Abracadabri, abracalphabet ! Laura Joansen

Abracadabri, abracalphabet ! La formule magique des lettres et des mots (Les Aventuriers des mots t. 1) par [Laura Joansen]

Alex est curieux et pose plein de questions, sur tout, tout le temps. Papa, lui, est bavard. Il aime titiller cette curiosité et cet empressement d’apprendre propres à l’enfance. Dans cette première aventure, Alex a besoin d’en savoir plus sur les signes qu’il voit sur les pages des livres. Alors, après avoir prononcé une formule magique, ils découvrent ensemble une fête qui bat son plein : des arlequins, des acrobates, des funambules pirouettent sous une pluie de confettis. C’est dans ce décor imaginaire que Papa initie Alex aux lettres et mots et éveille sa conscience phonologique.

Books on Demand – (26 septembre 2019) – 28 pages – 7,5€ – 4 ans et +

AVIS

Cet album fait partie de la collection d’albums illustrés les Aventuriers des mots qui propose une initiation ludique à la grammaire française, une initiative que je trouve très intéressante et que j’aurais probablement adorée quand j’étais enfant.

J’ai donc accepté avec plaisir de découvrir cet album ayant une nièce de quatre ans avec laquelle je compte bien le lire avant de le donner à mon frère qui s’occupe, en général, de la traditionnelle lecture du soir. J’étais également curieuse de découvrir comment l’autrice allait arriver à rendre la grammaire ludique. Parce que je ne sais pas pour vous, mais ludique, ce n’est pas le premier mot auquel j’associerais cette discipline dont je ne garde pas particulièrement un bon souvenir…

Et je dois dire qu’il m’a suffi de lire la première page pour être sous le charme de cet album jeunesse qui est un très bel outil permettant aux enfants de faire une jolie incursion dans le monde des lettres, des mots, des sons et de l’alphabet. Pour ce faire, l’autrice a eu la très bonne idée de mettre en scène un papa et son enfant, un duo attendrissant que l’on suit avec grand plaisir et une certaine tendresse.

Alex est un enfant curieux qui se pose des questions sur la manière dont s’y prend son papa pour faire parler les lettres. Il n’en fallait pas plus à ce dernier pour l’entraîner dans une jolie aventure dans laquelle le père et le fils croiseront des danseuses, chacune représentant, grâce à ses élégants mouvements, une lettre.

Abracadabri, abracalphabet ! Laura Joansen illustration

J’ai adoré cette idée de personnifier différentes lettres de cette manière ne doutant pas que l’impact soit très fort dans l’imaginaire des jeunes lecteurs et que le travail de mémorisation en soit grandement facilité ! Les jeux sur les sons et leurs répétitions se révèlent également intéressants et ludiques.

L’album est joliment illustré avec des dessins d’une grande douceur et des couleurs chaleureuses qui incitent à l’évasion et à une douce rêverie. Il faut dire que le voyage sur le chemin des mots et de la lecture est un long processus qui mérite qu’on y mette les formes pour le rendre agréable.

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À cet égard, si je n’ai pas d’enfant et aucune connaissance en matière de pédagogie, j’ai trouvé qu’il se dégageait beaucoup de bienveillance et de partage à travers les pages. Le papa d’Alex se révèle doux et plein d’imagination, ce qui me semble deux caractéristiques favorables pour inciter les échanges et encourager un enfant à s’approprier les connaissances qu’on met à sa portée. Loin d’être passif, le jeune lecteur devient alors acteur à part entière du récit et s’identifie donc aisément à Alex avant de partager sa grande soif d’apprendre et sa volonté de partir à la conquête de ce vaste monde qui s’offre à lui. 

L’album est accessible aux enfants à partir de 4 ans, mais l’autrice ne se limite pas à un vocabulaire basique qui en aurait quelque peu limité la portée. Elle s’amuse avec les mots et n’hésite pas à en faire découvrir de nouveaux aux jeunes lecteurs tout en veillant à mettre leur définition en notes de bas de page. Une attention que les adultes lisant le texte devraient apprécier puisqu’il s’avère parfois difficile d’expliquer simplement des mots que l’on connaît pourtant. La richesse du vocabulaire permet, en outre, de proposer la lecture de cet album à des enfants de différents âges.

