PAL du mois #9 : septembre 2021

PAL DU MOIS

En début de chaque mois, j’établis une liste d’ouvrages que j’aimerais lire : dans le cadre de challenges littéraires et/ou de lectures communes, reçus en SP, pour diminuer ma PAL, suite à des découvertes en bibliothèque ou sur des blogs… Cette PAL me sert donc de guide de lecture sans pour autant être figée dans le marbre.


Comme toujours, cette PAL est à titre indicatif et est fortement susceptible d’évoluer au fil des jours.

  • Lecture prioritaire : c’est en voulant le lire que je me suis aperçue que je n’avais pas Steam Sailors dans ma PAL. Soit je l’ai égaré soit j’ai oublié de le commander, la conclusion étant que je n’ai pas pu le lire en août. Je pense donc le lire dès que je l’aurai reçu, puisque les votes pour le vainqueur du PLIB est ouvert et que la date butoir approche.

  • Lectures que je suis certaine de faire (SP) : ce mois de septembre va être indéniablement tourné vers les éditions de l’Archipel et ses très bonnes parutions. Et c’est Les Indécis qui va ouvrir le bal, un roman que je compte lire en lecture commune avec Valmyvoyou lit.

Couverture Les indécis

La baronne des glaces : La fin d'un monde par VosselerMerlin et son chatCouverture Black Blade, tome 1 :  Froid brûlant

  • Livres de ma PAL personnelle que j’aimerais lire : je vais piocher en priorité dans ma très longue PAL que je vous ai présentée dans mon article sur le Pumpkin Autumn Challenge.
  • PAL ouvrages graphiques : voir mon article pour Le mois de la BD où je vous présente quelques BD et mangas que j’aimerais lire.

  • Livre audio : je compte continuer l’écoute de The shadows between us que j’aime bien mais sans être vraiment passionnée par l’histoire. La faute au manque total d’attachement envers les personnages et à la voix de la narratrice que j’ai de plus en plus de mal à supporter.

The Shadows Between Us

Avez-vous déjà lu certains de ces romans ou certains vous tentent-ils ?
Que comptez-vous lire en septembre ?

Week-end à 1000 (27 au 29 août 2021) : ma PAL prévisionnelle

https://lightandsmell.files.wordpress.com/2016/11/we-acc80-1000.png?w=552&h=552

Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Je n’ai pas brillé durant le week-end à 1000 de la semaine dernière, puisque je n’ai quasiment rien lu, mais j’espère faire mieux pour cette nouvelle session qui commencera ce vendredi 27 août à 19h pour se terminer le dimanche 29 août à 23h59.

  • Romans : je compte lire Rocaille, mon avant-dernier livre pour le PLIB 2021, mais le roman que j’ai vraiment hâte de découvrir est Panique chez les Montgomery prévu en lecture commune avec Les Blablas de Tachan.

Couverture RocailleCouverture Les rebelles d'Oxford, tome 1 : Panique chez les Montgomery

  • Ouvrages graphiques : ça va devenir une habitude de voir ces BD dans mes PAL du we à 1000, mais comme je dois les rendre dans quelques jours, cette fois, j’ai bon espoir de les lire ! Souhaitez-mois bonne chance, ça ne peut pas faire de mal.

Couverture Le Livre des merveilles

Et vous, participez-vous à cette nouvelle session du week-end à 1000 ?
Que comptez-vous lire ?

 

La Princesse au visage de nuit, David Bry #PLIB2021

Couverture La Princesse au visage de nuit

Dans les bois vit la princesse au visage de nuit ; ses yeux sont des étoiles et ses cheveux l’obscur.

Hugo, enfant violenté par ses parents, s’est enfui avec ses amis dans la forêt, à la recherche de la princesse au visage de nuit, qui exaucerait les vœux des enfants malheureux… Il est ressorti du bois seul et sans souvenirs, et a été placé dans une famille d’accueil.

Vingt ans plus tard, alors qu’il a tout fait pour oublier son enfance, Hugo apprend la mort de ses parents. Mais, de retour dans le village de son enfance, il découvre que ses parents auraient été assassinés, et d’étranges événements se produisent. La petite voiture de son enfance réapparaît comme par magie. De mystérieuses lueurs brillent dans les bois. Les orages soufflent des prénoms dans le vent.

L’Homme Sans Nom (8 octobre 2020) – 278 pages – 19,90€
#ISBN9782918541721

AVIS

Ayant apprécié Le garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry, j’étais curieuse de découvrir l’auteur dans un autre genre. Voilà chose faite avec La princesse au visage de nuit que j’ai tout simplement adoré.

Dès le début, l’auteur pose une ambiance inquiétante qui m’a semblé jouer avec certains codes des films et des romans d’horreur : une très bonne maîtrise des éléments avec, entre autres, des orages qui grondent et deviennent figure menaçante, un village qui semble vivre en vase clos, une femme en noire, une ombre qui surgit dans la nuit, un inquiétant et mystérieux château autour duquel courent d’étranges rumeurs, une apparition à la fenêtre, des yeux dans la nuit, des lucioles, un fantôme qui rôderait, des noms murmurés dans le vent, une histoire de malédiction, une vieille légende évoquant une princesse au visage de nuit…

C’est d’ailleurs cette dernière légende qui m’a passionnée, l’auteur jouant habilement entre le réel et le fantastique pour stimuler notre imagination et pousser ses personnages dans leurs retranchements. Et si le mythe de cette princesse au visage de nuit, figure salvatrice en même temps que mortifère, n’était pas qu’une invention d’enfants ou un vieux conte à effrayer les esprits les plus impressionnables ? Que se cache vraiment derrière cette légende qui remonterait au Moyen Âge ?

Et surtout, est-elle liée à la mort des parents d’Hugo qui, après vingt ans d’absence, est contraint de revenir dans son village natal pour enterrer des personnes qui mériteraient plus l’enfer que le repos éternel ? Car sous couvert d’une histoire empreinte de mystère et de secrets, et d’une enquête plutôt bien amenée et menée, l’auteur évoque, entre autres, la maltraitance infantile sous différentes formes. Rassurez-vous, il n’entre pas vraiment dans les détails, nous épargnant le plus sordide. Difficile néanmoins de rester de marbre devant la souffrance d’Hugo, mais aussi de ses amis disparus il y a deux décennies lors d’une nuit de la Saint-Jean. Une nuit maudite dont Hugo ne garde quasiment aucun souvenir, mais qui semble liée à tout ce qui se passe actuellement dans ce village devenu, dès son plus jeune âge, synonyme de malheur.

