Le chat bonheur, Qu Lan

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Echigoya, jeune héritier, dilapide les biens familiaux au jeu. Lorsqu’il se retrouve dans la misère, il demande à son chat adoré de le tirer d’affaire. Ce dernier lui rapporte alors une pièce d’or… Mais Echigoya continue de gaspiller sans se rendre compte que ses actions pourraient avoir des conséquences funestes…

PERE CASTOR (22 août 2018) – 32 pages – 5.25€

AVIS

Adorant les chats et le Japon me fascinant, cet album jeunesse ne pouvait que me plaire, il fut d’ailleurs un coup de cœur !

Dès les premières pages, les lecteurs sont éblouis par les illustrations qui dégagent autant de douceur que d’intensité. Les sublimes graphismes, tout en délicatesse, nous plongent avec délectation dans ce Japon féodal au charme certain. Les décors et les costumes traditionnels sont, quant à eux, criants de réalisme, mais ce sont bien les expressions des visages qui donnent toute la force à cette histoire émouvante et d’une terrible beauté.

ChatBonheur

Nous découvrons ainsi le jeune héritier d’une noble famille qui délaisse l’entreprise familiale au profit d’une vie d’oisiveté et de son addiction aux jeux d’argent. Convaincu de la véracité d’une légende racontant comment une grue remercia son maître de ses soins en lui apportant prospérité, il dilapide la fortune de ses aïeux sans vergogne. Après tout, en s’occupant si bien de son fidèle chat, Tama, ne s’était-il pas assuré un avenir radieux ?

D’ailleurs, comme par miracle, Tama rapporte une pièce d’or à son maître puis une autre… Malheureusement, le jeune homme, trop nonchalant pour être responsable, profite de cette providentielle source d’argent pour faire ce qu’il fait le mieux au plus grand désespoir de la seule gouvernante de la famille qui lui est restée fidèle. Mais à trop tirer sur la poule aux œufs d’or, ne risque-t-on pas de la tuer ?

Si le maître, bien que pas vraiment méchant, n’attire pas la sympathie, son adorable chat, quant à lui, émeut par sa totale dévotion à un humain qui ne mérite pas tout son amour. Tama dont la douceur transparaît autant dans ses actes que dans sa physionomie est prêt à tous les sacrifices pour le bien de son maître, et même au sacrifice ultime. Que cet amour inconditionnel d’un chat pour son humain m’a transportée et émue au point, je le confesse, de m’avoir fait verser quelques larmes…

La morale de l’histoire, bien que difficile, n’en demeure pas moins belle avec ce maître qui se rendra compte trop tard que tout à un prix, mais qui saura tirer une leçon de ses erreurs. Finalement, il avait raison, en s’occupant bien de son chat, celui-ci lui aura apporté la fortune même si elle n’a pas pris la forme qu’il espérait.

En conclusion, Le chat bonheur est un sublime conte qui, en plus de nous offrir une cruelle mais belle morale, nous éblouit par ses illustrations et cet amour inconditionnel d’un chat pour son maître, un homme imparfait qui aura néanmoins su conquérir le cœur de son compagnon à quatre pattes.

Feuilletez l’album sur le site des éditions Flammarion Jeunesse.

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Top Ten Tuesday #120 : 10 livres d’auteurs japonais que j’aimerais lire

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Le Japon étant un pays qui me fascine, je vous propose aujourd’hui 10 livres d’auteurs japonais que j’aimerais lire.

Couverture Le petit joueur d'échecsCouverture La légende des Akakuchiba

Couverture Maiko : Journal d'une apprentie geishaCouverture Nosaka aime les chats

Konbini par MurataJe reviendrai avec la pluie par Ichikawa

Couverture Alice in murderland, tome 1Couverture Bride stories, tome 01

Et vous, aimez-vous la littérature japonaise ?
Quel livre me conseilleriez-vous parmi ceux que vous avez déjà lus ?

Premières lignes #64 : Jiazoku, Maëlle Lefèvre

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette session, j’ai eu envie de vous présenter les premières lignes d’un livre qui me tente depuis que j’en ai entendu parler et que j’espère bientôt prendre le temps de découvrir :

Jiazoku (A.M. ROM.FRANC) par [Lefèvre, Maëlle]

Kabuchiko, le quartier le plus dangereux de Tokyo, territoire des yakusas. Daisuke, membre du redoutable clan Kobayashi, dirige un vaste réseau de mères porteuses vouées à approvisionner de riches chinois en mal d’enfants.