En conclusion, empli de douceur et de bienveillance, cet album est un très bon moyen pour encourager les enfants à se lancer dans la plus belle aventure qui puisse exister, celle des mots, des sons et de la lecture. Beau et intelligent, voici un ouvrage à lire, à relire et à partager pour que le monde infini des mots s’ouvre à chaque enfant.

Je remercie Laura Joansen de m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

 

Le Magicien d’Os, Eric Sanvoisin

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Le jour qui aurait dû être celui du grand bonheur, fut celui de l’immense désespoir. Lors du mariage de la princesse Rune et du prince Lunn, une balle venue d’on ne sait où, frappe le prince en plein cœur. Sur les conseils d’un astrologue la princesse, folle de douleur, part demander de l’aide au magicien d’Os, un être à la mauvaise réputation. Celui-ci accepte de ressusciter Lunn seulement si elle accepte de rester avec lui pour toujours. Rune se retrouve ainsi prisonnière du magicien et de son étrange manoir recelant bien des secrets.
Lunn, malheureux et désespéré, décide d’aller à la recherche de sa bien-aimée. Mais il rencontre le magicien d’abord

Balivernes (28 mai 2019) – 128 pages – 15€

Découvert par hasard dans les rayons de ma médiathèque, Le Magicien d’OS fut pour moi un coup de cœur que j’aurais envie de recommander encore et encore !

Avec ce livre, dont le titre est à lui seul un argument pour craquer, les éditions Balivernes m’ont permis de renouer avec cette ambiance si particulière des contes. Pas ceux emplis de paillettes et de licornes, mais ceux plus classiques avec leur part d’ombre, de mystère et dans lesquels amour et mort sont inextricablement liés.

Beau, sombre et cruel à la fois, le récit de la princesse Rune et du prince Lunn m’a transportée et fait vivre mille émotions. D’abord de la tristesse face au prince qui s’effondre d’une balle en plein cœur le jour de son mariage et devant la princesse qui dépérit de chagrin en raison du décès de son bien-aimé qui lui a été ravi d’une bien atroce manière. Puis de la crainte et de la curiosité devant un mystérieux et malfaisant magicien qui accepte de ressusciter Lunn en arrachant à Rune la promesse d’une vie passée à ses côtés…

Ce conte délicieusement traditionnel, avec un petit côté La Belle et la Bête en bien plus sombre, n’en demeure pas moins d’une surprenante et agréable modernité. Cela commence par cette princesse qui prend son destin en main et refuse de se morfondre sans rien faire devant le sort de son prince. Elle est consumée par la douleur et ne rêve que d’une vie aux côtés de Lunn, mais elle fait également preuve d’un certain courage et d’une volonté de fer osant tenir tête à ce Magicien d’Os qui l’emplit pourtant de crainte… Si son époux va essayer de la sauver des griffes de son geôlier faisant lui-même preuve de témérité et d’une totale abnégation, c’est bien Rune qui saura trouver les clefs de sa liberté.

Le magicien apprendra, quant à lui, qu’une prison dorée reste une prison et que l’amour ne s’achète pas ni ne se vole. Une dure leçon de vie qui nous ferait presque prendre en pitié un être malfaisant, mais dont les fêlures et le besoin désespéré d’être aimé suscitent une certaine empathie… Méchant donc, mais avec cette légère pointe d’humanité qui distingue les méchants bien construits des caricatures et autres personnages stéréotypés.

Un bon conte est un conte intemporel qui fera frémir et divertira des générations parfois très éloignées. J’ai le sentiment que Le Magicien d’Os fait partie des élus, peut-être parce que sans temporalité précise, il pourra naviguer avec facilité dans les couloirs du temps à moins que ce ne soit les sujets abordés (le véritable amour, la mort, la vie…) qui le rendent si précieux et universel. Quant aux références littéraires, notamment à une célèbre et tragique histoire d’amour, elles renforcent avec brio ce sentiment de beau et de dramatique qui nous prend au cœur et au corps durant notre lecture.

Le Magicien d’Os est un superbe conte porté par la très jolie plume d’Eric Sanvoisin qui s’est évertué à retranscrire l’atmosphère si particulière des contes d’antan. Mais c’est également un très bel ouvrage magnifié par les illustrations de Gilles Francescano. D’un réalisme époustouflant venant aussi bien des nuances de gris alternant entre ombre et lumière que des nombreux détails, celles-ci participent au sentiment d’immersion que vous ne manquerez pas de ressentir en parcourant le livre.

