Sous le compost, Nicolas Maleski

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« Si ma femme n’avait pas commencé à me tromper, je n’aurais probablement jamais versé dans l’extra-conjugalité. »

Gisèle est vétérinaire de campagne, Franck s’est voulu écrivain. Il est désormais père au foyer. Pas de méprise, ce statut est une source intarissable de joie. Car en plus de lui assurer un temps précieux auprès de ses filles, il le dispense de côtoyer ses semblables.
Hormis la fréquentation de quelques soiffards, cyclistes tout-terrain ou misanthropes à mi-temps comme lui, Franck Van Penitas peut se targuer de mener une existence conforme à son tempérament : ritualisée et quasi solitaire. Son potager en est la preuve, où aucun nuisible susceptible d’entraver ce rêve d’autarcie ne survit bien longtemps. Franck traque la météo et transperce à coups de bêche les bestioles aventureuses.
Jusqu’à ce jour où une lettre anonyme lui parvient, révélant l’infidélité de sa femme.
Face à un événement aussi cataclysmique que banal, n’est pas Van Penitas qui veut. Accablement ? Coup de sang ? Répartition des blâmes ? Très peu pour lui. Franck a beau être un garçon régulier, il n’en est pas moins tout à fait surprenant et modifier son bel équilibre n’entre guère dans ses vues. Son immersion en territoire adultérin, le temps d’un été, prendra l’allure d’un étrange et drolatique roman noir conjugal.

HarperCollins (8 janvier 2020) – 256 pages – Poche (7,50€)

AVIS

Sous le compost est une lecture assez déroutante dans le sens où l’on se laisse guider par l’auteur sans vraiment savoir où il veut nous emmener. Pas grave me direz-vous, sa plume caustique et empreinte de cynisme s’assurant de happer l’attention des lecteurs dès les premières pages. Nous voilà donc plongés en pleine campagne dans la vie de Franck, un père au foyer passionné de jardinage et vouant une totale dévotion à ses trois filles qui emplissent bien son quotidien. On appréciera l’originalité puisque pour une fois, ce n’est pas à la femme qu’est attribué le rôle de fée du logis.

Entre son jardin qu’il soigne presque aussi bien que ses filles, la maison à gérer, les filles à dorloter doublement pour compenser l’absence de leur mère accaparée par son travail, et ses virées dans le bar du village avec ses deux potes, enfin connaissances parce que Franck n’aime pas trop  l’idée d’avoir des amis, il n’a clairement pas le temps de s’ennuyer ! Mais une lettre anonyme dénonçant l’infidélité de sa femme va venir donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Vexé, plus par l’outrecuidance de la personne qui a osé s’abaisser à un tel procédé que par le contenu de la lettre, il va faire ce que toute personne sensée aurait fait à sa place, se lancer dans l’expérience mouvementée de l’adultère.

Ce n’est pas le premier réflexe qui vous serait venu à l’esprit ? Moi non plus, mais vous verrez que Franck est un homme assez spécial. Cynique à souhait, solitaire et peu à l’aise en société, il ne nous apparaît pas forcément comme un homme attachant, mais nous nous prenons rapidement au jeu, suivant avec curiosité ses péripéties extra-conjugales qui vont le conduire sur des chemins inattendus et interdits. Il est assez surprenant de voir son manque d’émotions : pas de scène de ménage quand il pense que sa femme prend du bon temps avec un autre, pas de jalousie et aucune culpabilité à culbuter une autre femme sans être même certain que sa femme le trompe réellement. Pas le type d’homme que j’aimerais personnellement fréquenter même si j’apprécie qu’il assume sans complexe son rôle de père au foyer et de jardinier amateur et plutôt doué.

J’ai, en revanche, admiré sa femme qui essaie de faire ses preuves en tant que vétérinaire dans un milieu rural qui ne voit pas sa couleur de peau d’un bon œil. Je n’ai pas d’enfant, mais j’ai également compati devant ses difficultés à faire concilier sa vie de mère et ses impératifs professionnels, son métier requérant de passer de longues et nombreuses heures en-dehors du foyer familial. Raison, peut-être, pour laquelle j’ai trouvé le comportement de Franck tellement injuste et révoltant d’autant que ce dernier a apparemment du mal à comprendre la notion de consentement. Quelques scènes durant lesquelles il insiste pour avoir des relations sexuelles avec sa femme ou son amante m’ont ainsi particulièrement indisposée…

