Charlie et la légende du roi Arthur, Mayghan Dolmy

Charlie est une petite fille métisse d’origine franco-anglaise. Grâce à sa couronne magique, elle part à la rencontre du jeune Arthur afin de l’aider à devenir le futur Roi de Bretagne. Une aventure culturelle et bilingue pour apprendre en s’amusant !

Charlie is a Franco-British, multi-ethnic little girl. Thanks to her magical crown, she’s off to meet young Arthur and help him become king of Britain! A cultural and bilingual adventure to learn the fun way!

Publishroom Factory (14 avril 2021) – 15€ – Album souple

AVIS

La promesse d’un ouvrage bilingue français-anglais et d’une histoire évoquant la légende arthurienne ont suffi à attirer mon attention, d’autant que la couverture est superbe et met en avant une petite fille métisse à une époque où la littérature jeunesse manque cruellement de diversité. Lire la suite

Masques et Monstres, tome 1 : Magie d’artisan, R. Oncedor

Couverture Masques et Monstres, tome 1 : Magie d'artisan

Blanche et Cornélia n’ont guère l’étoffe des héroïnes. Elles sont fauchées, hirsutes, dorment en pyjama girafe et cohabitent vaillamment avec Greg, leur chat galeux mangeur de patates.

Mais lorsqu’elles rencontrent un jeune sans-abri, leur vie devient soudain beaucoup plus palpitante. Pourquoi leur offre-t-il ces masques somptueux ? Dans quel but leur confie-t-il un étrange colis ?

Bientôt, leur quotidien déraille pour de bon. Un autre monde colonise le leur : une dimension mystérieuse emplie de tarasques, de dragons orchidées et de lièvres ailés.

Et à cette faune improbable s’ajoutent deux inconnus aussi louches que séduisants, qui manœuvrent dans l’ombre…

BOD (8 octobre 2020) – 540 pages – Papier (18,90€) – Ebook (4,99€)

Je remercie l’autrice et Book on Demand pour m’avoir envoyé Masques et Monstres en échange de mon avis.

AVIS

Une belle couverture, un résumé mêlant humour, créatures et mystère, il n’en fallait pas bien plus pour me donner envie de lire Masques et Monstres que j’ai tout simplement adoré. Il n’y a pas une fausse note dans ce premier tome, l’autrice prenant le temps nécessaire pour nous présenter les principaux protagonistes de son aventure, et ceci sans jamais nous donner l’impression de se perdre dans les détails. Chose que j’ai fortement appréciée et qui explique le plaisir pris à suivre deux sœurs dont le quotidien va être mis sens dessus dessous par un sans-abri mystérieux, et par sa passion pour les masques et, elles le découvriront bien assez tôt, pour les créatures fantastiques. Des créatures pas forcément des plus dociles… Lire la suite

Aes Sidhe – tome 1 : la meute maudite, Alfreda Enwy

Aes Sidhe, tome 1 : La meute maudite par Enwy

 

Après le succès de sa saga Infinite Love, Alfreda Enwy revient à ses premières amours avec Aes Sidhe, une série d’urban-fantasy qui mêle loups, légendes, romance et dangers.

Niamh n’est pas une vétérinaire comme les autres. Fille de l’alpha de la meute la plus respectée de la région, sa beauté n’a d’égal que son tempérament de feu. Lorsque sa meute se retrouve en proie à une épidémie meurtrière, Niamh semble être la seule épargnée. Prête à tout pour les siens, la jeune femme se lance dans une quête aussi dangereuse que désespérée. Mais elle ne sera pas seule. Khael, puissant changeforme au charme redoutable, est bien décidé à accompagner la belle louve, qu’elle le veuille ou non.