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Quant à l’objet-livre en lui-même, il est tout simplement sublime : format cartonné, couverture en trompe-l’œil, hauts de page joliment ornés, tranche noire qui se marie à merveille avec les illustrations et l’atmosphère de l’histoire… Tout autant d’éléments qui viennent parfaire l’expérience de lecture et lui apporter une tout autre dimension.

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En bref, Le Magicien d’Os est un magnifique conte, entre tradition et modernité, que je conseille les yeux fermés aux amateurs du genre et/ou aux personnes souhaitant découvrir une superbe et tragique histoire d’amour dans laquelle il est est question de vie, de mort, mais aussi d’espoir, d’ombre et de lumière.

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Retrouvez/feuilletez le livre sur le site de Balivernes éditions.

Molly Alone et la méchante belle-mère, Anne Vidal

Molly Alone et la belle-mère (Farfadet) par [Vidal, Anne]

Je remercie les éditions Évidence pour m’avoir permis de découvrir cette jolie histoire jeunesse.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Molly est une fillette pleine d’imagination. Sa seule compagnie est celle de son oreillard.
Quand ses parents divorcent elle raconte son histoire, mais en la peuplant d’un dragon, d’une sorcière, d’une princesse..

Évidence Éditions – 26 mai 2018 -64 pages – Ebook (2,99€) – Papier (8€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

AVIS

C’est une vérité presqu’incontesbable que la belle-mère d’une petite fille est toujours une odieuse marâtre. C’est, du moins, ce dont est persuadée Molly, une enfant à l’imagination débordante, qui va nous conter ses (mé)saventures en les teintant de fantastique… Affectée par le divorce de ses parents et le départ de la maison du dragon (pardon, de sa mère), elle vit plutôt mal l’état d’euphorie dans lequel baigne son père depuis l’arrivée d’une nouvelle femme dans sa vie. Une femme odieuse qui, il ne peut en être autrement, l’a ensorcelé ! Sinon comment expliquer qu’il soit amoureux ?

Mais Molly n’est pas dupe des tentatives d’apaisement de la méchante sorcière qui ose même lui offrir des bonbons ! Des bonbons ? Mais quelle horrible bonne femme ! De mauvaise foi notre Molly ? C’est en tout cas ce que semble lui souffler à l’oreille, voire lui asséner avec conviction, son compagnon à quatre pattes transformé en étrange créature dans le conte de Molly. J’ai d’ailleurs eu un coup de cœur pour ce chat-oreillard qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui n’hésite pas à jouer l’avocat du diable au grand désarroi de la jeune fille. Cette dernière n’apprécie guère qu’il lui montre que dans son histoire, la sorcière n’est pas vraiment la belle-mère…

Grâce à son imagination, ses talents de conteuse, sa faculté à manier les rimes, son humour, et son côté gentille petite peste, Molly nous amuse et nous ensorcelle. Les enfants devraient ainsi tomber sous le charme de cette fillette à laquelle ils pourront facilement s’identifier… Les enfants qui vivent la même situation qu’elle pourront également, à ses côtés, réaliser que l’arrivée d’une nouvelle personne dans la vie de leurs parents n’est pas toujours une mauvaise chose. La belle-mère (mais cela est également valable pour le beau-père) est-elle vraiment méchante ou c’est l’image que l’enfant s’en fait qui la rend ainsi ? Une question subtilement amenée et intelligemment illustrée…

En plus de nous offrir un récit divertissant mis en valeur par des illustrations pimpantes et d’une attrayante modernité, l’autrice aborde donc avec tact et humour le divorce et la difficulté pour un enfant de se projeter dans une nouvelle cellule familiale sur laquelle il n’a aucun contrôle. En dédramatisant la situation grâce à une héroïne à l’imagination fertile, le message passe avec douceur, et laisse la place à un éventuel dialogue…

Pleine d’humour, de joutes verbales entre une jeune fille haute en couleur et un animal qui l’est tout autant, cette histoire jeunesse offre un amusant moment de divertissement tout en abordant un thème sensible, le divorce et la difficulté pour un enfant d’accepter les nouvelles relations amoureuses de ses parents parfois perçues comme menaçantes. Mais si finalement, toutes les belles-mères n’étaient pas méchantes ?