Grâce à de courts chapitres glissés entre les pages, l’auteur nous permet de remonter le temps pour faire brièvement connaissance avec l’enfant qu’Hugo a été, mais aussi avec Pierre, son ancien ami à la tristesse déchirante, et la petite Sophie dont on découvrira petit à petit les terribles souffrances. À mesure que se dessine leur vie passée, on comprend leur besoin impérieux de trouver cette princesse au visage de nuit réputée exaucer les souhaits des enfants, malgré le danger d’une telle rencontre… J’ai trouvé remarquable le travail effectué par l’auteur sur les espoirs de ces enfants perdus, pour des raisons différentes, mais toujours par la faute d’adultes maltraitants soit volontairement soit par négligence. Leur sort révolte, mais peut-être encore plus la pensée que des êtres aussi jeunes en soient venus à se tourner vers la mort, ou du moins une figure légendaire potentiellement mortelle, pour supporter la vie. Comment expliquer que dans un village où tout le monde se connaît et sait tout, personne ne fait rien ? L’histoire de lâchetés individuelles entraînant un déni collectif et le drame d’enfants qui auront perdu trop tôt leur innocence, à considérer qu’ils en aient jamais eu une.

Si le passé impacte encore fortement la vie d’Hugo, c’est bien le présent qui le met face à un nouveau défi : faire la lumière sur le meurtre de ses immondes parents afin d’éviter d’être accusé de leur mort. Il pourra heureusement compter sur le soutien moral de ses amis parisiens, mais surtout sur Anne, la sœur de son ancienne amie disparue, devenue gendarme. Les deux ont en commun de n’avoir jamais vraiment pu tourner la page de leur passé. Mais comment le pouvoir quand, comme Hugo, une partie de votre passé vous échappe et vous emprisonne, et que comme Anne, vous n’avez jamais su ce qui était arrivé à votre sœur. Sans vraiment m’attacher à ces deux personnages, j’ai apprécié leur travail d’équipe et le soutien mutuel qu’ils s’apportent l’un l’autre, les poussant parfois à prendre des risques et à tenter le diable… Mais tous les deux sont bien décidés à aller jusqu’au bout de leur enquête, quitte à déterrer des secrets difficiles à supporter, mais indispensables pour avancer.

Il y a un côté enquête en huis clos étouffant que j’ai apprécié, car dès qu’Hugo est dans son village, c’est un peu comme si un étau se resserrait progressivement autour de lui et que l’oxygène venait à lui/à nous manquer. Le délabrement de la maison familiale, certaines manifestations inquiétantes ainsi que certaines figures du village comme la « sorcière » qui semble se délecter de la peine des autres et en savoir plus qu’elle ne veut bien l’admettre, concourent à ce sentiment d’être pris au piège dans un village où rien de bon ne peut arriver, mais tout est à craindre. Seul un homme, ancien protecteur de notre protagoniste, apporte une touche de lumière bienvenue, alors que lui-même peut être compté au rang des âmes en souffrance. Je dois d’ailleurs dire que c’est le personnage adulte qui m’a le plus touchée. Il aurait pu/dû faire plus pour Hugo quand il était enfant, mais il n’en demeure pas moins un homme très humain, habité par ses propres douleurs et fantômes.

Les amis parisiens d’Hugo, s’ils ne sont pas d’un intérêt capital pour l’intrigue principale, permettent à l’auteur de nous montrer la place qu’ils ont et jouent dans la vie de ce dernier. Hugo et ses amis, tous avec leurs propres failles à surmonter, ont tendance à éviter les sujets difficiles et de fond, mais ils trouvent du réconfort et un peu de chaleur dans leurs soirées endiablées, leurs taquineries, leur complicité et leur solide amitié. J’aurais peut-être apprécié que ces personnages secondaires soient un peu plus développés, mais la dynamique du groupe m’a néanmoins convaincue, tout comme cette manière qu’ils ont de se soutenir et de s’aider à se (re)construire. 

Quant à la plume de l’auteur, alternance de poésie et force brute, elle m’a de nouveau enchantée et conquise. J’ai apprécié la construction presque nerveuse du récit avec un compte à rebours qui engendre un certain sentiment d’urgence et d’angoisse, et des phrases courtes qui claquent et frappent. Un peu à l’image d’une histoire sombre et difficile aux teintes poétiquement mélancoliques, mais une histoire également porteuse d’amitié et d’espoir, la résilience étant en trame de fond. J’ai également apprécié les petites touches d’humour qui permettent de se distancier du drame, voire des drames. Parce que nos personnages, vivants comme morts, ont connu leur lot de malheurs…

Mais ce qui fait vraiment la force de ce thriller est son ambiance mystérieuse, entre réel et fantastique, entre secrets et suspicion, qui devient de plus en plus suffocante et angoissante à mesure qu’Hugo et Anne se rapprochent de la vérité. Leur enquête va les pousser à déterrer certains secrets, raviver des douleurs plus ou moins grandes, réveiller des peurs d’enfant, des traumatismes jamais vraiment guéris, et une légende que l’on pensait oubliée. Mais quand trouver les morts devient nécessaire pour réparer les vivants, une seule solution, déterrer le passé pour espérer un jour enfin avancer !

Autre lecture pour le PLIB 2021 : La Ville sans Vent

 

PAL du mois #8 : août 2021

PAL DU MOIS

En début de chaque mois, j’établis une liste d’ouvrages que j’aimerais lire : dans le cadre de challenges littéraires et/ou de lectures communes, reçus en SP, pour diminuer ma PAL, suite à des découvertes en bibliothèque ou sur des blogs… Cette PAL me sert donc de guide de lecture sans pour autant être figée dans le marbre.


