La vie compliquée de Léa Olivier, tome 1 : perdue, Borecki et Alcante d’après l’œuvre de Catherine Girard-Audet

Découvrez La vie compliquée de Léa Olivier T01 dans sa version BD. Connaissez-vous Léa Olivier? Si ce n’est pas le cas, voilà une jolie façon de faire connaissance, avec l’adaptation en bande dessinée des aventures de la jeune Québécoise préférée des ados.

Ce premier tome de  « La Vie compliquée de Léa Olivier » nous emmène à Montréal, en compagnie de Léa, 14 ans, qui vient tout juste d’y emménager avec ses parents. Séparée de sa meilleure amie Marilou et de son amoureux Thomas, elle peine un peu à se faire à son nouvel environnement. Il faut dire qu’entre les maladresses de Thomas, pas très doué pour les relations à distance, les filles du lycée qui la prennent de haut et son frère Félix qui joue les beaux gosses, Léa se sent parfois un peu seule. Heureusement, il y a Marilou, à qui elle raconte tout, par mail et par chat. Laquelle la tient au courant de la vie de leur village, des faits et gestes de Thomas et des aléas de sa vie amoureuse

Kennes (Octobre 2014) – 48 pages – Relié (11,95€) – Ebook (8,99€)

AVIS

Un déménagement, c’est souvent compliqué, mais ça peut prendre une tournure carrément dramatique pour une adolescente que l’on prive de sa meilleure amie et de son petit ami. Mais si Léa vit très mal ce déménagement à Montréal imposé par son père qui a trouvé un nouveau travail, elle n’a néanmoins pas d’autre choix que d’accepter la situation. Elle finit donc par sortir de chez elle et explorer cette nouvelle ville qui s’offre à elle avant d’affronter la rentrée dans son nouvel établissement scolaire…

Léa, bien que volontaire, est un peu intimidée à l’idée de devoir se faire de nouveaux amis d’autant qu’une pimbêche semble bien décidée à lui mener la vie dure en se moquant d’elle à la moindre occasion. Et n’oublions pas les cours d’anglais et de sport qui se transforment en sessions de torture ! Heureusement, la jeune fille va se faire de nouveaux amis et commencer, petit à petit, à s’adapter à sa nouvelle vie. Entre les fêtes, l’écriture d’un article pour le journal de l’école, les amitiés naissantes et les inimitiés, elle n’aura donc pas le temps de s’ennuyer.

Léa veille également à garder le contact par sms avec sa meilleure amie qui compte énormément pour elle. En plus de se remonter le moral mutuellement, les deux adolescentes se confient tout ce qui se passe dans leur vie, et notamment leurs (més)aventures amoureuses. Ainsi, si Marilou se rapproche inopinément d’un garçon, Léa, quant à elle, pense énormément à son petit ami qu’elle a peur de perdre au profit d’une fille de son ancienne école. Et malheureusement, Thomas, assez taiseux, ne fait rien pour rassurer la jeune fille. Pire, il semble même s’éloigner d’elle, ce qui lui fait beaucoup de peine…

Le jeune couple arrivera-t-il à garder une relation à distance ou les kilomètres viendront-ils à bout de leur amour ? Une question qui ne devrait pas manquer d’intéresser les adolescent(e)s qui trouveront dans cette BD des sujets qui leur parlent : le premier amour, les relations avec le sexe opposé, les doutes, les séparations, mais aussi l’amitié avec un grand A, les relations qui évoluent, le besoin de s’adapter, la famille, le sentiment de déracinement… Des thématiques abordées de manière simple et assez directe pour que les jeunes lecteurs s’identifient facilement aux aventures de Léa et partagent ses peurs, ses peines, mais aussi ses moments de joie et ses succès.

L’héroïne étant une fille et les relations sentimentales évoquées de son point de vue, il est fort probable que les adolescentes se montrent plus enclines à se pencher sur cette histoire. Néanmoins, le récit n’étant pas girly à l’excès, un public masculin curieux et ouvert d’esprit peut tout à fait y trouver son compte et/ou partager cette lecture avec leurs sœurs ou leurs amies.