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence Éditions.

Cœur de menhir – tome 2 : les nouveaux druides, Adrien Hortemel

couverture tome 2 du livre fantasy Cœur de menhir

Je remercie Adrien Hotemel de m’avoir proposé la suite de son premier roman, Cœur de Menhir ainsi que pour sa patience, ayant eu un certain retard dans ma lecture/chronique.

ATTENTION : risque de spoiler du tome 1 dont vous pourrez retrouver ma chronique sur le blog.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

La prophétie s’est accomplie : le Dalc’h, une magie démoniaque, est de retour et va chercher à conquérir l’âme des êtres vivants de ce monde. Et alors que le contrôle de la forêt de Déremkas est plus que jamais sujet de conflits, les survivants de l’expédition, devront partir à la recherche des cœurs de menhir, sans pouvoir prendre le temps de pleurer leurs morts.

La suite de cette quête, à l’issue incertaine, sera parsemée d’embûches. Les bandits, les monstres et les serviteurs du Dalc’h, seront légion. De nouvelles alliances vont naître, mais les survivants pourront-ils trouver les gardiens à temps ? Seront-ils aidés par les villages avoisinants ? Qui sera assez brave pour combattre les ténèbres ?

Illustrations : Christophe Le Galliot – 237 pages – 17€

AVIS

Mon seul regret concernant cette lecture que j’ai appréciée est de ne pas l’avoir lue plus tôt, les souvenirs du premier tome s’étant quelque peu estompés. Je vous conseillerais donc de ne pas suivre mon exemple, la multiplicité des personnages et l’enchaînement plutôt intensif des événements du premier tome nécessitant, en effet, de bien avoir toutes les informations en mémoire pour apprécier à sa juste valeur cette suite…

Le groupe d’amis formé dans la première aventure a subi des dommages importants et a été mis à mal par une trahison inattendue qui m’avait d’ailleurs laissée pantoise… Nous retrouvons donc, dans ce deuxième tome, certains de ses membres à commencer par Sigrid et Raudan. Si ce dernier ne m’avait pas vraiment marquée, difficile de ne pas se souvenir de Sigrid et de son secret sur lequel elle continue de veiller jalousement ! Forte, mais avec des failles et des blessures qui menacent à tout moment de lui faire perdre son équilibre, cette femme apporte une dualité bienvenue à l’histoire. Avec elle, on oscille toujours entre admiration devant sa force physique et mentale et crainte devant les dommages qu’elle pourrait occasionner si elle laissait se déchaîner toute sa bestialité…

D’autres personnages rencontrés dans le premier tome font également leur apparition, mais je vous laisserai le (dé)plaisir de les découvrir par vous-mêmes. Je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié d’en apprendre plus sur certains d’entre eux, sur leurs capacités, leurs objectifs et sur les motivations expliquant certaines trahisons. Aux côtés de ces personnages apparaît un duo atypique composé d’un nain et d’un géant très gentil, mais un peu simplet. Si le premier est intelligent et a du caractère, le second se révèle terriblement attachant. Ses réactions sont emplies d’une naïveté toute juvénile qui contraste avec sa physionomie. À travers ce protagoniste au grand cœur, l’auteur aborde également, sans s’appesantir, des thèmes intéressants comme l’acceptation de soi, la peur et le rejet de la différence, le déterminisme social… J’ai, pour ma part, adoré ces deux personnages dont l’amitié indéfectible apporte, d’une certaine manière, un peu de renouveau et de douceur à l’intrigue.

Une douceur bienvenue puisque l’auteur n’hésite pas, pour mon plus grand plaisir, à malmener ses personnages ! Un peu comme dans ces séries où vous savez qu’à tout moment une tête d’affiche peut tomber, vous ne pourrez que rester sur le qui-vive, à l’affût d’une mort inattendue et brutale. Je peux vous dire que ma lecture a été entrecoupée d’interjections de surprise et de quelques sursauts d’indignation. Je vous rassure, j’ai aimé les choix scénaristiques de l’auteur, mais il m’a quand même brisé le cœur à de multiples reprises bien que quelque chose nous laisse penser que tout n’est peut-être pas fini pour tout le monde…

