La Princesse Élodie De Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi… de Pierre Thiry

Quand Pierre Thiry m’a proposé de découvrir son nouveau livre, un conte jeunesse, je n’ai pas hésité une seule seconde ayant dévoré son recueil de sonnets. Je le remercie donc de sa confiance.

PRÉSENTATION AUTEUR

Élodie de Zèbrazur est une princesse. Augustin est un chien. Élodie de Zèbrazur aime beaucoup Augustin. Mais Augustin fait vraiment n’importe quoi. Et lorsqu’on fait n’importe quoi, il arrive des tas d’ennuis. Que va-t-il se passer ? Tu le sauras peut-être en ouvrant ce livre. En écoutant la musique des phrases, en écoutant le bruit des vagues, en écoutant le bruit du vent et le chant des coquillages tu découvriras une infinité de choses merveilleuses et inattendues…

  • Nb de pages : 68
  • Editeur : Books on Demand
  • Prix : 8€
  • Illustrations : Samar & Hani KHZAM

AVIS

Je vous avouerai que je n’avais pas prévu de lire ce livre tout de suite ayant une petite pile de livres plus ou moins urgente à lire et à chroniquer. J’étais donc partie pour ne lire que quelques pages de manière à satisfaire ma curiosité, mais le charme de l’histoire opérant, j’ai lu l’ouvrage d’une traite.

Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère qu’un peu à l’image d’un conteur d’antan, l’auteur sait happer l’attention des lecteurs dès les premières lignes. Nous découvrons ainsi la Princesse Élodie dont le nom à rallonge, De Zèbrazur, donne l’impression que nous sommes face à une personne importante. Puis, Augustin le chien entre en scène. Et là, le lecteur découvre qu’en effet, il fait vraiment n’importe quoi ! Mettre des miettes dans les robes de sa maîtresse, voler de la nourriture au boucher, prendre des livres dans des librairies (vous me direz, là, peut-on vraiment dire qu’il fait n’importe quoi ? Personnellement, je serais tentée de dire que c’est un chien dont tout lecteur rêve), aboyer sur tout ce qui bouge… Non, décidément, rien ne fait peur à ce toutou rigolo, mais plutôt agité.

Malgré toutes ses bêtises qui parfois l’agacent et la mettent en colère, la Princesse Élodie aime quand même beaucoup son fidèle compagnon d’autant qu’il lui arrive parfois d’être sage, principalement quand il dort d’ailleurs. Même son de cloche du côté de Mme Brichard, une femme qui peut être plus ou moins considérée comme l’intendante du château. Si Augustin aime mettre un joyeux bordel là où il passe, Mme Brichard, quant à elle, plébiscite l’ordre et la discipline, peut-être un peu trop… Mais malgré cela, elle ne peut s’empêcher de trouver le château vide sans ce sacré toutou. C’est qu’il est comme ça Augustin, aussi agaçant qu’attachant ! Enfin, agaçant pour Élodie et Mme Brichard, car je ne doute pas que les enfants, quant à eux, s’amuseront de ses petits tours, de son énergie et de son caractère facétieux. Et puis, peut-être qu’ils arriveront, dans une certaine mesure, à s’identifier à lui ? C’est quand même bien plus amusant de courir partout et faire tout ce que l’on veut comme Augustin que de passer son temps à ranger comme Mme Brichard.

Et nous touchons là d’ailleurs l’un des points forts de cette petite histoire qui, sous réserve de mignonnerie, montre à chacun que la vie est faite d’équilibre. Sans tomber dans les deux extrêmes, ranger tout tout le temps sans prendre le temps de vivre ou au contraire, passer son temps à s’amuser sans prendre le temps de se poser, il existe un juste milieu. La Princesse semble d’ailleurs symboliser ce juste milieu puisque prise entre ces deux personnages au comportement excessif, elle exprime son souhait de s’amuser tout en ne faisant pas n’importe quoi… contrairement à un certain toutou dont je ne citerai pas le nom.

