Films et séries en pagaille #3 (mars 2021)

Sur le modèle des articles Mini-chroniques en pagaille, j’ai décidé de tenter un nouveau type d’article : Films et séries en pagaille. Chaque fin de mois, je reviendrai rapidement sur les séries et films visionnés. Une expérience qui, je l’espère, me permettra de fixer un peu plus longtemps dans ma mémoire les œuvres vues…


Au niveau des séries, il y a du très bon comme du très mauvais. Quant aux deux films visionnés, sans être transcendants, ils se sont révélés tous les deux divertissants, et parfois, je n’en demande pas plus.

SÉRIES

  • WandaVision (Disney +)

WandaVision - Notre avis sur les deux premiers épisodes ! - LesComics.fr

Je remercie toutes les personnes qui ont pris le temps de partager leur avis sur cette série parce que sans elles, j’aurais peut-être abandonné au bout d’un ou deux épisodes, et cela aurait clairement été une grosse erreur. En effet, si les premiers épisodes sont étranges et quelque peu déstabilisants, on finit par retomber sur quelque chose de plus classique, qui nous fait alors prendre conscience de toute l’audace dont ont su faire montre les scénaristes.

Les épisodes en noir et blanc du début prenant tout leur sens, on réalise que loin de n’être qu’un hommage en même temps qu’une gentille satire des séries cultes qui ont marqué le paysage télévisuel occidental, ils ont une raison d’être et s’insèrent avec brio dans la trame narrative. Je préfère rester vague, mais dans cette série audacieuse, on évoque notamment le deuil et la manière dont chacun y fait face ou refuse d’y faire face. La thématique est bien traitée et offre tout un panel d’émotions allant du rire aux larmes du moins si, comme moi, vous avez la larme facile.

Mais loin de n’être qu’un soap jouant sur la corde sensible, WandaVision, c’est avant tout de l’audace, de l’action, des clins d’œil savoureux à d’autres séries, et beaucoup de mystère. À chaque épisode, on ne peut s’empêcher de se demander où veulent nous emmener les scénaristes et quelle sera l’issue d’une histoire dans laquelle le rêve semble se transformer progressivement en cauchemar. Pour ma part, j’ai adoré suivre la vie de Wanda, de sa famille et de ses voisins, une vie aux contours étranges qui pourrait cacher quelque chose de particulièrement tordu et des vérités surprenantes. Qu’est-on prêt à faire par amour ? Je ne sais pas pour vous, mais pour Wanda, j’aurais envie de répondre, beaucoup !

  • Deutsch Les Landes (Prime Video) : abandon

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Deutsch Les Landes ou comment transformer une bonne idée en une bouillie infâme ! L’idée de cette maire qui vend une partie de son village à une entreprise allemande pour le sauver était pourtant bonne. En plus d’évoquer la précarisation de certains villages, avec notamment le désengagement de l’État, les scénaristes avaient toutes les clés en main pour nous offrir une comédie jouant sur les stéréotypes entourant les Allemands et les Français.

Quelque chose me dire d’ailleurs que c’était l’idée de départ. Dommage qu’on finisse par se retrouver avec un truc indigeste et lourd, et non avec une série travaillée en vue d’une diffusion. Des situations grotesques n’arrachant même pas un demi-sourire, et pourtant je suis bon public, des scénaristes qui n’ont pas compris que ce qui est drôle avec les stéréotypes, c’est de les utiliser pour les dénoncer et non les mettre en scène sans une once de second degré, des acteurs qui pour certains semblent clairement se demander ce qu’ils sont venus faire dans cette galère, un rôle de potiche mis en avant avec une pseudo intrigue amoureuse et un conflit mère/fille dont on se soucie comme d’une guigne…

Mais le pire reste probablement de voir que la production elle-même n’a jamais cru en ce projet : doublage complètement bâclé, des personnages allemands qui parlent français même en Allemagne sans aucune raison… avant au bout de quelques épisodes à se mettre à parler en allemand à des personnages français qui ne parlent pas cette langue, mais qui semblent comme par magie la comprendre subitement (Assimil n’a qu’à se rhabiller) ! Mais comme la magie a ses limites, nos villageois leur répondent bien sûr en français. Quitte à être dans le travail bâclé autant l’être jusqu’au bout, en se disant que de toute manière, au bout de quelques épisodes, il ne devrait plus y avoir beaucoup de téléspectateurs pour assister à la débâcle.

Bref, j’ai fait comme les producteurs : j’ai quitté le navire avant le naufrage !