La multiplicité des personnages permet à l’auteur de varier les profils d’autant qu’avec ce dernier, rien n’est gravé dans le marbre ! Les alliés d’aujourd’hui peuvent devenir les ennemis de demain et les traîtres du passé, les alliés du moment. Une valse de trahisons et d’alliances amicales/politiques qui apporte une certaine tension au récit et pas mal de suspense. Le danger qui revêt bien des formes est là, prêt à bondir sur nos héros qui vont devoir faire montre de beaucoup de courage et de pugnacité pour l’affronter. Comme dans toute guerre, des sacrifices et des choix difficiles devront être faits…

L’univers mis en place par l’auteur est très immersif grâce, entre autres, à des descriptions détaillées, mais toujours concises. Les lecteurs qui ne lisent pas de fantasy pourront donc découvrir l’ouvrage sans se sentir dépassés par des longueurs. La présence d’une très jolie carte facilite également la lecture et l’immersion dans le récit tout comme les superbes illustrations de Christophe Le Galliot qui émaillent le roman. Celles-ci permettent de se représenter avec précision les personnages et les différentes créatures rencontrées tout au long de l’aventure.  L’auteur nous offre, en effet, un bestiaire étoffé et passionnant : banshee, elfes, kobolds, loup-garou, créatures monstrueuses…

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L’intrigue, menée tambour battant, ne laisse aucune place à l’ennui, les lecteurs étant pris par les différents événements qui s’enchaînent rapidement et sans aucun temps mort. Loin de se limiter à une succession de batailles, l’histoire se révèle donc d’une grande richesse, les enjeux étant multiples et les dangers nombreux… Il y a bien sûr cette magie démoniaque qui pervertit les âmes et contre laquelle il est impératif de lutter. Mais il ne faut pas non plus sous-estimer le Tric’horn qui poursuit ses propres objectifs ou cette montée de l’intolérance et du fanatisme religieux à travers un ordre bien décidé à exterminer tous les hérétiques et les « mauvais croyants ». Nos héros ne sont donc pas au bout de leur peine et devront, plus que jamais, unir leurs forces pour affronter tous ces dangers. Mais les amitiés et les alliances résisteront-elles aux tensions, aux non-dits, aux malentendus et aux nombreux coups durs ?

Quant à la plume de l’auteur, j’ai trouvé qu’elle avait gagné en maturité et en profondeur, l’auteur semblant avoir peaufiné son style depuis le premier tome. Le phrasé est fluide, les descriptions précises, et parfois non dénuées d’une certaine poésie, et les dialogues naturels. À noter également que ce deuxième tome a bénéficié d’un travail de relecture et que cela se ressent dans la qualité de l’œuvre finale.

En conclusion, avec ce deuxième tome, Adrien Hortemel confirme sa capacité à embarquer ses lecteurs dans une épopée rythmée, riche en action, en rebondissements, en magie et en créatures plus ou moins sympathiques. Portée par des personnages complexes et nuancés, l’intrigue devrait vous offrir un moment de lecture intensif et plein de surprises ! Amateurs ou non de fantasy, je ne peux que vous inviter à vous laisser séduire par la plume de l’auteur et son imaginaire très joliment capturé par Christophe Le Galliot.

Retrouvez Cœur de menhir – tome 2 sur le site de l’auteur

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Araminta Spookie – Tome 1 : Ma maison hantée, Angie Sage

Quand j’ai découvert le thème du Challenge Lire en thème de mai, lire un livre dont le nom de l’auteur commence par S, j’ai tout de suite pensé à ce roman dont la couverture m’a complètement fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une dose de famille Adams, une pincée de Petit Nicolas, et une cuillerée de Fifi Brindacier: un mélange détonant nommé Araminta Spookie !

Araminta Spookie habite une maison biscornue avec sa tante Tabby, une femme très sèche et aimante, et son Oncle Drac, éleveur de chauves-souris. Araminta voudrait que sa maison soit hantée et elle passe son temps à rechercher d’éventuels fantômes, des loups-garous et autres vampires. Elle possède des panoplies en tout genre pour mener ces chasses incongrues, mais pour l’instant, en vain. Tante Tabby, fatiguée de réparer inlassablement la chaudière, décide de vendre la maison. De plans complètement loufoques en embuscades colossales et drôles, nous suivons la lutte d’Araminta, prête à tout pour garder sa drôle de maison.

