Désagréable attirance, Laura Scala

Désagréable Attirance: 1. La Famille Millicent par [Scala Laura]

Angèle de l’Esprit Saint n’a rien d’une dame. Elle n’en a pas les manières, elle ne souhaite pas se marier, ni côtoyer la noblesse dont elle fait partie, et sa réputation a été compromise. Aussi, lorsqu’elle reçoit la demande en mariage d’un Duc, qu’elle ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, elle n’a aucune intention de se laisser faire. Elle le lui dit clairement, mais Oscar ne se laisse pas démonter. Ni par ça, ni par les tentatives d’assassinat contre sa futur femme. Car voyez-vous, les humains ne sont pas les seuls à roder sur Terre.

Auto-édition – 195 pages -Prime Reading – Ebook (2,99€)

AVIS

Ayant envie de lire des romances historiques en ce moment, j’ai emprunté cet ebook dont la couverture reprend certains codes du genre. En cours de lecture, il m’est toutefois apparu qu’on était bien plus dans un roman fantastique avec des secrets et des zones d’ombre que dans une romance pure. Cela ne m’a pas dérangée, mais je préfère le préciser pour que les lecteurs en quête d’une histoire centrée principalement sur les sentiments amoureux ne soient pas déçus.

Nous découvrons ainsi la très libre d’esprit Angèle de L’Esprit Saint en bien fâcheuse position. Attaquée sournoisement par des vampires, elle sera heureusement sauvée, elle et ses parents, par un loup-garou et ses amis ! De quoi faire perdre la raison à une fille de bonne famille, même si cette bonne famille n’est issue que de la petite noblesse. Mais loin d’être choquée par les événements, Angèle regrette juste de ne pas avoir eu à portée de main une arme pour se défendre ! Car loin d’être une dame du monde, c’est une jeune femme aguerrie et habituée aux attaques de vampires. Une histoire de sang parfumé et particulièrement alléchant, semblerait-il…

Mais cette attaque est finalement le cadet de ses soucis, le vrai problème étant le Duc Oscar de Millicent qu’elle n’a jamais rencontré et qui a eu l’outrecuidance de la demander en mariage ! Escortée jusqu’à son château par l’un de ses sauveurs, qui se révèle être le frère du Duc, Angèle est bien décidée à se débarrasser de cet encombrant fiancé. Mais arrivée sur place, elle va comprendre que les choses ne sont pas aussi simples, et que le Duc est peut-être le plus dangereux de ses ennemis. D’ailleurs, il émane de lui quelque chose de particulier, une différence sur laquelle elle a du mal à mettre le doigt et qui la rend mal à l’aise. Ne parlons pas non plus du passe-temps préféré de ce « gentleman »… Et puis, pourquoi diantre, cet homme fortuné et bien de sa personne, souhaiterait à tout prix l’épouser, elle qui lui est d’un rang inférieur et qui ne dispose pas d’une grande fortune ?

En plus de la question de ses motivations, l’autrice laisse planer un certain mystère sur la nature du Duc même s’il suffit d’avoir lu quelques romans de fantasy urbaine pour tout de suite la deviner. Cela semble tellement évident que l’ignorance d’Angèle et de Rodolphe, le frère du Duc, sur ce point m’a laissée quelque peu perplexe. Mais il faut bien avouer qu’en ce qui concerne Oscar, Rodolphe fait preuve d’un aveuglement à toute épreuve. J’ai néanmoins apprécié le jeu mis en place autour du Duc qui se veut tour à tour charmant, du moins avec les femmes qui ne s’opposent pas à lui, et dangereux. Un double visage qu’il va progressivement laisser tomber jusqu’à vraiment se dévoiler…

Rodolphe, en comparaison, nous apparaît bien plus gentil et serviable, peut-être un peu trop parfois… Il m’a ainsi semblé bien moins charismatique que son frère, ce qui ne m’a pas empêchée de l’apprécier d’autant qu’au fur et à mesure de l’histoire, il gagne en consistance ! Et puis, il y a quelque chose d’attendrissant et de touchant dans la manière dont il essaie de protéger Angèle des attaques de vampires et, dans une certaine mesure, de la goujaterie de son frère. J’ai d’ailleurs apprécié la relation qui se noue progressivement entre ce loup-garou et notre héroïne au fort caractère, qui nous réservera une petite surprise…

