Le chapardeur des cœurs, Melinda Metz

Nouvelle mission pour MacGyver, le cupidon félin ! Après avoir aidé sa maîtresse à trouver l’amour, il repère un nouveau cœur en détresse, celui de Briony,  » cat-sitter  » venue s’occuper de lui.
La jeune femme est désemparée : la veille, elle s’est enfuie en abandonnant son fiancé au pied de l’autel. Et, désormais, il lui faut gérer les escapades de l’intrépide matou.
Toujours prompt à partir en cavale, Mac a en effet pris l’habitude d’aller se promener dans une résidence pour personnes âgées dirigée par Nathan, un célibataire qui doit faire face à un problème de taille…
Quelqu’un a décidé de couler son établissement. Et si MacGyver démasquait le coupable ? Et aidait ainsi Nathan à enfin regarder Briony

l’Archipel (février 2020) – 336 pages – Broché (20€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Catherine Duras

AVIS

Le chapardeur des cœurs fait suite à Un amour de chat dans lequel nous avions fait la connaissance de MacGyver, un chat très spécial qui a réussi, entre autres, à réunir Jane et David. Mais on dirait bien que notre minet n’a pas fini de jouer les cupidons ! Car c’est maintenant de la cousine de Jane, Briony, dont il doit s’occuper.

Après avoir quitté son fiancé au pied de l’autel, la jeune femme se réfugie chez Jane et David afin de faire le point sur sa vie tout en jouant la pet-sitter. Mais ce que Briony ne savait pas, c’est que si Dougy est un chien tout à fait ordinaire, MacGyver est loin d’être un chat comme les autres. C’est un chat-entremetteur, réparateur des cœurs et trouveur d’âme sœur. Accessoirement, c’est un petit filou fugueur et cleptomane qui use et abuse de sa ruse légendaire pour aider ces pauvres deux pattes bien incapables d’être heureux sans ses plans ingénieux.

Mais quel plaisir de retrouver MacGyver ! Un chat amusant, facétieux et haut en couleur auquel on ne peut que s’attacher et avoir envie d’assister dans sa lourde tâche de rompre la solitude sentimentale des humains qui l’entourent. Et le travail ne manque pas : sa nounou semble désemparée devant le tournant pris par sa vie, Nathan, directeur de maison de retraite, se noie dans son travail, un amateur de sardines voit le cœur de sa belle ravir par le nouveau bellâtre de la maison de retraite…

Comme dans Un amour de chat que l’on n’a pas besoin d’avoir lu pour comprendre cette histoire, l’autrice nous présente une galerie de personnage variée et terriblement attachante. Les résidents de la maison de retraite, en plus de ne pas avoir la langue dans la poche, se révèlent amusants et d’une énergie communicative. Entre les amitiés, les amours, les incompréhensions et les petites jalousies, le troisième âge ne semble pas de tout repos !

L’attachement des résidents à Nathan, directeur et co-propriétaire de la maison de retraite Les Jardins, met du baume au cœur d’autant que cet attachement est réciproque. Nathan traite, en effet, avec beaucoup de douceur, de respect et d’égard les nombreuses personnes sous sa responsabilité. Peut-être un peu trop si l’on considère que toute sa vie tourne autour de la maison de retraite et de sa famille sur laquelle il veille avec beaucoup d’abnégation. Mais l’arrivée de Briony va tout changer. Bien qu’elle ne lui ait pas fait une bonne première impression, il va vite tomber sous son charme et réaliser, petit à petit, qu’il est peut-être temps pour lui de laisser la place à une femme dans sa vie bien remplie.

Briony est une jeune femme gentille et attachante que l’on prend plaisir à voir évoluer tout au long du roman. D’abord incapable de prendre une seule décision sans les conseils d’au moins une personne, elle va prendre confiance en elle et apprendre à dompter ses crises d’angoisse. Au gré des péripéties, des rencontres et des conversations à cœur ouvert, Briony réalisera ainsi qu’elle est capable de prendre ses propres décisions et de choisir la vie qui lui convient et non pas celle tracée par ses parents aimants, mais surprotecteurs.