Quant aux illustrations, je les ai trouvées modernes, agréables, lumineuses, colorées et très vivantes. Les visages sont ébauchés de manière assez simple, mais leurs expressions se révèlent très parlantes et les mimiques particulièrement expressives. Il est donc aisé de lire les émotions des personnages sur leur visage, ce qui ne pourra que faciliter le processus d’identification chez les lecteurs et susciter leur empathie. 

En conclusion, trentenaire, je ne me suis pas vraiment sentie concernée par les péripéties de Léa, ce qui ne m’a pas empêchée de suivre la jeune fille avec plaisir dans sa nouvelle vie d’autant qu’entre les différents lieux mentionnés et les quelques expressions québécoises distillées par-ci par-là, le dépaysement est au rendez-vous. Frais, pétillant et abordant des sujets qui parleront aux préadolescents et aux adolescents, cet ouvrage devrait les séduire et leur offrir un moment de divertissement agréable et facile d’accès.

NB : il s’agit ici de l’adaptation du premier tome d’une série de romans que je n’ai pas lue. Je ne pourrai donc pas juger de sa fidélité.

Je remercie NetGalley et les éditions Kennes pour cette lecture.

 

Poussière fantôme, Emmanuel Chastellière

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une histoire de fantôme rocambolesque… à Montréal !

Être guide touristique spécialisé dans les mystères du Montréal hanté n’est pas facile tous les jours, malgré les pourboires et les touristes à berner. Mais ça l’est encore moins quand on peut réellement converser avec les fantômes, trop contents de trouver quelqu’un à qui parler !
Depuis qu’Archibald a fait la rencontre d’Elizabeth McKenzie, jeune scientifique décédée dans des circonstances étranges en 1917, sa vie a basculé. Déterminé à aider Elizabeth à lever le voile sur sa mort, Archie va devoir compter sur des amis parfois surprenants et apprendre à percer les secrets de la poussière fantôme, alors que les revenants, goules et autres spectres de la ville se montrent de plus en plus menaçants…
Et tout ça si possible sans trop se fatiguer

 

Scrineo (26 avril 2018) – 336 pages – Broché (14,90€) – Ebook (7,99€)
Illustration : Xavier Collette

AVIS

Difficile de ne pas craquer devant une telle couverture et un tel titre ! C’est donc sans vraiment prêter attention au résumé que j’ai décidé de m’embarquer dans cette lecture. Un voyage qui fut riche en péripéties et en présences fantasmagoriques. Il faut dire qu’avec un protagoniste voyant les fantômes, cela n’a rien de très étonnant.

Profitant de son don, Archibald s’est associé avec son meilleur ami, Isidore, libraire spécialisé dans l’occulte, pour proposer des visitées guidées d’un genre nouveau… À ses côtés, ce ne sont pas les musées que les touristes découvrent, mais plutôt le Montréal de l’ombre, des fantômes et des histoires à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Un métier dans lequel Archibald excelle d’autant qu’il peut compter depuis peu sur l’aide du fantôme d’Elizabeth, une jeune scientifique décédée cent ans plus tôt.

C’est d’ailleurs avec cette dernière que l’auteur commence son livre. Nous découvrons ainsi la tragique histoire de cette femme qui s’est lancée dans des recherches scientifiques qui auraient pu, en cas de succès, changer la face du monde. Une réussite effleurée de près avant qu’un terrible accident ne vienne mettre fin aux ambitions de la jeune prodige, à sa vie et à celle de son amant.

Cent ans plus tard, Elizabeth, qui n’a rien perdu de son caractère, doit faire face à un autre problème qui prendra une tournure que ni elle ni Archibald n’auraient pu imaginer. Ils pourront heureusement compter sur le soutien de différentes personnes plus ou moins liées au monde de l’étrange. C’est donc dans une aventure auréolée de mystère, empreinte de mythologie et emplie de dangers que l’auteur nous plonge sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Dans un rythme effréné,  les scènes d’action et les événements s’enchaînent apportant leur lot de questionnements et de révélations…