Si ce premier tome n’est pas exempt de petits défauts, j’ai quand même passé un moment de lecture sympathique auprès d’une héroïne que j’ai adorée, notamment pour ses capacités magiques lui permettant de guérir les animaux. Très pratique pour une vétérinaire, même si la jeune femme fait attention à ce que son talent ne s’ébruite pas. D’ailleurs, à part sa meilleure amie, personne n’est au courant autour d’elle, même pas son ancien amant et meilleur ami Andrew ni son père dont elle est pourtant proche… Lire la suite

Le sang du dragon (Chroniques Merveilleuses t. 3), Sébastien Morgan

Le Sang du Dragon: par Morgan

Les Daces, soutenus par Sekhnat, l’un des Anciens Dragons, avancent inexorablement au cœur d’un Empire romain plus faible que jamais. Mercurius et ses compagnons devront à nouveau faire preuve de force et de bravoure afin d’encourager une contre-attaque impériale qui n’est pas gagnée d’avance. Pendant ce temps, Lailoken découvre ses origines et apprend les mystérieux enjeux d’une guerre éternelle.

Auto-édition (27 août 2020) 185 pages – papier (12,65€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Comme pour le précédent tome, c’est en lecture commune avec Lire à la folie que j’ai parcouru Le sang du dragon, troisième tome de la série Chroniques merveilleuses. Avant d’aller plus loin, et même si la chronique ne contient pas de spoiler, n’hésitez pas à attendre d’avoir lu La flèche du Scythe et Gryphus Imperatorius.

Ayant lu le deuxième tome il y a plus d’un an et demi, j’avais quelques craintes quant à ma capacité à me plonger entièrement dans cette suite, mais fort heureusement, les choses se sont rapidement remises en place dans mon esprit. J’ai ainsi retrouvé les personnages avec plaisir, même ceux qui ne sont pas forcément des plus sympathiques comme les Tarquini. Il y a des corps de métier qui inscrivent fièrement « de père en fils » sur leur devanture, quand les Tarquini n’ont pas besoin de signe aussi ostentatoire. Car eux, ce n’est pas un savoir-faire précis qui coule dans leurs gênes, mais un talent inné pour la manipulation, la méchanceté et le dédain pour autrui. Alors si on ne peut s’empêcher de les détester et de les maudire sur des générations, on est quand même content de les revoir, et de chercher à plonger dans les secrets les plus noirs de leur âme…

Mais dans ce tome, les machinations et autres pêchés des Tarquini ne forment pas le socle de l’intrigue, ni le danger le plus pernicieux, bien au contraire. L’auteur nous plonge au cœur de l’Empire romain qui doit faire face à son plus gros défi : maintenir sa domination sans se perdre en route. Et la chose n’est pas aisée, quand les notables et l’Empereur lui-même préfèrent se vautrer dans les jeux et les loisirs plutôt que s’assurer de la gloire de Rome ! Mais certains sont prêts à tout pour que l’Empire conserve son aura de puissance dans une guerre qui dépasse l’entendement et les frontières du terrestre. En effet, Rome est aux prises autant avec elle-même, la menace de la guerre civile n’étant jamais loin, que ses ennemis qu’ils soient simples mortels ou bien plus que cela…

La grande force de cette série est la manière dont l’auteur s’appuie sur certains faits et personnages historiques pour introduire une belle part de créatures fantastiques, de mythes et de légendes, donnant un tour étrangement réaliste à un roman baigné de fantastique. Sous sa plume, on en viendrait volontiers à croire qu’Alexandre le Grand doit sa gloire aussi bien à son esprit de conquête qu’au sang particulier qui coule dans ses veines. J’ai ainsi adoré voir l’auteur laisser sa trace dans l’Histoire et jouer avec les mythes entourant la fondation de la grande Rome, une réinterprétation de la légende qui ne sera pas sans conséquence sur l’opposition entre deux forces puissantes et destructrices.

Dans ce roman, on a ainsi le sentiment que si la guerre est bien terrestre, l’humanité n’est finalement que le dommage collatéral d’une guerre qui la dépasse, mais qui se joue pourtant en son nom. Il est d’ailleurs ici question de liberté et de libre arbitre, ces deux concepts que l’Empire romain ne semble pas porter en grande estime. À cet égard, si j’ai eu envie de voir triompher Rome en raison de mon attachement à Mercurius qui en porte l’étendard, cette volonté n’a pu que s’amenuiser au regard de la volonté impérialiste d’un Empire qui n’hésite pas à tout détruire sur son passage. Finalement, les Daces sont-ils vraiment les méchants et Sekhnat, une force surnaturelle à éliminer, ou les choses sont bien plus complexes que cela ? Au fil de la lecture, il nous apparaît évident qu’il n’y a pas vraiment de grand méchant ni de grand gentil… Et c’est ce qui rend l’histoire aussi palpitante et réaliste !