Loin d’être une potiche qui accepte son sort sans sourciller, Angèle est une jeune femme déterminée et pleine de répondant qui sait aussi bien manier le poignard que sa langue. Certaines de ses répliques m’ont ainsi beaucoup amusée et m’ont rendu le personnage tout de suite fort sympathique ! Une scène nous prouve également qu’elle n’a pas froid aux yeux… J’ai, en outre, trouvé intéressante sa relation avec ses parents qui, sans être parfaits, sont là pour elle. À cet égard, la mère m’a agréablement surprise parce que si elle aurait aimé que sa fille aime les belles toilettes, elle se révèle également fière de sa capacité à se défendre.

Et se défendre, c’est un peu le quotidien d’Angèle depuis son enfance, ce qui explique probablement l’esprit d’acier qu’elle s’est forgée et qui la rend si difficile à manipuler, chose que n’apprécie guère le Duc. Le combat qu’ils mènent l’un contre l’autre rythme le récit tout comme les découvertes que l’on fait progressivement, et qui nous apportent un certain éclairage sur le passé de chacun. À mesure que les zones d’ombre se lèvent, le roman gagne en intensité et finit par totalement nous happer d’autant que la plume de l’autrice se révèle aussi fluide qu’agréable.

Quant aux sentiments amoureux, ils sont bien présents, mais comme dit en début de chronique, ils ne sont pas, du moins pour moi, au cœur du récit. Cela ne nuit en rien au plaisir que l’on prend à les voir naître et se développer bien que les choses avancent peut-être un peu vite d’un coup. Mais cela correspond finalement à la personnalité des protagonistes, l’un réservé, respectueux et pourtant capable de passion, et l’autre qui, une fois une décision prise, fonce sans trop se poser de questions. En ce qui concerne les relations entre les personnages, l’autrice nous épargne, à mon grand soulagement, l’enquiquinant triangle amoureux et la guimauve… Elle m’a d’ailleurs surprise en partant dans une direction assez différente de celle que j’avais imaginée en lisant le résumé.

En conclusion, si le roman aurait pu être un peu plus développé sur certains points, il m’a permis de passer un moment de détente divertissant et sans prise de tête. J’ai ainsi apprécié cette plongée mouvementée dans la vie d’une héroïne bien décidée à se débarrasser d’un encombrant fiancé sur lequel plane une entêtante aura de mystère et de danger. Entre les manipulations, les menaces surnaturelles, les secrets de famille et les réparties cinglantes, vous ne devriez pas vous ennuyer !

Disponible gratuitement dans le cadre de l’offre Prime Reading d’Amazon.

Redwood, Carrie Ann Ryan

Jasper: Redwood, T1 par [Carrie Ann Ryan, Zeynep Diker]

Jasper Jamenson a passé sa vie à servir la meute Redwood, dans l’attente du jour où il rencontrera son âme sœur. Lorsque son chemin croise celui de Willow, il sait immédiatement qu’il a trouvé celle qu’il protègera par-dessus tout. Alors qu’une meute rivale rôde dans les alentours, menaçant les Redwood et se livrant à de sinistres cérémonies d’invocation démoniaque, Jasper parvient de justesse à tirer Willow de leurs griffes. Mais celle-ci se retrouve propulsée dans un nouveau monde terrifiant, tandis que le loup en lui se fait violence pour ne pas la revendiquer immédiatement. Luttant pour leur vie mais également pour leur lien d’union faiblissant, ils devront apprendre à se faire confiance avant qu’il ne soit trop tard…

Milady (20 février 2019) – 286 pages – 7,90€

AVIS

La moyenne du roman sur Livraddict et la couverture d’un kitsch sans nom étaient déjà un bon indice sur la probabilité que j’apprécie ce roman… Je ne vais pas tourner autour du pot, ce roman a été un véritable supplice à terminer. Je pense que si je ne l’avais pas inclus dans le Mois de la bit-lit, je me serais précipitée dans la première boîte à livres pour m’en débarrasser…