FILMS

  • Mulan 2 (Disney +)

Mulan 2 : la mission de l'empereur. | Critique | Disney-Planet

Je n’avais jamais vu cette suite qui, disons-le clairement, si elle est sympathique n’est clairement pas indispensable. D’ailleurs, trois semaines après l’avoir vue, je n’en garde guère de souvenirs, si ce n’est que notre Mushu adoré se révèle ici bien égoïste.

De peur de perdre son statut, il n’hésite ainsi pas à mettre des bâtons dans les roues de Mulan et de son fiancé, mettant en péril leur future union. Mais rassurez-vous, comme on est dans un Disney, il sera bien sûr rattrapé par sa mauvaise conscience et son attachement à Mulan, qui nous semble bien moins flamboyante que dans le premier opus. Il faut dire qu’ici, il est quand même bien plus question d’amour et de sentiments que de guerre et de place à se faire parmi les hommes.

En d’autres mots, ce film se regarde très bien mais ne vous attendez pas à la force du premier ni à ses messages, notamment féministes. Je reconnais toutefois avoir apprécié de retrouver Mulan et de suivre le voyage de trois princesses qui se révèlent plutôt attachantes et dont on assiste à l’émancipation amoureuse. C’est mignon à souhait à défaut très inspirant !

  • Artemis Fowl (Disney +)

Artemis Fowl - film 2020 - AlloCiné

J’avais choisi sciemment de lire la BD avant de m’attaquer au film. Une erreur stratégique qui ne m’a pas permis de savourer le film autant que je l’aurais souhaité, n’ayant pas pu m’empêcher de faire des comparaisons tout au long du visionnage. Et je dois avouer avoir été particulièrement déstabilisée par le changement de ton de l’histoire. Si dans la BD, Artemis Fowl assume complètement son côté malfrat, dans le film, c’est loin d’être les cas puisqu’on retombe dans la figure classique du jeune héros qui combat un mystérieux ennemi. Les scénaristes ont, en outre, construit toute une légende autour de sa famille et de son père qui les transforme en gardiens de reliques et autres objets magiques plutôt qu’en voleurs.

Sans avoir lu la BD, cela ne m’aurait pas dérangée outre mesure, mais j’avoue ne pas avoir compris cette orientation. Pourquoi avoir occulté le côté anti-héros d’Artémis et ce faisant, annihilé ce qui faisait le sel et l’originalité de l’histoire ?

Je dois toutefois reconnaître que le tout est efficace et plaira aux enfants, adolescents et adultes en quête d’un film fantastique et divertissant, bourré d’action, et non dénué de personnages attachants, bien que classiques dans leur construction. Les effets spéciaux sont sympas, il y a quelques pointes d’humour et pas vraiment de temps mort, même si de rares scènes m’ont paru inutilement larmoyantes. Mais là, je ne sais pas si ça provient du scénario ou des jeunes acteurs pas forcément très à l’aise pour exprimer des émotions intenses, ce qui se traduit par une légère tendance à les surjouer. À l’inverse, j’ai adoré le jeu de Josh Gad qui incarne avec brio un nain géant plutôt facétieux et haut en couleur ! À lui seul, il incarne cette touche décalée qui permet d’atténuer un peu le ton trop sérieux que se donne le film, et qui me semble trancher avec la BD, et probablement, les romans.

En bref, j’aurais tendance à vous conseiller de regarder ce film en considérant qu’il a seulement été inspiré des romans Artemis Fowl, et non qu’il en est une fidèle adaptation, sous peine de ressentir une certaine déception.

Et vous, qu’avez-vous vu en mars ?
Connaissez-vous ces œuvres et/ou vous tentent-elles ?

In My Mailbox #166

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PAPIER

Couverture Simone Veil, la force d'une femmeCouverture Agnès GreyCouverture La gitane aux yeux bleus

Couverture Outsphere, tome 2 : Le réveil

EBOOK

A Pinch of Magic (English Edition) par [Michelle Harrison]Dans la lueur des ténèbres par [Patrick Schneckenburger]K.-O. Tome 1: Quand "émotion" rime avec "action"... par [Adriana Kritter]

Ms. Marvel Vol. 1: No Normal (Ms. Marvel Series) (English Edition) par [G. Willow Wilson, Sara Pichelli, Adrian Alphona]Doctor Strange Vol. 1: The Way of the Weird (Doctor Strange (2015-2018)) (English Edition) par [Jason Aaron, Chris Bachalo]Alpha (Premières Armes) - Tome 1 - Baptême du feu par [Emmanuel Herzet, Éric Loutte]

Vlad - Tome 1 - Igor, mon frère par [Yves Swolfs, Griffo]Croisade - tome 1 - Simoun Dja par [Dufaux, Xavier]Un Homme de Goût - Tome 1 - Mise en bouche par [El Diablo, Cha]