D’ailleurs, le roman se lit extrêmement vite, que ce soit grâce à l’action omniprésente, les enjeux militaires, la plume fluide et immersive de l’auteur, ou une narration alternée qui nous permet de saisir au mieux les différentes perspectives et les desseins de chacun. Naviguer entre les différents personnages apporte beaucoup de rythme au roman et nous pousse à nous plonger en son cœur sans jamais sans détourner ni reprendre son souffle. On veut en savoir plus, toujours plus… J’ai néanmoins parfois eu le sentiment de survoler le chaos sans jamais avoir la chance d’en comprendre et démonter les rouages. J’aurais ainsi peut-être apprécié de suivre moins de personnages, mais de le faire de manière plus approfondie.

Cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à suivre chacun d’entre eux, et même à ressentir une certaine fascination pour un personnage dont on apprend à découvrir, à travers un prologue marquant et différents flash back, l’histoire personnelle et familiale. Une de ces histoires qui vous marquent au fer blanc, à condition de pouvoir vous en souvenir, car Lailoken, un mage-guerrier, a une légère tendance à perdre quelque peu la mémoire à chaque fois qu’il trépasse. Heureusement pour lui, il finira par avoir accès à différentes bribes de ses nombreux passés… Cela, sera-t-il suffisant pour affronter un avenir qui s’annonce mouvementé ? Je préfère ne pas en dire plus sur ce personnage sous peine de briser l’aura de mystère qui l’entoure, mais j’ai vraiment apprécié la manière dont l’auteur l’a pensé !

En conclusion, avec Le sang du dragon, l’auteur propose une suite à la hauteur des tomes précédents ! Entre le rythme soutenu, l’art romain de la guerre en action, les forces en opposition qui font monter les enjeux, et des personnages divers et variés que l’on apprend pour certains à aimer, et pour d’autres à haïr sans retenue, difficile de s’ennuyer. Les pages défilent les unes après les autres dans un flot de doutes et de sang, soulevant en nous une profonde envie de découvrir jusqu’où l’imagination de l’auteur va nous conduire… Une lecture durant laquelle on reste toujours sur le qui-vive et dont on attend le dénouement final avec impatience !

N’hésitez pas à lire l’avis de Lire à la folie que je remercie pour cette sympathique lecture commune !

Découvrez le roman de l’auteur sur Amazon.

Hazel Wood, Melissa Albert

« Ne t’approche sous aucun prétexte d’Hazel Wood. »

Ces quelques mots laissés par la mère d’Alice juste avant son enlèvement scellent à tout jamais le destin de la jeune fille.
Hazel Wood, la résidence légendaire d’Althéa Proserpine, auteur des célèbres « Contes de l’Hinterland ».
Hazel Wood, dont vient d’hériter Alice.
Hazel Wood, où Alice doit s’aventurer pour espérer sauver sa mère.
Hazel Wood, cette demeure d’où semblent s’échapper des personnages inventés par Althéa.
Hazel Wood, dont personne ne revient jamais.

Et si Hazel Wood était bien plus qu’un simple manoir ? Un leurre ? Une porte d’entrée sur l’Hinterland ?
Et si Alice était bien plus qu’une simple New-Yorkaise ? Une princesse ? Une tueuse ?

Il était une fois… Hazel Wood.

Editions Milan (25 avril 2018) – 384 pages – Broché (17,90€) – Ebook (12,99€)

AVIS

Possédant ce roman dans sa sublime version Fairyloot et en français, j’ai hésité un long moment avant d’opter pour la version française d’autant que j’avais un peu de mal à me souvenir de l’endroit où se trouvait la VO. Mais maintenant que j’ai refermé le roman, je pense que ce n’est pas plus mal parce que Melissa Albert nous propose ici un univers riche et complexe qui nécessite une parfaite compréhension des différents événements pour savourer sa lecture.

