Olya, Michel Louyot

Couverture Olya

Je remercie Babelio et les Ateliers Henri Dougier pour m’avoir permis de découvrir Olya de Michel Louyot.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une quête entre Orient et Occident

 » À elle seule, elle est la revenante, l’initiatrice, le rêve, le cauchemar, la trame de l’histoire, l’Eurasie, Éros et Agapé réconciliés.  »
Yoshi san est en révolte contre son père, un haut dignitaire japonais. Alors qu’il sombre dans la marginalité, il se perd dans les quartiers de plaisir d’une grande ville du sud-ouest du Japon où il rencontre une hôtesse de bar, Olya. D’origine russe, cette jeune femme à la fois sensuelle et énigmatique va bouleverser sa vie et l’entraîner dans une quête haletante des origines entre la Corée, la Chine, la Russie et la France.
Un roman initiatique, une méditation politique sur les rapports passionnels entre l’Orient et l’Occident.

Ateliers Henry Dougier (5 septembre 2019) – 221 pages – Broché (19€) – Ebook (8,99€)

AVIS

Yoshi, notre narrateur, est un homme qui se cherche perdu entre le manque d’une mère morte en couches et cette figure maternelle qu’il cherchera en vain, l’ombre écrasante d’un père autoritaire qui ne s’est jamais occupé de lui et le souvenir d’une grand-mère, seul puits d’amour et de réconfort dans une vie de désœuvrement. Amalgame de sentiments divers, intenses et contradictoires…

Au fil des pages, Yoshi se dévoile à nous et nous raconte ses souvenirs empreints de nostalgie, mais également sa vie de maintenant à Paris. Une alternance des époques maniée assez subtilement pour nous donner l’impression de suivre au plus près le fil de ses pensées… Des pensées qui tournent bien souvent autour de ce rejet d’un Japon qu’il n’accepte pas et dans lequel il ne se reconnaît pas. Cette normalisation à outrance des rapports sociaux, cette hypocrisie constante permettant de cacher le sale et le honteux derrière les silences, les sacrifices consentis au nom de la croissance et de la puissance économique… Très peu pour lui quoi que puisse en dire son père, un homme richissime et puissant qu’il déteste, mais dont il reste pourtant dépendant !

Ce rejet puissant et viscéral du Japon moderne est contrebalancé par son amour pour la Russie et le communisme, du moins dans leur version fantasmée. Peut-être se retrouve-t-il dans le statut un peu particulier de ce pays, point de jonction entre Orient et Occident… Destin ou heureux hasard, cette Russie qui lui plaît tant viendra à lui d’abord sous la forme de Sacha, un secrétaire culturel avec lequel il prend plaisir à échanger sur les différences et les ressemblances entre leurs pays bien que Yoshi soit parfois indisposé par l’attrait du Russe pour l’Archipel.

Puis il y aura Olya, une fille de joie, dans tous les sens du terme, qui lui offrira la blancheur de sa peau, son expertise dans l’art de l’amour, ses sourires, de beaux moments de complicité et d’amour, mais aussi son tempérament volcanique… Auprès d’elle, il connaîtra un certain apaisement jusqu’à ce qu’elle le conduise sur une route qu’il ne pensait pas prendre, celle des secrets de famille et de ses origines. Commencera alors pour notre protagoniste une quête entre Chine, Corée, France, Japon et Russie, un voyage physique autant qu’intérieur parsemé de nouveaux paysages, de questionnements, d’échanges et de découvertes…

Enchanteresse, l’écriture de Michel Louyot se dévoile à nous dans toute sa beauté et sa poésie : entre des phrases empreintes de solennité se cachent des merveilles de sons et d’images, des mots énoncés au rythme des pensées, des phrases imagées et pleines de sensibilité. Un style unique à l’orée de la poésie et de la philosophie qui témoigne de la maîtrise de la langue par l’auteur. Mais rassurez-vous, bien que la plume soit travaillée, elle n’en demeure pas moins fluide et accessible.

Un roman plaisant à lire donc, mais aussi sur lequel on s’arrêtera volontiers afin d’y cerner toute la profondeur et de revenir sur les réflexions soulevées par un protagoniste, partagé entre Orient et Occident, en quête de repères et d’identité. Appréciables, en outre, les références littéraires, culturelles et historiques qui permettent d’en apprendre un peu plus sur le Japon, et dans une moindre mesure, sur la Russie. Petit bonus, un glossaire des quelques mots japonais utilisés dans l’ouvrage est glissé à la fin.

En conclusion, Olya est un roman sublimement écrit et plein de sensibilité dans lequel on suit avec empathie l’introspection d’un homme en décalage avec son époque et son pays… Entre Orient et Occident, finira-t-il par se (re)trouver ?

Découvrez un extrait du roman sur le site des Ateliers Henry Dougier.

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