Durant tout le roman, on suit donc Franck dans sa double, voire triple vie, de père au foyer, d’amant et de copain de bar, notre homme ne rechignant pas à boire quelques bières avec deux hommes du village dont l’un finit par nous toucher par le drame qu’il a vécu une décennie plus tôt. Un autre incident, en fin de roman, vient apporter une petite dimension dramatique qui m’a bien plu d’autant que j’étais loin d’avoir anticipé la révélation finale qui nous permet de relativiser les petits secrets de Franck. Au passage, une petite critique acerbe des écrivains à succès, mais sans grand talent, m’a arraché quelques sourires puisqu’il faut reconnaître qu’il y a quand même du vrai dans le tableau peint par le très cynique Franck, lui-même écrivain qui s’est oublié dans sa vie de papa et mari.

En conclusion, Sous le compost est un roman atypique dont le charme réside dans le ton cynique et étrangement vif de l’auteur. Sous fond de jardinage, de tromperies et de médisance, l’auteur nous offre une plongée dans un monde rural bien moins paisible qu’il n’y paraît tout en questionnant la notion de couple et de sa déliquescence dans un quotidien rythmé par les obligations en tout genre. Un roman noir aux allures de fable cynique sur l’adultère et la faculté de certains à se perdre dans leurs fantasmes, il fallait oser. Nicolas Maleski l’a fait ! Cela ne plaira pas à tous les lecteurs, mais chacun devrait au moins être marqué par son audace et l’honnêteté rafraîchissante de sa plume.

Merci aux éditions HarperCollinsFrance pour cette lecture.

 

Premières lignes #32 : Cherub, Tome 1 : 100 jours en enfer, Robert Muchamore

Premi!èr-1

J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, je vais vous parler d’un livre que j’ai retrouvé dans ma bibliothèque en faisant du rangement, et que je ne me rappelais pas posséder : Cherub tome 1 de Robert Muchamore. La série semblant être à rallonge, je ne suis pas certaine de me lancer dans ce premier tome…

James, placé dans un orphelinat sordide à la mort de sa mère, ne tarde pas à tomber dans la délinquance. Il est alors recruté par CHERUB et va suivre un éprouvant programme d’entraînement avant de se voir confier sa première mission d’agent secret. Sera t-il capable de résister 100 jours ? 100 jours en enfer…

PREMIÈRES LIGNES

James Choke détestait les cours de chimie. Avant d’entrer au collège, il s’imaginait que cette discipline consistait à manier des tubes à essai afin de provoquer des jets de gaz et des gerbes d’étincelles. En réalité, il passait chaque leçon, assis sur un tabouret, à recopier les formules que Miss Voolt gribouillait sur le tableau noir, quarante ans après l’invention de la photocopieuse.

C’était l’avant-dernier cours de la journée. Dehors, la pluie tombait et le jour commençait à décliner. James somnolait. Le laboratoire était surchauffé, et il avait passé une grande partie de la nuit précédente à jouer à Grand Theft Auto.

Samantha Jennings était assise à ses côtés. Les professeurs adoraient son caractère volontaire, son uniforme impeccable et ses ongles vernis. Elle prenait ses notes avec trois stylos de couleurs différentes et couvrait ses cahiers pour les garder en bon état. Mais dès qu’ils avaient le dos tourné, elle se comportait comme une vraie peau de vache. James la haïssait. Elle ne cessait de se moquer ouvertement de l’aspect physique de sa mère.

Si ces quelques lignes vous ont donné envie d’aller plus loin, vous pouvez feuilleter un extrait du roman sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ce livre ? Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

Voici les premières lignes des autres participants :

• La Chambre rose et noire
Songes d’une Walkyrie
Pousse de Gingko
Au baz’art des mots
La Marmotte qui lit
Ibidouu
Chronicroqueuse de livres
Chez Xander
Les livres de Rose
Les livres de George
La couleur des mots
Rêveuse Éveillée
Félicie lit aussi
La Booktillaise
Café littéraire gourmand
Lectrice assidue en devenir
Au détour d’un livre
La bibliothèque du manoir
Lady Butterfly & Co
World des books
Lectures de Laurine
Book & Share
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco
Chroniques étoilées
Bettie Rose Books
Les lectures de Martine
• La vie page à page…
In My Book World
Ombre Bones
Ghost buzzer
Les livres de Noémie
La Voleuse de Marque-pages
Ma petite Médiathèque
Les Chroniques d’Acherontia
Camellia Burows