Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme, Gail Carriger

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Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Le Livre de Poche (18 avril 2012) – 432 pages – Poche (7,90€)

AVIS

Sans âme est pour moi une rerelecture puisque j’avais lu une première fois son adaptation graphique puis le roman originel. Et je dois dire que cette troisième lecture fut tout aussi appréciée que les précédentes. C’est simple, j’aime tout dans ce premier tome qui est, pour moi, le meilleur de la série et qui présente l’avantage de se suffire à lui-même. Vous pouvez, évidemment, poursuivre l’aventure, mais si vous préférez les one shot, vous aurez tout avec Sans âme : le rire, l’émotion, l’action, le mystère, le suspense, une romance au dénouement plus que satisfaisant…

Et parmi tous les atouts de ce roman, si je devais n’en retenir qu’un, ce serait incontestablement l’humour so british, quelque chose qui fonctionne toujours très bien avec moi. Dès la scène d’ouverture, Gail Carriger annonce la couleur : Alexia Tarabotti est une forte tête qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui possède une manière bien à elle de transgresser les conventions sociales de son époque, tout en y restant étrangement attachée. Alors quand un vampire isolé l’attaque, ce que notre « vieille fille » lui reproche, ce n’est pas tant de sortir les crocs, mais de le faire avant de lui avoir été présenté ! Cette scène, qui me fait toujours beaucoup rire, est un bon exemple du genre d’humour que vous retrouverez tout au long du roman.

Un humour qui fonctionne d’autant plus qu’il brille à travers une narration à la troisième personne diablement efficace pour accentuer les particularités de notre héroïne. Alors même si je préfère en général les narrations à la première personne, là, aucun autre choix n’aurait mieux convenu que celui opéré par l’autrice. Et puis, entre les très nobles Anglais, les effrontés Américains, les impétueux Italiens et les emportés Écossais, l’autrice joue à merveille sur les stéréotypes liés aux différentes culturelles. 

Autre aspect plutôt comique, la manière dont Alexia et sa meilleure amie se moquent gentiment de leurs défauts respectifs, et la relation chien chat entre Alexia et Lord Maccon. Cet impétueux loup-garou écossais, en plus d’être à la tête de sa meute, s’occupe du BUR, un bureau enquêtant sur les affaires paranormales. Les deux ne peuvent s’empêcher de se titiller et de se chamailler, mais très vite, il semblerait que cette relation houleuse cache des sentiments bien plus chaleureux et une certaine attirance. 

Disons-le tout de suite, j’ai craqué pour ce beau loup-garou qui a tendance à jurer comme un charretier dans les moments de tension et de passion, mais qui se révèle aussi attendrissant que maladroit quand il s’agit de courtiser une jeune femme indépendante et plutôt imprévisible. Ce n’est pas très charitable de ma part, mais que j’ai ri devant ses bévues et la manière dont Alexia le fait tourner en bourrique. Lord Maccon pourra heureusement compter sur l’aide de son second bien plus patient que lui et, surtout, bien plus à l’aise avec les règles en vigueur dans la bonne société anglaise, et chez les humains en général. Je me suis beaucoup attachée à ce second qui fait de son mieux pour contenir le caractère emporté et ombrageux de son Alpha.

Un caractère qui sera néanmoins très utile à Lord Maccon dans l’affaire qui le mobilise lui et Alexia : quand des loups-garous solitaires et des vampires isolés disparaissent, des vampires apparaissent de nulle part. Or la création d’un nouveau vampire étant strictement contrôlée, cette situation inquiète autant le BUR que les ruches de vampires. Je me souvenais plutôt bien de l’enquête et du dénouement, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup de plaisir à la suivre, l’autrice nous entraînant dans une histoire mêlant habilement science et monde surnaturel, un combo plutôt efficace. À cet égard, si les vampires et les loups-garous ne sont guère des créatures très dociles, je crois que je les préfère encore à l’entité développée dans ce roman par l’autrice. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que je l’ai trouvée effroyable et effrayante au possible !

Séduite par les joutes verbales entre Alexia et Lord Maccon, amusée par l’exubérance d’un vampire qui adore affubler Alexia de toutes sortes de noms, et dont la présence va mettre les nerfs de Lord Maccon à rude épreuve, et happée par l’enquête, je n’ai pas vu le temps passer, d’autant que l’action et les révélations sont au rendez-vous ! On s’amuse donc beaucoup, on tressaille devant les événements, et on se laisse emporter par cette société victorienne transposée dans un univers steampunk plein de charme, d’ombrelles et de vapeur. Un univers où les loups-garous, fantômes et vampires sont parfaitement intégrés à la société anglaise, du moins en théorie… Car le sont-ils vraiment autant que cela ? La peur de la différence s’efface-t-elle devant la connaissance de l’autre, ou certains préfèrent s’enfermer dans le cercle vicieux de la haine et de la méfiance ?

