga chevaleresque, il défiera les traitres, il côtoiera les Templiers, la sorcellerie du Mage et adoptera un enfant d’une haute lignée

Dans sa vie de trouvère, Jacquet découvre qu’il a un fabuleux pouvoir, celui de voyager dans le futur par l’intermédiaire du passage du miroir. Téléporté au XXIe siècle, il fera la connaissance d’Alix dans sa salle de bains qui lui ressemble étrangement. Va-t-il percer ce secret ?

AVIS

De l’esthétique du livre

Dès la découverte du livre, on ne peut que se rendre compte du soin apporté par l’auteure à son élaboration : un grand format permettant une prise en main juste parfaite, une taille de police importante qui offre un certain confort de lecture que la très grande myope en moi a fort apprécié, du papier glacé rendant le contact avec les pages agréable tout en conférant un certain cachet au livre et surtout, des photos sur chaque page.

Celles-ci contribuent fortement à vous immerger dans l’histoire. Vous avez ainsi l’impression, en les admirant, d’un voyage dans le temps aux côtés de notre chevalier…

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En plus des photos, une petite fresque agrémente chaque nouvelle partie du livre :

La seule chose qui m’a un peu déstabilisée, c’est l’absence de pagination. Ce petit détail s’est révélé gênant pour noter les passages que j’ai particulièrement appréciés. Je me suis résolue à simplement les prendre en photos, mais pouvoir y revenir à loisir en se référant à un numéro de page aurait somme toute était plus plaisant. A noter que l’absence de pagination n’est pas un fait de l’auteur, mais le souhait de sa maison d’édition de l’époque.

De la poésie qui se lit comme un roman…

La poésie peut faire peur, moi-même n’étant pas toujours très à l’aise avec l’idée de chroniquer des livres de ce genre, mais Alix et le chevalier du temps a cette force d’être de la poésie sans en être. En effet, nous ne sommes pas dans un recueil de poésies classique avec des pages qui n’ont pas de lien logique entre elles si ce n’est parfois un thème.

Sophie Swag vous offre ici un texte versifié qui se lit comme une histoire classique ! Cela en rend la lecture agréable, rapide et surtout naturelle. Pour ma part, j’ai lu le livre comme si c’était un roman illustré et l’ai terminé en une soirée sans avoir l’impression d’un trop-plein d’abstrait.

Au contraire, j’ai complètement été immergée dans cette histoire de chevalier à cheval entre deux époques, j’ai aimé suivre ses aventures, mais aussi celles d’autres personnages ; j’ai aimé être plongée dans une ambiance très médiévale avec ses châteaux, ses chevaliers, ses guerres, ses trahisons et alliances, ses us et coutumes, son amour courtois, ses joutes entre chevaliers…

J’ai en outre beaucoup aimé que l’auteure apporte une touche de fantastique avec la capacité du chevalier de traverser, grâce à l’aide d’un mage, les couloirs du temps (toute référence à une célèbre série de films n’est pas fortuite). J’aurais peut-être apprécié que cet aspect soit encore plus développé, mais il n’empêche que cette touche de magie suffit à rendre l’intrigue encore plus prenante d’autant que notre chevalier apprendra, à ses dépens, qu’on ne joue pas avec les rouages du temps en toute impunité.

La fin de l’ouvrage laisse entrevoir de nouvelles péripéties pour notre héros, et, je l’espère, une plus large place laissée à Alix que l’on n’aperçoit pas assez à mon goût. Je suis assez curieuse de découvrir ce que l’auteure va faire de la relation plus qu’étonnante qui unit ces deux personnages… Un mystère que je découvrirai avec plaisir dans le tome 2 prévu pour juin 2017.

En conclusion, si vous aimez les histoires de chevaliers et que vous avez envie d’être plongé dans une ambiance médiévale grâce à l’intrigue et aux photos, Alix et le chevalier du temps est fait pour vous. Si en plus, vous aimez les textes poétiques qui vous font voyager au gré de leurs rimes, ce livre vous enchantera comme il l’a fait pour moi.

Pour acheter le livre (site de l’auteure) – Page FB de l’auteure

Chimères de verre, Grâce Minlibé

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Quand Grâce Minlibé m’a proposé de lire son livre de poésie, Chimères de verre publié chez Edilivre, je n’ai pas trop hésité d’autant que c’est un genre littéraire que j’essaie de découvrir. Je remercie donc l’auteure pour sa proposition.

Dès l’ebook reçu, j’ai parcouru quelques poèmes avant de laisser le recueil de côté pour m’y plonger à tête reposée.