Kei, qui a été conçu pour un couple de Shanghaiens, n’a pas connu ses parents, morts accidentellement avant sa naissance. Il a grandi entre l’affection de sa mère porteuse et la défiance de Daisuke, qu’il considère comme son père. Jusqu’au jour où ce dernier lui révèle le secret de sa naissance et l’existence de sa soeur, restée en Chine. Kei entreprend dès lors de partir pour Shanghai, décidé à relier le fil de ses origines. Jiazoku : de « jia » en chinois et « kazoku » en japonais, deux mots qui signifient « famille ».

Sur fond de trafics et d’exploitation humaine, Maëlle Lefevre, dix-neuf ans, explore dans ce premier roman émouvant l’amour idéal qui unit parents et enfants.

PREMIÈRES LIGNES (hors prologue)

— Tu n’en as plus pour longtemps, n’est-ce pas ?
Bo redressa la tête, décolla un instant ses lèvres de sa paille orange fluo et cessa de siroter son lait de soja. Elle plongea ses yeux vides de toute expression dans le regard navré de Guan Yin et baissa de nouveau la tête, sa frange noire et proprement taillée cachant une partie de ses sourcils froncés.
Guan Yin ne voulut pas l’importuner davantage et soupira en fermant les yeux quelques secondes. Elle tendit une nouvelle fois la main vers son verre de hoppy et en but une longue gorgée avant de se tourner vers le visage triste de son amie. Ne sachant pas trop quoi dire, elle se perdit dans la contemplation muette du bar en acajou aux allures vintage, noyé dans une lueur rougeâtre.
Il n’y avait plus beaucoup de monde à cette heure-ci et le serveur aux traits fins que Guan Yin trouvait plutôt à son goût était désormais seul pour s’occuper des différentes tables.
— Arrête de le fixer comme ça, grogna soudain Bo, il va finir par te remarquer…
Guan Yin éclata de rire, manquant recracher sa gorgée de hoppy.
— Si seulement c’était le cas… Je ne suis plus capable d’attirer l’attention de qui que ce soit… Regarde-moi ! s’écria-t-elle, en tirant sur son T-shirt délavé et trois fois trop grand pour elle. Je ne ressemble plus à rien, Bo… Depuis la naissance de ma fille…

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

Thermae Romae tome 1, Mari Yamazaki

J’ai découvert par hasard ce manga à la bibliothèque et l’ai emprunté sans vraiment essayer d’en apprendre plus sur l’histoire. J’ai bien fait puisque j’ai apprécié ce premier tome au point d’acquérir la collection complète. A noter que cette chronique a été rédigée il y a plusieurs mois et qu’elle dormait sagement dans mes brouillons.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Lucius Modestus, un architecte romain de l’Antiquité boudé par la profession décide d’aller se détendre aux thermes. Alors qu’il s’immerge dans l’eau, il se retrouve aussitôt transporté dans le temps et l’espace, atterrissant dans un bain public du Japon contemporain. Ces étranges voyages lui permettent de s’inspirer des inventions japonaises et des techniques modernes pour briller à Rome et s’attirer les faveurs de l’empereur Hadrien.

  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Casterman (10 mars 2012)
  • Prix : 8,45€

AVIS

A travers ce premier tome, on sent que l’auteure s’est fait vraiment plaisir en abordant les thèmes de Rome et des bains, ses deux amours. D’ailleurs, vous retrouverez après chaque chapitre, quelques informations toujours intéressantes à lire. On découvre également, tout au long du manga, certaines traditions romaines et japonaises concernant le bain.

Des illustrations entre la BD et le manga…

Les dessins sont assez différents de ceux que l’on peut côtoyer dans les mangas japonais plus traditionnels. Cela peut s’expliquer par le parcours de l’auteure qui, bien que Japonaise, a effectué ses études en Italie. A l’exception des Japonais, aux traits plutôt grossiers, les Romains et les décors sont réalisés avec un important sens du détail. J’ai même parfois eu le sentiment qu’il y en avait un peu trop rendant l’ensemble quelque peu brouillon.

Adieux les expressions exagérées des personnages ou les nombreuses onomatopées que l’on retrouve dans les mangas japonais. Ici, les Romains sont représentés à l’occidental avec des expressions que l’on pourrait retrouver dans une BD européenne. Remarquons également que ce manga est exempt du côté un peu fou fou que l’on retrouve dans beaucoup de mangas.