Au fur et à mesure de l’intrigue, les liens entre les personnages se précisent et les relations sont mises à mal… J’aurais apprécié que l’auteur développe un peu plus cet aspect du livre puisque finalement, on reste à la surface des choses. À titre d’exemple, la relation entre notre héros et son meilleur ami m’a laissée assez dubitative. Leurs interactions, basées sur les silences et les secrets, manquent cruellement de chaleur, un peu comme si nous étions face à de vagues connaissances et non à des personnes censées être proches... Archibald m’a en outre agacée par la manière dont il jette l’opprobre sur son ami qui lui avait caché tout un pan de son existence quand lui-même n’a pas été un exemple de transparence et d’honnêteté. Un peu de mauvaise foi notre Archibald…

J’ai, en revanche, apprécié l’amitié entre le jeune homme et sa colocataire qui va se révéler être un précieux atout pour la petite bande que ce soit en raison de son caractère bien trempé ou de ses dons. De la même manière, j’ai particulièrement été touchée par le duo formé par Archibald et Elizabeth. Complices, les deux amis essaient de s’épauler du mieux qu’ils le peuvent. Archibald n’est pas parfait et a tendance à opter pour la fuite face aux problèmes, mais pour son amie, il se lance dans une aventure périlleuse sans trop sourciller… Quant à la scientifique, elle m’a beaucoup émue. Bien que désemparée face à la situation et au mal qu’elle cause indirectement autour d’elle, elle fera de son mieux pour affronter les épreuves qu’elles soient d’ordre magique, amical ou sentimental… 

La psychologie des personnages n’est pas développée outre mesure, mais l’auteur a veillé à apporter pas mal de tension et de suspense à son récit : que s’est-il passé exactement il y a cent ans ? L’amant perdu l’est-il vraiment à tout jamais et surtout est-il celui qu’il prétend être ? Pourquoi et par qui Elizabeth est-elle poursuivie ? Qui est ce Grand Œil ? Pourquoi les fantômes semblent prendre vie dans le monde réel avec des intentions plus ou moins sympathiques ? Quelle est l’étendue des capacités d’Archibald ? Un exemple des nombreuses questions qui viendront vous titiller durant votre lecture et vous donner envie de connaître le fin mot de l’histoire d’autant que la plume fluide et immersive de l’auteur plonge directement les lecteurs au cœur de l’aventure…

Petit détail qui contribue au sentiment d’immersion et au charme du roman, la découverte de quelques expressions québécoises des plus savoureuses.... Mais rassurez-vous, elles sont utilisées avec parcimonie et l’on devine bien souvent, grâce au contexte, leur sens.

En conclusion,  amitiés, amour, actions, fantômes, magie, complot et mythologie sont au cœur de cette aventure rythmée, pleine de mystère et d’actions qui devrait ravir les amateurs de surnaturel et d’histoires de fantômes palpitantes, mais pas vraiment effrayantes.

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site des éditions Scrineo.

Chambre 1002, Chrystine Brouillet

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Je remercie les éditions Ramsay de m’avoir permis de découvrir Chambre 1002 de Chrystine Brouillet.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hélène, chef montréalaise mondialement connue, se rend à New York afin d’y recevoir un prestigieux prix culinaire. Sur le chemin du retour, la tragédie frappe : elle est retrouvée inconsciente à la suite d’un brutal accident de voiture. Simple malchance ou acte prémédité ? Les enquêteurs travaillent à éclaircir le mystère, mais les pistes demeurent floues autour de cette femme apparemment sans ennemis ni malice. Hélène, plongée dans un profond coma, est veillée par ses amies les plus proches qui, après plusieurs semaines passées sans observer de progrès, mettront en place une ingénieuse stratégie aromatique pour tenter de ramener à la vie celle qui était le pilier de leur groupe.

Ramsay (01/10/2019) – 340 pages – Broché (19,90€) – Ebook (6,99€)

AVIS

Hélène, chef montréalaise, est victime d’un accident de la route lors de son retour de New-York où elle s’était rendue pour recevoir un prix culinaire. Dans le coma, elle est incapable de répondre aux questions des enquêteurs qui s’orientent pourtant rapidement vers la piste criminelle, ce qui n’étonnera guère les lecteurs qui connaissent très vite le coupable de ce terrible accident. Ne vous attendez donc pas à un thriller ou à une enquête menée tambour battant, l’auteure nous offrant plutôt ici un joli roman sur l’amitié avec un grand A. Le genre d’amitié qui soulève des montages et qui combat sans relâche la mort pour apporter de la vie là où ne reste qu’un corps inanimé allongé dans un lit d’hôpital.

