Poséidon le terrible, Martine Laffon

 

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sur une île déserte, un vieillard raconte l’histoire du dieu Poséidon, roi des mers et des océans. De sa rivalité avec Athéna à ses terribles vengeances envers les humains qui l’ont trahi. Poséidon est le dieu protecteur des navigateurs, mais il peut aussi être redoutable… Voici son histoire…

  • Poche: 130 pages
  • Éditeur : Flammarion jeunesse (8 mars 2017)
  • Prix : 5,90

AVIS

Appréciant la mythologie grecque et la littérature jeunesse, je ne pouvais qu’être intéressée par Poséidon le terrible d’autant que la couverture est tout simplement sublime. Le fait que le livre possède également un jeu de cartes à détacher ne pouvait que finir de me convaincre de craquer pour cette petite lecture jeunesse que j’ai juste adorée.

L’autrice nous propose de nous joindre aux marins venus écouter Noétios raconter sa rencontre avec le grand Poséidon. Ainsi, chaque soir pendant sept jours, le conteur nous narre ses aventures et ses péripéties aux côtés de cet impétueux dieu bien décidé à faire entendre SA vérité. Poséidon n’est, en effet, pas content, mais alors pas content du tout, de ce qu’il entend…

Il a donc décidé de donner sa propre version des faits à Noétios qui est chargé de la propager parmi les autres humains. Et le pauvre conteur n’a pas d’autre choix que de suivre le dieu là où il le désire. C’est ainsi qu’il sera transporté dans différents endroits où il rencontrera des « méchants » de la mythologie grecque comme le Minotaure. Il sera également le confident privilégié du géant des mers, celui-ci lui confiant sa rancune envers son frère, Zeus, qui s’est montré injuste envers lui. On découvrira aussi la haine de Poséidon envers Athéna qui lui a mené la vie dure par le passé. L’animosité entre les deux divinités est d’ailleurs plus que palpable ! C’est simple, ils se détestent au point que Poséidon perd la raison quand il s’agit d’Athéna et tend à se comporter comme un enfant, au grand dam de sa femme.

S’il y a bien une chose que j’ai adorée dans ce livre, c’est le personnage de Poséidon qu’à ma grande honte, je ne connais finalement pas très bien. Il nous est décrit ici comme un dieu puissant, lunatique et parfois, voire souvent, de mauvaise foi, notamment quand il parle de ses monstrueux enfants qu’il a quelque peu tendance à angéliser. Il se montre très humain dans sa jalousie, son désir de rétablir la vérité et de réparer les injustices dont il estime avoir été victime. C’est également un personnage qui m’a bien souvent fait sourire grâce, entre autres, à un certain sens de la démesure et du dramatique.

S’il ne vient pas ce navigateur de malheur, je les embroche tous avec mon trident, tous les marins de tous les océans. Oui, embrochés comme un banc de harengs !

De la même manière, et même si on les voit peu, j’ai adoré sa femme et son fils avec lesquels il a une vie de famille plutôt mouvementée. Sa femme se montre rusée et souvent narquoise quand son fils se comporte en ado rebelle blasé par les lubies de son père. Les échanges entre les trois personnages ne devraient pas manquer de vous amuser et de vous rappeler ceux qu’une famille lambda pourrait avoir, la dimension mythologique en plus.

Rien à faire, grogne Poséidon, voilà un son de trompe auquel je ne m’habituerai jamais et dire que c’est moi qui lui ai donné ce coquillage ! Il faut vraiment que les Néréides, les sœurs de ma belle Amphitrite, lui apprennent à en jouer avant que j’aie les oreilles cassées.

Livre jeunesse qui n’a pas à vocation à raconter la mythologie grecque en long et en large, il reste assez simple et donc accessible aux enfants d’autant que son découpage en chapitres courts le rend facile à lire. Il leur faudra néanmoins peut-être un peu de temps pour assimiler les nombreux noms des divinités et créatures qui entrent en scène dans le roman. J’avoue d’ailleurs que certains m’étaient peu familiers. Quant aux adultes, ils devraient être séduits par le ton humoristique de l’autrice qui contribue fortement au charme de l’ouvrage. Sa plume enjouée et alerte rend la lecture très plaisante et complètement addictive. Et puis quel plaisir de retrouver des personnages de légende sous un autre jour !