Quant à la plume de l’auteur, elle se veut volontairement enfantine de manière à ce que l’histoire reste accessible aux enfants. Mais même en tant qu’adulte, cela ne dérange pas d’autant que cette simplicité dans la narration renforce le côté trublion d’Augustin. Quel que soit son âge, chaque lecteur sera donc ravi par cette histoire qui pourra se lire comme le récit rigolo des aventures d’un chien et d’une princesse ou comme un conte avec une morale. Tous les lecteurs partageront, en outre, le plaisir de découvrir les nombreuses illustrations qui parsèment le livre. Comme le style de l’auteur dans ce conte, elles dégagent un charme juvénile auquel il est bien difficile de rester insensible. Parfois en couleurs, mais le plus souvent réduites à leur simple crayonné, elles invitent à vous plonger dans l’histoire, à découvrir les bêtises d’Augustin et leurs conséquences, à voir Mme Brichard dans ses activités de nettoyage et de rangement, à suivre Élodie dans ses promenades, à partager ses moments de bonheur et de colère… En d’autres termes, les illustrations de Samar & Hani Khzam soutiennent à merveille le texte de Pierre Thiry qui lui-même renforce la force de ces dessins simples, mais efficaces.

En conclusion, Pierre Thiry est un auteur qui semble avoir plusieurs cordes à son arc. Il sait aussi bien nous émerveiller par sa poésie que nous enchanter grâce à son talent de conteur. L’auteur nous propose en effet un conte d’une grande douceur qui plaira autant aux enfants qu’à leurs parents. Les premiers seront séduits par une histoire toute mignonnette joliment mise en valeur par de nombreuses illustrations, et les seconds par le charme caractéristique des contes qui ont probablement bercé leur enfance. Une belle lecture familiale donc, à lire et à relire !

Site de l’auteurPage Facebook du livre

Et vous, envie de découvrir La princesse Élodie ?

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Sansonnets, un cygne à l’envers : Cent sonnets insignes allant vers…., Pierre Thiry

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J’ai découvert Sansonnets, un cygne à l’envers sur Facebook. Son auteur, Pierre Thiry, proposait aux blogueurs intéressés de leur envoyer un exemplaire de son ouvrage en échange d’une chronique.

Connaissant peu la poésie, j’ai d’abord préféré ne pas tenter l’aventure avant de changer d’avis et de contacter l’auteur. J’ai ainsi reçu quelques jours plus tard le livre que, mue par une certaine curiosité, j’ai commencé le jour même.

PRÉSENTATION

Ces cent sonnets ont été écrits un peu n’importe quand, lorsque j’avais du temps : à l’arrêt d’autobus, sur le quai de la gare SNCF, dans un train, sur une terrasse de café, dans une salle d’attente, sur un coin de table durant un repas ennuyeux, dans ma cuisine, dans mon bureau, dans un magasin de chaussures, en attendant mon tour à La Poste, en discutant avec ma coiffeuse, en attendant un dessert au restaurant, en marchant en forêt, en essayant une nouvelle chemise, en lisant un livre, en marchant sous la pluie, en savourant un concert, en rêvant au sourire chaleureux de la meilleure des amies, en écoutant converser les sansonnets au-dessus de l’étang des cygnes…

  • Broché: 126 pages
  • Editeur : Books on Demand (25 février 2015)
  • Prix : 7€

AVIS

De la poésie ou des jolis mots à la portée de tous… 

La poésie tend à m’intimider bien que plus jeune, je l’appréciais beaucoup. Ayant ce sentiment de ne pas maîtriser tous ses codes ou de ne pas savoir apprécier les beaux mots des poètes à leur juste valeur, j’ai depuis de nombreuses années tendance à ignorer ce genre. Cependant, Sansonnets un cygne à l’envers m’a, dès les toutes premières pages, fait oublier cette crainte.

Pierre Thiry a écrit ses sonnets n’importe quand au gré des occasions et, je le suppose, de son inspiration :  » à l’arrêt d’autobus, sur le quai de la gare SNCF, dans un train, sur une terrasse de café, dans une salle d’attente, sur un coin de table durant un repas ennuyeux… ». Cette manière de procéder m’a donné le sentiment d’une certaine « proximité » avec l’auteur puisque les situations évoquées dans les sonnets sont celles de la vie quotidienne. Cela permet d’ancrer dans la réalité des sonnets qui peuvent parfois donner le sentiment d’appartenir à un autre monde, celui des poètes.

Par sa manière d’aborder la poésie, bien que l’auteur ne considère pas forcément que ses sonnets soient des poèmes, Pierre Thiry rend accessible à tous son ouvrage et désacralise un genre presque apparenté au divin. Si je ne qualifierais pas le livre d’universel, nul doute qu’il pourra plaire à tous les amoureux des mots.