Hélène sera donc veillée par ses meilleures amies partagées entre Paris et Montréal. Ces dernières ne cesseront pas un seul instant de penser à elle et de tout faire pour avoir la chance de retrouver leur dynamique et créative amie, le pilier de leur groupe. Pour ce faire, elles vont mettre en place des séances d’aromathérapie avec l’espoir que les bons mets cuisinés qu’elles feront sentir à leur amie dans le coma puissent éveiller sa mémoire olfactive et susciter chez elle quelques réactions.

Un espoir un peu fou ? Peut-être, mais tellement en accord avec la personnalité d’Hélène qui a voué sa vie à la gastronomie et à la bonne nourriture. Une solution gourmande et généreuse à son image donc ! Avec la complicité d’une partie du corps médical dont l’infirmière en chef pleine de gentillesse, de sensibilité et d’empathie, les séances aromathérapie pourront se mettre en place avant de devenir, de fil en aiguille, un vecteur de partage et de rencontre comme sait si bien l’être la cuisine…

De rencontres, il en sera d’ailleurs question dans ce roman mettant en scène de nombreux personnages, ce qui pourra se révéler un peu déstabilisant en début de lecture. Il y a bien sûr les amies d’Hélène, Marie son ancienne professeure d’arts plastiques qui l’a prise sous son aile à son adolescence, Ornella l’amie d’enfance, Justine une créatrice de parfums, Viviane, journaliste… Des femmes très différentes, mais complices et unies comme les doigts de la main ! Chacune réagira différemment à l’annonce de l’accident d’Hélène, mais toutes seront là pour elle. Julius, le neveu fainéant et profiteur, sera quant à lui, le seul personnage détestable du roman et la seule personne dans la vie d’Hélène qui ne sait pas l’apprécier à sa juste valeur.

Petit à petit, d’autres personnages viendront se greffer à l’histoire et se révéleront, pour la plupart, très attachants. J’ai ainsi été plus particulièrement touchée par un clown travaillant dans l’hôpital où est hospitalisée Hélène, mais aussi par un ancien chef ayant perdu son odorat qui saura retrouver goût à la vie grâce à sa rencontre avec son voisin, chocolatier et éleveur d’abeilles… À travers son récit et une galerie de personnages étoffée, diverse et variée, l’autrice aborde avec sensibilité et délicatesse de nombreux thèmes : l’amitié, la solidarité, la générosité, l’amour, la résilience, l’espoir, les secondes chances, les retrouvailles, l’homosexualité, la convoitise, l’avidité et la cupidité…

Chambre 1002 offre également une immersion savoureuse dans le monde de la gastronomie et de la gourmandise. Il est ainsi question de passion culinaire, de mets des plus simples ou exotiques aux plus raffinés, de goûts et de saveurs, de mariages d’épices et d’arômes, de papilles en extase, de senteurs et d’odeurs, de l’art de s’oublier et de se retrouver dans les délices de la bonne chère… Les gourmands devraient donc être ravis de voir leurs papilles sollicitées d’autant que quelques recettes sont distillées par-ci par-là. Et bonne nouvelle, pas besoin d’avoir les talents culinaires d’Hélène pour les réaliser, ces dernières semblant plutôt accessibles !

En conclusion, Chambre 1002 est un roman généreux aux allures de feel good (voire feel food) dans lequel amitié et plaisirs de la table sont intrinsèquement liés. Si vous êtes en quête d’une lecture émouvante emplie de belles valeurs et mettant en scène des personnages variés et attachants, ce livre devrait vous plaire, et vous donner envie de vous réunir avec vos proches autour d’un bon repas. Une ode à l’amitié et à la gastronomie à déguster sans modération !

Retrouvez le roman chez votre libraire/en ligne sur Place des libraires.