Les chroniques d’Azfaréo (tome 1), Shiki Chitose

Les chroniques d'Azfaréo, tome 1 par Shiki

La rumeur raconte que le royaume d’Azfaréo est protégé par le pouvoir du Dragon Bleu… Mais depuis quelques temps, il ne pleut plus sur les terres, et l’équilibre est menacé. Le pouvoir du dragon serait-il en train de s’affaiblir ? C’est dans ce contexte que Rukul, héritière d’une famille de prêtres, est envoyée pour servir la créature mythique. Cette dernière, en échec familial, trouvera-t-elle sa place auprès du dragon ? Et quels secrets royaux découvrira-t-elle ?

Akata (10 septembre 2020) – 182 pages – 6,99€
Traduction : Sahe Cibot

AVIS

Une jolie couverture avec un dragon bleu, il n’en fallait pas bien plus pour attirer mon attention sur un manga que j’ai trouvé fort sympathique.

Nous faisons la connaissance de Rukul, une jeune fille appartenant à une lignée de prêtres, envoyée à la cour servir le dragon bleu du royaume d’Azfaréo. Une tâche importante puisqu’il est dit que l’état de la créature influe directement sur la météo. Or le pays a désespérément besoin de pluie… Contre toute attente, alors que les autres jeunes filles se sont évanouies devant l’impressionnante créature, Rukul ne montre aucun signe de peur et semble bien déterminée à prendre soin de ce dragon au caractère difficile.

Gaffeuse, naïve, pas très sûre d’elle, mais téméraire, bienveillante, sincère, gentille et pleine de bonne volonté, Rukul se révèle aussi sympathique que touchante et émouvante. Elle n’a pas le talent de sa sœur que tout le monde encense, mais elle possède beaucoup de cœur et fait de son mieux pour s’occuper de Julius. Il est d’ailleurs amusant de voir un personnage aussi délicat physiquement se poser en farouche protecteur d’un dragon caractériel à la taille imposante. Pour ma part, j’ai adoré cette jeune fille d’une grande fraîcheur et ai apprécié la voir, au fil des pages, prendre de plus en plus confiance en elle, même si elle a toujours en elle ce petit complexe d’infériorité dû notamment à un père qui m’a paru assez dur et cassant.

Le duo formé par Rukul et Julius fonctionne à merveille, d’autant que contrairement aux apparences, ce dernier n’est peut-être pas aussi revêche que cela. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que j’ai apprécié tout l’enjeu autour de son identité, et sa manière de prétendre être agacé et malpoli quand il se révèle surtout pudique quant à ses sentiments. Je l’ai d’ailleurs trouvé assez mignon et plutôt protecteur, bien qu’il ne serait pas probablement ravi que je le mentionne. N’a-t-il pas une image de dragon à préserver après tout ? On découvre, en outre, chez ce dragon une réelle et surprenante volonté de protéger le peuple qui rend le personnage fort sympathique et plus profond qu’il n’y paraît.

Entre l’existence d’une malédiction et la différence de caractère et de nature entre nos deux protagonistes, il y a un côté La Belle et la Bête, syndrome de Stockholm en moins, qui m’a bien plu. À cela, on peut ajouter une dimension politique avec un complot qui apporte une petite tension dramatique intéressante. Le seul point qui m’a un peu moins convaincue est que tout semble arriver trop vite que ce soit au niveau politique ou de la relation entre les personnages, notre apprentie prêtresse faisant tomber rapidement certaines barrières. Cela n’est pas dérangeant en soi, mais ce bémol rend la lecture un peu superficielle pour des lecteurs ou souhaitant un réel travail sur l’univers et l’évolution des sentiments.

Bien qu’effleuré, l’univers semble néanmoins prometteur avec, entre autres, cette idée de lier dragon, météo et prospérité d’un royaume, sans oublier cette aura de secret et de mystère qui hante la cour. Des secrets que Rukul semble bien malgré elle destinée à percer, ce qui ne sera pas aux goûts de tous, mais qui aura au moins le mérite de faciliter sa complicité naissante avec Julius et de promettre quelques péripéties…

En résumé, j’ai passé un très bon et divertissant moment de lecture auprès de deux protagonistes attachants et mignons dont on prend plaisir à suivre la rencontre et l’évolution de la relation. Si vous avez envie d’un manga porté par de superbes illustrations, alliant finesse et expressivité, dans un univers de fantasy intéressant où il est question, entre autres, de dragon et de secret, cette série est faite pour vous. 


En fin de manga, est proposée une petite histoire complètement indépendante et qui, sans être transcendante, reprend un peu ce schéma d’un personnage bougon et d’un autre plus placide. Nous découvrons ainsi une adolescente de caractère, au physique juvénile, qui décide d’apprendre à nager et entraîne, bien malgré lui, un maître-nageur dans son aventure. Les deux se révèlent sympathiques et mignons, d’autant qu’au gré des leçons, ils vont se rapprocher et revoir les idées qu’ils s’étaient fait l’un sur l’autre. Mignonne, cette histoire vaut également pour le message positif qu’il apporte sur la force de la détermination et la capacité à surmonter ses peurs pour atteindre un objectif qui nous tient à cœur…