Comme toujours, il est fort probable que je ne lise pas tout, mais j’aime beaucoup prévoir des PAL gargantuesques…

  • Lectures pour le PLIB : il me reste trois romans à lire et à chroniquer.

  • Lectures que je suis certaine de faire (SP) : les deux premiers romans devraient se lire très vite, quand au livre audio, j’ai programmé quelques séances de diamond painting pour l’écouter tranquillement.

Couverture L'Adieu à Camille Couverture Les enquêtes de Lady Rose, tome 1 : Meurtre et séduction

  • Livres de ma PAL personnelle que j’aimerais lire :

Couverture Mystic city, tome 1Couverture Les échos du temps, tome 1 : Automne

  • Les emprunts que je dois lire : la liste change peu par rapport à celle de juillet puisque je n’ai rien lu de ce que j’avais prévu et qu’il va me falloir rendre ces livres à la fin du mois…

Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 1Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 2Couverture Disney Chills, tome 1 : Le Pacte de la Sorcière

Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 3Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 4Couverture Elles, tome 1 : La nouvelle(s)

Couverture Mercy (BD), tome 3 : La mine, nos souvenirs et la mortalitéCouverture L’Assistante de la Baba YagaCouverture La mille et unième nuit

Avez-vous déjà lu certains de ces romans ou certains vous tentent-ils ?
Que comptez-vous lire en août ?

La Ville sans Vent (tome 1), Eleonore Devillepoix #PLIB2021

Couverture La Ville sans Vent, tome 1

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

Hachette Romans (3 juin 2020) – 448 pages – Broché (18€) – Ebook (4,99€)
#ISBN9782017108443

AVIS

Je remercie Les Blablas de Tachan pour cette lecture commune et nos échanges autour d’un roman que nous avons toutes les deux apprécié. 

Une cité-État fascinante mais non dénuée de dangers… témoin de la naissance d’un duo inattendu ! 

En plus d’être absolument splendide, la couverture vous laisse déjà entrevoir l’architecture d’un univers foisonnant construit avec un soin du détail impressionnant. J’ai ainsi été subjuguée, si ce n’est émerveillée par l’imagination et la minutie de l’autrice qui nous plonge dans les rues et les décors si particuliers d’Hyperborée. Une cité-État construite à la verticale, chaque niveau témoignant du niveau de richesse de ses habitants. Si l’idée n’a rien d’original en soi, on ne peut que saluer la manière dont l’autrice se l’est appropriée et l’a développée pour nous en proposer quelque chose d’absolument fascinant et enchanteur.

Une fascination qui pousse les lecteurs à rêver de parcourir, à dos de tortue si possible, cette ville mais pas vraiment à y poser ses valises. Car si Hyperborée est indéniablement majestueuse, la ville est également le symbole d’une politique inégalitaire et profondément injuste : quand le premier niveau se débat dans la fange et est phagocyté par la pègre, le septième niveau, celui des mages, se caractérise par l’aisance et la complaisance devant l’insalubrité et la misère des moins lotis et nantis.

Une situation intolérable, bien que largement tolérée, mais qui pourrait évoluer suite à la nomination du jeune mage Lastyanax au poste de ministre du Nivellement, suite à la mort de son mentor qui occupait jusqu’alors ce poste. Néanmoins, les espoirs du jeune mage vont vite être revus à la baisse, son avis étant loin d’être entendu et écouté et ne suscitant guère l’enthousiasme de ses pairs. Mais c’est surtout une découverte surprenante qui va le déstabiliser et le pousser à mettre les pieds dans un engrenage qui risque fort bien de lui coûter plus que sa carrière. En effet, contrairement à ce qu’il pensait, son mentor n’est pas mort naturellement, mais a été assassiné. Il ne lui en faut pas plus pour se lancer dans une enquête afin de faire toute la lumière sur ce meurtre !

Les débuts des ennuis et de la preuve que son mentor n’était peut-être pas aussi insouciant et indolent qu’il le pensait. En parallèle, il doit assurer le tutorat de son apprentie, Arka, une jeune fille de treize ans dont l’orthographe tend quelque peu à le froisser, mais qui possède bien d’autres talents, du genre de ceux qui vous permettent de rester en vie ! Et quand on habite à Hyperborée, ce n’est clairement pas à négliger. Si j’ai été déçue, dans un premier temps, de la froideur avec laquelle Lastyanax considère son apprentie, je dois avouer que j’ai été convaincue de l’évolution de leur relation que l’autrice a su gérer d’une main de maître.

J’ai, en effet, adoré ce lien quasi fraternel, empreint de pudeur, de défiance et d’affection, qui se développe au fil des pages avec beaucoup de naturel et de réalisme. N’étant pas les personnes les plus expansives et sentimentales qui existent, les deux personnages prendront un certain temps à s’apprivoiser, mais ils finiront par se trouver plus de points communs qu’ils ne le pensaient, dont l’un que je n’avais pas anticipé… Voici donc une relation maître/apprentie qui ne manque pas de saveur et qui prouvera qu’associer un esprit vif et intelligent à la débrouillardise et à un bon instinct de survie, ce n’est jamais une mauvaise idée !

Une histoire complexe et immersive, plus sombre qu’il n’y paraît, qui suscite émotions et interrogations ! 

L’attention portée à l’univers est indéniable, et le rythme qui monte crescendo ne manquera pas de maintenir votre esprit éveillé et en ébullition. Il faut dire que l’intrigue est tout simplement foisonnante que ce soit au niveau des différents personnages que l’on rencontre, des péripéties, des scènes d’action, des secrets, des différents mystères qui apportent tension et suspense... Pour ma part, j’ai adoré les nombreuses questions qui me sont venues à l’esprit tout au long de ma lecture, notamment sur les capacités hors norme d’Arka, la personne qui semble veiller sur elle en secret et ses motivations, les jeux de pouvoir pour s’emparer d’Hyperborée (dirigée par un souverain obsédé par d’anciennes ennemies et pas vraiment conscient du véritable danger), l’identité du meurtrier du mentor de Lastyanax et celle du père d’Arka… Intuitivement, des connexions s’établissent, des hypothèses se dégagent, mais il reste tellement de zones d’ombre que l’on finit par se laisser porter par les événements, en espérant simplement que notre cœur et les personnages n’y laissent pas (trop) de plumes.