Une trame claire…

Le manga est composé de cinq chapitres qui sont structurés de la même manière : un problème se pose à Lucius, il se transpose dans le Japon moderne, il découvre des inventions et des traditions qui pourront l’aider, il rentre à Rome, il applique ses découvertes pour résoudre son problème et il gagne en popularité. Ses escapades réussissent tellement à sa vie professionnelle qu’il en vient même à être remarqué par un illustre personnage, l’Empereur Hadrien lui-même !

J’ai bien aimé cette trame qui permet de savoir dans quelle direction va l’auteure tout en suscitant l’intérêt : à chaque nouveau chapitre, on se demande ce qui va encore être demandé à notre personnage et quelle découverte va lui permettre de briller de mille feux, une fois de retour chez lui.

De la grande de Rome à la grandeur du Japon…

Avec le personnage de Lucius Modestus, dont le nom est plus qu’ironique, Mari Yamazaki arrive autant à encenser Rome qu’à critiquer la culture occidentale et sa supposée supériorité, tout en mettant en avant la culture japonaise. Lucius représente ainsi le savoir-faire de Rome notamment au niveau architectural, mais également l’arrogance. Il ne cesse de se lamenter sur les inventions japonaises qui dépassent celles de sa grande Rome ; chose inconcevable qu’il vit comme un déshonneur. Et pourtant, avec ses idées passées de mode, Lucius ne doit sa popularité renouvelée que grâce à ses voyages dans le Japon moderne où toute l’inventivité de ce peuple de « face écrasée » lui apparaît.

« Face écrasée » est le terme qu’utilise Lucius pour désigner les Japonais. Assez choquant, ce terme s’explique par le fait qu’il ne connaît pas ce peuple qu’il pense composé d’esclaves. Pour ma part, j’y vois une manière pour l’auteure de dénoncer la vison que les occidentaux ont pu avoir, par le passé, des Japonais.

Pour conclure, l’idée de mettre en parallèle la pratique des bains dans la Rome Antique et celle du Japon ne manque pas d’originalité. Je savais que les bains étaient importants pour ces deux civilisations, mais je n’avais pas mesuré à quel point. Le style atypique de l’auteure mêlant influences japonaises et européennes ajoute un intérêt supplémentaire à ce manga que je ne peux que vous conseiller.

 

Throwback Thursday Livresque #39 : Le livre le plus marquant de vos lectures 2016

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.

Le thème de la semaine : Le livre le plus marquant de vos lectures 2016.

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Le livre le plus marquant de 2016 est pour moi Nos jours heureux de Gong Ji-Young , mais je vous en ai déjà parlé. On va donc évoquer un autre titre qui m’a également beaucoup marquée : Les évaporés du Japon.

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« Mon fils était à l’école. Je suis sortie en laissant la maison ouverte. Abandonner son fils : peut-on faire pire ? J’ai fait cela. Je savais où j’allais. Partir, repartir à zéro. Être prête à tout… »

Chaque année, quelque 100 000 japonais s’évaporent sans laisser de traces.
Débarrassés de leur passé, ils tentent de refaire leur vie en passagers clandestins de l’archipel.

Lié à la honte et au déshonneur, le phénomène est au coeur de la culture nippone. Léna Mauger, journaliste, et Stéphane Remael, photographe, ont enquêté sur la part d’ombre du Japon.

  • Pourquoi ce choix ? : aimant beaucoup le Japon, j’étais curieuse de découvrir un livre mettant en lumière un phénomène typique de l’Archipel : les évaporations volontaires. La volonté de disparaître sans laisser de traces peut être ressentie par chaque personne à un moment de sa vie. Mais au Japon, elle se transforme en réalité grâce à des sociétés vous aidant purement et simplement à vous évaporer. Au fil du livre, on découvre les raisons qui peuvent pousser un individu à tout quitter pour se reconstruire (ou non, certains choisissant la mort) loin des siens et de tout ce qui constituait jusqu’à présent sa vie. On y ressent également le poids des traditions japonaises qui tendent à effacer l’individu au profit de la collectivité… Au-delà de ces évaporations volontaires, ce qui reste fascinant et dérangeant est l’omerta qui règne dans le pays au sujet de ce phénomène qui officiellement n’existe pas. Encore cette volonté de sauver les apparences très asiatique… qui explique en partie l’ampleur du phénomène. En bref, cette enquête sur les évaporations est fascinante et vous offre une plongée dans la culture japonaise.
  • Pour qui ? : pour les passionnés du Japon et pour toutes les personnes curieuses de découvrir un phénomène typique d’une culture autre que la nôtre.
  • Quand ? : le sujet n’est pas léger, mais le livre est assez facile d’accès pour être lu n’importe quand.