  • Relié: 160 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Editeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Araminta coulait des jours heureux avec sa tante Tabby qui aime à se battre avec la chaudière et son oncle, amateur de chauve-souris dans l’âme, jusqu’à ce que sa tante lui annonce son intention de vendre la maison. Hors de question pour la jeune fille qui aime sa maison hantée, bien qu’elle n’y ait encore jamais vu de fantômes, de partir de chez elle ! Elle va donc tout mettre en œuvre pour faire fuir les agents immobiliers et les potentiels acheteurs.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la jeune fille a beaucoup d’imagination et de la suite dans les idées. C’est donc avec plaisir qu’on la suit dans ses aventures consistant notamment à se déguiser en fantôme ou à réunir le maximum d’ingrédients bien dégoûtants et gluants, et à les envoyer depuis un endroit stratégique sur les visiteurs. Deux stratégies efficaces puisque la plupart d’entre eux fuient la maison « hantée » sans se retourner, mais ça c’était avant de tomber sur des acheteurs plutôt étranges…

Bien que polissonne, il est difficile de ne pas s’attacher à Araminta même si elle se montre assez pénible avec sa tante, déjouant tous ses plans pour rendre la maison la plus attractive possible. En plus d’avoir des idées farfelues et une imagination débordante, elle est plutôt amusante, voire impertinente, puisqu’elle n’a pas vraiment la langue dans sa poche. Alors même qu’on devrait être du côté de la tante, la seule adulte responsable du livre, on ne peut donc pas s’empêcher de souhaiter bonne chance à la jeune fille dans ses tentatives de faire capoter le projet de vente.

Elle va d’ailleurs trouver un soutien quelque peu inattendu dans cette entreprise, mais je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que la maison hantée qui n’est pas hantée est peut-être finalement bien soumise à des forces surnaturelles… Pour en apprendre plus, il vous faudra vous plonger dans cette petite lecture jeunesse qui devrait faire sourire les enfants et les adultes qui ont gardé leur âme d’enfant. L’histoire est toute mignonne et plutôt enfantine, mais en gardant cela en tête, un adulte pourra, en effet, savourer les péripéties d’une jeune fille têtue, mais amusante. Certains enfants pourront également se retrouver dans cette héroïne qui ne veut pas déménager, un déménagement pouvant être une étape assez difficile dans la vie d’un enfant.

À noter que le roman est agrémenté d’illustrations en noir et blanc ce qui en facilitera la lecture pour les enfants tout en leur permettant de s’immerger encore un peu plus dans ce récit mené tambour battant. Les idées, ou plutôt bêtises d’Araminta, s’enchaînent, en effet, à une vitesse folle, ce qui assure un rythme de lecture rapide que l’on soit petit ou grand. Quant à la plume de l’auteure, elle est efficace avec ce qu’il faut de rythme, d’humour et de concision pour happer l’attention des jeunes lecteurs dès les premières pages.

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La fin, avec ses deux petits retournements de situation, m’a bien plu. Elle a le mérite de montrer qu’il faut parfois apprendre à lire entre les lignes, les apparences pouvant être trompeuses, et que l’amitié peut frapper quand on s’y attend le moins. Le final promet également de nouvelles péripéties riches en actions et, probablement, en bêtises !

En conclusion, Araminta Spookie est une jeune héroïne que j’ai pris grand plaisir à découvrir. Amusante et attachante, nul doute que sa personnalité hors norme et son amour des fantômes sauront séduire les jeunes lecteurs et, peut-être, leurs parents à condition que le côté enfantin de la narration et de l’histoire ne les gêne pas. Pour ma part, c’est exactement le genre de petits romans que j’aime lire entre deux lectures plus sérieuses. Je continuerai donc la série avec plaisir d’autant que Nathan a fait un très joli travail d’édition.

Et vous, envie de feuilleter ou de découvrir Araminta Spookie ? Visitez le site des éditions Nathan.

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Lola & Ulysse, Julien Leclercq (auteur) et Pauline Amélie Pops (illustratrice)

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J’avais découvert la maison d’édition Yakabooks sur Facebook et avais été d’emblée intriguée par la volonté de ses deux créateurs de mettre la culture à la portée de tous en proposant des ouvrages au prix unique de deux euros. Je n’ai donc pas hésité à solliciter un titre quand j’ai vu que la maison d’édition en proposait plusieurs sur Simplement. Tous me tentaient, mais j’ai fini par porter mon choix sur Lola & Ulysse aimant les histoires d’amitié entre des êtres humains et des animaux.