Cette prise de conscience sera d’ailleurs l’occasion pour l’autrice d’aborder des thèmes comme les relations familiales, le poids de l’éducation sur la construction de la personnalité de chacun et l’importance de laisser les enfants faire leurs propres erreurs… Côté famille, Nathan ne sera pas non plus épargné avec un père ayant fui ses responsabilités, une mère fragile psychologiquement et une sœur quelque peu culottée…

Le rapprochement entre Briony et Nathan est assez rapide, mais semble naturel tellement l’alchimie entre les deux personnages saute aux yeux. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice construit cette idylle pleine de tendresse, de douceur et d’humour même si, comme vous le verrez, les choses ne seront pas toujours si simples… Entre les mensonges par omission de Briony sur les circonstances l’ayant conduite à poser sa valise chez sa cousine et la menace qui plane sur la maison de retraite, le couple va devoir affronter quelques épreuves.

En plus des facéties de MavGyver, de l’amitié et de l’amour si présents dans le récit, l’histoire se pare, en effet, d’une petite dimension policière avec une enquête pour déterminer qui est derrière les actes de sabotage dont la maison de retraite est victime. Des odeurs pestilentielles, une machine de sport devenue folle… Quelque chose ne tourne pas rond ! Mais Nathan ainsi que ses employés et les résidents sont bien décidés à faire toute la lumière sur cette affaire avant qu’elle ne mette en danger la pérennité des Jardins que personne n’a envie de quitter.

Si l’on devine assez rapidement le fin mot de l’histoire, du moins en partie, puisque je n’avais pas anticipé l’une des révélations, cette enquête et les actes de sabotage apportent un peu de mystère, de tension et de suspense. Cela démontre également avec force la solidarité et l’entraide qui existent au sein des Jardins ; une institution qui devrait servir de modèle à toutes les maisons de retraite qui existent.

En conclusion, MacGyver nous revient toujours aussi drôle, ingénieux, impertinent et facétieux dans une histoire teintée de mystère, mais surtout pleine de douceur, de tendresse, d’amour et d’amitié. Le chapardeur des cœurs, c’est un petit rayon de soleil dans votre quotidien et la promesse de découvrir un récit porté par des personnages hauts en couleur et terriblement attachants que l’on aimerait beaucoup avoir comme amis dans la vraie vie.

Merci aux éditions de l’Archipel pour cette lecture.

Premières lignes #92 : Le chapardeur des cœurs, Melinda Metz

Premi!èr-1

Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai eu envie de vous présenter les premières lignes du deuxième roman mettant en scène un chat que j’adore, l’indétrônable MacGyver !

Nouvelle mission pour MacGyver, le cupidon félin ! Après avoir aidé sa maîtresse à trouver l’amour, il repère un nouveau cœur en détresse, celui de Briony,  » cat-sitter  » venue s’occuper de lui.
La jeune femme est désemparée : la veille, elle s’est enfuie en abandonnant son fiancé au pied de l’autel. Et, désormais, il lui faut gérer les escapades de l’intrépide matou.
Toujours prompt à partir en cavale, Mac a en effet pris l’habitude d’aller se promener dans une résidence pour personnes âgées dirigée par Nathan, un célibataire qui doit faire face à un problème de taille…
Quelqu’un a décidé de couler son établissement. Et si MacGyver démasquait le coupable ? Et aidait ainsi Nathan à enfin regarder Briony ?