Redwood est un petit concentré de tous les points qui m’avaient poussée, il y a plusieurs années, à arrêter de lire de la bit-lit ou de la romance paranormale : pauvreté du style, romance éclair et irréaliste, scènes de sexe répétées et bien souvent vulgaires (si au moins, elles étaient imaginatives), phrases éculées mais qui se veulent imagées combinées avec des mots d’argot rendant le tout plus risible qu’excitant (qui se dévoue pour expliquer à Jasper que son entrejambe n’est pas un moyen pour faire communier les âmes ? ), personnages manquant de personnalité si ce n’est de cerveau, héroïne qui ressemble à une petite chose qu’il faut sauver et qui se sent tellement inférieure au beau mâle de service, mâle qui lui-même est un macho qui estime savoir mieux que l’héroïne ce qui est le mieux pour elle, incohérences, manque de réalisme dans les réactions. Et je ne parle même pas des antagonistes tellement stéréotypés qu’ils en deviennent ridicules… D’ailleurs, cette pub m’a accompagnée dans ma tête tout au long du roman (on a les références qu’on peut...)

Je vais arrêter ma liste là, mais je pourrais encore la continuer à l’envi. Mais ce qui m’a probablement le plus agacée est cette impression de ne pas avoir lu un roman mais d’avoir eu entre les mains une ébauche d’histoire qui n’était absolument pas prête à atterrir dans les rayons des librairies. Tout va trop vite et manque cruellement de logique, de cohérence et de saveur. En quelques pages, Jasper a ainsi eu le temps de tomber amoureux et de sauver sa demoiselle ! Bon pas de chance, va falloir recommencer plus tard, mais vous voyez le schéma qui se dessine…

Quant à Willow (rien à voir avec celle dans Buffy, hélas...), elle se fait kidnapper, violenter, découvre le monde des loups-garous avant de devoir renoncer à sa vie d’avant pour intégrer une famille qu’elle ne connaît ni d’Ève, ni d’Adam, mais ça ne la perturbe pas un instant… Non, elle, tout ce qui l’inquiète, c’est qu’elle n’est pas assez bien pour son sauveur qui, soit dit en passant, est quand même plus ou moins à la base des problèmes qui lui tombent sur le coin du nez. Très crédible, tout ça…

Je me suis, en outre, posé des questions sur la traduction et/ou l’appropriation du mot « compagne » par l’autrice. Parce que jusqu’à preuve du contraire, une femme qui t’attire et que tu as juste invitée à sortir n’est ABSOLUMENT pas une compagne ! Sinon il y a pas mal de couples qui s’ignorent…. Et non, l’excuse du loup de Jasper qui s’exprimerait de la sorte ne me convainc pas une seconde.

En bref, entre Redwood et moi, ça n’a pas, mais alors pas collé du tout. J’essaie en général de trouver du positif dans un roman, mais là, j’ai un mal fou à ne pas ajouter d’autres points problématiques dans ma conclusion. On pourrait éventuellement évoquer la famille du héros qui est très soudée et dont j’ai apprécié les interactions pleines de tendresse et d’amour ou encore le frère de Jasper qui semble avoir un peu plus de jugeote, notamment quand il lui explique que sa compagne est apte à décider par elle-même de sa vie. Mais c’est, du moins pour moi, bien insuffisant pour justifier la lecture de ce roman qui, en plus de poser problème quant au traitement de certains personnages féminins, est un concentré de clichés particulièrement mal exploités…

O-fée-Li, Hélène Caruso

O-Fée-Li (Imaginaire) par [Caruso, Hélène]

Je remercie Évidence éditions de m’avoir permis de découvrir O-fée-Li d’Hélène Caruso.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

À dix-sept ans, Ophéli est une jeune fille épanouie, née le jour de la Saint-Valentin. Recueillie par Steve et Molly Puttnam, elle est élevée avec James et Cooper, qu’elle considère comme ses frères. La lycanthropie de James et la faculté de Cooper à prendre n’importe quelle apparence font d’eux une fratrie très soudée. Surtout qu’Ophéli ne possède aucun pouvoir….