Alice vit une relation quasi symbiotique avec sa mère, Ella. Une relation d’autant plus forte qu’elles sont toujours sur le qui-vive déménageant sans cesse pour éviter la malchance et tous ces événements étranges qui semblent irrémédiablement les poursuivre. Mais un jour, Ella décide de se poser et de se marier avec Harold. Un mariage qui n’enchante guère Alice, mais qui aura au moins le mérite de lui permettre de faire la rencontre de Finch, un jeune homme attachant dont elle va se rapprocher, notamment suite à un dramatiquement événement.

Fils d’un richissime homme qui le délaisse complètement, ce garçon m’a beaucoup touchée par sa gentillesse, mais aussi en raison de sa tendance à fuir sa vie et la réalité dans la lecture.  Au fil des pages, nous découvrons les raisons de sa passion pour le recueil des Contes de l’Hinterland écrits par la grand-mère d’Alice, une femme que l’adolescente n’a jamais rencontrée, sa mère s’y opposant tout comme elle lui a toujours refusé le droit de lire les histoires de son aïeule. Ce recueil de contes, qui suscite des réactions passionnées, est devenu quasiment introuvable, ce qui n’empêchera pas nos deux amis de tenter de mettre la main dessus avant de se lancer dans la plus périlleuse des aventures, l’assaut d’Hazel Wood et du monde dangereux que la demeure semble ouvrir !

Si la première partie est auréolée de mystère et soulève de très nombreuses interrogations sur Alice et sa mère, la seconde partie du roman est beaucoup plus onirique, l’autrice proposant une mise en abyme d’un conte dans un conte. Cela donne une tout autre envergure au récit qui se pare d’une richesse folle. Ce changement de ton pourra néanmoins déstabiliser certains lecteurs, voire complètement les dérouter.

Pour ma part, j’ai adoré tomber dans une histoire à la Alice au pays des merveilles avec cette sensation de perdre le contrôle sur ce qui se passe et de me faire ballotter d’une scène à l’autre sans trop savoir à quoi m’attendre. Mais rassurez-vous, l’autrice ne nous perd jamais en cours de route puisque par un savant équilibre entre rêve, ou plutôt cauchemar, et réalité, elle veille à ce que chacun puisse suivre Alice dans ses multiples péripéties, la jeune fille devant affronter un certain nombre d’épreuves pour retrouver une personne qui lui est chère et sur laquelle nous faisons de surprenantes découvertes. J’ai d’ailleurs été assez surprise de la réaction de l’adolescente qui réagit assez bien à une révélation qui fait pourtant vaciller son monde.

Mais il faut dire qu’elle n’est plus à une surprise près, l’Hinterland où elle finit par être plongée étant le lieu de bien d’autres découvertes, notamment sur sa nature profonde. Je resterai volontairement évasive parce que ce qui fait tout le charme de ce roman, c’est le mystère dont il est auréolé. Je peux néanmoins vous assurer que si vous aussi, vous adorez les contes d’autrefois avec leur cruauté et leur bestialité, l’univers qui se déploie sous vos yeux va vous enchanter bien que le terme captiver serait peut-être plus adéquat, l’Hinterland n’ayant rien d’enchanteur…

En plus du côté conte dans un conte qui m’a complètement conquise, Hazel Wood s’est aussi l’histoire du jeune fille qui lutte contre elle-même, contre ses démons et qui refuse avec courage une vie qui n’est pas la sienne, une vie qu’on lui a imposée et dans laquelle on essaie de l’emprisonner. C’est donc tout autant une histoire fantastique que le voyage d’une adolescente sur le chemin de sa propre vérité et de cette vie qu’elle va essayer de prendre à bras-le-corps nonobstant les épreuves. Alice n’est pas toujours agréable, elle est rarement souriante, mais elle est forte, déterminée et prête à tout pour sauver sa famille, la seule qui n’ait jamais compté pour elle. Le genre d’héroïne courageuse et imparfaite qui devrait plaire aux adolescent(e)s, et que je trouve diablement inspirante !

