Alana et l’enfant vampire, Cordélia #PLIB2021

Couverture Alana et l'enfant vampire

Alana en a marre. Ses parents et sa sœur sont encore partis gérer des conflits vampiriques sans elle ! Heureusement, sa meilleure copine Oli est là pour lui changer les idées : elle est persuadée que Joâo, le nouvel élève de leur classe, est un vampire ! Se pourrait-il qu’elle ait raison ? Et s’il leur révélait quelque chose d’encore plus terrible ?
Pour Alana, c’est l’occasion de prouver à sa famille qu’elle est capable de mener à bien une mission, malgré malgré ses déficiences physiques.

Scrineo (18 juin 2020) – Papier (14,90€) – Ebook (7,99€)
À partir de 12 ans – #ISBN9782367408651

AVIS

Dès le début, j’ai su que l’histoire me plairait, une question de connexion qui se fait ou non avec une plume et un style. Or, celle de Cordelia est indéniablement très agréable et puis, il y a quelque chose de très touchant et de naturel dans la manière dont s’exprime Alana, notre jeune héroïne.

Du haut de ses treize ans, Alana aimerait que ses parents lui fassent assez confiance pour l’emmener durant certaines de leurs missions de médiation entre les humains et les vampires. Un vœu pieux puisque c’est sa sœur aînée Alexia qui a leurs faveurs. Pour preuve, les voilà tous les trois partis pour une mission à Berlin, la laissant sous la surveillance de sa grand-mère. Alana adore son aïeule, là n’est pas la question, mais est-ce vraiment trop demander qu’on oublie sa dernière petite erreur et qu’on lui donne enfin l’occasion de faire ses débuts dans le monde très secret des médiateurs ?

Mais il faut parfois faire attention à ce que l’on souhaite… Et si le petit nouveau du collège, quelque peu taiseux et mystérieux, était un vampire et la preuve qu’une loi vampirique avait été brisée en même temps qu’un tabou ? Pour en avoir le cœur net, une petite enquête s’impose. Et comble de chance, Alana pourra compter sur l’aide d’Oli, sa meilleure amie et fan inconditionnelle de vampire. Les deux amies vont devoir faire preuve de courage, de débrouillardise et d’une certaine intelligence pour faire face à une situation bien plus dangereuse que prévu.

Le roman étant relativement court, je préfère ne pas m’appesantir sur les différentes péripéties, mais je peux néanmoins vous dire que vous ne risquez pas de vous ennuyer, l’autrice vous proposant une aventure menée tambour battant dans laquelle les scènes d’action, parfois stressantes, s’accompagnent de révélations, notamment sur le monde obscur des vampires. Étant fascinée par ces créatures de la nuit, j’ai apprécié la version que nous en propose Cordélia, mais c’est surtout cette idée d’un groupe d’humains pacifiant aussi bien les relations entre vampires et humains qu’entre vampires qui m’a plu. Je n’ai pas donc eu de mal à comprendre Alana et son envie viscérale de perpétuer la tradition familiale en devenant, à son tour, médiatrice. Un métier, pas forcément de tout repos, mais gratifiant et pourvoyeur de sensations fortes ainsi que de cette impression de participer à quelque chose d’important : la paix entre les humains et les vampires.

Or, si Alana est pleine de bonne volonté et de détermination, elle doit faire face aux préjugés des adultes qui, au lieu de l’écouter et de tenter d’identifier la source de ses douleurs chroniques, préfèrent voir en elle une adolescente fainéante. Plus facile de juger que d’accompagner… Faute de soutien, Alana a donc fini par considérer ses douleurs comme une fatalité avec laquelle composer. J’avoue avoir été assez révoltée par la situation même si, fort heureusement, Oli lui offre cette oreille attentive dont Alana a besoin. C’est d’ailleurs Oli qui évoque en premier cette notion de douleurs chroniques, permettant ainsi à notre héroïne de mettre des mots sur ses maux.