Car loin d’être une gentillette histoire, La ville sans Vent, c’est avant tout un roman dans lequel différents fils s’entremêlent pour tisser une toile complexe dont il est bien difficile d’appréhender tous les enjeux. Si vous aimez les histoires de famille compliquées, de complot, de politique, de campagne de haine pour détourner l’attention des habitants des vrais enjeux et ennemis, et vous perdre dans les faux-semblants et les secrets, vous allez adorer votre lecture. En ce qui me concerne, j’ai vécu à 100% chaque chapitre, chaque révélation, chaque doute, chaque blessure, l’autrice ayant un talent certain pour nous embarquer émotionnellement dans son récit.

Je me suis laissé parfois surprendre, j’ai souvent été bluffée par l’imaginaire de l’autrice, j’ai eu quelques bouffées d’angoisse devant des scènes où nos héros sont clairement en mauvaise position, j’ai été révoltée par certaines actions et complètement soufflée, même si dégoûtée serait plus juste, par le plan machiavélique d’un être qui se révèle fin stratège. Ses actions sont glauques à souhait, mais force est de reconnaître leur implacabilité et la manière dont elles permettent de se jouer du destin tout en se basant sur ce dernier. Il y a du génie, assurément. Dommage pour nos protagonistes qu’il soit utilisé contre eux !

Un duo parfaitement complémentaire, mais des personnages secondaires manquant de profondeur…

Mais rassurez-vous, Lastyanax et Arka ont de la ressource et nous prouveront leur complémentarité. J’ai fini par m’attacher au jeune mage qui se révèle plus nuancé qu’au premier abord, peut-être en raison du décalage entre son milieu d’origine très modeste, et celui bien plus huppé auquel il a accédé grâce à sa formation de mage et son poste de ministre. On sent qu’il veut bien faire, mais il emploie des moyens parfois contestables, et se laisse trop facilement détourner. Imparfait, mais intelligent, travailleur et doté d’une certaine fragilité, il a touché une corde sensible en moi.

Étrangement, alors que j’ai trouvé Arka très courageuse et ai adoré son impertinence et sa tendance à foncer tête baissée, je n’ai pas réussi à m’attacher à cette dernière, l’autrice ne partageant pas vraiment ses émotions. La jeune fille n’en demeure pas moins touchante dans la naïveté avec laquelle elle se lance à la recherche de son père, seul et unique vestige d’une famille idéalisée qui n’a jamais vraiment existé. Ce personnage est pour moi celui qui soulève le plus de questions que ce soit directement ou indirectement, et par conséquent, celui qui apporte le plus de tension, de mystère et de suspense à l’intrigue. On sent qu’il y tout un enjeu autour de sa personne, mais il faudra attendre la dernière partie du roman pour en saisir la teneur. Attendez-vous d’ailleurs à être surpris et à plus d’un titre ! L’autrice a frappé fort avec ce personnage qui va devoir affronter des vérités inattendues et plutôt perturbantes. Heureusement pour elle, elle a l’esprit combatif et peut compter sur ses nombreux talents.

Nous suivons plus particulièrement le mage et son apprentie forte tête et aimant à problèmes, mais le panel de personnages est assez varié. Toutefois, j’ai trouvé qu’on restait très en surface de la psychologie des personnages secondaires. Cela ne m’a pas dérangée outre mesure, l’univers étant d’une telle richesse et complexité qu’il contrebalance ce point, mais j’ai été frustrée par la manière dont est gâché le potentiel d’une mage, Pyrrha. Ce personnage permet à l’autrice d’aborder l’inégalité entre les sexes dans une cité où celles-ci sont cantonnées à un rôle traditionnel et subalterne. Mais là où Pyrrha aurait pu aider à faire avancer les choses, elle se contente d’être désagréable, geignarde, égoïste et versatile… Dommage donc que la cause féminine doucement ébauchée soit sacrifiée en cours d’intrigue sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. On notera également des tentatives avortées et peu convaincantes de sentiments amoureux…

En résumé, ce premier tome déploie sous nos yeux un univers incroyable, complexe et d’une grande richesse, mis en valeur par la plume immersive, fluide et rythmée d’une autrice dont je salue l’imaginaire foisonnant. On prend ainsi un plaisir certain à découvrir, au fil des pages et des rebondissements, les dessous et les dangers pernicieux qui menacent une cité peut-être pas aussi bien protégée qu’elle ne le pensait. Entre mensonges d’État, faux-semblants, manipulation, magie, malédiction, secrets de famille, amitié et enquête, vous ne devriez pas vous ennuyer !

Lire l’avis des Blablas de Tachan

PAL du mois #8 : juillet 2021

PAL DU MOIS

En début de chaque mois, j’établis une liste d’ouvrages que j’aimerais lire : dans le cadre de challenges littéraires et/ou de lectures communes, reçus en SP, pour diminuer ma PAL, suite à des découvertes en bibliothèque ou sur des blogs… Cette PAL me sert donc de guide de lecture sans pour autant être figée dans le marbre.


En ce mois de juillet, ma priorité va être la lecture des finalistes du PLIB. D’ailleurs, si certain(e)s d’entre vous aimeraient qu’on se lance dans une lecture commune de l’un ou de plusieurs de ces romans, n’hésitez pas à me le signaler. Cela pourrait être une bonne source de motivation.

Je dois également chroniquer quelques SP dont la date de rendu arrive à échéance et j’aimerais garder quelques heures de lecture pour des BD et mangas…

  • Lectures pour le PLIB : dans l’idéal, j’aimerais tous les lire mais je serais déjà ravie d’en lire trois…

  • Lectures que je suis certaine de faire (SP) :

Couverture SilenceCouverture Sur le vifJe : Connais-toi toi-même  par Marquis

Les amants de Key West par Oliveras

  • Ouvrages graphiques : Qu’est-ce qui cloche avec la secrétaire Kim est ma priorité graphique parce que je l’attendais avec impatience et que je suis quelque peu dépitée de ne pas encore l’avoir lu ! Je pense ensuite alterner entre romance et horreur…

Couverture Qu'est-ce qui cloche avec la secrétaire Kim ?, tome 1Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 1Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 2

Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 3Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 4Couverture Elles, tome 1 : La nouvelle(s)

Couverture Mercy (BD), tome 3 : La mine, nos souvenirs et la mortalitéCouverture L’Assistante de la Baba YagaCouverture Quand je suis arrivée au château

Couverture La mille et unième nuit

  • Livre audio : je vais poursuivre mon écoute de Storm and Fury à laquelle j’accroche bien, malgré quelques clichés.. J’ai bon espoir de terminer le roman ce mois-ci ayant repris le diamond painting, une activité parfaite pour les livres audio.