En conclusion, captivant, riche et complexe, ce roman fut une très bonne lecture que je recommanderai à tous les amateurs de contes et à toutes les personnes appréciant de se laisser bercer par un imaginaire puissant et empreint d’un certain onirisme. Le livre se suffit à lui-même, mais j’ai été ravie de découvrir qu’une suite était parue récemment. J’attends donc avec impatience sa traduction curieuse de retrouver Alice que ce soit dans notre monde ou celui de l’Hinterland…

Mini-chroniques en pagaille #21 : variation autour du petit (Challenge Un mot, des titres)

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.
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Chroniques d’un Shinigami ordinaire, tome 1 : Le Kitsune, Rohan Lockhart, #PLIB2020

Couverture Chroniques d'un shinigami ordinaire, tome 1 : Le Kitsune

« Il existe un monde caché aux yeux de tous. »
Kaoru vit un quotidien des plus rangé. Entre sa dernière année de Lycée, son amitié fusionnelle avec Shiro et ses petits problèmes de sommeil, tout se passe pour le mieux. Et ce Tanuki devant les grilles du lycée ? Une simple hallucination. Rien qui ne pourrait bouleverser sa petite vie tranquille. Enfin, ça, c’était avant que sa route ne croise celle d’un énigmatique étranger en kimono. Alors quand ce dernier lui annonce qu’il est un Shinigami, sa vie bascule. Un Dieu de la mort. Rien que ça. À partir de maintenant, son quotidien sera rythmé par sa formation de futur Shinigami. Yokai, monstre à chasser, mystère à élucider… Rien ne sera plus jamais pareil. Plongé dans un monde qu’il n’aurait pas soupçonné, et épaulé par son meilleur ami et son nouveau mentor, Kaoru se surprend à découvrir un nouvel univers, empli de magie et de beauté. Suivez les aventures (pas si) catastrophiques de Kaoru, apprenti Shinigami, et de ses premiers pas dans le monde surprenant des Yokais.

Mxm Bookmark (12 août 2019) – Broché (20€) – Ebook (2,99€)
# 978-2375748428

AVIS

J’avais repéré ce roman en raison de son titre et de sa superbe couverture avec ses splendides couleurs et son côté japonisant qui me plaît beaucoup. J’ai donc été plus que ravie quand les éditions Mxm Bookmark ont offert l’epub du livre aux jurés du PLIB 2020.

Je ne lis quasiment jamais de romance et je ne pense pas avoir déjà lu une seule romance M/M. Je suis donc sortie de ma zone de confort avec ce roman, la romance, ou du moins, le questionnement amoureux prenant une place importante dans le récit. Nous suivons ainsi un lycéen qui en pince pour son meilleur ami sans avoir jamais osé se confesser. S’il n’a heureusement pas honte de son orientation sexuelle, il craint néanmoins le regard d’autrui, la société japonaise n’étant pas forcément la plus ouverte vis-à-vis de l’homosexualité. Mais surtout, il craint, en se confessant, de briser son amitié et les liens profonds qu’il a su construire avec Shiro durant ces trois dernières années.

Le lecteur assiste donc aux doutes de Kaoru qui oscille entre envie d’avouer ses sentiments et peur du rejet d’autant qu’il n’est pas certain que son meilleur ami partage son intérêt pour les hommes… J’ai trouvé la relation entre ces deux personnages plutôt mignonne et touchante. Bien que très différents, Kaoru et Shiro sont très proches et se soutiennent dans les bons comme dans les mauvais moments. Un point important si l’on considère que Kaoru va devoir affronter une situation personnelle délicate et difficile qui le confrontera à la maladie et à la peur de perdre un être cher.

En parallèle, le jeune homme doit aussi faire face à une révélation inattendue qui va le conduire dans un monde de mythes et de légendes non dénué de dangers ! Affublé d’un précepteur destiné à l’aider à devenir un bon Shinigami, un protecteur chassant des Yokais, Kaoru ne se révèle pas particulièrement bon élève. Il faut dire qu’entre Mikio qui se montre de prime abord désagréable et l’impression d’être dépossédé de sa vie et de son avenir, il n’y met pas vraiment du sien…

Si Mikio nous apparaît antipathique en début de livre, il s’adoucit au fil de l’intrigue et nous laisse entrevoir un homme également frustré de s’être vu imposer une fonction dont il se serait bien passé. De fil en aiguille, sa relation avec Kaoru s’améliore donc jusqu’à se transformer en quelque chose de plus doux et chaleureux… La présence du triangle amoureux que l’on devine rapidement ne m’a pas vraiment enthousiasmée ne supportant pas ce schéma, mais au fur et à mesure de la lecture, il s’impose à nous et nous apparaît inéluctable. Que l’on ait une préférence pour l’un ou l’autre des tandems, je dois également reconnaître que l’auteur a réussi à rendre tous ses personnages attachants et surtout indispensables au bon équilibre de son intrigue !