Parler de douleurs chroniques dans un roman jeunesse me semble plutôt novateur, tout comme la manière dont l’autrice offre la possibilité à son lectorat de s’identifier à des personnages différents de ceux qu’on a l’habitude de voir dans la littérature jeunesse : personnages racisés, porteurs d’un handicap, appartenant à la communauté LGBT+… Une diversité, reflet de notre société, qui manque cruellement à l’heure actuelle dans la littérature et qui, je l’espère, inspirera d’autres auteur(e)s, d’autant qu’elle est abordée ici avec beaucoup de naturel et de justesse. Adolescente, j’aurais adoré avoir à ma portée ce genre de livres, mais je dois avouer, que même en tant qu’adulte, je l’ai trouvé inspirant.

Bien qu’elle ne soit pas l’héroïne du roman, Oli est un personnage que j’ai particulièrement apprécié. De fil en aiguille, elle en vient à se confier sur la raison pour laquelle elle préfère ce diminutif à son prénom, Olympes : ne se sentant ni particulièrement femme, ni particulièrement homme, elle ne souhaite utiliser un prénom qu’elle juge un peu trop féminin. Une confidence qui s’accompagne, dans le roman, d’un changement de pronom à l’évocation d’Oli qui n’est alors plus elle, mais iel. Pour ma part, j’ai trouvé le procédé intéressant d’autant qu’il permet aux lecteurs de se familiariser avec un pronom que l’on commence à voir, notamment sur les réseaux, mais qui ne me semble pas encore connu de tous…

Les thématiques abordées sont intéressantes et la galerie de personnages variée, mais j’ai peut-être regretté que le roman ne soit pas plus étoffé, bien que cela reste purement subjectif. J’aurais ainsi apprécié d’en appendre plus sur Joâo, le nouvel élève, qui se révèle finalement encore très mystérieux, mais aussi sur la formation de médiatrice d’Alana… Alors même si l’épilogue nous permet de faire le point sur la situation de chacun et apporte toutes les réponses aux questions que l’on pourrait se poser, je garde l’espoir qu’un jour Cordélia ressente le besoin de redonner vie à ses personnages….

En conclusion, Alana et L’enfant vampire fut une lecture divertissante et rythmée qui ravira les lecteurs appréciant les histoires fantastiques, les vampires et les romans menés tambour battant. Mais c’est également un roman plein d’intelligence qui, sous couvert de fiction, aborde des thématiques importantes, du handicap invisible à la notion de genre, et donne toute sa place à la diversité, permettant enfin aux adolescents de suivre des personnages auxquels ils peuvent s’identifier.

La Chose au fond du sac – tome 1 : La découverte, Luce Basseterre #PLIB2021

Léna ne mène pas exactement une vie normale. Déjà, elle vit dans une famille décomposée et recomposée et ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver quand on a quatre frères et sœur. En plus ils viennent tout juste d’emménager chez leur grand-père. Mais ce n’est pas que ça : Léna a aussi la particularité d’entendre les pensées des autres. Et lorsqu’une voix étrange qui semble venue de la vieille maison voisine commence à l’appeler, Léna et sa famille ne sont pas au bout de leurs surprises !

Au loup Éditions (1 avril 2020) – 128 pages – Ebook (3,99€) – Papier (12,50€)
À partir de 9 ans – Illustration de couverture : Artemisia #ISBN791093950884

AVIS

Suite au décès de son beau-père, Léna, ses trois frères, sa sœur et leur mère emménagent chez le père du défunt. La situation, déjà difficile en soi, prend une tournure inattendue quand Léna se met à attendre une voix qui ne cesse de l’appeler... Ne vous y trompez pas, ce qui est étrange pour Léna, ce n’est pas d’entendre une voix, ça, elle en a l’habitude, mais c’est plutôt d’entendre une voix dont elle n’arrive pas à identifier le propriétaire. Et si la voix venait de la Malvoisin, cette immense demeure voisine abandonnée ? Une hypothèse que la jeune fille est bien décidée à vérifier, mais pour cela, il va lui falloir s’aventurer dans cette maison inquiétante et quelque peu inhospitalière…

Les lecteurs devraient adorer suivre Léna dans ses péripéties qui l’amèneront à faire une étrange et surprenante découverte, dont je préfère taire la nature pour vous laisser le plaisir de la surprise. Je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié la référence de l’autrice à un célèbre auteur connu pour son imaginaire angoissant et horrifique. D’ailleurs, si le roman n’est pas effrayant, il pourrait néanmoins susciter quelques frissons chez les jeunes lecteurs, du moins, dans un premier temps. Car plus on progresse dans l’intrigue, plus on se prend d’affection pour la Chose découverte par Léna entre les murs de la Malvoisin, un lieu qui semble parfait pour les amateurs d’Urbex.