Storm and Fury (The Harbinger Series Book 1) (English Edition) par [Jennifer L. Armentrout]

Et vous, quelle est votre PAL pour juillet ?
Avez-vous déjà lu certains de ces romans ou certains vous tentent-ils ?

Challenge ABC 2020, le bilan

Cubes En Bois, Abc, Cubes, Lettres

L’idée du Challenge ABC est de comptabiliser ses lectures selon le principe : 1 lettre, 1 auteur.

Je ne me suis pas inscrite officiellement au challenge, mais à la fin de chaque année, j’ai pris l’habitude de regarder quelles lettres de l’alphabet mes lectures m’ont permises de valider. Et cette année, c’est un sans-faute ! La plupart des livres ont été chroniqués, alors pour en apprendre plus, n’hésitez pas à utiliser la barre de recherche.

Il y a un petit problème d’affichage que je n’ai pas réussi à régler ; j’espère que cela ne nuira pas trop à la lecture de l’article…

  • Ammitsu, Leigh Bardugo et Harlan Coben  :

Couverture Jardin Secret, tome 1Couverture Grisha, tome 3 : L'oiseau de feuCouverture L'inconnu de la forêt

  • Jean-Laurent Del Socorro, Nick Eliopulos et Estelle Faye :

Couverture Je suis fille de rageCouverture La guilde des aventuriers, tome 1Couverture Le Drakkar éternel

  • Catherine Ganz-Muller, Helen Harper et Susan Illene !

Couverture Le libraire de CologneCouverture Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magieCouverture Melena Sanders, tome 1 : Hantée par les ténèbres

  • J. James, Ken Kesey et Camilla Läckberg :

Couverture Les tribulations de Lady Eleanor Grant, tome 1 : La première reineCouverture Vol au-dessus d'un nid de coucouCouverture Femmes sans merci

  • Shelby Mahurin, Jenn Nguyen et Yukako Ohde

Couverture Serpent & Dove, book 1Couverture FakeCouverture La cordonnerie des ours polaires

  • Aurore Payelle, Amanda Quick et Jenna Ric’s

Couverture Interférences, tome 1 : CendresCouverture Le jardin des mensongesCouverture Ronde et sexy, tome 1 : Love séduction

  • Federico Saggio, Aurélie Tramier et Uderzo :

Couverture Sigurd, tome 1Couverture Peindre la pluie en couleursCouverture Le Menhir d'Or

  • Marie Vareille, Aurélie Wellenstein et Xia :

Couverture La vie rêvée des chaussettes orphelinesCouverture Mers mortesCouverture La princesse vagabonde, tome 1

  • Kyo Yoneshiro et Zanzim :

Couverture Kanon au bout du monde, tome 1Couverture Peau d'Homme

Je trouve que ce bilan reflète assez bien la diversité de mes lectures puisque j’aime puiser dans à peu près tous les genres…

Et vous, participez-vous au challenge ABC ?
Quel est votre bilan ?

 

C’est le 1er, je balance tout ! octobre 2020

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bleue

C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile ». Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories. Depuis quelques mois, les partages se font sur Charmant Petit Monstre.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez vu/lu le mois dernier

J’ai beaucoup lu ce mois-ci et encore plus depuis l’annonce du confinement, les livres me servant de refuge pour oublier la situation actuelle et l’insouciance des gens. J’habite la Loire, département particulièrement touché par le Covid, mais je continue à croiser des gens sans masque alors qu’ils sont obligatoires depuis un moment ou des gens avec le masque sous le menton sans oublier ceux qui vous collent aux caisses… J’arrêterai ici de me plaindre mais je suis plus que jamais contente d’avoir trouvé dans ma passion des livres, un bon moyen de me ressourcer. J’espère qu’il en est de même pour vous.

  • Mon top 3 en ce qui concerne les romans : Jamais tu ne me quitteras est un thriller que je ne peux que chaudement vous recommander, notamment pour la thématique de la maltraitance domestique qu’il met en lumière. Alana et l’enfant vampire, lu en lecture commune dans le cadre du PLIB, offre une diversité bienvenue et Virtual Revolution 2046 nous plonge dans un monde où la virtualité domine pour le meilleur… et pour le pire !

Couverture Virtual Revolution 2046Couverture Jamais tu ne me quitteras Couverture Alana et l'enfant vampire

  • Mon top en ce qui concerne les œuvres graphiques : Jardin secret est un concentré de douceur qui fait du bien en ces temps étranges quand l’album Rosa Parks permet aux enfants de se familiariser avec cette figure de la lutte contre l’apartheid. J’ai adoré La vie hantée d’Anya dont je vous reparlerai très prochainement, mais je peux déjà vous dire qu’on va parler fantôme et difficulté de concilier deux cultures.

Couverture Jardin Secret, tome 1Couverture De petite à grande : Rosa ParksCouverture Le fantôme d'Anya / La vie hantée d'Anya

  • Ayant ressenti le besoin de me plonger dans des livres faciles à lire, j’ai enchaîné les romances historiques qui, certes ne me resteront pas longtemps en tête, mais qui m’ont offert des moments de divertissement bienvenus et sans prise de tête. C’est tout ce que j’espérais. Si le genre vous intéresse, n’hésitez pas à lire mon avis sur Le jardin des mensonges qui a la particularité de mélanger romance et enquête policière.

Couverture Le jardin des mensonges

2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

  • Les rêveries d’Isis vous propose un excellent avis sur un livre que j’avais beaucoup apprécié, mais dont je me serais bien sentie incapable de vous parler : L’étrange bibliothèque.