Au-delà de l’aspect romantique, le roman est empreint de folklore japonais, ce que j’ai, pour ma part, adoré. Entre les visites de temples, l’apprentissage de Kaoru, les formules et les rituels à maîtriser, la mythologie autour des Shinigamis, des Yokai et de tout ce monde de l’ombre qui s’impose à Kaoru, l’immersion est totale et enivrante ! Ma seule frustration vient de quelques longueurs qui m’ont parfois donné envie de sauter des passages, mais surtout de la faible présence du kitsune dont Kaoru doit se faire un allié. Les quelques passages qui lui sont consacrés ont néanmoins suffi à me le rendre attachant et à me donner envie d’en apprendre plus sur cet esprit dans la suite de la série.

À noter que pour ceux et celles qui, comme moi, ne sont pas fans des scènes de sexe à outrance, il y a quelques passages explicites, mais ils ne sont ni longs ni vulgaires. Kaoru étant amoureux, il apparaît d’ailleurs normal qu’il ressente un certain désir pour Shiro et qu’il lui arrive de fantasmer sur ce dernier… J’ai, en outre, apprécié le jeu de l’auteur sur les rêves et les désirs qui apporte un côté presque poétique aux pensées sensuelles de notre lycéen.

En conclusion, d’une plume fluide et efficace, l’auteur nous propose une romance M/M plutôt touchante et bien construite entre deux meilleurs amis qui semblent avoir du mal à s’avouer leurs sentiments. Mais la force de cette histoire d’amitié/d’amour est de se situer dans un Japon mêlant modernité et tradition avec ses mythes et ses légendes qui vont s’imposer de force dans la vie d’un lycéen bien plus spécial qu’il n’y paraît. Folklore, amitié, amour, magie et découverte de soi sont au rendez-vous de ce roman qui devrait ravir les amateurs de romances touchantes et ancrées dans un univers fantastique passionnant.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Mxm Bookmark.

NB : l’auteur m’a gentiment signalé sur Twitter que ce que j’ai pris pour un triangle amoureux était en fait du polyamour. Je le remercie de ne pas m’avoir tenu rigueur de mon erreur… Cette expérience m’a prouvé à quel point nos schémas de pensée influent sur notre lecture. Le polyamour étant un sujet que je ne connais guère, j’avoue ne pas y avoir pensé un seul instant alors qu’avec du recul, les indices étaient là ! Me voilà rassurée de ne pas avoir à suivre un énième triangle amoureux et curieuse de voir où l’auteur va nous emmener parce que là, j’entre en terre inconnue…

 

Manx Cat, Christine Sterbik #PLIB2020

Manx cat (Imaginaire) par [Sterbik, Christine]

J’ai lu Manx Cat de Christine Sterbik (éditions Alter Real) dans le cadre du PLIB2020.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Qui est vraiment Sylla, l’énigmatique romancière londonienne à succès ? L’envoûtante jeune femme qui vit avec ses magnifiques chats Manx dans un appartement cossu de Covent Garden veille farouchement sur sa vie privée. Rien ne doit filtrer, du moins rien qu’elle n’ait contrôlé. Olivier, apprenti journaliste français n’en croit pas ses yeux : son rédacteur en chef le charge d’interviewer la secrète Sylla. Une aubaine ? Peut-être, mais aussi un défi. Au fil des jours, le jeune étudiant va percer le mystère à ses dépens et sera entraîné bien malgré lui dans un conflit qui remonte aux origines de l’humanité.

Et si la réalité du monde était bien différente de ce que vous croyez ?