J’ai, enfin, beaucoup aimé la manière dont l’autrice a su utiliser le personnage de Noétios pour capter son auditoire. Habile conteur, il sait ménager ses effets pour créer de la tension et susciter de la curiosité et de l’impatience autant chez les marins qui viennent l’écouter chaque soir que chez les lecteurs qui ont envie d’en apprendre plus, toujours plus. Maître du suspense, il aime aussi beaucoup jouer entre imaginaire et réalité laissant ses spectateurs dans le doute : invente-t-il toutes ces belles histoires ou est-il bien l’élu de Poséidon ? Peu importe finalement puisque les marins prennent plaisir à l’écouter et finissent par reprendre la mer la tête pleine d’histoires épiques qu’avec un peu de chance, ils raconteront à leur tour. La légende de Poséidon n’est pas prête de s’arrêter…

En résumé, Poséidon le terrible est un livre jeunesse qui m’a complètement séduite et que je recommande aux enfants désirant lire un livre abordant la mythologie sous un jour enjoué et accessible. Au gré des histoires de Noétios, les petits et grands lecteurs devraient se surprendre à sourire, à frémir et à attendre avec impatience chaque aventure vécue par notre habile conteur ! Quasi-coup de cœur, ce roman m’a bien donné envie de découvrir les autres titres de la collection…

Achille l'invincibleOrphée l'ensorceleurHéraclès le valeureux

Et vous, envie de découvrir Poséidon le terrible ?

 

Throwback Thursday Livresque #94 : C’est la rentrée !

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Thème de la semaine : C’est la rentrée !

J’ai failli ne pas participer à cette édition ne voulant pas jouer la carte d’un certain apprenti sorcier puis je me suis souvenue d’un roman que je vous ai présenté assez récemment sur le blog : le tome 1 de la série Les Filles de l’Olympe.

La jolie Lucy, la farouche Liz et l’excentrique Kim entrent en seconde au lycée de Rainbow Hill. Ces trois adolescentes si différentes n’ont qu’une chose en commun : leur date de naissance. Et, pourtant, elles provoquent sur leur passage des phénomènes bien étranges. Leurs destins semblent inextricablement liés à ceux des déesses Athéna, Artémis et Aphrodite. Les voici appelées à se battre pour sauver le monde dans lequel elles ont toujours vécu, et celui d’où elles viennent : l’Olympe.

Pourquoi ce choix ?

Ce roman m’a semblé parfait pour le thème de la semaine puisque nous découvrons trois jeunes filles le jour de leur entrée en seconde, un passage important dans la vie d’un(e) adolescent(e). L’entrée au lycée n’est pas forcément une étape facile, mais elle l’est encore moins quand elle s’accompagne, comme dans ce roman, d’une découverte déroutante. Les trois adolescentes, qui finiront par être amies, vont ainsi découvrir leurs relations étroites avec trois déesses : Aphrodite, Artémis et Athéna. En plus de la rentrée scolaire classique, elles vont donc faire leur entrée dans un monde fantastique dont elles n’auraient jamais soupçonné l’existence ! Amoureux de littérature jeunesse et de mythologie, cette série devrait vous plaire…

Pour en apprendre plus sur le roman, je vous invite à lire ma chronique dont voici la conclusion :

Elena Kedros nous propose ici une histoire prenante qui mêle monde moderne et mythologie. Nul doute que les enfants et jeunes adolescents devraient apprécier les personnages auxquels certains pourront peut-être s’identifier tout en se laissant emporter par un premier tome plutôt riche en action. Je conseillerais également ce livre aux adultes amateurs de romans jeunesse, ce roman possédant tous les atouts pour leur faire passer un bon moment de lecture.

Et vous, connaissez-vous ce roman ? Quel titre auriez-vous proposé ?

À ma vie, À ta mort, Sandra Triname

Je remercie les Éditions Plume Blanche de m’avoir fait parvenir, sous format numérique, le roman A ma vie, A ta mort de Sandra Triname. J’ai reçu ce service presse dans le cadre de l’Opération Spéciale Summer Time.