Je remercie donc Yakabooks et Simplement pour m’avoir permis de découvrir ce joli ouvrage.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Lola est bien seule depuis que ses deux meilleures amies ne lui adressent plus la parole. Pourtant, elle aimerait leur parler de ce grand cheval noir qu’elle croise sur le chemin pour aller à l’école et qui l’effraie. Lola s’applique à l’éviter quand, un soir, elle ne perçoit plus aucune trace de l’animal…

AVIS

Lola est une petite fille comme les autres qui aime ses parents dont elle est proche et ses deux meilleures amies. Son petit monde s’effondre néanmoins quand elle perd l’amitié de ses deux meilleures amies. Isolée, à qui peut-elle dorénavant confier la peur qu’Ulysse, le grand cheval noir de ses nouveaux voisins, lui inspire ? Mais un événement va lui faire reconsidérer les choses… Et si, finalement, Ulysse devenait son ami ?

Destiné aux enfants, je trouve le format de cet album parfait pour leur garantir une prise en main agréable. Mais plus que le format, ce sont sans aucun doute les nombreuses illustrations qui le composent qui les raviront. Douces et lumineuses à certains moments, elles se dévoilent plus sombres, sans jamais être effrayantes, quand le danger se fait présent. En jouant avec les textures, les détails des personnages (grossiers pour les malfaiteurs, plus travaillés pour Lola et Ulysse) et les couleurs, Pauline Amélie Pops arrive ainsi à plonger complètement les lecteurs, petits et grands, dans le joli récit de Julien Leclercq. Un duo dont la complémentarité texte/image contribue fortement à la beauté du livre !

A travers ses dessins, on ne peut que percevoir la force du texte et ressentir toutes ces émotions qui assaillent Lola : la peine d’être rejetée par ses meilleures amies (une situation que chacun d’entre nous a probablement connue au moins une fois), la peur devant des hommes effrayants et menaçants, mais aussi cet élan de courage qui la pousse à protéger un être qui pourtant l’effraie, la joie d’avoir un nouvel ami et d’avoir retrouvé ses amies… Et cerise sur le gâteau, l’illustratrice ne néglige pas les expressions d’Ulysse dont on devine également parfaitement les émotions allant de la curiosité à la colère devant le mal que l’on essaie de faire à Lola en passant par le bonheur d’avoir noué des liens d’amitié avec la fillette.

Appartenant à la collection 4-7 ans, je ne doute pas que ce livre saura séduire autant les enfants que les parents qui y verront certainement, au-delà d’une jolie histoire, des notions telles que l’amitié autant entre humains qu’entre un animal et un individu, l’isolement et ses conséquences, la peur et la nécessité de la dépasser, le courage… J’aime également à croire, même si j’extrapole peut-être, que l’auteur aborde, de manière détournée, la souffrance animale. Alors ici, les méchants ne viennent pas faire souffrir Ulysse par sadisme, mais par appât du gain. Une sorte de maltraitance qui fait légion dans notre société…

Ces différents thèmes pourront évidemment être plus ou moins appréhendés en autonomie, en fonction de l’âge du lecteur, mais rien n’empêche les adultes d’accompagner les enfants dans la compréhension de ceux-ci... Et de discuter de certains passages peut-être plus intenses en émotions que d’autres comme celui durant lequel Lola brave le danger pour sauver un être qui pourtant l’effrayait. Un déclic qui va lui permettre de transformer une émotion négative, la peur, en quelque de chose de beaucoup positif, l’amitié.

Enfin, j’ai beaucoup aimé la fin de l’histoire qui offre une conclusion pleine de douceur et non dénuée de beauté.

En conclusion, à travers une jolie histoire centrée autour d’une petite fille à laquelle beaucoup d’enfants pourront s’identifier (la peur du cheval pouvant s’extrapoler à d’autres peurs), Julien Leclercq aborde différents thèmes qui assureront de beaux moments de partage entre les enfants et leurs parents. Les illustrations, quant à elles, contribuent fortement au charme de cette histoire que je conseille à toutes les personnes, ayant des enfants ou non, qui aiment les animaux.

Envie de découvrir Lola et son nouvel ami ? Rendez-vous sur le site de Yakabooks .