Alter Real Editions (7 juin 2019) – 240 pages – Ebook (5,99€) – Broché (17€)
#ISBN9782378121143

AVIS

Profitant de l’ebook offert gracieusement par la maison d’édition aux jurés du PLIB2020, je me suis jetée dans cette lecture dont le titre et la couverture m’ont tout de suite attirée.

Si vous me suivez régulièrement, vous connaissez mon amour des chats, et à ce niveau, j’ai été plus que ravie, l’autrice nous offrant une histoire les mettant à l’honneur que ce soit dans leur forme traditionnelle ou sous leur aspect imaginaire. En effet, avec Manx Cat, vous allez vous plonger aux origines fantasmées de la création des Manx, une race de chats assez peu connue en France, mais qui se caractérise par l’absence de queue. On regrettera d’ailleurs peut-être la photo d’illustration qui, si elle est très belle, ne met pas en avant cette particularité.

Mais loin de se cantonner à un traité sur les chats, l’autrice nous plonge dans un imaginaire fascinant, mélange de réalité et de fiction, dans lequel des métamorphes prennent vie. Et l’on suit plus particulièrement une métamorphe chat, seule de son espèce, Sylla. Devenue romancière écrivant le jour et vivant sa vie féline la nuit, elle narre à un journaliste stagiaire, d’abord à travers ses carnets puis de vive voix, sa vie à travers les âges. Une vie riche et bien remplie faite de voyages, de rencontres plus ou moins amicales, de moments de joie et de peine… Se dessine ainsi, au fil des pages, le portrait d’une femme forte et hors du commun qui ne peut que susciter une certaine admiration.

J’ai beaucoup apprécié cette partie qui nous parle de mythologie, nous transporte au temps des pharaons, nous fait vivre la montée du christianisme et le déclin du paganisme, évoque la chasse aux sorcières sans oublier cette haine grandissante des chats qui ne sera pas sans conséquence pour Sylla… Puis le roman prend un nouveau tournant, cette dernière mettant à exécution un projet assez égoïste mais qu’on arrive à comprendre. À partir de là, l’histoire m’a semblé bien moins intéressante. Il faut dire qu’elle se focalise sur Olivier, l’apprenti journaliste français, avec lequel j’ai eu fort peu d’atomes crochus.

Assez immature et surtout ayant tendance à commenter le physique de chaque femme rencontrée, c’est typiquement le genre de protagoniste masculin que j’ai en horreur. Certaines de ses phrases et de ses interactions avec Peter, son ami et co-locataire, principalement centrées sur leurs conquêtes et la gent féminine m’ont donc fortement chiffonnée. Je pense que cet aspect ne gênera pas tout le monde d’autant que les deux jeunes hommes ne tombent jamais dans la vulgarité, mais c’est dommage d’avoir privilégié des dialogues parfois creux au détriment de la psychologie des personnages. À part Sylla, les personnages m’ont ainsi semblé manquer de profondeur.. À cet égard, j’ai regretté que le côté mystérieux de Peter ne soit pas plus exploité, cela aurait pu apporter bien plus d’intensité et de tension au récit.

Si j’ai dévoré la première partie du roman avec plaisir, ma lecture fut donc par la suite plus laborieuse bien que j’aie apprécié les phases d’action, et notamment les batailles entre chats et rats. Un combat ancestral ici très bien retranscrit et que l’autrice enrichit d’une dimension plus humaine, voire politique, les alliances et mésalliances ainsi que les trahisons ayant, comme chez les humains, toute leur place !

Le mélange humain/chat à travers la figure du métamorphe est le point fort de ce roman d’autant que c’est plutôt une forme originale en littérature. J’ai adoré découvrir la mythologie autour de cette particularité de la nature, la haine qu’elle peut susciter, mais aussi la manière dont Sylla a dû y faire face optant bien souvent pour une vie solitaire, loin des humains mais aussi loin des chats. Pont entre deux espèces distinctes que rien ne destinait à se mêler, Sylla n’est finalement acceptée par aucune des deux. Une vie passée à être rejetée et à susciter de la méfiance jusqu’à une certaine rencontre qui va changer sa vie à jamais. On pourrait faire, d’une certaine manière, le parallèle avec la difficulté pour certains de concilier différentes origines et cultures notamment quand le rejet des uns et des autres s’en mêle.