PRÉSENTATION

« La première vertu de la poésie aussi bien pour le poète que pour le lecteur, est la révélation de l’être. » L’auteure se révèle donc, fait parler ses chimères si fragiles au point de se briser.

Passion, Désillusion, Trahison, Vice, Cupidité, Solitude, Exil, Immigration, l’auteure exploite chacun de ces thèmes avec la candeur de l’adolescence et fait de Chimères de verre, un véritable journal intime partagé.

  • Nombre de pages : 82
  • Date de publication : 10 décembre 2014
  • Ebook : 1,99€
  • Autre format : broché (12€)

L’AUTEURE (infos du site Edilivre)

Née à Bingerville en Côte d’Ivoire, Grâce Minlibé est passionnée de lecture depuis sa tendre enfance. À l’adolescence, elle s‘essaie à l’écriture. En découvrant les vertus de la poésie, elle décide d’utiliser ce genre littéraire aux formes variées comme courroie de transmission pour exprimer ses maux et ses espérances.

Chimères de verre est le premier recueil de poèmes de l’auteure.

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AVIS

Des poèmes qui se lisent à plusieurs niveaux mais toujours d’une grande sensibilité…

Quand je lis un recueil de poésie, je réalise toujours une première lecture suivant scrupuleusement l’ordre établi par l’auteur puis, je m’en remets au hasard ou à mon humeur du moment pour picorer un poème par-ci, un poème par-là.

Le cerveau humain a cette horreur du vide et son corollaire, ce besoin de réponses qui font que, presque miraculeusement, cette lecture anarchique est souvent porteuse de sens. On découvre un sens caché derrière les mots ou l’on s’aperçoit d’une profondeur dans l’enchaînement des vers qu’une lecture plus superficielle ne nous avait pas permis de saisir…

Les poèmes de Grâce Minlibé en sont un parfait exemple. D’un abord très simple, ils offrent un agréable moment de lecture d’autant que la plume de l’auteure se révèle fluide et plaisante. Puis, si l’on prend le temps de relire attentivement les poèmes, on découvre toute la sensibilité et la profondeur qui s’en détachent.

Au final, en fonction de son vécu, de sa personnalité et du moment où l’on parcourt l’ouvrage, chacun ressentira ces poèmes différemment, mais la plupart du temps, avec une certaine intensité émotionnelle. En effet, à la lecture de ses vers, on se rend compte que la poétesse se met à nu pour nous confier, comme elle le ferait au creux de l’oreille d’une confidente ou en couchant ses pensées sur un journal intime, tous ses maux en mots. On devine ainsi une femme sensible, à fleur de peau… En d’autres termes, une femme touchante.

Des sujets sensibles qui peuvent concerner tout le monde…

Comme le mentionne la présentation, les sujets abordés dans le recueil sont variés : les déceptions sentimentales, la fin d’une relation, une certaine nostalgie du passé, le racisme, la trahison, la manipulation, la luxure, l’avortement …

Chacun devrait y retrouver une ou plusieurs situations vécues, directement ou indirectement, ce qui suscite inexorablement un florilège d’émotions et de pensées. Ainsi, certains poèmes m’ont émue, ont réveillé des souvenirs alors que d’autres m’ont fait réfléchir voire, plus rarement, m’ont agacée.

En partageant sans voilage ni faux-semblants ses émotions, Grâce (le sentiment de proximité suscité par ses poèmes donne envie de faire sauter la barrière du nom) crée une certaine connivence avec le lecteur. Et alors, comme avec un proche, on a parfois envie de la consoler et de l’écouter sans rien dire conscient que seule une oreille attentive pourrait apaiser ses peines et puis parfois, on a envie de la « secouer » pour la faire réagir et lui prouver que tout va s’arranger.

A noter que les sujets abordés dans le livre ne sont pas particulièrement joyeux mais, leur dureté est, dans une certaine mesure, adoucie par la plume de l’auteure. Les vers sont fluides et s’enchaînent naturellement comme s’ils coulaient de source. Le vocabulaire employé est en outre recherché ce qui est pour moi un gros point positif ; comme avec Amélie Nothomb, il m’a fallu sortir deux ou trois fois mon dictionnaire.

Deux petits points …

Dans cette lecture, seuls deux points m’ont un peu gênée dont un qui m’est personnel.

