Mini-chroniques en pagaille #36

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Pour cet article mini-chroniques en pagaille, je vais vous présenter trois ouvrages graphiques lus dans le cadre du challenge Mai en BD : un album jeunesse qui ravira les fans de chat, un album jeunesse offrant une véritable ode à l’imagination, et un manga s’emparant d’un personnage historique auréolé de tout un folklore plutôt sanglant.

  • Mon amie Momo de Misun Hwang (Picquier éditions)

Attendrie par cette petite fille qui serre fort contre elle un chat qui semble faire la tête, je n’ai pu que me laisser tenter par Mon amie Momo. Un joli album jeunesse qui, en peu de mots, mais avec beaucoup d’éloquence et de justesse, dépeint la belle et tendre amitié entre une fillette et une chatte appelée Momo, soit poils en coréen. Pour la majorité des heureux propriétaires de chats, ce prénom original prend tout son sens, parce que des poils, vous en aurez un peu partout chez vous avec un chat.

Nos deux amies passent de très bons moments ensemble entre séances de câlins, jeux, ronronnements… De beaux instants qui ne pourront qu’émouvoir les lecteurs et a fortiori les amoureux de chats. Mais, il arrive à Momo de sortir les griffes, ce qui peine notre fillette qui se demande alors si son amie l’aime vraiment !

Une question à laquelle elle aura heureusement une belle et démonstrative réponse, car malgré les quelques incidents qui peuvent subvenir, Momo se révèle une joyeuse, tendre et affectueuse amie. Quant aux illustrations, elles sont indéniablement le grand atout de cet album. Elles se révèlent d’une telle expressivité qu’elles pourraient se passer de texte, les lecteurs ressentant sans peine les liens forts qui unissent notre fillette et sa gentille, mais parfois caractérielle amie à poils.

Pour ma part, j’ai été séduite par ces illustrations en grand format, leur douceur rehaussée par des teintes profondes, et par le véritable travail visuel fait sur les émotions. L’autrice se montre économe en mots et effets de style, mais elle arrive néanmoins à restituer tous les sentiments des deux héroïnes et leur joie de partager de beaux moments.

En bref, Mon amie Momo est un très bel album jeunesse qui devrait toucher et ravir les amoureux des chats de tout âge. Beau, tendre et poétique, un ouvrage à lire et à relire !

  • Adélidélo ne s’ennuie jamais ! (tome 2) de Marie-Agnès Gaudrat, illustrée par Frédéric Benaglia (min BD kids) :

Couverture de « Adélidélo ne s’ennuie jamais ! »Je ne connaissais pas cette série pleine d’humour et de peps mettant en scène une toute jeune héroïne, Adélidélo, qui déborde de bonne humeur et d’imagination.

Du découpage d’un pauvre livre qui n’avait rien demandé à l’invention de mots rigolos qui amusent son père, en passant par une théorie originale qui vous poussera à ne plus jamais regarder votre frigo de la même manière, Adélidélo ne s’ennuie jamais et trouve toujours un moyen de s’amuser. Un moyen plus ou moins sage et farfelu, mais un moyen quand même de transformer les situations du quotidien en une aventure qui amusera les enfants et les adultes ayant conservé leur âme d’enfant.

Les enfants devraient, en outre, apprécier que l’on s’adresse parfois directement à eux, un procédé qui a le mérite de favoriser leur implication dans la lecture. Quant à la mise en page simple et aérée et les illustrations colorées et vives, elles apportent un côté doux et enfantin qui sied à merveille à ces petites tranches de vie pleines d’humour et de punch.

En bref, tendre et amusant, voici un album jeunesse pour petits et grands lecteurs en quête d’une jeune héroïne haute en couleur et à l’imagination débordante !

  • Vlad Draculea (tome1) dAkiyo Ohkubo (Soleil Manga)

Couverture Vlad Draculea, tome 1

Intriguée par sa couverture et son titre, j’ai décidé de lire ce manga sans trop savoir à quoi m’attendre. Et je dois dire que j’ai été surprise par cette histoire qui nous offre une plongée mouvementée et fascinante dans les arcanes du pouvoir, et de ses jeux d’influence. Le jeune Vlad III est le prince de Valachie, mais dans les faits sa sphère d’influence est très réduite puisque ce sont les boyards qui prennent toutes les décisions, du moins celles qui comptent. Sans oublier que de par son positionnement stratégique et géographique, son royaume est pris entre deux grandes puissances, le royaume de Hongrie et l’Empire Ottoman… Cela ne lui laisse guère de marge de manœuvre.

C’est d’ailleurs une menace à peine voilée du Sultan qui va révéler aux lecteurs la position délicate dans laquelle se trouve le prince, qui doit faire bonne figure devant des ennemis extérieurs, mais aussi intérieurs. Mais loin d’être le pion que l’on attend de lui et qu’il semble, dans un premier temps, être, Vlad va nous prouver que son calme cache un sens de la stratégie politique impressionnant !