Évidence Éditions (13 février 2019) – 80 pages – Broché (9€) – Ebook (4,99€)

AVIS

O-fée-Li est une lecture réalisée dans le cadre de mon challenge personnel consistant à sortir de ma zone de confort. Si de ce côté, l’expérience fut concluante, je serais peut-être un peu plus nuancée quant à mon ressenti pour la simple et bonne raison que je n’appartiens pas au public visé par le livre.

Nous sommes clairement ici dans un court ouvrage destiné à des adolescent(e)s qui devraient apprécier de découvrir Ophéli, une jeune fille de dix-sept ans dont l’anniversaire avance à grands pas. Adoptée dès son plus jeune âge par les Puttnam, elle a été élevée aux cotés de James, un loup-garou et de Cooper, un caméléon. Une famille atypique qui veille sur leur petite fée comme ils aiment à la surnommer bien qu’Ophéli ne possède pas de pouvoirs. C’est, du moins, ce qu’elle pensait jusqu’à ce qu’une rencontre et certains événements semblent prouver le contraire…

Le scénario est assez classique avec l’arrivée d’un mystérieux et ténébreux vampire qui met l’adolescente dans tous ses états et qui semble posséder sur elle un certain ascendant. Ami ou ennemi ? Une question qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes bien que le loup de James semble lui s’est très rapidement fait une opinion ! Mais est-ce vraiment la bonne ? Tapie dans l’obscurité, une menace bien plus grande ne risque-t-elle pas de mettre en danger la vie d’Ophéli et de bouleverser toutes ses certitudes ?

Nous sommes dans un texte court ce qui se ressent dans la personnalité des personnages qui reste assez survolée. Mais cela ne dérange pas la lecture puisque l’on est d’abord concentré sur l’anniversaire d’Ophéli qui approche et qui est annonciateur d’un grand bouleversement. Quant à l’attirance immédiate et magnétique entre l’adolescente et Reed, elle devrait plaire aux romantiques dans l’âme. Pour ma part, ce sont bien plus les liens familiaux qui m’ont touchée que les sentiments de notre héroïne.

Élevée par un couple aimant, Ophéli est très proche de sa famille qui fait tout pour la protéger. Bien que le comportement de James m’a paru parfois un peu trop protecteur, j’ai apprécié celui des parents adoptifs, pris entre le désir de protéger leur fille et l’impérieuse nécessité de lui dire la vérité sur son passé afin de l’aider à affronter les épreuves à venir… Mon seul regret est que le rôle de Cooper ne soit pas plus important. Sa capacité à prendre l’apparence d’autrui m’a fascinée d’autant qu’elle est plutôt rare en littérature !

Si les clichés des romances fantastiques/YA sont présents en nombre, je reconnais que le livre se distingue néanmoins sur deux points : une écriture poétique, fluide et élégante, et une fin qui a su me surprendre. Je ne vous en parlerai pas outre mesure puisque c’est cette dernière qui fait tout le sel de cette histoire, mais je peux néanmoins vous dire qu’elle nous pousse à reconsidérer l’aventure d’Ophéli sous un autre jour. Et si derrière les secrets et une histoire d’amour fulgurante se cachait une tout autre réalité ?

En conclusion, O-féé-Li est, au premier abord, une romance fantastique pour adolescent(e)s qui me semble constituer une bonne entrée en matière pour des lecteurs et lectrices qui aimeraient s’initier au genre. Si le scénario semble cousu de fil blanc, il serait dommage de n’y voir qu’une énième histoire de gentille fille tombant amoureuse au premier regard d’un vampire sous peine de passer sur ce qui fait le charme de l’histoire. Le libre arbitre, la lutte du bien contre le mal, la famille et l’amour sont au centre d’une histoire rapide à lire et dont la fin bouleversante et surprenante constitue à elle seule un motif de lecture.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.