La seule chose qui m’a perturbée dans ma lecture, mais j’imagine que c’est personnel, est cette idée qu’une femme gardant sa personnalité, même lors de ses transformations en chat, tombe amoureuse d’un chat non métamorphe… Il est vrai que l’autrice a fait le choix d’animaux s’exprimant et réfléchissant de manière très humaine, mais cela n’en demeure pas moins assez déstabilisant.

En conclusion, Christine Sterbik mêle habilement imaginaire et réalité afin de nous immerger dans la vie mouvementée d’une femme hors du commun et d’un étudiant en journalisme qui connaîtra également son lot de péripéties. Bien que non exempt de petits défauts notamment au niveau des dialogues et du manque de profondeur des personnages, Manx Cat est néanmoins un roman que je conseillerais aux amateurs de récits rythmés, de chats et aux personnes souhaitant découvrir une forme de métamorphe plutôt originale en littérature !

Retrouvez le roman en ligne notamment sur Place des libraires.

Le chat bonheur, Qu Lan

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Echigoya, jeune héritier, dilapide les biens familiaux au jeu. Lorsqu’il se retrouve dans la misère, il demande à son chat adoré de le tirer d’affaire. Ce dernier lui rapporte alors une pièce d’or… Mais Echigoya continue de gaspiller sans se rendre compte que ses actions pourraient avoir des conséquences funestes…

PERE CASTOR (22 août 2018) – 32 pages – 5.25€

AVIS

Adorant les chats et le Japon me fascinant, cet album jeunesse ne pouvait que me plaire, il fut d’ailleurs un coup de cœur !

Dès les premières pages, les lecteurs sont éblouis par les illustrations qui dégagent autant de douceur que d’intensité. Les sublimes graphismes, tout en délicatesse, nous plongent avec délectation dans ce Japon féodal au charme certain. Les décors et les costumes traditionnels sont, quant à eux, criants de réalisme, mais ce sont bien les expressions des visages qui donnent toute la force à cette histoire émouvante et d’une terrible beauté.

ChatBonheur

Nous découvrons ainsi le jeune héritier d’une noble famille qui délaisse l’entreprise familiale au profit d’une vie d’oisiveté et de son addiction aux jeux d’argent. Convaincu de la véracité d’une légende racontant comment une grue remercia son maître de ses soins en lui apportant prospérité, il dilapide la fortune de ses aïeux sans vergogne. Après tout, en s’occupant si bien de son fidèle chat, Tama, ne s’était-il pas assuré un avenir radieux ?

D’ailleurs, comme par miracle, Tama rapporte une pièce d’or à son maître puis une autre… Malheureusement, le jeune homme, trop nonchalant pour être responsable, profite de cette providentielle source d’argent pour faire ce qu’il fait le mieux au plus grand désespoir de la seule gouvernante de la famille qui lui est restée fidèle. Mais à trop tirer sur la poule aux œufs d’or, ne risque-t-on pas de la tuer ?

Si le maître, bien que pas vraiment méchant, n’attire pas la sympathie, son adorable chat, quant à lui, émeut par sa totale dévotion à un humain qui ne mérite pas tout son amour. Tama dont la douceur transparaît autant dans ses actes que dans sa physionomie est prêt à tous les sacrifices pour le bien de son maître, et même au sacrifice ultime. Que cet amour inconditionnel d’un chat pour son humain m’a transportée et émue au point, je le confesse, de m’avoir fait verser quelques larmes…

La morale de l’histoire, bien que difficile, n’en demeure pas moins belle avec ce maître qui se rendra compte trop tard que tout à un prix, mais qui saura tirer une leçon de ses erreurs. Finalement, il avait raison, en s’occupant bien de son chat, celui-ci lui aura apporté la fortune même si elle n’a pas pris la forme qu’il espérait.

En conclusion, Le chat bonheur est un sublime conte qui, en plus de nous offrir une cruelle mais belle morale, nous éblouit par ses illustrations et cet amour inconditionnel d’un chat pour son maître, un homme imparfait qui aura néanmoins su conquérir le cœur de son compagnon à quatre pattes.

Feuilletez l’album sur le site des éditions Flammarion Jeunesse.