  • Hylyirio nous parle d’un livre sur les tueries scolaires, un sujet délicat sur lequel je n’ai jamais rien lu ou, du moins, rien à part la nouvelle de Maxime Chattam, Carnages.

Couverture Passage à l acte, Comprendre les tueries en milieu scolaire

  • Grâce à Bennybooks, j’ai découvert le roman World War Web qui semble offrir une expérience de lecture complète, l’autrice ayant réalisé un clip musical et travaillant sur une adaptation en ciné-concert !

  • Pour les fan de Jane Austen et d’Orgueil et préjugés, l’article d’À livre ouvert devrait vous plaire. Pour ma part, le livre est d’ores et déjà dans ma wish list de Noël.

Couverture Orgueil et Préjugés en Énigmes

 

3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • Demoiselle Suzy propose un tuto pour créer des sachets de thé réutilisables. Un tuto qui tombe un point nommé avec le confinement…

  • Saviez-vous qu’en plus de nous offrir des articles de qualité, Loetitia, du blog Albédo, est également apicultrice ? J’ai ainsi eu l’occasion de commander pour des lots pour Halloween. Si vous avez raté l’occasion de vous régaler, pas de panique, vous pouvez toujours lui passer une commande de miel en la contactant par mail (lutin82@orange.fr).

Miel artisannal

  • Le Petit Pingouin Vert nous propose un petit challenge littéraire pendant le confinement… Ai-je besoin de vous dire que je participe ?

4) PAL prévisionnelle 

  • Lectures que je suis certaine de faire :

Couverture La guilde des aventuriers, tome 1Couverture L'inconnu de la forêt

Couverture de La petite danseuse au visage figé par Marielle Piccolo

  • Liste de livres dans laquelle je compte piocher : ma lecture personnelle prioritaire est Nevernight parce que le roman me tente terriblement et parce que pour une fois que je fais une précommande, j’espère bien ne pas la laisser trainer dans ma PAL pendant des lustres. J’aimerais également lire un ou deux romans des présélectionnés pour le PLIB ainsi que deux ou trois ouvrages graphiques de ma PAL.

Couverture Nevernight, tome 1 : N'oublie jamaisCouverture Le Drakkar éternel

Couverture Le détective du bizarre, tome 1 : Billy Brouillard et la chasse aux fantômesCouverture Le grand voyage de RameauCouverture Poupelle et la ville sans ciel

Et vous, que retenez-vous du mois d’octobre ?
Un film, une série, un livre, un article… en particulier ?

La Chose au fond du sac – tome 1 : La découverte, Luce Basseterre #PLIB2021

Léna ne mène pas exactement une vie normale. Déjà, elle vit dans une famille décomposée et recomposée et ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver quand on a quatre frères et sœur. En plus ils viennent tout juste d’emménager chez leur grand-père. Mais ce n’est pas que ça : Léna a aussi la particularité d’entendre les pensées des autres. Et lorsqu’une voix étrange qui semble venue de la vieille maison voisine commence à l’appeler, Léna et sa famille ne sont pas au bout de leurs surprises !

Au loup Éditions (1 avril 2020) – 128 pages – Ebook (3,99€) – Papier (12,50€)
À partir de 9 ans – Illustration de couverture : Artemisia #ISBN791093950884

AVIS

Suite au décès de son beau-père, Léna, ses trois frères, sa sœur et leur mère emménagent chez le père du défunt. La situation, déjà difficile en soi, prend une tournure inattendue quand Léna se met à attendre une voix qui ne cesse de l’appeler... Ne vous y trompez pas, ce qui est étrange pour Léna, ce n’est pas d’entendre une voix, ça, elle en a l’habitude, mais c’est plutôt d’entendre une voix dont elle n’arrive pas à identifier le propriétaire. Et si la voix venait de la Malvoisin, cette immense demeure voisine abandonnée ? Une hypothèse que la jeune fille est bien décidée à vérifier, mais pour cela, il va lui falloir s’aventurer dans cette maison inquiétante et quelque peu inhospitalière…

Les lecteurs devraient adorer suivre Léna dans ses péripéties qui l’amèneront à faire une étrange et surprenante découverte, dont je préfère taire la nature pour vous laisser le plaisir de la surprise. Je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié la référence de l’autrice à un célèbre auteur connu pour son imaginaire angoissant et horrifique. D’ailleurs, si le roman n’est pas effrayant, il pourrait néanmoins susciter quelques frissons chez les jeunes lecteurs, du moins, dans un premier temps. Car plus on progresse dans l’intrigue, plus on se prend d’affection pour la Chose découverte par Léna entre les murs de la Malvoisin, un lieu qui semble parfait pour les amateurs d’Urbex.

L’autrice a un talent certain pour éveiller la curiosité des lecteurs de tout âge : en plus du mystère planant autour des capacités particulières de Léna et de la présence de la Chose dans un lieu abandonné, nous comprenons assez rapidement que le grand-père n’est peut-être pas qu’un simple papy appréciant de s’occuper de son jardin. Policier des forces spéciales à la retraite, il semblerait qu’il ait encore quelques relations et que son âge ne l’empêche nullement de se jeter dans l’action, voire dans la gueule du loup. Mystérieux et badass, voici un grand-père qui ne devrait pas manquer de vous surprendre ! Si j’ai adoré le personnage, il m’a néanmoins décontenancée par son rejet primaire de la Chose. Mais j’imagine que devant l’inconnu, a fortiori de nature surnaturelle, il peut s’avérer délicat de rester stoïque d’autant que l’on sent ce grand-père très protecteur envers sa famille.

En jouant sur le mystère et une force surnaturelle dont on se languit de percer tous les secrets, l’autrice s’assure de l’attention de ses lecteurs qui, immergés dans le récit, seront bien incapables de le quitter avant d’en lire la dernière ligne. Mais il faudra attendre la suite pour obtenir des réponses à toutes ces questions que l’on prend plaisir à se poser tout au long de ce premier tome qui ne manque ni de suspense ni d’action ! Ce qui rend également la lecture aussi prenante et passionnante, c’est la place accordée à la famille et à la force des liens familiaux, notamment dans une famille recomposée comme celle de Léa. Ainsi, tous les enfants n’ont pas le même père ou la même mère, ce qui demande un petit temps d’adaptation aux lecteurs et complique parfois un peu l’organisation du foyer. Mais cela ne change en rien la vie de cette famille qui connaît, comme toutes les autres, des moments de douleur et de bonheur, de tension et de partage… En tant qu’adulte, j’ai trouvé intéressant que l’autrice évoque un schéma familial peut-être pas « traditionnel », mais de plus en plus courant. 