L’autrice a un talent certain pour éveiller la curiosité des lecteurs de tout âge : en plus du mystère planant autour des capacités particulières de Léna et de la présence de la Chose dans un lieu abandonné, nous comprenons assez rapidement que le grand-père n’est peut-être pas qu’un simple papy appréciant de s’occuper de son jardin. Policier des forces spéciales à la retraite, il semblerait qu’il ait encore quelques relations et que son âge ne l’empêche nullement de se jeter dans l’action, voire dans la gueule du loup. Mystérieux et badass, voici un grand-père qui ne devrait pas manquer de vous surprendre ! Si j’ai adoré le personnage, il m’a néanmoins décontenancée par son rejet primaire de la Chose. Mais j’imagine que devant l’inconnu, a fortiori de nature surnaturelle, il peut s’avérer délicat de rester stoïque d’autant que l’on sent ce grand-père très protecteur envers sa famille.

En jouant sur le mystère et une force surnaturelle dont on se languit de percer tous les secrets, l’autrice s’assure de l’attention de ses lecteurs qui, immergés dans le récit, seront bien incapables de le quitter avant d’en lire la dernière ligne. Mais il faudra attendre la suite pour obtenir des réponses à toutes ces questions que l’on prend plaisir à se poser tout au long de ce premier tome qui ne manque ni de suspense ni d’action ! Ce qui rend également la lecture aussi prenante et passionnante, c’est la place accordée à la famille et à la force des liens familiaux, notamment dans une famille recomposée comme celle de Léa. Ainsi, tous les enfants n’ont pas le même père ou la même mère, ce qui demande un petit temps d’adaptation aux lecteurs et complique parfois un peu l’organisation du foyer. Mais cela ne change en rien la vie de cette famille qui connaît, comme toutes les autres, des moments de douleur et de bonheur, de tension et de partage… En tant qu’adulte, j’ai trouvé intéressant que l’autrice évoque un schéma familial peut-être pas « traditionnel », mais de plus en plus courant. 

Si, en outre, je me suis beaucoup attachée à Léna qui s’est révélée plutôt amusante, intelligente, débrouillarde et téméraire, j’ai aussi apprécié d’apprendre à connaître ses frères et sa sœur, tous très différents les uns des autres. Entre une grande sœur responsable qui doit jouer le rôle de nounou bien malgré elle, un frère qui semble en colère contre la terre entière, mais qui ne manque pas de courage, un autre bien plus peureux, et un petit frère adorant manger et enquiquiner ses aînés par ses questions incessantes et sa faculté à se mettre dans leurs pattes… Léna peut se targuer d’avoir une famille variée et haute en couleur !

En ce qui concerne les adultes, on appréciera que, contrairement à d’autres romans jeunesse, ils ne soient pas complètement mis de côté même si l’on sent que la maman est débordée entre son deuil, son travail et ses turbulents enfants, et que son ex-mari est un gentil boulet déconnecté de la réalité. Ma seule petite frustration provient de Mamie Gé que l’on voit peu, mais qui m’a paru être une femme originale et plutôt ouverte d’esprit. C’est d’ailleurs la seule personne au courant de la capacité de Léna à entendre des voix. Un talent rare que la jeune fille doit encore apprendre à maîtriser afin de ne plus se laisser parasiter par les pensées de chacun et ne plus subir de bien douloureuses migraines. La révélation faite en fin d’ouvrage nous laisse espérer une réelle évolution de ce côté-là…

En conclusion, du mystère, un jeu subtil sur la peur de l’inconnu et de la différence, de l’action, une famille haute en couleur, une héroïne vaillante qui possède un don inhabituel, un imaginaire mêlant monde réel et surnaturel, une plume fluide et immersive… Voici tout autant d’éléments qui devraient permettre aux jeunes lecteurs et aux adolescents de se plonger avec délice dans ce premier tome rythmé dont la fin laisse entrevoir une suite riche en péripéties… Quant aux adultes, ils devraient également apprécier cette aventure menée d’une main de maître par une autrice qui nous propose son propre mythe, celui de la Chose ! Un mythe que, pour ma part, j’ai hâte d’approfondir, la Chose ne semblant pas encore nous avoir livré tous ses secrets.