PREMIÈRES LIGNES

Avec les dents, MacGyver attrapa la languette argentée de la fermeture éclair et la tira complètement. D’un coup de patte sûr, il ouvrit le couvercle de la valise, sauta à l’intérieur et s’allongea sur la pile de vêtements. Joli nid pour une sieste. Mais qui pouvait être amélioré. Il n’avait jamais compris cette manie qu’avaient les humains de tout aplatir. Avec un petit soupir d’exaspération, il se dressa sur ses pattes, se mit en devoir d’ébouriffer tout ça, puis se rallongea. Il sortit ses griffes et les plongea dans la douceur d’un pull moelleux. Divines sardinettes, que c’était bon !
— Mac, non ! cria Jane, son humaine.
Elle l’ôta prestement du nid qu’il s’était créé, parfait pour une petite sieste, et avec un horrible bruit de zip referma la valise. Comme s’il ne pouvait pas la rouvrir tout aussi aisément.
— Je pars pour ma lune de miel, lu-ne-de-miel. Je veux avoir l’air romantique, pas l’air d’une harpie pleine de poils de chat.
Il ignora son blabla. Il savait que les humains s’en servaient pour communiquer, pour la simple et bonne raison que leur nez n’était, somme toute, qu’une espèce de bouton inutile.

Et vous, Le chapardeur des cœurs vous tente-t-il ?

Un amour de chat, Melinda Metz

Melinda Metz - Un amour de chat.

Je vous avais déjà présenté les premières lignes d’Un amour de chat de Melinda Metz, un roman qui me tentait énormément et que j’ai eu le plaisir de recevoir dans le cadre de mon partenariat avec les éditions l’Archipel.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ils sont félins pour l’autre

Jane, 34 ans, a connu l’année de l’Homme égocentrique, l’année de l’Homme qui a oublié de dire qu’il était marié, l’année de l’Homme qui ne s’engage pas… Et combien d’autres déconvenues encore ?
Alors, c’est décidé : cette année sera la sienne ! Une parenthèse au cours de laquelle elle accomplira ses rêves – dès qu’elle les aura identifiés, bien sûr… Une année loin du lycée où elle enseignait l’histoire. Une année loin des hommes, surtout !
Mais MacGyver, son adorable chat, ne l’entend pas de cette oreille. Cupidon facétieux, il s’est fixé pour objectif de briser la solitude de Jane. Quitte à se muer en cha(t)pardeur


l’Archipel (mars 2019) – 336 pages – Broché (20€) – Epub (13,99€)
Traductrice : Catherine Duras

AVIS

Melinda Metz a été scénariste et cela se ressent dans la manière dont est orchestré ce récit qui ferait sans aucun doute des merveilles s’il était porté sur grand écran. Il faut dire qu’avec un personnage aussi truculent et haut en couleur que MacGyver, les spectateurs n’auraient pas d’autre choix que d’avaler leur pop-corn les yeux rivés à l’écran !

Dès les premières lignes, j’ai ainsi été séduite par le ton de l’histoire qui n’est pas dénuée d’humour et de légèreté. S’inspirant d’un fait réel qui m’avait d’ailleurs beaucoup amusée, l’autrice nous narre l’histoire d’un chat prénommé MacGyver qui est aussi débrouillard que son homonyme. Mac adore sa maîtresse Jane et s’est donné comme mission de la rendre heureuse en lui trouvant un compagnon de route afin de chasser ce sentiment de solitude qui l’anime. Et pour ce faire, vous verrez qu’il a plus d’un tour dans son sac ! Il n’hésitera pas, la nuit tombée, à quitter sa peau de chat d’appartement pour se muer en petit chapardeur, au plus grand désarroi de Jane…

Mais Mac a un grand cœur, et très vite, aider son humaine ne lui suffit plus. Il va se mettre en tête d’apporter du bonheur à tous ces humains qui sont bien incapables de deviner par eux-mêmes ce dont ils ont véritablement besoin. Usant et abusant de sa malice, de son flair hors pair, d’un certain culot, d’un sens aigu de la discrétion et de son intelligence à toute épreuve, il apportera ainsi, petit à petit, bonheur et lien social dans son quartier. Il met tellement de cœur et d’enthousiasme à rendre les gens heureux qu’on ne pourra que lui pardonner la méthode peu orthodoxe qu’il met en œuvre pour y arriver. Et puis comment résister à ce chat qui joue les gros durs, mais qui a un cœur en or ? Ne lui répétez pas, mais je le soupçonne même de ne pas autant détester ce « crétin » de chien qu’il s’amuse à provoquer et à embêter à la moindre occasion.