A noter que ce roman concourt au prix des auteurs inconnus 2017, dans la catégorie Imaginaire.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Recouvert de symboles grecs faisant référence à Hadès, un corps mutilé et désormais inidentifiable, est retrouvé dans une cave à New York. Jeune flic fraichement sorti de l’école de police, Mike Sullivan se retrouve chargé de cette affaire qui le mènera jusqu’au pied du World Trade Center, ce terrible jour du 11 septembre 2001. Une fois son bras vengeur lancé et bien que la faucheuse soit belle à couper le souffle, rien ne peut la stopper. Instrument du Destin ou de la Mort elle-même, il devra résoudre cette affaire en empruntant des sentiers dont personne ne revient jamais.

  • Broché: 371 pages
  • Editeur : Editions Plume Blanche; Édition : 1 (7 mars 2017)
  • Prix : 21,90€
  • Autre format : Ebook

AVIS

Je vais commencer par le seul défaut de cet ouvrage à savoir les quelques coquilles présentes, conséquence d’un problème rencontré lors de la phase de correction… J’ajouterai, avant d’entrer dans le vif du sujet, que je suis particulièrement fan de la couverture qui m’a tout de suite donné envie de découvrir le roman. Il en va de même pour le titre qui contient cette part de mystère et d’horreur prompte à susciter l’imagination.

Imaginez-vous mener votre vie comme des milliards d’autres personnes quand soudain, le destin semble vous prendre pour cible et vous plonge, sans aucun avertissement, dans un monde d’horreur et de douleurs. Sans savoir pourquoi ni comment vous avez pu vous retrouver dans une telle situation, vous vivez alors de longues et abominables séances de torture jusqu’à ce qu’il ne reste de votre corps qu’un amas ensanglanté de tissus. Injuste, révoltant, cruel ? C’est exactement ce qu’a ressenti Ambre dont la vie a été soudainement fauchée par un monstre de la pire espèce. Difficile alors de ne pas comprendre sa colère et son désir aveugle de vengeance ; sentiments qui la conduiront à signer un pacte : en échange de la promesse de s’occuper elle-même de son bourreau le moment venu, elle accepte de devenir une Faucheuse. Mais si, finalement, ce pacte n’était que la partie émergée d’un complot qui dépasse largement tout ce qu’Ambre aurait pu imaginer ? Les voies des dieux sont impénétrables…

Dès le début de l’histoire, l’autrice nous plonge dans l’horreur avec une scène de torture particulièrement écœurante dont elle n’épargne aucun détail. Celle-ci nous donne paradoxalement envie d’en apprendre plus sur la victime, son passé, les circonstances qui l’ont amenée à vivre un tel calvaire, mais également les raisons qui peuvent pousser un autre humain à infliger de tels sévices à une autre personne. De prime abord, on serait tenté de penser que le tortionnaire n’est qu’un malade mental, mais la maîtrise dont il fait preuve tout comme la froideur avec laquelle il s’attelle à la tâche nous détrompe très vite sur ce point. Plus qu’un malade, nous sommes bien face à un monstre que rien ne pourrait détourner de son « art ».

Cet « artiste » macabre va nous donner des sueurs froides tout au long du livre d’autant que l’autrice joue avec les nerfs de ses lecteurs faisant durer le suspense et le mystère autour de celui-ci. En absence de réponses à nos interrogations, nous nous retrouvons donc dans la même situation d’incrédulité et d’écœurement que les deux policiers en charge de l’enquête, Harvey et Sullivan. J’ai d’ailleurs apprécié de suivre de très près leur avancement, leur raisonnement, leurs questionnements, leurs doutes, leur frustration… Le lecteur a le sentiment de faire partie intégrante de l’équipe au point de presque s’imaginer partager un verre avec Harvey pour décharger la tension accumulée durant la journée ou vomir son repas avec Sullivan lors des excursions à la morgue.

Cette capacité à immerger le lecteur dans l’histoire n’est pas le seul atout du roman, le duo Harvey/Sullivan participant également au plaisir de la lecture. En effet, ces deux policiers, bien que très différents autant en termes d’âge que de personnalité, sont totalement complémentaires. C’est donc un véritable plaisir de voir leur relation évoluer au fil de l’intrigue et des coups durs, car l’autrice n’est pas du genre maman poule avec ses personnages ; l’un d’entre eux va en faire cruellement les frais. Heureusement, il pourra compter sur les liens profonds et indéfectibles qui l’unissent à son camarade. Je dis camarade, mais vous découvrirez que la relation entre les deux policiers va bien au-delà de la simple camaraderie ou même de l’amitié… D’aucuns reprocheront peut-être à l’autrice d’avoir utilisé le schéma classique du vieux flic bourru au gros cœur et du jeune bleu plein d’enthousiasme et d’idéaux, mais pour ma part, cela ne m’a pas dérangée. L’émotion que l’on ressent à les voir évoluer côte à côte dans les coups durs comme dans les moments plus heureux balayant toute réserve que l’on pourrait ressentir vis-à-vis d’eux. J’ai d’ailleurs tellement apprécié les deux personnages que je serais ravie de les retrouver dans une nouvelle enquête.