1855 - Tome 1 (LA FILLE DE L'EXPO UNIVERSELLE) par [Jack Manini, Etienne Willem]Les Chroniques de Corum T01 : Le Chevalier des épées par [Mike Baron, Mike Mignola]Lord Baltimore T01 : Quarantaine par [Mike Mignola, Anne Capuron, Dave Stewart]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

Jessica Jones, Tome 1 : Sans cage, Brian Michael Bendis et Michael Gaydos

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jessica Jones est libérée de la prison où elle était détenue pour des motifs mystérieux. Elle se penche alors sur une affaire qu’elle seule semble capable de résoudre. Au cours de son enquête, elle découvrira alors une vérité pour le moins bouleversante et risquera de compromette ses relations familiales.

  • Album: 112 pages
  • Editeur : Panini (23 août 2017)
  • Prix : 15€

AVIS

J’ai découvert le personnage de Jessica Jones grâce à la série diffusée sur Netflix et j’ai tout de suite accroché à sa personnalité assez particulière. J’ai donc été ravie de constater que malgré les nombreuses différences entre la série télé et ce comics, Jessica conserve quand même, en grande partie, sa personnalité. Sombre, voire auto-destructrice, et d’un cynisme à toute épreuve, elle tient plus de l’anti-héros que de la super-héroïne, ce qui lui convient très bien puisqu’elle est loin de considérer ses capacités hors du commun comme une chance…

Dans ce premier tome, elle est en proie à des difficultés conjugales : son mari, Luke Cage, ne tolère pas la manière dont elle a fait éclater la cellule familiale. En effet, en plus d’un séjour en prison dont on ne connaît pas tout de suite le motif, elle lui cache leur fille tout en refusant de lui en expliquer les raisons. Comme Cage, le lecteur ne peut s’empêcher de se demander ce qui a bien pu conduire Jessica en prison et ce qui se passe dans sa tête pour qu’elle en vienne à priver une petite fille de son père.

En parallèle de ses déboires personnels, on assiste également à ses déboires professionnels, Jessica acceptant une enquête qui se révélera plus complexe qu’elle n’y paraît. Cette dernière sera d’ailleurs la source de multiples interrogations et laisse entrevoir quelques rebondissements dans la suite des aventures. Les amateurs de science-fiction, qui se retrouveront en terrain connu, devraient être ravis de la tournure que prend l’enquête de la plus badass des détectives privés.

Le gros atout de ce premier tome, en plus de son ambiance assez sombre, réside dans la grosse dose d’action et de suspense que l’auteur a veillé à introduire. En effet, le rythme soutenu du récit donne l’impression d’être pris dans une spirale d’événements ce qui ne laisse aucune place à l’ennui. Pris dans le feu de l’action, on ne peut alors que suivre Jessica dans ses aventures tout en se posant mille et une questions sur ses motivations, mais aussi sur cette étrange femme qui la sollicite de manière plutôt brutale.

Si j’ai aimé retrouver Jessica dans ce comics, j’ai également apprécié les multiples références à des super-héros Marvel même si certains m’étaient inconnus. Une héroïne prendra néanmoins plus de place que les autres et montrera à tous que, malgré son côté borderline et hors des clous, Jessica Jones est une femme qui ne manque pas de courage et qui est prête à de lourds sacrifices pour le bien commun. A cet égard, la dernière scène du livre m’a presque brisé le cœur tellement je l’ai trouvée criante d’injustice. Croisons les doigts pour que Jessica recolle les morceaux de sa vie privée dans les tomes suivants !

Enfin, j’avoue ne pas avoir particulièrement adhéré à l’esthétique du comics, les dessins ne possédant pas le raffinement que je recherche dans une œuvre graphique. Je reconnais cependant un véritable travail sur les expressions des personnages qui sont plutôt réalistes et « vivantes ». Le soin apporté aux expressions faciales de Jessica nous permet d’ailleurs presque de nous immiscer dans sa tête et de partager les émotions qui l’assaillent : fatigue, lassitude, colère, désespoir, joie, culpabilité…Quant à l’ambiance très sombre du comics, elle est parfaitement retranscrite par le choix des couleurs et les jeux de lumière. Le scénariste et l’illustrateur ont donc su travailler main dans la main pour nous offrir une histoire aussi prenante qu’immersive.

En conclusion, si vous avez envie de suivre une femme forte, plus proche de l’anti-héros que de l’héroïne proprette, dans une histoire complexe et sombre où se mêlent action et suspense, ce comics est fait pour vous.

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