Aux côtés de ce chat qu’on ne peut qu’adorer et rêver d’adopter, l’autrice nous propose également une galerie de personnages attachants et tout aussi hauts en couleur. Parmi ceux-ci, il y a la voisine bohème que l’on apprécie pour la pointe d’excentricité et l’amitié qu’elle apporte à Jane, le couple de voisins âgés avec la femme autoritaire qui se révèle attentionnée bien que plutôt intrusive tout comme peut l’être son amie Helen, le voisin agaçant, mais pas méchant, qui sous prétexte d’avoir joué un détective à l’écran, se lance sur la piste du voleur qui sévit dans le voisinage…

Il n’y a pas à dire, Jane a bien fait de poser ses valises à Storybook Court, un lotissement plein de charme que ce soit grâce à ses habitants et à ses habitations atypiques ou l’atmosphère qui imprègne les rues. Et puis être domiciliée au 185 rue de la Pantoufle-de-Vair, ça en jette ! À l’inverse de Cendrillon, il n’y a pas de marâtre ni de sœurs détestables dans la vie de Jane, mais il se pourrait qu’un prince charmant, du nom de David, fasse son apparition… Touchant, sensible, gentil et drôle, cet homme plein de charme ne devrait pas laisser les lectrices et lecteurs indifférents d’autant qu’il y a une vraie alchimie entre lui et Jane. Mais la jeune femme est-elle prête à lui faire une place dans son « Année à moi » ? Cette année sabbatique durant laquelle elle est bien décidée à trouver sa voie, ce travail qui la rendrait heureuse et qui lui permettrait de s’épanouir. De la même manière, David, toujours affecté par le décès de sa femme, est-il prêt à laisser la place à une autre personne dans son cœur ?

Je vous laisserai bien sûr le plaisir de découvrir la réponse à ces questions par vous-mêmes, mais je peux vous dire que j’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice a construit et développé la relation entre les deux personnages. C’est fait avec réalisme, bienveillance, douceur, et humour. J’ai, en outre, apprécié que Jane et David ne soient pas obnubilés par la recherche de l’âme sœur, mais que ce soient les caprices du destin, et peut-être un peu ceux d’un certain chat, qui vont les pousser à s’interroger sur leurs sentiments… La seule chose qui m’a parfois légèrement exaspérée est l’insistance avec laquelle l’entourage plus ou moins proche de Jane et David va essayer de les caser. Ce n’est pas juste, mais quand c’est Mac qui joue les cupidons, on trouve tout de suite ça très mignon, mais quand ce sont deux voisines intrusives ou des amis qui semblent incapables de comprendre qu’il faille du temps pour surmonter un deuil, ça finit par exaspérer. Mais les personnages sont tellement attachants qu’on leur pardonne très vite…

L’histoire, construite avec intelligence et une certaine légèreté, a indéniablement des airs de feel-good, du genre à vous donner le sourire pour la journée, et l’envie de croire en la capacité de chacun à reprendre sa vie en main. Se dessine également une jolie réflexion sur la notion de bonheur, et de cette force qui vous pousse, matin après matin, à vous lever et à avancer dans la vie.

En conclusion, Un amour de chat est un joli roman qui met en scène des personnages attachants, réalistes et proches des lecteurs. Même MacGyver, ce super chat qu’on rêverait tous d’adopter, finit par sembler aussi réaliste que tous ces humains qu’il s’échine à rendre heureux malgré leur manque évident de bon sens et de flair. Romance ou feel-good, voire un peu des deux, voici un livre que je vais garder précautionneusement dans ma bibliothèque afin de le relire quand j’aurais besoin d’une bonne dose de soleil et de bonne humeur dans ma vie. Merci à toi MacGyver, chat du bonheur !

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions l’Archipel.