Quant à Ambre, j’ai un peu regretté de n’apprendre à la connaître que relativement tard dans le livre. Si l’enquête tourne bien autour de son meurtre, l’autrice prend le temps, avant de s’attarder sur la jeune femme, de mettre en place les différentes pièces du puzzle et de développer la psyché de ses autres personnages. Si je comprends aisément le procédé qui se révèle très efficace pour vous faire garder le nez sur votre livre, il m’a parfois frustrée. Les détours que prend l’autrice pourront d’ailleurs créer un sentiment de longueur chez les personnes amatrices d’histoires menées tambour battant. En d’autres mots, nous sommes clairement ici plus dans une course de fond que dans un sprint.

Mais comme « tout vient à point à qui sait attendre », nous finissons néanmoins par découvrir Ambre, son passé, sa colère, sa haine autant de son bourreau que de sa nouvelle profession, sa nouvelle vie de Faucheuse, ses amis, son désir de vengeance, sa pugnacité, son courage, son sens de la répartie et son humour... Il m’a fallu un peu de temps pour m’attacher à elle, les épreuves qu’elle a endurées l’ayant rendue peu chaleureuse. A mesure que l’on découvre son histoire et la manière dont elle a été éhontément trompée que ce soit sur terre ou dans l’Entre-deux, on ne peut cependant que finir par la soutenir de manière inconditionnelle.

Le lecteur n’est pas le seul à éprouver le besoin de l’aider. Elle sera ainsi secondée par deux alliés afin de faire la lumière sur la nature du complot dont elle est victime. Elle se découvrira également un allié des plus inattendus en la personne d’Hadès qui n’apprécie guère qu’un fou, de surcroît humain, se fasse passer pour lui. Et puis, avouons que l’intelligence et la personnalité plutôt vive de notre jeune faucheuse ne pourront qu’attiser sa curiosité et éveiller son intérêt. Je ne vous en dirai pas plus sur ce point, mais j’ai regretté que l’autrice tombe dans une certaine facilité quant à l’évolution de la relation entre Ambre et Hadès… Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’apprécier grandement de retrouver ce fascinant personnage de la mythologie grecque que l’autrice a su parfaitement s’approprier. J’ai aimé le voir tirer les ficelles dans l’ombre avant de le voir se dévoiler aux yeux de ses alliés. Cela crée un petit effet dramatique qui sied à merveille à la personnalité hors norme du personnage…

De la même manière, ce fut un plaisir de découvrir les différentes allusions à la mythologie grecque et à ses différentes figures emblématiques. L’histoire fait d’ailleurs, dans une certaine mesure, écho aux mythes grecs avec son lot de trahisons, de complots, de rebondissements… On retrouve également cette vision de dieux tout-puissants qui n’ont que peu de considération pour les êtres humains. Dans cette histoire, le libre arbitre n’existe donc pas pour le plus grand malheur des hommes dont les divinités n’hésitent pas à jouer avec la vie comme des marionnettistes tireraient les ficelles de leurs pantins. Une prise de conscience douloureuse qui sera un motif supplémentaire de révolte de la part d’Ambre.

En conclusion, l’autrice prend le temps de poser les bases afin de nous offrir une intrigue complexe dont la lecture se révèle aussi angoissante que prenante. Amateurs d’enquêtes policières, de sensations fortes ou tout simplement d’histoires où se mêlent émotions, suspense et personnages à la psychologie développée, vous devriez être conquis par A ma vie A ta mort. Les références à la mythologie grecque devraient, quant à elles, ravir les personnes intéressées par ce domaine.

Pour acheter le livre, vous pouvez vous rendre sur le site des Éditons Plume Blanche.

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