De fil en aiguille, il va déployer sa toile autour de personnes qui se pensaient au-dessus de tout, de la morale, du peuple, des marchands et lui-même. Grave erreur parce que loin d’être une faiblesse, sa tempérance n’était qu’un moyen pour entreprendre en sous-main une révolution qui menace bien de tout faire vaciller, et de redistribuer les cartes du pouvoir en Valachie, mais aussi dans la région entière.

Il y a peu d’action à proprement parler dans ce premier tome puisqu’on est plus sur le terrain de l’échiquier politique, mais la fin nous laisse entrevoir un tome 2 un peu plus mouvementé à ce niveau, voire carrément sanglant. En effet, il semblerait que Vlad commence à laisser tomber son image de prince soumis et plus ou moins conciliant pour, peut-être, se rapprocher un peu plus de cette version de lui-même, que l’on connaît sous le nom de Vlad l’Empaleur.

Du cadre historique, à l’intrigue politique, aux jeux de dupe et de faux-semblants entre les personnages, en passant par les illustrations qui accordent une large place aux expressions des visages, tout m’a plu dans ce premier tome que je vous recommande chaudement pour une plongée fascinante dans les arcanes du pouvoir et de la vie d’une figure historique à la réputation sanguinaire.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

 

 

Dans les bois, Emily Carroll

 

Une cabane perdue dans la neige et des jeunes filles qui disparaissent tour à tour la nuit venue. Une écolière qui joue les apprentis spirites et qu’un esprit malin finit par posséder. Des monstres parasites cachés au fond des bois et qui attendent la proie idéale pour faire… leur nid. Emily Caroll nous livre avec Dans les bois, un sortilège de contes horrifiques à l’atmosphère prégnante, à l’ambiguïté grinçante, et nous rappelle cette délicieuse sensation d’avoir peur, confortablement installé sous les couvertures, en toute sécurité. A moins que…

Casterman (6 janvier 2016) -208 pages – Relié (22€)
Traduction : Basile Béguerie

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Secret Service : Maison de Ayakashi (tome 1), Cocoa Fujiwara

Couverture Secret Service : Maison de Ayakashi, tome 01

Ririchiyo Shirakiin a un gros défaut : elle ne peut pas ouvrir la bouche sans dire des choses désagréables aux gens. Sous ses airs revêches, la jeune lycéenne a pourtant un cœur en or, mais après des années passées à n’exister qu’à travers son statut d’héritière d’une riche famille, elle s’est construit une carapace qui l’étouffe. Bien décidée à changer de vie, Ririchiyo vient d’emménager dans la  » Maison de Ayakashi « , une résidence réservée aux descendants de créatures surnaturelles et d’humains. Avec ses étranges voisins, la jeune fille n’est pas au bout de ses surprises… surtout lorsqu’elle découvre que son mystérieux garde du corps a le pouvoir de se transformer en renard démoniaque !

Kurokawa (12 janvier 2012) – 208 pages

AVIS

Ayant vu l’animé il y a quelques années, je n’ai pas hésité à emprunter ce titre quand je l’ai croisé par hasard à la bibliothèque. Je ne me souvenais pas vraiment de l’histoire, alors je me suis plongée sans attente particulière dans ce manga que j’ai apprécié. À noter que la couverture ne reflète pas le contenu du manga bien plus sage. Alors, si comme moi, son côté assez sexualisé peut vous déranger, pas d’inquiétude, on est loin d’un premier tome graveleux. 

On fait la connaissance de Ririchiyo, jeune héritière d’une grande lignée qui a une particularité : offenser les gens dès qu’elle ouvre la bouche. Dit comme ça, l’héroïne a de quoi rebuter, mais au fil des pages, on se rend compte que la limiter à cette caractéristique serait injuste : rejetée par les autres enfants dès sa plus tendre enfance en raison de sa famille, et à l’inverse protégée de manière obséquieuse par les adultes pour la même raison, elle n’a simplement jamais eu la chance d’avoir des relations saines et des interactions positives avec autrui.

Loin d’être méchante et froide, Ririchiyo est donc simplement maladroite. Elle ne peut d’ailleurs pas s’empêcher de culpabiliser pour la moindre de ses paroles, ce qui la pousse à vouloir s’isoler et ainsi être certaine de ne pas blesser les autres. La jeune fille, à l’air farouche mais au cœur tendre, nous apparaît donc assez seule, mais c’était sans compter sur son installation dans une pension spéciale. Ainsi, la Maison de Ayakashi n’accueille que les descendants de grandes familles, mais surtout les héritiers des familles ayant du sang de yôkai dans leurs veines. Autre spécificité de cette pension : un service de garde du corps spécial et diablement efficace, le secret service.