Le premier est l’absence de présentation de l’auteure et des circonstances de l’écriture de ces poèmes dans la version numérique du livre. Avec un roman, cela ne gêne pas mais l’intimité qui se dégage des poèmes me semble requérir d’en apprendre un peu sur leur auteure. Heureusement, vous trouverez quelques informations sur le site d’Edilivre et sur la version papier. Et puis l’auteure précise que cela est une démarche volontaire :

« J’ai vraiment voulu garder l’esprit du 1er carnet où j’écrivais mes poèmes. Dans ce carnet je ne me présentais pas et n’évoquais pas le pourquoi de ces poèmes. Je ne faisais qu’écrire. « 

Enfin, l’amour, notamment durant l’adolescence de l’auteure, est un thème assez présent dans l’ouvrage. Or, c’est un thème qui ne me parle pas outre mesure. Je vous rassure, je ne suis pas insensible mais je n’ai jamais partagé les émois de mes camarades adolescentes et adolescents ni même de mes amis adultes. En la matière, je vise la simplicité et j’ai toujours évité les situations sentimentales inextricables ; être de nature plutôt solitaire étant un atout dans ce cas précis.

Par contre, j’ai trouvé les émotions décrites criantes de vérité au point de revivre certaines soirées à essayer de réconforter des amies, plus rarement des amis, sur un amour déçu, perdu ou compliqué. Si vous-mêmes avez vécu ce genre de situation, je pense vraiment que vous serez touchés par les écrits de Grâce Minlibé.

NOTE : 4/5

En conclusion, je conseille Chimères de verre à tous les amateurs ou non, de textes poétiques et de jolis mots. Parce qu’ils sont le reflet de l’expérience de vie d’une personne, ces poèmes devraient vous toucher, vous émouvoir, vous faire réfléchir, vous agacer… mais jamais vous laisser de marbre.

Vous verrez que la force des poèmes de Grâce Minlibé, c’est que pour les apprécier à leur juste valeur, il ne suffit pas de les lire, il faut également les vivre.

NB : l’auteure possède une page Facebook ainsi qu’un blog que je vous conseille de consulter si vous désirez en apprendre plus sur cette dernière. N’hésitez pas à la contacter pour lui poser des questions, c’est une personne très accessible avec laquelle il est agréable d’échanger.

 

 

Sansonnets, un cygne à l’envers : Cent sonnets insignes allant vers…., Pierre Thiry

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J’ai découvert Sansonnets, un cygne à l’envers sur Facebook. Son auteur, Pierre Thiry, proposait aux blogueurs intéressés de leur envoyer un exemplaire de son ouvrage en échange d’une chronique.

Connaissant peu la poésie, j’ai d’abord préféré ne pas tenter l’aventure avant de changer d’avis et de contacter l’auteur. J’ai ainsi reçu quelques jours plus tard le livre que, mue par une certaine curiosité, j’ai commencé le jour même.

PRÉSENTATION

Ces cent sonnets ont été écrits un peu n’importe quand, lorsque j’avais du temps : à l’arrêt d’autobus, sur le quai de la gare SNCF, dans un train, sur une terrasse de café, dans une salle d’attente, sur un coin de table durant un repas ennuyeux, dans ma cuisine, dans mon bureau, dans un magasin de chaussures, en attendant mon tour à La Poste, en discutant avec ma coiffeuse, en attendant un dessert au restaurant, en marchant en forêt, en essayant une nouvelle chemise, en lisant un livre, en marchant sous la pluie, en savourant un concert, en rêvant au sourire chaleureux de la meilleure des amies, en écoutant converser les sansonnets au-dessus de l’étang des cygnes…

  • Broché: 126 pages
  • Editeur : Books on Demand (25 février 2015)
  • Prix : 7€

AVIS

De la poésie ou des jolis mots à la portée de tous… 

La poésie tend à m’intimider bien que plus jeune, je l’appréciais beaucoup. Ayant ce sentiment de ne pas maîtriser tous ses codes ou de ne pas savoir apprécier les beaux mots des poètes à leur juste valeur, j’ai depuis de nombreuses années tendance à ignorer ce genre. Cependant, Sansonnets un cygne à l’envers m’a, dès les toutes premières pages, fait oublier cette crainte.

Pierre Thiry a écrit ses sonnets n’importe quand au gré des occasions et, je le suppose, de son inspiration :  » à l’arrêt d’autobus, sur le quai de la gare SNCF, dans un train, sur une terrasse de café, dans une salle d’attente, sur un coin de table durant un repas ennuyeux… ». Cette manière de procéder m’a donné le sentiment d’une certaine « proximité » avec l’auteur puisque les situations évoquées dans les sonnets sont celles de la vie quotidienne. Cela permet d’ancrer dans la réalité des sonnets qui peuvent parfois donner le sentiment d’appartenir à un autre monde, celui des poètes.