Si, en outre, je me suis beaucoup attachée à Léna qui s’est révélée plutôt amusante, intelligente, débrouillarde et téméraire, j’ai aussi apprécié d’apprendre à connaître ses frères et sa sœur, tous très différents les uns des autres. Entre une grande sœur responsable qui doit jouer le rôle de nounou bien malgré elle, un frère qui semble en colère contre la terre entière, mais qui ne manque pas de courage, un autre bien plus peureux, et un petit frère adorant manger et enquiquiner ses aînés par ses questions incessantes et sa faculté à se mettre dans leurs pattes… Léna peut se targuer d’avoir une famille variée et haute en couleur !

En ce qui concerne les adultes, on appréciera que, contrairement à d’autres romans jeunesse, ils ne soient pas complètement mis de côté même si l’on sent que la maman est débordée entre son deuil, son travail et ses turbulents enfants, et que son ex-mari est un gentil boulet déconnecté de la réalité. Ma seule petite frustration provient de Mamie Gé que l’on voit peu, mais qui m’a paru être une femme originale et plutôt ouverte d’esprit. C’est d’ailleurs la seule personne au courant de la capacité de Léna à entendre des voix. Un talent rare que la jeune fille doit encore apprendre à maîtriser afin de ne plus se laisser parasiter par les pensées de chacun et ne plus subir de bien douloureuses migraines. La révélation faite en fin d’ouvrage nous laisse espérer une réelle évolution de ce côté-là…

En conclusion, du mystère, un jeu subtil sur la peur de l’inconnu et de la différence, de l’action, une famille haute en couleur, une héroïne vaillante qui possède un don inhabituel, un imaginaire mêlant monde réel et surnaturel, une plume fluide et immersive… Voici tout autant d’éléments qui devraient permettre aux jeunes lecteurs et aux adolescents de se plonger avec délice dans ce premier tome rythmé dont la fin laisse entrevoir une suite riche en péripéties… Quant aux adultes, ils devraient également apprécier cette aventure menée d’une main de maître par une autrice qui nous propose son propre mythe, celui de la Chose ! Un mythe que, pour ma part, j’ai hâte d’approfondir, la Chose ne semblant pas encore nous avoir livré tous ses secrets.

Découvrez un extrait du roman sur le site d’Au loup Éditions.

Félines, Stéphane Servant #PLIB2020

Félines | rouergue

Personne ne sait exactement comment ça a commencé. Ni où ni quand d’ailleurs. Louise pas plus que les autres. Ce qui est sûr, c’est quand les premiers cas sont apparus, personne n’était prêt et ça a été la panique. Des adolescentes qui changeaient d’un coup. Des filles dont la peau se recouvrait de… dont les sens étaient plus… et les capacités… Inimaginable… Cela n’a pas plu à tout le monde. Oh non ! C’est alors qu’elles ont dû se révolter, être des Félines fières et ne rien lâcher ! Après Sirius (prix Sorcières 2018), Stéphane Servant revient avec un roman coup de poing.

Éditions du Rouergue (21 août 2019) – 464 pages – Broché (15,80€) – Ebook (10,99€)
#ISBN9782812618291 #PLIB2020

AVIS

Vu les avis assez contradictoires, Félines me faisait un peu peur. Mais fort heureusement, dès les premières pages, l’auteur avait gagné une lectrice avide de découvrir son roman prenant la forme d’un témoignage fictif, celui de Louise. J’ai adoré me plonger dans la vie de cette adolescente cabossée par la vie qui, deux ans après un accident lui ayant fait perdre sa mère et sa popularité, doit affronter une nouvelle épreuve : sa mutation. Un phénomène inattendu et inexplicable recouvrant progressivement les jeunes filles de poils et les dotant de meilleurs sens. Dans une société où les poils demeurent tabous, voilà une transformation qui ne passe guère inaperçue, a fortiori quand elle est instrumentalisée par des fondamentalistes qui voient en cette évolution une manière d’abrutir et de contrôler les masses jouant sur cette peur ancestrale et profondément ancrée de la différence.

Les adolescentes ne sont donc plus des jeunes filles, ce ne sont plus les enfants de parents censés les soutenir et les aimer inconditionnellement, ce ne sont plus des sœurs ni des amies ou des petites amies… Non, ce sont des dépôts de Satan qu’il convient de traquer, de parquer, de châtier et d’éduquer comme les animaux qu’elles sont devenues. Voici la position défendue par les extrémistes de La ligue de la Lumière qui, pour notre plus grand écœurement, gagne en puissance jusqu’à atteindre les plus hautes sphères du pouvoir. De manière explicite, l’auteur reproduit ce dont notre Histoire a déjà été le témoin. Et ça marche parce qu’il suffit de regarder autour de nous pour se rendre compte que cette même haine de l’Autre et de ce qui est différent de nous est encore fortement ancrée dans le cœur et le corps des hommes.

Les réactions auraient-elles été aussi extrêmes et violentes si le phénomène avait concerné les hommes ? Peu probable parce que les dirigeants, la plupart du temps masculins, auraient veillé à changer les règles pour protéger leur position et leurs acquis. Mais ici, on parle de femmes, cette catégorie de la population qui n’a pas le droit à l’erreur, qui ne doit pas faire de vague et dont le corps est soumis constamment aux jugements et aux diktats de la société. Il se dégage donc de ce roman un message féministe fort auquel j’ai été particulièrement sensible et que je trouve très important, notamment si l’on considère le lectorat visé par cette publication. J’ai également apprécié la solidarité féminine qui se développe entre les Félines, condition sine qua non pour leur assurer une place au sein d’une société qui les rejette.