C’est dans ce cadre que notre héroïne croise la route du très dévoué Miketsukami. Ce garde du corps semble ainsi prêt à tout pour la servir, lui rendre la vie agréable, et la protéger des autres, mais aussi d’elle-même et de sa tendance à se morigéner sans cesse. Sa dévotion a de quoi surprendre, car elle va très loin, mais l’autrice nous laisse comprendre que si Ririchiyo ne le connaît pas, il n’en est pas de même pour ce dernier qui rêvait de pouvoir enfin la rencontrer…. Bien que parfois extrême et très théâtral dans sa manière de se comporter, ce qui m’a fait bien souvent sourire, Miketsukami se révèle aussi fiable qu’attendrissant. 

Au début du manga, j’ai eu peur que la relation entre Ririchiyo et Miketsukami soit malsaine, ce dernier n’hésitant pas à se considérer comme son chien, une image servant, entre autres, à prouver sa dévotion et sa fidélité. Fort heureusement, l’autrice se détache très vite de cet aspect pour introduire un certain mystère et une bonne dose de surnaturel. Si vous aimez les yôkai, les kitsune et autres créatures de légende, vous devriez apprécier cette incursion dans le folklore japonais. À noter d’ailleurs, en fin de manga, une double page présentant différentes créatures typiquement japonaises, ce qui offre une introduction intéressante pour les lecteurs ne connaissant pas du tout le sujet.

Au niveau des personnages secondaires, on notera une femme garde du corps très coquine qui contraste à merveille avec le sérieux de Miketsukami, et un ami d’enfance de Ririchiyo, dont la forme surnaturelle ne devrait pas manquer de vous surprendre. Est également introduit en dernière partie de manga un duo haut en couleur que je suis impatiente d’apprendre à mieux connaître. Alors si pour le moment, la personnalité des personnages secondaires n’est pas développée outre mesure, l’autrice a su s’appuyer sur une galerie de personnages variés, ayant des personnalités plutôt contrastées et intéressantes.

Pour un premier tome, je l’ai trouvé très rythmé et ai apprécié de voir Ririchiyo commencer à évoluer. Bien qu’elle doute encore parfois, elle commence à réaliser qu’il y a des personnes qui peuvent effectivement l’apprécier pour elle-même et non pour tout ce que sa famille peut leur apporter. En plus de prendre petit à petit confiance en sa capacité à nouer des liens avec les autres, la jeune fille va également commencer à ressentir des choses qu’elle n’arrive pas (encore) à identifier. Mais ne vous inquiétez pas, le lecteur en est tout à fait capable lui. Alors si cela m’a semblé un peu rapide, j’avoue que je l’ai trouvée très mignonne, avec une touche d’innocence qui ne tombe jamais dans la niaiserie. Ririchiyo a encore beaucoup à apprendre des relations avec les autres que ce soit du point de vue amical et sentimental. Mais on peut légitimement penser que Miketsukami et les autres occupants de la Maison de Ayakashi seront d’une grande aide dans ce domaine, ce qui laisse espérer des interactions mouvementées et des moments amusants.

En résumé, Secret Service nous plonge, aux côtés d’une lycéenne bien plus tendre que les apparences pourraient le laisser penser, dans l’antre d’une pension très spéciale que l’on a bien du mal à quitter. Les amateurs de folklore japonais, de mystère et de personnages hauts en couleur devraient apprécier ce manga aux illustrations fort sympathiques et au rythme effréné. Quant aux romantiques dans l’âme, quelque chose me dit qu’ils ne devraient pas être insensibles à une relation qui commence doucement à se dessiner.

Manga lu dans le cadre du Challenge Mai en BD.

 

 

[Challenge] Mai en BD : ma PAL prévisionnelle #maienBD

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Image par naobim de Pixabay

Découvert par hasard sur le compte Twitter de Schausette, le challenge Mai en BD créé par l’illustratrice m’a tout de suite tentée. Le principe : faire baisser sa PAL graphique.

Pour ce faire, vous pouvez soit lire un maximum d’ouvrages graphiques (BD, mangas, comics…) de votre choix, soit tenter de valider le maximum de cases de la grille du bingo que vous trouverez ci-dessous. Pour ma part, c’est cette dernière option que j’ai choisie.

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Après avoir fouillé dans ma PAL personnelle et dans la pile de mes emprunts, voici les titres que j’aimerais découvrir durant le challenge qui débutera le 1er mai pour se terminer le 31 mai à 23h59. Comme d’habitude, il est probable que je dévie de ces prévisions de lecture en cours de route…

Et vous, ce challenge vous tente-t-il ?
Pensez-vous participer ?

Avez-vous des recommandations à me faire ?