En conclusion, quand Alexia n’est pas occupée à titiller un loup-garou écossais au sang chaud, ou à scandaliser ses proches, elle se lance dans une quête de vérité qui va lui montrer que la monstruosité peut parfois prendre forme humaine… Rythmé, amusant, teinté de romance et auréolé de suspense, Sans âme est un roman savoureux que je ne peux que vous conseiller si vous aimez les univers steampunk, les fortes têtes, les relations chien chat et les enquêtes vous conduisant sur le chemin d’une terrible vérité bien dangereuse pour ceux qui souhaitent la dévoiler.

Sans âme – Le protectorat de l’ombrelle, Gail Carriger

Sans âme (Le Protectorat de l'ombrelle, Tome 1)

C’est en découvrant le thème du Challenge Mystère que j’ai décidé de m’attaquer à ce roman qui dormait sagement dans ma PAL.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait même pas été présenté ! Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau, compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour démêler l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne ? Vampires, loups-garous et aristocrates : un réjouissant mélange de romanesque et de fantastique !

  • Poche: 432 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (18 avril 2012)
  • Prix : 7.90€
  • Autre format : ebook

AVIS

J’ai lu la version graphique de ce premier tome sans pour autant arriver à me souvenir des détails de l’intrigue. C’est d’ailleurs souvent le problème avec les livres de bit-lit, ils vous font passer un moment de lecture sympathique, mais ne laissent pas une grande empreinte dans votre vie de lecteur. Je pense d’ailleurs que Sans âme, version roman cette fois, suivra le même chemin. Je l’ai en effet apprécié, mais il n’y a eu aucun événement assez marquant pour que j’en garde un souvenir impérissable.

Il y a néanmoins un point qui, à mon avis, va rester graver un certain temps dans ma mémoire : la personnalité d’Alexia Tarabotti. Cette « veille fille » de vingt-sept ans fait preuve d’un humour à toute épreuve. Si vous aimez l’humour british, elle en est indéniablement une bonne représentante féminine. Ses remarques et ses piques envers un certain loup-garou m’ont plus d’une fois amusée. En plus d’être très drôle, elle n’a pas la langue dans sa poche au grand désespoir de sa famille qui n’ose d’ailleurs pas trop se confronter à son mauvais caractère. Intelligente, indépendante et drôle au sein d’une famille composée de femmes superficielles et d’une mère prompte à jouer les marieuses, Alexia a un petit côté Elizabeth Bennet (Orgueil et préjugés de Jane Austen) qui fut loin de me déplaire. C’est donc une héroïne dont j’aurai grand plaisir à suivre les aventures d’autant qu’elle ose avec aplomb se mêler d’histoires qu’une jeune fille de bonne famille comme elle se devrait d’ignorer.

Il faut dire que sa particularité ne peut que la pousser à défier les convenances dont elle n’a d’ailleurs que faire. Sans âme, elle a en effet le pouvoir d’annihiler les capacités des créatures fantastiques comme les vampires et les loups-garou. Ce don ou cette malédiction, c’est selon, lui sera utile même si j’aurais souhaité que l’auteure exploite un peu mieux les capacités de son héroïne. Souhait qui devrait être exaucé dans la suite de la série si je me fie à la fin de ce premier tome. Alexia essaiera donc, aux côtés d’autres protagonistes, de déjouer les plans machiavéliques des grands méchants de l’histoire. Si je n’ai pas été estomaquée par ses interventions, j’ai été séduite par sa témérité et sa capacité à foncer sans trop se poser de questions, pour le plus grand déplaisir de son velu prétendant…

Le côté steampunk qui m’avait poussée à lire ce roman est présent même si j’aurais souhaité qu’il soit un peu plus développé. Nous nous retrouvons cependant bien à une époque victorienne plutôt futuriste avec ses découvertes scientifiques pour lesquelles s’enthousiasme Alexia et, hélas pour elle, d’autres personnes moins recommandables, la présence de machines à vapeur et d’autres innovations technologiques…

Au-delà de l’aspect steampunk, Sans âme est incontestablement un roman très orienté bit-lit et romance. Les lecteurs découvrent ainsi une Angleterre qui a pris le parti d’intégrer à la société les vampires et loups-garou en veillant  à ce qu’ils respectent certaines règles. J’ai lu un certain nombre de romans de bit-lit, et je trouve l’histoire de Gail Carriger plutôt bien travaillée et assez adulte par rapport à d’autres livres du genre. J’ai cependant moins accroché à l’aspect romance bien trop présent à mon goût, surtout en deuxième partie. Certaines scènes m’ont d’ailleurs quelque peu agacée. Je dois toutefois reconnaître que les nombreuses joutes verbales entre Alexia et Lord Maccon, son prétendant loup-garou, sont tellement amusantes que j’ai fini par apprécier le couple. Et puis, il existe une vraie alchimie physique et verbale entre ces deux têtes de mule… La tournure que prend leur relation laisse entrevoir des moments intéressants et tumultueux. A noter également quelques scènes osées même si ça reste léger par rapport à des séries comme Anita Blake.