Découvrez un extrait du roman sur le site d’Au loup Éditions.

Week-end à 1000 octobre 2020 : ma PAL prévisionnelle

https://lightandsmell.files.wordpress.com/2016/11/we-acc80-1000.png?w=552&h=552

Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Je n’arrive pas toujours à atteindre l’objectif des 1000 pages, mais je me lance toujours avec plaisir dans une session de week-end à 1000, celle du mois d’octobre débutant aujourd’hui à 19h pour se terminer le dimanche 25 octobre à 23h59.

Pour l’occasion, je vous présente la liste de livres dans laquelle j’aimerais piocher tout au long du week-end

ROMAN

  • Les canaux du mitan : lecture pour le PLIB2021Couverture Les Canaux du Mitan

Une fiction hantée de magies inconnues, alternant lumières et ténèbres

Le Mitan, vaste plaine couturée de canaux, creusés en des temps immémoriaux, et que les colons parcourent désormais sur de lentes péniches tirée par des chevaux. C’est sur l’une d’entre elles qu’embarque le jeune Gabriel, attiré par son côté exotique : peuplée de phénomènes de foire, elle lui permet d’échapper à un quotidien morose.

Mais quels sont les esprits qui hantent les anciens tertres, tout au bout de la plaine ? Pourquoi, depuis des siècles, condottières et capitaine viennent-ils se perdre dans le Mitan ? Et surtout, à quoi bon maintenir les anciennes traditions des bateleurs-bateliers, quand la civilisation apporte de nouvelles règles ?

Gazogènes, héliographes, canaux, chevaux et grandes plaines : un autre monde.

OUVRAGES GRAPHIQUES

  • Sacrées sorcières

Couverture Sacrées sorcières (BD)

Les enfants sont répugnants!
Ils puent! Ils empestent!
Ils sentent le caca de chien!
Rien que d’y penser, j’ai envie de vomir!
Il faut les écrabouiller!
Les pulvériser!
Écoutez le plan que j’ai élaboré pour nettoyer l’Angleterre de toute cette vermine…

Attention! Les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire et ressemblent à n’importe qui. Mais elles ne sont pas ordinaires. Elles passent leur temps à dresser les plans les plus démoniaques et elles détestent les enfants. La Grandissime Sorcière compte bien les faire tous disparaître. Seuls un jeune garçon et son extravagante grand-mère semblent capables de l’en empêcher…

  • La lanterne de Nyx, tome 4

Couverture La Lanterne de Nyx, tome 4

1878, Nagasaki et ailleurs.
Momotoshi a ouvert une petite boutique à Paris pour y vendre des articles importés du Japon. Mais Judith, la demi-mondaine dont il est éperdument amoureux, s’évanouit suite à une hémorragie pulmonaire. Et un incident imprévu à Nagasaki vient mettre en péril son commerce…

  • Les croques, tome 1

Couverture Les Croques, tome 1 : Tuer le temps

Les parents de Céline et Colin tiennent une entreprise de pompes funèbres. Une profession bien lourde à porter pour les jumeaux, raillés en permanence par leurs camarades qui les surnomment Croque-mort et Croquemitaine. Isolés, les deux jeunes collégiens ne voient que peu leurs parents, très occupés, et commencent à cumuler les bêtises… jusqu’à être renvoyés de leur établissement scolaire pendant deux jours !
Les enfants se réfugient alors auprès de Poussin, le graveur funéraire qui aime les écouter et alimenter leur imagination…

  • Sorcières en formation, tome 1

Couverture Sorcière en formation, tome 1

Neko Tamashiro, 15 ans, compte bien accomplir sa mission : trouver du travail ! Mais elle est loin de se douter que se lancer dans la vie est aussi difficile. Comme tout à chacun elle va devoir donner le meilleur d’elle-même pour prouver sa valeur, parfois même pour une maigre rétribution. Dans la petite ville où elle arrive, ils ne vont pas être déçus, surtout en apprenant qu’elle est une sorcière

TOTAL : 1046 pages à lire

Et vous, participez-vous à ce week-end à 1000 ?
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