Une lecture guidée…

J’ai en outre beaucoup apprécié la manière dont l’écrivain a su guider le lecteur dans sa découverte de l’ouvrage que ce soit par le truchement des notes de bas de pages ou encore sa postface que j’ai d’ailleurs lue en premier afin de mieux appréhender ma lecture.

Mais ce que j’ai le plus aimé ce sont les titres des sonnets que j’ai trouvés extrêmement bien choisis et qui, plus d’une fois, m’ont faite sourire. Si j’ai d’abord lu une première fois l’ouvrage dans l’ordre, j’ai ensuite relu certains des sonnets en me basant uniquement sur les titres en fonction des émotions qu’ils éveillaient en moi.

Une ode au partage

On peut avoir la tentation de garder ce livre dans sa bibliothèque veillant jalousement sur cette pépite ou au contraire, décider de partager avec son entourage ces sonnets en ayant la quasi-certitude que certains résonneront chez l’Autre. C’est pour ma part cette dernière option que j’ai choisie en faisant de Sansonnets, un cygne à l’envers un livre voyageur.

Il va ainsi aller à la rencontre de mon père, grand lecteur mais peu coutumier de la poésie et de sa meilleure amie, elle-même écrivaine auto-éditée de poésie. A son retour, je proposerai ce livre sur le blog pour qu’il puisse découvrir d’autres lecteurs. Puis, à l’issue de ses différents voyages, il prendra un repos bien mérité dans ma bibliothèque.

Un livre à petit prix mais de grande qualité…

Je commente rarement le prix d’un livre la question restant somme toute sensible et très subjective. Néanmoins, je trouve que le prix de cet ouvrage (7€) est vraiment très correct si l’on considère la qualité du travail de l’auteur mais également du livre en lui-même. C’est un bel objet à avoir dans sa bibliothèque d’autant qu’il fait partie de ces ouvrages qui, comme un peu avec le vin, se bonifie au fil du temps et des relectures.

J’ai été ravie de découvrir ce livre et à travers celui-ci, « rencontrer » son auteur puisque la poésie a ce quelque chose d’intimiste qu’un roman ne possède pas forcément. Par ses sonnets, Pierre Thiry nous offre un peu de lui-même… L’expérience a été tellement concluante que je pense acheter un de ses deux romans voire son conte, ayant conservé mon âme d’enfant.

Évidemment, je n’ai pas apprécié tous les sonnets de la même manière certains m’ayant plus touchée, marquée ou amusée que d’autres. Néanmoins, il n’y en a aucun que je n’ai pas aimé ou pire, qui m’a indifférée.

L’AUTEUR

Pierre Thiry a publié deux romans: «Ramsès au pays des points-virgules» (2009) et «Le Mystère du pont Gustave-Flaubert» (2012), un recueil de sonnets: «Sansonnets, un cygne à l’envers» (2015), un conte pour enfants : «Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines» (illustré par Myriam Saci).
Il travaille actuellement à l’écriture d’un nouveau roman.
Il a été administrateur de théâtre, vendeur de disques, programmateur de concerts. Il aime flâner chez les bouquinistes, jouer du violoncelle, écrire le soir à la lueur d’une chandelle. Il anime régulièrement des ateliers d’écriture.

Site officiel : http://charles-hockolmess.e-monsite.com/

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Photo du site Babelio

NOTE : 4,5/5

NB : il y a quelque chose de presque trivial à noter un livre d’une telle poésie. Alors plus qu’une note selon des critères littéraires, il est ici avant tout question d’une rencontre entre une lectrice et un auteur. 

CONCLUSION

En quelques mots ou plutôt en cent sonnets, Pierre Thiry vous offre une lecture plaisante, parfois drôle, empreinte de poésie. Par son détachement aux règles parfois rigides de la littérature et a fortiori de la poésie, l’auteur rend son ouvrage accessible à tous. Libre de tout carcan, le lecteur se laisse alors guider par les mots avec lesquels l’auteur se plaît à jouer. Je ne peux donc que conseiller ce livre à tous, des passionnés de jolis mots aux simples lecteurs avides de belles découvertes en passant par les lecteurs occasionnels que la littérature traditionnelle intimide.

Et puis qui sait, à la fin de votre lecture, vous aurez peut-être envie de laisser votre place de lecteur pour celle d’auteur. Mais chut, je m’arrête là, il vous faudra vous essayer au plaisir des mots de Pierre Thiry pour en savoir plus.

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