Par sa manière d’aborder la poésie, bien que l’auteur ne considère pas forcément que ses sonnets soient des poèmes, Pierre Thiry rend accessible à tous son ouvrage et désacralise un genre presque apparenté au divin. Si je ne qualifierais pas le livre d’universel, nul doute qu’il pourra plaire à tous les amoureux des mots.

Une lecture guidée…

J’ai en outre beaucoup apprécié la manière dont l’écrivain a su guider le lecteur dans sa découverte de l’ouvrage que ce soit par le truchement des notes de bas de pages ou encore sa postface que j’ai d’ailleurs lue en premier afin de mieux appréhender ma lecture.

Mais ce que j’ai le plus aimé ce sont les titres des sonnets que j’ai trouvés extrêmement bien choisis et qui, plus d’une fois, m’ont faite sourire. Si j’ai d’abord lu une première fois l’ouvrage dans l’ordre, j’ai ensuite relu certains des sonnets en me basant uniquement sur les titres en fonction des émotions qu’ils éveillaient en moi.

Une ode au partage

On peut avoir la tentation de garder ce livre dans sa bibliothèque veillant jalousement sur cette pépite ou au contraire, décider de partager avec son entourage ces sonnets en ayant la quasi-certitude que certains résonneront chez l’Autre. C’est pour ma part cette dernière option que j’ai choisie en faisant de Sansonnets, un cygne à l’envers un livre voyageur.

Il va ainsi aller à la rencontre de mon père, grand lecteur mais peu coutumier de la poésie et de sa meilleure amie, elle-même écrivaine auto-éditée de poésie. A son retour, je proposerai ce livre sur le blog pour qu’il puisse découvrir d’autres lecteurs. Puis, à l’issue de ses différents voyages, il prendra un repos bien mérité dans ma bibliothèque.

Un livre à petit prix mais de grande qualité…

Je commente rarement le prix d’un livre la question restant somme toute sensible et très subjective. Néanmoins, je trouve que le prix de cet ouvrage (7€) est vraiment très correct si l’on considère la qualité du travail de l’auteur mais également du livre en lui-même. C’est un bel objet à avoir dans sa bibliothèque d’autant qu’il fait partie de ces ouvrages qui, comme un peu avec le vin, se bonifie au fil du temps et des relectures.

J’ai été ravie de découvrir ce livre et à travers celui-ci, « rencontrer » son auteur puisque la poésie a ce quelque chose d’intimiste qu’un roman ne possède pas forcément. Par ses sonnets, Pierre Thiry nous offre un peu de lui-même… L’expérience a été tellement concluante que je pense acheter un de ses deux romans voire son conte, ayant conservé mon âme d’enfant.

Évidemment, je n’ai pas apprécié tous les sonnets de la même manière certains m’ayant plus touchée, marquée ou amusée que d’autres. Néanmoins, il n’y en a aucun que je n’ai pas aimé ou pire, qui m’a indifférée.

L’AUTEUR

Pierre Thiry a publié deux romans: «Ramsès au pays des points-virgules» (2009) et «Le Mystère du pont Gustave-Flaubert» (2012), un recueil de sonnets: «Sansonnets, un cygne à l’envers» (2015), un conte pour enfants : «Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines» (illustré par Myriam Saci).
Il travaille actuellement à l’écriture d’un nouveau roman.
Il a été administrateur de théâtre, vendeur de disques, programmateur de concerts. Il aime flâner chez les bouquinistes, jouer du violoncelle, écrire le soir à la lueur d’une chandelle. Il anime régulièrement des ateliers d’écriture.

Site officiel : http://charles-hockolmess.e-monsite.com/

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Photo du site Babelio

NOTE : 4,5/5

NB : il y a quelque chose de presque trivial à noter un livre d’une telle poésie. Alors plus qu’une note selon des critères littéraires, il est ici avant tout question d’une rencontre entre une lectrice et un auteur. 

CONCLUSION

En quelques mots ou plutôt en cent sonnets, Pierre Thiry vous offre une lecture plaisante, parfois drôle, empreinte de poésie. Par son détachement aux règles parfois rigides de la littérature et a fortiori de la poésie, l’auteur rend son ouvrage accessible à tous. Libre de tout carcan, le lecteur se laisse alors guider par les mots avec lesquels l’auteur se plaît à jouer. Je ne peux donc que conseiller ce livre à tous, des passionnés de jolis mots aux simples lecteurs avides de belles découvertes en passant par les lecteurs occasionnels que la littérature traditionnelle intimide.

Et puis qui sait, à la fin de votre lecture, vous aurez peut-être envie de laisser votre place de lecteur pour celle d’auteur. Mais chut, je m’arrête là, il vous faudra vous essayer au plaisir des mots de Pierre Thiry pour en savoir plus.

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