Lalie – Le monde caché de Naturia (tome 1) , Myriam Lorenz

Couverture Lalie, tome 1 : Le monde caché de Naturia

Suite à un accident, Lalie, douze ans, perd connaissance et se retrouve dans une forêt qui ne ressemble en rien à celle de sa région.

Comment a-t-elle atterri là ? Comment repartir ? Pourquoi ne croise-t-elle aucun animal ? Aucun cri d’oiseau ou d’écureuil, pas même un petit insecte ou une araignée à l’horizon !

Heureusement que Lucas est là pour lui expliquer le fonctionnement de ce monde merveilleux, mais aussi très dangereux, qu’est celui de Naturia.

Vous êtes prêts à suivre les aventures de Lalie avec ce premier tome ? C’est parti !

Books on demand (21 avril 2021) – 172 pages – Papier (9,99€) – Ebook (2,99€)
Couverture : Élodie Perez

AVIS

Voici un roman jeunesse que j’ai lu d’une traite, ayant apprécié l’imagination et la plume immersive de l’autrice, qui raviront aussi bien les enfants à partir de 9/10 ans que les lecteurs plus âgés. Les premiers pourront d’ailleurs aisément s’identifier à une jeune héroïne attachante et non dénuée de caractère, qui va vivre une aventure merveilleuse et dangereuse à la fois !

Lalie, une adolescente de douze ans comme les autres, du moins en apparence, ne supporte pas sa belle-mère, une horrible sorcière ! Et ce n’est pas une expression : l’adolescente en est persuadée, Ophélia est une véritable sorcière qui a envoûté son père. Mais Lalie a d’autres priorités que démasquer sa marâtre quand, suite à un accident de voiture, elle découvre un autre monde !

Un monde différent du nôtre où même en pleine forêt, on ne croise aucun animal et où aucun bruit ne vient rompre le silence. Heureusement pour elle, Lucas, qui semble avoir son âge, la découvre et la prend sous son aile, lui dévoilant un monde qu’elle n’aurait jamais imaginé croiser ailleurs que dans ses rêves. Un lieu féérique et dangereux où il n’est pas conseillé de sortir la nuit, mais où on trouve des youpamis, une créature entre le porc-épic et le caméléon, et même des dragons, du moins le fils d’une dragonne. La mythologie autour des dragons m’a particulièrement intéressée, notamment avec cette idée de sacrifice maternel qui, avec les dragons, prend une tout autre dimension.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, les déambulations dans un monde magique y compris, Lalie finit par se réveiller dans une chambre d’hôpital… Aurait-elle rêvé ? Je ne répondrai évidemment pas à cette question, puisque j’ai pris plaisir à découvrir la manière dont l’autrice joue sur le doute de l’héroïne, avant de nous dévoiler, sans trop nous faire attendre, la réponse. Pour ma part, j’ai adoré suivre Lalie qui se montre attachante, courageuse, mais également mature, déterminée et réfléchie.

Si elle est décontenancée par tout ce qui lui arrive, sa curiosité prend vite le pas sur ses doutes ou la menace d’une belle-mère manipulatrice, pour laquelle elle n’éprouve que méfiance. La jeune fille se fait-elle des idées sur Ophélia qu’elle soupçonne de cacher sa véritable nature ? Pour le découvrir, il vous faudra lire le roman, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié le mystère entourant cette belle-mère, digne d’un bon conte. La propre mère de l’adolescente semble également cacher des choses et devient étrangement nerveuse dès que Lalie évoque la magie ou le surnaturel…

Bien que leur présence ne soit pas centrale, les adultes ne sont donc pas absents de ce roman, ce que j’ai apprécié. Quant aux amis de Lalie, ils se révèlent tous les deux sympathiques, mais très différents l’un de l’autre. En plus d’être adorable, prévenant et bienveillant, Lucas m’a touchée en raison de son histoire familiale, une histoire qui ne semble néanmoins pas l’affecter outre mesure. Il faut dire qu’il n’a pas forcément les mêmes critères de bonheur qu’un humain lambda. Quant à Éléonore, la meilleure amie de Lalie dans notre monde, elle se révèle plutôt sympathique. En amie fidèle, elle est prête à épauler Lalie dans ses recherches, malgré l’incongruité de la situation.

L’amitié tient une place importante dans ce roman, ce qui devrait plaire aux jeunes lecteurs. Mais l’autrice évoque également, sans lourdeur et avec une intelligence certaine, une problématique à laquelle beaucoup d’enfants et adolescents ont été ou seront un jour confrontés : le harcèlement scolaire, et plus particulièrement, le cyberharcèlement et ses conséquences. Plus que la thématique en elle-même, c’est la manière dont l’autrice l’aborde qui m’a convaincue et le message qu’elle fait passer quant au caractère néfaste de la vengeance. À cet égard, Éléonore fait preuve d’une maturité qui semble faire défaut à bien des adultes, refusant de répondre à la méchanceté par la méchanceté. J’ai, en outre, été impressionnée par la faculté de l’autrice à nous faire ressentir de la compassion pour un adolescent passé de bourreau à victime en un instant…

Les chapitres se déroulant dans notre monde ne manquent pas d’attrait, l’autrice les nimbant d’une bonne aura de mystère, mais c’est le monde caché de Naturia qui a exercé sur moi la plus forte attraction, au point de ne pas vouloir le quitter. J’ai ainsi pris plaisir à découvrir et à évoluer dans cet univers magique où l’émerveillement n’est jamais loin, malgré les dangers !

En conclusion, enfants, adolescents et adultes devraient apprécier de se laisser prendre par la main par une jeune héroïne courageuse, mais pas intrépide, qui, sans le vouloir, vient peut-être de réveiller des secrets bien enfouis… pour le meilleur et pour le pire. Rythmé, auréolé de mystère, non dénué de suspense, et abordant sous couvert de fiction des thématiques importantes, ce premier tome nous offre une aventure palpitante, entre magie, émerveillement et dangers. Vivement la suite !

Je remercie Myriam Lorenz de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.