Ni monstres ni Obscures, les Félines sont juste des jeunes filles qui ont vu leur corps changer et leurs capacités évoluer, mais qui conservent le droit d’exister, d’aimer et de vivre leur vie sans être ostracisées ni violentées. Devant les injustices qu’elles subissent, les Félines vont peu à peu se réunir, se rebeller et s’opposer aux autorités… Certaines se montreront plus féroces que d’autres, mais Louise fera de son mieux pour leur éviter de tomber dans cette violence à laquelle on essaie de les acculer afin de pouvoir les exterminer en toute impunité en raison de leur « dangerosité ». J’ai apprécié la manière dont l’auteur nous montre le cercle vicieux que certains peuvent mettre en place, avec le soutien des médias contents de faire du sensationnalisme et donc de l’audimat, pour justifier l’usage de la force et créer un profond clivage au sein de la population… La société se divise d’ailleurs ici rapidement entre Félines et humains, entre créatures de l’enfer et enfants de Dieu selon La Ligue de la Lumière, une organisation qui utilise le prétexte de la religion pour asservir et tuer.

Fort heureusement, tout le monde ne cède pas à la haine ni à la peur. À cet égard, j’ai adoré la famille de Louise, et en particulier son petit frère qui se révèle des plus attendrissants. Pour ce dernier, peu importe que sa sœur ait gagné une pilosité importante, elle reste la même personne, celle qui joue avec lui, l’emmène à l’école et lui raconte des histoires le soir. Et puis c’est doux les poils, non ? Quant à son père, bien que dépassé par la situation, il fera de son mieux pour aider et soutenir Louise comme tous les parents devraient le faire, ce qui est loin d’être le cas que ce soit dans le roman ou la réalité. Regrettant que les parents soient bien souvent défaillants ou absents dans les romans young adult, cette figure paternelle, bienveillante et aimante, m’a beaucoup touchée.

J’ai également apprécié Tom, un jeune homme stigmatisé, non pas en raison d’un système pileux hyperactif, mais de sa différence, de sa sensibilité, de son amour des livres, de son amour des histoires d’amour, de son amour des hommes, de son embonpoint…Ce personnage, en plus d’être émouvant et de soutenir inconditionnellement Louise, permettra à l’auteur d’aborder la notion d’amour qui peut être protéiforme, de genre, mais aussi l’importance de laisser chacun être soi sans tenter de l’enfermer dans des cases.

J’aurais peut-être aimé que ces thèmes soient un peu plus développés, mais devant la multiplicité des thématiques abordées, je comprends qu’il ait fallu opérer des choix. Car en plus du racisme et de la méfiance envers les Félines qui traduit surtout celle envers les femmes qui osent se démarquer des carcans de la société, le roman interroge la notion de liberté et de désobéissance civile, et évoque des thèmes comme le harcèlement scolaire, le viol et la culpabilisation des victimes, la question des réfugiés qui sont traités de manière abjecte et avec un manque d’humanité flagrant, les mécanismes de la propagande et le rôle des médias, la manière dont un contexte socio-économique difficile peut servir de terreau à la haine…

Les personnages secondaires et les thématiques abordées sont donc intéressants, mais c’est le travail réalisé sur la personnalité de Louise qui m’a le plus agréablement surprise. Cette jeune fille fait montre, dès le début du roman, d’un sacré recul sur sa vie d’avant l’accident l’ayant fait tomber de son piédestal et de sa vie de petite princesse capricieuse et odieuse. On l’entend nous parler de cette adolescente méchante et superficielle qu’elle était tout en découvrant la jeune fille courageuse, forte et battante qu’elle est devenue. Le jugement sans concession de Louise sur sa vie d’avant la rend assez sympathique malgré un certain manque de chaleur dans la manière dont elle nous raconte son histoire. Cela m’a d’ailleurs un peu perturbée en début de lecture puisque j’ai eu l’impression que Louise ne parlait pas de sa vie, mais de celle de quelqu’un d’autre. Mais la pertinence du ton de la narration a fini par s’imposer à moi parce que l’histoire de Louise, ce n’est pas que la sienne, c’est un peu celle d’Alexia, de Fatia, et de toutes ces Félines, anonymes ou non, mortes au combat ou bien décidées à se battre pour revendiquer le droit d’exister !

Tout au long du livre, on apprend d’ailleurs à connaître certaines Félines comme La Rouquine et Fatia qui sont celles qui m’ont le plus marquée. La première en raison de sa personnalité et de son altruisme malgré les circonstances, et la seconde pour sa révolte qu’elle porte haut et fort comme pour faire un pied de nez à tous ces hommes et ces humains qui la rejettent, elle et ses sœurs, pour ce qu’elles sont. Louise et Fatia sont un peu les exacts opposés, mais chacune aura une certaine influence sur l’autre : Fatia donnera l’inspiration et le courage à Louise de se battre et Louise insufflera à Fatia un peu d’espoir quant à l’humanité. Et vu les actes de certains « hommes », de l’espoir, il en faudra !

Quant à la plume d’auteur, agréable et immersive, elle permet de se plonger sans réserve dans l’histoire, de vivre de l’intérieur le combat de Louise et de ses sœurs, de ressentir toute l’injustice de la situation… Le roman se lit donc tout seul, presque en apnée, tellement il est difficile de lever le nez du livre une fois les premières lignes avalées. Il faut dire qu’en plus de thématiques sociétales fortes, le roman bénéficie d’un bon rythme, les événements s’enchaînant rapidement et l’action étant omniprésente. Les instants émouvants de vie, d’amitié et de complicité alternent avec des moments plus durs, ce qui apporte un certain sentiment d’urgence et donne l’impression presque oppressante que tout peut basculer d’un moment à l’autre…

En conclusion, Félines fut une lecture pleine d’intelligence qui, sous couvert d’un phénomène extraordinaire et inexpliqué, permet de soulever des questions importantes autour de thématiques sociétales fortes allant de l’oppression des femmes au racisme en passant par l’extrémisme religieux. Immersive, haletante, et parfois choquante de réalisme, cette lecture ravira les lecteurs en quête d’une aventure rythmée et sous tension dans laquelle l’humanité s’apprête à affronter son plus gros changement. Plus qu’une révolte, la révolution Félines est en marche, et rien ne pourra l’arrêter !