Si le livre vous intéresse, je vous invite à lire ma chronique et/ou à visionner cette petite vidéo :

Et vous, vous connaissez ce livre ? Il vous tente ?

Les cerisiers fleurissent malgré tout, Keiko Ichiguchi

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C’est lors d’une visite en bibliothèque que j’ai découvert Les cerisiers fleurissent malgré tout de Keiko Ichiguchi, publié aux Editions Kana. Attirée par la couverture, j’ai emprunté l’ouvrage sans même prendre le temps de lire le résumé.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une Japonaise, vivant en Italie, revient régulièrement au Japon et en profite pour rendre visite à son ancienne institutrice. Elle promet à la vieille dame de revenir la voir au printemps, lorsque les cerisiers seront en fleurs. Mais un tremblement de terre frappe le Japon, nous somme le 11 Mars 2011.

  • Relié: 200 pages
  • Editeur : Kana (1 mars 2013)
  • Prix : 15€

AVIS

Je pense que la plupart d’entre nous se souviennent du tremblement de terre au Japon du 11 mars 2011 ayant entraîné un tsunami puis la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Pour plus de détails, vous pouvez visionner cette petite vidéo :

Keiko Ichiguchi nous parle de cet événement à travers les yeux d’une Japonaise habitant, au moment des faits, en Italie avec son mari Italien ; approche que j’ai trouvée plutôt originale.

Nous vivons donc aux côtés d’Itsuko l’annonce de la catastrophe dans les médias avant d’assister à ses tentatives, presque frénétiques, d’en apprendre plus, toujours plus, quitte à regarder en boucle les informations.

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A travers un style épuré, de grandes images en noir et blanc mais peu de texte, l’auteure arrive parfaitement à nous transmettre toute l’angoisse de notre héroïne qui vit cette catastrophe éloignée des siens. Elle est certes soutenue par son mari, la famille de ce dernier et ses amis mais ceux-ci ne semblent pas forcément comprendre toutes les émotions qui la traversent.

Puis, après les craintes pour son entourage, ce qui frappe chez notre héroïne, c’est la peur pour son pays, peur de ne plus retrouver le Japon de son enfance où fleurissent chaque année les cerisiers.

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J’ai apprécié le fait que le livre alterne entre le passé d’Itsuko, enfant très fragile, et le présent où nous retrouvons une héroïne forte et déterminée qui ne va pas hésiter à retourner dans son pays malgré l’avis de son entourage italien.

Cette alternance passé/présent est aussi l’occasion de revenir sur des questions philosophiques notamment autour de la mort et de la fragilité de la vie.

Enfin, l’auteure apporte quelques précisions, en dernière partie d’ouvrage, sur les personnages principaux mais également sur ses méthodes de travail et ses choix artistiques. C’est un petit bonus qui a répondu à la question qui m’a taraudée durant toute ma lecture : le livre est-il autobiographique  ?

Pour le savoir, il vous faudra le lire…

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NOTE : 4/5

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié ma lecture autant pour l’héroïne que j’ai trouvée particulièrement attachante que le style de l’auteure. Les images en noir et blanc apportent une certaine profondeur au récit qui sait se faire oublier pour les sublimer.

Les cerisiers fleurissent malgré tout est donc un ouvrage graphique que je conseille à tous.

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La Tour de Tokyo Maman, moi et papa de temps en temps, LILY Frankie

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Découvert par hasard et ne connaissant pas l’auteur, LILY Frankie, j’ai hésité à acheter La Tour de Tokyo, Maman, moi et papa de temps en temps, l’ouvrage étant un texte auto-biographique.

Néanmoins, j’ai fini par me laisser tenter en constatant que livre avait été publié par les Éditions Philippe Picquier.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Challenge Pioche dans ma PAL.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Par une star de la scène rock et pop japonaise indépendante, un livre superbe, énergique, puissant, poignant hommage à sa mère et récit de ses années d’enfance puis d’errance et de galère à Tôkyô. Un père violent, looser indécrottable et yakuza à ses heures, une mère forte et généreuse qui voue son existence à son fils. Et, pivot symbolique et ombilic du monde, la Tour de Tôkyô, qui attire les jeunes provinciaux et leur brûle les ailes.

Porté par une langue orale inventive et imagée, mais aussi très maîtrisée, qui transforme progressivement ce récit de la découverte de la ville et de soi en leçon de vie, ce livre est aussi l’emblème de toute une génération. Celle qui, née dans les années 1960, fut trop jeune pour avoir participé aux mouvements contestataires, mais ne s’est jamais reconnue dans l’idéologie du »miracle » japonais. Une génération sans complexes qui refuse de rentrer dans le rang et invente sa propre modernité.