Enfin, si le caractère assez protecteur de Lord Maccon fera certainement battre le cœur de certaines lectrices ou de certains lecteurs, j’ai, pour ma part, eu un petit coup de cœur amical pour l’ami vampire d’Alexia. Ce personnage fantasque apporte une pointe de folie et de fantaisie dans une société rythmée par des codes, et des règles morales strictes et étouffantes. C’est une petite bouffée d’oxygène qui fera autant de bien à Alexia qu’aux lecteurs. Et puis vous verrez que derrière une certaine originalité, se cache une personne intelligente qu’il est préférable de compter parmi ses amis.

En conclusion, un univers steampunk, des créatures fantastiques, du mystère, un complot et une héroïne pleine d’humour et de verve, voici tout autant d’éléments qui font de ce premier tome du protectorat de l’ombrelle, une lecture très agréable. Je retrouverai donc avec plaisir le couple Alexia/Lord Maccon dans de nouvelles aventures.

Et vous, envie d’acheter Sans âme ?

 

 

 

Une vie entre deux océans, L.M. Stedman

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Une vie entre deux océans est un roman que j’ai lu dans le cadre du Club de lecture du Petit Pingouin Vert. Avant de vous en donner mon avis, je dois dire que j’ai beaucoup apprécié la couverture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l’île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu’au jour où un canot vient s’échouer sur le rivage. À son bord, le cadavre d’un homme, ainsi qu’un bébé, sain et sauf. Pour connaître enfin la joie d’être parents, Isabel demande à Tom d’ignorer les règles, de ne pas signaler « l’incident ». Une décision aux conséquences dévastatrices …

  • Broché: 528 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (1 octobre 2014)
  • Prix : 7,90

AVIS

Je reconnais que le résumé ne m’a pas emballée plus que ça mais j’ai quand même décidé de donner sa chance au roman d’autant que les critiques à son égard sont plus qu’élogieuses.

Un démarrage très long…

Cependant, la lecture a assez mal démarré puisque j’ai eu un mal fou à entrer dans l’histoire. Les nombreux passages descriptifs n’ont pas aidé même si de manière générale, ce n’est pas quelque chose qui me dérange. Les descriptions sont d’ailleurs loin d’être inintéressantes puisqu’elles permettent de visualiser précisément l’environnement, très loin d’être anodin, dans lequel vont évoluer nos principaux personnages : le phare de Janus.

Sans épiloguer plus sur le sujet, force est de constater que cela a rendu la lecture laborieuse et que je n’étais pas forcément très enthousiaste à l’idée de retrouver Tom et Isabel. Il m’a fallu attendre la troisième partie pour être vraiment intéressée par l’histoire.

Cette dernière partie concentre l’essentielle de l’action du livre. Les événements s’enchaînent à une vitesse folle au point de ne laisser que peu de répit aux lecteurs. J’ai d’ailleurs tellement été happée par l’histoire que j’ai lu la troisième partie d’une seule traite. J’en ai adoré le suspense et la manière dont l’auteur a su dénouer l’intrigue. Que l’on aime ou non l’issue finale, j’avoue qu’elle m’a semblé parfaite autant dans sa « justesse » que sa logique.

Les personnages…

Si j’ai trouvé le personnage de Tom intéressant et, par certains aspects, plutôt touchant, j’ai eu beaucoup plus de mal avec Isabel. D’abord immature, je l’ai trouvée très égocentrique. Sans entrer dans les détails pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui n’auraient pas encore parcouru le roman, elle m’a très souvent agacée.

J’ai évidemment compris sa douleur si ce n’est son désespoir à la suite de certains événements. Si son auto-apitoiement est tout à fait acceptable dans un premier temps, j’ai regretté qu’il perdure au point d’annihiler chez Isabel toute forme de compassion, d’empathie et de compréhension pour une autre personne qu’elle-même. J’ai très souvent plaint Tom tout en étant régulièrement agacée par ses tergiversations qui au final ont fait plus de mal que de bien. J’ai eu à maintes reprises envie de le secouer et de le sortir d’une certaine forme de passivité.

Là où certains auront été attendris par cette femme au besoin viscéral d’être mère, j’ai vu un monstre d’égoïsme qui a fait passer son bonheur au-dessus de celui de son mari et pire, de l’enfant en faisant fi des conséquences et de toute forme de morale. Évidemment, on perçoit l’amour qu’Isabel va développer pour l’enfant mais cela ne m’a pas rendu le personnage plus pardonnable. En revanche, cela rend paradoxalement Isabel plus difficilement condamnable.

En résumé, Une vie entre deux océans est un roman qui m’a un peu mise mal à l’aise car il soulève des sentiments contradictoires et de nombreuses questions, quasi philosophiques, notamment sur les relations familiales et le socle qui constitue une famille. Les sentiments que suscite l’auteur, avec talent, sont complexes. Rien ne semble simple dans cette histoire ce qui nous pousse progressivement à abandonner tout manichéisme pour un subtil dégradé de gris.

Ce livre devrait donc plaire aux personnes aimant les jolies descriptions et les intrigues faisant naître des sentiments complexes.

Si vous avez aimé le roman ou si vous souhaitez le découvrir autrement, le roman a été adapté au cinéma.

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