  • Poche: 510 pages
  • Editeur : Philippe Picquier (31 janvier 2013)
  • Prix : 9€

 

L’AUTEUR (info du site Philippe Picquier)

De son vrai nom Nakagawa Masaya, Lily Franky est né le 4 novembre 1963 à Kokura sur l’île de Kyûshû. Illustrateur, musicien, chroniqueur de presse et de radio, scénariste, acteur de cinéma, auteur d’albums pour les enfants : c’est un artiste touche-à-tout et une figure polymorphe de la scène rock et pop japonaise. Il explique son pseudonyme ainsi : « Je voulais un nom qu’on ne puisse pas définir comme masculin ou féminin, ni comme japonais ou étranger. »

La Tour de Tokyo » a obtenu le prix des Libraires japonais en 2006 et s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires

AVIS

Une histoire personnelle dévoilée sans voyeurisme…

La Tour de Tokyo n’est pas un livre qu’il m’est facile de chroniquer sûrement parce qu’il est basé sur la vie de son auteur. Il apparaît alors quelque peu difficile de donner son avis sur l’histoire en soi sans, d’une certaine manière, porter un jugement sur la vie de Nakagawa Masaya, devenu Lily Frankie. Je ne peux donc que vous inviter à lire vous-même l’ouvrage pour découvrir la vie de l’artiste de son enfance à sa vie d’adulte.

Au début de ma lecture, j’ai craint que « lire » la vie d’une personne que je ne connaissais même pas aurait quelque chose d’ennuyant voire relèverait du voyeurisme à la manière de ces émissions exaspérantes de pseudo télé-réalité. Heureusement, ce ne fut point le cas !

Évidemment, nous entrons dans la vie d’une personne et dans son intimité mais l’auteur, avec son style d’écriture particulier, arrive à se raconter tout en gardant la distance nécessaire avec son lectorat. En d’autres mots, nous découvrons sa vie, ses actions et ses pensées, mais toujours avec une certaine réserve.

Il m’est arrivé de m’offusquer des actions de l’auteur notamment durant sa période « d’adulescent » mais le personnage a ce petit quelque chose qui fait, que de la même manière que sa mère, nous lui pardonnons vite ses errances. J’ai en outre trouvé intéressant la manière dont l’auteur s’est longtemps refusé à entrer dans le moule de la société japonaise et sa valorisation à outrance de la valeur travail. Cela rompt avec l’image des Japonais que nous pouvons avoir en Occident.

La figure maternelle…

Et puis, surtout, plus nous apprenons à connaître l’artiste, plus nous saisissons l’importance de sa mère dans sa vie, peut-être même avant ce dernier. Telle la Tour de Tokyo, pour les jeunes venus dans la ville pour se trouver et se réaliser, la mère de l’auteur apparaît comme le pilier de sa vie. Cette figure maternelle se transforme en une sorte de phare qui, par sa dévotion, son amour parfois pudique mais toujours inconditionnel illumine la vie de l’auteur et lui sert de point d’ancrage durant ses années d’errance. Un poème que sa mère aimait lire représente parfaitement la relation mère/fils qu’ils entretiennent :

Que tu sois là
Et par le simple fait
Que tu sois là
L’espace de ce lieu
S’illumine
Par le simple fait
Que tu sois là
Le cœur de tous
S’apaise
Moi aussi pour toi
Voilà
Ce que je veux être

Mitsuwo

J’ai ralenti ma lecture une fois arrivée à la dernière partie, l’auteur y racontant la maladie de sa mère. Alors qu’il se montre au final assez économe dans l’expression de sa peine et sa douleur, elle transparaît dans le récit tout comme l’amour qu’il porte à sa mère. Les derniers chapitres sont ainsi très émouvants et pour ma part, plutôt de nature émotive, éprouvants.

MA NOTE : 4/5

CONCLUSION

La tour de Tokyo est un livre que je suis contente d’avoir découvert. J’en ai apprécié le style particulier de l’auteur qui permet d’entrer rapidement dans le récit. Mais c’est surtout l’hommage  de l’auteur à sa mère et la manière dont il a su le distiller tout au long du livre qui m’a le plus touchée.

Je ne peux que conseiller ce livre à tous d’autant que l’universalité du thème (l’amour maternelle) ne nécessite pas de connaître l’écrivain pour en apprécier la prose.

Si vous souhaitez un aperçu du livre, les Édition Philippe Picquier vous offre un extrait gratuit en téléchargement.

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